Le Caméléon, c’est Dexter avant l’heure, en fait ? (The Pretender, #04)

Caméléon (le) - Geek-ItSalut les sériephiles,

Comme promis hier soir, me voilà donc de retour pour parler des épisodes du Caméléon que j’ai eu le temps de voir en début de semaine, et qui comptaient donc pour l’ancienne grille de Bingo Séries.

La série continue de proposer des épisodes que je trouve assez inégaux d’une fois à l’autre : parfois, je vais accrocher énormément, parfois, je vais m’ennuyer devant et me rappeler les a priori négatifs que j’avais parfois pour elle quand j’étais petit.

Épisode 8 – Not Even a Mouse – 16/20

S1E8 Not Even A Mouse. The most beautiful gift, a lovely bunny from...Jarod. | The pretenders, Favorite tv shows, Tv showsUn épisode de Noël dans la pure tradition des épisodes de Noël, avec un personnage qui fait un sapin et des échanges de cadeaux ? J’adore, ça me manque parfois dans les séries d’aujourd’hui d’avoir la certitude de tomber sur ces épisodes de Noël. En revanche, un peu déçu de constater que la trame générale ne s’accélère pas vraiment avant la pause hivernale dans la diffusion. Les indices commencent à pleuvoir toutefois avec cette histoire de jumeaux qui se retrouvent toujours et avec le lapin offert par Jarod à Miss Parker. J’ai hâte d’en savoir beaucoup sur cette intrigue, donc quelque part, c’est que ça fonctionne.

Le style de l’épisode est très différent des précédents : certes, Jarod mène une enquête comme d’habitude, mais cette fois-ci, il est médecin légiste. Cela nous le fait apparaître encore plus froid que d’habitude en présence de cadavres. Il s’attache à certains dont il veut trouver l’identité ou la cause de la mort, il est totalement détaché du reste. Et on le voit même se blesser volontairement avant de se jeter sur le capot d’une voiture, ce qui me fait sérieusement me demander quel est son rapport à la douleur : ça n’a pas l’air de le déranger plus qu’une piqûre de moustique de s’ouvrir jusqu’au sang. Là encore, j’ai envie d’en savoir bien plus sur Jarod et le Centre, mais vous commencez à le savoir.

Sinon, Sydney a donc un frère, et ça aussi c’était une révélation intéressante. De son côté, Jarod passe son premier Noël à l’extérieur du Centre, l’occasion pour lui de recevoir des cadeaux et nous montrer que le Centre a beau éduquer des génies capables de se faire passer pour n’importe qui (mais dans quel but, dites-nous tout !), ils oublient de toute évidence un aspect essentiel de l’être humain : la culture ? Jarod ne semble vraiment que commencer à comprendre ce qu’est Noël. D’accord, il n’a pas de famille, mais de là à ne pas connaître les classiques de la littérature et de la culture populaire comme Dickens, il y a un problème de la part du Centre.

Hâte d’avoir un épisode où il sera prof de littérature un jour, du coup. Cela arrivera forcément, cette saison va finir par être à court de profession franchement ! En attendant, l’épisode creuse ses mystères sans apporter de réponse, je suis frustré… mais également très investi !

Ah, et si j’oublie de préciser une fois que plus que Miss Parker est cool et badass, c’est parce qu’elle ne l’est pas tellement dans cet épisode où elle se fait poser un lapin par son père pour mieux en recevoir un de Jarod. Jarod est un génie de faire des cadeaux comme ça, mais le père de Miss Parker qui la néglige totalement à Noël, c’est juste beaucoup trop triste. Les scénaristes nous la rendent bien plus humaine, c’est une bonne idée !

Watch The Pretender S01E09 | followshowsÉpisode 9 – Mirage – 13/20

Alors, en introduction de cet épisode, je disais qu’il y avait des épisodes beaucoup moins bons, et celui-ci en fait clairement partie… Ca ne reste qu’un avis purement subjectif, mais on passe de la neige de l’épisode précédent au désert ; et je n’ai pas trouvé ça bien glorieux avec un développement lourd sur un natif américain qui serait un guide spirituel de Jarod, mais en fait non, parce que Jarod arrive finalement à disparaître comme lui le fait… La série surfe sur une culture en la tournant en dérision, comme beaucoup d’autres dans les années 90. Cela ne me plaisait déjà pas à l’époque, en plus.

Au-delà de cet aspect, l’épisode a toutefois de bons points, notamment le choix d’un métier que j’ai trouvé plutôt original et cool, celui d’instructeur de sauts en parachute. Je ne sais pas où ils sont allés chercher l’idée, mais ça changeait de certains poncifs des épisodes précédents, et surtout, j’ai trouvé qu’il y avait quand même un bon budget pour la série – on a des vrais scènes de sauts en parachute (par des cascadeurs, certes, mais quand même, c’est trop cool pour une série de cette époque).

Comme d’habitude, Jarod est assez vicieux, mais certaines punitions passent mieux que d’autres à mes yeux parce que je n’ai pas aimé le personnage qu’il punissait. Cela dit, pas bien fan de cette intrigue, j’étais content de terminer cet épisode !

En revanche, si je suis monté à 13/20, c’est parce qu’il y avait un gros plus pour le développement de Miss Parker dans cet épisode. Pour son anniversaire, elle est en quête de ses origines et on nous dévoile une sensibilité qui la rend encore plus intéressante. On sent qu’ils ont des idées pour elle, mais ils prennent encore leur temps, c’est frustrant – mais c’est de la bonne frustration, ça veut dire que la série m’accroche. Et ça, je n’aurais pas parié dessus le mois dernier quand j’ai commencé en me disant que peut-être c’était une erreur de la commencer.

The Pretender S01E10 - video DailymotionÉpisode 10 – The Better Part of Valor – 15/20

Je ne sais pas trop par où commencer avec cet épisode, qui est un peu plus prenant que le précédent. Evacuons ce qui doit l’être tout de suite : le futur tueur du Seattle Grace Hospital est déjà un bon gros bâtard, et je découvre que même avec dix ans de moins (ou vingt ?), je n’arriverais jamais à dissocier cet acteur de ce rôle et aller au-delà de mon traumatisme de la fin de saison 6 de Grey’s Anatomy. Cependant, la punition réservée par Jarod au tueur de l’épisode ? Humph.

Vraiment, Jarod aurait de quoi faire un excellent méchant. Je me rends compte avec cette série que je ne suis pas du tout dans le « œil pour œil, dent pour dent ». Je le savais déjà, mais ça me paraît encore plus évident quand je vois toute une équipe de pompiers refuser de faire son travail et laisser brûler une maison juste pour se venger. C’est un crime aussi. Que leur chef aille en prison, OK, qu’il soit puni par la destruction de tous ses biens, franchement ? Jarod mérite autant la prison que les personnages qu’il condamne à force.

Je suis hyper tiraillé sur l’aspect vengeur que présente la série, surtout qu’il y a un autre problème : on ne connaît jamais vraiment les personnes qu’il venge. Cela brouille volontairement les frontières entre bien et mal dans la série, mais c’est perturbant car il reste érigé en héros de la série, pas tellement en anti-héros. Il a son code d’honneur, OK, mais c’est Dexter avant l’heure en fait. Le meurtre en moins. Quoique franchement, là, il force le type à se brûler la main et tout, mais il est donc à ça de le tuer !

Sinon, en ce qui concerne le Centre, ils ont ENFIN l’idée la plus logique du monde : utiliser un autre génie pour tenter de traquer Jarod. Il était temps d’y arriver. J’aime le fait qu’on nous souligne que le Caméléon soit si unique qu’aucun autre génie ne peut se glisser tout à fait dans sa peau, mais ça me pose toujours plein de questions sur le Centre, parce que concrètement, qu’est-ce qu’il voulait faire de ce Caméléon ?

En plus, Jarod a beau être un génie, il a du mal avec certains trucs assez simples, du genre dresser un chien en utilisant la sauce de la caserne, j’y ai pensé quarante bonnes secondes avant lui, alors que je ne pense pas être un génie. Bon, c’est un détail, mais les épisodes durent 46 minutes, et souvent, je trouve que les trois-quatre minutes supplémentaires par rapport au format des autres séries de l’époque se sentent sur les scènes où Jarod est seul. La série s’obstine aussi sur son enfance, sans forcément que je n’y trouve un intérêt à chaque épisode – et dans celui-ci, on aurait pu s’en passer, ça ne servait ni le fil rouge de la saison, ni l’enquête de la semaine.

Et sinon, Miss Parker ? Outch, étonnante écriture du personnage. Jusque-là, j’adorais ce qu’ils en faisaient malgré des touches de sexisme, mais là, le personnage est super maltraité à être hyper gentille et limite niaise après avoir couché avec un type ; genre changement de personnalité du tout au tout, si elle est comme ça dans les autres épisodes, c’est parce qu’elle est mal b… Bon, bref, j’étais content de la retrouver hyper énervée quand Sydney nous rappelle l’existence du patriarcat, ils ont au moins réussi ça – de quoi se mêle-t-il au juste et qui est-il pour avoir un avis sur la vie sexuelle de sa boss ?

La trahison de son amant ? Je l’ai vue arriver dès le coup de téléphone qu’elle reçoit, mais elle est bien amenée et ça donne une nouvelle dimension encore au Centre. C’est assez frustrant pour l’instant d’être tout en bas de l’échelle hiérarchique et de ne rien savoir de ce qu’il se passe. Bref, à deux doigts de me dire qu’il faudra que je la regarde une deuxième fois pour tout capter quand j’aurais eu toutes les réponses en fin de série.

Bon. Finalement, j’aurais mieux fait de faire un article par épisode comme pour les autres séries, je suis incorrigible, j’en arrive encore à faire des critiques de plus en plus longue. À la semaine prochaine, si tout va bien 🙂

Résultats du Bingo Séries #48

Salut les sériephiles,

Promis, j’ai vu des épisodes du Caméléon et je n’oublie pas la série, je vous en parle dans l’article de demain. Il est simplement plus tard que prévu au moment de la rédaction de cet article, et je me rabats sur quelque chose de plus rapide à écrire. En plus, d’habitude, je publie les résultats du Bingo précédent dès le 7, alors est-ce vraiment un retard de publication d’un article si c’est pour combler un autre retard, hein ?

Vous n’avez pas 4h pour répondre à cette question, voici juste mes résultats, surtout que je n’ai pas du tout mis à jour régulièrement le thread Twitter. Oups ! Et pour les retardataires, la nouvelle grille du Bingo est disponible depuis avant-hier 🙂

Retour du soleil (3/4)

manifestedit | Explore Tumblr Posts and Blogs | TumgirJe pensais vraiment que ce thème serait très simple, parce que plus d’une fois durant le mois qui précédait j’en avais validé chaque point. Malheureusement pour moi, ça n’a pas été simple… Bon, je pense que j’ai raté un point « lever du soleil » avec Korra, mais même, il me manque aussi le personnage revenant d’une destination ensoleillée. Enfin, je l’ai eu, mais avec le même épisode, j’ai préféré valider « Quelqu’un bronze », merci Manifest d’avoir servi un peu à quelque chose. Finalement, je me suis ainsi rabattu sur un épisode du Caméléon pour le marquer, parce qu’il était dans le désert à l’épisode précédent, et il ne l’était plus dans le suivant… mais bon, je ne suis pas super convaincu, parce qu’il n’est pas fait référence à l’épisode précédent. Sinon, pour le personnage qui retrouve le soleil après longtemps, je considère que c’est ce qui se passe pour quelqu’un dans le troisième épisode Debris.

Ustensiles de cuisine (3/4)

Season 1 Food GIF by 9-1-1: Lone Star - Find & Share on GIPHYJe l’attendais depuis longtemps ce thème, et il n’a pas été synonyme d’un grand succès, parce que je n’ai pas réussi à trouver de rouleau à pâtisserie. Plusieurs couteaux de bouchers ont en revanche rythmé mon mois, à commencer par un dans un épisode de la saison 4 de Korra. J’ai pu voir un mixeur dans la cuisine de 9-1-1 Lone Star, une série qui commence à me manquer, et un personnage cuisinant dans le 1×06 de Walker, notamment (mais pas que).

Effets spéciaux (4/4)

abigael | Explore Tumblr Posts and Blogs | TumgirL’avantage d’un thème comme celui-ci, c’est qu’il est très simple d’en valider tous les points ! Du sang qui gicle ? Il y en a partout, même dans Grey’s Anatomy ! Des voitures en studio ? Resident Alien abuse un peu sur ses fonds verts… Des cascadeurs clairement visibles ? Humph, The Falcon and the Winter Soldier ou Station 19 en abusent parfois. Quant au changement d’apparence à l’écran, il a mis plus de temps que ce que je pensais à venir, mais Abigail dans Charmed a fini par me sauver la mise… même si ce n’est pas spécialement beau à voir !

Cliffhanger (3/4)

Jared Padalecki Cordell Walker GIF - JaredPadalecki CordellWalker  TexasRanger - Discover & Share GIFsÀ nouveau, il serait bon de faire attention aux épisodes que je regarde sans les critiquer immédiatement, parce que je pense que j’ai raté le point « news choquante appris plus tard », notamment dans La légende de Korra, toujours. La série me valide toutefois le point « suspendu dans le vide », alors bon, je n’ai pas tout raté. Pour le reste, ce sont Lone Star et Walker qui me valident des points cliffhangers. La première a intérêt à revenir vite pour ses personnages entre la vie et la mort ; la seconde a osé faire des cliffhangers pour la première fois sur son épisode 6, et plutôt quatre fois qu’une, allez comprendre.

Action (4/4)

Le danger ? Mouhaha je me ris du danger ! - Nick
Beaucoup trop tôt !

Comme d’habitude, je termine avec les actions, et cette fois ça se passe bien pour moi ! Je me suis même regardé un épisode de NCIS à 7h10, c’est dire à quel point j’étais motivé pour cette grille ! Après, Walker m’a donc aidé à trouver un cliffhanger inattendu, puisqu’ils n’en faisaient jamais avant… et j’ai aussi pris l’habitude de cuisiner devant (mais il m’a fallu attendre l’épisode suivant pour le valider). Quant au pire effet spécial, désolé Abi, mais ce n’était pas possible ça, Charmed ! Enfin, la série a fait pire, ce n’était vraiment pas beau à voir !

Bonus : Alors, c’était un hasard total, mais le 21 mars, j’avais des chaussettes différentes au pied, parce que j’ai trié rapidement mon linge et que j’ai des paires de chaussettes de couleurs très similaires. Pourquoi je vous raconte ça ? Non pas parce que je suis un elfe libre, mais parce que le 21 mars, c’était la Journée mondiale de la Trisomie 21, et on nous demande de penser à eux en mettant des chaussettes différentes ; et ça faisait donc une action toute trouvée pour ce bonus.

Autrement, merci à Poluss de m’avoir fait prendre conscience que le chocolat que je mangeais à Pâques fonctionnait plutôt pas mal comme action devant mes épisodes du 4 avril. J’en ai donc remangé un peu plus devant une série, et elle sera responsable de mes kilos en trop post-confinement, c’est décidé.

Ce qui, finalement, mis bout à bout, me fait arriver au score de 17/20 sans les deux points bonus. Franchement, 19/20, ce n’est pas mal du tout, je suis content de ce mois qui s’achève ! Plus qu’à recommencer et faire mieux pour la nouvelle grille !

Ce que c’est qu’un fandom

Salut les sériephiles, 

Comme ce soir, nous avons prévu de faire tout un podcast sur les fandoms, et plus particulièrement ceux qui nous paraissent les plus insupportables, il m’a paru bien logique de prendre le temps aujourd’hui d’écrire un article qui s’est écrit tout seul : qu’est-ce qu’un fandom ? Concrètement, j’y avais déjà songé l’été dernier, j’avais prévu de l’écrire et je me suis rendu compte en préparant le podcast que l’article n’avait jamais vu le jour ! Il faut dire que je suis loin d’être le plus expert sur le sujet (je vous redirige vers le compte twitter de @melaniebourdaa pour ça, par exemple), mais en tant que fan, voilà ce que je sais du haut de l’iceberg !

Voir aussi : Le lexique du sériephile

Alors c’est quoi exactement un fandom ? Comme son nom ne l’indique pas forcément, le fandom (oui, oui, c’est masculin) désigne toute la sous-culture propre à un ensemble de fans. Sous-culture ? Le terme est large, ça va des échanges sur les réseaux sociaux aux rencontres dans les conventions, en passant par les fanfictions : tout ce qui va toucher aux fans d’un même univers va automatiquement devenir une partie du fandom.

Autrement dit, le fandom, ça désigne à la fois, par abus de langage, les fans d’une même œuvre (ça peut être une série, un livre, une saga, un film, un réalisateur, etc.) et les productions qui en découlent – productions de fans, mais aussi produits dérivés ou simples sites internet et forum. En France, on parle de communauté de fans, bien sûr, mais aussi de fanbase, étymologiquement plus proche du sens anglais. D’ailleurs, fanbase est souvent prononcé à l’anglaise. De toute manière, le terme fandom s’est imposé davantage ces dernières années.

Sherlock Et GIFs - Get the best GIF on GIPHYC’est quoi ce nom ? Une fois de plus, le terme nous vient de l’anglais : il s’agit de la contraction de fan (qui rappelons-le est l’abréviation de « fanatic », hein) et de « domain » en un seul mot. Un peu comme si « fandom » était le nom de ship entre fanatic et domain, quoi.

Voir aussi : Ce que c’est qu’un ship

Quelle origine ? Difficile de dater précisément quelque chose d’aussi vaste, mais le détective Sherlock Holmes serait à l’origine du premier fandom moderne, en grande partie lorsque l’auteur a voulu tuer le personnage. C’est totalement un hasard si « Sherlock » est un thème du Bingo Séries de ce mois, mais ça tombe bien – comme le détective quand il est mort la première fois. Refusant de le voir mourir, des fans ont commencé à écrire des fan fiction dans les années qui ont suivi sa mort littéraire (en 1893).

Voir aussi : Bingo Séries #49 : 4 ans !

Mandalorian GIFs | TenorComme souvent, c’est aussi dans le genre de la science-fiction qu’on retrouve un tas de fandoms ; et les univers de Star Trek et surtout Star Wars ont contribué aussi à rendre les fandoms plus populaires.

Et aujourd’hui ? Le terme est étudié plus que sérieusement par des universitaires s’intéressant de près à la réception des séries télévisées, et croyez-moi, c’est passionnant comme sujet. C’est aussi extrêmement vaste.

Voir aussi : Ce que c’est qu’une fanfiction

Au quotidien sur les réseaux sociaux, néanmoins, on est loin de toutes ces préoccupations et le terme est utilisé pour désigner les fans d’une même œuvre qui ont tendance à se réunir pour mettre en avant un hashtag et/ou pour faire pression. Aujourd’hui, de nombreuses séries sont à l’origine de la création d’un fandom plus ou moins visible sur les réseaux sociaux. Et bien souvent, ce sont les séries pour adolescents qui ont les fandoms les plus vocaux… et les plus insupportables ? Hum, je ne veux pas trop en dire tout de suite, on se retrouve à 21h dans le prochain épisode du podcast 42 minutes pour en parler entre fans dans une discussion qui s’annonce déjà houleuse !

the last fight discovered by ㅤ on We Heart It

Films vus en 2021 #6 : Pink (2016)

Salut les cinéphiles,

Pink - Film (2016) - SensCritiqueCette semaine, on va passer d’un film indien à l’autre, parce que la semaine dernière je vous parlais de U-Turn, mais je me rends compte que je l’ai évoqué avant même de vous parler de Pink, un autre film particulièrement génial que j’ai regardé en janvier dernier. S’il est un peu loin dans ma mémoire, il y reste frais parce qu’il avait été une vraie surprise, dénichée sur Netflix (grâce à JustWatch). Je n’en avais jamais entendu parler, et pourtant, il a eu son petit succès. À raison.

Le film s’intéresse au procès d’une femme, victime d’une agression sexuelle… mais poursuivie par la justice pour tentative de meurtre sur son agresseur. La première scène nous balance dans le film juste après cette agression et mène peu à peu au procès, en se jouant parfois des apparences et en surprenant par son message universel et vraiment intéressant. Il y est bien évidemment question de la culture du viol, mais aussi de la place de la femme dans une société qui se fonde sur les apparences et l’importance de la réputation d’une personne. Autant dire que ça ne fait pas rêver, mais que ça fait voyager.

pyaar ki ek kahani — Your Mahabharata is a story of revenge, after all....Le film est porté par un trio d’actrices particulièrement convaincantes – le personnage principal, la femme agressée, est en effet en colocation avec deux amies, présentes également le soir de l’agression. D’ailleurs, c’est un peu le problème présenté dans le film : on connaît les conséquences de la soirée, mais nous n’en avons pas l’origine, qu’il va falloir démêler tout au long du procès. C’est parfois long et fastidieux, mais ça accroche bien l’intérêt de son spectateur au fur et à mesure.

Fan's heartfelt letter leaves Taapsee Pannu in tears

Si le message paraît parfois contredit ou atténué par de nouveaux éléments, je trouve justement que c’est là que résidait la force du film : il nous force à réfléchir et à se poser les bonnes questions pour avancer nous-mêmes sur ces questions de la culture du viol et des apparences.

infinitebollywood — Pink (2016)Ce n’est pas rien, surtout pour un film qui date d’il y a déjà cinq ans et qui paraît presqu’en avance sur son temps – le mouvement #metoo, ce n’était qu’en 2017, mais il est déjà totalement dedans et prend le recul nécessaire pour montrer la complexité de certaines notions… et la simplicité d’autres notions, comme celle du viol, par exemple.

Je ne vais pas spoiler, bien sûr, mais n’espérez pas non plus une fin parfaitement heureuse dans un film qui ne peut pas en proposer étant donné le sujet – même une victoire n’est jamais une manière de tout réparer après une tentative de viol, particulièrement dans un pays où on ne reconstruit pas sa réputation comme ça. Soyez toutefois assurés que vous ressortirez en ayant pris une petite claque de cinéma, parce que c’est tout à fait ce que propose le film.

Et une fois de plus, ce que j’adore particulièrement avec les films indiens, c’est qu’ils ne sont jamais où je les attends. Cette fois-ci, nous avons donc trois personnages féminins vraiment forts et bien écrits, mais les autres rôles ne sont pas bâclés pour autant. Chaque pièce du puzzle nous fait nous attacher à chaque personnage et à ses potentielles erreurs, en les humanisant à chaque fois ; mais sans perdre de vue que, précisément, il y a un puzzle à compléter, des doubles standards à démonter et des répliques percutantes à savourer.

Have been a victim of eve-teasing: Taapsee Pannu
Trois actrices à surveiller clairement

L’attente du verdict paraît sans fin, mais les répliques aident à l’attendre et nous font presque regretter que le film touche à sa fin. Puis, dans le fond, le plus important n’est pas tellement le verdict du tribunal : non, c’est le nôtre et notre réflexion face à ces sujets qui demeurent l’essentiel de ce film. Un simple « respectons les femmes » pourrait tout résumer… mais ce ne serait pas rendre justice au film que de s’arrêter à ça !