Hunter Schafer (#123)

Salut les sériephiles,

Je vais renommer l’article du jour en « article de la veille », parce que vu l’heure à laquelle je les sors en ce mois de janvier, je pense qu’il est clair qu’il y a plus de lecteurs le lendemain de la parution que le jour même, non ? Pour cette fois, j’avais une excuse : je voulais voir l’épisode d’Euphoria avant de l’écrire, histoire d’être sûr de ne pas regretter mon choix. Et désolé Gina Torres, tu ne faisais pas le poids face à…

Euphoria (HBO) sur le forum Télévision & Séries - 11-05-2019 19:37:20 - page 7 - jeuxvideo.com

La performance de la semaine :
Hunter Schafer

La série concernée : Euphoria
L’épisode : S01E10 (spécial) – F*ck Anyone Who’s Not a Sea Blob – 19/20


hunter hunter gifs | Explore Tumblr Posts and Blogs | TumgirPourquoi ? En fait, c’est simple, tous les acteurs d’Euphoria méritent d’avoir un article à leur nom – et aussi un épisode qui leur est pleinement consacré selon cette nouvelle mode du huis-clos de Noël qui a si bien fonctionné pour Rue et Jules. Oh, l’épisode de cette semaine, se concentrant sur Jules, est loin d’être l’ambiance de Noël lui aussi : on y suit Jules en thérapie. À grand renfort de flashbacks, l’épisode nous sort bien souvent du huis-clos, cependant.

Ce n’est pas bien grave, car que ce soit dedans ou en-dehors, Hunter Schafer touche pleinement au sublime avec cet épisode. Elle est d’une beauté rare avec le dévoilement de l’intimité de son personnage dans les moindres détails. L’exploration des failles de Jules offre une perspective vraiment passionnante pour le personnage, mais ce fut aussi la possibilité de révéler toute l’étendue de la palette du jeu de l’actrice.

jules vaughn euphoria | Explore Tumblr Posts and Blogs | TumgirLe plus marquant ? Probablement cette scène où elle passe du sanglot soudain à la colère : c’était sublime, au sens strict du terme, tout en étant surprenant. C’est impeccablement géré car on sent le changement d’émotion à la fois sur le visage d’Hunter Schafer et dans le ton utilisé pour parler. Impressionnant. Et ce n’est pas tout : Jules évoque aussi Rue lors de sa thérapie, et chaque fois que c’est le cas, un sourire se dessine sur son visage – le sourire de l’amour. Elle l’a moins avec ShyGuy118 d’ailleurs, et pour cause : elle s’est rendu compte qu’elle avait construit sa féminité autour des hommes ; tout ça pour qu’ils ne l’intéressent plus vraiment… C’est malin.

Au-delà de la séance chez la psy qui vaut déjà son pesant d’or pour un article performance de la semaine, il faut bien revenir sur les flashbacks aussi, où Hunter Schafer nous vend une Jules vraiment adolescente très réussie. La crise contre son père lorsque sa mère vient s’excuser ? Prenante.

𝔰 𝔱 𝔞 𝔯 𝔩 𝔢 𝔰 𝔰Ce n’est toujours pas fini : l’épisode en revient aussi à l’espèce de rêve commun de Jules et Rue, où elles auraient un appartement ensemble. Là, Jules s’imagine rentrer chez elle pour s’exploser contre une porte de salle de bain fermée à clé par une Rue en pleine overdose et/ou tentative de suicide. On sent que l’actrice s’est donnée sur cette scène, sa voix qui se brise, elle est capable de nous hanter un bon moment, je crois… Magnifique épisode, donc, et magnifique interprétation tout du long par Hunter Schafer.


Vue aussi dans : Je ne sais pas si c’est un choix, mais Hunter Schafer n’a tourné dans rien d’autre depuis le début de la série. Et avant ça, elle était mannequin. Oui, ça parait un peu dingue, mais Euphoria est la première expérience devant la caméra de cette actrice qui paraît pourtant avoir fait ça toute sa vie tant ça semble simple quand on la regarde dans la série. Peut-être qu’elle a une intimité avec le personnage qui explique cela, mais quand même, c’est impressionnant. Et c’est une actrice à surveiller !


Euphoria kerstspecial 2 recensie op Streamz op MoviePulpL’info en + : Bon, à ce stade, ce n’est plus tellement une information en plus car je crois que tout le monde le sait déjà, mais je me sens forcé d’indiquer que je suis bluffé par le fait qu’Hunter Schafer a aussi co-produit cet épisode. Mieux encore, elle a aussi participé à son écriture, et ça explique peut-être cette aisance à entrer dans le personnage. Elle a ainsi déclaré que le personnage était « cathartique » pour elle.

Tu m’étonnes. Toute la série est déjà conçue comme une gigantesque catharsis à la vie adolescente si compliquée en 2019… Mais cet épisode d’introspection est encore plus dérangeant car on ne peut s’empêcher d’être fasciné par une vie déjà si brisée, si éclatée. Bien sûr que ça fonctionne, et bien sûr que ça ne surprend pas de lire que l’actrice a aidé à façonner toute cette intrigue pour Jules. Poignant, tout simplement.


Voir aussi : Les performances des semaines précédentes

Euphoria – S01E10 (spécial)

Épisode 10 – F*ck Anyone Who’s Not a Sea Blob – 19/20
Nous ne sommes pas si loin de la perfection, et je chipote vraiment à ne pas y mettre 20, mais la chronologie de l’épisode était tout de même bien particulière. Je ne suis pas sûr d’avoir réussi à tout remettre au bon endroit, et en même temps, ce n’est vraiment pas l’essentiel. L’essentiel, c’est le personnage de Jules, au cœur de cet épisode. Avec toujours autant de brio à la réalisation et dans la photographie, on comprend enfin mieux ce personnage en explorant des failles qui étaient là depuis toujours et dont on ne savait que trop peu de choses. Bref, un épisode prenant et poignant, qui fait réfléchir. Je n’en attendais pas moins de cette série. Vivement la suite, un jour.

> Saison 1
> Épisode spécial sur Rue


Spoilers

I want to be as beautiful as the ocean.

Nous y voilà enfin, le second épisode spécial de la série est là, et ça commence par un bien meilleur résumé des choses avec des images de la saison 1 accompagnées par la rupture entre Rue et Jules, cette dernière s’enfuyant en train vers on ne sait trop où… On la retrouve alors chez le psy, et c’est une excellente chose pour ce personnage qui en a probablement bien besoin après tout ce qu’il s’est passé en saison 1.

On a à peine le temps de se faire à l’idée d’une séance de pas qu’on passe immédiatement à autre chose avec une magnifique chanson nous résumant bien l’état d’esprit de Jules. Le tout est accompagné de photos de Jules et Rue, principalement, vues dans un œil en gros plan. Tout colle parfaitement aux paroles de la chanson, même le générique qui disparaît peu à peu dans le noir, comme le suggère la chanson. Pfiou. Il fallait bien cette série pour me faire aimer une chanson de Lorde, franchement !

Jules décide finalement de ne pas parler de Rue à sa psy, et de la rupture. Elle est plutôt en train d’envisager une détransition : elle veut arrêter les hormones. Pardon ? Je ne m’y attendais pas à celle-là. Tout ça semble plutôt être une idée qui lui passe par la tête, et ça permet à la conversation d’en arriver à toute autre chose : l’auto-critique dont Jules fait preuve en permanence. On découvre au passage qu’il s’agit de la première séance de psy de Jules avec celle-ci, et je suis assez impressionné, parce que nous sommes déjà super loin dans sa tête. Je sais, il y a du boulot avec Jules, mais de là à ce que ce soit déjà aussi approfondi.

L’épisode est un bon long gros plan de Jules. C’est assez dingue, et j’ai failli croire que tout allait être tourné en un seul plan séquence. Finalement, la série fait le choix de nous montrer la psy, mais ce n’était pas gagné. L’autre truc qui n’est pas gagné, c’est d’écrire une critique complète de l’épisode : comme pour le premier épisode spécial, la complexité vient du fait que le format est totalement improbable.

Tourné pendant le confinement, l’idée est surtout de nous montrer une seule scène de 49 minutes quand même. On plonge comme rarement dans la pensée des personnages que l’on connaît, et le format de la session psy est parfaite pour ça. D’ailleurs, la psy de Jules aussi est parfaite : elle réussit à ramener le sujet Rue sur le tapis, comme si de rien n’était.

Cela permet à Jules d’enfin récupérer le sourire, parce qu’elle sait que Rue était amoureuse d’elle – elle est la seule qui la voyait vraiment pour ce qu’elle était, pour qui elle était. Le problème, c’est justement ça : c’était bien pour Jules, mais c’était aussi trop apparemment ; surtout que pour Jules, c’est comme ça qu’une mère doit probablement regarder son enfant lorsqu’elle le découvre pour la première. Elle l’aime, sans rien savoir de ce bébé.

C’est bien amené, parce que Jules parle d’elle-même de sa mère, alors évidemment, la thérapeute s’engouffre dans la brèche. Quelques images de flashbacks de Jules et son père plus tard, notre personnage principal de l’épisode change évidemment d’avis et refuse à nouveau de parler de sa mère, préférant en revenir à ses hormones et à son choix de transition – craignant les effets de la puberté, notamment.

Elle affirme ensuite vouloir être aussi belle qu’un océan, et aussitôt, on nous montre que la production est allée assez loin dans la mise en image de l’épisode. La métaphore est poussée à l’extrême avec des images de Jules dans l’océan au coucher du soleil, puis sous la pleine lune. Elle était là dans l’eau, non ? J’ai un doute, et j’aimerais ne pas en avoir un pour le Bingo Séries.

Bref, tout ça finit par nous révéler que Jules est là depuis six mois suite à un coup de tête : elle a paniqué, elle a eu peur de mourir, elle a eu peur d’elle-même et elle s’est barrée. Et maintenant, Rue ne décroche plus le téléphone quand elle appelle. Le tout sur fond d’opéra ? Bon dieu, mais la musique est presque en trop tant la performance est exceptionnelle. Elle se met rapidement à pleurer, et le sanglot est prenant. Vraiment, sacrée performance. Est-ce que c’est pour ça que je n’ai pas encore écrit mon article performance de la semaine ? Bien évidemment.

Cela dit, Jules ne reste pas fixée sur la tristesse. Au contraire, elle enchaîne sur la colère, parce qu’elle est énervée après Rue ; énervée de la dépendance de celle-ci envers elle ; énervée de savoir qu’elle risquait la rechute chaque fois qu’elle n’était pas là ; énervée par la situation.

Tout ça est mis en parallèle avec la mère de Jules. J’aime le parallèle, j’aime les images choisies : on nous rappelle que Jules et Rue étaient un couple étrange, jamais tout à fait défini, mais vraiment attachant et magnifique. Le parallèle ? Eh bien, la mère de Jules est aussi dépendante et addict à la drogue, et Jules ne l’aime pas énormément pour ça. Elle est énervée que sa mère se laisse déborder par ses addictions, et elle refuse de la voir, même quand elle va mieux.

La psy n’en a pas pour longtemps à nous montrer à quel point le parallèle est valable et dérangeant : tout comme la mère de Jules, Rue est accro à la drogue, voit Jules pour ce qu’elle est… mais ne comprend pas exactement l’impact qu’à la drogue aussi sur Jules. C’est horrible. C’est d’autant plus horrible que les petits airs d’opéra fonctionnent à merveille sur cette scène qui enchaîne sur Jules préférant parler à des inconnus sur internet, parce qu’elle peut être bien plus réelle avec eux.

Rue l’avait mise en garde pourtant, sur la possibilité que ces étranges d’internet avaient de mentir, mais Jules avait tout ignoré, préférant continuer de flirter avec ShyGuy118 et s’imaginer un beau gosse à poil sortant de sa salle de bain – à moins que ce ne soit vraiment un plan cul de Jules ? Je ne pense pas. La série nous ressort un full frontal masculin bien inattendu dans cet épisode, franchement. Tout ça mène toutefois à la conclusion difficile que confesse ensuite Jules : la moitié de ses relations se déroulent dans sa tête ; elle s’imagine des moments parfaits.

Des moments qui la font encore sourire quand il s’agit de Rue, qu’elle n’a pas osé embrasser. Elle en a eu envie, plus d’une fois, mais c’est finalement Rue qui l’a fait, avec les conséquences que l’on connaît : Rue s’est barrée en courant, laissant Jules complètement paralysée derrière elle. Quand elle a repris ses esprits, Jules a envisagé de la rappeler, mais en vain, par peur de la perdre. Pourquoi ? Elle répond à sa psy qu’elle avait peur que Rue ne puisse l’aimer autant qu’elle ne l’aimait elle.

Pourquoi ça aurait été impossible ? Les flashbacks que l’on connaît déjà parlent d’eux-mêmes : Jules a trop de mal à s’aimer elle-même, depuis l’enfance, avec une tentative de suicide au moins et nombre d’hospitalisations. L’horreur, quoi. Et encore une fois, Jules botte en touche et change de sujet, en revenant à sa relation avec ShyGuy118, relation si étrange et bizarre.

Elle a eu selon elle l’occasion d’apprendre à le connaître mieux que Rue, à rester jusqu’à quatre heures du matin à lui parler par texto. Son Tyler, elle l’imaginait, il était beau gosse et elle couchait régulièrement avec – bien sûr, la série nous offre une salve d’images de leurs ébats, hein. Tout ça rend encore plus difficile sa disparition ensuite : elle a bien conscience que son fantasme n’existait pas vraiment, et tout ça nous mène à une ambiance digne d’un thriller.

Elle est amoureuse de Tyler, encore aujourd’hui chez sa psy, et ça rend bien difficile les choses pour elle, parce qu’elle sait à présent qu’il n’existe pas vraiment. En plus, il est l’une des raisons qui rend sa relation à Rue si compliquée. Et purée, mais quelle performance, quel jeu, que ce soit dans les scènes de sexe, la masturbation, ces moments à deux doigts du viol ou juste la séance psy. Cette plongée dans le personnage de Jules est réussie : j’ai enfin l’impression de mieux la connaître et la comprendre, alors que j’avais tant de mal au début.

Quant à l’actrice, encore et toujours, qu’est-ce que c’est impressionnant. C’est même impressionnant quand on la voit simplement s’énerver contre une porte de salle de bain fermée à clé derrière laquelle se trouve probablement Rue et qu’on passe aussitôt à une scène où sa mère l’attend à la maison quand elle rentre. L’embuscade est violente pour Jules qui s’engueule alors avec son père dans sa chambre, ne comprenant pas comment sa mère peut vouloir s’excuser après tout ce qu’elle a fait.

Elle jure n’en avoir rien à faire et le père la prend à la psychologie, lui demandant de descendre voir sa mère pour écouter ses excuses. Si elle n’en a rien à faire, ce n’est pas bien compliqué. Le problème, c’est que Jules descend trop tard : la mère a entendu la conversation entre le père et la fille, et tout ça est donc totalement vain.

Tout ça ? Ca a eu lieu durant la saison 1, et sa mère a rechuté dans l’alcool juste avant Halloween. La chronologie est perchée et la spirale infernale, menant finalement à Jules enfermée dans une salle de bain rêvée. On repart une fois de plus sur le fantasme d’un appartement partagée avec Rue, comme dans l’épisode précédent où Rue imaginait la même chose… Sauf que cette fois-ci, la porte de la salle de bain forme une barrière entre les deux jeunes femmes et Rue est étalée sur le sol de l’autre côté du miroir d’une salle de bain où Jules elle-même s’enferme face à la colère de son père. Ah, les scènes de miroir et de plongée dans cette série, j’adore.

Malheureusement, l’épisode va s’arrêter là : la séance de psy est terminée, ça ne dure qu’une heure après tout. Les conseils de la psy ? Jules doit être patiente avec elle-même et passer un bon réveillon de Noël. Voilà qui est fait.

L’épisode se termine toutefois par Jules dans sa chambre le soir du réveillon, et ce n’est pas exactement joyeux, alors qu’il pleut des cordes, et que Rue débarque la voir. La confrontation entre les deux est déprimante : Rue, trempée, vient voir Jules parce que c’est Noël et que ça lui fait du bien de la voir enfin. Les excuses sont faites, la scène est prenante, poignante et… Rue se barre sans même toucher Jules. Pas une embrassade, pas une caresse, rien, au secours. C’est si triste et si déprimant. Comme le premier épisode spécial, donc, celui-ci se termine par un plan d’un personnage en train de pleurer, vu à travers une fenêtre sur laquelle il pleut des cordes. Ah, Euphoria !

> Saison 1
> Épisode spécial sur Rue