Preacher – S04E10

Épisode 10 – End of the World – 17/20
Je suis triste de devoir dire au revoir à une série qui, si elle ne m’a pas toujours plu, a toujours su gagner mon affection par ses délires et sa réalisation assez dingue. La conclusion est à l’image de la série : elle a un bon rythme, mais des longueurs quand même, une bonne réalisation, de grands délires, des bastons chorégraphiées, des rebondissements dingues, du gore, de l’amour et de la haine, de la joie et de la tristesse. Oui, vraiment, elle me manquera !

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Spoilers

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Kill us all, kill us all, kill us all, kill us all…

Pour son dernier épisode, la série nous sort un petit bonus de dix minutes et s’en va donc sur un épisode qui en dure 55. Voilà qui ne m’arrange pas pour clôturer une journée où je n’aurai pas vu assez de séries par rapport à ce que j’aurais dû. Y a des dimanches comme ça… J’ai tout de suite tiré un trait sur mon épisode de Fear the Walking Dead, en fait. Bon, ceci étant dit, le compte à rebours pour l’Apocalypse a commencé et il ne reste que sept heures avant de se lancer là-dedans.

L’épisode commence donc par un joli montage d’agents du Graal tuant des militaires ayant le contrôle de l’arme nucléaire et très vite on se retrouve à quelques minutes de la fin du monde. Le Messie commence à stresser de foirer sa danse, mais il peut compter sur Cassidy pour le remotiver, ainsi que sur Dieu lui-même. Celui-ci se rend finalement dans la salle avec tous les agents du Graal pour assister de lui-même à la fin du monde.

De son côté, Jesse se bat donc contre le Saint des Tueurs et ne fait clairement pas le poids. Il n’est pas tué pour autant : il est sauvé de justesse par le démon et l’ange qui sortent de nulle part et se mettent à se battre contre le Saint des Tueurs.

En parallèle, Lara est en larmes et elle raconte à Tulip tous les sacrifices qu’elle a fait pour en arriver à une trahison mal venue de son boss. Elle s’énerve aussi de voir que Tulip n’est toujours pas croyante, au point d’aller tirer des balles dans le corps de l’agent trucidé par Dieu… ce qui est une erreur puisqu’elle se retrouve sans balle pour se suicider.

Oui, elle en est à tenter de se suicider et à laisser son arme à feu (vide, certes) à Tulip. Quelle scène ! C’est assez dingue de voir Lara s’effondrer comme ça. Je m’attendais vraiment à une vengeance, moi, et finalement non, elle laisse Tulip se barrer seule. Je suis triste pour Lara, mais c’est une sacrée performance pour elle.

J’ai adoré tout de même voir Tulip débarquer dans les coulisses à temps pour constater que Cassidy est en train de gentiment provoquer la fin du monde. Elle ne compte pas le laisser faire et elle l’enferme donc. Hitler et Jésus sont toujours en train de se battre dans des scènes survitaminées sinon et Herr Starr n’arrive pas à stopper l’Apocalypse pour la réduire à une ou deux petites bombes nucléaires. Et le compte à rebours touche à sa fin, dans une ambiance digne de 24 heures chrono.

Le Saint des Tueurs vient finalement à bout de l’ange et de la démone, sur laquelle il s’acharne. Tués par lui, ils ne peuvent apparemment pas revenir à la vie, ce qui change la donne pour Jesse quand même. Pour s’en tirer, il ne peut plus compter que sur lui-même, et ça suffit : il est tout doux avec le Saint des Tueurs dont il pourrait être la toute dernière victime, si c’est ce qu’il veut. Et comme ce n‘est pas exactement ce qu’il désire, il finit par s’agenouiller devant Jesse qui n’hésite pas à nous tuer le Saint des Tueurs. Wow, ce fut rapide comme résolution pour un personnage pourtant exceptionnel depuis son introduction dans la série.

Du côté de Tulip et Cassidy, ça se passe plutôt mal : Tulip est forcée de le cogner pour qu’il revienne à lui, parce qu’il lui sort quand même qu’il s’en fiche de tuer le monde entier. Malgré ça, il refuse de s’écarter du chemin de Tulip qui a juste envie d’aller tuer le Messie. Tu m’étonnes. La scène entre eux est prenante, avec Tulip qui reconnait l’aimer comme son meilleur ami, puis Cassidy qui reconnaît l’aimer tout court. Malgré ça, il affirme qu’au prochain coup de Tulip, il la tuera. Et paf, ils se trouvent à se battre eux aussi. C’est un peu tout ce qu’il se passe dans cet épisode, honnêtement, des gens qui se battent.

Ailleurs dans Masada, Lara retrouve le goût de la vie et se décide à aller tuer Herr Mann finalement. Elle prend quand même le temps de lui parler et il lui vend un joli plan de vie où ils survivraient tous les deux dans un sous-marin, à faire du yoga et des séances de Kâmasûtra, grosso modo. Cela ne suffit pas à convaincre Lara qui préfère donc tuer son ex-boss… mais elle se laisse assez distraire pour être celle qui se fait tuer. Je suis si triste pour elle. Survivre à tout ça pour mourir comme ça, sérieusement ? Je suis dégoûté.

Je ne suis pas le seul à être dégoûté : tout le public de Masada l’est aussi de constater que le Messie ne danse pas – et sans sa danse, personne ne détruira le monde. Sa danse ? Elle ne risque pas d’arriver : après un combat acharné, Cassidy ne parvient pas à tuer Tulip et il change donc d’avis une dernière fois. Il nous tue Hump et met fin à l’Apocalypse… ce qui rend triste tout le monde, parce qu’Hump était adoré de tous.

De tous, sauf peut-être de Jésus et d’Hitler. Ce dernier se fait étrangler par le premier qui, malheureusement survit. Oui, cette série parvient à nous faire regretter la mort d’Hitler et la survie de Jésus, parce que Dieu compte sur Jésus pour devenir le Messie. Ouep, sauf qu’il refuse, préférant la leçon à son Père pour qu’il redevienne bon, bienveillant et aimant. Le discours de Jésus, quoi. Dieu n’en a que faire et se barre, croisant au passage Herr Starr qui part en vacances. Dieu aussi se barre, en prenant sa moto et après avoir annoncé à Jésus qu’il pouvait détruire le monde quand il voulait.

En parallèle, Jesse annonce, en utilisant Genesis, que la fin du monde n’aura pas lieu et que tout le monde peut éteindre la télévision, avant de continuer son discours pour les agents du Graal uniquement. Il leur explique que Dieu est encore en fuite, pour changer. Il nous fait une crise de foi aussi et épuisé d’avoir à chercher Dieu par lui-même, il utilise Genesis pour que tous les agents se mettent à la recherche de Dieu. Et paf, on se retrouve sur un épisode plus calme et plus lent, alors que nous ne sommes qu’au milieu de celui-ci.

Loin de tout ça, Eugene est opéré par un médecin australien qui n’arrange pas son visage et souhaite ensuite l’aider à se suicider. Eugene ne l’entend pas comme ça, cependant, et il pète donc un câble contre le médecin. Refusant le suicide, Eugene se remet donc à faire la manche avec sa guitare raffistolée. Quelle histoire, les amis. Il pète finalement un câble et obtient un peu d’argent en partant sur un air de rock. Enfin bon, il en arrive à la même conclusion que Tulip : que faire à présent ?

La série reprend alors… deux ans plus tard ! Le monde n’est pas détruit et notre trio est toujours dans le même délire, avec une course poursuite en plein Texas. Tulip et Jesse sont coursés par des hispaniques qui veulent les tuer et sont rapidement dans une impasse. Rien qui ne les fasse flipper pour autant, bien au contraire : Jesse est heureux d’être là.

Il peut l(être : Tulip a sons propre garage désormais, où ils réparent de vieilles voitures. Et ils ont aussi WHAT THE FUCK ??? un enfant ! Une petite fille qui dort paisiblement dans son berceau et qu’ils veillent comme de bons parents qu’ils sont… jusqu’à ce qu’un coup de fil apprenne à Jesse que Dieu a enfin été retrouvé.

Il se sent forcé de se rendre sur place où des agents du Graal qui n’ont pas pris de douche depuis deux ans l’attendent, fiers d’avoir retrouvé Dieu. Ce dernier devient alors la marionnette de Jesse qui décide enfin d’utiliser Genesis sur lui. Et ça fonctionne ! Finalement, Jesse ne fait que poser quelques questions métaphysiques à Dieu qui y prend vite goût, lui parlant des autres religions et voulant lui en dire plus sur les mystères de l’univers, comme Stonehenge.

Ce n’est pas tant Stonehenge qui intéresse Jesse cependant, c’est plutôt le sort de son père, qu’il apprend être bien au Paradis, finalement. Ce n’était pas gagné pourtant. Rapidement, Jesse comprend que le Grand Plan de Dieu dans tout ça est… d’être aimé. Et ça le fait rire. Dieu lui répond enfin à toutes ses questions et il suffit de lui dire qu’il l’aime pour que tout soit fini ?

C’est tellement simple que Jesse refuse de se laisser berner par cette idée. Il s’attaque donc à Dieu, lui demande de rester loin du Paradis et se débarrasse de Genesis dont il dit ne pas avoir besoin. Quelle horreur, se débarrasser d’un tel don ? C’est possible ça ? Dieu est bien énervé de voir que Jesse n’en a rien à faire de lui, mais il ne peut rien faire qui le fasse changer d’avis de toute manière, puisque tout ce qu’il dit, c’est qu’il a envie de le torturer.

Et la torture, ce n’est pas exactement ce qui permettre à Jesse de l’aimer. Bref, Dieu finit par péter un câble et tuer les animaux qui lui disent l’aimer. Tristesse ! La série prend alors le temps de conclure le destin de tous ses personnages : Jesus est devenu un vendeur de supermarché bienveillant, par exemple. Herr Starr est égal à lui-même : il est poursuivi par la police qui le retrouve mais ne parvient pas à l’arrêter, parce qu’il est plus malin qu’eux. Eugène ? Il devient une rockstar que les ados adorent au point de porter un t-shirt à son effigie.

Le Saint des Tueurs ? Il n’est pas envoyé en Enfer, parce qu’il s’est confessé auprès de Jesse le jour de la non-Apocalypse avant de mourir. C’est un sacré plan à long terme de Jesse : il a envoyé le Saint des Tueurs au Paradis pour qu’il puisse y accueillir Dieu quand il reviendra. Et c’est effectivement ce qu’il se passe. Finalement, après un échange verbal un peu trop long à mon goût, un duel s’engage entre les deux et c’est le Saint des Tueurs qui est le plus rapide. Il tue Dieu d’une balle dans la tête et s’assoit alors sur son trône !

Quarante ans plus tard, quarante ans plus tard putain !, on découvre les tombes de Jesse et Tulip… sur lesquelles se recueillent Cassidy et… Tulip ? Et non ! C’est un peu gros, mais cette Tulip est en fait la fille de Jesse et Tulip, qui ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère. J’ai eu du mal à le comprendre sur le moment, mais l’accent est légèrement différent et le dialogue ne laisse aucun doute.

C’est super triste comme scène en tout cas : on y apprend que Cassidy n’est jamais revenu voir ses amis, malgré quelques coups de fil – et eux ont vécu le parfait amour avec un petit ciné en famille par exemple. La fille de Jesse a beau aimer son père, elle explique quand même à Cassidy que Tulip l’aimait profondément. Et Cass aussi l’aimait profondément, étant encore blessé des fois où Tulip lui a tiré dessus. S’il promet à la fille de ses amis qu’il espère la revoir un jour, il a déjà pris sa décision finale : il se suicide en laissant son parapluie sur une tombe et en marchant au soleil. C’est donc à l’arrière-plan qu’on le voit brûler alors que la fille est toute souriante.

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EN BREF – Cette série sera passée d’une saison 1 où je ne comprenais pas grand-chose à ce que je regardais au milieu d’un camping où la connexion déconnait à une saison 4 qui aura réussi à vraiment me plaire et me passionner. Il faut dire que malgré ses défauts et ses épisodes parfois beaucoup trop long, la série était capable du meilleur : un bon rythme, une bonne ambiance musicale, des bastons chorégraphiées qui me manquent déjà et des délires absolument dingues qu’on ne voyait nulle part ailleurs.

La série était finalement unique en son genre et je regrette déjà son départ : qu’est-ce que je regarderai l’été prochain, moi ? En quatre ans, la série s’est imposée comme étant parfaitement incontournable et c’était un vrai plaisir que de venir la regarder pour savoir ce que vaudrait l’épisode du jour.

Ce n’était pas gagné, mais j’ai adoré, et je suis triste de lui dire au revoir ce soir, une froide soirée d’automne où il tombe des cordes, loin de la chaleur habituelle des épisodes de cette série. Au pire, il me reste toujours les comics à (re)découvrir, j’imagine. Quant à la conclusion de la série, elle était quand même pas mal pour répondre à toutes les questions. Tulip et Jesse ont eu la vie heureuse qu’ils méritaient, mais je suis triste pour Cassidy qui n’a apparemment jamais trouvé une raison de rester en vie. Enfin, bon, c’est comme ça.

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2 commentaires sur « Preacher – S04E10 »

  1. J’ai trouvé que ce final partait dans le grand n’importe quoi, comme toute la saison et la série ! 🙂 Mais c’était bien sympa avec des moments tristes (quand Cassidy doit tuer Humperdoo), burlesque (la baston entre Jésus et Hitler), et la fin douce-amère avec la jolie vie pour Jesse et Tulip, Cassidy qui n’est jamais revenu 😥 et le fait qu’il choisisse de se tuer. Et jubilatoire avec le Tueur des Saints qui tue Dieu.

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    1. Le Saint des Tueurs est surtout sur le trône du Paradis ET de l’Enfer ! On ne sait pas bien ce que ça signifie, mais ça m’éclate de le savoir 🙂
      Mon moment le plus triste, ce fut la mort de Lara perso, mais oui, c’est joliment dit fin « douce-amère ». En revanche, j’ai l’impression que ça ne restera pas gravé dans les annales comme fin !

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