Arrivals : Netflix remet ça avec un spin-off pour Manifest…

Salut les sériephiles,

« Par pitié, non ». C’est littéralement la première chose que j’ai écrite en apprenant la nouvelle (sur Twitter, bien sûr) et je ne suis visiblement pas le seul à avoir réagi comme ça… Comment passer à côté d’un article alors que je n’arrête pas d’écrire des articles en ce moment, du coup ? De quoi je parle ?

Un spin-off de Manifest est annoncé !

La date de l’annonce est bien choisie : Netflix a attendu le 28 août, et même précisément 8 h 28 aux États-Unis, cinq ans après l’annonce du sauvetage de la série par la plateforme pour rempiler. 28/08 (à l’américaine, ça fait 08/28), 8h28 ? C’est pour le vol 828, bien sûr. Su-per. J’avais oublié ces détails moi, ce n’est pas aussi iconique le vol 815 d’Oceanic Airlines…

Trois ans après la fin de Manifest, Netflix vient donc officiellement de commander Arrivals: A New Manifest Mystery. Rien que le titre donne déjà envie de se pendre – ou d’en rire, je ne sais pas. Je pensais pourtant en avoir terminé avec cet univers : j’avais regardé les quatre saisons, supporté le lifeboat, Angelina, les Appels, des effets spéciaux régulièrement douteux et suffisamment de théories perchées pour plusieurs vies. J’avais même fini par apprécier la conclusion. Pourquoi est-ce qu’on remonterait dans l’avion ?

Ils ont déjà leur logo, putain !

Arrivals, c’est quoi exactement ?

Déjà, ce n’est pas qu’un vague projet évoqué par le créateur Jeff Rake en interview. Arrivals a bien été commandée en série et réunira une bonne partie de l’équipe créative de Manifest. Jeff Rake revient avec Margaret Easley et Laura Putney, anciennes productrices de la série qui deviennent ici co-créatrices et co-showrunneuses.

Pour une série qui veut nous raconter un nouveau mystère, elle ne s’éloigne pas énormément de la piste d’atterrissage. Les premières infos sont vagues, mais juste assez concrètes pour se faire une idée : un avion se pose en catastrophe à Denver et ses passagers en sortent sans savoir qui ils sont, d’où ils viennent ni même pourquoi ils sont là. Une jeune assistante sociale et un agent débutant de la Sécurité intérieure vont les aider tout en essayant d’empêcher une catastrophe susceptible de détruire l’humanité. J’imagine qu’au passage, on aura quelques Appels. Oh bordel.

La différence principale, pour l’instant, tient donc aux personnages : Netflix annonce un nouveau casting et de nouvelles intrigues. Aucun acteur n’a encore été révélé et rien ne dit que Melissa Roxburgh, Josh Dallas ou les autres reprendront leurs rôles – mais enfin, il a été dit clairement que c’était dans le même univers (lequel, du coup ?) alors je ne doute pas qu’on va sortir du chômage certains d’entre eux, même si c’est une série pour un nouveau public. On le connaît le blabla marketing !

Qui sait, ils me donneront peut-être une nouvelle Olive ?

Mais… pourquoi Netflix remet ça ?

Alors là, malheureusement, la réponse est assez évidente. Manifest a pris une dimension complètement différente quand Netflix a récupéré ses premières saisons après son annulation par NBC. Depuis début 2023, les quatre saisons cumulent plus de 130 millions de vues sur la plateforme et la quatrième saison a passé neuf semaines dans le Top 10 mondial des séries anglophones, tout en atteignant la première place dans plus de 90 pays. À mon échelle, j’ai constaté plus d’une fois que nous étions nombreux à suivre les Appels : les articles sur la série sont encore beaucoup consultés cette année.

Je sais, c’est choquant, j’en dis trop de bien et de mal à la fois. C’est ça, le kiff du hate watch.

Les ingrédients de la série-mère étaient efficaces : le mystère, les cliffhangers, le drama soapesque, tout y était… Sauf le jeu d’acteurs ? Sauf l’écriture de certaines répliques ? Ouais, sûrement. Mais pour autant, quand on m’annonce ça, je sais aussi que je ne vais pas passer mon tour parce que… ben, le mystère, bordel. Une série qui fait faire des théories, ça manque un peu dernièrement. Certes, les réponses étaient parfois sacrément alambiquées et à mourir de rire, mais JUSTEMENT. Manifest est l’une des dernières séries à m’avoir fourni autant de bons délires et fous rire involontaires – qu’est-ce qu’on a pu la critiquer dans notre podcast 42 minutes séries (eh, on a même un épisode spécial rien que pour la série !).

Après, l’épisode final était très bon et concluait tout comme il faut. C’est probablement pour ça que Arrivals m’inquiète davantage qu’elle ne m’enthousiasme pour l’instant. Je n’avais pas besoin d’une suite et encore moins d’un nouveau mystère construit pour durer des années. En revanche, repartir avec de nouveaux personnages permet au moins d’éviter de défaire la conclusion de Manifest, et le nouveau concept n’est pas exactement le même que celui du vol 828. Il y a donc peut-être moyen de me surprendre… et définitivement moyen de m’accrocher.

Bref, de toute manière, on ne sait rien pour l’instant ! Arrivals: A New Manifest Mystery n’a ni casting annoncé ni date de diffusion, ce qui me laisse largement le temps de répéter que ça va être nul… Et puis, comme d’habitude, je lancerai le premier épisode pour voir ce que ça donne.

Comment ça se terminait déjà, Manifest ? Bim bam boum Angelina, et hop :

Image à la une : Capture d’écran d’un épisode de la saison 3 de Manifest — Warner Bros. Television / Universal Television / Compari Entertainment / Jeff Rake Productions.

La purée à la truffe de Younger ?! Vous avez cherché, je vous réponds… #2

Salut les sériephiles,

Comment arrivez-vous sur le blog ? Parfois, c’est logique. Souvent, c’est par questions incongrues. Et quelques fois, c’est même tellement lunaire que ça en devient drôle… ou un peu trop -18. Vous êtes prévenus : vous avez cherché, je vous réponds... Et cette fois, c’est vraiment -18.

Je ne pensais pas forcément faire un deuxième Vous avez cherché si peu de temps après le premier, mais suite à celui-ci, j’ai eu une petite conversation dans les commentaires avec Yodabor qui m’a conduit à réinstaller Google Search Console. J’ai alors fait une découverte assez improbable ce soir en consultant les stats qui y sont disponibles : une des recherches Google qui m’a rapporté le plus de vues sur le blog ces derniers mois est « purée à la truffe Younger« . Comme la série a connu un vrai regain de popularité (dont j’avais parlé ici) depuis son arrivée sur Netflix l’an dernier, je m’étais habitué à voir remonter mes vieux articles dans les statistiques, mais là… On parle quand même de plus de 650 clics de gens venus tout droit de Google sur le blog avec ces mots-clés !

Le nombre impressionnant de personnes que ça concerne et l’étrangeté de la requête qui ne me rappelait absolument rien m’a bien sûr poussé à mener mon enquête, vous vous doutez bien. Effectivement, quand on tape ces mots-clés incongrus sur Google, on tombe bien sur mon blog, et plus précisément vers l’article de la saison 4 de Younger dans lequel j’ai… utilisé le mot « truffé », au sens « truffé de bonnes blagues ». Pas de purée, donc. Rien à voir avec ce que les gens cherchaient et certainement pas une explication satisfaisante à mon mystère du soir.

J’ai donc cherché à mon tour ce que tous ces gens voulaient savoir – et surtout la raison pour laquelle ils voulaient le savoir. Ce n’était pas bien sorcier, j’ai fini par retrouver le passage qui pose question assez simplement. Il est dans l’épisode 5 de la saison 2, Jersey, Sure, que j’avais vu à sa diffusion en février 2016. Liza retrouve Michelle et Tom, des amis de son ancienne vie dans le New Jersey, et Michelle est notamment très fière de son truffle butter. Elle cuisine avec du beurre de truffe, porte un t-shirt avec cette inscription et invite Josh et Liza pour qu’ils puissent y goûter. Si Josh dit adorer le t-shirt de Michelle, il est très vite évident dans l’épisode qu’il y voit un double sens et est mort de rire alors que Michelle, comme Liza, n’a absolument pas conscience du quiproquo que ça peut provoquer.

Parce que truffle butter, en plus de désigner du beurre à la truffe, est aussi une expression sexuelle popularisée (à l’époque) notamment par la chanson du même nom de Nicki Minaj. Sans trop entrer dans les détails, même si vous êtes là pour ça, cela désigne très vulgairement ce qui peut rester comme mélange de fluides après un rapport anal suivi d’un rapport vaginal. C’est… appétissant, effectivement. Josh conseille d’ailleurs à Liza pendant le repas préparé avec ce truffle butter de ne surtout pas aller chercher la définition sur Urban Dictionary, ce qui est évidemment la meilleure manière de pousser n’importe qui à le faire.

Et c’est là que le truc m’est revenu : j’avais cherché ça sur Urban Dictionary à l’époque. Je me souviens avoir voulu comprendre la blague pendant l’épisode. Ça m’avait fait rire dans le contexte et j’étais passé à autre chose, parce que ce n’est pas exactement un sujet qui revient facilement dans mes conversations quotidiennes franchement. Seulement, j’imagine que la VF n’évoque pas l’Urban Dictionary – ou juste que ça se contente du « Google it » de la conclusion de cette intrigue où Liza prévient Michele alors qu’elle est complétement défoncée. La vraie signification de cette expression n’est jamais explicitée dans l’épisode, ça fait partie du gag :

Je comprends que ça donne envie de chercher quand on tombe sur l’épisode, je l’avais fait aussi et ça explique tous les gens qui sont venus ici comme ça. Par contre, ce qui m’intrigue encore ce soir, c’est cette formulation de recherche « purée à la truffe ». En VO, le gag repose vraiment sur truffle butter (beurre à la truffe, donc, pas purée) : ce sont les mots écrits sur le tee-shirt, ce sont ceux qui reviennent dans la conversation et c’est cette expression précise qu’il faut chercher pour tomber sur son sens argotique. Je suppose donc que la VF rend la chose beaucoup moins claire, en traduisant ça par « purée à la truffe ». J’ai résilié Netflix alors je n’ai pas réussi à remettre la main sur le passage en français pour vérifier exactement la formulation, mais vu le nombre de personnes qui arrivent sur le blog avec ces mots précis, il y a quand même de fortes chances que ça vienne de là.

Bref, cet épisode a été diffusé en février 2016, c’est-à-dire il y a un peu plus de dix ans déjà – et c’est amusant car je commence tout juste ma série d’articles Il y a dix ans sur le blog. C’était encore le temps où je regroupais seize séries dans le même article hebdomadaire (je ne sais pas comment vous faisiez pour lire ça si vous étiez déjà là !), j’avais mis 15/20 à l’épisode en disant que Younger continuait « sur son excellente lancée bien marrante », mais je ne parlais absolument pas de cette histoire de truffe. Après, la capture de l’épisode en disait déjà long sur la portée sexuelle de la série, je crois :

En tout cas, le mystère de la purée à la truffe est désormais percé pour vous comme pour moi. Je pense que j’aurais mieux fait d’écouter Josh et de ne jamais chercher ce que c’était, mais je comprends pourquoi il n’avait pas forcément envie de manger ce soir-là chez la pote de Liza. C’est un peu leur blue waffle à eux, mais non, ne me forcez pas à expliquer ce que c’est (et n’allez pas chercher, c’est encore pire !).

Je vous laisse là-dessus, du coup, et je vous souhaite une bonne soirée ! N’hésitez pas à lire toutes mes critiques de Younger ou à (re)lancer la série, elle est vraiment géniale. Cet article dix ans plus tard en est la preuve, d’ailleurs, non ?

Comment Younger s’offre une deuxième jeunesse

Salut les sériephiles, Je vous préviens tout de suite : je n’ai rien de particulier à vous dire aujourd’hui, mais comme j’ai repris goût ces deux derniers jours à l’écriture d’articles un peu blabla, je me suis dit que j’allais continuer. Trouver un sujet pour écrire 500 mots n’a jamais été aussi simple, en plus. En…

PS : si vous aussi vous tombez sur le blog de manière saugrenue, n’hésitez pas à me le dire en commentaire, c’est vraiment l’un des meilleurs aspects de mon hobby de bloggeur.

Captures d’écran de l’épisode 5 de la saison 2 de Younger — Darren Star Productions / JAX Media / TV Land Original Productions.

La rentrée séries, quelle rentrée séries ?

Salut les sériephiles,

Il fut un temps où la fin du mois d’août signifiait une chose : une quantité beaucoup trop importante de nouvelles séries à tester courant septembre, souvent pour la troisième semaine du mois. En mai, puis en août, il fallait regarder les trailers, choisir les pilotes prioritaires, essayer de deviner ce qui serait annulé au bout de trois épisodes et, surtout, espérer tomber sur le prochain gros coup de cœur. En 2026, j’ai l’impression que le problème est réglé : il n’y a quasiment plus de rentrée séries. Comme en plus, ils annoncent une météo chaude et tout, venez, on reste sur nos transats et on prolonge les vacances d’un mois ! Non ? Bon.

Évidemment, les plateformes ont changé la donne depuis longtemps et les nouveautés sortent désormais toute l’année. Du coup, les networks américains semblent avoir complètement abandonné l’idée de faire de septembre un événement. ABC ne lance même aucune nouvelle fiction cet automne et, ailleurs, les nouveautés se comptent sur les doigts d’une main. Je ne réclame pas quinze chefs-d’œuvre. Je veux juste retrouver ce plaisir de tester beaucoup trop de pilotes, y compris ceux qui ont l’air mauvais, ceux qui seront annulés trop vite et ceux dont personne n’attend rien. Là, même les séries de retour ne reviennent pour la plupart qu’à la mi-octobre… Logique, puisque toutes les saisons sont raccourcies. Merci les plateformes, je vous déteste.

Le pire dans tout ça ? Je suis forcé de me tourner vers les plateformes pour avoir des choses à me mettre sous la dent. Et même comme ça : j’ai fait ma sélection avant de regarder les trailers et je ne regrette pas de les avoir regardés. Voilà ce que ça a donné :

Le 9 septembre, Apple TV lancera Last Seen. Pour une fois, je suis plutôt curieux : Patrick Brammall y incarne un opérateur des services d’urgence qui reçoit un appel lui faisant penser que son interlocutrice pourrait être sa fille disparue depuis des années. Je connais peu le casting, mais le mystère présenté dans la bande-annonce fonctionne et Apple reste suffisamment fiable pour me donner envie de tester. Je ne suis pas sûr du tout d’avoir le temps d’y jeter un oeil parce que la date est très proche de la rentrée scolaire, pour le coup, mais bon, je me la garde dans un coin… À défaut de rattraper le reste. Ce sera une mini-saison, encore une fois : six épisodes, dont deux dès le premier soir !

Dès le lendemain, Netflix proposera Crew Girl et… au secours. Il s’agit de huit épisodes autour de Teagan Tao, jeune prodige de l’aviron dont la vie bascule après un scandale familial. Nouvelle école, compétition, rivalités, romance… Je souffle fort. Je peux aimer une série adolescente, une romance ou une série sportive. En vrai, le synopsis me tentait presque, mais cette bande-annonce me donne vraiment l’impression d’avoir déjà vu cette série dix fois – en film. Le jeu des acteurs n’arrive pas à me convaincre, le postulat de base ne me tente pas ; bref, ce sera finalement sans moi parce que ça a l’air chiant, quoi. Et tant qu’on est dans le chiant, d’ailleurs :

Le 20 septembre, American Hostage arrivera sur MGM+ et c’est probablement ma plus grosse frustration. La série raconte une histoire vraie se déroulant dans les années 70 : un preneur d’otages exige d’être interviewé par un célèbre journaliste radio local. L’histoire me tente énormément, seulement le trailer me donne déjà envie de me barrer : tout a l’air très grave, très lent, très « prestige drama », très… chiant, en fait. Je n’ai juste pas envie en ce moment de regarder une série qui semble me demander de supporter pendant huit heures un concept qui pourrait tenir dans un film d’1h30. Ouais, c’est comme ça que je ressens un « prestige drama » ou un épisode de Game of Thrones d’ailleurs, je me fais chier, y a pas à se prendre autant au sérieux tout le temps et à trainer comme ça. Allez, critiquez, je suis un trentenaire aigri – pire ! Un millennial.

Heureusement, le lendemain, NBC lancera Line of Fire. Enfin une nouvelle série de network ! Et c’est peut-être celle qui me tente le plus, même si j’ai failli passer mon chemin parce que Peter Krause, je me le suis assez bouffé dans 9-1-1. La série suit la vie d’une famille dont les membres travaillent pour différentes agences américaines, entre FBI, Marshals, Secret Service et Department of Justice. Bien sûr, ils se retrouvent tous sur la même affaire à un moment. Si le concept peut être sympa sans être franchement novateur pour un network, j’ai davantage l’impression devant ce trailer de voir une grosse série destinée à une plateforme qu’une nouvelle série NBC pensée pour s’installer pendant plusieurs saisons. C’est probablement beaucoup trop tôt pour annoncer son annulation, j’en ai conscience, mais disons que je ne parierais pas encore sur une saison 2 : ça a tout de la mini-série. Du coup, j’ai peur d’avance de la fin en queue de poisson pour ouvrir vers une saison 2 alors que ce sera annulé. Les grands classiques.

Vous voyez où j’en suis : je regarde du côté des séries françaises pour trouver des nouveautés de rentrée. Jérôme Niel (putain, il a des cheveux longs et ça lui va grave bien ?) incarne un homme qui retrouve un ancien camarade d’école, désormais candidat à la mairie de sa ville. Son admiration pour lui va progressivement tourner à l’obsession. Sept épisodes sont prévus à partir du 25 septembre sur HBO Max. L’affiche et le concept m’intriguent vraiment, Jérôme Niel aussi parce que je l’aime bien en général quand il n’est pas à faire des tutos (jamais compris, ça), mais la bande-annonce me laisse beaucoup plus dubitatif. Là encore, je testerai si je trouve du temps (lol, de qui je me moque ?), mais davantage par curiosité qu’autre chose.

Et enfin, le 30 septembre : Scrubs. Une saison 2 d’un revival d’une série lancée en 2001 est ce que j’attends le plus impatiemment en ce mois de septembre… Et encore, ce sera dans la nuit du premier octobre, ici, hein. C’est probablement ce qui résume le mieux mon problème avec cette rentrée 2026 : parmi tout ce que j’ai repéré pour septembre, la série que j’attends le plus n’est même pas une nouveauté et même pas en septembre. Les séries n’ont pas disparu et certaines de celles citées ici seront peut-être excellentes, mais en attendant, c’est la disette, cette rentrée séries… Bref, ça me donne envie de rester en vacances.

Je veux plus de films comme ça (si, si) !

Salut les sériephiles,

En ce début de semaine, j’ai vu une éclipse incroyable (à ça d’en faire un article, j’adore les éclipses) et deux films qui me donnent envie d’écrire un article ce soir parce que j’ai vraiment accroché. Ils n’étaient pas parfaits, et même, ils étaient bourrés de défauts, mais j’ai eu l’impression qu’ils apportaient ENFIN ce que j’attends désespérément de mes séries : des histoires de fin du monde réussies, de la survie à échelle familiale et humaine, des personnages qui parviennent à être attachants même s’ils cumulent à peu près tous les défauts stéréotypés de leur tranche d’âge. Magique, non ?

À défaut de l’avoir dans les séries, je l’ai dans des films. Su-per.

L’un vient tout juste de sortir au cinéma, l’autre est disponible sur Netflix depuis quelques jours. Et l’un comme l’autre arrivent dans une période où, Spider-Man mis à part (promis, je ferai un article dessus à un moment), c’est un peu la diète côté cinéma pour moi.

The End of Oak Street

J’y suis allé parce qu’Anne Hathaway est géniale en ce moment et parce que j’avais vu passer les noms de J.J. Abrams et Michael Giacchino sur le projet. Ce que je n’avais pas forcément retenu, en revanche, c’est qu’il s’agit du nouveau film de David Robert Mitchell, le réalisateur d’It Follows (que j’ai adoré) qui n’avait plus sorti de long-métrage depuis huit ans. J.J. Abrams est ici producteur et Michael Giacchino signe la musique, comme d’hab.

Franchement, le film est un gros mélange de concepts déjà vus ailleurs : on a un quartier américain des années 80 (la mode Stranger Things a encore de beaux jours devant elle, apparemment) qui se retrouve envoyé à l’époque des dinosaures à la suite de quelques éruptions solaires, et on suit une famille typiquement américaine qui tente de survivre au désastre.

Ce n’est pas exactement le film qui va révolutionner la science-fiction, donc. Mais est-ce que j’avais besoin qu’il le fasse ? Pas vraiment.

Si le film ne tient pas franchement debout du côté temporel de la chose, et que cette fin est assez navrante en ce qui me concerne, j’ai vraiment passé un super moment de cinéma. On se marre bien, il y a du drama, quelques twists, de l’adrénaline face aux dinosaures et juste ce qu’il faut d’émotion. Surtout, le film n’oublie jamais que derrière son concept complètement perché, ce qui nous intéresse vraiment, c’est cette famille qui essaie tant bien que mal de ne pas mourir et, éventuellement, de continuer à se supporter.

C’est tout bête, mais ça fonctionne sur moi.

Non, vraiment, je suis sorti de là en me disant que j’avais enfin vu un bon film étatsuniens de science-fiction bien comme on les aime. Enfin, comme je les aime, peut-être ? Un gros concept, une famille dysfonctionnelle qui s’unit malgré tout, un monde qui part en cacahuète et des personnages obligés de se débrouiller avec. Je dirais même plus : des persos parfois complètement idiots. Sérieusement, et attention, petits spoilers : la recherche de Starbuck au milieu du film ou l’énorme incohérence à la fin, c’est pour m’achever ?

Et pourtant, ça ne m’a même pas empêché d’aimer le film. C’est peut-être ça, finalement, que je recherche en ce moment : pas forcément quelque chose de parfaitement écrit ou de totalement crédible, mais un concept suffisamment efficace pour que j’accepte de jouer le jeu et de me laisser embarquer. Pourquoi les séries ne le font plus ? Pourquoi est-ce qu’on manque cruellement de films qui le font ?

The Last House

Le second film dont je souhaite parler dans cet article, c’est The Last House, sur Netflix (Le Dernier refuge en VF). Je l’ai lancé sans savoir à quoi m’attendre du tout. J’étais même complètement à la ramasse : je pensais, probablement à cause de l’affiche aperçue uniquement en miniature, qu’il s’agissait d’un film d’horreur coréen.

Si je suppose qu’il y a ce qu’il faut pour faire peur à certains d’entre vous, c’est finalement surtout un film de science-fiction assez mignon et pas du tout coréen. Le film est réalisé par Louis Leterrier, réalisateur français auquel on doit notamment Insaisissables ou Fast X, mais aussi plusieurs épisodes de Lupin. Bref, que des trucs que je n’ai pas vu.

Ce qui est amusant, c’est qu’il expliquait justement avoir été attiré ici par quelque chose de beaucoup plus intime que ses habituels gros films d’action : une famille ordinaire confrontée à une situation complètement extraordinaire. Et c’est précisément ce qui m’a plu dans les deux films de cet article.

On suit ici une famille (le papa, la maman, le fils, la fille, toujours, c’est le schéma classique quoi) qui vit dans un quartier typiquement étatsuniens, décidément, et qui se retrouve un beau jour complètement enfermée chez elle. Impossible d’ouvrir les portes ou les fenêtres, impossible de sortir. Là où le début m’a immédiatement fait penser à The End of Oak Street, la direction prise est finalement l’exact inverse : dans un film, le quartier tout entier est projeté ailleurs ; dans l’autre, la famille ne peut justement plus quitter sa maison.

Eh, ça m’a fait regretter l’époque du confinement. Enfin, l’époque où on faisait taire son stress en regardant trois films par jour et en vivant d’amour et d’eau fraîche, en ce qui me concerne. Pas sûr que ce soit exactement le souvenir collectif de 2020.

S’il y a quelques longueurs, j’ai beaucoup accroché à la manière dont la famille apprend à survivre. C’est même ça qui m’a le plus intéressé dans le film : voir comment le quotidien se réorganise, comment les ressources diminuent, comment chacun trouve une place dans cette nouvelle vie et comment une situation complètement absurde finit presque par devenir normale.

Les personnages sont attachants, ils ont bien trop de chance pour que tout soit crédible et ils survivent encore et encore à des situations ou une temporalité qui auraient probablement réglé leur sort depuis longtemps dans la vraie vie. Mais là encore : peu importe. On se marre bien des petites références (le spot anti-piratage du DVD !), on tremble un peu pour eux, on ne comprend pas ce qu’il se passe et on découvre les règles au fur et à mesure.

Le début est sûrement trop long pour que le film fonctionne parfaitement, mais c’est justement pendant cette partie que je me suis dit que j’aurais adoré que The Last House soit une série. Franchement, il y aurait de quoi faire en suivant deux ou trois maisons du quartier, chacune avec ses propres méthodes de survie, ses tensions et ses découvertes. Le concept s’étend en plus facilement sur une très longue période de temps, alors forcément, mon cerveau de sériephile s’est mis à imaginer tout ce qu’on aurait pu en tirer sur dix épisodes ou même, soyons fous, 22 parce que ça me manque (pas du tout en boucle sur les mêmes idées dans tous ses articles, le type).

Je ne vais pas spoiler la fin ici, mais sans le côté increvable des personnages, je pense que le film aurait même pu être un coup de cœur, ne serait-ce que parce qu’il apporte enfin une idée un peu nouvelle dans son postulat de départ.

C’est basique à souhait et le film ne creuse pas forcément tous ses concepts ni toute sa mythologie, mais ça m’a vraiment plu. Y a même les petits moments émotions nécessaires. D’ailleurs, s’ils font un jour une suite, je suis très curieux de voir ce que ça pourrait donner.

On reste forcément beaucoup à la surface de l’univers parce que ce n’est jamais qu’un film de moins de deux heures, mais j’ai retrouvé quelque chose que j’aimais beaucoup dans les premières années de Netflix : cette impression qu’ils pouvaient proposer un film original avec un concept improbable et nous embarquer au passage.

Quant au message du film… Là encore, c’est très basique. Mais je n’avais pas besoin de plus compliqué. Cela m’a rappelé, et attention, ça va sortir de nulle part, ce qu’ils avaient fait avec Okja il y a presque dix ans déjà. Pas dans le concept, évidemment, mais dans cette manière de partir d’une idée de science-fiction assez énorme pour finalement revenir vers quelque chose de très simple et très humain.

Maintenant, redonnez-moi des séries comme ça !

Finalement, je crois que c’est surtout pour ça que ces deux films m’ont donné envie d’écrire cet article. Ils ont leurs défauts. Beaucoup, même. Ils sont parfois prévisibles, leurs personnages prennent des décisions débiles, leur mythologie mériterait d’être davantage creusée et leur scénario réclame régulièrement qu’on ferme gentiment les yeux sur la vraisemblance, mais je m’en fiche un peu.

Parce qu’ils m’ont rappelé à quel point j’aime ce type d’histoires : un petit groupe de personnages, si possible une famille dysfonctionnelle, fait face à une catastrophe qui provoque la fin de leur monde en enchaînant des décisions plus ou moins idiotes. Fear the Walking Dead, par exemple et pour n’en citer qu’une, ne commence pas autrement, en fait.

Pourquoi est-ce que je trouve ça dans deux films sortis à cinq jours d’intervalle et presque plus jamais dans mes séries ? Bref, je vous conseille vraiment ces deux films et j’espère qu’ils rencontreront assez de succès pour que quelques producteurs de télévision se disent qu’il est peut-être temps de secouer un peu la fourmilière des reboots ou revivals improbables et des teen dramas écrits pour les adultes. On en est là en 2026, non ?

Je veux à nouveau des séries de science-fiction perchées sur de la survie familiale et dysfonctionnelle comme ça.

PS : si vous aimez ce genre d’histoires de survie en pleine fin du monde mais que vous n’êtes pas trop films, je vous recommande aussi, tant que j’y suis, la lecture d’Aurora de David Koepp. Oui, oui, le scénariste derrière Jurassic Park, parfaitement.

Vous y trouverez ce même sentiment de regarder un bon gros film typique des années 2000, mais écrit avec un peu plus de modernité ; les mêmes défauts, avec des éléments pas toujours très crédibles s’appuyant pourtant sur de bonnes idées de départ ; et surtout cette même idée d’une survie dans un quartier qui n’a absolument rien demandé à personne.

L’histoire ? Des éruptions solaires, décidément, qui privent la Terre de presque toute son électricité. Je l’ai dévoré bien rapidement à la sortie de Cold Storage (autre très bon film original écrit par David Koepp, mais ça a moins à voir avec le genre de films dont je parle ce soir). Manifestement, j’ai un truc qui m’attire et qui me manque. Faut dire que la série la plus récente dans ce genre-là que j’ai dû regarder était un vrai naufrage, je crois… Oui, bien sûr que je vous parle de Manifest et peut-être que vous comprenez mieux pourquoi je suis allé au bout de celle-ci, du coup.