Silenced : la claque du week-end (#46)

Salut les cinéphiles,

Cela faisait quelques semaines que ce n’était plus arrivé, mais j’ai eu un coup de cœur pour un film cette semaine. En fait, j’en ai même eu deux ce week-end, seulement, il me fallait bien faire un choix pour l’article d’aujourd’hui. Moi qui avais l’impression de voir le bout des films regardés en 2021, j’ai de nouveau plein d’idées d’articles d’ici décembre…

Silenced - Film (2011) - SensCritiqueBref, pour aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un film dramatique qui m’a foutu une claque énorme – m’enfin, je ne veux pas le survendre non plus, il faut que j’atténue un peu ce que j’en dis, je crois. C’est encore un film coréen qui en est responsable et, un peu comme Hope la dernière fois, il aborde un sujet hyper délicat et horrible. Ce film, c’est Silenced, un film sorti en 2011 et qui a la très dérangeante idée de s’inspirer d’une histoire vraie. Tout le problème est que l’histoire est terrible, parce qu’il est question d’une école et internat pour enfants sourds-muets se faisant abuser sexuellement par différents adultes sur place. Un nouveau professeur nommé sur place, par piston, s’en rend compte et fait tout ce qu’il peut pour arrêter ces méfaits.

L’horreur à l’état pur, finalement, c’était un film qui valait largement les thrillers d’horreur à mon sens, parce que même si le synopsis nous dit ce qui va arriver, les situations mises en scène sont juste encore plus horribles que ce à quoi on pensait s’être préparé avec le synopsis. Vraiment, c’est un film qui a des passages très difficiles à regarder et un message assez noir sur la vie et la société. Vous aurez beau vous préparer, je ne sais pas si vous serez capable de le voir sans verser une larme.

SILENCED (critique)D’ailleurs, le film n’est pas si long en durée, mais bordel, qu’est-ce qu’il est interminable à cause de ça ! La vraie claque est venue de là, je crois : chaque fois qu’on se dit que c’est terminé et que ça ne peut pas aller plus loin, hop, les scénaristes trouvent un moyen de nous contredire et de nous montrer que si, le drame va plus loin. Et les acteurs sont brillants ! C’est particulièrement vrai pour les enfants qui arrivent bien à interpréter des événements qui doivent pourtant les dépasser (enfin, j’espère, je ne souhaite ça à personne).

Attention aux spoilers pour la suite de l’article, parce que je vais aborder la réception du film après sa sortie – et inévitablement, il faut que je parle de la fin du film. En effet, je l’ai dit plus haut, Silenced s’inspire de faits réels, d’une vraie école où l’équipe éducative abusait de jeunes enfants handicapés… et où les adultes ont fini par s’en tirer quasiment sans la moindre sanction pénale. L’école est même restée ouverte un bon moment alors que tout le monde savait ce qu’il s’y passait.

3 films du réalisateur de 'Squid Game' ajoutés sur Netflix et à voir absolument ⋆ Célébrités K-SélectionC’est l’un des aspects les plus choquants du film, se souvenir que tout le monde est capable de fermer les yeux sur bien des horreurs pour ne pas avoir à imaginer le pire – c’est particulièrement bien symbolisé par la mère du héros. Seulement voilà, à la fin du film, on termine sur un sentiment d’injustice énorme ; sur l’impression qu’aucune punition n’attend les responsables quand les victimes subissent pour le reste de leur vie. C’est que même si le film s’inspire d’un livre, les choses n’avaient pas tellement bougé.

Heureusement, le film a eu un impact important sur la société ; au point de faire fermer l’école, au point de faire changer certains aspects des lois sur les crimes envers les enfants. Je ne comprends pas comment j’ai pu ignorer si longtemps l’existence de ce film. Je n’en avais jamais entendu parler – et pourtant, je cherche parfois des films selon les notes – avant son arrivée sur Netflix. J’aurais pu commencer par là, d’ailleurs : le film est sur Netflix, si vous avez un compte, n’hésitez pas à passer une soirée devant. C’est un film prenant, poignant et difficile à supporter, mais il vaut le détour.

Quelques prisons cinématographiques (#32)

Salut les cinéphiles,

Oui, on est dimanche et je m’apprête à parler de films comme je le fais habituellement le mercredi, mais c’est parce que mercredi prochain, on sera le premier septembre (et merde), ce qui fait que j’aurai un autre événement à évoquer avec vous – événement qui aura trait à la lecture. Les habitués du blog savent déjà ce qui m’attend pour septembre de ce côté-là, mais rendez-vous mercredi pour en savoir plus.

En attendant, je repars sur les films vus au cours de l’année et dont j’ai oublié de prendre le temps de parler. La sélection du jour se concentre sur la thématique de la prison, avec deux films qui sont des prisons psychologiques et trois qui parlent d’une véritable prison. Science-fiction et films allemands sont au rendez-vous.

The Door : La porte du passé

The Door : La Porte du Passé - Film (2009) - SensCritique

Intéressant film de 2009, un peu compliqué à trouver vu le nombre de films portant ce titre qui existent… J’ai l’impression qu’il est passé inaperçu à l’époque, mais c’est peut-être parce qu’il est en allemand ! Porté par Mads Mikkelsen, je pense que le film connaît une seconde jeunesse grâce à la popularité de l’acteur et que c’est ce qui fait que j’en ai entendu parler.

Du côté du synopsis, on suit le personnage de David – Mads, donc – qui culpabilise de la mort de sa fille de sept ans dans un accident (pas si ?) tragique alors qu’il devait la surveiller. Sa vie est inévitablement brisée, mais il trouve cinq ans plus tard une étrange porte miraculeuse qui va lui donner une chance de tout recommencer.

Avec le mot mystère, il faut comprendre « science-fiction », « voyage dans le temps », « monde parallèle »… Que des mots-clés qui généralement sont susceptibles de m’intéresser. Le film m’a envoyé une petite vibe Channel Zero à plusieurs reprises, avec un petit côté saison 2 pour les fans, pour son côté thriller et son côté enfermement psychologique du personnage. C’est toutefois survendre le film que de faire cette comparaison, parce que la conclusion était un peu décevante. Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment, ce n’est pas incontournable, mais c’est un thriller sympathique. Légèrement oubliable, par contre.

Man from Earth

The Man from Earth - Film (2007) - SensCritiqueOn reste dans la science-fiction, en quelque sorte, avec un film extrêmement bavard et qui n’a RIEN à voir avec son affiche. Si vous n’aimez pas les huis-clos, fuyez tout de suite, car c’est bien pour le huis-clos que je le place dans ces films sur la prison : le personnage principal est enfermé dans sa vie, ses amis sont enfermés pour une nuit avec lui – malgré un libre-arbitre qui pourrait les faire partir quand ils le souhaitent.

Si tout ça ne vous fait pas peur, vous êtes partis pour une étrange histoire racontée au coin du feu : avant de déménager, le professeur John Oldman reçoit la visite de ses amis qui lui préparent une fête d’adieu. Les amis veulent surtout comprendre la raison du départ précipité et surprise de John, qui se met alors calmement à leur expliquer qu’il est un homme des cavernes âgé de 14 000 ans. Rien que ça.

Ce qui paraît être une bonne blague lance tous ces professeurs de fac dans des débats vifs et passionnés qui vont aborder bien des thèmes, à commencer par la religion ou la vie après la mort, en passant par quelques sujets d’Histoire.

C’est une ambiance très particulière, parfois à la limite de la masturbation intellectuelle, mais je trouve que le film fonctionne drôlement bien à entretenir le mystère – John raconte-t-il la vérité ? Est-ce seulement possible ? John répond en tout cas à toutes les questions de ses amis, tous spécialistes d’un domaine bien précis permettant de faire avancer le film.

J’ai trouvé ça plutôt sympathique, parfois déstabilisant dans les avancées proposées du côté du scénario. Il y a quelques problèmes de rythme, comme souvent dans les huis-clos, avec des manières de relancer la conversation ou le film qui ne sont pas toujours géniales. La fin est légèrement ouverte et il existe une suite que je n’ai pas encore vue… Peut-être un jour.

L’expérience

L'EXPÉRIENCE (2001) - Film - Cinoche.comCette fois, on passe à la prison, la vraie… ou presque.

Film allemand s’inspirant de la fameuse expérience de Stanford, j’étais curieux de voir ce que ça pourrait donner et je n’ai pas été particulièrement déçu. L’expérience de Stanford est une vraie expérience dans laquelle un professeur avait proposé à des étudiants lambdas de sa fac de participer à une expérience où certains joueraient le rôle de prisonniers et d’autres le rôle de gardiens de prison. Malgré une surveillance étroite, l’expérience avait quelque peu dérapée : le hasard avait attribué les rôles, mais ça n’a pas empêché une bonne partie des gardiens de faire preuve de sadisme autoritaire et une bonne partie des prisonniers d’être traumatisés émotionnellement.

Pour en revenir au film, il va de soi qu’il part bien plus en vrille que l’expérience originale, avec des hommes qui ne sont pas des étudiants mais ont juste besoin d’argent. Le sadisme des gardiens est rapidement exacerbé par une absence de réponse des scientifiques qui veulent tester les limites psychologiques de chacun.

On suit en parallèle la vie des prisonniers désignés au hasard, avec un esprit rebelle refusant de trop se laisser faire, celle des gardiens, avec un profitant de son autorité nouvelle pour aller trop loin et un n’assumant pas trop ce qu’il se passe, et celle des scientifiques, parfois en désaccord. Le film comporte quelques scènes dures psychologiquement et la perte de contrôle de l’expérience me déplaît quelque peu car ça va trop loin pour rester dans le cadre du crédible – le hasard fait mal les choses, on va dire.

Dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé ce film par contre, parce qu’il est le reflet de quelque chose de bien flippant. À voir.

Le trou

Le Trou - Film (1960) - SensCritiqueOn reste dans l’ambiance prison avec ce vieux film français dont je n’avais jamais entendu parler et qui a pourtant su être assez intéressant pour me garder jusqu’au bout. Le concept n’a rien de révolutionnaire, avec des prisonniers qui creusent un trou pour s’enfuir d’une prison, mais ce qui rend le film vraiment agréable, c’est qu’il date de 1960 et possède de sacrées scènes, que je trouve vraiment impressionnantes pour l’époque.

Il a une sacrée réputation, avec toujours d’excellentes notes partout où il en est question, et je m’en fais l’écho avec plaisir. J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire, surtout juste après le film précédent, car à nouveau, on nous offre une exploration de la psychologie des prisonniers. Bref, c’est à voir pour les plus cinéphiles, c’est une référence ce film de Jacques Becker.

The Platform

The platform - Ecran et toileDernier film vu qui corresponde encore à la thématique de la prison, il s’agit cette fois d’un film Netflix légèrement plus connu, puisqu’il avait fait du bruit à sa sortie. Concrètement, j’en ai adoré le concept, mais pas du tout le rendu. Heureusement que c’était en espagnol, ça m’a motivé à continuer…

Le concept ? Le personnage principal se réveille dans une étrange prison, conçue sur de nombreux étages superposés, avec un grand trou au milieu. Au milieu défile une plateforme sur laquelle un véritable banquet est dressé. Les prisonniers de la cellule la plus haute ont donc la chance de pouvoir manger ce qu’ils veulent, alors que plus on descend, plus il n’y a que des restes à manger… Restes dans lesquels certains prisonniers des étages supérieurs n’hésitent pas à faire leurs besoins, vomir ou cracher, profitant de leur supériorité.

Pourtant, cette supériorité n’est que temporaire : parfois, les prisonniers se réveillent à de nouveaux étages, montant vers des hauteurs agréables ou descendant toujours plus bas. Bien sûr, ils ont pour règle de ne rien garder à manger pour plus tard, sous peine d’être tués par la torture, car ils sont filmés. Et bien sûr, le héros veut établir un système juste où chacun ne mangerait que sa part pour que tous puissent jouir d’un repas…

Vraiment, du côté du concept, il y aurait de quoi faire un film intéressant. Je n’ai pas aimé l’histoire, cependant, avec un héros auquel j’ai eu du mal à accrocher, des compagnons de cellules peu crédibles, une mythologie bizarre (la femme à la recherche de son enfant), un hasard ne permettant de trouver un équilibre pour le film et une psychologie pas toujours très logique.

Je m’y attendais, mais ce fut une déception quand même !

Reminiscence vaut-il le coup ? (#31)

Salut les cinéphiles,

Non, je ne vais à nouveau pas vous faire une liste de films vus comme il  y a deux semaines, mais bien vous parler d’un film qui sort en salles aujourd’hui et qui vaut le détour, je trouve. Enfin, en tout cas, un film auquel j’ai bien accroché grâce aux acteurs et au concept. Commençons par-là, donc.

Reminiscence - film 2021 - AlloCinéDans un futur (pas si ?) lointain, un homme (Hugh Jackman) a ouvert un business bien lucratif : celui de faire revivre des souvenirs aux personnes qui y mettent le prix. Oui, oui, il est possible en dormant d’accéder à nouveau à ses souvenirs et de les revivre – les revoir, les ressentir. Cela dit, il faut faire attention à ce que tout cela ne vire pas à l’obsession.

Reminiscence, c’est de lui qu’il s’agit, est un film très classique dans son scénario, et peut-être même dans son concept. C’est pourtant lui qui m’a accroché assez au film pour que j’en parle aujourd’hui, car j’ai trouvé sympathique la machine qui permettait de remonter dans ses souvenirs et les différentes utilisations que cela provoquait. Concrètement, on sent que le concept a été réfléchi et qu’il y aurait plein de possibilités pour en faire une bonne série. C’est peut-être une déformation de ma part, après.

Rebecca Ferguson — Rebecca Ferguson as Mae in "Reminiscence" (2021)

En revanche, du côté du film et du scénario… Ben, comment dire ? Comme souvent avec ce genre de film de science-fiction, l’histoire d’amour m’a paru un brin fade et énormément prévisible. Cela m’a posé un vrai problème de comprendre dès le début où on allait et, sans mentir, j’ai tout de suite su en voyant une scène du film quelle serait la toute dernière du film. Après, ce clin d’œil final fait partie de ce qui m’a plu dans le film…

Mais la vraie raison d’aller voir ce film n’est pas tellement dans le scénario – convenu, mais tout de même sympathique. Elle réside dans les acteurs d’une part, même si on a l’impression de revoir The Greatest Showman (le couple Jackman/Ferguson fonctionne toujours, au moins) ou d’être devant un épisode de Westworld par moments (au point où ce ne sont plus des coïncidences), et dans la réalisation d’autre part. Reminiscence's GIFs on TenorVraiment, c’est pas mal comme dose en attendant indéfiniment le prochain épisode de la série…

Je n’en attendais pas moins de la part d’une réalisatrice d’une de mes séries préférées – Lisa Joy de Westworld, donc – mais j’ai quand même été bluffé par certaines scènes. Il faut dire que l’équipe de production n’est pas aidée par ce synopsis qui nous plonge (littéralement) dans un monde où les grandes villes sont noyées par la montée des eaux, mais elle s’en sort à chaque fois pour nous rendre ce monde crédible.

Cela fonctionne ainsi très bien à l’image et donne de belles scènes d’action. Pour le reste, le film peine à passer le Bechdel Test, tente de le faire et se foire quelque peu sur le sujet… En 2021, c’est hyper problématique. J’ai fermé les yeux car c’est de la bonne science-fiction avec un concept qui fonctionne et des acteurs que j’aime, mais bon, pourquoi toujours nous foutre ce scénario de l’histoire d’amour dont personne n’a rien à carrer ? Surtout que là, je ne sais même pas si on peut parler d’amour…

hughjackmanedit Tumblr posts - Tumbral.com
Ils en font tellement trop dans la perfection de ce couple, d’ailleurs, c’en est presque drôle !

Je ne veux pas trop en dire pour ne pas spoiler, je vous laisse découvrir le film qui vaut le détour en salle pour ses plan magnifiques. Savourez-le bien si vous allez le voir. Il ne sera pas une référence incontournable du genre, mais il sera assurément un bon moment pour tous… en attendant de sortir des habitudes sexistes fâcheuses d’Hollywood !

A Monster Calls (#30)

Salut les cinéphiles,

Oui, finalement, je reparle à nouveau d’un film aujourd’hui, parce que j’ai terminé hier soir un film que j’ai beaucoup aimé, encore. Ce n’est pas exactement un coup de cœur car il a trop de longueurs à mon goût, même si les longueurs se justifient toutes dans les dernières scènes, mais j’en ai beaucoup aimé le message, assez original pour un film (partiellement) américain. Le partiellement a son importance, je cherchais à voir un bon film espagnol à l’origine – mais justement, un film d’origine partiellement hispanique avec Sigourney Weaver, ça a attiré mon attention.

Pin en Tattoos and body artLes connaisseurs et les plus cinéphiles sauront déjà que je parle de A Monster calls. Ceux qui ont lu le titre de l’article aussi. En espagnol, le film à un titre encore plus juste : Un Monstruo Viene a Verme. En français en revanche, on perd tout le délire du monstre pour éviter d’être dans la catégorie film d’horreur, et ça s’appelle Quelques minutes après minuit. Quand on voit le film, ça a du sens, mais franchement, dans le genre trahison de l’intention originale, ça se place là. Et en parlant d’intention originale, il faut noter que tout ça est inspiré d’un roman… Que je n’ai pas lu. Peut-être un jour, cela dit, ça m’intrigue.

Bon, l’histoire du film, peut-être ? Il est question de Conor, un petit garçon dont la mère est malade – même si on ne sait jamais exactement la maladie qu’elle affronte. Pour fuir les difficultés de sa vie, Conor fait appel bien malgré lui à un monstre, un arbre gigantesque, qui vient l’aider… en lui racontant des histoires.

A Monster Calls [Quelques minutes après minuit] en VOD. Film de J.A. BAYONA  - en Streaming et à Télécharger.Très clairement, la meilleure partie du film, ce sont ces histoires racontées par l’arbre. Elles sont magnifiques, tout simplement : si le film est en live-action, les histoires sont des passages animés, et les animations sont belles. Les histoires racontées sont aussi très intéressantes, parce qu’elles sont à la fois des contes très classiques, mais aussi très surprenants : l’arbre a une manière de les raconter qui nous fait voir que tout n’est pas toujours aussi simple que ce qu’un enfant voudrait. Et c’est là tout l’intérêt du film, à vrai dire.

Nous suivons Conor dans sa vie de tous les jours (et ce n’est pas forcément passionnant à première vue d’ailleurs), mais l’arbre parvient toujours à faire des parallèles très intéressants entre ses histoires et ce qu’il se passe dans la vie de Conor. Inévitablement, tout cela finit par apporter des leçons de vie importantes à Connor, mais aussi à la personne qui regarde le film et se retrouve piégé à attendre les histoires de minuit sept, encore et encore.

Quelques minutes après minuit : bande annonce du film, séances, streaming,  sortie, avisC’est un film que je trouve vraiment intéressant pour le message qu’il porte sur le deuil, la maladie, la manière de faire face à la perte d’un proche. Nous suivons les conséquences psychologiques sur le fils de la mère malade, et c’est assez violent quand l’on prend conscience que tout est lié, que des ramifications sont à faire entre chaque branche du film. Par contre, le film nous laisse nous débrouiller pour cela : jamais pris par la main, nous sommes confrontés scène après scène à des vérités qu’il faut être capable d’entendre et déduire de nous-mêmes.

C’est très étonnant, donc, et c’est ce qui m’a donné envie d’écrire un article dessus, parce qu’il est rare, quand je finis un film, que je revienne dessus aussitôt pour revoir certaines scènes. Et pourtant, j’ai revu chacune des quatre histoires du film pour bien comprendre la progression logique proposée et le message du film. Attention, je spoile ce message juste après, parce qu’il est important à mes yeux – si vous n’avez pas vu le film, regardez-le avant de lire le dernier paragraphe !

Le message du film est donc que la vérité est parfois bien plus douloureuse que les histoires qu’on se raconte, mais qu’il est nécessaire de se raconter des histoires à cause de la vérité. C’est d’une simplicité désarmante quand on voit la complexité narrative du film, mais tout le but du film est de nous faire arriver à cette conclusion en même temps que son personnage principal. Juan Antonio Bayona - AlloCinéNous voilà donc à la place de l’enfant, forcés d’écouter ce monstre, de s’attacher à lui tout en le détestant et en le craignant. Belle métaphore de la vie et de la mort, donc.

Sinon, j’ai découvert après coup que le réalisateur de ce film était Juan Antonio Bayona. Il faut que je me fasse une raison : j’adore l’ensemble de son œuvre, je crois. On lui doit également un de mes films préférés, The Impossible, un de mes coups de cœur de l’an dernier, Le Secret des Marrowbone, mais aussi un volet de Jurassic World (un de mes préférés, le cinquième, avec le volcan) ou le classique indétrônable qu’est L’Orphelinat. Sacrée carrière, le type !