Pourquoi faut-il laisser trois épisodes à une série pour nous convaincre ?

Salut les sériephiles,

Vous le savez, il y a une règle que j’applique plus ou moins depuis des années quand je commence une série : essayer de lui laisser trois épisodes avant de décider si je continue ou non. Je dis « plus ou moins » parce que je suis comme tout le monde, c’est-à-dire plein de grands principes que je ne respecte pas toujours. Il y a des séries qui m’épuisent dès les dix premières minutes, des pilots qui sentent tellement mauvais que je sais déjà que je ne vais jamais revenir, et des soirées où je n’ai juste pas l’énergie de donner sa chance à quoi que ce soit. On appelle ça la vie adulte, je crois.

Pourtant, dans l’idée, je trouve que les trois épisodes restent un bon repère. Un premier épisode doit accrocher. Un deuxième peut confirmer ou montrer que ça manque de perspective. Par contre, si au bout de trois épisodes, je n’ai toujours aucune curiosité, aucune envie, aucun personnage auquel m’accrocher et aucune intrigue qui me donne envie de cliquer sur « épisode suivant », bon, c’est peut-être qu’il est temps de passer à autre chose. Je ne le fais pas toujours pour autant.

À une époque où les plateformes nous balancent cinquante nouveautés par semaine et où tout le monde semble attendre qu’une série soit géniale immédiatement, c’est un peu ironique. C’est un peu truqué aussi : Netflix adore finir le troisième épisode de ses saisons par un énorme cliffhanger. Ils savent qu’on fait facilement et naturellement une pause après trois épisodes. Alors ils font en sorte qu’on enchaîne, il y a tout un algorithme derrière le scénario et on le voit tellement que ça m’agace au point de ne plus accrocher à l’écriture Netflix – surtout que du coup ça manque de rythme avant l’épisode 4 maintenant.

Le problème avec les séries, c’est qu’un premier épisode ne peut pas tout faire. J’en parlais déjà dans un précédent article, mais maintenant que j’écris, ça me paraît encore plus évident. Certaines séries y arrivent avec une facilité indécente, et c’est généralement là qu’on comprend qu’on tient quelque chose de spécial. D’autres ont besoin d’un peu plus de place. Ce n’est pas forcément un défaut.

Voir aussi : La règle des trois épisodes (de retard)

Prenez The Good Place, par exemple. La série a la chance d’avoir un concept immédiatement lisible, une héroïne efficace et un univers qui fonctionne très vite. Pour autant, ce n’est pas seulement le pilot qui fait tout. Ce sont les épisodes suivants qui permettent de comprendre le rythme, les personnages secondaires, la logique absurde de cet au-delà et la manière dont la série va transformer une idée simple en machine à surprises. Le premier épisode est très bon, évidemment, mais c’est en enchaînant un peu qu’on comprend vraiment ce que la série peut devenir. Et encore, à ce moment-là, on est très loin d’imaginer tout ce qu’elle fera ensuite.

À l’inverse, il y a des séries qui commencent de manière beaucoup plus bancale, mais qui trouvent leur vitesse de croisière après quelques épisodes. Je repense à Wolf Pack, que je n’ai absolument pas trouvée incroyable, loin de là, mais dont le troisième épisode permettait déjà de mieux voir ce que la série voulait être. Ce n’était pas devenu un chef-d’œuvre, hein, mais au bout de trois épisodes, je savais davantage à quoi m’attendre : un simple guilty pleasure d’urban fantasy comme ils ne savent plus en faire…

Et c’est peut-être ça, le plus important dans cette règle des trois épisodes : elle oblige à distinguer la série qu’on voulait voir de la série qu’on a réellement sous les yeux. Ce n’est pas toujours agréable. On lance une nouveauté avec des attentes, un casting, une affiche, une bande-annonce, un nom de créateur, une promesse marketing plus ou moins honnête. Puis le premier épisode arrive et il y a souvent un décalage. Le deuxième épisode sert alors à vérifier si le décalage était accidentel ou volontaire. Le troisième commence à répondre à la vraie question : est-ce que j’ai envie de continuer cette histoire-là, pas celle que j’avais imaginée ?

C’est encore plus vrai pour les séries à mystère ou les séries avec un univers un peu particulier. Orphan Black n’a pas seulement besoin de sa scène d’ouverture géniale pour fonctionner. Elle a besoin qu’on comprenne les secrets qu’elle recèle et ce vers quoi elle se dirige… Les clones, déjà : il faut arriver tard dans la série pour tout savoir. Franchement, ça fonctionne pour la plupart des séries. Je parlais de double épisode la dernière fois, et ce n’est qu’au troisième qu’on sait ce qui nous attend : pour reprendre l’exemple de Buffy contre les vampires, ce n’est pas seulement un concept cool de lycéenne qui tue des vampires. C’est une série qui installe un groupe, un lycée, une ville, des règles, un ton, une mythologie. C’est au troisième épisode qu’on a une bonne idée de ce que sera la série – et il n’y a pas de vampire dans cet épisode.

Il y a aussi une autre raison pour laquelle j’aime bien attendre trois épisodes : c’est souvent dans un troisième épisode que les personnages secondaires commencent à exister autrement que comme des fonctions. Le meilleur ami n’est plus seulement « le meilleur ami ». Le mentor n’est plus seulement « le mentor ». Le lieu principal cesse d’être un décor. Les détails posés au début commencent à trouver un début d’écho.

Vous me voyez venir, peut-être, mais c’est un peu ce qu’il s’est passé avec Sauveurs de rêves. Le premier épisode, « L’Éveil », devait faire entrer Chris dans l’histoire. Il fallait poser son cauchemar, l’étrangeté de ce qu’il vivait, l’arrivée d’Allyriane et d’Elisabeth, puis cette proposition impossible à croire au réveil. Le deuxième épisode, « Tempête », devait lui faire comprendre plus concrètement ce que la Fondation attendait de lui. Là, il n’était plus seulement question de se demander si tout ça était réel ou non, mais bien de voir ce que cela impliquait d’entrer dans les rêves pour empêcher des cauchemars de tuer.

Et le troisième épisode, justement, c’est « Le Lobby ». Il est disponible depuis hier sur Amazon et, sans surprise vu le sujet de cet article, il a pour moi une place un peu particulière. C’est l’épisode où l’on peut commencer à voir plus clairement la série que j’ai envie de raconter. Après la découverte et après la première vraie mission, il fallait revenir à la Forteresse, élargir un peu le décor et surtout laisser Chris croiser davantage de personnages.

Alors non, il ne faut pas toujours laisser trois épisodes à toutes les séries. Si une série vous insupporte vraiment au bout de vingt minutes, personne ne viendra vous arrêter parce que vous avez osé abandonner. En revanche, quand quelque chose vous intrigue malgré quelques maladresses, quand vous sentez un potentiel sans être encore convaincus, quand un univers semble avoir besoin d’un peu d’air pour respirer, trois épisodes me paraissent encore être un délai raisonnable avant de rendre le verdict.

Et si vous appliquez cette règle à Sauveurs de rêves, eh bien, l’épisode 3 est là. Le Lobby est disponible sur Amazon à moins d’un euro, comme les deux premiers. Si vous avez déjà lu L’Éveil et Tempête, merci beaucoup, vraiment. J’espère que ce troisième épisode vous donnera envie de rester encore un peu dans les couloirs de la Fondation. Si vous n’avez pas encore commencé, vous savez ce qu’il vous reste à faire : trois épisodes, donc. Ce n’est pas si long. En temps de lecture, ça fait à peu près une soirée de séries. Et comme sur Netflix, vous aurez droit à un cliffhanger pour vous donner envie de lire l’épisode 4.

Bonne lecture… ou bonne série, d’accord !

Encore un article sur la canicule ?!

Salut les sériephiles,

Vous aurez remarqué que j’ai recommencé à voir quelques épisodes cette semaine et à publier des critiques sur le blog, que ce soit pour le retour de Zodiaque ou un petit bingewatching bienvenu de Maximum Pleasure Guaranteed. Ce n’est pas une aussi bonne nouvelle que ça, parce que malheureusement, on le doit uniquement à la canicule qui a fait qu’une énorme partie de mon emploi du temps est tombé à l’eau. Enfin, ce n’est pas la meilleure expression, je devrais plutôt dire que ça s’est… Je ne sais pas ? Évaporé au soleil.

Au moment où j’écris ces lignes, il fait officiellement plus de 40 degrés sur la région parisienne. Hier dans un article, le Washington Post a même publié une carte assez lunaire intitulée Places hotter than France on Tuesday. Spoiler : il ne restait plus grand-monde. Moins de 1% de la planète devait être plus chaud que les endroits les plus chauds de France, avec principalement des bouts du Sahara, du Moyen-Orient et du désert américain. Voilà.

C’est historique, incroyable, terrifiant. Il y a vingt ans, on nous prédisait ce scénario pour 2050 et la plupart des réactions étaient alors de ne pas y croire et de trouver la blague amusante.

Cela n’a finalement rien d’amusant, parce qu’avec ces températures et les photos d’intérieur de voitures où il fait plus de 50°C qui se multiplient, ben… C’est bien la réalité quoi. Après une nuit caniculaire où j’ai peu dormi, j’ai passé ma journée dans le noir, entre deux ventilos, avec la petite pointe de culpabilité de savoir que parfois je lançais la clim et faisais partie du problème. M’enfin, à même pas 1%, pas vrai ?

Ce qui est fou, c’est surtout que ces épisodes de canicule se multiplient vraiment – et moi, j’ai déjà écrit tout ce que j’avais à en dire. L’angle séries et canicule est assez limité, en vrai, et on finit par en trouver moins dans les séries que dans la vraie vie. Je veux dire… En 2020, j’en parlais sur le blog avec encore cette vue un peu naïve de « la canicule est un phénomène rare » : c’était l’époque où j’écrivais sur les clichés à la télé (une série d’articles qu’il faudrait que je recommence à faire, j’aimais bien).

En 2022, j’ai remis ça avec un angle bien plus pratico-pratique : comment survivre ? Rien de révolutionnaire, mais c’était ma petite pierre à l’édifice, on va dire. En 2026, bon… J’ai déjà cité la majorité des séries qui proposaient des épisodes de canicule sur le blog, quoi. Certes, depuis, Grey’s Anatomy a remis le couvert dans un double épisode pas si marquant (la critique est par ici), mais dans l’ensemble tout a déjà été dit.

Est-ce qu’on bascule dans une dystopie ? J’en ai l’impression, parfois. Marcher dans la rue alors qu’il fait 40°C ou vivre dans un appartement qui flirte de plus en plus avec les 32°C (eh, de quoi je me plains ? La température est tombée à 29 ce matin avec les fenêtres ouvertes toute la nuit), ça me donne l’impression d’être dans la série 3%. Le portugais en moins et, bien sûr, sans être dans les fameux 3% de plus chanceux (mais je suis loin des plus malheureux encore). Ou alors, c’est Praimfaya dans The 100. Je ne sais pas trop.

Une chose est sûre, par contre, je ne peux plus m’encadrer les climatosceptiques qui essaient encore l’argument du « on vivait déjà ça y a cinquante ans » ou « le réchauffement climatique n’existe pas ». J’ai du mal aussi (beaucoup, beaucoup de mal) avec l’inaction politique et l’absence de décision courageuse pour faire face à ce qui devient de plus en plus fréquent. Enfin, il faut bien le dire, mais la culpabilisation de l’utilisation de la clim… Eh, personne ne nous culpabilise sur le chauffage quand il fait moins cinq degrés dehors, non ? Il me semble que dépasser les 36°C, c’est l’équivalent. Bref.

Je me rends compte que j’écris tout ça, mais que je n’ai pas vraiment de conclusion. Enfin, si, je peux bien vous en faire une pour me faire de la pub après tout. Après plusieurs jours de canicule, il y a généralement un moment où tout le monde attend la même chose : l’orage. Celui qui promet de faire baisser la température, de nettoyer l’air, de rendre les nuits un peu plus supportables et de nous donner enfin la fraîcheur que l’on attend.

Je ne dis pas que je veux ça comme météo, je dis qu’un peu de pluie serait la bienvenue.

Pour cette canicule, malheureusement, les modèles ne sont pas très optimistes dans ma région. Rien n’est vraiment annoncé dans les jours à venir. Ailleurs, on parle parfois d’orages très violents, ce qui est tout de suite moins réjouissant. Comme quoi, même quand on attend une tempête, il faut se méfier de ce qu’on demande.

Et c’est ma transition toute trouvée pour la conclusion : l’épisode 2 de Sauveurs de rêves s’appelle justement Tempête. Il ne fera pas baisser la température de votre appartement, et j’espère sincèrement qu’il ne vous donnera pas envie de vivre un vrai orage comme celui que j’y décris, parce que j’écris quand même une série où les cauchemars peuvent être mortels. Au sens propre.

Autant vous dire que là tout de suite, je suis à ça d’écrire un épisode avec une canicule cauchemardesque. Ce ne sera toutefois pas le sujet de l’épisode 3 – qui s’intitule « Le Lobby » et sera disponible dès dimanche sur Amazon, si ça vous tente. Si ça ne vous tente pas, je peux vous dire qu’il permettra d’intégrer davantage de personnages et lieux, histoire de vraiment pouvoir avancer dans ce que je veux raconter ensuite !

Allez, prenez soin de vous, hydratez-vous, regardez plein de séries (ou la saison 14 de Secret Story commencée hier soir !) et… courage.

Dans l’œil de la tempête (qu’est la fin d’année scolaire)

Salut les sériephiles,

Je ne sais pas vous, surtout que si vous n’avez pas d’enfant à charge d’une manière ou d’une autre, le rythme n’est pas le même, mais de mon côté, j’ai l’impression d’être entré dans cette période étrange de l’année où les journées sont les plus longues alors que l’énergie disponible est en baisse drastique. Pourquoi alors qu’il y a plus de soleil ai-je moins de temps?

La réponse est simple : je suis prof et je m’engage encore dans trop de projets à la fois. Les bulletins sont terminés, certes, mais les réunions continuent, les projets de fin d’année s’enchaînent, les températures commencent à grimper et le cerveau alterne entre « encore un petit effort » et « vivement juillet ».

Au milieu de tout ça, j’essaie quand même de préserver quelques moments pour souffler.

Cette semaine, j’ai par exemple trouvé le temps d’aller au cinéma. D’abord avec The Furious, qui a été une excellente surprise. Un film de kung-fu généreux, spectaculaire et particulièrement efficace dans ce qu’il entreprend. Puis évidemment avec Disclosure Day, un film de science-fiction qui m’a laissé une impression plus mitigée. Je comprends parfaitement les critiques qui lui sont adressées. Le récit est parfois prévisible, certaines idées auraient mérité d’être davantage développées et le film semble parfois promettre plus qu’il n’offre réellement. En fait, ça ne peut que diviser tant on nous l’a vendu comme novateur alors qu’il ne l’est pas tellement.

Pourtant, c’est un bon film. Je me suis laissé embarquer au début et complètement happé à la fin. Certains passages me trottent encore dans la tête plusieurs jours après la séance. C’est souvent bon signe. Il y aura une scène ou deux pour rester dans les annales, rien de plus. Est-ce que ce n’est pas tout ce qu’on demande à un Spielberg vieillissant cela dit? Je veux bien être aussi efficace à son âge, moi.

Mon vendredi, lui, a commencé par une très belle surprise musicale avec le troisième album d’Olivia Rodrigo. J’avais adoré ses deux précédents albums, vous le savez, et celui-ci m’a immédiatement accroché. J’avais peur pourtant. Depuis sa sortie, il tourne beaucoup plus que de raison dans mes écouteurs. Je me garderai bien d’en faire une critique complète ici, mais il y a déjà plusieurs titres qui refusent obstinément de quitter ma tête.

Samedi, je suis également passé par Disneyland Paris. Rien d’exceptionnel pour les habitués de ce blog, me direz-vous. Une promenade, quelques spectacles, un peu de marche et l’occasion de profiter du parc avant que les fortes chaleurs ne deviennent franchement désagréables. Qu’est-ce que je me plains finalement ? J’ai encore du temps libre, et on ne dira pas que j’ai bossé dans le RER, voilà.

Nous ne sommes que lundi et je suis déjà dans le jus. La canicule approche, les températures annoncées deviennent de moins en moins sympathiques et, selon les prévisions, tout cela pourrait se terminer par de gros orages le week-end prochain. Autant dire que le calendrier s’est montré particulièrement coopératif pour que je regarde des séries.

Malgré tout, j’ai beaucoup travaillé au milieu de tout ça sur les épisodes 5 et 6 de Sauveurs de rêves. Corrections, réécritures, ajustements de dialogues, vérifications diverses… Le genre de travail invisible qui occupe finalement plus de temps que l’écriture elle-même. Pendant que je peaufinai la suite, l’épisode 2 attendait tranquillement son tour.

Après L’Éveil, qui servait surtout à découvrir Chris, la Fondation et ce mystérieux métier consistant à sauver des gens dans leurs rêves, il fallait commencer à montrer concrètement ce que cette série avait à raconter. Dans Tempête, Chris découvre que la Fondation intervient dans les rêves pour empêcher certaines morts. Sa première mission le conduit dans un camping désert, au cœur d’un violent orage. Une personne doit être sauvée avant que la foudre ne frappe. Mais dans un rêve, les dangers ne suivent pas toujours les règles du monde réel.

J’avais envie d’un épisode plus direct que le premier, avec un objectif clair, une menace immédiate et davantage d’action. Un épisode qui permette à Chris, mais aussi aux lecteurs, de comprendre ce que signifie réellement être un Sauveur de rêves.

Tempête, le deuxième épisode de Sauveurs de rêves, est disponible depuis hier sur Kindle au prix de 0,99 €.

Et si les prévisions météo disent vrai, il arrivera peut-être juste à temps pour accompagner les prochains orages.l me reste ainsi à vous souhaiter une bonne lecture et une semaine moins chargée que la mienne !

The Mandalorian and Grogu : le récap de la série (en gros) avant le film

Salut les sériephiles,

Ça fait quoi, deux ans ? Trois ? … Quatre, peut-être ? Non, quand même pas, là, je commence à exagérer, mais franchement la série The Mandalorian a proposé sa saison 3 dans ce qui me semble être une autre vie. Trois ans, c’est rien ? Il y a suffisamment de temps en tout cas pour que j’ai l’impression de ne me souvenir de rien, à commencer par trois quarts des noms propres et probablement 90% des subtilités politiques autour du… Euh… Sabre Noir ?

Heureusement, il y a Grogu. Lui, on ne l’oublie pas trop. Il est mignon, on voit sa tronche partout à Disneyland et je n’arrête pas de le manger. En burger, hein. Il y a d’abord eu le burger de Disneyland à l’occasion du 4 mai, puis j’ai fini par craquer et faire un tour à Burger King (en vrai, c’était une bonne option sur une journée loin de chez moi) où, à deux, nous avons évidemment récolté les deux mugs.

Il y avait un peu trop d’ail à mon goût, mais gros coup de cœur quand même pour le burger Mando, c’est pas impossible, si je repasse devant un Burger King, que je m’arrête pour m’en racheter un… même si c’est un peu con de devoir repayer le mug à chaque fois, parce que même s’ils sont superbes, bon, je ne vois pas trop quoi faire des doublons (déjà que je ne m’en sers que comme décoration pour l’instant).

Oui, la présentation fait pas rêver, on est dans un fast-food, mais le coup de cœur a même été suffisant pour que j’y retourne ensuite histoire d’aller récupérer quelques goodies du menu enfant. Le puzzle, c’est fun, la casquette mériterait d’être proposée en taille adulte pour tous les adultes qui sont restés des enfants et Burger King a peut-être quand même gagné un client ou deux dans l’opération.

Promis, mon article n’est pas sponso pour autant… C’est juste un marketing efficace quand on n’est pas un fan absolu de Star Wars. Ce qui, rappelons-le, est mon cas à la base. Cela dit, cet article ressemble un peu trop à un encart pub, il est peut-être temps d’entrer dans le vif du sujet :

Un bon gros recap de la série.

Avec la sortie de The Mandalorian and Grogu le 20 mai, il est en effet temps de se rafraîchir un peu la mémoire, surtout que je compte aller voir le film à la première séance possible pour éviter les spoilers. Bien sûr, ça signifie aussi sans avoir vu la bande-annonce, sans avoir lu le résumé, sans avoir ouvert la moindre théorie, bref, vous me connaissez, j’en suis au stade où je ferme les yeux et me bouche les oreilles au ciné.

Saison 1

Au départ, The Mandalorian, c’est l’histoire de Din Djarin, un chasseur de primes solitaire qui traverse les territoires pas vraiment contrôlés par la Nouvelle République. En gros, un western spatial, et j’aime bien le vendre comme ça en précisant que si c’est un genre qui fait envie, alors mieux vaut regarder Firefly.

Ouais, pardon mais j’ai eu un peu trop de mal à entrer dedans au tout début pour la vendre avec enthousiasme, Grogu ou pas. La saison 1 était belle, très belle même, mais elle donnait aussi l’impression d’être un long film étiré sans raison en épisodes, avec beaucoup d’exposition et pas toujours énormément de dialogues. Disons que Mando n’est pas le personnage le plus bavard de l’univers, ce qui est pratique quand on porte un casque, mais qui est vite chiant quand il passe la moitié de l’épisode à marcher en silence d’un point A à un point B, sans vrai enjeu.

En cherchant bien, on en trouve un peu avec “l’Enfant”, que tout le monde continue aujourd’hui de surnommer Baby Yoda même si on sait enfin son vrai nom : Grogu. La mission de Mando (pas de jaloux pour les surnoms) devait être simple : récupérer la cible (Grogu), la livrer, toucher la récompense. Sauf qu’il fallait bien que notre chasseur de primes ait un cœur quelque part sous l’armure, et Din finit par trahir ses employeurs pour protéger ce petit être beaucoup trop mignon, mais aussi beaucoup trop puissant. En gros.

La saison 1 pose donc les bases : Din Djarin n’est pas seulement un homme en armure qui accepte des contrats, c’est un homme en armure qui se retrouve à devoir protéger un enfant. En fin de saison 1, Din reçoit enfin un objectif clair : retrouver les semblables de Grogu pour le ramener auprès des siens. Enfin, un objectif. Il était temps.

Saison 2

Ainsi, la saison 2 fonctionne beaucoup mieux pour moi, justement parce qu’elle transforme tout ce qui ressemblait à une longue introduction en vraie aventure. Les épisodes restent souvent indépendants, mais l’intrigue avance davantage, les dialogues existent un peu plus, Din devient plus attachant et Grogu continue à faire n’importe quoi avec l’innocence d’un bébé capable de déplacer des objets avec la Force. Baby Yoda est mal élevé, clairement, mais bon, il est mignon, alors on lui pardonne en rigolant et voilà.

La saison 2 permet aussi d’agrandir l’univers. Din croise d’autres Mandaloriens, et comprend que son credo (This is the waaay) n’est pas forcément la seule manière d’être mandalorien. La série devient plus riche, plus rythmée, plus connectée aussi à l’univers Star Wars, pour le meilleur et parfois pour le “ah oui, là, il faut avoir les références et je ne comprends rien, mais OK, d’accord”.

Le point culminant, évidemment, c’est la séparation entre Din et Grogu à la fin de la saison 2. Din accepte de retirer son casque pour lui dire au revoir, ce qui est quand même énorme pour lui, et Grogu part avec Luke Skywalker (rien que ça ! Les effets spéciaux ensuite étaient si dingues qu’il a fallu que j’en écrive un article) pour être formé. Le genre de fin qui donne l’impression qu’une page se tourne vraiment.

Sauf que non.

Entre la saison 2 et la saison 3, il y a eu la saison 1 de The Book of Boba Fett. Et si vous n’avez pas vu The Book of Boba Fett, eh bien, tant pis pour vous, apparemment, parce qu’une partie importante de l’intrigue de The Mandalorian s’y déroule. La saison est bien sûr critiquée sur le blog, mais en bref, Grogu choisit finalement de revenir auprès de Din plutôt que de poursuivre son entraînement avec Luke, ce qui explique pourquoi il est de retour dès le début de la saison 3.

C’est tout de même un choix narratif assez fou : séparer les deux personnages dans un final de saison très marquant, puis régler leur réunion dans une autre série. J’ai encore du mal à savoir si c’est brillant, idiot ou juste très Disney+. J’ai tendance à penser que c’est idiot, je crois.

Saison 3

La saison 3 démarre donc avec Din et Grogu déjà réunis, sans explication pour qui n’a pas tout suivi à l’univers Star Wars étendu. Din, lui, a un nouveau problème : il n’est plus considéré comme un vrai Mandalorien parce qu’il a retiré son casque. Pour obtenir sa rédemption, il doit se rendre dans les eaux vivantes des mines de Mandalore. Oui, oui, il doit aller se baigner sur une planète supposée détruite pour retrouver le droit de porter un casque à vie. C’est qu’il faut se faire chier pour rester dans une secte, dis donc.

J’ai l’air de me moquer ? En vrai, cette saison 3 développe beaucoup Mandalore, Bo-Katan, les différents clans mandaloriens, leur histoire, leurs tensions, leur volonté de reconquérir leur planète… Et ça m’a plutôt plu. Sur le papier, il y a plein de bonnes idées. En pratique, j’ai souvent eu l’impression que la série ne savait pas totalement ce qu’elle voulait raconter, mais au moins je ne m’ennuyais pas.

Après, l’intrigue se déplace vers Bo-Katan et la réunification des Mandaloriens et ce n’est pas toujours ce que j’attendais d’une série supposée être centrée sur The Mandalorian.

Après, il n’y a pas que Din qui fasse la série. Il faut dire aussi qu’il y a un antagoniste central que je n’ai pas encore cité : Moff Gideon. Ancien officier impérial très intéressé par Grogu dès le départ, il passe son temps à revenir alors qu’on le croit plus ou moins hors jeu, avec toujours un nouveau plan derrière la tête et une armée de soldats encore plus menaçants que les précédents.

C’est aussi lui qui récupère le Sabre Noir pendant un temps. Cette arme très particulière, créée par le premier Mandalorien Jedi, représente en gros le pouvoir sur Mandalore : celui qui le possède peut prétendre diriger les différents clans. Le problème, évidemment, c’est que personne n’est jamais d’accord sur la manière de l’obtenir ou sur qui mérite réellement de le porter.

Din récupère donc le sabre un peu malgré lui après son combat contre Moff Gideon, ce qui crée immédiatement des tensions avec Bo-Katan, qui espérait le récupérer pour réunifier Mandalore. Et honnêtement, c’est aussi à partir de là que la série devient parfois beaucoup plus centrée sur la politique mandalorienne. Beaucoup trop ? En vrai, l’Empire est peut-être officiellement tombé, mais ses restes continuent de pourrir la galaxie un peu partout, et il me manque parfois des réf.

Du coup, la fin de saison enchaîne beaucoup d’action, de beaux plans, des Mandaloriens qui tombent du ciel, Grogu qui fait de son mieux, Din qui se bat comme il peut et Bo-Katan qui assume son rôle… C’est spectaculaire, c’est efficace, c’est parfois très beau, mais ça va vite. Trop vite, même, pour tout capter.

Comme dirait l’autre :

Et maintenant?

Au bout du compte, Mandalore est reconquise, Gideon est vaincu, les Mandaloriens peuvent commencer à reconstruire quelque chose et…  Din adopte officiellement Grogu. C’est la fête, yeah, Grogu devient Din Grogu. Bon, le nom sonne moins bien que Baby Yoda, je sais… Din accepte ensuite de travailler plus ou moins pour la Nouvelle République, avec l’idée de traquer les restes de l’Empire, et il s’installe avec Grogu dans une petite maison sur Nevarro.

Voilà donc où on en est avant le film : Din Djarin est redevenu Mandalorien, Grogu est officiellement son fils/apprenti/mini colocataire capable de faire des bêtises avec la Force, Mandalore n’est plus seulement une planète morte à reconstruire et les restes de l’Empire sont encore assez présents pour fournir du travail à tout le monde.

En gros (c’est le dernier de l’article promis !), tout est prêt pour retrouver Din et Grogu dans une nouvelle aventure. Après, si le film décide de m’expliquer pendant deux heures les subtilités administratives de la reconstruction de Mandalore comme la série a parfois su le faire quand elle dérivait, je vais pleurer, même si c’est de bonne guerre (des étoiles). Verdict mercredi, je suppose !

Mise à jour : Le film est sorti, le résumé et ma critique sont dispo sur le blog

The Mandalorian & Grogu : une saison bâclée, mais pas un bon film

Salut les sériephiles, Si on m’avait dit qu’un jour, je ferai une des fameuses séances de 9h à Châtelet, je ne l’aurais probablement pas cru. Si en plus on m’avait dit que ce serait pour un film qui a officiellement Star Wars dans le nom, j’aurais probablement ri. Et pourtant, c’est bien ce qui m’est…