Les Bracelets rouges – S01E03-04

Spoilers

Ci-dessous mon avis sur les épisodes 3 et 4 de l’adaptation française des Bracelets rouges.

03.jpgÉpisode 3 – 19/20
Va mourir plus loin.

C’est avec plaisir que mon lundi soir commence par Les Bracelets rouges. Cette série est tout bonnement géniale et les premiers épisodes n’étaient vraiment pas décevants.

Un nouveau matin débute à l’hôpital avec le réveil difficile de Sarah, les douleurs fantômes de Thomas et la tension moyenne de Roxane suite à un malaise. Son anorexie est enfin abordée par la série comme le problème médical qu’il représente, dans toute sa complexité psychologique.

Le réveil difficile de Sarah ? Oh, il enchaîne sur un arrêt cardiaque imprévu, alors même que Nathalie arrivait voir son fils. L’angoisse est totale, mais elle se réveille finalement. En tout cas, clairement, elle ne fait pas que de petits malaises, elle.

Le problème, c’est qu’il faut encore déterminer ce qu’elle a, parce que ce n’est pas un cancer, ni un virus. Après ce réveil catastrophique, la mère de Sarah, Karine, débarque à l’hôpital. Paniquée, elle se met à chercher sur internet ce que peut bien avoir sa fille, et ce n’est pas la meilleure des idées d’aller trainer sur internet. Le scénario n’hésite pas à traiter les longs moments d’attente à l’hôpital. C’est tout à fait réaliste, avec une attente qui accentue en plus les angoisses. Dans le genre, les parents de Sarah étaient maltraités cette semaine, mais ça permettait d’apprendre à les connaître également.

Clément est de nouveau en rééducation avec Victor, et cette fois il passe à sa première prothèse. Il s’inquiète aussi de Thomas, ses rendez-vous psy et ses douleurs fantômes.

Pour sa prothèse, il se retrouve à attendre dans un couloir, à côté de Sarah, qui est parfaitement odieuse avec lui. Elle lui propose carrément d’aller mourir ailleurs parce qu’ils ne sont pas du même monde. Cette scène était frappante d’un réalisme dérangeant, avec une Sarah sans filtre qui n’hésite pas à dire les pires horreurs. Et toute la force du personnage est de parvenir à être attachante malgré tout ça – si ce n’était pas encore le cas dans les deux premiers épisodes, ça marche à merveille dans celui-ci, ou son franc-parler la rend par moment marrante et où il est clair qu’il s’agit là d’une carapace. On peinait à le voir dans les épisodes de la semaine dernière, mais cette fois l’actrice maîtrise parfaitement le personnage et ça rend quelque chose de bien plus intéressant et réussi.

Après leurs examens médicaux, Sarah vole ses résultats et ceux de Clément. La scène est marrante à voir, avec une course poursuite pour les dossiers et un Clément qui la gagne haut la main malgré son fauteuil. Ou grâce à ça, au choix.

Les deux se retrouvent coincés dans un ascenseur, et le stress après autant d’exercice physique ne réussit pas à Sarah qui fait une crise d’angoisse. Clément l’aide à reprendre sa respiration, et les deux deviennent amis par la force des choses.

Ils finissent par ouvrir les enveloppes de leurs résultats. Si Sarah n’a pas d’infection cardiaque, Clément découvre donc dans cet ascenseur qu’il a des métastases réapparues. Comme dans toute bonne série qui se respecte, les scénaristes jouent avec les attentes des téléspectateurs avec cette inversion d’enveloppe, et ça fonctionne.

C’est d’autant plus injuste que Clément a révélé être amoureux de Roxane alors que celle-ci est en train de passer du bon temps avec Thomas. On y reviendra cela dit, mais la vie n’est pas cool avec lui.

Ils finissent par être libérés de l’ascenseur par Mehdi. D’ailleurs, ce dernier, comme Sarah grâce à l’ascenseur, rejoint officiellement le groupe des bracelets rouges en début d’épisode. Comme Nathalie galère à trouver vraiment sa place à l’hôpital, elle tente de l’aider à se lever. Pas encore blouse rose, elle fait déjà ce qu’elle ne doit surtout pas faire, aider un patient à sortir de sa chambre alors qu’il faut qu’il y reste.

L’infirmier, Lucien, la remet à sa place. Quant à l’entretien pour les blouses roses, il n’est pas si simple, car il met en avant les problèmes psychologiques qu’elle pourrait avoir suite à l’accident. Bref, des gens qui s’inquiètent pour elle quoi. Les choses empirent pour elle quand elle se fait recaler de son entretien. Elle pense plus aux autres qu’à elle, et c’est mal.

Pour en revenir à Mehdi, son intrigue principale consiste à éviter la police dans l’épisode, apportant encore une bonne dose d’humour à l’épisode, avant de virer au drame quand le docteur comprend qu’il a eu un trou noir alors qu’il conduisait, et non l’inverse.

Autrement dit, il a le droit lui aussi à une intrigue médicale plus complexe. Et à une scène pour se prendre la tête avec Sarah, forcément. Celle-ci ajoute donc un soupçon de racisme et beaucoup d’intolérance à la liste des défauts, mais son mode de défense finit par être attachant.

De son côté, Roxane refuse toujours de manger. Thomas accepte de l’aider à finir son assiette, ce qui est tout sauf une bonne idée, mais bon, ça leur permet de passer du temps ensemble.

Roxane continue de prendre en photo tout ce qui bouge, mais elle refuse catégoriquement d’être prise en photo. Même quand c’est le deal pour qu’il finisse son assiette, même après 30 minutes à le voir la jambe en l’air pour gérer sa douleur fantôme.

C’est bête, ils étaient pourtant mignons. Elle revient pour s’excuser après s’être engueulé. Suite aux compliments de Thomas sur sa beauté, elle accepte d’être prise en photo, mais avec lui. Comme on s’en doutait depuis deux épisodes, ça finit par un baiser tout craquant entre eux, alors qu’elle n’osait pas être sur la photo.

En fin d’épisode, Clément ne comprend pas la réapparition des métastases, dans son poumon cette fois, alors que tout allait bien dans sa vie. Il repart donc sur une chimiothérapie, mais il refuse d’en parler, forcément… sauf à Thomas, à qui il parle aussi de Roxane, alors même que Thomas vient de lui écrire une lettre qui permet enfin à Roxane d’envisager de manger. Ah, les triangles amoureux !

J’ai une fois de plus bien trop aimé cet épisode, qui m’a en plus réconcilié avec Sarah. Bien sûr, je savais que le personnage avait ses bons moments, mais la bonne surprise est de voir l’actrice réussir à gérer le moment de crise et la carapace de son personnage. Une amélioration qui permet à toutes les intrigues d’être prenantes – et une conclusion d’épisode qui résonne encore : « pas de pitié ». Voilà un pacte résolument positif, proposé par Clément, qui résume là aussi le message de la série. Avant d’être malades, ils sont avant tout des ados et ils vivent leur vie d’ados, avec des complications terrifiantes en plus. Des complications que les parents ne gèrent pas bien eux-mêmes. Des complications qui font l’intérêt de la série aussi, forcément.

04.jpgÉpisode 4 – 18/20
Je suis ici depuis assez longtemps pour savoir qu’on ne gagne pas à tous les coups.

L’épisode reprend sur Clément en pleine dépression avec sa troisième rechute et le retour de ses parents. Il refuse la chimio, qui n’a que 30% de chance de réussite. Lui veut sa prothèse, marcher et mourir. Et sa décision est prise, au désespoir de ses parents – et à vrai dire, de tous les téléspectateurs.

Les médecins restent confiants malgré tout, car ce n’est pas son tempérament d’abandonner le combat. Oui, alors certes, mais les parents de Clément sont quand même de bonnes compositions de se laisser dire tout ça alors que leur fils vient de balancer qu’il voulait mourir.

Victor propose de lui changer les idées, en l’emmenant à la plage. Il emmène également Thomas, allons savoir avec quel accord parental. Quant à Roxane, les yeux de Thomas sont assez expressifs pour que Victor comprenne que ce n’est pas une idée. Pourquoi pas.

Grâce à Thomas, Roxane a recommencé à manger, ce qui est une bonne chose, mais Thomas stresse pour Clément, et immanquablement pour lui au passage. Du coup, il est plus distant avec elle, surtout que Clément refuse que Roxane sache pour sa rechute. C’est bien pour ça que Thomas ne veut pas d’elle à la plage, car le secret et les quiproquos sont violents, là.

Mehdi, lui, commence l’épisode par jouer avec son infirmière, une scène du quotidien plutôt marrant qui se concentre sur le plâtre du patient alors qu’on a bien compris que sa condition de santé risquait d’être plus grave que ça. La série se centre tellement sur les ados qu’on finit par en oublier le personnel hospitalier, pourtant présent dans ces deux épisodes à plusieurs reprises, et toujours de manière très réaliste – en tout cas, aux yeux d’un patient qui a la chance de ne pas avoir fréquenté tant que ça les hôpitaux.

Il croise ensuite Sarah dans les couloirs, et celle-ci est toujours aussi chiante. Elle apprend de manière brutale à Mehdi que Clément a de nouveau un cancer, mais en même temps, elle vient aussi de manquer de tact avec les parents de Clément. Cette première rencontre ado/parent était très sympathique à voir, surtout que ça permettait de développer le personnage de Sarah, dont l’intrigue médicale est mise de côté pour un épisode.

Avec son bracelet, elle obtient toutefois l’approbation de Roxane, et donc de Mehdi, pour rester trouver une solution à la déprime de Clément refusant d’être soigné. Eh oui, Roxane apprend la situation de Clément par Sarah et Mehdi, c’est donc un secret de moins qui doit toutefois la laisser se sentir trahie par les garçons.

Le père de Thomas rend une visite surprise à son fils, pour mieux découvrir qu’il est à la plage. Il se retrouve coincé dans la chambre d’hôpital avec les parents de Clément, dont il ignore tout et avec qui il est assez odieux.

Il les retrouve à la cafétéria, mais cette fois, Sylvie, la mère, refuse de rester pour bavarder. Les deux pères sympathisent malgré tout, autour d’un petit whisky, puis d’un alcool fort de poire produit par le père de Clément. Ah la France ! Ils sont surpris par Sylvie, un peu énervée… qui veut bien un verre aussi. Ah la France ! Allez, c’était marrant de les voir se bourrer.

Pendant ce temps à la plage, les choses ne sont pas si évidentes surtout pour Thomas qui affrontent pour la première fois les regards en coin de tout le monde. Au bar, ça passe encore, mais au mini-golf, il ne supporte pas les blagues d’un bouffon (ce sont les mots de Thomas, pas les miens ; mais force est de constater qu’ils sont assez justes). Clément distingue trois groupes parmi les valides : ceux qui se fixent sur le handicap, ceux qui l’évitent du regard et ceux qui sont cons. C’est une réalité terrible, mais une réalité malgré tout. Que Thomas s’en énerve paraît on ne peut plus juste – surtout que la série prend son point de vue, et c’est oppressant. Que Clément reste si calme sur tout ça, en revanche, tient d’une force surhumaine.

Bien sûr, quand il y en a besoin, Victor n’est pas là. N’empêche que dans le fond, toutes ces scènes où Thomas et Clément sont confrontés à « la vie normale », loin de l’hôpital, sont une fois de plus parfaitement réussies et très justes. Je sais, je finis par me répéter dans ces critiques, mais je suis fan de la série et de son écriture, de son adaptation à la française réussie (dans les répliques, dans les références, dans les attitudes des personnages… c’est réussi, c’est tout, et chapeau bas aux scénaristes qui font redécouvrir l’histoire autrement).

Pour Clément et Thomas, ça finit en shoot d’adrénaline avec la descente en fauteuil qui a fait toutes les photos promo de la télé et une chute en fauteuil qui redonne l’envie de vivre. La baignade de Thomas et Clément a enfin lieu ensuite, avec images du générique aussi au passage. Cette baignade est un autre shoot de vie pure, qui fournit beaucoup d’oxygène aux personnages, à la réalisation qui n’est plus si sombre, à l’épisode.

Oh, ça ne dure pas, et dès qu’ils sortent de l’eau, c’est pour que Clément recommence à vomir et déprimer, malgré l’aide de Victor. L’amitié entre l’infirmier et le patient est très touchante. Cela fait quelques épisodes qu’on découvre la profondeur des liens unissant les deux personnages, et ça crève les yeux dans cet épisode.

En parallèle, Nathalie, sous-exploitée dans cet épisode (mais pas autant que Côme !) arrive à l’hôpital et croise une ancienne amie, déjà grand-mère. L’angoisse est totale – son amie a beau être désolée, on comprend bien qu’elle l’a totalement laissée tomber il y a bien longtemps et qu’elle n’a pas spécialement envie de reprendre contact, surtout après ce qui est arrivé à Côme. C’est pourtant elle qui initie le dialogue dans l’épisode, et la série prend donc le parti de continuer sa réflexion acerbe sur les réactions humaines face à la maladie et au handicap. J’ai trouvé très juste de prendre le temps de s’attarder sur le personnage de Nathalie, dont on a bien compris qu’elle n’était pas aidée par la culpabilité et par la société. C’en est dommage que ce soit traité si rapidement.

Nathalie croise ensuite le trio Sarah, Roxane, Mehdi en train d’organiser une soirée pour Clément, parce qu’il faut bien faire quelque chose pour lui redonner goût à la vie. Finalement, c’est à Nathalie qu’ils donnent l’occasion d’exprimer sa colère de la vie contre un pauvre distributeur de chips, avant qu’elle ne se fasse draguer au don du sang par Romain, un homme venu donner le sien.

La série propose un super duo Mehdi/Sarah, où cette dernière laisse retomber sa carapace et s’entend beaucoup trop bien avec lui, ce qui est sympa. Il cherche toujours à se faire décorer le plâtre, mais il n’a pas spécialement confiance en Sarah et son vernis. Tu m’étonnes.

Les parents de Thomas & Clément ont beau s’être alcoolisés, ils sont quand même rappelés à la réalité avec le retour de leurs fils. C’est l’occasion d’une bonne scène de réconciliations entre Thomas et son père, même si ce dernier reste une catastrophe incapable de regarder le moignon de son fils et obligé d’appeler sa femme pour rentrer chez lui, trop bourré pour conduire.

Thomas retourne dans sa chambre et déprime de savoir Clément refusant de se soigner. Il fait tout son possible pour le convaincre de changer d’avis, non par pitié, mais par envie de voir son ami vivre. C’est impeccablement écrit & joué, et après tout un épisode comme ça, il est difficile de ne pas être touché par cette très belle amitié.

Tout ceci mène à la fête finale de danse, qui permet à tous de passer de bons moments malgré les problèmes internes du triangle amoureux – incarné au mieux par Thomas, seul à savoir ce qu’il se passe. Si la fête est un peu longue en soi, il est sympa de les voir s’éclater et être des adolescents aussi, juste à côté de Côme. Clément s’isole malgré tout – quant à la fête, contrairement au premier épisode, on entend les personnages s’amuser et c’est tout de même à se demander si on a quelque chose d’écrit par les scénaristes ou une improvisation des acteurs tant ça passe bien à l’écran.

Après la fête, Sarah finit par s’occuper de décorer les plâtres de Mehdi, les rapprochant encore alors que nous ne savons rien des vrais problèmes médicaux de ces deux-là, toujours pas développés. On ne peut pas en dire autant des personnages, surtout de Sarah qui transcende l’épisode avec son caractère permettant d’obtenir une sono pour la fête. Comme je le disais plus haut, elle en devient terriblement attachante avec son franc-parler dévoilant finalement une sensibilité très juste. Je regrette juste que le scénario ne développe pas plus sa vie scolaire, car il y aurait de quoi faire aussi… peut-être plus tard. Thomas largue quant à lui Roxane sans lui donner d’explications, et on peut dire adieu à ses progrès médicaux cette fois.

Bref, le scénario est impeccable, liant les problèmes médicaux des personnages à leurs maladies également. Difficile d’en attendre plus de la série qui parvient parfaitement à maîtriser les différentes doses d’émotion dans un équilibre difficile à trouver. Certes, ils peuvent compter sur l’histoire vraie dont est inspirée la série, ou sur tout un tas d’adaptations télévisées, pour y parvenir ; mais d’autres s’y sont cassées les dents avant, et ce n’est clairement pas le cas des Bracelets rouges version française. Vivement la semaine prochaine !

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Les Bracelets rouges (S01)

Synopsis : Le récit de la vie d’enfants et adolescents hospitalisés, avec juste le bon ton pour ne pas tomber dans le mélodramatique, mais pour proposer une histoire de vie touchante.

Saison 1 | Saison 2 | Saison 3

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Pour commencer, j’ai l’impression d’avoir rédigé l’introduction de cet article dès lundi dernier avec toutes les informations sur la série, sa version originale et son remake américain (à noter qu’il existe d’autres remakes dans des langues que je ne parle pas, comme l’allemand et l’italien). Si j’en connais donc le principe de base et l’inspiration de base au point d’avoir pondu ce synopsis avec le ressentiment que j’ai de la série qui me plaît énormément. Je suis néanmoins impatient de découvrir la version française pour voir ce qu’ils ont fait d’une série qui m’a captivé déjà dans deux autres langues. Et quand je dis captivé, c’est que je trouve qu’elle a vraiment un potentiel de fou.

Il faut bien que je reconnaisse que ça a le défaut de me faire être encore un peu plus critique que d’habitude (vous êtes prévenus), mais en même temps, il y a une bonne marge soyons sérieux. Je n’ai vu qu’une publicité sur la série, et ça ne m’avait pas spécialement convaincu, mais c’est dur de juger en-dehors de l’ambiance de l’épisode complet. Et puis, j’ai vraiment envie d’être amené dans cette histoire.

Ci-dessous, mon avis et mes notes sans spoiler sur les épisodes de la série. Pour lire la critique complète (avec résumé), cliquez sur le numéro de l’épisode.

Note moyenne de la saison : 18/20

S01E01 – 19/20
La série parvient à s’éviter tous les défauts dans laquelle je craignais de la voir tomber vu les gros noms affichés dans le casting des adultes. À la place, nous avons bien une série sur les jeunes de l’hôpital, sans censure bien pensante et avec la réalité du quotidien qui échappe au misérabilisme. Quelques jeux d’acteurs perfectibles, notamment chez les plus jeunes, mais un script très réussi et des scènes déjà très marquantes. Cette version française n’invente rien (ou presque) côté scénario, mais elle apporte son grain de sel et ses idées sur quelques détails, et c’est tant mieux.
S01E02 – 17/20
Difficile de ne pas retomber dans l’addiction que provoque cette histoire, définitivement très engageante, peu importe la langue. Bien sûr, cet épisode 2 tombe dans quelques facilités scénaristiques et points plus discutables sur la réalité du coma, mais le parti pris reste le même et ça fonctionne. Je suis hyper satisfait de cette version et extrêmement heureux de la voir en prime-time sur une grande chaîne. Décidément, la fiction française se renouvelle depuis un an, et elle le fait bien.
S01E03 – 19/20
L’adaptation est définitivement maîtrisée avec des répliques bien senties et un scénario qui délivre toutes ses promesses grâce à des interprétations d’acteurs de mieux en mieux maîtrisées. On ne peut qu’accrocher à ces personnages et à la série qui délivrent toutes les émotions que l’on veut voir devant Les Bracelets rouges, avec autant de joie que de tristesse, de l’amour et de la maladie, le tout en équilibre. Bravo, tout simplement. Le plus de cet épisode ? S’attaquer aussi aux temps d’attente interminables dans les hôpitaux, et le faire bien avec le point de vue de tout le monde.
S01E04 – 18/20
Toujours pas de fausse note dans cette saison avec un épisode qui prend le temps de s’évader quelque peu de l’hôpital. Cela marche très bien, avec une bouffée d’oxygène à la fois pour les personnages et pour la réalisation, qui rappelle que la vie continue en-dehors de l’hôpital, pour le meilleur et pour le pire. Le plus de l’épisode est cette fois de prendre le temps de développer le regard de la société sur les patients, mais aussi sur leur famille. Oh, et Sarah est de plus en plus attachante.
S01E05 – 16/20
S’il y avait quelques facilités scénaristiques dans l’épisode, les personnages et les situations sont tellement bien installés que les sentiments reprennent vite le dessus. Bref, la série marque toujours des points avec des situations prenantes. C’est dramatisé à l’excès par moment, surtout dans les histoires adolescentes, mais ça reste une série, donc ça n’a rien d’étonnant – par contre, c’est sacrément détonnant ce mélange d’humour et de tristesse ; ce n’est pas sans rappeler This is us par moment (en un peu moins bon dans cet épisode, en bien meilleur dans d’autres).
S01E06 – 20/20
Quand on s’engage dans ce genre de série, c’est pour le meilleur et pour le pire. Cette première saison des Bracelets rouges s’achève en marquant un grand coup qui promet de changer totalement l’univers de la série pour sa saison 2 (de huit épisodes). Difficile de ne pas être triste de voir la série quitter l’antenne, parce que franchement, on aurait bien besoin de la suite immédiatement – quoique, avoir le temps de digérer aide peut-être.

Saison 1 | Saison 2

EN BREF – En s’engageant comme dans la version originale à surtout se concentrer sur les adolescents hospitalisés, cette adaptation s’avère bien meilleure que la version américaine souvent beaucoup trop excessive et s’attardant trop sur les personnages adultes. Ceux-ci ne sont pourtant pas en reste pour autant, avec de nouvelles situations familiales apportant du drama supplémentaire bien géré, surtout du côté de la famille de Thomas.

Les trouvailles du scénario français permet de moderniser la série qui prend un nouveau coup de jeune et s’inscrit définitivement dans un cadre hyper-réaliste. Loin d’être prude, la série montre toute la dure réalité de l’hôpital. Certes, c’est parfois esthétisé parce qu’on est en prime-time sur TF1, mais dans l’ensemble, on ne peut nier un très bon travail sur le réalisme des situations.

Et puis, un drama adolescent à heure de grande écoute sur une grande chaîne en France ? Punaise, il était temps que ça arrive ! La série marque le compromis parfait entre ce désir de parler aux adolescents et le sérieux plus de rigueur pour son public adulte avec les problématiques médicales.

C’est le genre de série qui parle à tout le monde, qui me parle énormément et que je peux qualifier de coup de cœur sans la moindre exagération. Malgré tout ce qu’elle peut faire (re)vivre de douloureux ou d’angoissant, j’attends clairement la saison 2 ; même si la vie, elle, n’attend pas pour être croquée à pleines dents.

Saison 1 | Saison 2 | Saison 3

Les Bracelets rouges – S01E01-02

Spoilers

Ci-dessous mon avis sur les premiers épisodes de l’adaptation française des Bracelets rouges.

01.jpgÉpisode 1 – 19/20
Ici, il y a des gens qui vivent et il y a des gens qui meurent. Et entre les deux, il y a nous.

La série commence fort bien avec de longs plans larges réussis et une présentation rapide de l’hôpital par un enfant dans le coma depuis huit mois, Côme, sur un fond musical au top (plus inspiré de la version américaine que de l’originale). Dans le hall d’accueil, Thomas arrive à l’hôpital et rencontre Roxane, une anorexique.

Sa belle-mère se charge de l’inscription de Thomas et je l’adore déjà. La série marque tout de suite des points avec cette introduction rythmée, réussie et se centrant immédiatement sur les adolescents plutôt que sur les adultes, relégués au deuxième plan la plupart du temps. On s’éloigne donc de la version américaine qui en faisait trop sur les adultes, avec cette fois juste ce qu’il faut pour qu’ils soient attachants sans être des personnages principaux non plus.

Dans sa chambre, Thomas rencontre Clément et son magnifique t-shirt « banane », correspondant bien à son caractère de personnage qui a clairement toujours la banane… ainsi qu’un nombre incalculable de bracelets rouges et de mots à déverser sur ce pauvre Thomas.

Les parents de Clément arrivent et l’attention prêtée aux détails est merveilleuse, avec le regard de la mère de Clément rencontrant Thomas, tout plein d’empathie. C’est assez fou comme introduction et Thomas fait tout de suite de la peine de ne pas avoir ses parents.

Clément est là depuis neuf mois et est amputé, ce qui pousse son médecin à conseiller les parents de ne pas l’étouffer, malgré leur désir de le faire. Quant à Thomas, il va se faire amputer lui aussi, suite à un cancer du tibia. C’est en respect total avec la série d’origine et ça marche toujours aussi bien.

Au collège, Sarah s’amuse à draguer un autre ado obèse. Ah le harcèlement scolaire… Le problème, c’est qu’alors qu’elle se fout ouvertement de lui, elle s’effondre. Bon, là, faut bien reconnaître que c’était un peu trop dramatique et presque mal joué, mais tout ce qui a précédé m’a beaucoup plu alors je n’en tiendrai pas trop rigueur.

L’épisode introduit aussi le personnage de Mehdi et ses six fractures suite à un accident de moto. Il a 15 ans, pas de permis et son grand-père avait réparé la moto qui n’est pas à eux. Comme il le dit bien : « on n’est pas dans la merde, hein ? ». Les policiers mènent rapidement l’enquête sur lui et interrogent son grand-père, énervant Mehdi au plus haut point. Couvert par son médecin, Mehdi s’en tire bien même quand il insulte un policier, avant de se faire recadrer par le dit médecin.

Clément, en fauteuil, observe Roxane prendre des photos à travers les vitres, puis l’arrivée de Sarah qui n’apprécie pas d’être traitée comme une handicapée. La délicatesse et le tact, grosse caractéristique du personnage. Il enchaîne sur la rééducation pré-prothèse où il aperçoit Roxane et n’assume pas son crush.

De retour dans sa chambre où Thomas attend encore son père, Clément propose à son nouveau camarade de faire le tour de l’hôpital, en fauteuil. Il lui fait un discours sur la fête qu’il devrait faire pour dire adieu à sa jambe, avant qu’ils ne croisent Roxane. Celle-ci est aussitôt invitée par Clément.

Sarah est quant à elle coincée à l’hôpital tant qu’elle n’est pas récupérée par son père. Patientant dans la chambre de Côme, qui est aussi la sienne, elle finit par rencontrer une blouse rose, qui s’avère être la mère de Côme, Nathalie. Comme j’adore déjà l’actrice, j’ai tout gagné car c’est habituellement le personnage que j’aime le moins. Dans la version espagnole, l’actrice me faisait juste flipper, rapport aussi à ma propre hospitalisation quand j’étais gamin et à la naissance de ma coulrophobie maintenant que j’y pense. Nathalie sympathise ensuite avec Aurore, la belle-mère de Thomas.

Ce dernier rencontre Côme et Sarah, qui pète littéralement un câble en voyant deux handicapés dans sa chambre. Si le personnage et les répliques sont au top, c’est la seule actrice dont le jeu me laisse quelque peu perplexe pour l’instant.

Il va pourtant falloir m’y faire, et à elle et à la présence de Michaël Youn en papa sympathique et inquiet apprenant du médecin que sa fille a possiblement un problème cardiaque. Il ne lui dit pas toute la vérité, préférant la rassurer que lui expliquer les vrais problèmes auxquels elle risque d’être confrontée.

Avec Clément qui s’active à organiser une soirée, on en oublierait presque que nous sommes dans un hôpital… Thomas le lui rappelle rapidement, déprimé par l’absence de son père compromettant sa possible opération. Comme Aurore fait tout ce qu’elle peut pour que l’opération se déroule malgré tout le lendemain, Thomas fait ce qu’il peut pour organiser la soirée avec Roxane.

Celle-ci est plutôt sympa, même s’il n’est pas simple de rire sur commande quand on est adolescent – et encore moins simple de danser quand on ne sait pas sur quelle chanson on danse. L’idée de la piste d’hélicoptère devant les urgences et pas sur le toit fonctionne très bien et le trio des bracelets rouges est déjà beaucoup trop convaincant. Les bracelets ? Un par opération. Comme Clément a pas mal d’opérations au compteur, il donne à Roxane et Thomas un bracelet, scellant le pacte donnant son nom à la série.

De son côté, Sarah comprend que Côme n’est pas qu’un mur dans son angoisse de la première nuit d’hôpital alors que Mehdi, lui, envoie un message à son grand-père. Le lendemain, Thomas parvient bien à se faire opérer grâce à l’arrivée de son père à l’hôpital avant 7h du matin, alors que Clément prend le temps de rétablir la communication avec ses parents. Quant à moi, derrière mon écran, je sais que j’ai retrouvé ma drogue, parce que ce premier épisode me laisse avec exactement ce que j’attendais de la série originale, de l’adaptation américaine et désormais de cette adaptation française : de la fascination pour une écriture pas trop misérabiliste et de l’attachement pour des personnages qui sonnent tous justes – malgré quelques jeux d’acteurs à améliorer encore ; mais eh, je ne suis pas acteur alors qu’est-ce que j’en sais !

J’accroche particulièrement à la photographie de la série, et donc sa la réalisation assez sombre qui rend bien l’oppression que peut être l’hôpital à chaque instant, même les plus légers. Une vraie réussite.

02.jpgÉpisode 2 – 17/20
Il faut arrêter de vous en vouloir.

La série s’offre un générique vraiment sympathique et Côme continue sa narration alors que l’on assiste à toute la préparation de Thomas pour son opération. Oh les mauvais souvenirs d’opération des dents de sagesse. La série ne lésine pas sur les détails des préparatifs de l’opération par le docteur Catalan, et c’est bien plus réaliste que la version américaine. Ou en tout, c’est plus causant pour un français, au choix.

Loin d’être paniqués lors de l’arrêt cardiaque, les médecins sont calmes, presque froids, et efficaces. L’arrêt cardiaque est l’occasion d’une rencontre entre Côme et Thomas, un côté science-fiction, certes, qui avance bien la série et permet à Côme de paraître plus sympathique et de passer un message à sa mère qui justement espère que ce jour sera particulier, car c’est un chiffre rond pour Côme.

Sarah regarde des vidéos d’Andy raconte (sympathique touche de réalisme) et est toujours aussi désagréable avec Côme et Nathalie. L’infirmier qui s’occupe d’elle la force à s’excuser, et ça aussi, c’est plein d’une petite touche de réalisme. En fait, elle joue parfaitement l’adolescente insupportable et Michaël Youn le père pas si autoritaire.

Il cède aux caprices de sa fille, quitte à traiter Côme de comateux (je viens de capter ce mauvais choix de prénom) qui ne se réveillera peut-être jamais. Devant Nathalie. Allez, sympa.

En flashback, on découvre ce qui est arrivé à Côme, un petit garçon timide qui a accompagné sa maman à la piscine. Nathalie l’a poussé à aller se faire des amis à la piscine, et ces idiots d’enfants lui donnent le défi de sauter du plus haut plongeoir de la piscine pas vraiment surveillée, alors que Nathalie est au téléphone. Sur la crédibilité de tous les gamins qui regardent Côme sur le plongeoir sans qu’aucun adulte ne voie ce qu’il se passe. Et Nathalie s’en rend compte une seconde trop tard bien sûr, juste à cause d’un coup de fil de la grand-mère.

Et pendant l’arrêt cardiaque de Thomas, c’est bien sûr à la piscine que les deux se rencontrent, et que Côme demande à Thomas de dire à sa mère d’arrêter de culpabiliser, et aussi qu’il aime quand elle s’habille en vert – ça tombe bien, elle est habillée en vert aujourd’hui.

Pendant l’opération de Thomas, Clément continue de passer du temps en rééducation avec Victor, l’infirmier qui s’occupe de lui et lui apprend qu’il peut passer aux béquilles. Il continue d’espérer avec Roxane, puis se rend attendre la sortie d’opération de Clément.

Roxane est obligée de se peser chaque semaine depuis cinq semaines qu’elle est à l’hôpital. Cela la confronte à ses angoisses d’anorexique. Elle se met à boire plein d’eau et chercher de quoi peser plus lourd. Elle trouve un poids de 500 grammes qui l’aide à tromper la balance.

Mehdi découvre lui les joies d’aller aux toilettes quand on a un plâtre, mais il refuse d’abandonner le combat… avant de décider de se retenir. Il rencontre Roxane qu’il aperçoit voler un poids sans comprendre vraiment l’intérêt. Il passe un peu de temps à parler avec et la mythonner sur son accident de moto, ce qui la fait marrer. Cette nouvelle rencontre est sympa et permet d’avancer dans la série, avec la formation d’un nouveau trio en compagnie de Mehdi, Roxane et Clément. L’ambiance est rapidement au beau fixe entre eux, ça fonctionne à merveille.

Court-circuitant une fois de plus l’hôpital, ils se rendent en salle de réveil où Thomas, inconscient, demande à se faire embrasser, par Roxane. Poussée par Mehdi et au désespoir de Clément, elle accepte de l’embrasser.

Une fois réveillé, Thomas fait comprendre à son père qu’il n’a pas vraiment besoin de lui, maintenant qu’il a Clément. Le dernier est sacrément touché et le père sacrément énervé. En même temps, il vient de s’asseoir sur l’absence de jambe de son fils, forcément, ce n’est pas ça.

Thomas rencontre ensuite Mehdi et apprend qu’il a embrassé Roxane. Clément s’impose entre eux, histoire que le triangle amoureux soit encore plus évident.

En parallèle, Sarah continue d’essayer de changer de chambre et d’être parfaitement insupportable, y compris avec Edouard, le pauvre adolescent qui veut juste être gentil avec (et la draguer de manière insistante, certes). Elle réussit à se mettre Nathalie à dos, puis son père, qui finit par lui avouer la vérité.

Finalement, Thomas décide d’aller donner un bracelet rouge à Côme et délivre le message à Nathalie. Bien sûr, c’est gros, mais ça fonctionne. Il est ensuite poussé par Clément à regarder son nouveau corps avec une jambe en moins, une scène sacrément marquante et très bien géré par l’acteur.

Quant au cliffhanger, il voit Roxane inconsciente dans sa chambre être découverte par Clément. Ah l’anorexie, ça ne pardonne pas. Le cliffhanger est immédiatement ruiné par la pub pour les épisodes suivants, mais bon, c’est sans surprise par rapport aux autres versions que j’ai pu voir.

C’est amusant de constater que d’une version à l’autre, je n’ai pas forcément les mêmes personnages préférés. J’accroche beaucoup plus à Thomas et Roxane dans la série française qu’à leurs équivalents dans l’original et la version américaine. Comme quoi, le personnage ne fait pas tout et le jeu d’acteur compte également. Difficile d’avoir une préférence tant j’aime les trois versions, mais il est possible que la version française finisse par l’emporter dans mon cœur. Il faudra voir avec le recul et les autres épisodes, mais cette version me paraît plus réaliste que son homologue américain et moins dramatique que la version catalane. Ou alors, c’est juste parce que je connais déjà les grandes lignes de l’histoire que je prends le temps de savourer chaque détail. En tout cas, c’est un vrai plaisir de retrouver les bracelets rouges et j’espère déjà l’annonce d’une saison 2 – si possible plus longue, allez, vivement qu’on s’aligne au rythme américain (l’espoir fait vivre).

En attendant, c’est une excellente série française, qui propose son propre rythme et ses réalités, apporte du soin à quelques détails supplémentaires et qui est surtout parfaitement accompagnée musicalement parlant. Gros coups de cœur sur les choix musicaux de cette série.

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