Pfiou, c’est un épisode qui ne fut pas simple à critiquer, car toutes les intrigues s’entremêlent dans cet épisode. Cela dit, ça me convient, parce que c’est toujours chouette à suivre. Je ne fais que me répéter : les personnages sont géniaux, l’intrigue est simple, mais c’est ce qui rend le tout efficace. En plus, tout s’enchaîne avec tant de fluidité que ça ne peut qu’être agréable à suivre. Je trouve toutefois que cet épisode se perd en cours de route avec des sous-intrigues qui semblent être là pour rallonger l’histoire. Je me demande si tout était dans le livre et comment c’était présenté… Définitivement, j’ai hâte de le lire !
Spoilers
La première de Supper at six est plus proche qu’on ne pourrait le penser.
Disperse immediately.
L’enfance d’Elizabeth
L’épisode commence dans l’Alabama en 1934 et euh… pourquoi, au juste ? Pour nous parler des parents d’Elizabeth, bien sûr. On découvre son père alors qu’il prêche dans son Eglise. C’est clairement un grand arnaqueur et un menteur qui met en place dans son Eglise des signes de Dieu. N’importe quoi. Le grand frère d’Elizabeth lui explique donc que Dieu n’a pas vraiment envoyé un signe et que le feu ne s’est pas allumé seul quand il s’est allumé.
Non, c’était de la chimie avec de la combustion de pistache à retardement. Le grand frère est tout sympa avec la petite, lui expliquant toute la vérité et nous menant à l’Elizabeth athée que nous connaissons, j’imagine. Le problème, c’est qu’on sent dès le départ qu’il y a un malaise grandissant avec ce fils qui fait tout ce que son père lui demande tout en étant clairement attiré par les garçons. La série ne montre pas grand-chose : un regard pendant la messe, une dispute avec son père qui lui reproche d’avoir été avec un garçon, puis un père qui torture son gamin en le mettant dans le coffre. Sans aucune surprise, surtout qu’AppleTV spoile dès le départ avec un message d’avertissement, le frère décide donc de s’ôter la vie durant la nuit. Quelle horreur.
Et bien sûr, on nous montre tout ça avant d’en revenir au présent. La transition ? Son père est applaudi par ses fidèles, Elizabeth l’est par ses fans maintenant que l’émission fonctionne. Le parallèle dure tout l’épisode et j’ai un peu tout résumé ici.
Pantalon
À propos de l’émission, je dois bien dire que je trouve un peu frustrant qu’elle soit lancée si vite. Nous ne voyons pas vraiment Elizabeth galérer à la lancer – la première a eu lieu bien vite, on ne nous montre pas vraiment les recettes et à la fin du cinq, elle a déjà plein de fans et une aisance face caméra impressionnante. Elle a même pris le temps de sourire dans un épisode, c’est dire !
Bon, tout se passe bien en tout cas. Phil en est à dire qu’il a tout de suite vu qu’elle allait être une grande star, tout en critiquant le fait qu’elle porte un pantalon. Et si tout se passe bien, c’est aussi parce qu’Elizabeth est capable d’inspirer son audience. Finalement, elle n’est pas si loin des mensonges de son père quand elle inspire une femme au foyer en lui disant qu’elle pourrait très bien être une chirurgienne cardio-vasculaire et qu’il lui suffit de suivre des études pour ça.
Bien sûr, c’est vrai. Mais à l’époque où la société met tant de freins et alors qu’elle a déjà plusieurs enfants ? Je ne sais pas, j’ai quelques doutes. Mais bon, tant mieux si Elizabeth a des fans – tellement qu’elle se trouve à signer des autographes. Elle est toutefois ravie de pouvoir faire une différence parce qu’elle porte un pantalon à la télévision, et elle en parle dès qu’elle le peut à Harriet.
Harriet
Le problème, c’est qu’en parallèle, les scénaristes n’oublient pas l’époque dans laquelle nos personnages vivent. C’est le moment où Martin Luther King Jr est arrêté parce qu’il inspire un peu trop de gens. Inévitablement, on découvre cette information lorsqu’Harriet rentre chez elle et découvre l’information à la télévision.
Elle est aussitôt tellement énervée parce qu’elle vient de voir qu’elle passe sa soirée à le ruminer. Et elle a ainsi une sacrée idée : elle pourrait organiser un blocage de la fameuse autoroute contre laquelle elle luttait, en signe de lutte pacifique. Son mari n’est pas convaincu et plutôt inquiet par cette idée. Bref, il y a de nouveau une dispute entre eux et autant vous dire qu’Harriet n’en a un peu rien à faire d’apprendre qu’Elizabeth portait un pantalon à la télévision. Elle a autre chose en tête.
Le lendemain, elle organise donc sa manifestation. Ce qui est bien, c’est qu’elle peut tout de même en parler à Elizabeth. J’étais content de les voir être amies et réussir à conserver cette amitié, mais cela ne dure pas : Elizabeth est une figure publique qui ne peut pas faire ce qu’elle veut. Elle l’apprend à ses dépens dans cet épisode.
Chantage
En parallèle, nous suivons toujours l’enregistrement de l’émission d’Elizabeth. Si tout se passe bien et qu’elle est une star, elle a du mal à garder le contrôle : avec le succès, viennent les annonceurs. Et comme elle ne gère pas le marketing, elle n’est pas bien ravie de voir Phil essayer de lui imposer un ingrédient pour qu’elle fasse de la pub en échange d’un contrat juteux.
Mentir à son public, ce n’est pas dans l’esprit d’Elizabeth. Elle refuse donc de faire la pub pour de la fausse graisse, en profitant même pour en remettre une couche sur les dangers du produit qu’elle est censée vendre. En représailles, Phil décide d’interrompre le tournage de l’émission pour trois jours. Le but est simple : lui faire céder par chantage, en faisant pression sur les petits employés autour d’elle qui ne seront pas payés en cas de rediffusion. La pauvre. Elle a de quoi être légitimement énervée.
En plus, évidemment, Phil la fait passer pour la méchante. Elle perd donc la confiance de plusieurs des employées de l’émission qui lui en veulent d’avoir perdu trois jours de salaire. Logique. Quand elle croise Fran en faisant ses courses et que l’ancienne secrétaire se dit à la recherche d’un emploi, Elizabeth lui propose de venir voir son émission. Fran est une ancienne amie, après tout, même si ça s’est mal terminé entre elles. Elle est aussi fan de l’émission, alors ça ne coûte pas grand-chose à Elizabeth de l’inviter.
Fran vient pour la reprise de l’émission, assiste à une Elizabeth qui ravale sa fierté pour faire la pub de l’émission et lui conseille en fin d’émission de ne pas répondre à toutes les questions. Elizabeth décide aussitôt d’embaucher Fran pour sa franchise et ses bonnes idées. Elle la présente à Walter, qui tombe aussitôt sous le charme de Fran. C’est chouette de retrouver Fran : je ne pensais pas du tout qu’elle reviendrait dans la série.
Par contre, toute cette histoire fait prendre conscience à Elizabeth qu’elle ne peut pas dire et faire ce qu’elle veut à l’antenne, même si elle a beaucoup d’audience. C’est pourquoi, elle est forcée d’expliquer à Harriet qu’elle ne peut pas se rendre à la manifestation qu’elle organise – ce qu’Harriet ne prend pas bien du tout, parce que le déjà vu est désagréable. Elle lui fait donc la morale, sur son importance en tant que star dans ce qu’elle dit, mais aussi sur les sujets dont elle choisit de ne pas parler.
Je suis partagé sur la question : en soi, il est difficile de ne pas être d’accord avec Harriet, mais en pratique, je n’aime pas trop la rhétorique qui consiste ici à dire que les stars devraient s’exprimer sur absolument tous les sujets. Dans tous les cas, l’idée est ici qu’Elizabeth entend le message adressé par Harriet. Elle décide donc qu’il est important de participer à la manifestation.
Après quelques calculs sur ce que coûte une journée de suspension, elle décide donc d’annoncer à la télévision sa participation à cette manifestation. Phil pète bien sûr un câble, mais elle a une réponse toute trouvée : cela coûte plus cher à Phil d’annuler l’émission que ça ne lui coûte à elle de payer les employés qui ne le sont pas quand il décide de suspendre la diffusion. C’est excellent, tout simplement.
Je m’attendais en revanche à ce que la manifestation rencontre plus de succès grâce au poids d’Elizabeth. Ce n’est malheureusement pas le cas : il n’y a que les voisins noirs d’Elizabeth qui bloquent l’autoroute, avec elle bien sûr. Et autant on nous met un avertissement sur la violence du suicide en début d’épisode, autant on ne nous dit rien pour les violences policières beaucoup plus traumatisantes qui sont mises en scène ici.
Face à cette protestation pacifique, les policiers emploient en effet la force et tabassent quelques voisins d’Elizabeth pour les faire changer d’avis et dégager la route. Cela ne fonctionne pas bien sûr, ça ne permet que de nous traumatiser et de montrer la violence des répressions policières à l’époque. Enfin, à l’époque. On a les mêmes aujourd’hui, en vrai.
Mad
De son côté, Mad continue d’en vouloir à sa mère de ne pas s’occuper assez d’elle. Elle lui fait payer le soir en raccourcissant leur temps de conversation dans le but de pouvoir faire quelques recherches la nuit. Quand ses babysitters dorment devant l’émission d’Elizabeth, elle prend le temps de passer quelques appels à toutes les écoles St Luc qu’elle trouve, parce qu’elle sait que son père a été dans une école St Luc.
Malheureusement pour elle, elle ne fait que tomber sur des impasses. C’est Curtis qui finit par lui faire comprendre ça. Cela ne décourage pas Mad qui profite d’avoir pour babysitter la fille d’Harriet pour la convaincre d’aller à la bibliothèque. Sur place, elle peut chercher des informations sur Calvin et obtenir enfin une information précieuse : un acte d’un cabinet d’avocats, qui est celui d’Harriet.
Il n’en faut pas plus pour que Linda et Junior, les enfants d’Harriet, s’introduisent dans le cabinet et vole un dossier. Au moins, Harriet peut prévenir Elizabeth de ce qu’il passe et lui fournir une bonne psychanalyse de sa fille.
En tout cas, ça motive Elizabeth à parler, en fin d’épisode, de Calvin à Mad. C’est une scène extrêmement touchante où Elizabeth explique à sa fille que son père lui manque. Le problème, c’est que j’ai trouvé le timing très mauvais dans l’épisode, car ça suit la scène de violences policières et la réconciliation entre Harriet et son mari, qui ont trouvé un terrain d’entente sur la peur qu’ils ont ressenti quoi.
Du coup, nous parler d’abiogenèse et de Calvin, alors qu’il est dur de se remettre de la perte de ce personnage. La scène est toutefois très sympathique : elle permet à Elizabeth et Mad de parler de Calvin, des souvenirs que Mad a récolté… mais aussi de ceux qu’Elizabeth a gardé de son frère. Ah.
Tout ça nous mène alors a un cliffhanger que je n’ai absolument pas compris : Mad trouve une lettre d’un certain Avery Parker adressé à Calvin. Ce qui la surprend est que la lettre ne lui demande pas d’argent et fait mention de l’école de Calvin. Elle en parle donc au prêtre qui est surpris de découvrir l’identité du père de Mad. Euh ? Pourquoi ? J’ai raté une étape, je pense, mais on verra ça au prochain épisode !
