Euphoria va-t-elle (vraiment) trop loin ?

Salut les sériephiles,

Attention spoilers jusqu’au 3×05 d’Euphoria (dont la critique est ici d’ailleurs),

C’est la question qui semble brûler pas mal de lèvres depuis quelques semaines et peut-être encore plus depuis lundi dernier. En vrai, depuis le retour d’Euphoria pour sa saison 3, j’ai l’impression qu’on redécouvre chaque semaine que la série n’a jamais été exactement One Tree Hill

Je vois passer plein de tweets qui insistent pour dire que la série est en roue libre et sincèrement, je ne comprends pas pourquoi certains ont l’air de croire qu’HBO vient d’inventer les scènes de sexe ou d’ajouter la drogue pour la première fois dans la série. Putain, l’épisode 2 commence par de longues minutes sur Nate avec plein de full frontal de penis de personnages dans les vestiaires d’un lycée. Techniquement, ces acteurs jouent des mineurs. N’est-ce pas mille fois plus choquant que les prothèses mammaires représentant les seins de Sydney Sweeney en gros plan de lundi dernier (je suis sûr et certain que ce ne sont pas ses seins, franchement) ?

Je ne sais pas, on parle tout de même d’une série qui, dès sa première saison, nous vendait tranquillement des lycéens impliqués dans des histoires de trafic de drogue et de porno. Ce n’était pas caché dans les petites lignes du contrat, quoi.

Et le plus étrange, dans tout ça, c’est donc que je ne trouve pas du tous que cette saison 3 aille plus loin que les précédentes. Je trouve même que c’est plutôt l’inverse en fait. Elle va moins loin, mais elle le fait peut-être plus bêtement et gratuitement, alors ça se voit davantage.

La saison 1 me mettait bien plus mal à l’aise, parce qu’elle donnait vraiment l’impression de regarder des ados partir en vrille sans rien pour les arrêter ou les retenir. Rue était drôle, parfois, évidemment, parce que la voix off de Zendaya faisait beaucoup pour rendre le tout digeste, mais elle était surtout en permanence en train de se détruire. Et Nate, Cassie, Jules ou Maddy n’étaient pas exactement là pour ramener de la bonne humeur.

Quand on me dit qu’Euphoria va trop loin, je pense notamment à l’épisode 5 de la saison 1, que j’avais déjà trouvé violent à l’époque, avec cette scène où Maddy est déshabillée de force par la police après la plainte de sa famille. C’était glauque, c’était dur, et ce n’était pas juste là pour que les gens hurlent sur Twitter pendant douze heures. La scène racontait quelque chose de Nate, de Maddy, de leur relation, de la manière dont il la manipule jusque dans un moment où elle est déjà humiliée. Je pense à Jules qui couche avec le père de Nate, je pense à Nate qui tabasse gratuitement un homosexuel. Putain, oui, Euphoria allait trop loin. Évidemment.

Seulement, si la série allait loin, elle savait à peu près pourquoi elle y allait et c’est clairement ce qu’il manque à cette saison 3 où j’ai beaucoup plus souvent l’impression qu’Euphoria se regarde être Euphoria.

Les scénaristes savent qu’on attend la scène de la semaine, le moment WTF, le truc qui va faire dire “non mais là, Sam Levinson a vraiment abusé”. Dans l’épisode de lundi dernier, ce serait la scène où Nate se fait (encore) couper le doigt de pied par exemple. Ça sort de nulle part (ou presque), ça n’apporte rien de nouveau, c’est répétitif et… Du coup, la série donne l’impression de forcer.

Bien sûr, ce n’est pas tout le temps le cas, heureusement, et il reste encore de très bonnes scènes, mais c’est assez souvent pour que le malaise change de nature. Avant, j’étais mal à l’aise pour les personnages, j’étais mal à l’aise parce qu’il y avait le côté plaisir coupable très exacerbé, l’envie d’en voir certains souffrir et l’espoir que d’autres s’en sortent.

Maintenant, je suis parfois mal à l’aise parce que je vois trop bien la main du scénariste en train de me dire : “Regarde comme c’est malsain, regarde comme c’est pas bien, regarde comme c’est violent.”… Sauf qu’il n’y a pas d’intention autre que celle de (tenter de) choquer. Et non, ce n’est pas toujours réussi.

Toute l’intrigue autour de Cassie résume assez bien le problème. Sur le papier, il y a quelque chose à raconter : son rapport au regard des autres, sa manière de chercher encore et toujours à exister par le désir qu’elle provoque, le piège d’Internet qui transforme tout en contenu, même l’humiliation. Surtout l’humiliation, en fait.

Et franchement, ça pourrait fonctionner, surtout avec Cassie. Le personnage a toujours été écrit autour de ce besoin d’être aimée à n’importe quel prix et c’est pour ça qu’on l’aime (ou qu’on la déteste je suppose). Sauf qu’à force, la série finit par donner l’impression de faire exactement ce qu’elle prétend dénoncer. On ne sait plus très bien si elle critique le voyeurisme ou si elle a juste trouvé une nouvelle excuse pour le prolonger. Bref, ça ne choque pas plus qu’avant, ça choque moins bien.

Cela dit, s’il y a autant de réactions et qu’on lit partout que la série va trop loin, c’est peut-être aussi parce qu’Internet n’est plus le même qu’en 2019. Du côté des États-Unis, on est devenu beaucoup plus puritain dans la manière de commenter les œuvres – et dans la manière de les produire. Le poids de la présidence de Trump se sent, désolé. Pas désolé, en fait. Énervé, plutôt.

Vraiment, quand je lis que la scène de Cassie choque, je ne comprends pas. C’est tellement moins choquant que bien d’autres moments de la série (ou que la dernière scène de Jules dans cet épisode, d’ailleurs, la violence psychologique y étaient particulièrement dure). Désolé, mais si ça, c’est choquant alors je ne vois pas comment on peut attendre une saison 4 derrière.

C’est épuisant ces réactions, surtout pour une série qui a toujours fonctionné sur des personnages incapables de prendre une bonne décision plus de cinq minutes. En plus, ça détourne complètement le débat du vrai problème en ce qui me concerne.

Non, parce que je comprends qu’on trouve cette saison gratuite, entre Cassie transformée en phénomène de foire, Nate qui n’est que l’ombre de l’horrible salopard qu’il était et Rue coincée dans une intrigue qui vire au thriller sordide et particulièrement inintéressant. Là encore, sur le papier, pourquoi pas. Euphoria n’a jamais été une série réaliste, mais… Il y a une différence entre styliser l’adolescence jusqu’au cauchemar et empiler des idées folles en espérant que le tout ressemble encore à quelque chose.

C’est là que je trouve la série beaucoup moins pertinente qu’avant. La saison 1 ne représentait pas les adolescents de manière réaliste, évidemment. Personne n’a jamais pensé que tous les lycéens vivaient dans des néons violets en expliquant leurs traumas comme s’ils avaient déjà lu trois mémoires de psychologie. Enfin, j’espère que personne n’a pris ça pour argent comptant sinon je vais pleurer.

Cependant, la série captait quelque chose de l’adolescence dans ce qu’elle a de plus excessif : les émotions trop grandes, les humiliations qui prennent toute la place, les désirs qui détruisent, la solitude, le besoin d’être vu, aimé, choisi. C’était extrême, mais l’extrême avait une logique, il y avait un message pertinent et des choix de réal absolument incroyables pour soutenir tout ça.

La saison 3, elle, parle de jeunes adultes avec les vieux réflexes qu’elle avait d’aller dans l’extrême. Ça ne marche plus. Ce qui pouvait passer comme une vision volontairement amplifiée de l’adolescence devient maintenant une caricature absolument pas crédible de jeunes adultes coincés dans des intrigues faites pour choquer. Ce n’est pas que personne ne vit comme ça — encore une fois, personne ne vivait comme en saison 1 non plus — c’est que la série paraît moins sûre de ce qu’elle veut raconter derrière ses excès.

Et pourtant, je continue à regarder. Évidemment que je continue à regarder. Déjà parce que je suis faible et que le casting est incroyable. Ensuite, parce que j’ai commencé et j’ai envie d’aller au bout, probablement un peu aussi par voyeurisme. Même quand elle m’agace, même quand je trouve qu’elle force, même quand elle donne l’impression de vouloir devenir le sujet tendance du lundi matin, cette série reste plus originale et unique que beaucoup d’autres oubliées aussitôt vues. Il y a encore des scènes, des images, des moments avec Rue ou Cassie qui rappellent pourquoi la série avait autant marqué au départ (rien que le début de la saison, c’était du jamais vu et j’aime ça).

Enfin, il faut bien que j’assume que je dois être naïf, mais j’ai encore espoir que cette saison 3 se réveille et révèle où elle veut en venir. Peut-être que tout n’est pas gratuit… Mais probablement que si, parce que la saison 2 était déjà moins efficace que la une à plein d’égards.

Alors pour répondre au titre de mon article, non, je ne crois pas qu’Euphoria aille trop loin. Elle est même probablement moins dérangeante qu’avant. Le vrai problème, c’est qu’elle donne plus souvent l’impression d’aller loin pour qu’on remarque qu’elle y va. Et forcément, ça marche moins bien quand c’est fait aussi grossièrement et que ça n’amène aucune réflexion.

Je garde les doigts croisés pour la fin de saison, parce que moi, j’ai encore tous mes doigts, pas comme Nate.

MadS, un petit coup de cœur horrifique

Salut les sériephiles,

Une affiche surprenante qui ne dit pas tout ce qu’est le film, mais qui fourmille en fait de détails sur la construction du film.

Je sais que j’ai dit que j’allais parler séries ici, mais finalement, je me dis que reprendre cette catégorie, c’est quand même l’occasion de parler des coups de cœur concernant les films…

Aujourd’hui, on se plonge ainsi dans MadS, un film français sorti cette semaine. Diffusé sur la plateforme américaine Shudder, il se destine à un public friand d’horreur et de cinéma d’auteur. Si vous aimez les sensations fortes et les choix de réalisation ambitieux, ce film pourrait bien être celui qu’il vous faut pour prolonger encore un peu l’ambiance Halloween.

Je sais, je sais, Halloween est terminé et Mariah Carey nous a dit qu’il était temps de parler de Noël, mais eh, avant son traditionnel « It’s tiiiime », cette année, elle a proposé une petite séquence d’Halloween, non ? J’ai donc le droit de faire de pareil.

De quoi ça parle ?

Le film nous fait suivre une soirée pas si banale ; celle de Romain, un jeune homme de 18 ans (interprété par Milton Riche) qui, après avoir pris une drogue avant une soirée, se retrouve embarqué dans un cauchemar où réalité et hallucination se mélangent. Peu à peu, Romain comprend que les hallucinations terrifiantes ne sont peut-être pas que des hallucinations et on nous embarque dans sa soirée cauchemardesque autant que dans celle de ses potes – il y a finalement trois personnages principaux que l’on suit durant une heure et demi.

Une heure et demi, c’est le temps qu’il faudra pour que la vie de Romain et de ses deux amies bascule dans un chaos digne de film d’horreur. Et ça tombe bien, c’est justement un film d’horreur qui nous surprend quand on ne s’y attend pas ! La bande-annonce nous le montre un peu d’ailleurs, même si j’ai tendance à considérer qu’elle en montre trop.

Prouesse technique

Ce que la bande-annonce ne montre pas en revanche (même si elle le dit), c’est que MadS, c’est avant tout un défi technique. Imaginez : une nuit, une seule caméra, et un plan-séquence de 86 minutes. Ce n’est pas banal pour un film d’horreur, encore moins pour une production française. David Moreau, à la réalisation, mise ici sur l’immersion totale. Il ose l’audace du plan-séquence unique sur l’ensemble de sa durée pour nous embarquer dans une expérience un peu oppressante. J’adore la technique du plan-séquence et j’adore quand c’est fait sur une aussi longue durée – surtout que je n’ai pas forcément remarqué les transitions.

Outre le plan-séquence impressionnant en lui-même, les effets spéciaux méritent vraiment d’être mentionnés eux aussi : ils sont subtils mais percutants, et apportent un vrai plus à cette atmosphère angoissante. Il y a du numérique, bien sûr ; seulement, je suis à peu près sûr qu’ils ont misé également sur des accessoires emportés par les acteurs. C’est assez impressionnant – la caméra tournant en continu, il faut se débrouiller pour trouver des angles morts parfois. Et le film se débrouille, avec des plans et des images parfois vraiment marquants.

Le plan-séquence pourrait aussi justifier que le film ne se casse pas la tête avec un casting large. C’est certes le cas, avec juste trois personnages principaux… mais il y a tout de même un beau nombre de figurants et des plans larges dans ce qui semble vraiment être toute une ville de campagne. Bref, cette approche immersive a nécessité une coordination sans faille entre les acteurs, l’équipe technique et la caméra elle-même. On sent que chaque minute compte et que chaque geste est calculé pour nous tenir en haleine, mais ça ne sort pas pour autant du film – ce qui peut être parfois le problème de ce genre de film.

J’ai lu sur Twitter que Mads était le 1917 des films d’horreur et c’est très vrai, même si le budget est moindre… mais dans 1917, il y a plusieurs moments où j’ai trouvé que le plan-séquence cassait bizarrement l’immersion ; que ça n’était pas hyper crédible dans l’enchaînement. Cela n’a pas été le cas pour Mads qui m’a bien embarqué – un chapeau bas d’ailleurs à ses acteurs qui sont pour moi de jeunes talents qui semblent n’avoir peur de rien et dont la carrière sera probablement à surveiller.

Des défauts quand même ?

Pour autant, même si le film en met plein les yeux, le scénario n’est pas toujours à la hauteur de ce que j’en attendais. Les choix des personnages semblent parfois improbables, ce qui peut casser le réalisme que l’on attendait dans une œuvre aussi immersive. Ceci dit, les personnages sont sous l’influence d’une drogue qui semble tout de même assez forte, et ça ne doit pas aider.

Bref, on se prend à douter, à se demander pourquoi tel ou tel personnage agit ainsi… mais on finit par se laisser reprendre par le rythme du film, tant il ne nous laisse aucun répit. En tout cas, moi, ça m’a fait cet effet-là. J’ai lu des avis un peu moins positifs en faisant quelques recherches pour cet article : il y en a qui n’ont pas accroché, reprochant la platitude du scénario par moments. Je ne peux pas nier qu’il y a un ensemble prévisible et une conclusion peu étonnante quand on est vraiment habitué aux films d’horreur. Je n’appelle pas ça un problème pour autant.

En bref, *MadS* est une expérience intense, pas toujours parfaite, mais qui mérite qu’on s’y attarde pour son approche audacieuse et ses performances. L’essayer, c’est plonger dans un cauchemar cinématographique et vraiment, ça a été un coup de cœur inattendu de ma semaine. Il fallait bien que je vous le partage !

PS : si vous n’en avez pas ça, David Moreau, le réalisateur, avait proposé il y a quasiment vingt ans le film Ils, qui est plutôt une réussite pour un film d’horreur (bon, on lui doit aussi Vingt ans d’écart, mais ça, c’est une autre histoire).

Something is killing the children (vol. 1 à 3)

Salut les sériephiles,

Aujourd’hui, je vous parle de Something is Killing the Children de James Tynion IV, un comic dont j’ai littéralement dévoré en moins de 24 heures les trois premiers volumes. Une adaptation en série est prévue prochainement sur Netflix.

De quoi ça parle ?

Imaginez une petite ville tranquille, Archer’s Peak, où des enfants sont d’abord retrouvés déchiquetés, avant que d’autres ne disparaissent mystérieusement. Il y a bien un survivant du massacre, mais il n’ose pas trop raconter son histoire cauchemardesque de monstre tapi dans l’ombre. L’arrivée en ville d’Erica Slaughter, aussi redoutable et mystérieuse que son nom de famille le suggère, marque le début d’une traque effrénée, et on se retrouve plongé dans un univers qui accroche dès les premières pages.

Cela faisait des années que je voulais découvrir ce comic dont le premier numéro date de 2019, mais je le gardais de côté pour une période un peu spéciale – Halloween me paraissait le moment parfait, mais j’étais toujours pris par autre chose et j’étais un peu frileux de voir la collection être de plus en plus longue.

C’est vraiment bien ?

Si je vous en parle aujourd’hui, c’est que j’ai fini par craquer ce 31 octobre… Et je n’ai pas été déçu du tout : dès les premières pages, j’ai été captivé par cette héroïne badass qui n’a pas froid aux yeux et par ce pré-ado traumatisé par le massacre de ses amis.

Ayant déjà beaucoup aimé Wynd du même auteur (la suite arrive enfin dans une douzaine de jours !) et n’ayant jamais lu la moindre critique négative sur cette saga (au contraire, même), j’étais confiant, mais ici, Tynion IV livre quelque chose de bien plus intense et percutant que ce que j’imaginais. C’est sombre, c’est choquant, et c’est tout simplement impossible à lâcher.

L’histoire est un vrai page-turner, avec des scènes d’une intensité franchement bien sentie. Certaines cases m’ont carrément fait frissonner, sans exagérer (mais maintenant que j’ai écrit ça, ça ne vous le fera peut-être pas…) tant elles sont sanglantes et graphiques. Un moment en particulier m’a… terrifié doit être le mot : je savais que ça allait être violent, je savais que ça allait arriver car il y a des indices pour l’anticiper, mais je ne pensais pas que ce serait à ce point rapide, violent et choquant ! Ce n’est clairement pas pour les âmes sensibles, mais c’est justement ce qui rend la lecture aussi addictive. En France, j’ai cru voir passer un « interdit au moins de 16 ans ». Ça ne me surprend pas, et certains twists ne sont pas sans rappeler la violence de The Walking Dead, par exemple.

Une adaptation à venir

Ce qui rend Something is Killing the Children si intéressant, c’est aussi son univers. La mythologie autour de l’organisation dont Erica fait partie est fascinante, et on sent qu’elle n’a été qu’à peine effleurée dans ces trois premiers volumes. C’est le genre de saga qui pourrait durer encore longtemps tant le potentiel est là, avec une organisation à découvrir, peut-être même à renverser, et un bestiaire de créatures qu’on devine immense.

L’annonce de son adaptation en série par Netflix n’a donc rien de bien surprenant, mais elle m’intrigue aussi beaucoup sur la forme et le ton que ça prendra.

L’histoire rappelle bien sûr Buffy contre les vampires, avec cette héroïne blonde qui se charge des monstres. Mais en 2024, l’approche est plus sombre, plus brute, bien plus sanglante et pour l’instant, on est un peu moins dans l’approfondissement des personnages secondaires. On sent qu’ils sont attachants, mais je me demande lesquels resteront pour la suite.

Les trois premiers volumes formaient une première grande histoire concentrée sur Archer’s Peak, ce qui pourrait d’ailleurs correspondre à une saison 1 assez efficace pour la série. C’est intense, ça va droit au but, et ça pose de solides bases pour la suite. On a tout ce qu’il faut : une héroïne charismatique, une ambiance glauque, et des personnages auxquels on s’attache progressivement.

Bref, j’adore. Si vous aimez les histoires sombres, captivantes, avec un soupçon de frisson et des créatures monstrueuses, Something is Killing the Children est un must. Personnellement, je suis déjà impatient de découvrir la suite, tant il y a de choses à explorer et de mystères à résoudre.Cela tombe bien, il me reste cinq volumes à découvrir. À lire absolument… mais peut-être pas, comme moi, avant de dormir car vous y passerez la nuit !

Qui se rappelle encore de Russian Doll ?

Salut les sériephiles,

J’espérais avoir le temps de commencer la saison 2 de Russian Doll ce soir, mais à vrai dire, j’ai trop de retard dans plein de séries pour avoir vraiment envie de me lancer dedans. C’est tellement fucked up, en plus, je sais que ça demandera toute ma concentration pour l’apprécier pleinement. Une partie de moi se dit que 3h30/4h, ça se trouve rapidement et que je vais me faire la saison sur une seule soirée… une autre partie de moi se dit que c’est tellement lourd que ça risque de terminer en visionnage étalé sur plus longtemps que ça.

Voir aussi : Mes critiques de Russian Doll (S01)

En attendant, si je ne la commence pas ce soir, c’est aussi parce que le dernier épisode de la série que j’ai vu date du 27 mai… 2019. Trois ans entre deux saisons, c’est extrêmement long, surtout pour une série dont les épisodes sont si courts. La saison 1, je m’en souviens vaguement comme d’une aventure bon délire, à laquelle on ne comprenait pas tout mais qui proposait des personnages attachants.

Et si le dernier épisode semblait conclure la série, voilà donc qu’une suite débarquait sur Netflix aujourd’hui. C’est pourquoi j’ai décidé de me pencher un peu sur la fin de saison 1, pour voir de quoi je me souvenais avant de lancer la deuxième saison. Premier point gênant : je ne me souvenais pas du nom de l’héroïne. Il faut dire que Nadia est particulièrement antipathique sur les premiers épisodes, à faire la fête tout le temps et à être détachée de tout – un sentiment accentué par le problème de la boucle temporelle. Nadia est un personnage qui revit en boucle sa soirée d’anniversaire de ses 36 ans, une soirée qu’elle vit particulièrement mal, même si elle est très entourée. Elle adore son chat et ses amis, mais ça ne semble pas suffisant pour lui donner envie d’être heureuse de sa vie. La boucle temporelle est vécue comme une malédiction dont elle cherche désespérément la cause, en vain. Et ça devenait ennuyeux.

Cela tourne mieux une fois qu’Alan arrive dans la série. Je ne me souvenais pas de son nom non plus, mais lui aussi, il revit constamment sa journée, en essayant de maintenir une routine bien moins éclatée au sol que celle de Nadia. Difficile d’oublier l’introduction du personnage et de sa routine, je n’ai jamais vu un acteur se laver autant les dents. Ceci étant dit, ça fonctionnait plutôt bien et je me souviens même de ce qui le lance dans cette boucle temporelle !

Voir aussi : Et si j’étais coincé dans une boucle temporelle ?

Alors qu’il voulait demander la main de sa petite amie, il s’est rendu compte que celle-ci le trompait ; avec un plan cul de Nadia. Dur à encaisser, mais en plus, il a droit de revivre ce trauma en boucle. Bienvenue en Enfer. Toute sa routine millimétrée part en vrille quand il rencontre Nadia, évidemment, et qu’ils comprennent que pour se sortir de la boucle, ils doivent s’accepter et travailler ensemble.

Ce n’est pas gagné : ils se détestent autant qu’ils aiment se faire l’amour, et plus le temps passe, plus la boucle temporelle semble détériorer tout ce qui arrive autour d’eux. Ainsi, des gens disparaissent, des fruits pourrissent sans raison… on sent que le temps presse. A force de chercher, ils comprennent que s’ils s’étaient parlés la toute première nuit, ils ne seraient probablement pas morts. En effet, Alan s’est suicidé peu de temps après avoir croisé Nadia, qui l’ignorait royalement, alors qu’elle, elle s’est fait renverser par une voiture.

Comprenant enfin tout ça et ayant fait le point sur les traumas qu’ils avaient l’un et l’autre, les deux personnages se donnent rendez-vous une ultime fois… pour mieux comprendre qu’ils ne se reconnaissent pas. Chacun se retrouve dans sa propre timeline et doit convaincre l’autre de l’écouter et de le rejoindre, afin d’éviter sa mort. Ils y parviennent tous les deux grâce aux informations récoltées sur l’autre. Dans une ultime scène cryptique, les personnages se rendaient alors, chacun dans un univers, à la même parade.

De là, l’écran séparé redevenait un seul et même écran, suggérant que les deux personnages reprenaient le cours d’une vie normale… peut-être dans la même timeline ? Franchement, la fin était cryptique, et j’espère que la saison 2 l’éclaircira un tout petit plus. Dans tous les cas, c’est une saison qui m’intrigue et que je sais que je regarderai !