Lanterns – S01E06 – Bad Optics – 14/20

Très étrange épisode 6 : je ne parviens pas à comprendre la manière dont cette saison est construite ni où les scénaristes veulent nous amener avec ces twists. Si ça reste plutôt efficace, force est de constater que je n’aime pas les personnages et que j’ai l’impression de voir des bouts de films dans le désordre – ou rallongés sans intérêt parfois – plutôt qu’une vraie histoire de série. À croire que les prestige dramas ne sont pas vraiment pour moi…

Spoilers 

En 2026, John a repris sa vie de civil loin de Green Lantern… jusqu’à ce que son passé le rattrape.

I was the Green Lantern… for five minutes.

Comme je le supposais la semaine dernière, cet épisode prend la décision – et la direction – de commencer en 2026, où nous suivons John essayer de convaincre un ensemble d’officiels d’acheter son produit de défense de la ville. Nous sommes dans une série DC et il est bien sûr question de Metropolis et Superman, ce que je trouve toujours un peu perturbant ici. J’avais du mal à savoir dans quel univers DC on était exactement, mais l’épisode confirme plus tard qu’on est bien dans celui des films récents. John, lui, a complètement repris sa vie de civil et travaille désormais avec son frère Marcus, loin de tout ce qui concerne Green Lantern.

Il reçoit aussi des appels de sa mère, qui l’informe qu’Hal Jordan veut s’excuser auprès de lui. Lol. Bernadette a gardé le contact avec Hal pendant qu’il était enfermé, puis après sa libération, parce que le pauvre homme n’avait apparemment pas de famille. Depuis quand Bernadette a un cœur exactement ? C’est étrange comme tout, mais ça fonctionne suffisamment pour que John prenne immédiatement la route vers Rushville. Il veut ses excuses et ça m’intéressait parce que je pensais vraiment qu’il retrouverait Hal mort après dix ans sans lui parler… Sauf que Bernadette lui a menti : Hal n’a jamais demandé à le voir pour s’excuser et semble même surpris lorsque John lui réclame ces fameuses excuses.

Hal considère plutôt qu’il a pris ses responsabilités puisqu’il a fait son temps en prison et qu’il n’a jamais révélé le rôle de John dans tout ce qui s’était passé dix ans plus tôt. C’est loin d’être suffisant pour John, évidemment, et Hal reprend aussitôt ses manipulations psychologiques avec son ancien bleu : il lui parle de la peur qu’il aurait eue une fois la bague entre les mains et qui expliquerait finalement pourquoi il l’a abandonnée. Perso, je ne suis pas convaincu du tout par ce choix de la série. Il aurait été beaucoup plus intéressant d’avoir les conséquences directes de ce qu’on a suivi jusqu’ici. Là, franchement, avoir un bond de dix ans pour qu’on nous raconte après coup comment les personnages ont vécu tout ça, ça ne me plaît pas, surtout qu’encore une fois, ils vont vouloir nous faire croire qu’ils sont brillants quand ils révèleront des parties manquantes à la compréhension dans un épisode flashback. C’est tellement artificiel et paresseux, ça m’énerve.

Les deux hommes s’embrouillent, John frappe Hal puis reprend la route. Avant qu’il parte, Hal lui demande toutefois de ne révéler à personne qu’il était là et qu’ils se sont vus. Le truc, c’est que le soir même, Kerry appelle John pour lui annoncer la mort d’Hal. C’est d’autant plus problématique que John vient précisément de lui péter le nez quelques heures plus tôt. Nous retrouvons donc enfin la scène qui terminait le pilot : Hal est assis mort dans les gradins du stade avec une balle dans la tête.

Je m’interroge toujours sur la raison qui explique que John vérifie immédiatement la main du cadavre d’Hal. Cela fait dix ans qu’il n’est plus Green Lantern et John sait mieux que personne ce qu’est devenue sa bague puisqu’il la lui a prise avant de la rendre aux Gardiens. Pourtant, la scène du pilot donnait clairement l’impression qu’il s’attendait à la trouver. À moins qu’il me manque quelque chose (wink, wink, on vous fera un flashback), c’est franchement étrange ou juste une fausse piste du pilot très mal écrite.

Kerry, de son côté, se demande qui a bien pu tuer Hal mais reconnaît que toute la ville le détestait. Elle révèle surtout ce qui s’est passé pendant ces dix années : elle et Billy sont séparés depuis trois ans et Hal lui écrivait déjà lorsqu’il était en prison. À sa sortie, il est revenu vivre à Rushville pour essayer de réparer ce qu’il avait fait. Il frappait aux portes des habitants pour proposer de tondre leur pelouse, faire leurs courses ou les aider de n’importe quelle manière. La ville qu’il a participé à détruire dix ans plus tôt ne lui a évidemment pas pardonné et il s’est surtout pris énormément de portes au nez.

Le pire pour Kerry, c’est qu’elle a l’impression qu’il est revenu pour elle. Et c’est là que la série commence à me perdre encore davantage : à quel moment Kerry et Hal sont-ils supposés être devenus si proches ? Leur relation en 2016 ne me faisait pas du tout croire à une romance et j’ai vraiment l’impression qu’on me demande d’accepter qu’un couple s’est développé simplement parce que c’est un homme et une femme qui se côtoyaient. On nous raconte une relation entière dix ans plus tard sans nous l’avoir vraiment montrée et je ne trouve pas ça très convaincant.

Comme John a fait pas mal de route dans la journée, Kerry lui propose de dormir chez elle. Il préfère finalement passer la nuit dans la maison qu’Hal occupait depuis sa sortie de prison et y retrouve Earl, la plante carnivore de l’ancien Green Lantern. Pardon ? Bon, Hal vivait là récemment, donc Earl n’est pas resté seul dix ans dans cette baraque, mais qui s’en est occupé pendant toutes les années où Hal était en taule exactement ? La plante semble en plus comprendre ce que dit John : quand il annonce la mort d’Hal au téléphone, elle réagit d’une manière assez triste. Je ne sais pas comment John parvient à dormir tranquillement juste à côté de cette chose carnivore, mais soit.

Le lendemain matin, Kerry lui paie un café dans le même diner où John a frappé Hal quelques heures plus tôt. C’est intéressant parce que Maggie, la serveuse, décide aussitôt de couvrir John en affirmant qu’Hal était seul. C’est plutôt pratique pour lui, même si je suppose que la haine générale envers Hal aide pas mal. John participe ensuite officiellement à l’enquête sur sa mort, ce que je trouve toujours particulièrement improbable : Kerry enquête sur un homme avec qui elle était liée et prend comme partenaire un type qui connaissait la victime, vient de la frapper et lui cache précisément ce détail. Elle le « députe » (oups, ça sonne mal en français comme ça, mais je sais pas comment on dit, alors on fera avec) rapidement pour régler le problème administratif, mais franchement, ça ne rend pas la situation beaucoup moins étrange.

À la morgue, Bitsy, la légiste, n’aime clairement pas John non plus et l’ignore quasiment. Elle leur apprend surtout qu’Hal a reçu une balle à bout portant et qu’il ne semble pas avoir essayé de se défendre. Parmi les affaires retrouvées sur lui, une clé les mène ensuite vers un box de stockage où ils découvrent une sorte de coffre extraterrestre. Malheureusement, celui-ci ne peut être ouvert que grâce à la voix d’Hal en direct. Kerry tente d’utiliser un ancien message vocal qu’il lui avait laissé, mais l’IA repère immédiatement qu’il s’agit d’un enregistrement. C’est encore une manière de nous montrer que Kerry et Hal étaient assez proches pour qu’elle ait conservé ses messages. Encore une fois, j’ai vraiment l’impression d’avoir raté plusieurs épisodes de leur relation.

Alors que John envisage ensuite de rentrer chez lui, Kerry lui propose de rester un peu plus longtemps à Rushville et de dîner avec elle. Avant ça, il découvre une énorme lampe permettant d’appeler Green Lantern, sorte de Bat-Signal local installé près du mémorial consacré aux victimes de la catastrophe de 2016. Il l’allume parce qu’il cherche le Green Lantern actuel, mais forcément, dans une ville qui déteste tout ce que ce symbole représente (mais dans ce cas pourquoi est-ce que la lampe est présente sur le mémorial ???), ça ne passe pas très bien. Billy et plusieurs de ses potes débarquent pour lui demander d’éteindre la lumière, John refuse et finit par leur mettre une raclée.

Il se rend ensuite comme si de rien n’était chez Kerry pour dîner avec elle et Noah, devenu adulte. Enfin, je suppose qu’il est encore censé être assez jeune, mais comme toujours avec des adultes qui jouent des ados, c’est perturbant. Évidemment, Kerry reçoit pendant le repas un appel lui apprenant que John vient de tabasser son ex-mari et plusieurs habitants. Elle l’arrête aussitôt. C’est tellement idiot : le type frappe Billy en pleine ville et espère tranquillement passer toute la soirée chez Kerry sans qu’elle l’apprenne ? On l’a connu plus malin que ça (quoique… peut-être pas finalement ?).

Une fois en cellule, John appelle Marcus pour obtenir l’argent nécessaire à sa caution le lendemain matin. Et c’est là qu’il reçoit la visite du Green Lantern du moment qui… n’est autre que Nathan Fillion ? Il est partout celui-là. Marvel, DC, ABC, ça fait une sacrée carrière à gérer de front. Et la coupe blonde dégueulasse qu’il arbore ? On est à ça du crime contre l’humanité comme je le pensais déjà la dernière fois que je l’avais vu sur grand écran. On comprend surtout que Guy Gardner est bien celui que nous connaissons déjà dans le nouveau DCU, donc voilà au moins ma question du début sur la continuité réglée.

John veut que Guy récupère sur Oa l’ancien costume d’Hal et sa bague désactivée afin qu’il puisse être enterré avec. Guy n’est pas spécialement motivé à se mêler de tout ça – « bad optics », apparemment – et John lui rappelle alors qu’il ne possède sa propre bague que parce que lui-même a refusé celle d’Hal. Bon, ça remet un peu Guy à sa place, on va dire, mais que c’était lourdingue. Celui-ci finit par accepter et glisse aussi au passage que Sinestro s’est échappé de prison. OK, cool, ça manquait d’un objectif pour la suite ?

Sinon, une fois de plus, il est question d’Harry Potter dans cette série avec une nouvelle blague autour d’Azkaban. HBO en fait des caisses, on a compris qu’ils avaient les droits et bientôt une série à diffuser. Là, ça devient juste lourdingue (encore). Quant à Nathan Fillion, il n’est finalement pas si différent d’Hal dans sa manière de jouer Lantern : arrogant, agaçant et persuadé d’être beaucoup plus cool qu’il ne l’est réellement. Pfiou, quel enfer. À croire que c’est un trait de caractère obligatoire pour porter cette bague.

À sa sortie de cellule, John découvre que son père a utilisé un flingue pour exploser une fenêtre dans sa maison de retraite. Son frère refuse d’abord de s’en occuper et rappelle au passage que leur père a toujours consacré toute son attention à John, le fameux élu de la famille. Comme John finance l’album de son frère, il dispose quand même d’un argument suffisant pour qu’il aille régler le problème. Super la famille !

Maggie, la serveuse du bar, vient ensuite lui faire son propre chantage. Elle sait que John était avec Hal avant sa mort et qu’il lui a cassé le nez. Elle l’a couvert auprès de Kerry mais son silence a un prix très précis : 314 536,27 dollars, plus la montre de John. Elle appelle ça des réparations pour ce qui est arrivé à Rushville dix ans plus tôt. C’est là qu’on comprend qu’elle est la petite fille à qui John s’était excusé dans les ruines à la fin de l’épisode précédent. J’aime bien l’idée de montrer que dix ans plus tard, les habitants paient encore littéralement les conséquences de tout ce chaos, mais qu’est-ce qu’elle est ridicule avec ses 27 centimes. À quel moment le calcul « avec les intérêts » est si précis, si arrêté ? Elle m’a soulé en une scène.

C’est vraiment un étrange choix, en plus, de placer la série en 2026 seulement maintenant. Je comprends l’idée de nous montrer les conséquences de tout ce qu’on a vu et ce qu’est devenu ce Lantern qui a refusé de l’être, mais pourquoi commencer cette histoire uniquement à l’épisode 6 et/ou dès l’épisode ? On a passé cinq épisodes à raconter une première intrigue avant de bondir dix ans plus tard et de repartir presque de zéro. Je ne comprends toujours pas la construction de cette saison.

John se rend ensuite aux funérailles d’Hal et croise à nouveau Guy Gardner, toujours parfait connard avec lui. Cela ne donne décidément pas très envie d’être Green Lantern. Il rencontre aussi Carol Ferris, une ancienne compagne d’Hal, qui lui confie l’éloge funéraire que celui-ci avait rédigé lui-même des années auparavant. Évidemment qu’Hal avait écrit son propre éloge, et évidemment qu’il s’imaginait une cérémonie gigantesque pleine de gens importants parce que lolilol c’est drôle de faire le contraste comme il n’y a quasiment personne. Il est pas drôle en fait, il est… lourdingue. Ma critique aussi, je me répète et je m’agace de plus en plus.

John finit par lire le texte devant Kerry et Carol. Pfiou, c’était… non, désolé, je n’ai pas d’autres mots : lourd. Honnêtement. Je n’aime pas les personnages, en fait, et c’est probablement l’un de mes gros problèmes avec la série. L’humour d’Hal, franchement, je ne le trouve pas drôle et son éloge funéraire volontairement grandiloquent m’a surtout ennuyé – je voulais juste la scène suivante où John allait récupérer sa bague.

L’enterrement n’est pas crédible non plus en plus. Comment ça, il n’y a PERSONNE qui se pointe au cimetière pour l’enterrement d’un ancien super-héros ? Vous ne me ferez pas croire que le monde entier lui a tourné le dos, y compris tous les gens qu’il a sauvés à une époque. On nous l’a vendu comme une superstar pendant des décennies, tout de même. De là à ce qu’il n’y ait pratiquement que John, Carol et Kerry devant sa tombe ? Pas un journaliste ? J’ai vraiment du mal à y croire.

Durant la nuit, John reçoit un appel de Marcus qui est avec le colonel censé finaliser leur gros contrat. John a tellement laissé son travail de côté depuis son arrivée à Rushville que la situation commence à dégénérer. Le colonel lui raccroche donc au nez, parce qu’il n’aime pas être négligé et passé au second plan. Quelqu’un de bien, encore. Lés zhommes, t’sais. Marcus en veut logiquement à son frère mais, au lieu de rentrer enfin chez lui, John continue ses propres occupations qui consistent désormais à… déterrer la tombe d’Hal.

Son plan devient alors assez évident si vous n’aviez pas encore compris ce qu’il regardait lorsque le cercueil d’Hal était ouvert. Il voulait faire venir Guy pour récupérer l’ancienne bague désactivée et faire en sorte qu’Hal soit enterré avec elle. Maintenant que la cérémonie est terminée, il peut tranquillement revenir la chercher. Il ouvre donc le cercueil, passe la bague au doigt et découvre qu’elle possède encore assez d’énergie pour faire apparaître l’hologramme d’Hal… qui se retrouve à regarder son propre cadavre.

Bon, ça fait un bon cliffhanger. Quelques scènes plus tôt, le coffre refusait précisément de s’ouvrir sans la voix vivante d’Hal Jordan et John vient maintenant de récupérer une sauvegarde consciente capable de parler avec sa voix. Je suppose donc qu’il va essayer de s’en servir pour accéder au box et comprendre ce qu’Hal cachait avant sa mort, voire résoudre le crime.

Si le mystère fonctionne et me donne envie de voir la suite, je reste très sceptique devant cet épisode qui relance la série sur une toute nouvelle piste ne justifiant pas tellement tout le temps investi sur 2016. En fait, c’est peut-être le côté prestige drama qui veut ça, mais je n’arrive pas à avoir l’impression d’être devant une série. Pourtant, on a bien un épisode par semaine comme j’aime et comme je le réclame toujours… Comme quoi, il ne suffit visiblement pas de découper une histoire en huit morceaux pour me donner cette sensation.

Photo promotionnelle de l’épisode — HBO / Warner Bros. Television / DC Studios.

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Lanterns – S01E05 – Lights Out – 18/20

Excellent épisode 5, qui confirme que Lanterns avait vraiment beaucoup de bonnes choses à raconter. Les personnages, les tensions et les révélations fonctionnent très bien, mais par contre qu’est-ce que c’est rageant et frustrant : tout va beaucoup trop vite ! J’aime bien ce qu’on nous raconte, beaucoup moins le fait qu’on semble déjà vouloir tout expédier au bout de cinq épisodes. J’ai eu l’impression d’être devant une fin de saison et donc d’avoir raté des éléments qui auraient été chouettes s’ils avaient été développés sur plusieurs épisodes. Franchement, approfondissez la psychologie des persos sur 22 épisodes, ça nous manque.

Spoilers 

La révélation de l’identité du Manhunter bouleverse tout et la tranquillité de la ville n’est plus.

Hal Jordan dies today.

C’est un peu la catastrophe de voir l’épisode si tard cette semaine, mais je suppose que l’essentiel, c’est de le voir quand même. Le travail commence à me déborder un peu, j’avoue, c’est le problème d’enchaîner les heures : j’ai beau avoir un emploi du temps incroyable, ben, la fatigue est là. Et puis, j’ai surtout eu à régler un problème administratif dans ma vie perso. La bonne nouvelle, c’est que ça semble être réglé. Bref, vous êtes là pour la critique, donc c’est parti :

L’épisode commence en 2007 et surprend en proposant cette fois-ci un flashback sur Kerry. On nous teasait quelque chose par rapport à son passé à Gotham, mais je pensais que ça attendrait la saison 2 vu le rythme de cette série. Finalement, c’est dès maintenant qu’on apprend un peu plus de choses sur son passé. Elle a fui Gotham à cause de la réputation de balance de son père, qui a apparemment été tué pour avoir parlé.

Deux hommes la traquent jusque dans un diner près de Rushville avec une mission assez claire : la tuer discrètement, récupérer son petit doigt comme preuve puis enterrer son corps. Kerry est prise au piège et comprend que c’est foutu pour elle. Elle est sauvée in extremis par Zoé. Attendez, pardon ? Kerry savait depuis tout ce temps que Zoé n’était absolument pas normale ? Non parce que dans quel monde une femme de son âge met à terre deux types robustes dans un bar avec cette facilité ?

Zoé tue l’un des hommes et laisse l’autre repartir avec une preuve suffisamment convaincante du « meurtre » de Kerry : son petit doigt. Voilà donc pourquoi il lui manque depuis le début. Kerry doit elle-même se le couper et le type peut rentrer à Gotham annoncer que le contrat a été rempli. Zoé, toujours aussi rassurante, le menace évidemment de massacrer toute sa famille s’il raconte ce qui s’est réellement passé.

Et voilà comment naît leur pacte. Zoé offre à Kerry une nouvelle vie, tranquille et sécurisée à Rushville, et lui promet même de faire repousser son doigt. En échange, elle ne lui demande qu’une chose : le jour où des gens viendront la chercher, Kerry devra la protéger comme Zoé vient de la protéger. J’aime bien ce flashback parce qu’il donne enfin du sens à l’attitude de Kerry depuis le début. Elle n’a jamais simplement été naïve ou aveugle face à tout ce qui se passe dans sa ville : elle savait. Elle a une dette envers Zoé depuis neuf ans et toute sa vie actuelle découle plus ou moins de ce marché. Cela aurait pu être savoureux d’avoir plusieurs épisodes consacrés aux dilemmes face auxquels elle est avec cette position. Ce n’est pas le choix de la série, évidemment.

Le cliffhanger de la semaine dernière voyait Hal se débrouiller pour laisser John avoir un accident de voiture, sans la bague cette fois-ci. Je ne m’attendais pas à ce que la série reprenne directement sur cette scène – je pensais vraiment qu’on nous l’enverrait à l’hôpital quelques heures plus tard. Finalement, John est coincé et blessé dans la voiture pendant qu’Hal vient lui expliquer qu’il n’avait pas d’autre choix que de le mettre hors-jeu. John lui a menti, savait que Zoé était probablement le Manhunter et, accessoirement, cherche depuis le départ à le remplacer. Pour Hal, la formation est donc terminée : John ne prendra pas sa bague. Mouais.

Et ça, pour être hors course, il l’est. Hal se barre tranquillement pendant que John reste prisonnier de la voiture. Celle-ci prend feu et finit par exploser alors qu’il est encore dedans. Autant on comprends bien que Zoé avait pu survivre à son explosion la semaine dernière, autant je ne vois vraiment pas comment John pouvait s’en sortir après ça, surtout que Zoé arrive à temps… et choisit volontairement de le regarder exploser un peu avant de lui venir en aide. Charmant.

Elle le récupère finalement dans un état assez terrifiant et l’emmène à l’hôpital. Voilà donc qui confirme définitivement pourquoi l’endroit est vide : Zoé possède une technologie suffisamment avancée pour soigner quasiment n’importe quoi et elle semble avoir fait profiter toute la ville de ses miracles depuis des années. John, complètement brûlé, peut ainsi être remis sur pied. Par contre, Zoé fonctionne toujours de la même manière : elle sauve quelqu’un lorsqu’il n’a plus aucune autre solution, puis elle lui demande quelque chose en échange. Kerry en 2007, William avant elle et maintenant John. Cette fois, le marché est simple : elle lui rend son corps, le protège et laisse Hal mourir. John récupérera ainsi la bague qui, selon elle, aurait toujours dû être la sienne.

C’est là qu’elle lui raconte aussi une partie plutôt importante de son histoire. Les Manhunters n’étaient pas simplement des monstres apparus de nulle part : ce sont les Gardiens eux-mêmes qui les ont créés pour imposer la justice dans la galaxie. Quand leurs méthodes ont été jugées trop violentes, les Gardiens ont décidé que leur création était une erreur et ont essayé de les exterminer. Décidément, plus on en apprend sur les Gardiens, plus ils ont l’air d’être des gens sympathiques à inviter pour le dîner.

John comprend également ce qui est arrivé à Abin Sur. C’est lui qui avait retrouvé Zoé et, au lieu de la livrer aux Gardiens, il avait choisi de l’épargner et de l’amener sur Terre. Même s’il a eu le bon goût de la sauver, Zoé l’a tué malgré tout : elle ne pouvait pas courir le risque qu’il change un jour d’avis ou qu’il révèle accidentellement sa présence. Connasse, un peu, non ? Je suis vraiment mitigé sur ce personnage et la relation John/Zoé. Elle dit ne pas avoir pu faire autrement, mais ça me semble tellement faux. C’est cependant le drama et la tragédie de son personnage aux yeux des scénaristes (c’est too much pour que j’adhère) : elle semble avoir développé des sentiments, des liens et une vraie vie humaine, mais son instinct de survie et sa programmation reprennent toujours le dessus.

Dans tout ça, John doit passer par une machine qui va lui refaire une peau toute neuve. J’ai aimé la blague quand il a peur de finir blanc, franchement, même si ça reste une sacrée facilité scénaristique de pouvoir le soigner si vite. Zoé lui met aussi une goutte de son sang dans l’œil et la machine lui fait revivre quelques souvenirs pendant que, nous, on se rince un peu l’œil grâce à la réal qui prend son temps sur Aaron Pierre complètement à poil – mais pas trop quand même, la machine le couvre, voyons. Allons bon, du female gaze – pour une fois – dans une série boys club ? Ce n’était pas forcément dans mon bingo.

Pendant ce temps, Hal continue évidemment son propre plan. Le petit hologramme de secours m’avait semblé totalement inutile et je l’avais oublié, mais il lui sert finalement de sentinelle et pourra l’alerter des déplacements de Zoé. Bon, soit. Hal retrouve ensuite Kerry, qui est obligée de donner le change parce que Zoé les observe en permanence. Elle lui tire donc dessus tout en essayant de lui expliquer discrètement pourquoi elle protège le Manhunter – du coup, ça aurait pu être top de le découvrir comme ça, mais l’épisode ayant commencé par là, ben… c’est longuet.

Bien sûr, Hal n’est absolument pas disposé à partir. Pour lui, Zoé reste une criminelle de guerre et doit répondre de ce qu’elle a fait. Kerry le prévient pourtant très clairement : s’il reste à Rushville, Zoé est prête à tout pour survivre et la ville paiera les conséquences. On sait donc immédiatement que ça va très bien se passer pour Rushville, mais je ne m’attendais pas à ce que l’épisode dérape si vite. Enfin, si vite… Kerry tire quand même plusieurs fois sur Hal. Ce n’est pas bien passionnant : il est constamment protégé par son bouclier, et c’est un peu la même chose dans la scène suivante où plusieurs hommes cherchent à se débarrasser de Green Lantern.

C’était un peu lourd. Hal décide ainsi de manipuler Antaan et ses hommes en leur faisant croire que le Manhunter qu’ils recherchent est William Macon. La scène glisse au passage quelque chose d’assez inattendu sur Hal et une possible bisexualité : il dit fonctionner selon les opportunités plutôt que selon des préférences très arrêtées quand Antaan suppose aussitôt que John comme Hal ont couché avec William. Franchement, je ne m’attendais pas forcément à ce que la série aille sur ce terrain-là et je n’ai pas bien compris le délire.

En tout cas, l’homme à qui il s’adresse croit Hal lorsqu’il lui affirme que Macon est le Manhunter – son ex. Il décide donc de le confronter directement, puis finit par lui arracher le cœur. Bon ben adieu Macon. Tout ça pour ça ? C’est une bonne diversion pour Hal : pendant que les extraterrestres s’occupent du domaine, Hal pourra essayer d’attraper Zoé lui-même et la livrer aux Gardiens. Tout ce petit monde utilise donc tout le monde, c’est formidable. William sait visiblement ce qui l’attend et accepte de jouer son rôle jusqu’au bout. Il a gagné des décennies supplémentaires grâce à Zoé et semble parfaitement disposé à mourir pour elle. En vrai, sa mort fonctionne assez bien avec tout ce qu’on savait du personnage : sa fidélité à Zoé allait jusqu’au sacrifice… Mais ça m’a surpris que ça se fasse dans cet épisode et comme ça, si vite. On a passé quelques scènes à nous le dresser comme un perso important, avec des lubies nudistes incompréhensibles, pour… ça ?

OK, soit. Ensuite, Zoé déclenche son plan pour épuiser Hal. Des tirs orbitaux commencent à s’abattre sur Rushville, détruisant progressivement la ville et obligeant Green Lantern à utiliser encore et encore sa bague pour protéger les habitants. Là encore, j’aime beaucoup l’idée : plutôt que d’essayer de battre directement Hal, elle s’attaque à son principal point faible, l’autonomie limitée de son anneau, qu’il n’a pas rechargé, ça va de soi.

On a donc enfin droit à de vraies grosses scènes de Green Lantern. Hal protège les bâtiments, arrête les explosions comme il peut et essaie de sauver les habitants au milieu d’un Rushville qui part littéralement en morceaux. J’ai aimé ça, j’ai aimé le château d’eau qui s’écroule et j’aime surtout que la série assume enfin davantage son côté super-héroïque – même s’il n’a toujours pas l’air d’un super-héros très efficace, là. Après, quand ça enchaîne sur le gros brouillard noir et une longue scène où on ne distingue plus grand-chose à travers les lunettes vertes d’Hal… J’accroche beaucoup moins.

Il faut en plus gérer Antaan, qui s’approche en étant prêt à se faire exploser pour tuer le Manhunter. Hal utilise sa bague pour l’envoyer suffisamment haut dans les airs afin que son explosion n’emporte pas tout le monde avec lui. Adieu Antaan aussi, du coup ? Tout ça pour ça ?

Quand Hal retourne à l’hélicoptère, Zoé s’est évidemment enfuie. Enfin, presque toute Zoé : elle a préféré laisser son bras derrière elle plutôt que de rester menottée là où il l’avait attaché. Pratique de pouvoir faire repousser ses membres. Hal n’a pas ce luxe et doit toujours recharger sa bague. Il se rend au motel où il ne s’attend pas à trouver John. Et là, je trouve ça franchement peu malin de sa part : Hal ne sait pas que la voiture a explosé après son départ. De son point de vue, John pourrait donc très bien avoir réussi à s’en sortir et être revenu au motel. Qu’il soit aussi surpris de le voir là me paraît un peu étrange.

John, lui, n’a évidemment pas oublié ce qui vient de se passer et prend rapidement le dessus sur Hal – après s’être enfui de l’hôpital où Zoé ne l’a laissé apparemment qu’avec un seul garde. Elle est un peu concon. John prend rapidement l’avantage physiquement sur Hal et tente de récupérer la bague. Toute la rancœur accumulée entre eux éclate d’un coup : Hal lui répète qu’il ne sera jamais son remplaçant, John a passé sa vie entière à attendre exactement ce moment et aucun des deux n’est encore capable de faire confiance à l’autre.

Avant que John puisse vraiment gagner, un nouveau tir orbital vise directement le motel. Hal parvient in extremis à remettre la bague et utilise ce qu’il lui reste d’énergie pour les protéger. Le bâtiment, lui, leur tombe dessus quand même. John se barre en laissant Hal sous les décombres et quand Zoé arrive pour achever Green Lantern, elle pense évidemment que son marché avec John a fonctionné. Il lui a laissé Hal, elle va pouvoir le tuer et John récupérera ensuite sa précieuse bague.

Elle a de l’espoir ! Hal sait que si John voulait vraiment sa mort, il l’aurait tué lui-même. Il ne l’aurait pas simplement laissé là pour que Zoé fasse le boulot. Hal comprend donc avant elle ce qui vient de se passer : il est l’appât pour qu’il puisse se débarrasser de Zoé. Et effectivement, John est installé un peu plus loin avec son fusil de sniper. Zoé se prend une balle dans la tête et meurt. Elle aussi. Tout le monde crève, en fait, donc y a plus de série ensuite ?

J’ai beaucoup aimé cette scène cela dit, parce qu’elle utilise enfin quelque chose qu’on sait de John depuis le début : ce n’est pas simplement un futur Green Lantern, c’est aussi un militaire et un tireur entraîné, et c’est bien qu’il puisse gagner en se servant de ces talents humains. Pour le reste, il trahit Zoé qui pensait que son pacte avec lui fonctionnerait, mais en vrai, je ne vois pas comment elle a pu se dire que ça suffirait ? Il n’a aucune raison de ne pas la trahir : il a déjà eu ce qu’il voulait ; il ne risque rien à la descendre…

John lui arrache ensuite le cœur et celui-ci se cristallise immédiatement, comme si on avait encore un doute. J’ai trouvé sa mort presque trop rapide après tout ce qu’on vient d’apprendre sur elle. En cinq épisodes, on est passé du mystère complet à son identité, ses motivations, son histoire avec Rushville puis sa mort. Ça fait beaucoup en peu de temps, je n’appelle pas tellement ça une série. En revanche, j’aime bien que la série ne cherche pas à transformer ça en victoire héroïque : personne n’a vraiment gagné ici et la ville est pratiquement détruite.

John retourne ensuite auprès d’Hal, toujours vivant mais salement amoché. Il récupère la lanterne puis retire directement la bague du doigt de son ancien mentor. Hal n’a qu’une question : est-ce que tout ça en valait la peine ? John ne répond pas, met la bague et se barre. Hal lui lance tout de même un dernier avertissement pendant qu’il s’éloigne : les Gardiens l’ont remplacé par John et, tôt ou tard, ils remplaceront aussi John. Vu tout ce qu’on vient d’apprendre sur les méthodes des Gardiens, difficile de totalement lui donner tort.

John traverse ensuite les ruines de Rushville. J’aime beaucoup ce passage parce que toute l’euphorie qu’aurait pu provoquer le fait de le voir enfin obtenir la bague est volontairement absente. Il regarde juste ce qu’il reste de cette ville et les gens qui tentent de s’entraider au milieu du désastre. Kerry ordonne d’ailleurs aux hommes armés de ne pas lui tirer dessus lorsqu’ils le voient passer. Elle ne semble pas particulièrement dévastée par la mort de Zoé ou la destruction de la ville et je trouve ça complètement con comme scène, honnêtement. Vous allez me dire que je fais une fixette : mais ça aurait été tellement plus intéressant sur plusieurs épisodes et avec un vrai développement du perso…

La dernière scène ? John rejoint Lianna au bar, l’extraterrestre qui lui avait fait passer son entretien. Elle semble presque surprise, voire déçue, d’apprendre qu’Hal est encore vivant, mais est tout de même plutôt ravie du résultat : le Manhunter est mort, John possède la bague et il lui apporte même le cœur cristallisé de Zoé comme preuve. Tout se déroule donc plus ou moins comme les Gardiens l’espéraient.

Et puis John retire la bague et l’abandonne.

Franchement, cet épisode ressemblait à une fin de saison. Je ne comprends pas trop pourquoi il avance aussi vite : en cinq épisodes, la série vient de résoudre ou de bouleverser énormément de choses qui auraient largement pu avoir davantage de temps pour se développer. Le fait que Kerry soit du côté de Zoé était intéressant, mais c’est révélé aussitôt qu’on l’apprend en flashback à Hal alors qu’il y avait de quoi faire. Zoé est identifiée à la fin de l’épisode précédent, puis morte cinquante minutes plus tard. William et Antaan disparaissent eux aussi. Rushville passe d’une petite ville mystérieuse relativement calme à un champ de ruines en quelques scènes.

Puis, il y a ce choix de nous avoir montré dès le pilot que Kerry et John seront toujours là dix ans plus tard… Autant dire que ça enlève une partie du suspense : John ne va pas mourir dans la voiture, Kerry survivra à tout ce chaos, Hal ne risquait rien de l’épisode.

Je suis tout de même content de ne pas avoir été spoilé tellement il y aurait eu de quoi faire cette semaine. Et surtout, ce cliffhanger où John abandonne finalement la bague est très intéressant. Limite, ça pourrait fonctionner comme une fin de série et le message serait alors sacrément intéressant. Bon, le prochain épisode est dans deux jours, donc il n’en sera évidemment rien. Seulement, maintenant que toute l’intrigue du Manhunter semble pratiquement terminée, je ne sais absolument pas ce que les trois derniers épisodes vont raconter. Enfin si : il y a toujours un cadavre d’Hal Jordan qui nous attend dix ans plus tard.

Photo promotionnelle de l’épisode — HBO / Warner Bros. Television / DC Studios.

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Lanterns – S01E04 – The Weenie – 16/20

On sent que la saison avance et que l’intrigue se dévoile davantage cette semaine, avec davantage de pièces du puzzle et une vraie réponse. J’aime beaucoup les dynamiques qui sont proposées entre les personnages et qui permettent des développements intéressants, avec des prises de décisions parfois risquées. Pour autant, j’ai trouvé l’épisode encore difficile à suivre par moments, avec des éléments peu introduits – ou mal introduits. Ça reste très savoureux à suivre et je suis embarqué par l’histoire autant que par les effets spéciaux.

Spoilers 

Qui donc est le Manhunter ?

They didn’t let me in. It’s the happiest place on Earth, they said I’d killed the vibe.

Yes, j’ai réussi à le voir le jour de la sortie !

On en revient enfin au cliffhanger de l’épisode 2 dès le début de cet épisode : Hal rend visite à Sinestro pour avoir des infos sur les Manhunters. La conversation déraille pourtant hyper rapidement : très vite, il se retrouve à être celui qui est cuisiné sur John. Sinestro a parfaitement compris que celui-ci n’est pas simplement son apprenti, mais son remplaçant, et il s’amuse évidemment à appuyer là où ça fait mal. Son conseil ? Éliminer John avant que John ne l’élimine professionnellement. Il propose évidemment une élimination radicale et définitive, quoi.

Bon, Hal est évidemment contre cette idée et envoie bouler son ancien mentor assez rapidement, en réexpliquant son point de vue sur John, qui le remplacera un jour, qui n’est qu’un plan de secours. Il finit tout de même par reconnaître à voix haute ce qu’il ne voulait pas vraiment admettre jusque-là : oui, John est son remplaçant. C’est intéressant parce que Sinestro joue clairement avec cette peur d’être devenu trop vieux et inutile alors que, de l’autre côté, les Gardiens font exactement la même chose avec John en lui expliquant qu’Hal n’est plus à la hauteur. Tout le monde essaie de dresser ces deux-là l’un contre l’autre et ça fonctionne un peu trop bien si on en croit ce début d’épisode – je vois en tout cas qu’ils veulent nous créer un doute là-dessus, mais je suis à peu près sûr que ça finira par être l’inverse : ils seront comme cul et chemise et renverseront ensemble l’ordre établi. Reste à voir ce qu’on fera du cliffhanger du pilot. Bref.

Voyant que la conversation est stérile, Hal envisage de se barrer jusqu’à ce que Sinestro se mette enfin à parler un peu des Manhunters. Je trouve quand même qu’il en dit très peu, mais il donne au moins une information essentielle : même lorsqu’ils changent d’apparence, certaines particularités de leur physiologie restent impossibles à reproduire parfaitement. Leur cœur, notamment, cristallise lorsqu’ils meurent. Pas hyper pratique comme méthode de dépistage : pour vérifier si quelqu’un est un Manhunter, il faut donc plus ou moins commencer par lui arracher le cœur.

De son côté, John est un peu perdu sans Hal : il aimerait son aide, mais Hal s’est barré sans prévenir. John continue donc son travail sans son mentor pendant un temps et achète une lunette de fusil afin de surveiller la propriété de William Macon. En hauteur, il repère un hélicoptère qui arrive chaque jour et semble disparaître au milieu du domaine. Il comprend surtout que toute l’architecture s’organise autour d’un point central invisible depuis l’extérieur : le fameux « weenie » du titre.

John explique le concept qui nous vient tout droit de Disneyland : le « weenie », c’est le point visuel qui attire le regard et autour duquel un lieu est construit, comme le château au bout de Main Street. J’ai donc évidemment apprécié la référence Disney, surtout avec la petite blague sur le fait que John tuerait l’ambiance du « happiest place on Earth ». C’est tellement ça. Il en conclut surtout qu’il y a quelque chose de caché au centre du domaine de Macon (une fois sur deux, j’écris Macron à la place…) et que c’est probablement là qu’ils doivent chercher.

John et Hal décident alors de raconter ce qu’ils savent à Kerry. Elle apprend donc l’existence du Manhunter et surtout le compte à rebours en cours : si John ne livre pas leur cible aux extraterrestres d’Antaan dans les temps, ceux-ci sont prêts à débarquer à Rushville et à faire sauter la ville jusqu’à retrouver leur ennemi. Elle accepte donc assez vite de les aider, parce que bon, « sauver ma ville d’une explosion extraterrestre » est tout de même un argument assez convaincant apparemment. Elle est vraiment devenue une alliée, mais pour autant, elle continue d’être agacée par Hal. C’est une dynamique qui me plaît pour l’instant.

Sinon, nos héros lui parlent après avoir vérifié qu’elle existait bien à Gotham, comme annoncé dans l’épisode 2. Je continue de trouver l’argument étrange : s’ils ont affaire à des métamorphes, qu’est-ce que ça change d’avoir un passé ? Cela prouve que Kerry Kane existe, certes. Est-ce que ça prouve que la femme devant eux est toujours Kerry Kane ? Pas tellement, à moins que quelque chose m’échappe ? Cela semble suffire à l’écarter de tout soupçon, bizarrement.

Hal et John retournent ensuite dans leur motel miteux typiquement américain pour attendre la nuit. C’est là que Lianna, la Gardienne qui suit John depuis toujours, débarque parce qu’il n’a pas pris contact avec elle. Elle lui apprend surtout ce qu’Hal lui cache : il n’était pas parti coucher dans l’espace comme il le disait, il est allé voir Sinestro, violant au passage son serment envers les Gardiens. Pour Lianna, c’est la preuve qu’il faut accélérer le remplacement d’Hal. Le plan qu’elle propose à John est simple : la prochaine fois qu’Hal lui confie la bague, il n’a qu’à réciter le serment. Il deviendra alors officiellement le Green Lantern du secteur 2814 et Hal cessera de l’être. Petit coup d’État intergalactique, quoi.

John ne semble pas immédiatement convaincu, surtout qu’il n’est pas hyper ravi de découvrir qu’on lui demande finalement de prendre lui-même la place d’Hal. En gros, on lui demande d’y aller en force et de faire son coup d’État tout seul ; ce n’est pas si évident, surtout maintenant qu’il connaît Hal. Lianna sait cependant parfaitement quels boutons pousser : elle lui parle de la faiblesse de son père et lui rapporte les critiques qu’Hal aurait écrites sur lui, le décrivant notamment comme trop faible et pas assez créatif. Ça fonctionne : John finit par lâcher tout ce qu’il pense d’Hal – un crouton vieux et fatigué – en expliquant que la bague aurait toujours dû être la sienne.

Le problème est qu’après le flashback de l’épisode précédent, on sait précisément comment les Gardiens et surtout la mère de John l’ont conditionné depuis son enfance pour penser comme ça. John appelle d’ailleurs Bernadette un peu plus tard et elle lui conseille elle aussi de ne surtout pas se laisser détourner de son objectif par le charme d’Hal. C’est assez dingue finalement : John est adulte, mais il a encore une Gardienne et sa mère qui lui expliquent quoi penser de son mentor… Alors certes, ça nous fait douter, mais je pense vraiment que ce sont des fausses pistes.

Et pourtant, quand il retrouve Hal, John est plutôt malin et n’y va pas en force comme on le lui demande. Au contraire, il utilise la ruse et amadoue Hal en lui proposant son propre plan pour entrer dans la propriété. Hal est impressionné par ses dessins et ses calculs – « pas assez créatif », hein ? – et finit par accepter de tenter la méthode de John plutôt que son habituelle entrée fracassante par les airs.

Hal lui donne donc la bague en toute confiance. On voit bien que John hésite un instant à réciter le serment, mais il ne semble finalement pas prêt à devenir Green Lantern de cette manière. À la place, il se contente de créer une énorme foreuse qui doit leur permettre de creuser un tunnel pour atteindre le point qu’ils ne peuvent pas observer. C’est plus discret que de passer par les airs comme Hal l’envisageait – il risquait de se faire tirer dessus. Je reste perplexe : la machine énorme qu’il invente et utilise doit quand même faire un bruit monstrueux, quoi. Mais bon, faisons comme si. J’aime surtout que John ait la bague entre les mains, ait exactement l’occasion que Lianna lui demandait de provoquer et décide malgré tout de ne pas trahir Hal.

Ils arrivent ainsi à entrer dans ce qui ressemble fort à un laboratoire ou un entrepôt secret bourré de technologie qui n’a clairement rien de terrestre. J’ai bien aimé cette scène, surtout avec le poids de « 84 kilos-ish ». C’était drôle, l’échange était bien foutu et je trouve que le duo fonctionne de mieux en mieux chaque fois que la série accepte simplement de les laisser discuter en faisant leur boulot. C’est presque con de vouloir les dresser tout le temps l’un contre l’autre, car ça ajoute trop de sérieux et de doutes non stop.

Malheureusement, Hal déclenche une alarme et les hommes de Macon débarquent avec des armes qui libèrent une sorte de fumée noire. Non seulement ils n’y voient plus rien, mais la technologie neutralise également la bague. Voilà qui confirme au moins qu’il y a bien du matos extraterrestre dans le coin. Hal et John sont donc capturés sans trop de difficulté.

Ils sont ramenés auprès de William Macon qui récupère rapidement la bague, puis se met à poil devant Hal et John. C’est… étonnant. Sur le coup, je me suis demandé si la scène était juste gratuite… et je crois bien que oui. C’est vendu comme une démonstration de pouvoir complètement tordue : William sait que John est artiste, il sait qu’il a couché avec Zoé et il demande donc tranquillement à John de le dessiner nu devant elle. Une façon assez efficace de lui montrer qu’il sait tout, qu’il n’a pas honte et qu’ici, c’est lui qui décide de ce qui est gênant ou non ? Franchement, c’était perché.

Hal lui-même est perturbé et c’est assez drôle de l’entendre expliquer qu’après tout ce qu’il a vu dans la galaxie, il trouve tout de même la situation bizarre. John fait son dessin, avec un pénis bien visible sur son croquis – dis donc, on nous parle d’éléphant, dites. C’est lourdingue – boys club encore, toujours, flemme.

La discussion nous apprend surtout beaucoup de choses sur le mystérieux bienfaiteur de William. Celui-ci lui aurait sauvé la vie alors qu’il avait un cancer et, depuis, William le considère pratiquement comme un dieu. Ce mystérieux individu a aussi transformé Rushville : les cultures poussent, les enfants vont bien et personne ou presque ne tombe malade. Ah ! L’hôpital complètement vide de l’épisode 2 est donc bien lié aux extraterrestres. En échange de tout ce qu’il a apporté à la ville, William et les siens le protègent. Cela explique aussi pourquoi il dispose d’armes extraterrestres capables de neutraliser la bague. On ne sait toujours pas qui est ce bienfaiteur, mais il devient franchement difficile de ne pas penser au Manhunter.

Kerry sort finalement nos héros de là assez vite, dépitée de voir son beau-père complètement nu quand elle débarque. Elle est surtout énervée de voir qu’ils ont foiré leur unique chance d’enquêter discrètement, même si elle leur apprend qu’elle cherche elle aussi l’identité du fameux bienfaiteur dans les affaires de Billy. C’est Zoé qui l’a prévenue de leur présence et elle demande maintenant aux deux Lanterns d’arrêter de tout faire exploser pendant cinq minutes. Bon courage.

John reçoit ensuite une visite de Zoé. Pourquoi au juste ? Je continue de ne pas comprendre ce couple. Qui s’est dit que ce serait une bonne idée ? Elle est essentiellement là pour coucher à nouveau avec lui et ça me donne toujours l’impression qu’on ajoute gratuitement du sexe à la série. Cela ne me passionne pas du tout et, malgré les explications de l’épisode 3, je ne comprends toujours pas pourquoi John continue de coucher avec elle. Il peut avoir à peu près n’importe quelle femme qu’il souhaite, non ? Enfin, en travaillant sur sa politesse, sur son charme et sur plein de choses, certes, mais ça me paraît envisageable. Pourquoi Zoé ? Bref, on s’en fout.

Cette fois, au moins, la scène sert ensuite l’intrigue : elle lui demande de quitter Rushville avant de se faire tuer et lui explique qu’elle sait quelque chose qu’elle ne peut pas encore lui révéler parce que « tout changerait ». Il y a surtout une petite phrase loin d’être anodine : William disait que son bienfaiteur avait guéri son cancer ; Zoé, elle, dit à John que lorsqu’elle a rencontré William, il était mourant et que c’est elle qui lui a sauvé la vie. Allons bon.

John refuse de partir et lui annonce qu’il n’y a aucune chance qu’il abandonne l’enquête. C’est un peu contre toute attente que Zoé se fait alors tuer. Franchement, WTF. Sa voiture se fait pulvériser alors qu’elle quitte le motel, détruite par un rayon provenant d’un satellite. La mort est tellement immédiate et spectaculaire que je me suis dit qu’il y avait anguille sous roche. Hal débarque presque aussitôt et va carrément récupérer le satellite dans l’espace avec sa bague. Effets spéciaux plutôt cools au passage, et je continue d’aimer quand la série se rappelle que son enquête policière est menée par un type capable d’aller chercher une pièce à conviction en orbite.

Kerry les aide à découvrir à qui appartient le satellite. Il est relié à Atlas, une société appartenant à un certain Hector Hammond, propriétaire notamment d’abattoirs de haute technologie. Le détail qui rend le type immédiatement suspect ? Il n’existe pratiquement aucune trace de lui avant 1986, soit justement l’époque à laquelle le Manhunter est arrivé sur Terre. John a cependant une théorie plus intéressante : si Hammond voulait vraiment les tuer, il aurait pu viser directement leur motel. Faire exploser Zoé sous leurs yeux ressemble donc moins à une menace qu’à une invitation. Quelqu’un veut qu’ils remontent jusqu’à Hammond et, évidemment, ils suivent ce piège avec plaisir.

Sur le chemin, Hal essaie tout de même de savoir comment John vit la mort de Zoé. Il paraît étonnamment peu atteint et Hal lui explique que c’est malheureusement le genre de choses qui arrivent avec ce boulot. Il lui conseille même d’éviter les vraies relations pour ne pas mettre les autres en danger. Vie de merde, quoi, mais putain, John a-t-il compris comme moi la phrase de Zoé ?

Ils arrivent ensuite dans l’un des abattoirs d’Hammond où, là encore, tout est très étrange. Les employés ne les calculent absolument pas, même lorsqu’ils leur parlent directement, et toute l’usine paraît beaucoup trop automatisée pour être normale. Ils observent notamment une vache traverser le dispositif avant de se faire découper instantanément au laser en morceaux parfaitement calibrés. Ça fait une bonne blague sur les végans et je crois que c’est à peu près tout. Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai : visuellement, la scène fonctionne bien et le bouclier vert qu’Hal crée pour les protéger de tout le sang est assez cool. Là encore, dès que la série utilise franchement les pouvoirs de Green Lantern, j’en redemande et je vois l’intérêt.

Ils arrivent enfin dans le bureau d’Hector Hammond, qui les attend très tranquillement. Il connaît l’adresse des parents de John et menace immédiatement de faire exploser leur maison à l’aide d’un autre satellite s’il ne sort pas vivant de cette conversation. Là, John perd immédiatement beaucoup plus son sang-froid que lors de la mort de Zoé – détail qui va avoir son importance.

Hammond leur révèle aussi qu’il espionne le motel depuis un moment. Il fait ainsi écouter à Hal la conversation entre John et Lianna, y compris le passage où John explique qu’Hal est vieux, fatigué et qu’il considère que la bague lui revient. Ambiance. J’ai ri un peu, et je suis content qu’on avance enfin sur cette fausse opposition entre eux : il va falloir savoir s’ils se font confiance ou non.

Hammond affirme alors être le Manhunter. Hal n’y croit pas une seconde, et moi non plus à vrai dire. Il se souvient de ce que Sinestro lui a expliqué et commence à le tester, notamment en lui posant des questions sur Abin Sur, le Green Lantern qui transportait le Manhunter avant de s’écraser sur Terre. Hammond n’est pas convaincant et Hal décide donc de tester son bluff. Il lui annonce qu’il existe un moyen très simple de vérifier s’il est réellement un Manhunter : lui arracher le cœur. S’il cristallise, bingo. S’il ne cristallise pas… Eh bien, Hector sera mort pour rien. C’est une méthode assez radicale, mais le bluff fonctionne immédiatement. Hammond panique et arrête le compte à rebours destiné à tuer les parents de John.

Et là, nouveau retournement : Hector Hammond n’est même pas Hector Hammond. Il s’appelle en réalité Hector Gutierrez et était un simple étudiant en ingénierie lorsqu’on lui a proposé cette technologie extraordinaire pour aider sa famille et sa communauté. Il sert depuis de façade au véritable Manhunter. Voilà qui explique l’absence de passé du mystérieux Hammond et confirme que tout ça n’était qu’une fausse piste (vite évacuée, en plus).

Quand Hal lui demande enfin qui est le Manhunter, Hector lui donne un nom : William Macon. Ma foi, ça se tient plutôt bien. Il possède les armes extraterrestres, il protège le fameux bienfaiteur et il est littéralement en train de construire une petite armée autour de lui, sauf que ce serait beaucoup trop facile et que c’est oublier Zoé.

Sur le chemin du retour, John veut tout de même rassurer Hal. Il a entendu la conversation où il le critiquait violemment, mais il lui assure qu’il lui aurait rendu la bague : après tout, il l’avait en main, il connaissait le serment et il ne l’a pas récité. Hal le surprend en lui répondant qu’il aurait probablement fait la même chose à sa place. Il reconnaît même qu’il n’a pas spécialement mérité la bague lorsqu’elle l’a choisi et que John pourrait un jour devenir meilleur que lui. J’aime beaucoup cet échange parce que, pendant quelques secondes, on a enfin l’impression que ces deux-là pourraient arrêter de se mentir. Hal reconnaît alors avoir vu Sinestro et partage les informations qu’il a obtenues sur les Manhunters. John, lui, continue de lui dire que William est leur cible.

Hal lui demande ensuite d’appeler l’escouade d’extraterrestres d’Antaan et de leur donner rendez-vous au café. C’est un pari assez risqué : ils vont livrer quelqu’un à des types qui ont déjà annoncé être prêts à faire exploser toute la ville pour obtenir vengeance. John passe tout de même l’appel et c’est seulement après qu’Hal révèle qu’il ne croit pas vraiment John. Alléluia. Je ne pensais pas qu’il avait compris, mais pourtant si.

Lorsque Zoé a explosé sous ses yeux, John est resté incroyablement calme. Hal s’était dit qu’il avait simplement un cœur de pierre. Seulement voilà, quelques heures plus tard, Hammond menace ses parents et John panique complètement. Il n’est donc pas froid face à la mort des gens qu’il aime : s’il n’était pas bouleversé par la mort de Zoé, c’est qu’il ne croyait pas qu’elle était morte. Perso, ça ne m’aurait pas suffi à comprendre : je me serais juste dit qu’il n’aimait pas Zoé et qu’elle n’était qu’un plan cul – ce que la série nous sert d’ailleurs depuis quatre épisodes.

Cela dit, John admet qu’il avait un doute. Il ne savait pas forcément ce qu’elle était, mais quelque chose dans leur dernière conversation lui a fait comprendre qu’elle avait probablement survécu et ouais, Zoé est le Manhunter.

Bon, voilà qui explique sa relation avec John, on va dire. Je continue de ne pas être passionné par leurs scènes de sexe, mais le fait qu’elle ait pu se rapprocher volontairement de lui parce qu’il représentait une menace change quand même complètement la lecture des épisodes précédents. Et puis, pour une créature qu’on nous présente depuis trois épisodes comme un génocidaire froid et synthétique, ça pose forcément quelques questions sur la version de l’histoire qu’Antaan et les Gardiens nous racontent – elle est grand-mère.

Hal est surtout blessé que John lui ait encore caché quelque chose. Il lui dit qu’il lui avait réellement pardonné pour la bague et qu’il pensait qu’à partir de là, John serait honnête avec lui. Pas de chance. L’épisode se termine alors par un « accident » de voiture qui n’en est absolument pas un. Hal s’excuse auprès de John pour la voiture de location… avant d’ouvrir la portière et de sauter du véhicule en marche. John reste à l’intérieur et la voiture finit directement dans un poteau.

J’aime surtout que la scène fasse facilement écho au tout premier épisode : Hal avait déjà sauté d’une voiture en marche pour obliger John à utiliser la bague et apprendre à voler. À l’époque, John avait la bague pour s’en sortir. Cette fois, Hal l’a avec lui alors on verra bien comment John s’en sortira… la semaine prochaine.

Photo promotionnelle de l’épisode — HBO / Warner Bros. Television / DC Studios.

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Lanterns – S01E03 – OutKast – 18/20

Cet épisode 3 est ce que j’appelle une très bonne origin story et, par conséquent, j’aurais aimé qu’elle soit le point d’origine de la série, tout simplement. Il est excellent, renverse les perspectives qu’on pouvait avoir depuis le début et répond à des questions qu’on ne savait pas forcément qu’on se posait. C’est à mon sens l’épisode le plus solide qui récompense enfin la patience qu’il fallait avoir sur le début. Je suis content d’être resté, ouf… mais par contre, on n’avance pas du tout sur le fil rouge là.

Spoilers 

L’enfance de John n’a pas été de tout repos.

No. I know exactly why me.

Vous avez vu ? Septembre est là, je vois cet épisode en retard parce que c’est la rentrée ! L’essentiel, c’est tout de même de réussir à le voir et, pour le coup, je suis bien content de ne pas avoir laissé traîner celui-ci davantage car j’aurais détesté être spoilé.

Nous repartons en 2016, pendant l’entraînement de John. Il est catapulté dans un centre commercial désert où il semble suivre un jeu de piste géant – façon course d’orientation. Les flèches le mènent vers le bureau du manager et il est révélé, après une nuit entière d’attente dans la salle, qu’il est là pour être interviewé afin de devenir Green Lantern. Normalement, ce n’est pas comme ça qu’une Lanterne est choisie, mais voilà, l’un des Gardiens a été tué par Sinestro, Hal inquiète de plus en plus ses supérieurs et les règles semblent donc pouvoir être un peu adaptées quand ça les arrange.

La personne qui lui fait passer l’entretien, Lianna, prend l’apparence parfaitement rassurante de Laura Linney alors qu’elle est en réalité l’un des Gardiens. L’actrice est si bien choisie : elle a exactement le visage de quelqu’un à qui on aurait envie de raconter sa vie. Pourtant, son personnage est littéralement en train d’évaluer John pour savoir s’il mérite de devenir un policier intergalactique – il n’y a pas vraiment de suspense, on se doute bien que oui (encore que l’inverse aurait été intéressant comme remise en perspective !). Elle l’interroge sur son enfance, sa famille, sa carrière militaire et surtout sur Hal Jordan, ce qui permet à l’épisode de repartir encore plus loin dans le passé et de changer notre perception des deux premiers épisodes. C’est très artificiel et complètement guidé, mais c’est comme ça qu’on fait en 2026.

Bref, le flashback, l’enfance de John ! Déjà, il est révélé dès le départ que le père de John a failli être une Lanterne ! Cela explique pourquoi il était si instable dans les scènes que nous avions vues jusque-là : quand John était bébé, on est venu le chercher et lui a posé la fameuse question. Avait-il peur ? Il a répondu oui, contrairement à Hal, et a été abandonné aussi vite qu’on l’avait réveillé. Le pauvre homme se retrouve ensuite à voir Hal Jordan à la télévision raconter avec le sourire comment, lui, n’avait pas eu peur et avait donc été choisi. On comprend pourquoi ça finit avec un coup de feu dans la télévision.

Cependant, je comprends aussi Bernadette, la mère de John : elle pète un câble assez légitime en voyant son mari, complètement détruit par ce qu’il vient de vivre, utiliser un pistolet devant leurs enfants et elle lui demande de partir. Seulement voilà, ça ne s’arrête pas là : Lianna débarque ensuite chez elle pour présenter ses excuses au nom des dégâts causés par les Gardiens et confirmer par la même occasion que son mari n’était absolument pas fou. Elle lui offre même un énorme diamant en compensation – idée brillante d’extraterrestre qui ne comprend rien aux humains puisque, évidemment, lorsqu’une femme noire essaie ensuite de revendre un diamant pareil, elle se retrouve interrogée par la police.

J’aime beaucoup la manière dont la question raciale entre en compte à ce moment-là, parce que Bernadette remet immédiatement en question le fameux test des Gardiens. Demander à un homme noir américain s’il connaît la peur et conclure qu’il n’est pas digne de la bague parce qu’il répond oui, c’est peut-être oublier que tout le monde n’a pas eu les mêmes raisons d’apprendre à avoir peur dans sa vie. Pour toute réponse, Lianna lui explique que ce qui intéressait la bague chez son mari pourrait être génétique et donc se retrouver chez leurs enfants.

La mère demande alors à l’extraterrestre, qui lui montre son vrai visage (j’ai adoré ce plan où elle est de dos : on ne voit pas, mais la réaction de Bernadette est incroyable), ce qui arriverait si son fils était élevé sans peur. Comprenant que sa progéniture intéresse les gardiens et pourrait devenir une légende, elle retourne chercher son mari et ils prennent ensemble une décision assez dingue : puisque John pourrait un jour devenir Green Lantern, ils vont faire en sorte qu’il soit prêt. Il aura une éducation différente de celle de ses deux frères, quitte à ce qu’il les déteste tous les deux plus tard. John a donc passé sa vie entière à se former pour devenir une Lanterne. On le savait déjà, mais en connaître la raison apporte un éclairage très différent sur le premier épisode et sur son assurance permanente. C’est une bonne idée de la part des scénaristes de nous le révéler ENFIN. Je pense que ça aurait très bien fonctionné de commencer par-là, par contre. Pourquoi attendre trois épisodes pour apprécier vraiment un personnage ?

Le jour de ses cinq ans, John voulait des crayons de couleur parce qu’il adorait déjà dessiner. Ses parents lui offrent à la place un costume de Green Lantern et… un fusil. Ambiance. Ils lui annoncent également qu’il a une destinée, qu’il continuera d’être élevé différemment de ses frères pour cette raison et que les oiseaux autour de la maison travaillent pour les Gardiens : ils observent tout ce qu’il fait et rapportent ses progrès. C’était donc ça, l’oiseau de l’épisode 2 et le lien si fort que John semblait avoir avec lui !

Le flashback revient plusieurs fois dans l’épisode et, bizarrement, j’ai aimé ce saupoudrage. En fait, je crois que j’aime beaucoup Bernadette et les sacrifices qu’elle accepte de faire, même si elle est complètement tarée dans sa manière de les faire. Elle sait que ses deux autres fils ont déjà grandi avec leurs peurs et qu’ils ne seront pas les bons candidats pour le poste ; John, lui, peut encore être façonné. Bonjour la pression sur les épaules du gamin. Ce qui est bien, c’est que ça enlève aussi beaucoup le côté « c’est l’élu » qu’on retrouve dans énormément de fictions : John n’est pas miraculeusement né sans peur, on a méthodiquement essayé de lui apprendre à ne jamais en montrer. Bon, ça ne donne pas envie d’être à sa place, mais c’est efficace.

Forcément, ça l’isole aussi de ses frères. J’aime beaucoup la scène où ils écoutent OutKast ensemble en voiture – voilà donc le titre de l’épisode, surtout qu’il est également devenu l’outcast de sa propre famille (simple, efficace). Ses frères se moquent de lui parce qu’il parle comme un petit Blanc et pensent qu’il ne connaît pas les paroles ; John se met à rapper avec eux et, pendant quelques secondes, ils ont enfin l’air d’être simplement trois frères qui s’amusent ensemble. Évidemment, ça ne dure pas : ses parents arrêtent la voiture dans un quartier pourri et l’abandonnent là pour qu’il rentre à pied et seul chez lui.

John a passé sa vie à souffrir de la folie de ses parents qui avaient trop d’ambition pour lui. Je veux dire à quel moment tu abandonnes ton gamin dans un quartier mal famé pour savoir s’il est prêt à devenir lanterne ? À quel moment tu lui demandes de tirer en direction de son père ? La mère est une psychopathe, bien plus que le père, et ce n’est pas du tout ce qu’on avait senti pour le moment. L’enfance de John n’est pas très sympa quoi et ses frères le détestent assez logiquement pour l’attention particulière qu’il reçoit. Il vit dans la même maison qu’eux sans vraiment grandir avec eux et, lorsqu’il rentre de son excursion nocturne imposée par ses parents, il finit quand même en larmes sur son lit. Ça remet pas mal en perspective le John très froid et sûr de lui que nous avons rencontré depuis le début.

La scène de l’épisode 1 où le père tirait sur la pomme au-dessus de son fils m’avait un peu choqué, mais elle a une explication encore plus choquante. Bernadette est celle qui propose l’idée pour montrer qu’il n’a pas peur. Quelques années plus tard, Bernadette va plus loin et inverse toutefois l’exercice : cette fois, John doit tirer sur une pomme placée au-dessus de la tête de son père.

C’est là que Bernadette comprend enfin qu’elle est allée trop loin : son fils n’ose pas le faire et culpabilise qu’un oiseau le voit. Elle explique à son fils qu’il est parfaitement normal d’avoir peur de blesser quelqu’un qu’on aime et lui avoue surtout que toute l’histoire des oiseaux qui rapportaient ses progrès aux Gardiens était fausse. Elle avait tout inventé pour le pousser à se dépasser. Au risque de me répéter : la mère est une psychopathe, mais j’aime beaucoup le déplacement opéré par l’épisode : au départ, elle semble faire tout cela pour réparer ce qui est arrivé à son mari, puis elle finit par le faire pour son fils. Elle veut qu’il réussisse, mais elle comprend aussi qu’elle ne pourra pas y arriver uniquement en lui mentant.

John accepte alors de reprendre le fusil, mais cette fois il refuse que son père serve de cible. Ce sera sa mère. J’ai pas mal ri et c’est mérité, mais je suis content qu’elle accepte de le faire. Disons que ça me rassure un peu sur son côté badass qui avait disparu au profit de la folie qu’elle m’inspirait. Eh, faites-moi une série rien que sur elle et sur cette enfance, je prends. John en profite même pour enfin avouer qu’il déteste les cheeseburgers, ce qui rend rétrospectivement encore plus triste le cheeseburger que son père lui promettait dans le pilote après le tir sur la pomme : le pauvre gosse n’osait même pas dire qu’il n’aimait pas ça.

En revanche, je dois dire que si j’ai aimé l’épisode, cette structure d’épisode avec trois temporalités en parallèle est un calvaire pour la critique. Elle fonctionnait vraiment bien à l’écran. Je reste beaucoup plus sceptique sur le choix de nous montrer aussi longuement John dans sa mission de sniper. La semaine dernière, je trouvais les scènes d’action chouettes ; cette semaine, beaucoup moins. La partie où John passe l’entretien, le flashback sur son enfance et tout ce qu’on découvre sur sa famille sont tellement plus intéressants que j’avais surtout envie d’y retourner.

Il faut tout de même reconnaître que la mission militaire sert à montrer jusqu’où l’éducation de John l’a conduit. Il est envoyé au Kamtchatka pour éliminer Gray Wolf, un homme que les Américains cherchent à abattre, et refuse même qu’on lui fournisse une solution simple pour demander son extraction : John ne panique pas, évidemment. Il attend sa cible pendant neuf mois, blessé et isolé dans la nature, et il est enfin sur le point d’accomplir sa mission lorsque… Hal Jordan débarque avec sa bague, détruit une partie du campement et repart tranquillement avec le type. Je trouve ça risible – mais tellement crédible avec les super-héros qui ne savent pas sur quoi ils empiètent avec leurs super-pouvoirs.

John s’en plaint à son supérieur, mais lui-même est dépité : Hal n’a absolument pas reçu l’ordre d’intervenir. Il aurait récupéré l’information auprès d’un haut responsable dans un strip-club et décidé de régler le problème tout seul, sauf qu’aller jouer au super-héros dans une opération secrète menée en Russie provoque évidemment un joli bordel diplomatique. Il faut donc quelqu’un qui prenne la responsabilité de la catastrophe et ce quelqu’un sera John, qui accepte un renvoi déshonorant de l’armée plutôt que d’exposer l’opération.

C’est assez dingue quand on y pense : Hal a déjà pourri la vie de John avant même de vraiment le connaître, mais même quand ils se croisent par hasard, il réussit à faire encore pire ? Il a obtenu la bague que son père rêvait d’avoir, son existence est indirectement à l’origine de toute l’éducation traumatisante de John et il vient maintenant de détruire sa carrière militaire. Pendant l’entretien, Lianna essaie de lui faire admettre qu’il lui en veut et John refuse. Il comprend même que Hal puisse continuer à aimer Sinestro malgré sa trahison parce que, bon, lui aussi sait ce que c’est que d’aimer les gens qui nous ont élevés alors qu’ils sont complètement fous.

J’aime aussi énormément l’idée que John a toujours voulu être dessinateur. C’est astucieusement réparti dans l’épisode, de son anniversaire des cinq ans où il n’obtient pas les crayons qu’il voulait jusqu’à son retour chez ses parents après l’armée. Pour une fois, Bernadette fait alors quelque chose qui ressemble à une décision de mère à peu près saine : elle l’inscrit à une école d’art à son insu. Il peut enfin essayer quelque chose simplement parce qu’il aime ça et non parce que ça doit le transformer en Green Lantern. C’est un bon message…

Mais c’est précisément là que les Gardiens viennent finalement le chercher. C’est même l’une des idées que j’aime le plus dans cet épisode : ses parents ont passé toute sa vie à développer son absence de peur, son endurance et ses capacités de tireur alors que ce qui va démontrer qu’il peut utiliser la bague, c’est aussi son imagination. Un homme lui demande de dessiner de mémoire le bâtiment dans lequel il se trouve avant de lui confier LA bague et de lui demander de recréer la montre de son père. John parvient à reproduire l’objet jusque dans ses mécanismes, mais la montre disparaît dès qu’il rend la bague (contrairement à l’oiseau, donc). L’homme ouvre alors un portail sous ses pieds et lui ordonne de sauter : on revient enfin au début de l’épisode et à son arrivée dans le centre commercial.

Pendant l’entretien qu’elle lui fait passer, Lianna s’inquiète aussi de savoir si toute cette histoire de Lanternes a compliqué les relations de John avec sa famille. Euh… un peu, oui. John a passé dix-huit ans dans la même maison que ses frères en ayant l’impression de grandir sans eux et, surtout, toute sa vie a été organisée autour de l’idée qu’un jour les Gardiens viendraient le chercher. Il est d’ailleurs tellement certain d’obtenir le poste qu’il ne se demande même pas vraiment pourquoi lui. Il le sait.

La révélation finale est un pétard mouillé car j’avais déjà compris ça comme ça : John ne doit pas devenir le protégé de Hal comme on nous le vend depuis l’épisode 1, il doit le remplacer. Disons qu’on nous confirme ici que les Gardiens reprochent depuis longtemps à Hal d’intervenir dans les affaires terrestres sans autorisation et sa relation passée avec Sinestro ne joue clairement pas en sa faveur non plus. Lianna demande donc à John s’il serait prêt à prendre sa place tout en laissant Hal croire qu’il ne fait que former son futur remplaçant éventuel. John l’est, bien sûr. On sent bien que l’éducation parfaitement saine de ses parents a porté ses fruits !

John se précipite d’ailleurs chez lui pour raconter à ses parents qu’il a enfin réussi, et c’est probablement la première fois de l’épisode qu’il paraît réellement heureux, sauf qu’Hal est déjà dans leur cuisine et leur a tout raconté à sa place. Évidemment. Il se montre charmant avec eux (ça n’a pas l’air de les contenter, cela dit), avant de sortir avec John et de changer immédiatement de ton.

Hal ne veut ni protégé, ni second, ni remplaçant : John n’aura sa bague que sur son cadavre. Bon. Sachant que la série a littéralement commencé avec le cadavre de ce Green Lantern, ça finira bien par arriver, mais je pense que ça arrivera bien avant la mort d’Hal… Il conclut tout de même qu’ils commenceront l’entraînement le lundi suivant, s’envole et John regarde un oiseau posé devant chez lui en estimant que Hal doit bien l’aimer. Maintenant que l’on sait ce que représentent les oiseaux pour lui (la surveillance supposée des Gardiens pendant son enfance, même s’il a appris que c’était un mensonge de sa mère), la scène fonctionne très bien et éclaire les deux premiers épisodes.

C’est très chouette tout ça, mais je ne comprends toujours pas pourquoi ce n’est pas raconté dès le premier épisode finalement. Là, on fait une pause complète dans l’intrigue en fil rouge alors que John avait 48 heures pour retrouver un Manhunter susceptible d’entraîner la destruction d’une moitié du Nebraska et que Sinestro venait justement de demander à Hal ce qu’il savait de John. Je comprends donc la logique scénaristique qui consiste à répondre maintenant à ces questions et je reconnais que l’épisode fonctionne extrêmement bien comme ça, mais ça reste très artificiel.

Je sais que c’est comme ça qu’on raconte beaucoup de séries en 2026 : on nous montre d’abord des comportements étranges, on nous fait nous poser des questions pendant deux épisodes et on nous offre ensuite l’épisode flashback qui change notre perception de tout ce qu’on a vu. Ici, c’est particulièrement réussi parce que l’oiseau, la relation entre John et Hal, son obsession pour les ordres ou même sa manière d’utiliser la bague prennent soudain un autre sens… Mais ces éléments auraient aussi pu être apportés dès le début, dans l’ordre, et rester sacrément cool. Bref, je ne vois pas l’intérêt et je vieillis mal, encore une fois.

Allez, ça reste un excellent épisode quand même. Maintenant, ce serait sympa de sauver le Nebraska.

Capture d’écran de l’épisode — HBO / Warner Bros. Television / DC Studios.

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