The Guild is (so) back !

Salut les sériephiles !

Il y a neuf ans, presque jour pour jour, j’écrivais sur ce blog un article pour célébrer les dix ans de The Guild. J’y racontais déjà à quel point cette websérie avait compté pour moi : elle faisait partie des toutes premières que j’avais regardées, m’avait aidé à progresser en anglais et m’avait surtout fait découvrir une bande de personnages complètement dysfonctionnels dont je n’avais ensuite plus vraiment eu envie de me séparer.

À une époque où Youtube n’était pas encore devenu le monstre qu’il est aujourd’hui, cette websérie (créée, écrite, produite et interprétée par Felicia Day) a réussi à tenir six saisons entre 2007 et 2013, en gagnant peu à peu en moyens, mais sans jamais perdre son identité. La saison 6 avait été diffusée sur la chaîne Geek & Sundry à raison d’un épisode par semaine, exactement comme une série télévisée classique. Puis le dernier épisode était arrivé et… c’était terminé, sans crier gare. Aucun avertissement, aucune grande campagne autour de la fin, rien. Nous avions simplement découvert pendant l’épisode que nous faisions nos adieux à Codex, Zaboo, Vork, Clara, Tink et Bladezz. Autant dire que j’étais dévasté, ce que j’avais d’ailleurs déjà pris le temps de raconter dans mon article de 2017.

Ils sont vraiment tous de retour

Le retour de The Guild cette année est ainsi tout aussi inattendu que sa disparition. À l’approche des vingt ans de la série, qui seront célébrés en 2027, Felicia Day a décidé de réunir toute l’équipe pour un film intitulé The Guild: Ren Faire’d. Et non, je n’en ai pas Ren à Faire. Jeu de mot nul, je sais, mais j’en suis fier !

Après plusieurs mois de teasing, le Kickstarter a finalement été lancé le 20 juillet 2026. Pour le moment, nous ne savons pas encore grand-chose de l’intrigue. Le film se déroulera dans l’univers d’une fête médiévale populaire, où toute la Guilde devrait évidemment se retrouver costumée. C’est peu, mais honnêtement, il ne m’en faut pas beaucoup plus pour avoir envie de voir ce que ça va donner – est-ce que les enfants de Clara sont devenus des gamers en 20 ans ? Il y a des tas de théories excellentes sur le Discord de Felicia Day. Je ne voudrais pas être à sa place, elle doit avoir une pression de malade, en vrai !

Il y a au moins un truc sur lequel elle peut dormir sur ses deux oreilles (et nous avec) : le casting principal est bien de retour au complet. Felicia Day, Sandeep Parikh, Jeff Lewis, Robin Thorsen, Vincent Caso et Amy Okuda reprendront tous leurs rôles. Wil Wheaton et plusieurs autres visages connus de la série sont également annoncés, et plus il y aura d’argent, plus il y aura de caméos. Amy Okuda n’était pas présente dans la vidéo tournée spécialement pour le lancement du Kickstarter, ce qui aurait pu être inquiétant, mais sa participation au film est bien confirmée. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Enfin, tout va bien sauf pour mon compte bancaire, parce qu’évidemment que j’ai donné dès le lancement de la plateforme participative. C’était fou d’ailleurs de suivre la montée de la cagnotte, avec limite 1000 balles toutes les dix secondes. Il en reste une petite trace sur mon compte Twitter, mais wow, quelle soirée ce fut ! Dès que Felicia Day a commencé à évoquer sérieusement le projet, j’ai su que j’allais participer. Il n’existait absolument aucune version de cette histoire dans laquelle je laissais passer le retour de l’une de mes séries préférées sans contribuer à son financement – j’ai déjà donné à l’époque de Veronica Mars le regret d’arriver après la bataille. Et en plus, je peux recevoir quelques cadeaux en échange de mon don, je ne vais pas faire semblant de regretter.

Vu le contenu de mon panier, j’ai même plutôt l’impression d’avoir payé un prix raisonnable vis-à-vis des goodies prévus. Et si jamais le colis disparaît mystérieusement quelque part entre les États-Unis et la France, qu’une taxe de douane surgit sans prévenir ou que Chronopost décide de vivre sa propre quête secondaire comme il sait si bien le faire, je pourrai au moins récupérer le film en numérique. Coucou Chronopost, je t’adore (non, c’est faux, putain, t’as encore perdu un de mes colis cette semaine, c’est quand tu veux).

Un financement bouclé en quelques heures

Felicia Day demandait 1,5 million de dollars pour pouvoir lancer la production. C’est tout simplement énorme et la question était donc simple : vingt ans après le lancement de la série, restait-il suffisamment de fans prêts à payer pour retrouver la Guilde ? La réponse ne me surprend pas du tout : oui, évidemment.

L’objectif de 1,5 million de dollars a été dépassé le jour même du lancement. En moins d’une journée, la cagnotte avait franchi les 2,5 millions et, au moment où j’écris ces lignes, elle dépasse déjà les 2,6 millions de dollars avec encore environ un mois de campagne devant elle. Voilà, c’est facile. Record battu haut la main.

Il leur reste un peu de marge pour battre le film Veronica Mars. Le film tiré de la série de Rob Thomas avait récolté 5,7 millions de dollars auprès de près de 92 000 contributeurs en 2013. The Guild n’a pas encore dépassé cette somme finale. En revanche, son lancement a été encore plus rapide et a établi une nouvelle référence pour le démarrage d’un projet cinématographique sur la plateforme. Treize ans après Veronica Mars, une autre série culte vient prouver que les fans sont parfois plus efficaces que les studios pour ressusciter ce qu’ils aiment…

Bien sûr, le succès de cette première journée sur Kickstarter ne signifie pas que la cagnotte va maintenant s’arrêter. Felicia Day a déjà commencé à parler (cette nuit, pour nous) de nouveaux objectifs, de surprises supplémentaires et de cadeaux débloqués pour les contributeurs. Pendant le direct accompagnant le lancement, elle évoquait même ce qui pourrait arriver autour des trois millions, puis des quatre millions et demi.

Suck it, Hollywood

Ce retour est d’autant plus satisfaisant qu’il aurait très facilement pu prendre une direction beaucoup moins intéressante.

Felicia Day a révélé pendant le live accompagnant le lancement du projet qu’un producteur hollywoodien l’avait contactée au début de l’année 2025 pour lui proposer de relancer The Guild. Sur le papier, la nouvelle avait tout pour lui faire plaisir. Jusqu’au moment où elle a compris que le projet imaginé n’était pas une suite, ni même une réunion du casting original, mais un reboot avec des acteurs plus jeunes et une histoire adaptée aux gamers d’aujourd’hui.

Bah non, Hollywood, tu fais chier. Ce n’est pas ce que nous voulons voir. The Guild avait également rassemblé plus de 21 000 personnes abonnées à la page avant même le lancement de la campagne, ce qui en faisait l’un des projets cinématographiques les plus suivis de l’histoire de Kickstarter avant son ouverture. Là encore, ce n’est pas exactement le signe d’une série que tout le monde aurait oubliée. En revanche, personne n’attend une nouvelle Codex de vingt ans en train de découvrir Twitch et Discord. Ces outils sont désormais tellement installés dans la vie quotidienne qu’ils ne pourraient plus provoquer la même révolution narrative qu’en 2007, quand voir les personnages discuter derrière leurs webcams suffisait à donner à la série une forme presque expérimentale.

The Guild appartient à une époque très précise d’Internet, mais cela ne signifie pas que ses personnages doivent y rester enfermés. Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est justement de découvrir ce qu’ils sont devenus. Vork joue-t-il toujours autant ? Bladezz est-il toujours persuadé d’être le type le plus cool de la planète ? Sont-ils encore en contact au bout de vingt ans ? Moi, c’est terrifiant, mais je crois que je reste en contact avec ma guilde de l’époque, j’ai même fait des journées à Disneyland y a pas si longtemps avec des amies rencontrées sur internet. Et d’autres sont déjà prévu.

Bref, tout ça pour dire que Felicia Day a heureusement conservé les droits de la série. Elle pouvait donc refuser le reboot, reprendre son scénario et se tourner directement vers les fans sans avoir besoin d’obtenir la permission d’un studio. Dans la vidéo de présentation, elle résume d’ailleurs la situation avec beaucoup de délicatesse : « Suck it, suits. » Hollywood, j’espère que tu retiendras la leçon. Quand le public réclame le retour d’une série, ce n’est généralement pas pour retrouver le même titre collé sur des acteurs ayant la moitié de l’âge du casting original.

Vingt ans plus tard

Il faut évidemment reconnaître que les acteurs ont changé. Vingt ans ont passé, c’est terrible, ils ont vieilli. Nous aussi, malheureusement. Au-delà du coup de vieux collectif (Vincent Caso, tu prends cher), je suis surtout curieux de voir comment chacun retrouvera son personnage. Certains membres du casting ont continué à tourner régulièrement, d’autres se sont faits plus discrets, mais je n’ai pas beaucoup de doutes sur leur capacité à reformer immédiatement cette bande. La vidéo du Kickstarter suffit déjà à retrouver leurs dynamiques, leurs regards et cette impression qu’ils pourraient recommencer comme si le dernier épisode avait été diffusé la semaine dernière.

Je ne sais pas encore ce que donnera l’intrigue, ni si le passage à un long-métrage conviendra vraiment à une série qui reposait un temps sur de très courts épisodes. Je ne m’attends pas non plus forcément à ce que le film serve de tremplin à une nouvelle saison, à la Veronica Mars. Felicia Day présente avant tout le projet comme une célébration des vingt ans de The Guild, et un film nostalgique avec tout le casting me suffit déjà largement pour ça. J’ai tellement hâte’d, je leur souhaite de récolter plein de thunes encore, histoire d’avoir un film de la meilleure qualité possible et avec un maximum de retours et caméo. J’ai trop hâte.

Prochaine étape : Community ? Je ne perds pas espoir… mais un peu, quand même.

Ben si, on peut spoiler l’Odyssée, la preuve :

Salut les sériephiles,

J’ai vu cette semaine passer des tweets qui se moquaient de personnes craignant de se faire spoiler L’Odyssée, parce que ahahah c’est une histoire que le monde entier connaît. OK, une fois de plus, je vais faire une remise au point : un spoil, ce n’est pas que ça : ce sont aussi les choix de réalisation, le casting (bon, ça, difficile d’être passé à côté, d’accord), les coupes inévitables de l’adaptation, tout ça, tout ça. J’en étais déjà convaincu avant de voir le film, je le suis encore plus après visionnage. Bref, il y aura des spoilers dans l’article, c’est sûr et certain. Je préviendrai avant d’en donner, vous pouvez lire le début pour avoir mon avis…

Un casting au top pour un excellent film, MAIS…

Là aussi, ce n’est pas aussi évident qu’il y paraît. Si je simplifie au maximum, en sortant de la séance, j’ai écrit ce message qui dit tout : c’est un excellent film au casting parfait et on ne s’ennuie pas des 3h, mais putain, c’est un exploit de foutre en l’air à ce point des épisodes-clés connus du monde entier et d’éclater encore plus la chronologie du bordel.

Voilà. Le film est génial, mais c’est précisément pour cette raison que ses choix d’adaptation ratés me frustrent autant. Bon, après, c’est le problème des adaptations, je suppose. D’un côté, je me plains du live-action de Vaiana qui reprend presque trop plan par plan (hum, pas You’re welcome) le film d’animation, de l’autre, je me plains de L’Odyssée qui prend trop de libertés, donc.

Certes, Christopher Nolan tient près de trois heures sans provoquer le moindre ennui, ce qui n’était pourtant pas gagné avec une histoire dont on connaît déjà les principales étapes. Il aligne surtout un casting si parfait qu’il paraît impossible : Matt Damon, Anne Hathaway, Tom Holland, Robert Pattinson, Lupita Nyong’o, Charlize Theron… Aucun ne semble simplement présent pour ajouter un nom sur l’affiche (pour ça, il y a Zendaya, déception !), et chacun trouve naturellement sa place dans cette gigantesque fresque.

Spoilers

Personne ne comprendra ce choix

La rencontre avec le Cyclope constitue ma plus grosse déception. Nolan garde la grotte, le monstre qui dévore les compagnons d’Ulysse et l’œil crevé, mais il retire pratiquement tout le reste. Plus de « Personne m’a crevé l’œil », plus de Cyclopes trompés par la réponse de Polyphème et, surtout, plus d’Ulysse incapable de résister à l’envie de révéler son véritable nom une fois qu’il pense avoir gagné. C’est franchement du grand n’importe quoi. Je vois bien que le but est de nous surprendre (l’esthétique du Cyclope à la tête de bite suffisait, non ?), mais on ne vient pas voir l’adaptation d’un texte aussi mythique pour être surpris.

Franchement, le choix me laisse plus que perplexe. Oh, oui, j’ai aimé la réplique d’Ulysse sur les fourmis, ça passe très bien, mais ça ne justifie pas piétiner à ce point cet épisode de l’Odyssée. C’est l’un des plus célèbres pour une bonne raison, quoi. Toute la scène repose sur la contradiction fondamentale du personnage : son intelligence lui permet de survivre, mais son orgueil transforme immédiatement sa victoire en catastrophe. Ulysse échappe au Cyclope grâce à sa ruse, puis provoque lui-même la colère de Poséidon parce qu’il veut que son exploit lui soit attribué. En supprimant cela, Nolan ne raccourcit pas seulement l’épisode, il le vide de son sens et de son intérêt. Malheureusement, il y a d’autres épisodes qui semblent bâclés (Les Lestrygons ?) ou mal compris (Les Enfers ?!!) par Nolan. C’est étonnant de reprendre une histoire connue et analysée dans le monde entier pour y coller ses intentions à ce point et cracher sur le matériau qu’il a pourtant voulu adapter ? Au moins, il y a une vision. Juste, je n’ai pas sa vision.

L’Odyssée ou L’Iliade ?

Les choix portant sur la chronologie m’interrogent encore davantage. L’Odyssée n’est pas un récit parfaitement linéaire, loin s’en faut. Le voyage d’Ulysse est en grande partie raconté après coup aux Phéaciens, alors que le poème commence à Ithaque auprès de Télémaque. Le problème n’est donc pas que Nolan bouleverse la linéarité de l’action. Le problème est que cette nouvelle construction finit par être un étonnant mélange difficile à suivre. On a des récits enchâssés à n’en plus finir, en fait. J’ai adoré les transitions qui se font simplement et paraissent naturelles, fluides : à chaque fois, on a une réplique qui nous introduit la partie suivante.

Malheureusement, ça ne permet pas de se faire une idée du temps qui passe, du coup. Pire, on revient sans cesse à des événements de la guerre de Troie, quitte à empiéter un peu sur L’Iliade. Je me suis demandé à un moment s’il n’avait pas envie d’adapter L’Iliade et si on allait avoir certains passages qui n’avaient rien à faire là. Le film décide de montrer la chute de Troie et tout ce qui concerne Ulysse – ce n’est pas la première adaptation à le faire évidemment et c’est dans L’Odyssée, mais ici, ça semble être un vrai refrain. Il faut dire que c’est aussi le message que l’adaptation veut faire passer. Mais à vouloir tout raconter, Nolan consacre énormément de place à Troie tout en réduisant (ou supprimant) certains épisodes emblématiques du voyage à leur version la plus élémentaire. Et Athéna sert tellement à rien ? Choqué, déçu.

Les réussites

Là où cette transformation devient vraiment intéressante, c’est dans le regret qu’elle ajoute au personnage. Le film ne présente pas simplement Ulysse comme un héros impatient de retrouver son royaume, sa femme et son fils. Nous sommes loin de cette caricature, avec plutôt un homme profondément marqué par ce qu’il a imaginé et provoqué à Troie, incapable de considérer le massacre comme une simple victoire militaire. Au fond, c’est là que se trouve la véritable modernité de cette adaptation. Nolan ne veut pas seulement célébrer l’homme rusé qui triomphe de tous les obstacles, il s’intéresse à celui qui doit vivre avec les conséquences de ses décisions et se demander s’il mérite encore de rentrer chez lui.

Cette culpabilité donne au film une cohérence. Les morts de Troie, les compagnons qu’Ulysse perd les uns après les autres et les reproches qui lui sont adressés sont modifiés en cours de route pour coller à ce message, et tant pis pour les moments cultes (Personne, sa mère aux Enfers, etc.)…

Pardon, j’ai dit que je me concentrais sur les réussites. Il y en a d’autres, heureusement ! J’ai adoré la vision proposée de Circé. Ce n’est pas du tout ce que j’en aurais fait, mais la scène de la transformation est efficace et tout ce segment était une vraie bonne découverte. De manière plus générale, personne ne sera surpris de découvrir que j’ai adoré le choix qui est fait de se concentrer davantage sur Télémaque.

Déjà, Télémaque est un personnage que j’aime beaucoup dans le mythe, mais en plus, il est interprété par Tom Holland. Et à l’exception de sa scène de retour, j’ai adoré l’interprétation de Tom Holland, forcément. Je suis amoureux, ça ne change pas d’un film à l’autre : quel acteur ! Je sais, c’est paradoxal : ça ne fait pas exactement partie du mythe tout ça, mais écoutez, ça a marché sur moi.

Quelle actrice, aussi, qu’Anne Hathaway ! Je ne misais vraiment pas sur elle, pourtant son interprétation de Pénélope était impressionnante de justesse. Oh, et cette petite touche de féminisme qui fait dérailler l’Odyssée ? Il est temps de lui rendre sa voix, merde, c’est donc bien joué, même si un peu forcé.

Ce ne sont pas les seuls à vraiment gérer, hein. Je trouve que Matt Damon fait bien le taf, mais tous les rôles secondaires ont tendance à lui voler la vedette (Hélène ! Calypso ! Tous !). Il y a tellement de monde que je n’ai pas pris le temps encore de faire une petite place à Robert Pattinson, mais il s’en sort très bien aussi, malgré un scénario pas évident sur la fin (franchement, le coup des armes, le pauvre, c’est en trop !).

Dernière réussite dont j’ai envie de parler, encore et toujours : la musique de Ludwig Göransson. C’est un génie de la musique depuis des années à mes yeux (et mes oreilles surtout), mais il le confirme une fois de plus. Ce ne fut pas une surprise de voir son nom au générique final (pas de scène post-générique, évidemment, hein). Ce qui est le plus efficace est à mon sens les scènes de bataille lors desquelles la musique arrive à être étouffante. Nolan gère bien le son, et ça ne lui était pas arrivé depuis fort longtemps. J’ai pu entendre toutes les répliques du film sans avoir à galérer et les bruitages des combats avec la musique étaient top ! Et ça, ça fait plaisir.

Une adaptation frustrante, un film réussi

Avant de conclure l’article, il faut quand même que j’évacue tout de suite un dernier point : JE SAIS, je n’ai pas vu le film dans le format voulu par le réalisateur, blablabla. Soyons honnêtes : avec quarante cinémas dans le monde, c’est une forme d’élitisme ridicule et inutile à mon sens de persister à faire des films dans ce format. Certains se sont obstinés avec la 3D, lui c’est ce format, OK cool. Cela ne se sent pas tellement quand on le voit recadré différemment.

Bref, une fois de plus : j’ai adoré le film tout en étant profondément déçu par ce qu’il fait de plusieurs moments essentiels de L’Odyssée. Il faudrait être de mauvaise foi pour nier l’ampleur du spectacle, l’efficacité du film (putain, Nolan sait ENFIN gérer le son) ou la perfection du casting. Il faut néanmoins une autre forme de mauvaise foi pour prétendre que l’on peut retirer « Personne » de la scène de Polyphème sans lui enlever une bonne partie de son intérêt.

The Mandalorian & Grogu : une saison bâclée, mais pas un bon film

Salut les sériephiles,

Si on m’avait dit qu’un jour, je ferai une des fameuses séances de 9h à Châtelet, je ne l’aurais probablement pas cru. Si en plus on m’avait dit que ce serait pour un film qui a officiellement Star Wars dans le nom, j’aurais probablement ri. Et pourtant, c’est bien ce qui m’est arrivé aujourd’hui :  si je voulais voir le film le jour de la sortie, c’était ma seule possibilité alors j’ai mis le réveil, j’ai pris le train plus tôt que les autres jours de la semaine et j’y suis allé.

Bon, déjà, sachez que ça n’a rien de bien exceptionnel : c’est juste une séance de ciné à Châtelet, finalement. Moi, je l’aime bien ce ciné, et jamais de la vie il y a eu des gens aussi impolis que dans certains tweets postés la semaine dernière prétendant qu’il y avait des gens débarquant avec des poussettes et des gamins jouant devant l’écran. Jamais. Là, la salle n’était même pas pleine. Pour un Star Wars, c’est un peu inimaginable.

Cela dit, est-ce que c’est si surprenant ? Pas tellement. On parle quand même d’un film qui s’appelle The Mandalorian & Grogu et qui ne semble être fait que pour le fan-service des gens ayant une vague idée de qui est Mando et étant fan de Grogu. Vous me direz, c’est un peu mon cas en théorie – la partie fan de Grogu, je ne peux pas dire le contraire après avoir bouffé tous les burgers possibles et imaginables portant son nom encore ce mois-ci.

Est-ce qu’il faut avoir vu la série pour voir le film ?

J’aurais pensé que oui et c’est bien pour ça que j’avais écrit un article ce week-end résumant les trois premières saisons de la série, mais finalement… pas du tout. C’est inutile de regarder les trois saisons pour voir ce film, je pense vraiment qu’il y a assez d’éléments pour comprendre ce qui se joue. Il faut connaître un peu l’univers Star Wars, OK, mais sinon… Ca passe.

Est-ce que ça fait plaisir quand on a vu la série ?

Eh, retrouver les personnages est un vrai plus ; mais le fait que ce soit une longue (trop longue) aventure déconnectée de la majorité des enjeux de la série, ça fait vraiment bizarre. Est-ce que ça fait plaisir quand on est fan de Star Wars ? Je ne le suis pas exactement, mais je crois que la réponse est non. Franchement, à part une ou deux transitions, nous sommes loin, très loin de ce qui fait tout le culte des films de la saga. On cherche les sabres laser, on cherche les grandes batailles dans l’espace et tout ce qu’on trouve, c’est un western bien léché… qui n’a pas forcément besoin de grand écran pour être apprécié.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Je suis très content d’avoir vu ce film sur grand écran, c’est plutôt chouette, la BO de Ludwig Göransson est absolument fabuleuse (comme toujours) et vaut vraiment le coup avec un son d’une telle qualité (ça sublime vraiment le film), mais… Jon Favreau lui-même a reconnu que la saison 4 était déjà écrite quand la décision a été prise de faire ce film et ça se sent. Ils ont retiré toutes les intrigues qui auraient nécessité de connaître l’univers/la série et ils ont fait un film avec ce qu’il restait. Ô comme c’est ironique ! Après avoir passé trois saisons (allez, au moins deux) à me plaindre de l’effet désastreux que c’était d’avoir « un long film étiré en plusieurs épisodes pour faire une saison », je me retrouve avec à me plaindre de l’effet désastreux que c’est d’avoir « une saison réduite et condensée en long film de 2h30 ». Parce que ce n’est pas autre chose, ce film : c’est juste trois épisodes de Mandalorian (allez, quatre peut-être) mis bout à bout. En fait, on sent vraiment qu’ils ont condensé toute la saison en un film, qui forcément se trouve être un film un peu trop longuet.

Je suis partisan des salles de cinéma et c’est hyper agréable de voir sur grand-écran ce genre de production, mais pas une seule seconde le film ne m’a donné le sentiment qu’il n’aurait pas été à sa place en diffusion directe en streaming sur Disney +. En fait, c’est ça, je me suis senti sur Disney + tout le long – et j’ai pas mal regretté de ne pas avoir mon ordinateur pour écrire directement la critique comme je l’ai fait pour les trois premières saisons, c’est dire ! Bref, si vous n’avez pas d’abonnement ciné, ça vaut peut-être le coup d’attendre la sortie en streaming (sur Disney +), il n’y a pas franchement d’argument pour aller le voir en salle.

Bon, et concrètement, si on entre dans le vif de la critique et les spoilers, ça donne quoi ?

Ca donne des spoilers, vous êtes prévenus :

Des retrouvailles avec les personnages

La première partie du film ressemble vraiment beaucoup (beaucoup) à un épisode de la série : on assiste à une réunion d’hommes et femmes politiques sous le joug de l’Empire. La réunion est interrompue par une intrusion de quelqu’un qui déclenche toutes les alarmes. C’est hyper convenu et prévisible, jusque dans les gags : il s’agit du Mandalorian, accompagné de Grogu. On les aperçoit d’abord furtivement, puis beaucoup mieux, c’est top, l’humour prend bien.

Une course poursuite permet de vraiment situer les personnages principaux du film, avec une scène d’action un peu longue, mais très jouissive à voir au cinéma. Du côté de la chorégraphie et de la mise en scène, ça m’a parfois fait penser à Daredevil. Vraiment, on est sur Disney +.

Finalement, Mando et Grogu font beaucoup de dégâts à l’Empire, détruisant un énorme QG, puis trois vaisseaux terrestres de la terrestre et enfin un vaisseau volant. Quant au dirigeant de l’Empire, c’est bien simple, il n’est plus de ce monde.

Ce n’était pas exactement la mission de Mando, toutefois. Il est « messy, really messy » comme dirait Sigourney Weaver (elle est l’ombre d’elle-même du côté du jeu d’actrice, je trouve, c’était très plat – et c’est encore plus décevant quand on voit des interviews où l’actrice dit qu’elle y croyait vraiment quand elle parlait à Grogu ? Qu’est-ce qu’il ne faut pas dire pour vendre un film ?). Cette dernière incarne une dirigeante de la Nouvelle République à qui le Mandalorian rend des comptes : il est indépendant, certes, mais il bosse pour elle et accepte les missions qu’elle lui donne. En échange, il obtient un super vaisseau flambant neuf – une antiquité retapée, en fait.

Une mission efficace : retrouver Rotta Hutt

Après cette première partie plutôt réussie qui était vraiment construite comme un épisode de la série, le Mandalorian et Grogu s’envolent vers d’autres cieux, comme la Team Rocket. Ils sont accompagnés d’un pilote dont j’avoue ne pas avoir retenu le nom, même si ça faisait du bien de l’avoir. Autant on peut se permettre d’avoir des épisodes quasi entiers de la série où personne ne parle, autant au cinéma, ce serait long, quoi.

S’ils s’envolent de la planète où est basée la Nouvelle République, c’est parce qu’ils ont une nouvelle mission, donc. Ils doivent retrouver Rotta Hutt. Cela ne plaît pas du tout à Mando qui doit parler aux jumeaux Hutt pour cela. On les a aperçus brièvement dans la série et on sait que ce ne sont pas des gentils, il est bien sûr question de faire quelques clins d’œil à la saga et j’ai cru que ça allait lancer quelque chose d’un peu plus ambitieux. Pourtant, il ne faut chercher aucun vrai lien avec d’autres projets Star Wars, il n’y en a pas, le film ne fera rien bouger du tout de ce côté-là.

À la place, on a droit à une intrigue très convenue où Mando part à la recherche de Rotta, le neveu des jumeaux. Si ceux-ci affirment craindre pour la vie de leur neveu, le twist est assez vite révélé : c’est Rotta qui devrait être sur le trône et ils veulent juste s’en débarrasser. L’ironie du sort, c’est que s’ils n’avaient rien fait, ce serait arrivé.

En effet, après quelques péripéties et un peu d’humour (j’ai beaucoup aimé le pauvre serveur qui se fait harceler par Mando et tout le délire sur le prix du sel), Mando découvre en effet que Rotta est utilisé pour mener des combats. Il est érigé en véritable star de ces combats, mais c’est pour mieux mener à un dernier combat avant sa liberté où il sera mis à mort par un autre sbire de l’Empire.

Ce n’est pas très inspiré, mais ça fonctionne très bien, surtout que bien sûr, Hutt refuse de suivre Mando à temps. Allez, peut-être que ce serait un double épisode de la série, avec un petit cliff quand Mando et Grogu sont gazés au moment d’essayer de libérer Rotta. Cela fonctionne plutôt bien et les combats font d’excellentes scènes d’action.

Après tout ça, Rotta est finalement libéré et accepte de suivre Mando qui lui sauve la vie plus d’une fois. Au passage, Mando apprend de ses erreurs et est assez malin pour arrêter le sbire de l’Empire en le gardant en vie, cette fois. Il double ainsi les Hutt : plutôt que de leur ramener le neveu comme promis, il lui laisse la liberté MAIS il apporte à la Nouvelle République ce qu’elle espérait en échange de la libération de Rotta, à savoir un haut placé de l’Empire.

La partie Grogu du film

Vraiment, on sent que tout ça n’est jamais qu’une suite d’épisodes de la série entassés pour ne faire qu’un seul film. Il y a donc un temps mort à ce moment du film où Grogu et Mando rentrent chez eux. C’est très sympa à voir, on retrouve des persos secondaires de la série (mais pas celle qu’on voudrait – ne cherchez pas les femmes de toute manière, il n’y a QUE Sigourney Weaver et des figurantes dans tout le film ?? Putain, on est en 2026 sérieusement, comment c’est possible ?) et tout va bien dans le meilleur des mondes.

Comme ça ne ferait pas un super film, on en arrive au nœud dramatique qui justifie d’avoir Grogu dans le titre du film (encore que) : les Hutt se vengent et viennent kidnapper le Mandalorian chez lui, sans s’occuper de Grogu. Ce dernier part donc à la recherche de son père. J’ai cru que le film allait passer une demi-heure rien qu’avec lui, mais je suppose que ça n’aurait pas été suffisant et assez bavard. Ainsi, on a plutôt droit à un retour sur Mandalorian et les Hutt.

Il est révélé que Rotta a été récupéré par son oncle et sa tante également et que maintenant ceux-ci veulent se venger du Mandalorian qui les a doublés. Rien de plus simple : ils lui retirent son masque pour lui foutre la honte et se satisfaire de le voir défait, avant de le condamner à mort en l’envoyant dans une fosse pleine d’eau et de monstres. Il s’agit là du moment où l’on voit la tête de Pedro Pascal, il fallait bien qu’il tourne à un moment ou un autre. La scène d’action est plutôt bien foutu, c’est grosso modo ce qu’on peut dire de chaque scène d’action de ce film, véritablement sublimées par la musique de Ludwig Göransson (je me répète, oui).

Malheureusement, au passage, Mando se fait empoisonner par un monstre. Certes, Grogu arrive à temps pour sauver son papa des dents acérés du serpent de mer, mais il ne peut le sauver de ce poison. Pire encore, il est venu dans un vaisseau trop petit pour le ramener chez lui. Mando fait donc le choix de se sacrifier pour savoir Grogu et leurs petits-amis en sécurité dans le vaisseau. Il fait demi-tour, attaque quelques-uns des mignons des Hutt et… se laisse mourir dans la forêt.

Bien sûr, Grogu n’abandonne pas son père pour autant et après un passage un peu gluant mais appétissant (j’ai le droit à la réf, c’est Disney), Grogu soigne son père avec la Force. Il ne peut rien faire pour le poison malheureusement, alors il se contente de lui faire un abri. Commence alors une longue errance : le va-et-vient de Mando ne m’a pas fait rire du tout, Grogu qui se balade seul, ça n’avait pas grand intérêt et alors je ne comprends pas comment et pourquoi il reçoit de l’aide et un antidote au poison !

Pourtant, ça permet de sauver Mando et après une nuit d’angoisse pour Grogu, tout est bien qui finit bien, les vieux s’occupent des petits, puis les petits s’occupent des vieux, this is the way. J’ai levé les yeux au ciel tellement la réplique était creuse. Et à ce stade, on sent qu’on a avancé d’un ou deux épisodes dans la saison : il reste un peu moins d’une heure de film, il va falloir tout conclure… sauf qu’il ne s’est pas passé grand-chose pour les personnages.

La revanche de Mando

Malheureusement, il en sera ainsi pour la dernière partie du film. Mando propose à Grogu de partir en sachant qu’ils seront toujours traqués par les Hutt ou de rester sur leur planète pour mettre un terme à leurs agissements et sauver Rotta, le nouveau meilleur pote de Grogu parce que Rotta partage sa bouffe avec lui (Grogu passe la moitié de ses scènes à manger dans le film ; ce qui était mignon devient sacrément lassant, je trouve). Cruel dilemme, on se demande bien ce qu’ils vont choisir, hein.

Retour chez les Hutt, donc, où Rotta est sauvé par Grogu. Notre Mandalorian s’occupe de s’attaquer au plus puissant sbire des Hutt, le chasseur (qu’il laissera s’échapper finalement !), Grogu doit faire face au chien du chasseur et Rotta, libéré, délivré, s’occupe de son oncle et sa tante. Ces trois-là et le chasseur tombent après une bonne scène d’action dans la fosse où le serpent marin les attend avec appétit. Le chasseur parvient à s’échapper, l’oncle et la tante se font bouffer et Rotta… est sauvé par Grogu, grâce à la Force.

Trop fort, ce Grogu, oui. Je pensais que le film allait s’arrêter là par une petite pirouette, parce que même s’il ne le voulait pas, Rotta est à présent l’héritier du trône et le roi, en théorie. En pratique, toute la base le chasse et la situation est compliquée pour Mando et Grogu.

Par chance, leurs alliés sont allés prévenir la Nouvelle République en attendant. Voilà donc super Sigourney qui débarque pour anéantir toute la base des Hutt tandis que Mando, Grogu et Rotta n’ont qu’à s’échapper de celle-ci avant qu’elle ne soit détruite – avec une scène qu’on voyait dans la bande-annonce. Oui, comme d’hab, j’ai revu la bande-annonce après le film et c’est fou comme elle révélait le peu qu’il y a voir dans le film (et le vendait tellement mieux que ce qu’il n’est ; il n’y a pas tant d’action, désolé !).

Tout ce petit monde retourne donc sans perte et fracas sur la planète de la Nouvelle République où Rotta décide de travailler avec la résistance (incroyable pour un Hutt, n’est-ce pas ?) et où Mando et Grogu décident de repartir chez eux. En chemin, Grogu a enfin le droit de piloter un peu (un clin d’œil sympa au début du film où il a failli tuer Mando), sous le regard bienveillant et masqué de son daddy.

Voilà, c’est tout, tout ça pour ça ; il n’y a rien de plus dans le film, pas de scène post-générique, une fin qui boucle l’intrigue mais n’ouvre rien – pas de conclusion définitive, pas de suite concernant Mandalore, rien. C’était bien, un vrai bon moment, mais ce n’est pas un bon film. C’est creux, franchement, ça n’apporte aucune évolution aux personnages et franchement, si saison 4 il y a, il n’y aura apparemment pas besoin d’avoir vu le film pour la comprendre. Putain, ça me rend fou : la saison 1 de Boba Fett a été plus importante dans la mythologie de la série The Mandalorian que ce film.

C’est un choix, vous me direz, mais à mes yeux, ce fut un mauvais choix parce qu’on reste vraiment sur sa faim après 2h30. Après, une fois de plus, ce fut un bon moment et je le recommande aux fans… Moins aux non-fans de la série. Ce n’est pas Star Wars, quoi ; et ça peut se contenter d’être vu en streaming.

The Mandalorian and Grogu : le récap de la série (en gros) avant le film

Salut les sériephiles,

Ça fait quoi, deux ans ? Trois ? … Quatre, peut-être ? Non, quand même pas, là, je commence à exagérer, mais franchement la série The Mandalorian a proposé sa saison 3 dans ce qui me semble être une autre vie. Trois ans, c’est rien ? Il y a suffisamment de temps en tout cas pour que j’ai l’impression de ne me souvenir de rien, à commencer par trois quarts des noms propres et probablement 90% des subtilités politiques autour du… Euh… Sabre Noir ?

Heureusement, il y a Grogu. Lui, on ne l’oublie pas trop. Il est mignon, on voit sa tronche partout à Disneyland et je n’arrête pas de le manger. En burger, hein. Il y a d’abord eu le burger de Disneyland à l’occasion du 4 mai, puis j’ai fini par craquer et faire un tour à Burger King (en vrai, c’était une bonne option sur une journée loin de chez moi) où, à deux, nous avons évidemment récolté les deux mugs.

Il y avait un peu trop d’ail à mon goût, mais gros coup de cœur quand même pour le burger Mando, c’est pas impossible, si je repasse devant un Burger King, que je m’arrête pour m’en racheter un… même si c’est un peu con de devoir repayer le mug à chaque fois, parce que même s’ils sont superbes, bon, je ne vois pas trop quoi faire des doublons (déjà que je ne m’en sers que comme décoration pour l’instant).

Oui, la présentation fait pas rêver, on est dans un fast-food, mais le coup de cœur a même été suffisant pour que j’y retourne ensuite histoire d’aller récupérer quelques goodies du menu enfant. Le puzzle, c’est fun, la casquette mériterait d’être proposée en taille adulte pour tous les adultes qui sont restés des enfants et Burger King a peut-être quand même gagné un client ou deux dans l’opération.

Promis, mon article n’est pas sponso pour autant… C’est juste un marketing efficace quand on n’est pas un fan absolu de Star Wars. Ce qui, rappelons-le, est mon cas à la base. Cela dit, cet article ressemble un peu trop à un encart pub, il est peut-être temps d’entrer dans le vif du sujet :

Un bon gros recap de la série.

Avec la sortie de The Mandalorian and Grogu le 20 mai, il est en effet temps de se rafraîchir un peu la mémoire, surtout que je compte aller voir le film à la première séance possible pour éviter les spoilers. Bien sûr, ça signifie aussi sans avoir vu la bande-annonce, sans avoir lu le résumé, sans avoir ouvert la moindre théorie, bref, vous me connaissez, j’en suis au stade où je ferme les yeux et me bouche les oreilles au ciné.

Saison 1

Au départ, The Mandalorian, c’est l’histoire de Din Djarin, un chasseur de primes solitaire qui traverse les territoires pas vraiment contrôlés par la Nouvelle République. En gros, un western spatial, et j’aime bien le vendre comme ça en précisant que si c’est un genre qui fait envie, alors mieux vaut regarder Firefly.

Ouais, pardon mais j’ai eu un peu trop de mal à entrer dedans au tout début pour la vendre avec enthousiasme, Grogu ou pas. La saison 1 était belle, très belle même, mais elle donnait aussi l’impression d’être un long film étiré sans raison en épisodes, avec beaucoup d’exposition et pas toujours énormément de dialogues. Disons que Mando n’est pas le personnage le plus bavard de l’univers, ce qui est pratique quand on porte un casque, mais qui est vite chiant quand il passe la moitié de l’épisode à marcher en silence d’un point A à un point B, sans vrai enjeu.

En cherchant bien, on en trouve un peu avec “l’Enfant”, que tout le monde continue aujourd’hui de surnommer Baby Yoda même si on sait enfin son vrai nom : Grogu. La mission de Mando (pas de jaloux pour les surnoms) devait être simple : récupérer la cible (Grogu), la livrer, toucher la récompense. Sauf qu’il fallait bien que notre chasseur de primes ait un cœur quelque part sous l’armure, et Din finit par trahir ses employeurs pour protéger ce petit être beaucoup trop mignon, mais aussi beaucoup trop puissant. En gros.

La saison 1 pose donc les bases : Din Djarin n’est pas seulement un homme en armure qui accepte des contrats, c’est un homme en armure qui se retrouve à devoir protéger un enfant. En fin de saison 1, Din reçoit enfin un objectif clair : retrouver les semblables de Grogu pour le ramener auprès des siens. Enfin, un objectif. Il était temps.

Saison 2

Ainsi, la saison 2 fonctionne beaucoup mieux pour moi, justement parce qu’elle transforme tout ce qui ressemblait à une longue introduction en vraie aventure. Les épisodes restent souvent indépendants, mais l’intrigue avance davantage, les dialogues existent un peu plus, Din devient plus attachant et Grogu continue à faire n’importe quoi avec l’innocence d’un bébé capable de déplacer des objets avec la Force. Baby Yoda est mal élevé, clairement, mais bon, il est mignon, alors on lui pardonne en rigolant et voilà.

La saison 2 permet aussi d’agrandir l’univers. Din croise d’autres Mandaloriens, et comprend que son credo (This is the waaay) n’est pas forcément la seule manière d’être mandalorien. La série devient plus riche, plus rythmée, plus connectée aussi à l’univers Star Wars, pour le meilleur et parfois pour le “ah oui, là, il faut avoir les références et je ne comprends rien, mais OK, d’accord”.

Le point culminant, évidemment, c’est la séparation entre Din et Grogu à la fin de la saison 2. Din accepte de retirer son casque pour lui dire au revoir, ce qui est quand même énorme pour lui, et Grogu part avec Luke Skywalker (rien que ça ! Les effets spéciaux ensuite étaient si dingues qu’il a fallu que j’en écrive un article) pour être formé. Le genre de fin qui donne l’impression qu’une page se tourne vraiment.

Sauf que non.

Entre la saison 2 et la saison 3, il y a eu la saison 1 de The Book of Boba Fett. Et si vous n’avez pas vu The Book of Boba Fett, eh bien, tant pis pour vous, apparemment, parce qu’une partie importante de l’intrigue de The Mandalorian s’y déroule. La saison est bien sûr critiquée sur le blog, mais en bref, Grogu choisit finalement de revenir auprès de Din plutôt que de poursuivre son entraînement avec Luke, ce qui explique pourquoi il est de retour dès le début de la saison 3.

C’est tout de même un choix narratif assez fou : séparer les deux personnages dans un final de saison très marquant, puis régler leur réunion dans une autre série. J’ai encore du mal à savoir si c’est brillant, idiot ou juste très Disney+. J’ai tendance à penser que c’est idiot, je crois.

Saison 3

La saison 3 démarre donc avec Din et Grogu déjà réunis, sans explication pour qui n’a pas tout suivi à l’univers Star Wars étendu. Din, lui, a un nouveau problème : il n’est plus considéré comme un vrai Mandalorien parce qu’il a retiré son casque. Pour obtenir sa rédemption, il doit se rendre dans les eaux vivantes des mines de Mandalore. Oui, oui, il doit aller se baigner sur une planète supposée détruite pour retrouver le droit de porter un casque à vie. C’est qu’il faut se faire chier pour rester dans une secte, dis donc.

J’ai l’air de me moquer ? En vrai, cette saison 3 développe beaucoup Mandalore, Bo-Katan, les différents clans mandaloriens, leur histoire, leurs tensions, leur volonté de reconquérir leur planète… Et ça m’a plutôt plu. Sur le papier, il y a plein de bonnes idées. En pratique, j’ai souvent eu l’impression que la série ne savait pas totalement ce qu’elle voulait raconter, mais au moins je ne m’ennuyais pas.

Après, l’intrigue se déplace vers Bo-Katan et la réunification des Mandaloriens et ce n’est pas toujours ce que j’attendais d’une série supposée être centrée sur The Mandalorian.

Après, il n’y a pas que Din qui fasse la série. Il faut dire aussi qu’il y a un antagoniste central que je n’ai pas encore cité : Moff Gideon. Ancien officier impérial très intéressé par Grogu dès le départ, il passe son temps à revenir alors qu’on le croit plus ou moins hors jeu, avec toujours un nouveau plan derrière la tête et une armée de soldats encore plus menaçants que les précédents.

C’est aussi lui qui récupère le Sabre Noir pendant un temps. Cette arme très particulière, créée par le premier Mandalorien Jedi, représente en gros le pouvoir sur Mandalore : celui qui le possède peut prétendre diriger les différents clans. Le problème, évidemment, c’est que personne n’est jamais d’accord sur la manière de l’obtenir ou sur qui mérite réellement de le porter.

Din récupère donc le sabre un peu malgré lui après son combat contre Moff Gideon, ce qui crée immédiatement des tensions avec Bo-Katan, qui espérait le récupérer pour réunifier Mandalore. Et honnêtement, c’est aussi à partir de là que la série devient parfois beaucoup plus centrée sur la politique mandalorienne. Beaucoup trop ? En vrai, l’Empire est peut-être officiellement tombé, mais ses restes continuent de pourrir la galaxie un peu partout, et il me manque parfois des réf.

Du coup, la fin de saison enchaîne beaucoup d’action, de beaux plans, des Mandaloriens qui tombent du ciel, Grogu qui fait de son mieux, Din qui se bat comme il peut et Bo-Katan qui assume son rôle… C’est spectaculaire, c’est efficace, c’est parfois très beau, mais ça va vite. Trop vite, même, pour tout capter.

Comme dirait l’autre :

Et maintenant?

Au bout du compte, Mandalore est reconquise, Gideon est vaincu, les Mandaloriens peuvent commencer à reconstruire quelque chose et…  Din adopte officiellement Grogu. C’est la fête, yeah, Grogu devient Din Grogu. Bon, le nom sonne moins bien que Baby Yoda, je sais… Din accepte ensuite de travailler plus ou moins pour la Nouvelle République, avec l’idée de traquer les restes de l’Empire, et il s’installe avec Grogu dans une petite maison sur Nevarro.

Voilà donc où on en est avant le film : Din Djarin est redevenu Mandalorien, Grogu est officiellement son fils/apprenti/mini colocataire capable de faire des bêtises avec la Force, Mandalore n’est plus seulement une planète morte à reconstruire et les restes de l’Empire sont encore assez présents pour fournir du travail à tout le monde.

En gros (c’est le dernier de l’article promis !), tout est prêt pour retrouver Din et Grogu dans une nouvelle aventure. Après, si le film décide de m’expliquer pendant deux heures les subtilités administratives de la reconstruction de Mandalore comme la série a parfois su le faire quand elle dérivait, je vais pleurer, même si c’est de bonne guerre (des étoiles). Verdict mercredi, je suppose !

Mise à jour : Le film est sorti, le résumé et ma critique sont dispo sur le blog

The Mandalorian & Grogu : une saison bâclée, mais pas un bon film

Salut les sériephiles, Si on m’avait dit qu’un jour, je ferai une des fameuses séances de 9h à Châtelet, je ne l’aurais probablement pas cru. Si en plus on m’avait dit que ce serait pour un film qui a officiellement Star Wars dans le nom, j’aurais probablement ri. Et pourtant, c’est bien ce qui m’est…