Si l’épisode précédent a rebattu quelques cartes durant sa toute fin et relancé des pistes intéressantes pour la saison, je suis déçu que les scénaristes prennent en cours de route une voie détournée. Cela me donne l’impression qu’ils font du remplissage et comblent comme ils peuvent pour garder un peu de suspense. Cela se sent et ça donne envie que le temps passe pour en arriver à l’essentiel. En plus, à l’inverse, les annonces de casting bien en amont dans la saison font vraiment pétard mouillé à se faire désirer comme ça !
Spoilers
Vanessa lutte entre la vie et la mort pendant que Matt refuse d’abandonner Bullseye.
What’s with him, is he blind or something?
OK, le cliffhanger donnait très envie de revenir finalement, alors même que je disais beaucoup de mal de l’épisode précédent. Vanessa est-elle morte ? La série sait conserver son suspense en commençant par le résumé et le générique plutôt que par une scène qui nous révèle ce qu’il en est. Il faut bien apporter une réponse toutefois, et ça finit par se faire : elle est à l’hôpital et respire encore. On nous mêle la catastrophique scène des chirurgiens qui font ce qu’ils peuvent pour la sauver à quelques images du couple sur une plage.
C’est plutôt boring d’avoir droit à autant de flashbacks dans l’épisode. Vanessa lutte pour rester en vie avec une grave blessure au cerveau qui pourrait bien la laisser dans un mauvais état, mais les scénaristes en profitent pour revenir sur celle qu’elle était avant le Caïd. Elle travaillait déjà dans une galerie d’art et avait un goût certain pour les tableaux blancs, on va dire.
On retrouve notamment Rabbit in a Snowstorm, le tableau qui avait permis à Vanessa et Fisk de se rencontrer dans la première saison de la série Netflix. Les scénaristes s’amusent cette fois à nous montrer les coulisses de cette rencontre : Wesley conseillait à Fisk de diversifier ses investissements et lui avait parlé du marché de l’art, pendant que Vanessa insistait pour exposer ce tableau en bonne place dans sa galerie, persuadée que le bon acheteur finirait par venir. Bon, au moins, les flashbacks ne sortent pas totalement de nulle part.
Dans le présent, Fisk espère que Bullseye et Daredevil seront vite capturés par ses équipes et il leur demande de les attraper vivants. Il va de soi que c’est la panique dans New York. Daredevil prend soin de son ennemi dans les rues d’Hell’s Kitchen, puis dans les souterrains du quartier. Poindexter est blessé par balle depuis l’attaque du ring et préférerait que Matt le laisse crever, surtout si justice est faite.
En effet, il explique au passage qu’il espère que Vanessa est morte. Ce serait un meurtre, certes, mais au moins les comptes seraient équilibrés avec Fisk après la mort de Foggy. Le nom, Matt ne veut pas l’entendre dans la bouche de son meurtrier, par contre. Ce n’est pas l’alliance du siècle.
Si je critique les flashbacks, j’ai plutôt bien aimé revoir Foggy dans cet épisode. C’est le principal intérêt que j’y vois, parce que pour le reste, c’était long d’avoir une intrigue où l’on voit Matt et Foggy bosser ensemble sur un cas qui m’a d’abord semblé totalement déconnecté du reste. Je veux dire : le sort de Vanessa ou de Poindexter est plus intéressant à mes yeux que… ça.
Leur client s’appelle Lionel McCoy, surnommé Ray, et il connaît Foggy depuis l’enfance. Il n’était d’ailleurs pas particulièrement tendre avec lui et continue de le traiter comme de la merde des années plus tard. Le type est accusé de trafic de drogue, possession d’armes et tout un tas d’autres trucs qui peuvent lui valoir quelques années de prison. Problème : il explique à Matt et Foggy que les criminels pour lesquels il travaillait le feront tuer dès son arrivée derrière les barreaux.
Foggy trouve finalement de quoi le faire libérer à cause d’un vice de procédure : le mandat de perquisition comportait une mauvaise adresse, ce qui rend les preuves récupérées inutilisables. Matt ne veut pas qu’il soit libéré : il s’agit après tout d’un criminel qui vend de la drogue et participe à pourrir le quartier. Apparemment, il n’a pas bien compris le fond de son métier, Matt. Foggy lui rappelle précisément qu’ils sont ses avocats et que leur boulot consiste à le défendre, qu’ils l’apprécient ou non.
Le type est libéré en tout cas. Foggy, qui connaît surtout son histoire personnelle et sait qu’il n’a pas eu une enfance facile, essaie ensuite de lui venir en aide en lui donnant de l’argent pour qu’il puisse repartir de zéro. Il voyait le bon en tout le monde, quoi. C’est meugnon.
Et c’est là que le flashback devient finalement un peu moins gratuit que je ne le pensais. Ray travaillait en réalité pour l’organisation de Fisk et savait trop de choses. Wesley décide donc de régler le problème et engage pour cela… Buck. Le même Buck qui est toujours aux côtés de Fisk aujourd’hui. Il arrive chez Ray pour le tuer, mais Foggy a eu le temps de le convaincre de se barrer avec l’argent. Le type a donc probablement la vie sauve grâce à lui.
Dans le présent, Matt se rend compte que Fisk voudra se venger de lui aussi et pas seulement de Poindexter, surtout si Vanessa devait mourir. Il le connaît bien. Il prend le temps de papoter avec Bullseye et ça traîne un peu en longueur. Ils sont heureusement interrompus par le séminariste de l’épisode précédent. Ils se sont réfugiés dans son église (forcément) et il se rend compte que l’AVTF les a repérés, alors il les prévient. Il essaie aussi d’empêcher les hommes de Fisk d’entrer avec leurs flingues, mais bon, l’AVTF ne respecte rien (qulele surprise). En bref, Matt se retrouve obligé d’abandonner Poindexter derrière lui.
Seulement voilà, le souvenir de Foggy qui voyait le bon en tout le monde lui revient et il décide finalement d’aider son meurtrier. C’est meugnon (bis).
Daredevil retourne donc chercher Bullseye et parvient à le sortir de l’église avant que l’AVTF ne mette la main sur lui. Il le ramène ensuite jusque dans l’ancienne planque du Punisher. Karen est évidemment ravie de voir débarquer l’assassin de Foggy chez elle. Malgré tout, elle accepte pourtant de l’aider, parce que c’est Matt qui demande. C’est meugnon (ter).
Loin de tout ça et à l’hôpital, Daniel, le copain de BB, passe de son côté une mauvaise soirée : il est harcelé par la presse, mais aussi par sa copine. Tout le monde veut savoir si Vanessa est en vie. Il prend mal qu’elle le presse pour avoir des infos, mais il finit par lui donner ce qu’elle veut suite à un câlin. Pas bien persistant, le garçon. Le pire, c’est qu’il est énervé de voir que l’information se retrouve à la télévision quand il entend que Vanessa est dans un état critique. Lol. A-t-elle vraiment besoin qu’il lui dise ça ? S’ils sont à l’hôpital, ce n’est pas pour rien.
Bref, le personnage plus que secondaire continue de beaucoup intéresser les scénaristes dans cet épisode. Buck lui propose d’aller manger un hot-dog, ce qui ne va évidemment pas du tout se terminer par un hot-dog. Daniel le suit en toute confiance au départ, mais il comprend progressivement qu’il est possiblement en danger. Il en sait trop et, surtout, il vient peut-être de faire fuiter une information confidentielle sur Vanessa.
Buck lui annonce qu’ils vont à Albany, puis s’arrête dans un magasin pour acheter une pelle et une scie. Là, on en est au stade où Daniel regarde son collègue acheter de quoi le tuer, le découper et l’enterrer, mais l’aide encore. C’est presque hilarant – sauf que c’est triste, en fait ? Il envisage bien de se barrer avec la voiture pendant que Buck est dans le magasin, mais il n’ose pas.
Ensuite, Daniel essaie de s’en sortir comme il peut et a peur de se faire tuer. Il négocie aussi bien qu’il le peut, promet qu’il est loyal envers Fisk et raconte à Buck tout ce qui peut lui sauver la vie… pour mieux se rendre compte qu’il n’est absolument pas là pour être enterré. Buck ouvre le coffre et lui révèle le cadavre de Christopher Savva, le second du Northern Star qui avait témoigné contre Fisk dans l’épisode précédent. Ils sont simplement venus se débarrasser du corps.
Ma foi, ça fonctionne. Et là encore, le parallèle avec les flashbacks est assez clair finalement : Buck faisait déjà disparaître les problèmes de Fisk des années auparavant et il continue exactement le même boulot aujourd’hui. Je comprends ce que l’épisode essaie de faire avec sa construction, mais je trouve quand même que tout cela prend beaucoup de temps pour raconter finalement assez peu de choses.
En attendant, Vanessa se fait opérer et ça se passe plutôt bien. Tant qu’elle n’est pas réveillée, il n’y a toutefois aucun moyen de savoir dans quel état elle se trouve réellement. Quand elle ouvre enfin les yeux, Fisk est évidemment fou de joie. Elle lui demande alors un verre de jus d’ananas, alors qu’elle n’aime normalement pas ça parce que ça lui fait picoter les lèvres. Ouais, alors attention, l’ananas, ça ne pique pas en théorie, je rappelle. C’est souvent preuve qu’il y a (un début au moins) allergie.
Très clairement, quelque chose ne va pas en tout cas parce que c’est étrange qu’elle demande ça. Elle paraît un peu différente, semble surprise de voir Fisk aussi émotif et ne se souvient même plus de certaines choses qu’il connaît parfaitement à son sujet. Ce n’est pas vraiment qu’elle est redevenue celle qu’elle était avant qu’il ne la corrompe : c’est surtout que sa mémoire semble avoir pris un sacré coup.
Elle lui demande alors de lui raconter l’histoire de leur rencontre et c’est là que les flashbacks de l’épisode finissent vraiment par prendre tout leur sens. Fisk lui raconte comment Wesley l’a amené à s’intéresser à l’art, un peu par hasard finalement. Vanessa refuse de parler de hasard : selon elle, leur rencontre faisait partie du « grand design ».
Pendant quelques instants, on pourrait presque croire que tout va pour le mieux. Vanessa plaisante même avec Fisk sur le prix absurde qu’il avait payé pour son tableau. Seulement, elle lui demande soudain… de lui raconter comment ils se sont rencontrés. Encore. Elle a déjà oublié toute la conversation qu’ils viennent d’avoir.
Et là, forcément, ça sent beaucoup moins bon. Vanessa se fige en essayant de reformuler sa question, les machines s’emballent et son cœur finit par s’arrêter. Fisk appelle les médecins à l’aide, mais l’épisode se termine sur le moniteur qui indique une ligne plate et le bruit des vagues de la plage que l’on voyait depuis le début. Plus trop de doute cette fois.
Si vous voulez mon avis (probablement, puisque vous êtes là), les scénaristes sont cruels et sadiques de faire croire pendant tout l’épisode qu’elle va y passer, de la sauver, de lui offrir quelques minutes de retrouvailles avec Fisk… pour lui réserver finalement cette fin. Le procédé est efficace, je reconnais, mais c’est très schématique et ça donne l’impression, une fois de plus, qu’on comble du temps dans la saison. Non ?



