Zoey’s Extraordinary Playlist – S02E06

Épisode 6 – Zoey’s Extraordinary Reckoning – 17/20
Les bonnes intentions sont plus que visibles avec cette série et particulièrement avec cet épisode… mais ça ne m’empêche pas d’être un brin sceptique face à certaines scènes. Le message que la série veut faire passer est le bon, par moments, c’est très réussi… à d’autres, je ne sais pas, j’ai eu l’impression que ça en faisait peut-être un peu trop, histoire de se faire bien voir quand, clairement, il y avait des problèmes aussi avec la saison 1.

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Spoilers

Simon is a black man.

L’épisode reprend juste après la conférence de presse, et c’est une excellente idée, même si ce n’est pas hyper crédible d’avoir Simon qui n’est pas confronté à une tonne de questions dérangeantes. Zoey lui court après dans l’ascenseur, mais elle est en trop : elle n’a pas écouté le cœur du problème dans l’épisode précédent, donc elle peut ravaler ses excuses, finalement.

Forcément, Zoey est confuse par rapport à tout ce qu’il se passe, et c’est donc à Mo et Max qu’elle raconte sa journée. Mo est très fier d’apprendre que Simon a fait tout ça, même si Zoey est plus stressée que ça et regrette de ne pas avoir su écouter plus tôt, préférant se droguer avec le PDG de sa boîte. Ca, c’est plutôt une bonne manière de remettre Zoey sur la bonne voie et de remettre tout le monde sur la même page. Moi, j’aime qu’elle se sente like sh*t en début d’épisode, parce que le générique nous censure l’injure, ce qui me donne totalement un point du Bingo Séries, mais je le savais déjà en rédigeant la grille que je l’aurais facilement…

En plus, Mo considère que ça pourrait être un avantage pour leur compagnie de savoir que Zoey est désormais très pote avec le PDG. Max n’est pas trop heureux vis-à-vis de la drogue, mais il ne dit rien, et il se montre sceptique à l’idée de demander de l’argent à un caractère si extravagant… Zoey leur organise toutefois un rendez-vous avec son PDG, parce que pourquoi pas, puisqu’il est désormais son ami qui lui envoie tout le temps des SMS.

En revanche, il accorde uniquement trois minutes à Mo et Max, mais ils n’ont pas spécialement besoin de plus de temps pour le convaincre. La démonstration n’est pas ouf, puisqu’il y a un bug technique… mais il accepte tout de même de les financer. MaxiMo va donc pouvoir voir le jour, c’est plutôt chouette comme nouvelle.

Pour régler le problème technique, Max décide de retourner voir ses anciens collègues… mais il ne tombe pas exactement sur ceux qu’il souhaitait voir, juste sur Tobin, Leif et Mackenzie. Ceux-ci mettent de côté leur travail pour aider Max à trouver la solution – et c’est Tobin qui y parvient finalement. Quant à Zoey, elle ne dit rien de voir son équipe ne pas travailler. Je veux bien un manager comme elle, moi !

À l’inverse de l’épisode précédent, Zoey décide en tout cas de passer plus de temps à écouter les problèmes des autres. Humph. Elle en fait trop, je pense, et organise ainsi une réunion pour écouter ses employés du quatrième étage sur les problèmes de racisme. C’est super gênant comme démarche, ça ne peut qu’être voué à l’échec. Et ça ne manque pas : Leif est celui qui commence à en parler et il est vraiment gênant dans son discours – même s’il a la bonne idée du totem qui, bien que ridicule, a tendance à fonctionner.

La réunion tourne à la catastrophe, avec tous ceux qui ne savent pas quoi penser, les blancs qui racontent de la merde et se mettent en avant pour leur ouverture d’esprit, puis la nana qui préfère parler d’écologie et de ses fiançailles. Les quatre personnes noires de l’étage ne sont toutefois pas si ravies de la tournure des événements, contrairement aux collègues félicitant la nana blonde. Les scénaristes jouent quand même une carte un peu gênante des clichés pour montrer une opposition entre les noirs et les autres…

J’ai aimé la chanson, en revanche, c’est juste qu’à vouloir régler le problème comme ça… Je ne sais pas, j’ai l’impression que la série en fait des caisses pour se dédouaner des problèmes qu’elle a elle-même. Mieux vaut tard que jamais ? Simon n’est pas ravi de ce qu’il est en train de vivre en tout cas. À la fin de sa chanson, Zoey tente de lui donner la parole, mais ça tombe à plat. Et moi, j’étais déçu que les scénaristes n’ajoutent pas Tobin à cette chanson, parce qu’il semblait gêné par ce que disait Leif, mais ça n’allait pas plus loin… au départ, en tout cas.

Heureusement, Zoey finit par couper court à ce désastre de réunion, puis se retrouve donc à expliquer à Simon qu’elle n’avait pas envisagé les choses comme ça et elle en fait beaucoup trop pour être là pour lui, mais en fait, ce n’est toujours pas la bonne manière de l’écouter, en fait. Elle cherche désespérément comment s’excuser, avec des SMS à la chaîne, en vain.

Le PDG décide quant à lui de faire en sorte que Simon reprenne la parole en public pour dire qu’il regrette ce qu’il a annoncé publiquement. Ce n’est jamais que son point de vue : voilà un discours que la compagnie peut encaisser, s’il veut garder son poste. Le reste, en revanche… Par contre, bien sûr, c’est à Zoey de l’annoncer à Simon, pas à quelqu’un d’autre.

Tss. Perdue et ne sachant comment aborder le sujet avec Simon, Zoey se tourne vers… Mo. Alors bien sûr, Zoey se tourne toujours vers Mo, hein, mais là, ça passe mal, parce qu’elle demande à son pote noir comment parler à son autre pote noir… Zoey fait tous les faux-pas possibles, et en même temps, c’est assez cohérent avec le personnage.

Le problème, c’est que la série fait aussi des faux pas, en ajoutant des personnes de couleur juste pour cet épisode, histoire d’avoir des danseurs avec Mo par exemple. Est-ce vraiment mieux, finalement ? Bon, Mo est vexé de voir que Zoey lui demande des conseils, encore, et la chanson est cool. La scène permet aussi une prise de conscience supplémentaire pour l’héroïne de la série, qui s’en tire finalement avec un compliment pour Mo, mais bon.

Zoey finit par retourner au boulot parler à Simon, et j’ai trouvé ça très triste de la voir s’enfoncer comme ça et lui expliquer qu’elle n’est pas d’accord, mais qu’il devrait se rétracter. Si elle se dit être seulement la messagère… ce n’est pas le cas aux yeux de Simon. Il se retrouve à devoir lui expliquer en quoi être la messagère de ce message, c’est déjà l’approuver, surtout dans la manière dont elle l’aborde – ça aurait été autre chose de lui présenter les choses en les désapprouvant et en voulant trouver une autre solution ; là, elle désapprouve… mais lui dit de le faire.

Bien sûr, Simon lui explique ensuite le racisme, qui est loin du sexisme auquel elle a pu faire face. Là, je pense que les scénaristes en font trop par rapport à Zoey, qui sait tout ça, mais pas tellement pour nous, l’audience ? Ce type de discours ne fait jamais de mal de toute manière. En plus, elle a quand même un sacré bureau à partir de rien d’autre que son amitié avec Joan, donc c’est bien de faire prendre conscience à Zoey des privilèges qu’elle a.

En plus, j’ai aimé la conclusion sur les méfaits que peut faire l’idée de « colorblind » dans le monde, parce qu’on m’a biberonné à ça pendant des années, mais il est très clair que ça ne fonctionne pas non plus de supprimer une partie de la personnalité d’une personne – et le monde semble commencer à s’en rendre compte depuis quatre ou cinq ans. Tout cela motive finalement Zoey à avoir une conversation vraiment honnête avec le PDG.

Zoey lui fait alors comprendre qu’il est aussi le problème, ce qui se termine par de mauvaises réactions de sa part, puisqu’il ne voit pas en quoi il est le problème : il n’a pas inventé le racisme après tout. Tss. Au moins, cette fois, Zoey se comporte comme il faut, et ça change de ce début d’épisode. On en arrive au moment où elle doit devenir la solution, pas une partie du problème.

Par contre, elle ne pouvait pas être la solution unique, ça aurait été hyper dérangeant pour tout le monde et pour le message de l’épisode. Ainsi, la série prend finalement le temps de s’occuper de Tobin, et ça me fait sacrément plaisir. Il était temps, franchement. Et bizarrement, sa chanson m’a beaucoup plus touché que celles de Simon, parce que justement, ça vient de Tobin qui est toujours là pour faire des blagues et être la bonne ambiance de la boîte… alors qu’il souffre de n’être que l’indien de service aux yeux d’un grand nombre de ses collègues.

C’est une blague qui déclenche sa chanson et cette fois, Zoey refuse d’ignorer le problème. Elle décide de lui parler et de le confronter vraiment sur ce qu’il ressent – et il n’a pas envie d’aborder ça avec elle, forcément. Elle l’accepte, mais la porte étant ouverte à la conversation, Tobin finit par avoir un très joli moment à déballer ce qu’il a sur le cœur… avant d’expliquer à Zoey qu’il n’a pas l’intention d’en parler publiquement pour autant.

Bien sûr, on l’a vu dire à Simon qu’il était d’accord avec lui et le soutenait, bien sûr, on sait ce qu’il pense vraiment, mais bien sûr qu’il calcule les risques et ne se sent pas à l’aise à l’idée d’en parler. Tobin s’excuse même de ne pouvoir venir en aide à Zoey… et il m’a fait tellement plus de peine que Simon, parce que c’est un personnage qui est écrit comme ça dans la série et que les scénaristes ne considèrent quasiment que par ce prisme. En plus, il se retrouve à s’excuser alors que le problème ne vient toujours pas de lui ? J’étais si frustré.

C’est beau comme ils arrivent à me faire aimer un personnage qui me tapait sur le système à l’origine – et qui continue de le faire régulièrement, en plus.

De son côté, Simon se retrouve à se confier à Mo, qui continue de s’occuper de l’immeuble de Zoey, on avait tendance à oublier qu’il avait déjà un boulot, dis-donc. La scène était jolie… mais interrompue par Zoey ; parce qu’il faut bien qu’elle rentre chez elle (surtout dans cet épisode qui se fait sans sa famille tant il y a de choses à gérer – pourtant, le point de vue d’Emily aurait été le bienvenu !). Zoey prend le temps de s’excuser auprès de ses amis qui lui ont ouvert les yeux, et Simon lui annonce sa décision… de démissionner.

Humph. Je me doutais bien que ça n’allait pas être le cas, mais c’était frustrant de nous présenter ça comme la seule option viable pour le personnage, même pour quelques minutes. Zoey ne fait en effet pas de speech cette fois, elle décide simplement d’apporter son soutien à Simon, comprenant qu’il doive faire ce qui est le mieux pour lui.

Fort heureusement, le lendemain, Tobin a finalement parlé… sur les réseaux sociaux. Quand Zoey l’apprend – grâce à Mackenzie – elle décide donc d’interrompre l’entretien qui a lieu entre Simon et le PDG, persuadée que Simon est en train de démissionner. Oh, on sait bien que ce n’est pas le cas et qu’évidemment, ils sont en train de parler des réseaux sociaux s’enflammant sur ce problème, et finalement, ça ne fait que souligner un problème supplémentaire de Zoey.

Quant à Tobin, je suis content pour lui, mais le gag comme quoi il se retrouve à draguer des nanas… Eh, j’ai toujours du mal à voir Tobin comme un personnage hétéro, je ne sais pas pourquoi, mais c’est comme ça depuis le début de la série. Bref, tout est bien qui finit bien pour tout le monde en tout cas : le PDG décide un temps de se présenter en white savior mais en est empêché par les autres, j’ai aimé que la série réussisse à nouveau à donner un rôle comique à Tobin malgré tout ça, puis finalement Simon, Zoey et Tobin sont donc invités pendant la réunion des investisseurs de la boîte par le PDG, et j’ai aimé la scène où Simon s’énerve en plein milieu de la réunion… mais ça reste du grand n’importe quoi. Disons que c’est une série qui simplifie vraiment les choses quand on sait que dans un tas de boîte, ça finirait en des démissions forcées.

Mais tant mieux, c’est bien d’avoir une représentation positive à la télévision, aussi excessif que cela puisse paraître. C’était chouette, et c’était chouette d’avoir ensuite Mo qui fait une fête à MaxiMo pour célébrer ça. Pouvait-on par contre finir sur plus cliché que Simon qui chante Tightrope ? Probablement pas. C’était toutefois fun d’avoir Mo et la journaliste qui se mettent à chanter aussi, parce que vraiment, il y a de sacrées voix dans le casting.

Restait un silence gênant à régler entre Simon et Zoey, et ça se termine bien, avec un Simon se disant soulagé auprès de Zoey. Plus qu’à espérer de vrais changements par la suite, alors, parce que tout ça me laisse une drôle de sensation : OK, on a parlé du problème pendant un épisode, mais la solution proposée n’aura pas tellement d’impact sur la série, à part l’introduction d’un personnage qui semble régulier. Je sens qu’il y a des efforts dans l’écriture de la diversité depuis ce début de saison, mais là, ça donnait une impression de « regardez comme on est ouvert et comme on fait bien les choses » qui ne doit surtout pas rester passagère… surtout pas lorsqu’ils ne reconnaissent pas spécialement les problèmes de la saison 1 dans cet épisode.

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6 commentaires sur « Zoey’s Extraordinary Playlist – S02E06 »

  1. Je suis contente que tu parles du colorblind car petite, comme mes parents n’étaient pas des gens racistes du tout, je ne voyais pas la couleur de peau des gens. Il a fallu que je sois grande ado pour m’apercevoir que Julien Clerc et Henri Salvador étaient noirs. Et en tant que blanc.he, c’est un exercice d’équilibriste. Tu veux traiter les gens de couleur comme tout le monde sans faire de distinction pour ne pas donner à penser que tu es raciste mais en même temps il faut reconnaître la différence mais sans trop en faire. J’ai vécu au Togo, j’ai eu des amis Togolais, tout semblait facile à cette époque (86-88), on vivait en harmonie mais sans vouloir être tous dans le même moule. De nos jours, on intellectualise nettement plus nos comportements et cet épisode de Zoey aborde très bien ce sujet.

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    1. Je pense aussi qu’il y a des milieux – notamment amicaux – où ça ne pose pas de problème ; et d’autres où on ne voit simplement pas le problème, parce que personne ne vient nous le dire. C’est toujours bien d’aborder le sujet et d’être à l’écoute, finalement, mais c’est un peu pareil pour le féminisme en tant qu’homme. Après, le mot « équilibriste » est bien choisi, effectivement, surtout que c’est variable d’une personne à l’autre aussi… Bref, c’est compliqué, mais nécessaire ; mais je suis revenu de l’idée de colorblind qui me paraissait merveilleuse quand j’étais plus jeune (non pas que je ne le sois plus) et qui a montré ses limites tout de même.

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      1. En fait, on est colorblind par respect aussi, parce qu’on ne veut pas faire de distinction « raciste » en disant « oh mais lui/elle, iel est noir.e ». Je comprends tout à fait que Zoey ne voit que Simon, quand elle voit Simon. C’est son ami, elle le considère au même point que ses amis blancs. Mais on a sans doute faux. il faut reconnaître la diversité mais avec délicatesse. C’est comme la conversation entre Randall et Beth en début de saison dans This is Us. Elle ne voyait que son frère, lui aurait voulu qu’elle voie la personne noire également mais la façon dont ils avaient été élevés rendait la chose difficile, Jack et Rebecca ayant élevé Randall comme un blanc, sans vraiment se soucier du reste. Et pas par méchanceté ou quoi mais juste pour que Randall s’intègre dans leur famille et dans un monde de blancs. Ce n’est qu’à l’entrée en fac que Randall a mis sa couleur de peau en avant pour aller dans la fac de Washington. Bref, c’est compliqué !

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      2. Oui, j’ai aussi pensé à Randall et Kate* effectivement ! Pour Jack et Rebecca, par contre, il y avait eu un épisode où ils prenaient conscience que ça posait problème de l’élever tout à fait comme un blanc (celui à la piscine de mémoire), avec Rebecca qui prenait finalement conseil auprès des autres mères.
        Randall s’entendait également très bien avec son prof noir, ce qui avait plus ou moins posé problème à Jack à un moment… Là-dessus, la série s’en tire bien à ne pas le faire attendre la fac, justement !

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      3. Oui c’est vrai, tu as raison. Mais ils ont eu le tort de ne pas inclure leurs deux autres enfants dans tout ce travail.

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      4. Oui, et la série semble s’en être rendu compte grâce au mouvement de l’été dernier, je ne pense pas que ce soit calculé et intentionnel de leur part 😅

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