VisionQuest – S01E02 – Theseus – 17/20

C’est une tradition chez moi : ce ne sera pas le personnage principal mon personnage préféré dans cette série. Cela me surprend tout de même, parce que ce n’était pas le cas dans les deux autres séries de cette trilogie. Il faut pourtant s’en détacher pour apprécier à sa juste valeur cette nouvelle proposition, et je l’apprécie : elle propose davantage d’action et de scènes dignes d’une aventure de super-héros, tout en réussissant à toucher bien plus vite que je ne le pensais. Si elle n’a pas l’étoffe pour être une de mes séries préférées du côté de l’écriture, elle réussit en tout cas très bien à m’embarquer émotionnellement dans son histoire et j’ai tellement hâte de voir la suite cette fois !

Spoilers 

Vision cherche à en savoir plus sur Paladin, mais aussi sur Thomas, forcément.

And then, I wasn’t just me anymore.

Si j’ai bien aimé le premier épisode, la vérité est que je n’étais pas obligé d’enchaîner directement sur le deuxième. J’aurais vraiment préféré avoir un épisode par semaine, mais comme il y en a déjà deux autres qui seront diffusés quand je me réveillerai demain matin, autant enchaîner, parce que j’ai peur d’être spoilé à force ! Cela dit, je ne l’ai pas été plus que ça pendant cette première semaine de retard déjà accumulée.

Le résumé de l’épisode précédent est intéressant, parce qu’il commence par nous raconter la confrontation entre les deux Vision dans WandaVision. J’avais un peu zappé cette histoire du bateau de Thésée (quand toutes les planches du bateau sont remplacées, est-ce toujours le même bateau ?) déjà évoquée à l’époque, or cela va clairement être important puisque c’est le nom de l’épisode.

Avant d’en arriver là, cependant, la série propose un détour par un flashback. Vous savez à quel point je déteste ce procédé habituellement, mais la vérité est que là, je suis plutôt content. J’ai une très grande préférence pour Tommy par rapport à Vision, pour la bonne et simple raison que les jumeaux sont vraiment des personnages que j’aime croiser quand je lis les comics (bon, ça fait un moment que je n’en lis plus, mais pas grave), contrairement à Vision.

En plus, l’acteur est déjà si excellent dès la première scène de cet épisode. C’est incroyable comme ses yeux expriment toute la douleur improbable que vit son personnage. La première scène revient sur le fameux interrogatoire de police où il a expliqué aux flics londoniens ce qui lui est arrivé : un groupe d’abrutis a voulu le noyer quelques mois plus tôt. Il est resté trop longtemps sous l’eau, il y a eu un éclair étrange et il est revenu avec les souvenirs d’une autre vie. J’adore cette origin story, franchement, je trouve ça vraiment intéressant pour la suite. J’aime que ça traîne moins que pour son jumeau.

Bref, la police ne le croit pas et le transfère aussitôt. Comment ça c’est déjà Noël à Londres ? Ils font chier, moi je veux fêter Halloween ! Pas grave, il va falloir supporter le petit chant de Noël alors que Tommy est transporté par la police. Dans le fourgon qui le mène on ne sait trop où, il croise d’autres petits criminels comme lui. C’est là qu’il rencontre sa future complice. Celle-ci s’assoit à côté de lui et sympathise rapidement avec lui.

Très rapidement, elle l’aide à se calmer quand il panique un peu d’être dans ce bus et qu’il a quelques souvenirs du jour où on a voulu le noyer. Pourquoi pas. J’aime bien qu’on nous raconte comment les deux personnages se sont rencontrés, même si ce n’est pas ce que j’attendais d’une série nommée VisionQuest. En fait, ça me donne l’impression de regarder une autre série, et probablement une qui me donne davantage envie de la regarder.

Bref, c’est efficace sur moi et j’aime beaucoup le dialogue qui suit entre les deux. Ils apprennent ainsi à se connaître, on découvre la raison pour laquelle les flics les ont mis là et l’amitié qui naît entre eux est déjà très sympathique. En fait, ça permet même à la jeune femme de s’endormir ensuite sur l’épaule de Tommy. Pas que de l’amitié, du coup ?

Allez savoir. Ce qui est sûr, c’est qu’elle se réveille quand un autre criminel du bus fait beaucoup de bruit en criant son inquiétude de ne pas savoir où ils vont – et son inquiétude de retourner quelque part où il ne veut pas aller. Il a bien raison de s’inquiéter car le flic chargé de surveiller le bus révèle leur destination : St-Mabyn, un terrible asile psychiatrique dont personne ne sort jamais.

En vrai, ça correspondrait bien à Tommy, mais personne ne semble vouloir y aller, surtout pas celui qui avait peur de cette destination. Le flic décide d’utiliser une matraque électrique pour le calmer, parce que c’est bien connu, la violence, ça apaise vachement les situations de crise. La nouvelle amie de Tommy essaie alors de dire au flic de se calmer et, là aussi c’est connu, le flic prend ça très bien et n’essaie pas du tout de s’en prendre à elle pour cette raison.

Tommy s’interpose et prend à sa place le coup de matraque électrique. C’est inattendu, mais le choc électrique ne lui fait pas du bien. En fait, cela provoque les pouvoirs qu’il ne sait pas avoir : ses mains bougent hyper vite et il y a une petite réaction électrique qui se retourne contre le flic. Si ce dernier pense que c’est sa matraque qui déconne et prend relativement bien la brûlure qui lui apparaît sur la joue, nous, on sait ce qu’il en est. Par chance, la complice en profite pour récupérer les clés du gardien. Après tout, elle a avoué être une excellente pickpocket. Elle propose donc à Tommy de s’enfuir par l’arrière du bus grâce à ces clés.

Ils peuvent en effet défaire les menottes qu’ils ont, puis se rendre à l’arrière du bus où une grille fermée à clé les sépare de la porte. Comme ils ont les clés, ce n’est pas un souci. Le souci, c’est que le flic qui les surveille a un double des clés. J’ai bien aimé ce faux twist et la scène qui suit, même s’il y a un détail que je trouve ridicule. En effet, tous les prisonniers se mettent à chanter des chants de Noël et apparemment, ça suffit à ce que le chauffeur n’entende pas qu’il faut arrêter le bus. Tommy et Lisa (elle a enfin un nom !) parviennent donc à s’échapper du bus en marche comme cela, à nouveau grâce aux pouvoirs de Tommy. C’est un peu too much que ça prenne tant de temps de sortir du bus et que le chauffeur ne l’arrête pas, mais soit.

On revient alors dans le présent et du côté de Vision alors que je serais bien resté avec Tommy un peu plus longtemps. En plus, on reprend par un débat entre Vision et Ultron. Je ne sais pas si j’accroche tant que ça aux grands débats stériles dans un anglais soutenu, en plus. C’est raccord avec le personnage de Vision, mais pas forcément ce que j’ai envie de voir en ce moment.

Heureusement, la scène suivante nous ramène Friday. Elle s’est renseignée sur le Paladin et peut nous dire que, justement, l’article « le » n’est pas le bon. C’est un paladin, le dernier d’une longue série de chasseurs de primes qui se pensent vertueux et ne lâchent jamais la cible qu’ils visent. Bon, ça, c’est pour la partie grand-méchant qui le poursuit.

Il se renseigne ensuite sur Tommy en revoyant la vidéo de l’interrogatoire envoyé par Paladin la veille. Cette fois, il voit la version longue de l’interrogatoire où Tommy partage davantage de souvenirs de Westview et de ses parents. C’est perturbant, parce que Vision a beau penser que ce n’est pas son fils et juste une ruse pour l’attirer, il finit par comprendre que ce ne peut pas être un hasard. Il y a trop de détail, surtout quand Tommy dit que le deuil n’est que l’amour qui perdure. Aaah. C’est à finir fou.

Bien sûr, Vision comprend ce qu’il en est et il se sent obligé d’accepter l’invitation que Paladin lui fait. Oh, Edith et Friday débattent bien de la pertinence de cette idée, surtout qu’on ne sait pas qui a embauché Paladin. Friday a la même idée que moi dans l’épisode précédent : le S.W.O.R.D. Toutefois, je me rends compte maintenant que c’est trop simple.

Bref, Vision ignore tout ça et décide de se rendre au rendez-vous fixé par Paladin. Il le retrouve à Edimbourg, dans le bar de Fiona. Avant de s’y rendre, il fait plein de simulations pour savoir ce qu’il en est et dans quoi il s’embarque. Cela déstabilise un peu Paladin, mais ça ne l’empêche pas de dérouler le discours qu’il avait prévu. On apprend que Thomas est un enfant qui a été trimballé d’un foyer à l’autre et a fini dans les petits crimes. Si Vision prétend n’en avoir rien à faire de lui, tout le monde sait bien que c’est faux, même Paladin qui nous fournit sa petite théorie sur Wanda s’étant débrouillée pour sauver ses fils en les balançant dans d’autres corps au passage. Le pire, c’est que c’est sensiblement ce qu’il s’est passé.

Je trouve ça par ailleurs franchement étonnant, mais le Paladin (si c’est le dernier de sa lignée, je peux bien dire « le », non ?) explique littéralement à Vision où est Tommy. C’est complètement con, autant que l’endroit où est Tommy d’ailleurs. En effet, Paladin décide de ramener Tommy à St-Mabyn, l’asile où il devait aller un an plus tôt. C’est un peu gros, surtout quand Tommy y tombe sur le même flic qu’un an avant. Si le flic veut prendre sa revanche, il n’en a pas le temps : Paladin l’arrête, puis le tue sur place, gratuitement. Faudrait savoir ? Il est vraiment méchant et tue à vue, en fait. Cela permet en tout cas à Tommy de voir ce dont le chasseur de primes est capable, et ça lui fait bien peur.

Pour autant, c’est Paladin qui devrait être terrifié. Il a bien mal calculé qui était son ennemi : Vision lui rappelle qu’il n’est pas l’Avenger qu’il était. Il s’en prend donc à Paladin – physiquement. Il le laisse tout de même en vie, histoire que Paladin soit également menacé par son employeur qui n’apprécie pas de voir Vision lui échapper constamment. Soit. C’est un peu simpliste ; comme le piège que vient de tendre Paladin en disant où était retenu Tommy.

Je m’attendais à ce que Vision se rende sauver Tommy directement à St-Mabyn, mais il préfère retourner charger ses batteries et papoter avec Ultron. Pourquoi lui fait-il si confiance ? Pourquoi sont-ils si potes ? Ultron est amusé par la situation, alors que Vision est clairement perturbé par le conflit d’émotions qu’il ressent. Il a les souvenirs et la mémoire de Vision, mais il n’a pas ressenti tout ça ; il n’a pas toutes ses émotions. Et puis, il s’en veut de ce qui arrive à Tommy, même si c’est totalement la faute d’Ultron. Pas évident d’être un robot, dis donc !

Il est à nouveau question du bateau de Thésée, en tout cas, et Ultron a son avis sur la question philosophique : elle est complètement conne et détourne l’attention de Thésée, le vrai héros qui a été sauver les enfants du Minotaure. Le raccourci qui suit est tellement simple que je ne sais pas si c’est du génie ou juste de l’écriture lourde : Ultron demande à Vision de ne pas être le bateau, mais le roi. Bref, il doit aller sauver Tommy. Est-ce qu’on avait vraiment besoin d’une scène pour qu’il en arrive là ?

Franchement, je suis perplexe. C’était si évident que c’était la chose à faire – et en même temps, c’est tellement un piège grossier de la part de Paladin ! Jarvis s’inquiète bien sûr pour Vision et lui déconseille de partir sauver Tommy, avant de l’encourager malgré tout. Toutes les IA en lui savent très bien qu’il les met tous en danger et marche dans un piège, mais en même temps, tout le monde est avec lui.

Je trouve ça plutôt amusant que Vision se retrouve dans un hôpital psychiatrique si vite dans cette série. Franchement, il serait temps qu’il y mette les pieds comme patient. Malheureusement, ce n’est pas le but : il met les pieds dans un piège et analyse très vite ce qu’il en est. Les infirmiers sont armés jusqu’aux dents. Pfiou. La scène d’action qui suit est franchement drôle et je tiens à souligner à quel point je suis surpris par l’acteur. Je trouve qu’il a sacrément bien vieilli – ou alors c’est cette coupe de cheveux. Allez savoir. Je le trouve sacrément classe, en tout cas.

Il n’a aucun mal à mettre KO et tuer tous les ennemis sur son chemin, bien aidé par les IA dans sa tête. Cela lui permet d’atteindre rapidement Tommy. Ce dernier est terrifié de voir débarquer Vision, persuadé qu’il est dans sa tête. Ce n’est évidemment pas le cas. Pas le temps de s’en remettre, cependant : la porte se referme derrière eux avant qu’ils puissent s’enfuir. Sans surprise, Vision est tombé dans le piège prévu : il est ainsi dans une cage à impulsion électromagnétique qui l’affaiblit et l’empêche de s’enfuir.

Ultron m’a fait rire avec sa petite citation des paroles de chanson pendant que tout le monde paniquait dans la tête de Vision. Les lumières clignotent, il y a un bruit sourd et Vision est trop affaibli pour faire quoi que ce soit. Tommy essaie d’utiliser ses pouvoirs pour sortir, mais il a finalement besoin de Vision pour cela.

J’aime bien, même si c’est un peu simpliste de simplement défoncer la porte. Cela dit, Paladin voulait juste gagner du temps. Son but était en fait d’arriver à temps pour tirer sur Vision. Contrairement aux hommes qu’il a sacrifiés avant, Paladin utilise des balles en adamantium (c’était évoqué par les journaux dans la tête de Vision l’adamantium, dingue) et réussit à blesser Vision. Celui-ci parvient quand même à se défendre et à sortir de l’asile avec Tommy.

Il demande alors à son fils de l’abandonner – mais Tommy résiste un peu. Il a tellement de questions et aimerait tant avoir des réponses, parce que dans le fond, lui aussi il est un bateau de Thésée qui a été réécrit… Ce serait plus simple de parler de palimpseste, mais bon, on va rester avec cette image foireuse pour le moment. Malheureusement, Vision est en train de mourir et Paladin ne les lâche pas comme ça. Il ordonne à Tommy de se barrer, ce qu’il fait, pendant que toutes les IA dans Vision sont en train de mourir.

J’ai alors eu envie de hurler sur ma télé : Ultron propose aux autres de récupérer de l’énergie par le sacrifice de l’un d’entre eux. Bien sûr, il ne se propose pas d’être le sacrifice en question. C’est Jarvis qui s’y colle et… Non ? Putain ! On vient juste de récupérer l’acteur, je ne veux pas déjà le perdre ! Qu’est-ce que ça me soule de le voir disparaître comme ça… J’aurais préféré me débarrasser d’Ultron, mais je sais bien que ce n’est pas le but de la série qui en fait au contraire un perso principal. Et puis, c’est bien plus touchant que ce soit le « frère » de Vision qui se sacrifie. Pour un type qui n’a pas de famille, Vision est quand même sacrément entouré par sa famille, hein.

Le sacrifice est efficace en tout cas – il y a des enjeux émotionnels et ça restaure assez d’énergie pour que Vision survive. En plus, ça permet de nous laisser sur un excellent cliffhanger : Tommy revient chercher son père en voiture et l’embarque aussi loin que possible de Paladin… qui ne doit tout de même pas être très loin derrière lui. Sinon, tout ça permet aussi à Ultron de récupérer bien plus de liberté qu’il n’en avait : il est désormais capable de sortir tout seul de la pièce où il était enfermé et apparaît même dans la voiture à la fin. Petit à petit, il se libère donc.

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Photographie promotionnelle de l’épisode — Marvel Television

VisionQuest – S01E01 – No Strings – 16/20

Ce premier épisode de VisionQuest ne déçoit absolument pas : le fan service est impeccable, les enjeux efficaces et la nouvelle ambiance 100% inédite au sein du Marvel Cinematic Universe parfaitement mise en scène – avec juste ce qu’il faut de rappels de ce qu’est la franchise. Oh, ce n’est pas le reste de la trilogie et ce n’est pas encore aussi addictif, mais je sens tout le potentiel de la série. J’ai juste peur d’en attendre trop pour la suite, parce que pour l’instant, c’est exactement la surprise que je pensais qu’elle serait et parce que je n’ai pas oublié que les premiers épisodes des deux autres séries qui précèdent n’avaient pas eu non plus tout ce que j’en attendais avant que le reste soit incroyable. Bref, j’en attends trop.

Spoilers 

Vision mène une vie secrète aussi discrète que possible, tout en essayant de digérer tout ce qui lui est arrivé.

You see, I am Vision. And yet, I am not.

Bientôt une semaine que ces deux premiers épisodes m’attendent, il est plus que temps que j’essaie de voir ce que vaut cette série. En plus, la pause d’une actualité hyper anxiogène ne fera pas de mal, parce que j’ai vraiment l’impression que le pays est en roue libre. Rien de tel qu’une petite dose de Marvel pour s’anesthésier et oublier les dingueries politiques que l’on vit coup sur coup depuis samedi.

Bon, après, comment ça le logo Marvel Television est complètement réadapté pour Vision ? Cela fonctionne bien, surtout qu’on nous fait un résumé de l’histoire de Vision. J’ai l’impression d’être devant une série du début des années 2000 et c’est hyper cohérent avec ce qu’était WandaVision – la dernière fois que l’on a pu voir Vision. Le titre de l’épisode, lui, est plutôt une référence à Ultron, dont la présence a été plus que spoilée par la promo.

J’adore le résumé qui est proposé. C’est parfaitement bien dosé, ça résume des heures de contenus dans lesquelles Vision n’avait que quelques minutes à chaque fois. Le tout est raconté par Vision lui-même, sans dialogue : un simple monologue avec des images de la bataille du Wakanda ou de Westview est largement plus efficace qu’un résumé complet. Cela a un côté générique explicatif type Mutant X à l’époque, et j’adore tout simplement cette introduction.

Je rappelle que Vision n’a jamais été mon perso préféré et que la série a du taf pour me convaincre, alors que cette première scène soit un résumé comme ça est une excellente chose. À la fin de celui-ci, Vision affirme être Vision et ne pas l’être en même temps. Un vrai petit Shakespeare en devenir ! La série nous prend ensuite par surprise en révélant que Vision serait désormais un homme au dos coincé alors qu’il nettoie un bar pour sa proprio et boss très, très anglaise.

Cette dernière l’interroge assez vite sur Wanda. Vision ne sait pas trop quoi répondre, parce que sa copine a tout de même était « comme écrasée par le poids d’une montagne ». Tiens, il est au courant de Doctor Strange and the multiverse of madness ? J’ai adoré l’écriture de ce dialogue entre Vision et celle qu’il appelle Mme Guthrie, franchement. Les scénaristes font déjà un bon job pour réintroduire le perso dans un univers différent – même si le cœur W+V, c’était sacrément gnangnan.

Comme toujours avec cette trilogie, le premier épisode nous introduit cependant dans un univers étrange et loin de celui qu’on attendait. Vision en simple barman ? Je sais qu’il faut se méfier. Quand on le voit quitter son job pour rentrer chez lui, il s’enferme en fait dans le placard du dimanche. Il y est rechargé.

Et quand il se recharge, Vision est simplement embarqué dans son serveur interne où les fans de Marvel n’ont qu’une seule envie : hurler de joie. Il y est en effet accueilli dans un grand manoir anglais type années 20 (enfin, 1920 du coup, il est temps de le préciser, on est en 2026) par des domestiques qui sont d’autres robots et IA. Et autant Dume et U ne sont pas spécialement remarquables, autant retrouver Jarvis ou voir Friday à l’écran, c’est du fan service de fou furieux.

J’aime beaucoup l’ambiance qui nous embarque dans quelque chose de totalement différent du reste du MCU. On sent que les acteurs s’éclatent, que les scénaristes ont des petits jeux de mots (le data leak, j’ai ri) et que le personnage de Vision est en apprentissage permanent. Ainsi, Friday l’aide en fait à améliorer ses capacités sociales.

L’humour est bon, même si c’est parfois un peu trop appuyé – l’arrivée d’Edith, l’IA de divertissement par exemple, m’a paru quelque peu lourde. Ce qui est sûr, c’est que la série fait bien son travail pour introduire un nouvel univers avant de proposer une vraie intrigue. En attendant, donc, Vision est dans son monde où tout est sous contrôle, malgré quelques petites perturbations. Eh, ce n’est pas sans rappeler le premier épisode de Wandavision avec la sitcom qui avait ses perturbations ! Le fait d’avoir de la couleur rend ça un peu mieux.

J’aime en tout cas que la série reprenne le même code de passer par l’humour et le détournement complet de nos attentes. Ce n’est certainement pas comme ça que j’imaginais l’intérieur de Vision franchement : il est coincé dans son propre film très années 1920, mais il s’enferme aussi au cinéma pour revoir des bouts de sa vie. On nous y rappelle l’intrigue Ultron, puis tout ce qu’il s’est passé dans Wandavision.

Il est d’abord question d’amour pour Wanda, mais ensuite, on voit Dume et U recevoir un coup de fil d’en haut afin de passer des bobines piratées au S.W.O.R.D. Ben voilà autre chose ! Les films montrent la naissance des jumeaux et ça énerve beaucoup Vision. Il décide donc de monter voir aussitôt Ultron, celui qui a passé ce coup de fil pour qu’on lui montre ses fils. Vision refuse de les voir, mais au moins, c’est rassurant : il a encore des émotions quand il les voit, contrairement au reste de sa vie. C’est juste con que ce soit la colère l’émotion principale.

Ultron semble plus confortable avec lui-même quand il est sous sa forme robotique, mais Vision lui demande de prendre forme humaine. C’est bien la première fois qu’on voit son « avatar » et ça vient avec le mot « asshole » en gros à l’écran. J’ai ri. Je trouve moins drôle la suite où Vision refuse de reconnaître la vérité qu’était Westview. Pour lui, tout ça n’était qu’une illusion ? Heureusement qu’Ultron est là pour lui faire prendre conscience que non, c’est bien plus que ça.

On apprend au passage ce qu’on avait déjà deviné : le jour, Vision vit à Édimbourg, là où il était avec Wanda au début d’Infinity War. Il est toujours amoureux d’elle et finit par expliquer que Wanda était sa raison de vivre dans le monde des humains qu’il ne comprend pas trop. S’en plaindre à Ultron qui voulait juste nous détruire, c’est un choix, tout de même. La scène tourne à la séance de psy, l’air de rien, et c’est un choix original. Si j’accroche plutôt bien, il faut bien reconnaître que ce n’est pas encore au niveau de WandaVision ou Agatha. Après, quel plaisir de revoir des images de Wanda Maximoff sur mon écran. Et quel plaisir aussi de découvrir qu’Ultron est un amateur d’art autant qu’il l’est d’armes de destruction massive. Un vrai petit Hitler en puissance, quoi, mais en même temps, ça ne surprend pas après son film où il voulait détruire le monde.

En tout cas, Ultron demande à Vision de recommencer à vivre davantage, mais Vision se contente de vouloir observer le monde. On sait très bien que ça ne pourra pas durer et quand on voit qu’Ultron semble mettre au point un plan pour s’échapper de Vision, on sait que ça ne dit rien qui vaille !

Le lendemain soir, Vision a droit à une autre soirée amusante et sympa à ranger le bar avec Fiona Guthrie. On quitte toutefois rapidement l’univers détendu et comique que la série instaurait jusque-là avec un coup de feu bien choquant : Fiona se fait tirer dessus alors qu’elle plaisante avec Vision et que rien ne laissait présager que ça allait arriver.

C’est choquant, honnêtement. Pourtant, Vision réagit avec calme et mesure. Il demande l’aide de Jarvis pour étudier ce qu’il se passe : un commando armé est en train d’approcher du bar pour s’en prendre à lui. Si, il y a quelques années, il aurait eu tendance à réagir avec calme, le nouveau Vision ne se laisse pas faire. Il met KO tous les hommes qui débarquent et n’hésitent pas à lui tirer dessus (enfin, il les tue par légitime défense, comme on dit). C’est une sacrée fusillade, une scène d’action à laquelle je ne m’attendais pas si tôt dans la série.

Bref, la surprise est au rendez-vous. Un homme reste toutefois à l’extérieur pour observer – et écouter – la manière dont Vision s’en sort. Il utilise ensuite une mitrailleuse qui défonce tout le bar et force Vision à reprendre sa forme robotique. Il s’envole ainsi par la verrière, voit son ennemi et se barre.

La série change alors de perspective : on suit le méchant qui vient constater son échec et parle avec son assistante par oreillette intermédiaire. On découvre que cet homme est un grand méchant qui n’hésite pas à tuer ses hommes (eh, il n’est pas si vilain : il tue le meurtrier de Fiona, parce qu’il avait ordonné de ne pas faire de victimes), mais aussi qu’il a son propre supérieur. Les noms ne sont pas donnés, mais on apprend vite que ce nouveau méchant utilise un cryptage du S.W.O.R.D. Ramenez-moi des personnages d’Agents of S.H.I.E.L.D, allez !

Le S.W.O.R.D ? Ils semblent vouloir récupérer Vision. C’est logique : ce sont eux qui ont décidé de le ressusciter.

De son côté, Vision doit faire son deuil de Fiona. Cela se fait rapidement, ce qui inquiète clairement Jarvis, essayant de lui faire prendre conscience qu’il vient de perdre son amie. Cependant, Vision assure qu’il va s’en remettre et qu’il n’était pas si proche de Fiona. Il prend ensuite la pire décision possible : il se dit qu’il doit penser comme un prédateur pour comprendre son ennemi et fait donc appel à Ultron pour lui venir en aide. Rien que ça.

L’avis d’Ultron est évidemment que Vision a fait le mauvais choix en décidant de se cacher. Ultron, lui, aurait été à la poursuite de leurs assaillants. Ce n’est pas la vision de… Vision : il préfère se déconnecter le temps que toute cette histoire se tasse. L’idée est simple : disparaître pour être sûr de ne mettre en danger personne.

Même si Jarvis lui conseille de contacter un ou deux Avengers, Vision est clair : il veut rester seul pour que personne ne soit en danger. Il n’y a qu’Edith que ça semble vraiment déranger… jusqu’à ce que Vision finisse par comprendre que c’est Ultron qui est responsable de la traque dont il est victime. Ultron détourne un peu sa culpabilité, tout de même, en expliquant que quelqu’un a mis la tête de Vision à prix. Un chasseur de prime, le Paladin, a répondu à l’appel et c’est à lui qu’Ultron a donné la localisation de Vision.

Forcément, ce dernier est agacé de découvrir que Fiona est morte à cause de lui. Oups. Une fois de plus, Vision menace de supprimer Ultron, mais ce n’est pas si simple : même quand Ultron le provoque pour qu’il le fasse, Vision s’y refuse, préférant réserver à Ultron un sort pire que la mort – l’ennui. Ma foi, c’est une jolie réplique, qui s’accompagne de la disparition de toutes les œuvres d’art auxquelles Ultron avait droit (et de son canapé). Tu parles d’une punition.

De son côté, Paladin continue sa traque de Vision grâce à l’alias qu’il avait : Sherwood Ellis. Ce nom lui permet de découvrir, par son assistante, qu’il existe un croisement de deux rues à Westview… L’assistante me soule un peu à pouvoir tout faire bien trop rapidement en tant que geek de service : elle hacke donc le S.W.O.R.D pour trouver ce qu’il s’est passé à Westview, puis pour se renseigner sur la famille disparue de Vision.

Ainsi, nos méchants trouvent vite la piste de Tommy. La promo a un peu trop spoilé pour que ce soit une surprise, surtout après Agatha.

La piste mène Paladin à Londres où un interrogatoire de police parle justement de tout ça. Nous, on nous présente le personnage de Tommy de manière bien plus orignale. Il apparaît presque comme un bon samaritain dans un bar où il rapporte une montre qu’il a trouvé. Une femme de son âge semble absolument vouloir récupérer la montre, puis la racheter même si elle n’est pas à ce jeune Tommy.

Cela semble d’abord un problème pour Tommy, mais quand un autre type veut racheter la montre de luxe en y mettant le prix, il finit par céder. Il est alors révélé que le fils de Vision se fait appeler Thomas et bosse en fait avec la jeune femme du bar. Ils sont des arnaqueurs qui viennent de vendre très cher une montre cassée. Malins. Après, c’est encore et toujours la même arnaque dans les séries. On nous suggère tout de même, alors qu’il empêche sa complice de le voler et qu’il lui redonne sa part du butin, que Tommy a toujours ses pouvoirs, parce qu’elle est bluffée par sa rapidité. Je vois ce que vous faites, hein !

Pas le temps d’approfondir, cela dit. En effet, une alerte en ville révèle alors à toute l’Angleterre qu’il y a eu une tuerie grave à Edimbourg : on l’attribue évidemment à Vision, puisqu’il y avait une caméra de surveillance pour montrer qu’il était sur les lieux et pas mort comme tout le monde le supposait. Cela perturbe grandement Tommy, qui manque alors de se faire choper par le type qu’il vient d’arnaquer. Franchement, c’est très prévisible et très convenu tout ça… mais en même temps, je reconnais que c’est efficace. C’est un nouveau personnage qu’on a envie de mieux cerner et je sais déjà que je vais l’adorer, parce que je l’aime bien dans les comics et que l’acteur est génial. J’ai surtout hâte des retrouvailles familiales et de ce que ça donnera par la suite (ouais, je vois loin, ce sera pour dans deux ou trois ans probablement).

Il s’enfuit à temps avec sa copine, avant de faire une crise de panique. Comme son jumeau dans Agatha All Along, Tommy a alors quelques images de sa vie à Westview qui lui reviennent… L’amie semble être habituée à gérer ça : elle lui rappelle son vrai nom, puis lui dit qu’il peut bien être qui il veut. C’est la vie qu’ils ont choisi de mener après tout. Cela fonctionne bien… jusqu’à ce que Paladin débarque. Il kidnappe ainsi Thomas sans le moindre souci.

Le but de Paladin est évidemment d’attirer Vision à lui. Il décide donc de transmettre aussitôt un signal spécifiquement pour Vision. Ce dernier abandonne sa sécurité et prudence habituelles pour demander à Jarvis de décrypter ce signal : cela permet à Paladin d’envoyer la vidéo de l’interrogatoire de police qu’il avait trouvée plus tôt.

On y voit un jeune Thomas Shepard déclarer à la police qu’il avait des parents différents, une mère nommée Wanda et un père robot. Et hop, Paladin déclare à Vision qu’il a son fils. La fibre paternelle va forcément jouer !

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VisionQuest (S01)

Ça raconte quoi ?

Après les événements de WandaVision, Vision a été reconstitué, mais il n’est plus tout à fait celui qu’il était. Désormais en fuite, il cherche à comprendre qui il est vraiment…

Ce que j’en attends…

Beaucoup, forcément. Il faut dire que WandaVision reste l’un de mes plus gros coups de cœur de ces dernières années, au point que je l’ai revue plusieurs fois depuis sa diffusion. J’avais adoré son concept, son humour, ses personnages et surtout cette manière de nous surprendre chaque semaine.

Et quand Agatha All Along est arrivée en 2024, j’avais peur d’en attendre trop. Finalement, la série avait réussi à me convaincre presque autant, avec un univers et des personnages géniaux, des mystères et une écriture qui réservait de très belles surprises. Les deux séries avaient exactement la même recette, avec un premier épisode déroutant et un peu décevant, avant de révéler leur génie.

Oui, oui, leur génie. Autant dire que la barre est plutôt haute pour VisionQuest, censée conclure cette trilogie Marvel. Je trouve d’ailleurs assez amusant de parler de trilogie alors que les trois séries semblent avoir des concepts et des ambiances très différents – et en même temps, les deux premières avaient beau être radicalement différentes, elles formaient vraiment un tout efficace. C’est précisément ce que j’aime dans ces projets : ils ont une véritable identité et ne se contentent pas d’être des séries de super-héros classiques… mais maintenant, je me demande quelle pierre Vision va apporter à l’édifice.

Cette fois, c’est donc lui qui se retrouve au centre de l’histoire, et je suis curieux de voir ce que ça va donner sans Wanda (même si j’ai espoir de la revoir). Et puis, avec les pistes laissées ouvertes à la fin d’Agatha All Along, notamment autour de Tommy, il y a de quoi imaginer pas mal de choses pour cette nouvelle série. J’espère surtout que les scénaristes parviendront à me surprendre autant que dans les deux précédentes et réussiront à me faire aimer Vision, qui reste quand même le personnage que j’apprécie le moins parmi les trois.

Après quelques déceptions dans le MCU, ce serait tout de même chouette de retrouver une série Marvel que j’attends avec impatience chaque semaine – je suis particulièrement dépité par le choix de diffusion de deux épisodes d’un coup, surtout que les épisodes font presque une heure. Comment voulez-vous que je m’en sorte, moi ?

Reste à voir maintenant si cette trilogie pourra se terminer sur une aussi bonne note qu’elle a commencé !

Note moyenne de la saison : –/20

VisionQuest – S01E01 – No Strings – 16/20

Ce premier épisode de VisionQuest ne déçoit absolument pas : le fan service est impeccable, les enjeux efficaces et la nouvelle ambiance 100% inédite au sein du Marvel Cinematic Universe parfaitement mise en scène – avec juste ce qu’il faut de…

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Agents of S.H.I.E.L.D. – S01E06 – FZZT – 19/20

Grosse attente autour de cet épisode 6 parce que je dis depuis des années que c’est vraiment avec lui que je suis tombé amoureux de Agents of S.H.I.E.L.D.. Jusque-là, je trouvais la série sympa, j’aimais déjà beaucoup les personnages et je lui pardonnais volontiers ses petits défauts de débutante. Avec FZZT, quelque chose change : l’équipe existe enfin vraiment, l’humour fonctionne parfaitement, l’intrigue est prenante et surtout, tout ce qui arrive compte parce qu’on commence à s’attacher énormément à ces personnages. Treize ans plus tard, le constat n’a pas beaucoup changé. C’est un solide 19/20 et je garde simplement le 20 pour plus tard parce que je sais très bien qu’il y aura encore mieux.

Spoilers 

Une série de morts provoquées par d’étranges décharges électriques pousse l’équipe à chercher un éventuel individu doté de pouvoirs.

You’re the hero.

Petite ambiance film d’horreur pour commencer, avec un groupe de scouts autour d’un feu de camp, une histoire de fantôme, un bruit étrange dans la forêt et soudain des objets qui commencent à léviter pendant que l’électricité crépite un peu partout. Le chef de groupe finit retrouvé suspendu dans les airs, complètement grillé de l’intérieur, et je trouve cette introduction étonnamment efficace. C’est assez inhabituel pour la série et beaucoup plus prenant que certaines des longues scènes d’ouverture des épisodes précédents. Pour une fois, le mystère donne immédiatement envie de comprendre ce qu’il vient de se passer.

Mais ce que j’aime surtout dès les scènes suivantes, c’est que l’épisode comprend enfin qu’il faut séparer un peu Fitz et Simmons pour leur permettre d’exister individuellement. Jemma s’occupe du bilan médical de Coulson, qui a demandé des examens sans vraiment vouloir expliquer pourquoi, tandis que Fitz travaille sur le Night-Night Gun avec Ward et commence à devenir davantage pote avec Skye. Ce sont des petites scènes qui n’ont l’air de rien mais qui font énormément de bien aux personnages. La santé de Coulson continue au passage son petit bonhomme de chemin comme fil rouge : pour l’instant, on ne remarque presque pas à quel point la série revient régulièrement dessus, mais en fait, c’est bien un fil rouge et ça s’inscrit dans le mystère : comment ça se fait qu’il soit en vie ?

Ward trouve son arme trop lourde d’une once et Fitz l’imite dès qu’il quitte la pièce, avant que Simmons ne débarque pour proposer sa propre imitation, sans le consulter. Skye rigole car ça confirme aussi ce qu’elle disait avant des liens entre eux, les trois font les idiots ensemble et se retrouvent ensuite à devoir garder leur sérieux quand Ward revient. C’est exactement ce qui manquait à l’équipe jusque-là : ils commencent enfin à avoir une vie ensemble entre deux missions ; leur amitié est bien dosée et j’en redemande. Le bracelet imposé à Skye dans l’épisode précédent n’a pas disparu non plus et elle explique qu’elle fait tout pour regagner la confiance de l’équipe au détour d’une réplique pleine d’humour sur ce que le bracelet mesure en permanence. Tout est très léger, mais l’alchimie et les intrigues qui reviennent d’épisode en épisode sont enfin là.

L’enquête les ramène vers le scout mort dans la forêt et l’Index est évidemment évoqué puisque l’équipe pense d’abord qu’une personne dotée de pouvoirs pourrait être responsable de ces décharges. Jemma examine le corps pendant que Fitz préfère rester à bonne distance parce que, non, il n’a pas peur, c’est juste que les cadavres sentent mauvais (un bon running gag de l’épisode qui permet aussi d’apprendre à connaître le perso). En s’approchant de la blessure, elle reçoit une minuscule décharge électrique. C’est un détail complètement anodin à ce stade et en même temps, n’importe qui ayant vu quelques séries produites par Whedon commence déjà à se dire que ça ne sent pas bon du tout.

Un deuxième phénomène électrique conduit Coulson, May et Ward jusqu’à une ferme où ils retrouvent un autre homme mort exactement de la même manière. Skye découvre que les deux victimes étaient pompiers volontaires dans la même caserne et qu’ils avaient tous les deux participé aux secours après la bataille de New York. L’épisode est vraiment hyper rythmé sur toute cette partie : une victime mène à la suivante, chaque découverte change légèrement la piste et on retrouve encore un lien très concret avec le MCU sans avoir besoin de faire débarquer Nick Fury toutes les semaines – c’est parfois artificiel, mais ici, je trouve que ça fonctionne.

La piste les conduit donc à la caserne, où Tony Diaz commence lui aussi à entendre cet étrange bourdonnement avant que des objets ne se mettent à flotter autour de lui. May retrouve alors un casque Chitauri ramené comme souvenir après New York. Les trois hommes l’avaient nettoyé quelques jours auparavant parce qu’ils pensaient retirer de la rouille, sauf que cette « rouille » était en réalité un organisme extraterrestre qui les a contaminés. Il n’y a donc ni super-vilain ni personne à affronter : simplement un virus venu d’ailleurs, transmis par le casque. Enfin, simplement… C’est peut-être pire ? Tout ça était bien avant le covid, les virus paraissaient encore rigolo.

Coulson comprend qu’il n’y a plus rien à faire pour Diaz et demande à tout le monde d’évacuer la caserne. Il reste pourtant avec lui quelques instants lorsque le pompier réalise qu’il va mourir. C’est une très belle scène, toute simple, qui approfondit mine de rien encore le mystère Coulson : quand Diaz lui demande comment il peut être aussi calme, Coulson lui explique qu’il est déjà mort. On lui a dit que ça n’avait duré que huit secondes, mais il sait que c’était plus long et il sait surtout qu’il était quelque part – quelque part de beau. Le pompier accepte alors beaucoup plus sereinement ce qui lui arrive avant de lui demander de partir. Ce fil rouge sur Coulson fonctionne vraiment bien parce qu’il avance par toutes petites touches : lui-même ne sait pas encore exactement ce qui lui est arrivé, mais il sait suffisamment de choses pour sentir que la version officielle ne colle pas complètement. Cet épisode nous dit bien que c’est un mystère qu’il va falloir percer.

Et là, après à peine la moitié de l’épisode, on pourrait presque croire que l’histoire est terminée. Le virus est identifié, les autres pompiers sont placés en quarantaine et le casque Chitauri doit être transporté vers le Sandbox, nouveau lieu du S.H.I.E.L.D. qui rejoint déjà l’Index dans la mythologie naissante de la série dont on en entendra beaucoup parler : c’est un centre de recherche spécialisé dans les matériaux dangereux et Coulson demande simplement à Simmons de trouver un remède au cas où d’autres pompiers auraient été contaminés.

Sauf que l’épisode n’a évidemment pas terminé de jouer avec nous : Jemma découvre avec enthousiasme que le virus peut passer d’une personne à une autre par décharge électrostatique. Elle est tellement heureuse de sa découverte qu’elle ne voit pas l’objet qui commence à léviter derrière elle. Coulson, si. Son visage change immédiatement et il recule avant de fermer les portes du laboratoire en lui disant qu’il est désolé. « Jemma ». Voilà, son prénom arrive pour la première fois dans la série il me semble et c’est précisément au moment où on apprend qu’elle risque de mourir. C’est aussi l’épisode qui la sépare bel et bien de Fitz en lui donnant son identité propre.

Le timing est affreux : elle estime avoir été contaminée environ 36 heures plus tôt par la décharge reçue auprès du premier cadavre et il ne lui reste désormais que deux heures à vivre. De quoi occuper les 20 minutes restantes, surtout que le Bus est en plein milieu de l’Atlantique et May ne peut pas les poser avant trois heures. Pire encore, lorsque Jemma arrivera au stade terminal, la décharge électromagnétique risque de faire tomber l’avion avec toute l’équipe à bord. C’est là que l’épisode devient particulièrement efficace parce qu’en 2013, on ne savait absolument pas encore ce dont cette série était capable avec ses personnages. Simmons n’était là que depuis six épisodes. Ils auraient pu la tuer et toute la série aurait été complètement différente derrière ; ça ne m’aurait pas choqué. Bref, j’y ai cru – et j’y crois encore quand je revois ce début de série.

Ce qui fonctionne surtout, c’est de voir la réaction de chacun maintenant que l’équipe commence enfin à être soudée. Ward explique à Skye qu’il préférerait avoir un ennemi à frapper parce qu’il saurait quoi faire ; face à un virus invisible, il ne peut simplement rien faire pour protéger les autres. Skye ne cherche plus à trahir qui que ce soit ou à contacter le Rising Tide : elle est juste terrifiée à l’idée de perdre Jemma. Coulson, lui, reçoit carrément l’ordre du S.H.I.E.L.D. de larguer la « cargaison contaminée » pour protéger le reste de l’avion et prétend tout simplement que la connexion passe mal avant de couper la communication. Il ne réfléchit même pas à la possibilité de sacrifier Simmons, ce qui est sympa mais n’en fait pas un bon leader en vrai.

Fitz reste évidemment avec elle derrière la vitre et les deux essaient d’abord de continuer comme si tout allait bien, jusqu’à finir par se disputer. Et c’est justement dans cette dispute que leur relation devient vraiment passionnante. Fitz lui reproche de l’avoir entraîné hors de leur laboratoire bien tranquille pour venir parcourir le monde à bord de cet avion ; Jemma lui rappelle qu’elle ne l’a jamais forcé à la suivre et qu’il avait besoin de sortir de sa zone de confort. On découvre au passage quelque chose d’important dans leur dynamique : c’est elle qui impulse le mouvement. Fitz est celui qui aurait pu rester éternellement à l’Académie, Jemma celle qui les a poussés vers le terrain. Ils fonctionnent ensemble depuis tellement longtemps qu’ils sont devenus indissociables, mais leur duo n’est pas aussi symétrique qu’il en avait l’air, et c’est important pour la suite de la série de pouvoir avoir deux personnages et pas un duo.

C’est en se disputant qu’ils trouvent la solution, comme toujours. Aucun humain n’a survécu au virus, mais le Chitauri qui portait le casque, lui, oui. Fitz récupère donc le casque dans la zone contaminée et, au lieu de simplement passer les échantillons à Jemma, entre carrément dans le laboratoire avec elle. Trop tard pour revenir en arrière : maintenant, ils vont trouver une solution ensemble ou ils risquent de mourir ensemble. C’est gnangnan et tout ce que vous voulez, je sais, mais il faut reconnaître que c’est sacrément efficace.

Le mélange entre humour et tragédie est parfait sur toute cette séquence. Ils continuent de se chamailler sur le fait qu’il s’agit d’un « antisérum » et certainement pas d’un vaccin alors que Simmons est à quelques minutes de la mort, simplement parce que c’est plus facile que de reconnaître qu’ils ont peur. Ils testent deux solutions qui échouent, puis une troisième sur leur dernière souris. Pendant quelques secondes, ils pensent avoir réussi… avant qu’elle se mette elle aussi à léviter.

Jemma comprend qu’ils ont perdu et demande simplement à Coulson de prévenir son père en premier, parce que sa mère supportera mieux la nouvelle si elle vient de lui. Elle garde une dignité tellement britannique jusque dans sa manière d’accepter sa mort que ça rend la scène encore pire ; que ça donne envie de lui faire un câlin et de trouver une solution. Fitz, lui, refuse totalement d’admettre la défaite et continue de vouloir recalibrer l’antisérum. Elle demande quelques instants seule avec lui, attend que les autres s’éloignent, s’excuse… et l’assomme avec un extincteur. WTF.

Fitz reprend connaissance et réalise que la troisième souris n’est finalement pas morte : c’est vraiment une solution simpliste et le coup de « la décharge l’avait seulement assommée » ne fonctionne pas (la souris lévite quand même). Cependant, ça fait le sel et le drama de l’épisode : l’antisérum fonctionne, sauf que Jemma a déjà ouvert la soute et se laisse tomber dans le vide pendant qu’il hurle derrière la vitre. Visuellement, toute cette séquence est d’ailleurs encore assez dingue pour une série network de 2013 : le Bus en plein ciel, Simmons qui tombe dans les nuages, Fitz qui court chercher le remède et un parachute pendant que le vent s’engouffre partout, Ward qui saute… franchement, ça tient toujours très bien et c’est pas si pire : des séries de 2026 font pire. En plus, faut en profiter : c’est super lumineux. Je n’oublie pas que l’équipe technique perdra toutes les ampoules en saison 2… Là, j’ai pu regarder cet épisode en journée sans problème.

Fitz est prêt à sauter lui-même alors qu’il n’a visiblement aucune idée de la manière dont on met correctement ce parachute – et pas le courage pour le faire. Ward arrive, comprend immédiatement la situation, lui prend l’antisérum et saute sans la moindre hésitation. Heureusement, d’ailleurs, parce que Fitz n’aurait pas réussi à rejoindre Jemma en chute libre, contrairement à Ward qui réussit à lui injecter le traitement puis ouvre le parachute juste avant l’océan.

Tout ce qui suit est beaucoup plus léger et c’est exactement ce qu’il faut. Coulson engueule Jemma pour son geste avant de lui avouer simplement qu’ils auraient détesté la perdre. Je trouve que ça ne suffit pas à révéler tout ce qu’il pense d’elle et tout le bien qu’elle leur apporte ; avec le recul, je le trouve particulièrement froid. De son côté, Ward lui fait croire qu’il est impressionné par son courage avant d’imiter lui-même la caricature que Fitz et Simmons faisaient de lui en début d’épisode, preuve qu’il avait évidemment compris qu’ils se moquaient de lui. C’est amusant comme tout et on nous sape toute cette joie ensuite puisque Skye débarque et se jette dans les bras de Jemma. Ce câlin me fait beaucoup trop plaisir : six épisodes et cette équipe est enfin devenue quelque chose qui ressemble à une famille ; mais ça donne presque envie de pleurer de les voir si émotifs. Et toujours si jeunes !

Coulson finit par avouer à May qu’il a lui-même demandé les analyses médicales. Tout est parfaitement normal sur le papier, mais il ne se sent pas normal et sait qu’il a changé depuis sa mort. May lui répond qu’on ne peut pas mourir, même quelques secondes, et revenir exactement pareil. La scène fonctionne déjà très bien pour Coulson, mais alors le Coulson/May commence quand même sérieusement à pointer le bout de son nez : ouvre ta chemise, coco. Eh, il y a une intimité et une familiarité entre eux qui n’existaient pas encore vraiment dans les premiers épisodes, et May est probablement la seule personne à laquelle il accepte de dire aussi clairement qu’il a peur de ce qui lui arrive.

Reste Fitz et Simmons, assis ensemble sur le lit du premier. Fitz essaie encore de lui expliquer qu’il aurait pu sauter lui-même, qu’il avait le remède, le parachute et tout le reste ; elle finit par lui demander de se taire. Ward a fait quelque chose d’incroyable, mais ce n’est pas Ward qui est resté derrière cette vitre avec elle, qui a continué à chercher quand elle avait abandonné et qui lui a donné de l’espoir. Petit bisou sur la joue, Fitz qui prend soudain conscience qu’il ressent peut-être deux ou trois choses qu’il n’avait pas prévues et générique. Aaaah, je les adore, j’ai envie d’enchaîner !

Bon, sinon, le cliffhanger est pas ouf. C’est presque anecdotique derrière tout ça de les voir au Sandbox : Blake (j’avais oublié que l’acteur jouait dans cette série, d’ailleurs, je ne le dis pas assez ; surtout qu’il est récurrent) reproche à Coulson d’avoir désobéi aux ordres et le menace de lui retirer son équipe s’il recommence. Coulson lui répond simplement qu’il aimerait bien les voir essayer. Pas le cliffhanger du siècle, mais après tout ce qui vient de se passer en quarante minutes, je crois que l’épisode avait déjà largement fait le boulot. En plus, ça apporte quand même une petite conclusion à l’intrigue secondaire de l’épisode sur la santé de Coulson.

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Photographie promotionnelle de l’épisode — ABC Studios / Marvel Television