Encore un article sur la canicule ?!

Salut les sériephiles,

Vous aurez remarqué que j’ai recommencé à voir quelques épisodes cette semaine et à publier des critiques sur le blog, que ce soit pour le retour de Zodiaque ou un petit bingewatching bienvenu de Maximum Pleasure Guaranteed. Ce n’est pas une aussi bonne nouvelle que ça, parce que malheureusement, on le doit uniquement à la canicule qui a fait qu’une énorme partie de mon emploi du temps est tombé à l’eau. Enfin, ce n’est pas la meilleure expression, je devrais plutôt dire que ça s’est… Je ne sais pas ? Évaporé au soleil.

Au moment où j’écris ces lignes, il fait officiellement plus de 40 degrés sur la région parisienne. Hier dans un article, le Washington Post a même publié une carte assez lunaire intitulée Places hotter than France on Tuesday. Spoiler : il ne restait plus grand-monde. Moins de 1% de la planète devait être plus chaud que les endroits les plus chauds de France, avec principalement des bouts du Sahara, du Moyen-Orient et du désert américain. Voilà.

C’est historique, incroyable, terrifiant. Il y a vingt ans, on nous prédisait ce scénario pour 2050 et la plupart des réactions étaient alors de ne pas y croire et de trouver la blague amusante.

Cela n’a finalement rien d’amusant, parce qu’avec ces températures et les photos d’intérieur de voitures où il fait plus de 50°C qui se multiplient, ben… C’est bien la réalité quoi. Après une nuit caniculaire où j’ai peu dormi, j’ai passé ma journée dans le noir, entre deux ventilos, avec la petite pointe de culpabilité de savoir que parfois je lançais la clim et faisais partie du problème. M’enfin, à même pas 1%, pas vrai ?

Ce qui est fou, c’est surtout que ces épisodes de canicule se multiplient vraiment – et moi, j’ai déjà écrit tout ce que j’avais à en dire. L’angle séries et canicule est assez limité, en vrai, et on finit par en trouver moins dans les séries que dans la vraie vie. Je veux dire… En 2020, j’en parlais sur le blog avec encore cette vue un peu naïve de « la canicule est un phénomène rare » : c’était l’époque où j’écrivais sur les clichés à la télé (une série d’articles qu’il faudrait que je recommence à faire, j’aimais bien).

En 2022, j’ai remis ça avec un angle bien plus pratico-pratique : comment survivre ? Rien de révolutionnaire, mais c’était ma petite pierre à l’édifice, on va dire. En 2026, bon… J’ai déjà cité la majorité des séries qui proposaient des épisodes de canicule sur le blog, quoi. Certes, depuis, Grey’s Anatomy a remis le couvert dans un double épisode pas si marquant (la critique est par ici), mais dans l’ensemble tout a déjà été dit.

Est-ce qu’on bascule dans une dystopie ? J’en ai l’impression, parfois. Marcher dans la rue alors qu’il fait 40°C ou vivre dans un appartement qui flirte de plus en plus avec les 32°C (eh, de quoi je me plains ? La température est tombée à 29 ce matin avec les fenêtres ouvertes toute la nuit), ça me donne l’impression d’être dans la série 3%. Le portugais en moins et, bien sûr, sans être dans les fameux 3% de plus chanceux (mais je suis loin des plus malheureux encore). Ou alors, c’est Praimfaya dans The 100. Je ne sais pas trop.

Une chose est sûre, par contre, je ne peux plus m’encadrer les climatosceptiques qui essaient encore l’argument du « on vivait déjà ça y a cinquante ans » ou « le réchauffement climatique n’existe pas ». J’ai du mal aussi (beaucoup, beaucoup de mal) avec l’inaction politique et l’absence de décision courageuse pour faire face à ce qui devient de plus en plus fréquent. Enfin, il faut bien le dire, mais la culpabilisation de l’utilisation de la clim… Eh, personne ne nous culpabilise sur le chauffage quand il fait moins cinq degrés dehors, non ? Il me semble que dépasser les 36°C, c’est l’équivalent. Bref.

Je me rends compte que j’écris tout ça, mais que je n’ai pas vraiment de conclusion. Enfin, si, je peux bien vous en faire une pour me faire de la pub après tout. Après plusieurs jours de canicule, il y a généralement un moment où tout le monde attend la même chose : l’orage. Celui qui promet de faire baisser la température, de nettoyer l’air, de rendre les nuits un peu plus supportables et de nous donner enfin la fraîcheur que l’on attend.

Je ne dis pas que je veux ça comme météo, je dis qu’un peu de pluie serait la bienvenue.

Pour cette canicule, malheureusement, les modèles ne sont pas très optimistes dans ma région. Rien n’est vraiment annoncé dans les jours à venir. Ailleurs, on parle parfois d’orages très violents, ce qui est tout de suite moins réjouissant. Comme quoi, même quand on attend une tempête, il faut se méfier de ce qu’on demande.

Et c’est ma transition toute trouvée pour la conclusion : l’épisode 2 de Sauveurs de rêves s’appelle justement Tempête. Il ne fera pas baisser la température de votre appartement, et j’espère sincèrement qu’il ne vous donnera pas envie de vivre un vrai orage comme celui que j’y décris, parce que j’écris quand même une série où les cauchemars peuvent être mortels. Au sens propre.

Autant vous dire que là tout de suite, je suis à ça d’écrire un épisode avec une canicule cauchemardesque. Ce ne sera toutefois pas le sujet de l’épisode 3 – qui s’intitule « Le Lobby » et sera disponible dès dimanche sur Amazon, si ça vous tente. Si ça ne vous tente pas, je peux vous dire qu’il permettra d’intégrer davantage de personnages et lieux, histoire de vraiment pouvoir avancer dans ce que je veux raconter ensuite !

Allez, prenez soin de vous, hydratez-vous, regardez plein de séries (ou la saison 14 de Secret Story commencée hier soir !) et… courage.

Dans l’œil de la tempête (qu’est la fin d’année scolaire)

Salut les sériephiles,

Je ne sais pas vous, surtout que si vous n’avez pas d’enfant à charge d’une manière ou d’une autre, le rythme n’est pas le même, mais de mon côté, j’ai l’impression d’être entré dans cette période étrange de l’année où les journées sont les plus longues alors que l’énergie disponible est en baisse drastique. Pourquoi alors qu’il y a plus de soleil ai-je moins de temps?

La réponse est simple : je suis prof et je m’engage encore dans trop de projets à la fois. Les bulletins sont terminés, certes, mais les réunions continuent, les projets de fin d’année s’enchaînent, les températures commencent à grimper et le cerveau alterne entre « encore un petit effort » et « vivement juillet ».

Au milieu de tout ça, j’essaie quand même de préserver quelques moments pour souffler.

Cette semaine, j’ai par exemple trouvé le temps d’aller au cinéma. D’abord avec The Furious, qui a été une excellente surprise. Un film de kung-fu généreux, spectaculaire et particulièrement efficace dans ce qu’il entreprend. Puis évidemment avec Disclosure Day, un film de science-fiction qui m’a laissé une impression plus mitigée. Je comprends parfaitement les critiques qui lui sont adressées. Le récit est parfois prévisible, certaines idées auraient mérité d’être davantage développées et le film semble parfois promettre plus qu’il n’offre réellement. En fait, ça ne peut que diviser tant on nous l’a vendu comme novateur alors qu’il ne l’est pas tellement.

Pourtant, c’est un bon film. Je me suis laissé embarquer au début et complètement happé à la fin. Certains passages me trottent encore dans la tête plusieurs jours après la séance. C’est souvent bon signe. Il y aura une scène ou deux pour rester dans les annales, rien de plus. Est-ce que ce n’est pas tout ce qu’on demande à un Spielberg vieillissant cela dit? Je veux bien être aussi efficace à son âge, moi.

Mon vendredi, lui, a commencé par une très belle surprise musicale avec le troisième album d’Olivia Rodrigo. J’avais adoré ses deux précédents albums, vous le savez, et celui-ci m’a immédiatement accroché. J’avais peur pourtant. Depuis sa sortie, il tourne beaucoup plus que de raison dans mes écouteurs. Je me garderai bien d’en faire une critique complète ici, mais il y a déjà plusieurs titres qui refusent obstinément de quitter ma tête.

Samedi, je suis également passé par Disneyland Paris. Rien d’exceptionnel pour les habitués de ce blog, me direz-vous. Une promenade, quelques spectacles, un peu de marche et l’occasion de profiter du parc avant que les fortes chaleurs ne deviennent franchement désagréables. Qu’est-ce que je me plains finalement ? J’ai encore du temps libre, et on ne dira pas que j’ai bossé dans le RER, voilà.

Nous ne sommes que lundi et je suis déjà dans le jus. La canicule approche, les températures annoncées deviennent de moins en moins sympathiques et, selon les prévisions, tout cela pourrait se terminer par de gros orages le week-end prochain. Autant dire que le calendrier s’est montré particulièrement coopératif pour que je regarde des séries.

Malgré tout, j’ai beaucoup travaillé au milieu de tout ça sur les épisodes 5 et 6 de Sauveurs de rêves. Corrections, réécritures, ajustements de dialogues, vérifications diverses… Le genre de travail invisible qui occupe finalement plus de temps que l’écriture elle-même. Pendant que je peaufinai la suite, l’épisode 2 attendait tranquillement son tour.

Après L’Éveil, qui servait surtout à découvrir Chris, la Fondation et ce mystérieux métier consistant à sauver des gens dans leurs rêves, il fallait commencer à montrer concrètement ce que cette série avait à raconter. Dans Tempête, Chris découvre que la Fondation intervient dans les rêves pour empêcher certaines morts. Sa première mission le conduit dans un camping désert, au cœur d’un violent orage. Une personne doit être sauvée avant que la foudre ne frappe. Mais dans un rêve, les dangers ne suivent pas toujours les règles du monde réel.

J’avais envie d’un épisode plus direct que le premier, avec un objectif clair, une menace immédiate et davantage d’action. Un épisode qui permette à Chris, mais aussi aux lecteurs, de comprendre ce que signifie réellement être un Sauveur de rêves.

Tempête, le deuxième épisode de Sauveurs de rêves, est disponible depuis hier sur Kindle au prix de 0,99 €.

Et si les prévisions météo disent vrai, il arrivera peut-être juste à temps pour accompagner les prochains orages.l me reste ainsi à vous souhaiter une bonne lecture et une semaine moins chargée que la mienne !

The Mandalorian and Grogu : le récap de la série (en gros) avant le film

Salut les sériephiles,

Ça fait quoi, deux ans ? Trois ? … Quatre, peut-être ? Non, quand même pas, là, je commence à exagérer, mais franchement la série The Mandalorian a proposé sa saison 3 dans ce qui me semble être une autre vie. Trois ans, c’est rien ? Il y a suffisamment de temps en tout cas pour que j’ai l’impression de ne me souvenir de rien, à commencer par trois quarts des noms propres et probablement 90% des subtilités politiques autour du… Euh… Sabre Noir ?

Heureusement, il y a Grogu. Lui, on ne l’oublie pas trop. Il est mignon, on voit sa tronche partout à Disneyland et je n’arrête pas de le manger. En burger, hein. Il y a d’abord eu le burger de Disneyland à l’occasion du 4 mai, puis j’ai fini par craquer et faire un tour à Burger King (en vrai, c’était une bonne option sur une journée loin de chez moi) où, à deux, nous avons évidemment récolté les deux mugs.

Il y avait un peu trop d’ail à mon goût, mais gros coup de cœur quand même pour le burger Mando, c’est pas impossible, si je repasse devant un Burger King, que je m’arrête pour m’en racheter un… même si c’est un peu con de devoir repayer le mug à chaque fois, parce que même s’ils sont superbes, bon, je ne vois pas trop quoi faire des doublons (déjà que je ne m’en sers que comme décoration pour l’instant).

Oui, la présentation fait pas rêver, on est dans un fast-food, mais le coup de cœur a même été suffisant pour que j’y retourne ensuite histoire d’aller récupérer quelques goodies du menu enfant. Le puzzle, c’est fun, la casquette mériterait d’être proposée en taille adulte pour tous les adultes qui sont restés des enfants et Burger King a peut-être quand même gagné un client ou deux dans l’opération.

Promis, mon article n’est pas sponso pour autant… C’est juste un marketing efficace quand on n’est pas un fan absolu de Star Wars. Ce qui, rappelons-le, est mon cas à la base. Cela dit, cet article ressemble un peu trop à un encart pub, il est peut-être temps d’entrer dans le vif du sujet :

Un bon gros recap de la série.

Avec la sortie de The Mandalorian and Grogu le 20 mai, il est en effet temps de se rafraîchir un peu la mémoire, surtout que je compte aller voir le film à la première séance possible pour éviter les spoilers. Bien sûr, ça signifie aussi sans avoir vu la bande-annonce, sans avoir lu le résumé, sans avoir ouvert la moindre théorie, bref, vous me connaissez, j’en suis au stade où je ferme les yeux et me bouche les oreilles au ciné.

Saison 1

Au départ, The Mandalorian, c’est l’histoire de Din Djarin, un chasseur de primes solitaire qui traverse les territoires pas vraiment contrôlés par la Nouvelle République. En gros, un western spatial, et j’aime bien le vendre comme ça en précisant que si c’est un genre qui fait envie, alors mieux vaut regarder Firefly.

Ouais, pardon mais j’ai eu un peu trop de mal à entrer dedans au tout début pour la vendre avec enthousiasme, Grogu ou pas. La saison 1 était belle, très belle même, mais elle donnait aussi l’impression d’être un long film étiré sans raison en épisodes, avec beaucoup d’exposition et pas toujours énormément de dialogues. Disons que Mando n’est pas le personnage le plus bavard de l’univers, ce qui est pratique quand on porte un casque, mais qui est vite chiant quand il passe la moitié de l’épisode à marcher en silence d’un point A à un point B, sans vrai enjeu.

En cherchant bien, on en trouve un peu avec “l’Enfant”, que tout le monde continue aujourd’hui de surnommer Baby Yoda même si on sait enfin son vrai nom : Grogu. La mission de Mando (pas de jaloux pour les surnoms) devait être simple : récupérer la cible (Grogu), la livrer, toucher la récompense. Sauf qu’il fallait bien que notre chasseur de primes ait un cœur quelque part sous l’armure, et Din finit par trahir ses employeurs pour protéger ce petit être beaucoup trop mignon, mais aussi beaucoup trop puissant. En gros.

La saison 1 pose donc les bases : Din Djarin n’est pas seulement un homme en armure qui accepte des contrats, c’est un homme en armure qui se retrouve à devoir protéger un enfant. En fin de saison 1, Din reçoit enfin un objectif clair : retrouver les semblables de Grogu pour le ramener auprès des siens. Enfin, un objectif. Il était temps.

Saison 2

Ainsi, la saison 2 fonctionne beaucoup mieux pour moi, justement parce qu’elle transforme tout ce qui ressemblait à une longue introduction en vraie aventure. Les épisodes restent souvent indépendants, mais l’intrigue avance davantage, les dialogues existent un peu plus, Din devient plus attachant et Grogu continue à faire n’importe quoi avec l’innocence d’un bébé capable de déplacer des objets avec la Force. Baby Yoda est mal élevé, clairement, mais bon, il est mignon, alors on lui pardonne en rigolant et voilà.

La saison 2 permet aussi d’agrandir l’univers. Din croise d’autres Mandaloriens, et comprend que son credo (This is the waaay) n’est pas forcément la seule manière d’être mandalorien. La série devient plus riche, plus rythmée, plus connectée aussi à l’univers Star Wars, pour le meilleur et parfois pour le “ah oui, là, il faut avoir les références et je ne comprends rien, mais OK, d’accord”.

Le point culminant, évidemment, c’est la séparation entre Din et Grogu à la fin de la saison 2. Din accepte de retirer son casque pour lui dire au revoir, ce qui est quand même énorme pour lui, et Grogu part avec Luke Skywalker (rien que ça ! Les effets spéciaux ensuite étaient si dingues qu’il a fallu que j’en écrive un article) pour être formé. Le genre de fin qui donne l’impression qu’une page se tourne vraiment.

Sauf que non.

Entre la saison 2 et la saison 3, il y a eu la saison 1 de The Book of Boba Fett. Et si vous n’avez pas vu The Book of Boba Fett, eh bien, tant pis pour vous, apparemment, parce qu’une partie importante de l’intrigue de The Mandalorian s’y déroule. La saison est bien sûr critiquée sur le blog, mais en bref, Grogu choisit finalement de revenir auprès de Din plutôt que de poursuivre son entraînement avec Luke, ce qui explique pourquoi il est de retour dès le début de la saison 3.

C’est tout de même un choix narratif assez fou : séparer les deux personnages dans un final de saison très marquant, puis régler leur réunion dans une autre série. J’ai encore du mal à savoir si c’est brillant, idiot ou juste très Disney+. J’ai tendance à penser que c’est idiot, je crois.

Saison 3

La saison 3 démarre donc avec Din et Grogu déjà réunis, sans explication pour qui n’a pas tout suivi à l’univers Star Wars étendu. Din, lui, a un nouveau problème : il n’est plus considéré comme un vrai Mandalorien parce qu’il a retiré son casque. Pour obtenir sa rédemption, il doit se rendre dans les eaux vivantes des mines de Mandalore. Oui, oui, il doit aller se baigner sur une planète supposée détruite pour retrouver le droit de porter un casque à vie. C’est qu’il faut se faire chier pour rester dans une secte, dis donc.

J’ai l’air de me moquer ? En vrai, cette saison 3 développe beaucoup Mandalore, Bo-Katan, les différents clans mandaloriens, leur histoire, leurs tensions, leur volonté de reconquérir leur planète… Et ça m’a plutôt plu. Sur le papier, il y a plein de bonnes idées. En pratique, j’ai souvent eu l’impression que la série ne savait pas totalement ce qu’elle voulait raconter, mais au moins je ne m’ennuyais pas.

Après, l’intrigue se déplace vers Bo-Katan et la réunification des Mandaloriens et ce n’est pas toujours ce que j’attendais d’une série supposée être centrée sur The Mandalorian.

Après, il n’y a pas que Din qui fasse la série. Il faut dire aussi qu’il y a un antagoniste central que je n’ai pas encore cité : Moff Gideon. Ancien officier impérial très intéressé par Grogu dès le départ, il passe son temps à revenir alors qu’on le croit plus ou moins hors jeu, avec toujours un nouveau plan derrière la tête et une armée de soldats encore plus menaçants que les précédents.

C’est aussi lui qui récupère le Sabre Noir pendant un temps. Cette arme très particulière, créée par le premier Mandalorien Jedi, représente en gros le pouvoir sur Mandalore : celui qui le possède peut prétendre diriger les différents clans. Le problème, évidemment, c’est que personne n’est jamais d’accord sur la manière de l’obtenir ou sur qui mérite réellement de le porter.

Din récupère donc le sabre un peu malgré lui après son combat contre Moff Gideon, ce qui crée immédiatement des tensions avec Bo-Katan, qui espérait le récupérer pour réunifier Mandalore. Et honnêtement, c’est aussi à partir de là que la série devient parfois beaucoup plus centrée sur la politique mandalorienne. Beaucoup trop ? En vrai, l’Empire est peut-être officiellement tombé, mais ses restes continuent de pourrir la galaxie un peu partout, et il me manque parfois des réf.

Du coup, la fin de saison enchaîne beaucoup d’action, de beaux plans, des Mandaloriens qui tombent du ciel, Grogu qui fait de son mieux, Din qui se bat comme il peut et Bo-Katan qui assume son rôle… C’est spectaculaire, c’est efficace, c’est parfois très beau, mais ça va vite. Trop vite, même, pour tout capter.

Comme dirait l’autre :

Et maintenant?

Au bout du compte, Mandalore est reconquise, Gideon est vaincu, les Mandaloriens peuvent commencer à reconstruire quelque chose et…  Din adopte officiellement Grogu. C’est la fête, yeah, Grogu devient Din Grogu. Bon, le nom sonne moins bien que Baby Yoda, je sais… Din accepte ensuite de travailler plus ou moins pour la Nouvelle République, avec l’idée de traquer les restes de l’Empire, et il s’installe avec Grogu dans une petite maison sur Nevarro.

Voilà donc où on en est avant le film : Din Djarin est redevenu Mandalorien, Grogu est officiellement son fils/apprenti/mini colocataire capable de faire des bêtises avec la Force, Mandalore n’est plus seulement une planète morte à reconstruire et les restes de l’Empire sont encore assez présents pour fournir du travail à tout le monde.

En gros (c’est le dernier de l’article promis !), tout est prêt pour retrouver Din et Grogu dans une nouvelle aventure. Après, si le film décide de m’expliquer pendant deux heures les subtilités administratives de la reconstruction de Mandalore comme la série a parfois su le faire quand elle dérivait, je vais pleurer, même si c’est de bonne guerre (des étoiles). Verdict mercredi, je suppose !

Mise à jour : Le film est sorti, le résumé et ma critique sont dispo sur le blog

The Mandalorian & Grogu : une saison bâclée, mais pas un bon film

Salut les sériephiles, Si on m’avait dit qu’un jour, je ferai une des fameuses séances de 9h à Châtelet, je ne l’aurais probablement pas cru. Si en plus on m’avait dit que ce serait pour un film qui a officiellement Star Wars dans le nom, j’aurais probablement ri. Et pourtant, c’est bien ce qui m’est…

Euphoria va-t-elle (vraiment) trop loin ?

Salut les sériephiles,

Attention spoilers jusqu’au 3×05 d’Euphoria (dont la critique est ici d’ailleurs),

C’est la question qui semble brûler pas mal de lèvres depuis quelques semaines et peut-être encore plus depuis lundi dernier. En vrai, depuis le retour d’Euphoria pour sa saison 3, j’ai l’impression qu’on redécouvre chaque semaine que la série n’a jamais été exactement One Tree Hill

Je vois passer plein de tweets qui insistent pour dire que la série est en roue libre et sincèrement, je ne comprends pas pourquoi certains ont l’air de croire qu’HBO vient d’inventer les scènes de sexe ou d’ajouter la drogue pour la première fois dans la série. Putain, l’épisode 2 commence par de longues minutes sur Nate avec plein de full frontal de penis de personnages dans les vestiaires d’un lycée. Techniquement, ces acteurs jouent des mineurs. N’est-ce pas mille fois plus choquant que les prothèses mammaires représentant les seins de Sydney Sweeney en gros plan de lundi dernier (je suis sûr et certain que ce ne sont pas ses seins, franchement) ?

Je ne sais pas, on parle tout de même d’une série qui, dès sa première saison, nous vendait tranquillement des lycéens impliqués dans des histoires de trafic de drogue et de porno. Ce n’était pas caché dans les petites lignes du contrat, quoi.

Et le plus étrange, dans tout ça, c’est donc que je ne trouve pas du tous que cette saison 3 aille plus loin que les précédentes. Je trouve même que c’est plutôt l’inverse en fait. Elle va moins loin, mais elle le fait peut-être plus bêtement et gratuitement, alors ça se voit davantage.

La saison 1 me mettait bien plus mal à l’aise, parce qu’elle donnait vraiment l’impression de regarder des ados partir en vrille sans rien pour les arrêter ou les retenir. Rue était drôle, parfois, évidemment, parce que la voix off de Zendaya faisait beaucoup pour rendre le tout digeste, mais elle était surtout en permanence en train de se détruire. Et Nate, Cassie, Jules ou Maddy n’étaient pas exactement là pour ramener de la bonne humeur.

Quand on me dit qu’Euphoria va trop loin, je pense notamment à l’épisode 5 de la saison 1, que j’avais déjà trouvé violent à l’époque, avec cette scène où Maddy est déshabillée de force par la police après la plainte de sa famille. C’était glauque, c’était dur, et ce n’était pas juste là pour que les gens hurlent sur Twitter pendant douze heures. La scène racontait quelque chose de Nate, de Maddy, de leur relation, de la manière dont il la manipule jusque dans un moment où elle est déjà humiliée. Je pense à Jules qui couche avec le père de Nate, je pense à Nate qui tabasse gratuitement un homosexuel. Putain, oui, Euphoria allait trop loin. Évidemment.

Seulement, si la série allait loin, elle savait à peu près pourquoi elle y allait et c’est clairement ce qu’il manque à cette saison 3 où j’ai beaucoup plus souvent l’impression qu’Euphoria se regarde être Euphoria.

Les scénaristes savent qu’on attend la scène de la semaine, le moment WTF, le truc qui va faire dire “non mais là, Sam Levinson a vraiment abusé”. Dans l’épisode de lundi dernier, ce serait la scène où Nate se fait (encore) couper le doigt de pied par exemple. Ça sort de nulle part (ou presque), ça n’apporte rien de nouveau, c’est répétitif et… Du coup, la série donne l’impression de forcer.

Bien sûr, ce n’est pas tout le temps le cas, heureusement, et il reste encore de très bonnes scènes, mais c’est assez souvent pour que le malaise change de nature. Avant, j’étais mal à l’aise pour les personnages, j’étais mal à l’aise parce qu’il y avait le côté plaisir coupable très exacerbé, l’envie d’en voir certains souffrir et l’espoir que d’autres s’en sortent.

Maintenant, je suis parfois mal à l’aise parce que je vois trop bien la main du scénariste en train de me dire : “Regarde comme c’est malsain, regarde comme c’est pas bien, regarde comme c’est violent.”… Sauf qu’il n’y a pas d’intention autre que celle de (tenter de) choquer. Et non, ce n’est pas toujours réussi.

Toute l’intrigue autour de Cassie résume assez bien le problème. Sur le papier, il y a quelque chose à raconter : son rapport au regard des autres, sa manière de chercher encore et toujours à exister par le désir qu’elle provoque, le piège d’Internet qui transforme tout en contenu, même l’humiliation. Surtout l’humiliation, en fait.

Et franchement, ça pourrait fonctionner, surtout avec Cassie. Le personnage a toujours été écrit autour de ce besoin d’être aimée à n’importe quel prix et c’est pour ça qu’on l’aime (ou qu’on la déteste je suppose). Sauf qu’à force, la série finit par donner l’impression de faire exactement ce qu’elle prétend dénoncer. On ne sait plus très bien si elle critique le voyeurisme ou si elle a juste trouvé une nouvelle excuse pour le prolonger. Bref, ça ne choque pas plus qu’avant, ça choque moins bien.

Cela dit, s’il y a autant de réactions et qu’on lit partout que la série va trop loin, c’est peut-être aussi parce qu’Internet n’est plus le même qu’en 2019. Du côté des États-Unis, on est devenu beaucoup plus puritain dans la manière de commenter les œuvres – et dans la manière de les produire. Le poids de la présidence de Trump se sent, désolé. Pas désolé, en fait. Énervé, plutôt.

Vraiment, quand je lis que la scène de Cassie choque, je ne comprends pas. C’est tellement moins choquant que bien d’autres moments de la série (ou que la dernière scène de Jules dans cet épisode, d’ailleurs, la violence psychologique y étaient particulièrement dure). Désolé, mais si ça, c’est choquant alors je ne vois pas comment on peut attendre une saison 4 derrière.

C’est épuisant ces réactions, surtout pour une série qui a toujours fonctionné sur des personnages incapables de prendre une bonne décision plus de cinq minutes. En plus, ça détourne complètement le débat du vrai problème en ce qui me concerne.

Non, parce que je comprends qu’on trouve cette saison gratuite, entre Cassie transformée en phénomène de foire, Nate qui n’est que l’ombre de l’horrible salopard qu’il était et Rue coincée dans une intrigue qui vire au thriller sordide et particulièrement inintéressant. Là encore, sur le papier, pourquoi pas. Euphoria n’a jamais été une série réaliste, mais… Il y a une différence entre styliser l’adolescence jusqu’au cauchemar et empiler des idées folles en espérant que le tout ressemble encore à quelque chose.

C’est là que je trouve la série beaucoup moins pertinente qu’avant. La saison 1 ne représentait pas les adolescents de manière réaliste, évidemment. Personne n’a jamais pensé que tous les lycéens vivaient dans des néons violets en expliquant leurs traumas comme s’ils avaient déjà lu trois mémoires de psychologie. Enfin, j’espère que personne n’a pris ça pour argent comptant sinon je vais pleurer.

Cependant, la série captait quelque chose de l’adolescence dans ce qu’elle a de plus excessif : les émotions trop grandes, les humiliations qui prennent toute la place, les désirs qui détruisent, la solitude, le besoin d’être vu, aimé, choisi. C’était extrême, mais l’extrême avait une logique, il y avait un message pertinent et des choix de réal absolument incroyables pour soutenir tout ça.

La saison 3, elle, parle de jeunes adultes avec les vieux réflexes qu’elle avait d’aller dans l’extrême. Ça ne marche plus. Ce qui pouvait passer comme une vision volontairement amplifiée de l’adolescence devient maintenant une caricature absolument pas crédible de jeunes adultes coincés dans des intrigues faites pour choquer. Ce n’est pas que personne ne vit comme ça — encore une fois, personne ne vivait comme en saison 1 non plus — c’est que la série paraît moins sûre de ce qu’elle veut raconter derrière ses excès.

Et pourtant, je continue à regarder. Évidemment que je continue à regarder. Déjà parce que je suis faible et que le casting est incroyable. Ensuite, parce que j’ai commencé et j’ai envie d’aller au bout, probablement un peu aussi par voyeurisme. Même quand elle m’agace, même quand je trouve qu’elle force, même quand elle donne l’impression de vouloir devenir le sujet tendance du lundi matin, cette série reste plus originale et unique que beaucoup d’autres oubliées aussitôt vues. Il y a encore des scènes, des images, des moments avec Rue ou Cassie qui rappellent pourquoi la série avait autant marqué au départ (rien que le début de la saison, c’était du jamais vu et j’aime ça).

Enfin, il faut bien que j’assume que je dois être naïf, mais j’ai encore espoir que cette saison 3 se réveille et révèle où elle veut en venir. Peut-être que tout n’est pas gratuit… Mais probablement que si, parce que la saison 2 était déjà moins efficace que la une à plein d’égards.

Alors pour répondre au titre de mon article, non, je ne crois pas qu’Euphoria aille trop loin. Elle est même probablement moins dérangeante qu’avant. Le vrai problème, c’est qu’elle donne plus souvent l’impression d’aller loin pour qu’on remarque qu’elle y va. Et forcément, ça marche moins bien quand c’est fait aussi grossièrement et que ça n’amène aucune réflexion.

Je garde les doigts croisés pour la fin de saison, parce que moi, j’ai encore tous mes doigts, pas comme Nate.