The Magician’s Land de Lev Grossman (Tome 3)

Salut les sériephiles,

C’est avec le cœur brisé que j’entame cet article, parce qu’il est temps pour moi d’évoquer le tout dernier tome de The Magicians. Cela signifie donc que j’ai terminé définitivement la série et la trilogie de romans, et donc que je suis officiellement en manque de cette histoire. Pas pour bien longtemps, cela dit, il est évident que je vais rapidement mettre ma main sur les comics à présent, puisque Lev Grosman a décidé de raconter l’histoire d’Alice, d’une part, et l’histoire d’autres étudiants de Brakebills, ensuite. Evidemment que j’ai hâte de découvrir tout ça, possiblement pour le mois de la BD… mais j’en reparlerai d’ici là.

Voir aussi : Tome 1 | Tome 2 | Tome 3

The Magician's Land: (Book 3) : Grossman, Lev: Amazon.fr: LivresPour l’instant, je vais donc me consacrer sur le tome 3, The Magician’s Land, qui a été un vrai plaisir à lire, un peu plus d’un an après le précédent – et deux ans après le suivant. Des trois tomes, je pense que c’est celui qui m’a le plus rappelé ce qu’était la série, et ça m’éclaire beaucoup sur les choix des scénaristes dans le développement de certains personnages (Margo en tête) et d’intrigues qui semblaient sortir de nulle part. De là à en faire mon tome de la saga préféré ? Probablement.

Pourtant, ce n’était pas gagné : on repart une fois de plus du point de vue de Quentin, et ce dernier a la bonne idée en début de roman de devenir… professeur à Brakebills. On sent bien que ce n’est pas fait pour lui comme boulot, et en même temps, il n’en fallait pas plus pour que je me projette encore plus dans le personnage. Le problème, c’est que Quentin reste un personnage plein de défauts. Malgré les progrès et son évolution, il est quelqu’un en qui je n’ai pas envie de me reconnaître… et dans qui je me reconnais, c’est là toute la force de cette écriture.

Même si beaucoup moins misogyne qu’à ses débuts, Quentin continue d’avoir son égo démesuré et d’espérer être le centre d’une quête, quand bien même la vie n’est pas faite ainsi. Si j’adore tant la saga, c’est parce qu’elle prend le contre-pied de bien des histoires : ici, il n’y a pas d’élus mystiques, et s’il y en a, ce n’est jamais Quentin. Même quand il l’est, c’est pour une courte durée. La vie est une garce avec les personnages, elle donne toujours envie d’en avoir plus, et malgré toute la magie du monde, la vie est parfaitement représentée dans ces romans. Que je conseille, encore et toujours, y compris aux fans de la série. Cela dit, l’adaptation reste bien meilleure, parce qu’elle a su se détacher de Quentin.

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C’est un peu le cas de ce roman également, puisqu’il développe le personnage de Plum (que j’aurais aimé voir plus dans la série, alors j’étais content de la découvrir ici !), mais aussi le point de vue d’Eliot (beaucoup) et Janet (enfin !). Et tout comme Margo est rapidement devenue ma favorite quand les scénaristes de la série ont pensé à la développer, son alter-ego romanesque est l’un de mes personnages préférés de roman. Vraiment. J’ai retrouvé toute l’attitude génialissime et la vision du monde bitchy de Margo en Janet – je comprends enfin pourquoi elle est si géniale. La série a été encore plus loin que les livres, clairement, mais tout était là.

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De toute manière, c’est le cas de toutes les intrigues de la série : les romans sont le terreau de l’inspiration scénaristiques de la série, et c’est toujours fait dans le respect de l’œuvre originale, avec uniquement des améliorations en poussant plus loin ce qui était proposé dans les romans. La fin ? Elle est évidemment différente dans les romans, mais en même temps, elle est tellement similaire ! C’était très perturbant : les personnages atterrissent à des endroits parfaitement différents, mais le sentiment est le même.

Résultat des courses, j’en veux beaucoup plus, et je le savais en dévorant les cent dernières pages. Les deux grosses intrigues du roman se complètent bien et s’emboîtent comme un puzzle, mais on sait aussi qu’on aura pas le temps pour les retrouvailles et les développements que l’on voudrait. L’aparté sur les origines de Fillory est aussi plus que bienvenue, mais il prend presque trop de place sans en dire assez.

24 heures après #2 : La fin de The Magicians – Just One More Episode

C’est fou, la série comme les romans me font le même effet : tout y est génial, mais on y crame la vie à une vitesse folle – et ça donne envie de plus. Donnez-nous plus de temps avec ces persos ! Pour compenser, j’ai donc écouté un podcast avec une interview de l’actrice incarnant Alice en début de semaine, et je sais que je vais me plonger dans les comics. Il m’en faut plus. Je suis aussi drogué à The Magicians que les personnages le sont à leur magie si douloureuse et difficile à maîtriser.

Voir aussi : Ma critique des épisodes de The Magicians

The Walking Dead (S11)

Synopsis : L’apocalypse zombies continue cette année avec une nouvelle menace amenée par le retour de Maggie, espérant toujours se venger de Negan. Ailleurs, Ezekiel, Eugene, Yumiko et Princesse sont retenus prisonniers…

Saison 7 Saison 8 | Saison 9 Saison 10 | Saison 11

Pour commencer, je tiens à souligner que c’est la première fois en onze saisons que la série ne revient pas au moins d’octobre… Même avec le covid, on avait eu un épisode final en octobre. C’est étrange ce retour en août, et ça explique peut-être une partie de mon retard dans le visionnage de cet épisode… ou alors, ça a tout avoir avec le fait que je sois encore en vacances (seulement en vacances ?).

Il est tout de même difficile d’ignorer plus longtemps le fait qu’un épisode inédit attendait sagement que je le regarde. C’est donc parti pour une nouvelle saison – la dernière de la série. Je ne sais pas trop quoi en attendre, si ce n’est que je sais que je ne supporte plus Daryl et Carol. C’est problématique, ils vont encore avoir plein de scènes, je sens. Autrement, ça me fait tout de même bizarre de me dire qu’il s’agit de la dernière saison de la série.

Je ne suis pour le moment pas prêt du tout à leur dire au revoir. La franchise arrive au bout de ce qu’elle peut proposer sur les différents projets en cours… Je n’ai même pas regardé la série de résumé sur les personnages principaux au mois de juillet, c’est dire ! Il n’empêche que je suis curieux de voir comment tout va se goupiller. Bref, il est temps de me lancer dans cette saison, hein.

Voir aussi : Avant-dernier retour pour The Walking Dead

S11E01 – Acheron, part. 1 – 14/20
J’ai peut-être regardé cet épisode trop tard dans la nuit pour être à fond, mais j’ai trouvé qu’il manquait sérieusement d’enjeux pour entamer une nouvelle saison, avec assez peu de surprises bien amenées et des moments laissant vraiment songeur quant à la mythologie de la série elle-même. On a vu pire et ce n’était pas si mal, mais on a vu bien mieux aussi. J’en attendais plus !
S11E02 – Acheron, part. 2 – 15/20
Il y a un léger mieux dans cet épisode qui a réussi à capter mon attention avec plus d’efficacité que le précédent, mais on sent tout de même que les scénaristes veulent juste nous retourner le cerveau concernant certains personnages. Pourquoi pas… s’il n’y avait pas tant de longueurs. La division de l’intrigue en deux me fait perdre certains personnages que j’aime, et tout ça est moins prenant à force. Il est peut-être temps que ça s’arrête, cette série, finalement.
S11E03 – Hunted – 16/20
Malgré un rythme qui se pose quelque peu pour la deuxième partie, j’ai retrouvé dans cet épisode une partie de ce qui fait que j’aime la série. Eh, même l’intrigue chiante de l’épisode avait ses bons moments et ses bonnes trouvailles, je ne suis plus habitué ! Ainsi, aussi schématique que cette saison semble s’acharner à être dans les thématiques et les relations, je pense que ça peut fonctionner sur du long terme.
S11E04 – Rendition – 13/20
L’épisode se concentre sur un personnage que je n’aime plus depuis longtemps et en profite pour nous réécrire une fois de plus ce que l’on a déjà vu un certain nombre de fois dans la série – et même dans ses spin-offs, d’ailleurs. Pour la dernière saison, les scénaristes font donc le choix du recyclage de ce qu’ils ont déjà écrit plutôt que de la nouveauté, et je trouve ça dommage parce que ça m’a semblé super fade et prévisible tout du long.
S11E05 – Out of the Ashes – 16/20
Enfin un épisode qui ne donne pas l’impression de perdre son temps avec une avancée dans presque toutes les intrigues et des perspectives vraiment intéressantes pour la suite de la saison. Pour la première fois, je trouve qu’on se sent dans une dernière saison, avec des rappels plus ou moins habiles des saisons précédentes. Je n’ai pas vu le temps passer, et c’est tant mieux : c’est un peu le but devant une série normalement, ça n’a pas toujours été le cas avec celle-ci !
S11E06 – On the Inside – 17/20
Cela faisait longtemps qu’un épisode de la franchise n’avait pas réussi à me faire sursauter autant. J’étais à fond dans toute une partie de l’intrigue, spécifique à cet épisode, quand la partie concernant le fil rouge de la saison se développait de manière intéressante elle aussi, sans parvenir pour autant à être aussi prenante. Un excellent épisode en tout cas, il aurait fallu que je me le regarde plus tôt, quand même.
S11E07 – Promises Broken – 15/20
Si ça reste un épisode plutôt intéressant à bien des égards, je dois reconnaître que j’ai eu du mal à cerner tous les enjeux de chaque intrigue. Les évolutions de certains personnages sont assez prenantes pour que je reste plutôt sur une bonne impression face à l’épisode, mais je trouve que pour des épisodes aussi longs parfois, on manque franchement de moments explicitant des détails de l’intrigue. Ou alors, c’est moi qui décroche. M’enfin, même ça, ce serait de la faute de la série si ça arrivait, non ?
S11E08 – For Blood – 18/20
L’épisode prend peut-être un peu trop son temps au début, mais assez vite, on comprend vers quoi on se dirige et c’est vers une fin de mi-saison franchement efficace. Les cliffhangers donnent envie d’avoir la suite au plus vite, et avant d’y arriver, on a des évolutions parfaitement logiques. Les scénaristes prennent le temps de développer correctement les personnages pour que chaque décision soit cohérente, et c’est loin d’avoir été toujours le cas dans cette série. Un très bon épisode, donc.

J’ai tout oublié de Kaamelott, bordel

Salut les sériephiles,

Il faudrait théoriquement que je profite de l’article du jour pour faire le point sur mes derniers coups, comme en chaque milieu de mois, mais la vérité, c’est que sur un coup de tête, j’ai réservé une place pour aller voir Kaamelott au cinéma en avant-première. C’est l’avantage de vivre à deux minutes à pied d’un cinéma qui ne passe que de la VF – quand un film en VF sort, on peut aller le voir sans que ce ne soit trop prise de tête.

Sticker de sablier sur risitas kaamelott arthur mais sablier generique - Sticker ID : 193137

Cela dit, réserver à moins d’une heure de la séance, c’est bien, se remettre en tête la série, c’est mieux. Non parce qu’il va sans dire que la série a marqué toute une génération de fans à coup de « c’est pas faux » et d’humour graveleux et potache, à coup de trompettes aussi, mais c’est finalement un peu tout ce qu’il reste à la surface (du lac) quand j’y pense.

Par chance, je n’ai pas perdu de vue la mythologie avec mes études et mon boulot, mais les saisons de la série sont un peu loin pour moi comme pour vous. Bref, besoin d’un résumé avant de voir le film ? Voilà ce dont je me souviens de la série, assez fidèle à la mythologie : Arthur est marié à Aconia quand il est forcé d’épouser la mythique Guenièvre, fille de Léodagan. Pourquoi il faut voir « Kaamelott » en entier ? – Idées de filmSi je dis qu’elle est mythique, c’est juste parce que j’adore cette actrice et ce qu’ils ont fait du personnage on ne peut plus bêbête, mais toujours bien capable de me faire rire.

En tout cas, Aconia a vu d’un mauvais œil ce mariage et a décidé de se barrer avec son autre époux, faisant d’Arthur un roi de Bretagne malheureux en amour. Il a promis de ne pas toucher Guenièvre, alors il ne la touche pas ; lui préférant les maîtresses à qui il fait parfois des bâtards.

Kaamelott Premier Volet : le film est encore repoussé...

Le pauvre roi est aussi malheureux en politique, avec une quête interminable confiée par la Dame du lac : comme il est capable de porter Excalibur et de la retirer de son rocher, il doit retrouver le Saint Graal. Là-dessus, on rejoint le point le plus connu de la mythologie : Arthur réunit autour de la table ronde des chevaliers ayant pour mission de retrouver le Graal.

Après, la série prend le parti de l’humour et de chevaliers tous plus boulets les uns que les autres, surtout quand il est question de Perceval. Kaamelott Premier Volet : le film est encore repoussé...Si la série nous amusait bien, elle s’est complexifiée au fil des saisons, avec des épisodes plus longs et des avancées dans la quête, alors que le château faisait face à de nombreux envahisseurs. Heureusement, Arthur et Lancelot étaient assez malins pour déjouer ses invasions – car ne ‘est pas Merlin ou Karadoc qui allaient leur venir en aide. Pas faute d’essayer.

Le problème, c’est que Lancelot prend la confiance peu à peu. Il séduit ainsi Guenièvre et découvre grâce à Excalibur qu’il est promis à un avenir encore plus grandiose que celui d’Arthur. Ah. Cela le pousse à partir en exil – et c’est là que je commence à ne plus trop me souvenir de l’histoire, parce qu’on atteint les saisons que j’ai moins revues. Guenièvre finit par le suivre, en tout cas.

Je me souviens à peu près d’une histoire entre Arthur et la femme de Karadoc, qui remplace ainsi Guenièvre. Tout cela part en vrille vite : Arthur récupère Guenièvre, menacée par Lancelot, et abandonne la femme de Karadoc, qui mettait trop son nez partout. Seulement, tout cela provoque trop de scission au château et tout le monde laisse tomber Arthur. Ce dernier décide alors de replanter Excalibur dans le rocher et d’abandonner son rôle de roi. Adieu Kaamelott.

H vs Kaamelott : quelle est la meilleure série française ? - Purebreak

Ou pas. Guenièvre est encore reine et elle fait de son père le roi à son tour, en attendant un retour d’Arthur, comptant sur un de ses bâtards pour reprendre le trône. Pas de bol, finalement, il n’a pas de bâtard : il est stérile. La dépression le frappe tellement de plein fouet, avec toujours plus de trahisons au château, qu’il finit par tenter de se suicider.

Ouais, on a un peu quitté l’humour avec le temps, je vous avais prévenu. Arthur est sauvé par Lancelot, qui venait pourtant avec une envie de se venger de la perte de Guenièvre. Il est aussi manipulé par Méléagant, alors il prend le pouvoir et devient un roi peu apprécié : il terrorise toute la Bretagne et met fin à la quête du Graal. Arthur n’a d’autres choix que de fuir en Bretagne, d’où il prépare son retour… Qui aura donc lieu dix ans plus tard avec ce film.

Franchement, la fin, merci Wikipedia, je n’en ai que de très vagues souvenirs. Je n’ai rien vu de la bande-annonce du « premier volet » qui sort en salle demain et, à vrai dire, je n’étais même pas convaincu d’avoir envie d’y aller. Voir tout le monde en parler m’a motivé !

Kaamelott, un livre d'histoire. C'est pas faux !

Finalement, ce que j’aimais avec Kaamelott, c’était bien plus l’humour que la légende scénarisée par la série. Pour ça, je préfère la légende, justement. Je n’ai jamais voué un culte total à la série non plus, contrairement à de nombreux fans. J’aime beaucoup, mais je ne connais pas les épisodes par cœur et je ne suis pas du genre à en revenir toujours aux citations dans toutes les situations. D’ailleurs, une fois sur deux, je ne capte pas la référence… Bref, j’ai regardé sans être un fan inconditionnel, ne me tombez pas tous dessus, svp.

Kaamelott Premier Volet : le film est encore repoussé...

J’espère en tout cas ne pas être trop déçu par le film… Je ne me souviens plus bien de certains événements et je ne sais pas s’ils feront un résumé. J’ai envie de venir surtout pour l’humour, mais je me souviens du virage qui avait été fait au profit de l’histoire… Bon, on verra bien ce que ça donnera !

Kaamelott le film, 5 choses qu'on veut absolument voir ! | meltyJe vous en parlerai demain, je pense ; puisque je vais le voir à la séance de 20h30. Il s’agirait de me dépêcher à m’habiller, maintenant, parce que ça veut donc dire que j’ai 15 minutes pour rejoindre le cinéma.

Non, vraiment, c’est cool d’habiter à deux minutes d’un cinéma. Et c’est cool aussi d’être capable d’entendre dans ma tête chacun des gifs de cet article. Comme quoi, ça a vraiment marqué toute une génération. J’aurais dû en parler dans le dernier 42 minutes, ça a changé la vie, bordel !

J’ai testé une série ramadanesque (El Foundou)

Salut les sériephiles,

Étrange titre, n’est-ce pas ? Tout d’abord, eid mubarak à tous vu le sujet, bon jeudi de l’Ascension également, parce qu’il y a des hasards qui font bien les choses. Tellement d’ailleurs que c’est aussi le jour où je me suis fait vacciner, yeah. Cela n’a rien à voir avec la choucroute, par contre. Ou plutôt le couscous.

Les séries ramadanesques, donc. J’ai découvert leur existence seulement l’an dernier, c’est bien la peine de se dire sériephile accompli ! Concrètement, comme leur nom l’indique, il s’agit de séries diffusées pendant tout ou une partie du ramadan. Il s’agit de production maghrébines pour les pays du Maghreb uniquement et c’est bien dommage !

En effet, à l’origine, il s’agissait de produits religieux principalement, alors je vois pourquoi ça n’a pas passé les frontières européennes comme phénomène. Seulement, aujourd’hui, on trouve aussi des histoires qui sont le reflet d’une société en pleine évolution à l’écran, et c’est dommage que ce ne soit pas plus exporté. Je compte sur Netflix pour le faire un jour, ce serait un bon créneau pour eux qui se tournent beaucoup vers la production internationale.

En plus, la production maghrébine n’a rien à envier aux américains du côté du rythme de tournage : les saisons font entre 20 et 31 épisodes, produits en un peu moins d’un an ! La diffusion est concentrée sur un seul mois, mais dans le fond, certaines séries produisent autant, si ce n’est plus, que les networks.

D’accord, mais est-ce que ça vaut vraiment le coup de s’y intéresser ? On ne va pas se mentir, le rythme et les intrigues sont inhabituelles pour nous européens, mais ça rejoint dans l’ensemble ce qu’on attendrait de certains soap opéra très dramatiques. J’ai eu la chance cette année d’avoir un traducteur avec moi pour regarder El Foundou, dont la première saison fait 21 épisodes.

Plainte contre la chaîne El Hiwar et El Foundou pour atteinte aux LGBTQ

21 soirs de suite, je me suis donc pris à cette histoire dont le synopsis ne spoilait rien : “un reflet de la société tunisienne”, débrouille toi avec ça pour faire ton article. La série raconte plus concrètement l’histoire d’un meurtre qui envoie son coupable idéal en prison. Vingt ans plus tard, le désigne coupable qui a toujours clamé son innocence sort de prison et doit se réinsérer dans la société, et surtout dans sa famille et auprès de ses amis. Évidemment, la recherche du vrai coupable est aussi dans ses préoccupations.

J’ai beaucoup aimé de nombreux aspects de la série, à commencer par cette intrigue, souvent perdue de vue, et ses personnages attachants (Joseph et Dorra en tête). Je suis comme beaucoup déçu de la fin, parce que j’avais bien deviné l’identité du coupable, mais il faudra attendre une éventuelle saison 2 pour savoir la suite. Et puis, on nous a résolu le meurtre sur un flash-back quelque peu précipité et peu convaincant en ce qui me concerne. Tant pis, ça aura été sympa de se prendre la tête pour le résoudre, tout en s’attachant aux personnages et en étant tristes de certains twists (la scène à la plage, par exemple) !

Les principaux acteurs de la série ramadanesque «El Foundou»

Si les personnages sont attachants, d’autres points sont plus difficiles à avaler. Je le disais, cette production tunisienne se veut reflet d’une société en pleine évolution, et elle est même clairement progressiste (avec des plaintes de certains organismes officiels par exemple, considérant la représentation faite comme dégradante). Malgré tout, un certain nombre d’intrigues et encore plus de répliques m’ont mis mal à l’aise, parce que le décalage de pensées sur un certain nombre de sujets est important (à commencer, bien sûr, par la place de la femme).

C’est bien normal, en tout cas, et je savais à quoi m’attendre, mais c’est aussi pour ça que c’est intéressant à regarder, surtout que les scénaristes militent assez clairement pour une évolution dans le même sens que la notre. C’est intéressant à regarder, donc !

Au rang des décalages culturels, il y avait aussi la tendance incroyable aux monologues de personnages développant des sentiments si possible dramatiques et la longueur des scènes sur les personnages pleurant. C’est déstabilisant, mais raccord avec les quelques tunisiens que je connais.

Enfin, pour conclure sur les aventures de Yahia, Slim, Rim et Mariem, il faut que je souligne que j’adore le générique (ci-dessus donc). En Tunisie, les génériques durent le temps de la chanson, ils sont hyper stylés et comme on les entend chaque jour ils vous rentrent en tête super vite. Surtout que bien sûr, on l’entend aussi dans la pub ou dans des émissions de divertissement ensuite. Vous saviez qu’en Tunisie, c’était Dimanche tout est permis ?

Maintenant, oui. Tout est dispo sur YouTube si vous maîtrisez l’arabe (et le tunisien surtout) ou si vous avez quelqu’un d’assez patient pour vous le traduire. Sinon, ça vaut le coup d’œil curieux pour vous faire un avis sur la belle qualité des images et sur la musique entêtante. Enfin, difficile de ne pas terminer cet article sur l’exceptionnelle pub Orange qui m’est restée tout autant en tête (même pas besoin de parler la langue pour la comprendre) :

PS : demandez à Netflix d’ajouter des séries ramadanesque, c’est hyper prenant, ça vaut le coup et eux, ils nous mettront des sous-titres ! Y a un créneau de diffusion internationale à prendre…