On a compris que la série voulait faire dans le social et elle est parfois un peu lourde dans sa manière de faire passer des messages – ici, sur les adolescents. Pour autant, je trouve que l’ensemble est fluide, que c’est pas si mal écrit et surtout que les personnages sont attachants. Le casting est excellent et gère parfaitement ce que les scénaristes veulent faire passer, alors je passe de bons moments devant la série.
Spoilers
Un homme armé est repéré dans la bibliothèque de la ville.
And no one, absolutely no one should hold it against you.
Le temps passe et chaque fois que je lance un épisode, je me dis que la série serait vraiment parfaite en bingewatching. C’est presque frustrant de la voir à la semaine – et en même temps, la semaine prochaine, je vais prendre du retard dans mes visionnages, je le sais déjà. En attendant, je reste à jour dans mes hebdos et je me lance donc dans le visionnage de cet épisode, parce que malgré l’épisode précédent un peu moins bon, la série me plaît beaucoup et j’ai envie d’en voir plus.
Main armée
J’aime bien le fait qu’au commissariat la journée commence par une réunion des bleus. Cela manque depuis le premier épisode ce genre de scènes où ils partagent un café et font une pause ensemble. Je ne sais pas, dans tous les tafs, les nouveaux s’allient, non ? Ou alors, ils se détestent. Et dans le fond, Grove et Sabrina se moquent de Luke, donc c’est dans l’entre-deux.
Ensuite, Brambilla vient casser l’ambiance de déconne entre bleus en les remettant au travail et en partant faire sa ronde habituelle avec Sabrina. En chemin, ils papotent un peu jusqu’à être interrompus par l’annonce qu’un homme armé a été repéré dans un immeuble du centre-ville. S’il n’y a pas de coup de feu, tous les flics sont aussitôt motivés pour gérer l’évacuation du bâtiment et la sécurité de la zone.
C’est un peu dommage : ça nous ramène une fois de plus Degas dans la salle d’opération, mais je n’ai pas trop compris pourquoi. Elle est enquêtrice, alors pourquoi est-elle tout de suite sur le coup ? Cela manque de quelques précisions dans la hiérarchie globale de la police, mais ça ne m’a pas gâché l’épisode pour autant.
En effet, la tension grimpe vite dans cette journée normale pour Sabrina et Brambilla. Ils croisent Gabinski qui fait un topo sur la situation, puis se lancent dans l’évacuation de la bibliothèque municipale (ou universitaire, remarque ?) prise pour cible par l’homme armé. J’aime bien ce que ça donne, même si les figurants paraissaient deux de tension dans l’évacuation. Je ne sais pas, les flics crient dans une bibliothèque, ça donne envie d’évacuer, en théorie.
Assez vite, tout ça termine en prise d’otage par le type qui a bien une doudoune orange, mais réversible. Il est malin tout de même. Il a aussi un flingue qui est bien particulier : après s’être enfui en voiture volée et avoir provoqué un accident, l’homme s’échappe en laissant son arme derrière lui. Il n’est pas bien malin sérieusement… Mais l’arme offre une perspective effrayante à la police : il s’agit d’une impression 3D d’un flingue.
Grove l’analyse rapidement – parce que c’est la seule scientifique geek de toute la police canadienne apparemment et qu’elle n’a toujours pas besoin de son tuteur, dommage – et met Sabrina et Brambilla sur la piste d’un certain « 53nt1n3l » qui a signé sa création. En cherchant sur le net, elle a trouvé tout un site expliquant comment imprimer l’arme. Publier l’information n’est pas un crime. Imprimer une arme, c’en est un. Les policiers se concentrent donc là-dessus.
J’aime bien la manière dont est construit l’épisode ensuite pour que Sabrina comprenne bien vite qu’un étudiant interrogé le matin même est en fait celui qui a imprimé l’arme, parce que oui, l’arme a été imprimée dans la bibliothèque municipale. Ils sont riches les canadiens. Sabrina, elle, gère bien les interrogatoires, et de mieux en mieux pour une bleue, même. Elle ne fait pas assez d’erreur de débutante pour l’instant à mon goût, mais ça n’empêche que la série est sympathique.
Chantage
Bref, on enchaîne par l’arrestation du type du début d’épisode qui s’était enfui. Luke appelle Sabrina pour se vanter de l’avoir arrêté avec Gabinski, mais il doit tout de même revenir au commissariat parce que son tuteur est attendu au tribunal. Partant de là, Brambilla se retrouve avec deux bleus à gérer et c’est plutôt chouette. Cela permet à Luke de faire ses preuves en interrogatoire aussi.
La série poursuit l’enquête avec l’ado qui a imprimé l’arme qui disparaît de chez lui en volant l’argent de sa mère (elle est cheloue sa mère à téléphoner de devant sa maison là). Dépitée, elle appelle Sabrina pour l’informer de la disparition de son fils et de son inquiétude car ce n’est pas ce qu’il fait habituellement. Bon, après, il a l’habitude d’être beaucoup seul et rejeté de ses camarades apparemment.
C’est donc sans surprise qu’il part en vrille, au fond. Quand on a son point de vue, on comprend qu’il est en fait harcelé et qu’il y a un sacré chantage en cours : il doit payer son harceleur au plus vite car celui-ci menace d’envoyer un message à ses parents avec… on ne sait pas, mais c’est gênant au point qu’Eddie, le gamin, envisage finalement le suicide. Par chance, Grove trace son téléphone et permet à Sabrina et Brambilla de le retrouver au plus vite.
C’est Sabrina qui repère en premier qu’il est sur le toit d’un immeuble, prêt à se jeter dans le vide. Bon, la série abuse un peu : les deux flics ont alors le temps de monter sur le toit de l’immeuble super rapidement et sans que le gamin ne saute pour autant. Il hésite et n’a pas vraiment envie de mourir, j’imagine. Tout ça se termine bien pour lui, avec Brambilla qui parvient à lui sauver la vie.
Bon. Je dis que ça termine bien, mais il reste le problème du chantage : on le menace de publier des photos de lui nu à sa famille, à tous ses camarades et en ligne avec son nom pour l’empêcher de postuler dans de grandes écoles. Mouais. On est en 2024, je ne sais pas si ça fonctionne vraiment un chantage pareil avec toutes les intelligences artificielles qui peuvent créer des fakes et tout… Je ne sais pas, ça me paraît trop violent tout ça.
Reste à déterminer qui fait du chantage à Eddie – et les nouvelles ne sont pas bonnes : Brambilla pense trouver la coupable pour mieux se rendre compte qu’elle est victime elle aussi du même chantage. L’application utilisée pour s’échanger les photos entre eux n’était pas sécurisée, avec un malfaiteur capable de récupérer les données et les photos, d’où le chantage qui suit. C’est triste : les victimes sont des victimes idéales, des adolescents isolés et surveillés pour cela. Il y a tout un réseau à démanteler.
Malheureusement, tout ce que Grove parvient à faire en fin d’épisode, c’est bloquer les mouvements financiers liés aux photos et aux chantages ; sans identifier pour autant la personne qui en est responsable. Eh, j’accuserais bien doudoune orange du début d’épisode, moi, mais je crois que la série fait exprès de laisser l’intrigue ouverte pour que ça nous torture un peu. Ils font trop de drama autour de cette intrigue d’ados qui s’envoient des nudes quand c’est malheureusement devenu quelque chose de bien trop courant pour que j’arrive à compatir à 100%. Je suis sans cœur, je crois.
J’ai en revanche trouvé vachement intéressant le fait que les photos peuvent être tracées un peu partout sur Internet par des spécialistes Interpol. Les acteurs jouant les rôles secondaires de l’épisode sont bons, et j’aurais aimé que ça termine par un couple d’adolescents qui réussissent au moins à se parler et arrêter de se sentir seuls – tirer du positif de leur expérience hyper négative. À la place, on aura juste Sabrina qui nous fera la leçon en rassurant Eddie : personne ne devrait tenir rigueur à Eddie du fait qu’il se retrouve victime de la fuite de ses nudes… Leçon retenue, pas vrai ? C’est un brin naïf, même si c’est évidemment ma position aussi.
Ajeet
Comme toujours, il y a en parallèle une enquête en fil rouge autour de l’accusation de trahison de la part d’Ajeet. Ainsi, l’épisode commence par Sabrina qui cherche à gérer le cas de son père. Elle le fait en parlant avec Max qui insiste sur le fait qu’ils ont finalement assez peu de choses pour retenir son père en prison. Avant ça, on a tout de même quelques phrases à la radio pour nous montrer la montée des discours extrêmes au Canada – ouais, au Canada aussi.
C’est ce qui inquiète particulièrement Max, en fait : l’impression que la Couronne fait tout pour que le ministre Sohal soit un traître à cause de ses origines. On lui retire même, selon lui, la présomption d’innocence. Si la scène est intéressante et fait très legal drama, je trouve tout de même qu’elle tombe comme un cheveu sur la soupe dans cet épisode. On n’a pas tellement eu de drama judiciaire dans les premiers épisodes.
En plus, tout ça mène Max à la réussite de son plan : il parvient à convaincre le juge de faire en sorte que le ministre soit partiellement libéré et assigné à résidence. Le truc, c’est qu’une fois de plus Ajeet n’en fait qu’à sa tête : il refuse de rentrer chez lui et donner l’impression au public qu’il profite d’un avantage dû à sa position. Il est un peu relou, à force, même si j’aime bien son éthique politique depuis quatre épisodes.
Ce n’est pas le cas de sa fille, toutefois, et elle tente donc de le convaincre en fin d’épisode de rentrer à la maison au moins pour raison familiale. Dommage qu’il ne le sente pas comme ça, lui. Pauvre Sabrina – heureusement qu’elle a toujours sa meilleure amie pour s’occuper d’elle et l’emmener faire la fête en vrai. Sabrina en a besoin et danse toute la nuit, enfilant les shots et ignorant les appels de son frère. C’est un drôle de cliffhanger… curieux de voir ce que la série proposera au prochain épisode pour justifier cet appel à l’aide du frère de l’héroïne.
