J’ai vraiment envie d’aimer la série, mais cet épisode est tout simplement mal écrit et était le pire jusqu’à présent. C’est vraiment simple, on nous affirme des choses dans certaines scènes qui sont contredites dans d’autres (parfois avant, parfois après) ; on fait des économies d’effets spéciaux et on prend des décisions qui sont incohérentes avec ce qui est souhaité par les personnages ; on nous fait des révélations qui, certes, fonctionnent mais ne changent pas grand-chose… Ma déception est à la hauteur de mon attente de la série et plus les semaines passent, moins je suis satisfait.
Spoilers
Fury a de l’avance sur Rhodes maintenant qu’il a le président avec lui et qu’il sait qu’il a affaire à un Skrull, pas vrai ? Eh ben, non.
And you’re gonna become the most wanted and hated man on the planet.
Allez, c’est reparti pour un épisode qui nous approche un peu plus de la fin de saison… et c’est tant mieux. J’ai tellement attendu cette série que je suis vraiment déçu de ne pas en être plus fan que ça pour l’instant.
Gravik
Après l’attentat de l’épisode précédent, Gravik rentre à son QG. S’il est heureux que Talos soit mort, il est énervé par l’échec de sa mission : l’attaque devait permettre de les débarrasser du président des États-Unis, et c’était là le plus important pour lui, n’en déplaise à ses subalternes. L’un d’entre eux exprime particulièrement la frustration de tous les autres de savoir Nick Fury encore en vie quand Gravik a eu plusieurs fois l’occasion de le tuer.
Gravik n’hésite pas à s’attaquer à ce dissident et à le tuer devant tous les autres Skrulls, en fasant la démonstration de son nouveau super pouvoir. C’est un peu triste pour ce type, surtout qu’il nous expliquait aussi que Fury avait été garder en vie pour révéler où il avait conservé l’ADN des Avengers. Gravik rétablit une réalité différente : les Skrulls doivent lui obéir sans le contredire et savoir que si Fury est en vie, c’est uniquement à cause de Varra.
Il envoie donc une faction de Skrulls tuer cette traître, puis appelle Raava, celui qui se fait passer pour Rhodes. Gravik lui donne des ordres improbables : en tant que Rhodes, il va devoir annoncer au président que l’attaque était coordonnée par les russes et les Skrulls. Comme preuve, il pourra fournir des photos satellites et l’emplacement, en Russie, du QG de Gravik. Ouais. C’est l’assurance d’une attaque américaine sur le territoire russe.
Gravik est prêt à sacrifier beaucoup pour ça. Le problème, c’est qu’il a déjà sacrifié une part de sa crédibilité auprès de ses hommes : les Skrulls ne comprennent pas trop pourquoi il a tué l’un d’entre eux et se rebellent par surprise contre lui. Enfin, ça n’a rien de surprenant : tout le monde le voit venir de loin en vrai, sauf Gravik.
Cela nous fait une petite scène d’action un brin ridicule où tout un tas de Skrulls se rebellent contre Gravik et l’attaquent. Si la chorégraphie du combat est sympathique, j’ai du mal à comprendre pourquoi Gravik n’utilise pas plus tôt ses pouvoirs. Dès qu’il le fait, il met KO tous les Skrulls qui s’en prennent à lui et en égorge un autre. Ben oui. Tuer tous les gens qui le suivent, c’est une bonne idée pour affirmer son pouvoir. S’il avait gagné la bataille de l’idéologie jusqu’ici, Gravik n’apparaît plus que comme un gamin capricieux là.
Fury
Suite à l’attaque de l’épisode précédent, Fury accompagne le président aussi loin qu’il le peut aux urgences. Il espère lui faire entendre que Rhodes est un traître et qu’il doit se méfier de ce qu’on veut lui faire croire, à savoir que les Russes seraient responsables de cet attentat. Cela ne semble pas gagné avec un président à moitié inconscient.
En plus, les informations parlent déjà de ce qu’il se passe et Fury décide de monter la garde comme le ferait un chien de garde. J’ai un doute sur l’utilité de la chose : il met sa chaise devant les portes battantes menant aux urgences, mais on sait bien qu’il y a plusieurs autres accès, non ?
D’ailleurs, c’est par un autre accès que Rhodes finit par débarquer. Fury l’y attend malgré tout et le menace, dans une scène qui n’est pas bien crédible, je trouve. Rhodes n’a qu’un seul garde qui n’essaie même pas vraiment de libérer son patron, il n’y a aucune sécurité dans l’hôpital autour du président ou de Rhodes… et tout l’enjeu de la conversation est improbable.
Ainsi, on se retrouve avec Rhodes, un Skrull sous couverture, qui maîtrise Fury sans problème avec un chantage stupide ? Je veux dire, OK, c’est galère pour Fury de se retrouver accusé du meurtre de Maria Hill avec preuve vidéo, mais qu’est-ce que ça change exactement à la situation ? Pourquoi laisse-t-il Rhodes libre de ses mouvements dans l’épisode ?
Pourquoi est-il dit qu’il est forcé de tuer Rhodes pour le révéler comme Skrulls quand on sait qu’il suffit de lui couper un doigt, par exemple ? Pourquoi une dizaine de gardes débarquent-ils d’absolument nulle part quand Fury s’en va, mais pas quand il attaque Rhodes ? Pourquoi aucun de ces gardes n’ouvre le feu sur Fury alors qu’il est censé être recherché ? Pourquoi personne parmi les gardes ne semble se soucier de l’accusation que Rhodes est un traître ? Non, vraiment, la série me perd totalement. Rhodes se retrouve finalement en capacité de confirmer à Gravik que le président est vivant.
De son côté, Fury rejoint une planque où G’iah l’attend. Alors… Je veux bien, hein, mais ça n’a aucun sens non plus. Fury se rend dans la planque où il a fait sa promesse foireuse trente ans plus tôt ? Genre, la planque existe encore ? En quoi est-ce une planque si Gravik sait où elle est ? Et comment G’iah le retrouve-t-elle ? Et pourquoi commencent-ils à parler du quartier et des attaques nazis plutôt que de ce qui les concerne directement ?
Bref. G’iah exige de pouvoir enterrer son père et en veut encore à Fury de ne pas avoir tenu sa promesse… Mais ils sont interrompus rapidement par la police. Fury prend la fuite. C’est un fugitif de luxe, cela dit : il a des limousines et des jets privés, ainsi qu’une ligne directe pour parler avec Gravik apparemment. J’ai vraiment du mal à accrocher à la série. On sait bien que Fury est un peu tout puissant, mais bon, comment parvient-il à avoir encore autant d’influence ?
On sait qu’il a la loyauté de bien des Agents du S.H.I.E.L.D, mais ce n’est jamais rappelé dans la série. Ils se sont débarrassés de Maria Hill et ne prononcent pas le nom de l’organisation. C’est franchement dommage. Plutôt que de lui donner un pilote très sympathique et capable de l’aider, il aurait été bon, peut-être, de sortir de sa retraite anticipée n’importe quel acteur de la série Agents of S.H.I.E.L.D non ? Je ne lâche pas l’affaire, je sais… Je trouve juste que trop d’opportunités sont gâchées pour rien. Allez, je me console : Fury parvient à entrer en Russie en utilisant l’un des masques permettant de changer l’apparence de son visage ; et ça, c’était utilisé aussi à un moment dans la série d’ABC.
G’iah
Après son rendez-vous avec Fury, G’iah s’enfuit également. Apparemment, elle le fait en changeant d’apparence, mais la série ne se donne pas la peine de nous le montrer. L’actrice doit coûter cher après tout. Elle joue très bien, mais le rôle n’est pas grandiose et ne permet pas vraiment de lui rendre justice.
Elle décide en tout cas d’enterrer son père. Pour cela, elle en récupère le corps (hors écran), se recueille un moment, puis se rend auprès de Varra. Elle est sûre qu’elle pourra l’aider, puisque Fury lui a promis. C’est effectivement ce qu’il se produit, dans une scène qu’on nous présente comme plein d’émotions, mais qui n’est finalement pas si grandiose.
Une fois que Talos est brûlé, G’iah se demande tout de même pourquoi Varra reste chez elle, à attendre de se faire tuer par les Skrulls envoyés par Gravik. Effectivement, pas besoin d’être un génie pour savoir que ça risque de lui arriver… Varra part alors sur un petit discours affirmant le plaisir que c’est de vivre dans cette maison, puis fait la morale à G’iah sur les sacrifices que la vie de couple demande et dont elle n’a pas conscience car elle est encore trop jeune.
Soit. Heureusement, Varra est finalement interrompue par des Skrulls incapables de viser correctement. Ils ont clairement l’effet de surprise et auraient pu tuer sans problème Varra et G’iah en tirant correctement, mais non. Au moins, cela nous permet d’assister à une chouette scène d’action un peu prévisible. Varra et G’iah survivent et se débarrassent des Skrulls qui les attaquent sans le moindre souci, alors même qu’elles ont affaire à un commando armé.
Les deux femmes se séparent ensuite sans jamais s’être croisées sous l’apparence de Skrull. C’est ironique pour G’iah qui en fait tout un foin à chaque fois de devoir vivre sous une fausse identité. Même l’enterrement de son père, elle le fait dans la peau d’une humaine…
Sonya
Mais qui est-elle, putain ? Sonya débarque dans l’entreprise d’un type qui s’inquiète apparemment des informations accusant les Skrulls d’être responsables de l’attaque contre le président américain Sonya accuse aussitôt le type d’être un Skrull et n’hésite pas à lui tirer dessus. Voilà, même pas besoin de lui couper un doigt, en fait : une petite blessure par balle dans la main suffit également à révéler la véritable identité des Skrulls sous couverture. Pourquoi Nick ne ferait-il pas ça à Rhodes ? C’est juste mal écrit, et c’est frustrant.
Bon. Au moins, elle est efficace et amusante. Elle s’écoute énormément parler, mais elle parvient à récupérer la scientifique qui fait des expériences pour les Skrulls, tout en tuant un des Skrulls. Je suis hyper partagé sur le personnage de Sonya : d’un côté, j’aime bien l’humour qu’elle apporte et ce côté hyper désinvolte ; de l’autre, je regrette vraiment son introduction qui ne permet pas trop de savoir où elle est sur l’échiquier de la série.
C’est en tout cas une pote de Fury, puisqu’elle vient le chercher à son arrivée en Russie. C’est l’occasion pour la série d’avancer un peu et de nous reparler de la troisième Guerre Mondiale. La menace ne me convainc pas du tout – peut-être à cause de la guerre en Ukraine dans la réalité qui nous a plongé totalement dans une troisième Guerre ; sur le versant de l’économie. Là, on a des scènes où le président américain a peur d’une frappe contre les Russes (conseillée par Rhodes, évidemment) et où Fury redoute la troisième Guerre… alors qu’avec l’invasion, elle semble plus que commencée.
Bref, la conversation entre Sonya et Fury permet de se faire une bonne idée de ce qu’il en est à présent : Gravik veut bien que Fury reste en vie car il est celui qui sait où est l’ADN des Avengers. Pour être sûr de l’obtenir, il menace son propre QG, parce qu’il y a des vies innocentes dedans. Gravik est prêt à tout pour obtenir plus de pouvoirs, soit, mais tuer des Skrulls, ça me semble plus que contreproductif vis-à-vis de son objectif… Pourquoi veut-il du pouvoir s’il n’a plus de Skrulls à qui donner la planète ensuite ? Une frappe nucléaire détruirait aussi considérablement la planète qu’il veut coloniser, non ?
Les scénaristes ne s’embarrassent pas de ces questions, préférant se concentrer sur la manière dont Gravik a appris l’existence de la « Mousson ». Cette dernière, qui est le titre de l’épisode, est une récolte du sang des Avengers versé durant la Bataille pour la Terre. Elle a été ordonnée par Fury (bien joué mon gars) et exécuté par des Skrulls, y compris… Gravik lui-même. Vraiment, bien joué, Fury. C’est donc ça qui a donné l’idée à Gravik de créer sa super machine et ça qui explique que Fury soit de retour : il se sent responsable de ce qui est en train de se passer.
C’est aussi pour ça qu’il ne fait appel à aucun super-héros pour lui venir en aide. Ma foi, c’est une explication qui tient à peu près la route, même si c’est trop con. Bon, et finalement, ils ne sont pas en Russie, mais en Finlande. C’est là que Fury a une fausse tombe, dans laquelle il a planté la fameuse Mousson. Un petit caveau contient aussi tout l’équipement dont il a besoin pour redevenir un vrai badass.
On ne sait pas trop pourquoi Sonya – sa bestie à qui il révèle que sa femme est une Skrull – ne l’y accompagne pas, mais ça fait beaucoup plus classe de le voir se préparer seul, c’est sûr. Bon. Plus qu’un épisode alors…
