Lanterns – S01E04 – The Weenie – 16/20

On sent que la saison avance et que l’intrigue se dévoile davantage cette semaine, avec davantage de pièces du puzzle et une vraie réponse. J’aime beaucoup les dynamiques qui sont proposées entre les personnages et qui permettent des développements intéressants, avec des prises de décisions parfois risquées. Pour autant, j’ai trouvé l’épisode encore difficile à suivre par moments, avec des éléments peu introduits – ou mal introduits. Ça reste très savoureux à suivre et je suis embarqué par l’histoire autant que par les effets spéciaux.

Spoilers 

Qui donc est le Manhunter ?

They didn’t let me in. It’s the happiest place on Earth, they said I’d killed the vibe.

Yes, j’ai réussi à le voir le jour de la sortie !

On en revient enfin au cliffhanger de l’épisode 2 dès le début de cet épisode : Hal rend visite à Sinestro pour avoir des infos sur les Manhunters. La conversation déraille pourtant hyper rapidement : très vite, il se retrouve à être celui qui est cuisiné sur John. Sinestro a parfaitement compris que celui-ci n’est pas simplement son apprenti, mais son remplaçant, et il s’amuse évidemment à appuyer là où ça fait mal. Son conseil ? Éliminer John avant que John ne l’élimine professionnellement. Il propose évidemment une élimination radicale et définitive, quoi.

Bon, Hal est évidemment contre cette idée et envoie bouler son ancien mentor assez rapidement, en réexpliquant son point de vue sur John, qui le remplacera un jour, qui n’est qu’un plan de secours. Il finit tout de même par reconnaître à voix haute ce qu’il ne voulait pas vraiment admettre jusque-là : oui, John est son remplaçant. C’est intéressant parce que Sinestro joue clairement avec cette peur d’être devenu trop vieux et inutile alors que, de l’autre côté, les Gardiens font exactement la même chose avec John en lui expliquant qu’Hal n’est plus à la hauteur. Tout le monde essaie de dresser ces deux-là l’un contre l’autre et ça fonctionne un peu trop bien si on en croit ce début d’épisode – je vois en tout cas qu’ils veulent nous créer un doute là-dessus, mais je suis à peu près sûr que ça finira par être l’inverse : ils seront comme cul et chemise et renverseront ensemble l’ordre établi. Reste à voir ce qu’on fera du cliffhanger du pilot. Bref.

Voyant que la conversation est stérile, Hal envisage de se barrer jusqu’à ce que Sinestro se mette enfin à parler un peu des Manhunters. Je trouve quand même qu’il en dit très peu, mais il donne au moins une information essentielle : même lorsqu’ils changent d’apparence, certaines particularités de leur physiologie restent impossibles à reproduire parfaitement. Leur cœur, notamment, cristallise lorsqu’ils meurent. Pas hyper pratique comme méthode de dépistage : pour vérifier si quelqu’un est un Manhunter, il faut donc plus ou moins commencer par lui arracher le cœur.

De son côté, John est un peu perdu sans Hal : il aimerait son aide, mais Hal s’est barré sans prévenir. John continue donc son travail sans son mentor pendant un temps et achète une lunette de fusil afin de surveiller la propriété de William Macon. En hauteur, il repère un hélicoptère qui arrive chaque jour et semble disparaître au milieu du domaine. Il comprend surtout que toute l’architecture s’organise autour d’un point central invisible depuis l’extérieur : le fameux « weenie » du titre.

John explique le concept qui nous vient tout droit de Disneyland : le « weenie », c’est le point visuel qui attire le regard et autour duquel un lieu est construit, comme le château au bout de Main Street. J’ai donc évidemment apprécié la référence Disney, surtout avec la petite blague sur le fait que John tuerait l’ambiance du « happiest place on Earth ». C’est tellement ça. Il en conclut surtout qu’il y a quelque chose de caché au centre du domaine de Macon (une fois sur deux, j’écris Macron à la place…) et que c’est probablement là qu’ils doivent chercher.

John et Hal décident alors de raconter ce qu’ils savent à Kerry. Elle apprend donc l’existence du Manhunter et surtout le compte à rebours en cours : si John ne livre pas leur cible aux extraterrestres d’Antaan dans les temps, ceux-ci sont prêts à débarquer à Rushville et à faire sauter la ville jusqu’à retrouver leur ennemi. Elle accepte donc assez vite de les aider, parce que bon, « sauver ma ville d’une explosion extraterrestre » est tout de même un argument assez convaincant apparemment. Elle est vraiment devenue une alliée, mais pour autant, elle continue d’être agacée par Hal. C’est une dynamique qui me plaît pour l’instant.

Sinon, nos héros lui parlent après avoir vérifié qu’elle existait bien à Gotham, comme annoncé dans l’épisode 2. Je continue de trouver l’argument étrange : s’ils ont affaire à des métamorphes, qu’est-ce que ça change d’avoir un passé ? Cela prouve que Kerry Kane existe, certes. Est-ce que ça prouve que la femme devant eux est toujours Kerry Kane ? Pas tellement, à moins que quelque chose m’échappe ? Cela semble suffire à l’écarter de tout soupçon, bizarrement.

Hal et John retournent ensuite dans leur motel miteux typiquement américain pour attendre la nuit. C’est là que Lianna, la Gardienne qui suit John depuis toujours, débarque parce qu’il n’a pas pris contact avec elle. Elle lui apprend surtout ce qu’Hal lui cache : il n’était pas parti coucher dans l’espace comme il le disait, il est allé voir Sinestro, violant au passage son serment envers les Gardiens. Pour Lianna, c’est la preuve qu’il faut accélérer le remplacement d’Hal. Le plan qu’elle propose à John est simple : la prochaine fois qu’Hal lui confie la bague, il n’a qu’à réciter le serment. Il deviendra alors officiellement le Green Lantern du secteur 2814 et Hal cessera de l’être. Petit coup d’État intergalactique, quoi.

John ne semble pas immédiatement convaincu, surtout qu’il n’est pas hyper ravi de découvrir qu’on lui demande finalement de prendre lui-même la place d’Hal. En gros, on lui demande d’y aller en force et de faire son coup d’État tout seul ; ce n’est pas si évident, surtout maintenant qu’il connaît Hal. Lianna sait cependant parfaitement quels boutons pousser : elle lui parle de la faiblesse de son père et lui rapporte les critiques qu’Hal aurait écrites sur lui, le décrivant notamment comme trop faible et pas assez créatif. Ça fonctionne : John finit par lâcher tout ce qu’il pense d’Hal – un crouton vieux et fatigué – en expliquant que la bague aurait toujours dû être la sienne.

Le problème est qu’après le flashback de l’épisode précédent, on sait précisément comment les Gardiens et surtout la mère de John l’ont conditionné depuis son enfance pour penser comme ça. John appelle d’ailleurs Bernadette un peu plus tard et elle lui conseille elle aussi de ne surtout pas se laisser détourner de son objectif par le charme d’Hal. C’est assez dingue finalement : John est adulte, mais il a encore une Gardienne et sa mère qui lui expliquent quoi penser de son mentor… Alors certes, ça nous fait douter, mais je pense vraiment que ce sont des fausses pistes.

Et pourtant, quand il retrouve Hal, John est plutôt malin et n’y va pas en force comme on le lui demande. Au contraire, il utilise la ruse et amadoue Hal en lui proposant son propre plan pour entrer dans la propriété. Hal est impressionné par ses dessins et ses calculs – « pas assez créatif », hein ? – et finit par accepter de tenter la méthode de John plutôt que son habituelle entrée fracassante par les airs.

Hal lui donne donc la bague en toute confiance. On voit bien que John hésite un instant à réciter le serment, mais il ne semble finalement pas prêt à devenir Green Lantern de cette manière. À la place, il se contente de créer une énorme foreuse qui doit leur permettre de creuser un tunnel pour atteindre le point qu’ils ne peuvent pas observer. C’est plus discret que de passer par les airs comme Hal l’envisageait – il risquait de se faire tirer dessus. Je reste perplexe : la machine énorme qu’il invente et utilise doit quand même faire un bruit monstrueux, quoi. Mais bon, faisons comme si. J’aime surtout que John ait la bague entre les mains, ait exactement l’occasion que Lianna lui demandait de provoquer et décide malgré tout de ne pas trahir Hal.

Ils arrivent ainsi à entrer dans ce qui ressemble fort à un laboratoire ou un entrepôt secret bourré de technologie qui n’a clairement rien de terrestre. J’ai bien aimé cette scène, surtout avec le poids de « 84 kilos-ish ». C’était drôle, l’échange était bien foutu et je trouve que le duo fonctionne de mieux en mieux chaque fois que la série accepte simplement de les laisser discuter en faisant leur boulot. C’est presque con de vouloir les dresser tout le temps l’un contre l’autre, car ça ajoute trop de sérieux et de doutes non stop.

Malheureusement, Hal déclenche une alarme et les hommes de Macon débarquent avec des armes qui libèrent une sorte de fumée noire. Non seulement ils n’y voient plus rien, mais la technologie neutralise également la bague. Voilà qui confirme au moins qu’il y a bien du matos extraterrestre dans le coin. Hal et John sont donc capturés sans trop de difficulté.

Ils sont ramenés auprès de William Macon qui récupère rapidement la bague, puis se met à poil devant Hal et John. C’est… étonnant. Sur le coup, je me suis demandé si la scène était juste gratuite… et je crois bien que oui. C’est vendu comme une démonstration de pouvoir complètement tordue : William sait que John est artiste, il sait qu’il a couché avec Zoé et il demande donc tranquillement à John de le dessiner nu devant elle. Une façon assez efficace de lui montrer qu’il sait tout, qu’il n’a pas honte et qu’ici, c’est lui qui décide de ce qui est gênant ou non ? Franchement, c’était perché.

Hal lui-même est perturbé et c’est assez drôle de l’entendre expliquer qu’après tout ce qu’il a vu dans la galaxie, il trouve tout de même la situation bizarre. John fait son dessin, avec un pénis bien visible sur son croquis – dis donc, on nous parle d’éléphant, dites. C’est lourdingue – boys club encore, toujours, flemme.

La discussion nous apprend surtout beaucoup de choses sur le mystérieux bienfaiteur de William. Celui-ci lui aurait sauvé la vie alors qu’il avait un cancer et, depuis, William le considère pratiquement comme un dieu. Ce mystérieux individu a aussi transformé Rushville : les cultures poussent, les enfants vont bien et personne ou presque ne tombe malade. Ah ! L’hôpital complètement vide de l’épisode 2 est donc bien lié aux extraterrestres. En échange de tout ce qu’il a apporté à la ville, William et les siens le protègent. Cela explique aussi pourquoi il dispose d’armes extraterrestres capables de neutraliser la bague. On ne sait toujours pas qui est ce bienfaiteur, mais il devient franchement difficile de ne pas penser au Manhunter.

Kerry sort finalement nos héros de là assez vite, dépitée de voir son beau-père complètement nu quand elle débarque. Elle est surtout énervée de voir qu’ils ont foiré leur unique chance d’enquêter discrètement, même si elle leur apprend qu’elle cherche elle aussi l’identité du fameux bienfaiteur dans les affaires de Billy. C’est Zoé qui l’a prévenue de leur présence et elle demande maintenant aux deux Lanterns d’arrêter de tout faire exploser pendant cinq minutes. Bon courage.

John reçoit ensuite une visite de Zoé. Pourquoi au juste ? Je continue de ne pas comprendre ce couple. Qui s’est dit que ce serait une bonne idée ? Elle est essentiellement là pour coucher à nouveau avec lui et ça me donne toujours l’impression qu’on ajoute gratuitement du sexe à la série. Cela ne me passionne pas du tout et, malgré les explications de l’épisode 3, je ne comprends toujours pas pourquoi John continue de coucher avec elle. Il peut avoir à peu près n’importe quelle femme qu’il souhaite, non ? Enfin, en travaillant sur sa politesse, sur son charme et sur plein de choses, certes, mais ça me paraît envisageable. Pourquoi Zoé ? Bref, on s’en fout.

Cette fois, au moins, la scène sert ensuite l’intrigue : elle lui demande de quitter Rushville avant de se faire tuer et lui explique qu’elle sait quelque chose qu’elle ne peut pas encore lui révéler parce que « tout changerait ». Il y a surtout une petite phrase loin d’être anodine : William disait que son bienfaiteur avait guéri son cancer ; Zoé, elle, dit à John que lorsqu’elle a rencontré William, il était mourant et que c’est elle qui lui a sauvé la vie. Allons bon.

John refuse de partir et lui annonce qu’il n’y a aucune chance qu’il abandonne l’enquête. C’est un peu contre toute attente que Zoé se fait alors tuer. Franchement, WTF. Sa voiture se fait pulvériser alors qu’elle quitte le motel, détruite par un rayon provenant d’un satellite. La mort est tellement immédiate et spectaculaire que je me suis dit qu’il y avait anguille sous roche. Hal débarque presque aussitôt et va carrément récupérer le satellite dans l’espace avec sa bague. Effets spéciaux plutôt cools au passage, et je continue d’aimer quand la série se rappelle que son enquête policière est menée par un type capable d’aller chercher une pièce à conviction en orbite.

Kerry les aide à découvrir à qui appartient le satellite. Il est relié à Atlas, une société appartenant à un certain Hector Hammond, propriétaire notamment d’abattoirs de haute technologie. Le détail qui rend le type immédiatement suspect ? Il n’existe pratiquement aucune trace de lui avant 1986, soit justement l’époque à laquelle le Manhunter est arrivé sur Terre. John a cependant une théorie plus intéressante : si Hammond voulait vraiment les tuer, il aurait pu viser directement leur motel. Faire exploser Zoé sous leurs yeux ressemble donc moins à une menace qu’à une invitation. Quelqu’un veut qu’ils remontent jusqu’à Hammond et, évidemment, ils suivent ce piège avec plaisir.

Sur le chemin, Hal essaie tout de même de savoir comment John vit la mort de Zoé. Il paraît étonnamment peu atteint et Hal lui explique que c’est malheureusement le genre de choses qui arrivent avec ce boulot. Il lui conseille même d’éviter les vraies relations pour ne pas mettre les autres en danger. Vie de merde, quoi, mais putain, John a-t-il compris comme moi la phrase de Zoé ?

Ils arrivent ensuite dans l’un des abattoirs d’Hammond où, là encore, tout est très étrange. Les employés ne les calculent absolument pas, même lorsqu’ils leur parlent directement, et toute l’usine paraît beaucoup trop automatisée pour être normale. Ils observent notamment une vache traverser le dispositif avant de se faire découper instantanément au laser en morceaux parfaitement calibrés. Ça fait une bonne blague sur les végans et je crois que c’est à peu près tout. Enfin, ce n’est pas tout à fait vrai : visuellement, la scène fonctionne bien et le bouclier vert qu’Hal crée pour les protéger de tout le sang est assez cool. Là encore, dès que la série utilise franchement les pouvoirs de Green Lantern, j’en redemande et je vois l’intérêt.

Ils arrivent enfin dans le bureau d’Hector Hammond, qui les attend très tranquillement. Il connaît l’adresse des parents de John et menace immédiatement de faire exploser leur maison à l’aide d’un autre satellite s’il ne sort pas vivant de cette conversation. Là, John perd immédiatement beaucoup plus son sang-froid que lors de la mort de Zoé – détail qui va avoir son importance.

Hammond leur révèle aussi qu’il espionne le motel depuis un moment. Il fait ainsi écouter à Hal la conversation entre John et Lianna, y compris le passage où John explique qu’Hal est vieux, fatigué et qu’il considère que la bague lui revient. Ambiance. J’ai ri un peu, et je suis content qu’on avance enfin sur cette fausse opposition entre eux : il va falloir savoir s’ils se font confiance ou non.

Hammond affirme alors être le Manhunter. Hal n’y croit pas une seconde, et moi non plus à vrai dire. Il se souvient de ce que Sinestro lui a expliqué et commence à le tester, notamment en lui posant des questions sur Abin Sur, le Green Lantern qui transportait le Manhunter avant de s’écraser sur Terre. Hammond n’est pas convaincant et Hal décide donc de tester son bluff. Il lui annonce qu’il existe un moyen très simple de vérifier s’il est réellement un Manhunter : lui arracher le cœur. S’il cristallise, bingo. S’il ne cristallise pas… Eh bien, Hector sera mort pour rien. C’est une méthode assez radicale, mais le bluff fonctionne immédiatement. Hammond panique et arrête le compte à rebours destiné à tuer les parents de John.

Et là, nouveau retournement : Hector Hammond n’est même pas Hector Hammond. Il s’appelle en réalité Hector Gutierrez et était un simple étudiant en ingénierie lorsqu’on lui a proposé cette technologie extraordinaire pour aider sa famille et sa communauté. Il sert depuis de façade au véritable Manhunter. Voilà qui explique l’absence de passé du mystérieux Hammond et confirme que tout ça n’était qu’une fausse piste (vite évacuée, en plus).

Quand Hal lui demande enfin qui est le Manhunter, Hector lui donne un nom : William Macon. Ma foi, ça se tient plutôt bien. Il possède les armes extraterrestres, il protège le fameux bienfaiteur et il est littéralement en train de construire une petite armée autour de lui, sauf que ce serait beaucoup trop facile et que c’est oublier Zoé.

Sur le chemin du retour, John veut tout de même rassurer Hal. Il a entendu la conversation où il le critiquait violemment, mais il lui assure qu’il lui aurait rendu la bague : après tout, il l’avait en main, il connaissait le serment et il ne l’a pas récité. Hal le surprend en lui répondant qu’il aurait probablement fait la même chose à sa place. Il reconnaît même qu’il n’a pas spécialement mérité la bague lorsqu’elle l’a choisi et que John pourrait un jour devenir meilleur que lui. J’aime beaucoup cet échange parce que, pendant quelques secondes, on a enfin l’impression que ces deux-là pourraient arrêter de se mentir. Hal reconnaît alors avoir vu Sinestro et partage les informations qu’il a obtenues sur les Manhunters. John, lui, continue de lui dire que William est leur cible.

Hal lui demande ensuite d’appeler l’escouade d’extraterrestres d’Antaan et de leur donner rendez-vous au café. C’est un pari assez risqué : ils vont livrer quelqu’un à des types qui ont déjà annoncé être prêts à faire exploser toute la ville pour obtenir vengeance. John passe tout de même l’appel et c’est seulement après qu’Hal révèle qu’il ne croit pas vraiment John. Alléluia. Je ne pensais pas qu’il avait compris, mais pourtant si.

Lorsque Zoé a explosé sous ses yeux, John est resté incroyablement calme. Hal s’était dit qu’il avait simplement un cœur de pierre. Seulement voilà, quelques heures plus tard, Hammond menace ses parents et John panique complètement. Il n’est donc pas froid face à la mort des gens qu’il aime : s’il n’était pas bouleversé par la mort de Zoé, c’est qu’il ne croyait pas qu’elle était morte. Perso, ça ne m’aurait pas suffi à comprendre : je me serais juste dit qu’il n’aimait pas Zoé et qu’elle n’était qu’un plan cul – ce que la série nous sert d’ailleurs depuis quatre épisodes.

Cela dit, John admet qu’il avait un doute. Il ne savait pas forcément ce qu’elle était, mais quelque chose dans leur dernière conversation lui a fait comprendre qu’elle avait probablement survécu et ouais, Zoé est le Manhunter.

Bon, voilà qui explique sa relation avec John, on va dire. Je continue de ne pas être passionné par leurs scènes de sexe, mais le fait qu’elle ait pu se rapprocher volontairement de lui parce qu’il représentait une menace change quand même complètement la lecture des épisodes précédents. Et puis, pour une créature qu’on nous présente depuis trois épisodes comme un génocidaire froid et synthétique, ça pose forcément quelques questions sur la version de l’histoire qu’Antaan et les Gardiens nous racontent – elle est grand-mère.

Hal est surtout blessé que John lui ait encore caché quelque chose. Il lui dit qu’il lui avait réellement pardonné pour la bague et qu’il pensait qu’à partir de là, John serait honnête avec lui. Pas de chance. L’épisode se termine alors par un « accident » de voiture qui n’en est absolument pas un. Hal s’excuse auprès de John pour la voiture de location… avant d’ouvrir la portière et de sauter du véhicule en marche. John reste à l’intérieur et la voiture finit directement dans un poteau.

J’aime surtout que la scène fasse facilement écho au tout premier épisode : Hal avait déjà sauté d’une voiture en marche pour obliger John à utiliser la bague et apprendre à voler. À l’époque, John avait la bague pour s’en sortir. Cette fois, Hal l’a avec lui alors on verra bien comment John s’en sortira… la semaine prochaine.

Photo promotionnelle de l’épisode — HBO / Warner Bros. Television / DC Studios.

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Lanterns – S01E03 – OutKast – 18/20

Cet épisode 3 est ce que j’appelle une très bonne origin story et, par conséquent, j’aurais aimé qu’elle soit le point d’origine de la série, tout simplement. Il est excellent, renverse les perspectives qu’on pouvait avoir depuis le début et répond à des questions qu’on ne savait pas forcément qu’on se posait. C’est à mon sens l’épisode le plus solide qui récompense enfin la patience qu’il fallait avoir sur le début. Je suis content d’être resté, ouf… mais par contre, on n’avance pas du tout sur le fil rouge là.

Spoilers 

L’enfance de John n’a pas été de tout repos.

No. I know exactly why me.

Vous avez vu ? Septembre est là, je vois cet épisode en retard parce que c’est la rentrée ! L’essentiel, c’est tout de même de réussir à le voir et, pour le coup, je suis bien content de ne pas avoir laissé traîner celui-ci davantage car j’aurais détesté être spoilé.

Nous repartons en 2016, pendant l’entraînement de John. Il est catapulté dans un centre commercial désert où il semble suivre un jeu de piste géant – façon course d’orientation. Les flèches le mènent vers le bureau du manager et il est révélé, après une nuit entière d’attente dans la salle, qu’il est là pour être interviewé afin de devenir Green Lantern. Normalement, ce n’est pas comme ça qu’une Lanterne est choisie, mais voilà, l’un des Gardiens a été tué par Sinestro, Hal inquiète de plus en plus ses supérieurs et les règles semblent donc pouvoir être un peu adaptées quand ça les arrange.

La personne qui lui fait passer l’entretien, Lianna, prend l’apparence parfaitement rassurante de Laura Linney alors qu’elle est en réalité l’un des Gardiens. L’actrice est si bien choisie : elle a exactement le visage de quelqu’un à qui on aurait envie de raconter sa vie. Pourtant, son personnage est littéralement en train d’évaluer John pour savoir s’il mérite de devenir un policier intergalactique – il n’y a pas vraiment de suspense, on se doute bien que oui (encore que l’inverse aurait été intéressant comme remise en perspective !). Elle l’interroge sur son enfance, sa famille, sa carrière militaire et surtout sur Hal Jordan, ce qui permet à l’épisode de repartir encore plus loin dans le passé et de changer notre perception des deux premiers épisodes. C’est très artificiel et complètement guidé, mais c’est comme ça qu’on fait en 2026.

Bref, le flashback, l’enfance de John ! Déjà, il est révélé dès le départ que le père de John a failli être une Lanterne ! Cela explique pourquoi il était si instable dans les scènes que nous avions vues jusque-là : quand John était bébé, on est venu le chercher et lui a posé la fameuse question. Avait-il peur ? Il a répondu oui, contrairement à Hal, et a été abandonné aussi vite qu’on l’avait réveillé. Le pauvre homme se retrouve ensuite à voir Hal Jordan à la télévision raconter avec le sourire comment, lui, n’avait pas eu peur et avait donc été choisi. On comprend pourquoi ça finit avec un coup de feu dans la télévision.

Cependant, je comprends aussi Bernadette, la mère de John : elle pète un câble assez légitime en voyant son mari, complètement détruit par ce qu’il vient de vivre, utiliser un pistolet devant leurs enfants et elle lui demande de partir. Seulement voilà, ça ne s’arrête pas là : Lianna débarque ensuite chez elle pour présenter ses excuses au nom des dégâts causés par les Gardiens et confirmer par la même occasion que son mari n’était absolument pas fou. Elle lui offre même un énorme diamant en compensation – idée brillante d’extraterrestre qui ne comprend rien aux humains puisque, évidemment, lorsqu’une femme noire essaie ensuite de revendre un diamant pareil, elle se retrouve interrogée par la police.

J’aime beaucoup la manière dont la question raciale entre en compte à ce moment-là, parce que Bernadette remet immédiatement en question le fameux test des Gardiens. Demander à un homme noir américain s’il connaît la peur et conclure qu’il n’est pas digne de la bague parce qu’il répond oui, c’est peut-être oublier que tout le monde n’a pas eu les mêmes raisons d’apprendre à avoir peur dans sa vie. Pour toute réponse, Lianna lui explique que ce qui intéressait la bague chez son mari pourrait être génétique et donc se retrouver chez leurs enfants.

La mère demande alors à l’extraterrestre, qui lui montre son vrai visage (j’ai adoré ce plan où elle est de dos : on ne voit pas, mais la réaction de Bernadette est incroyable), ce qui arriverait si son fils était élevé sans peur. Comprenant que sa progéniture intéresse les gardiens et pourrait devenir une légende, elle retourne chercher son mari et ils prennent ensemble une décision assez dingue : puisque John pourrait un jour devenir Green Lantern, ils vont faire en sorte qu’il soit prêt. Il aura une éducation différente de celle de ses deux frères, quitte à ce qu’il les déteste tous les deux plus tard. John a donc passé sa vie entière à se former pour devenir une Lanterne. On le savait déjà, mais en connaître la raison apporte un éclairage très différent sur le premier épisode et sur son assurance permanente. C’est une bonne idée de la part des scénaristes de nous le révéler ENFIN. Je pense que ça aurait très bien fonctionné de commencer par-là, par contre. Pourquoi attendre trois épisodes pour apprécier vraiment un personnage ?

Le jour de ses cinq ans, John voulait des crayons de couleur parce qu’il adorait déjà dessiner. Ses parents lui offrent à la place un costume de Green Lantern et… un fusil. Ambiance. Ils lui annoncent également qu’il a une destinée, qu’il continuera d’être élevé différemment de ses frères pour cette raison et que les oiseaux autour de la maison travaillent pour les Gardiens : ils observent tout ce qu’il fait et rapportent ses progrès. C’était donc ça, l’oiseau de l’épisode 2 et le lien si fort que John semblait avoir avec lui !

Le flashback revient plusieurs fois dans l’épisode et, bizarrement, j’ai aimé ce saupoudrage. En fait, je crois que j’aime beaucoup Bernadette et les sacrifices qu’elle accepte de faire, même si elle est complètement tarée dans sa manière de les faire. Elle sait que ses deux autres fils ont déjà grandi avec leurs peurs et qu’ils ne seront pas les bons candidats pour le poste ; John, lui, peut encore être façonné. Bonjour la pression sur les épaules du gamin. Ce qui est bien, c’est que ça enlève aussi beaucoup le côté « c’est l’élu » qu’on retrouve dans énormément de fictions : John n’est pas miraculeusement né sans peur, on a méthodiquement essayé de lui apprendre à ne jamais en montrer. Bon, ça ne donne pas envie d’être à sa place, mais c’est efficace.

Forcément, ça l’isole aussi de ses frères. J’aime beaucoup la scène où ils écoutent OutKast ensemble en voiture – voilà donc le titre de l’épisode, surtout qu’il est également devenu l’outcast de sa propre famille (simple, efficace). Ses frères se moquent de lui parce qu’il parle comme un petit Blanc et pensent qu’il ne connaît pas les paroles ; John se met à rapper avec eux et, pendant quelques secondes, ils ont enfin l’air d’être simplement trois frères qui s’amusent ensemble. Évidemment, ça ne dure pas : ses parents arrêtent la voiture dans un quartier pourri et l’abandonnent là pour qu’il rentre à pied et seul chez lui.

John a passé sa vie à souffrir de la folie de ses parents qui avaient trop d’ambition pour lui. Je veux dire à quel moment tu abandonnes ton gamin dans un quartier mal famé pour savoir s’il est prêt à devenir lanterne ? À quel moment tu lui demandes de tirer en direction de son père ? La mère est une psychopathe, bien plus que le père, et ce n’est pas du tout ce qu’on avait senti pour le moment. L’enfance de John n’est pas très sympa quoi et ses frères le détestent assez logiquement pour l’attention particulière qu’il reçoit. Il vit dans la même maison qu’eux sans vraiment grandir avec eux et, lorsqu’il rentre de son excursion nocturne imposée par ses parents, il finit quand même en larmes sur son lit. Ça remet pas mal en perspective le John très froid et sûr de lui que nous avons rencontré depuis le début.

La scène de l’épisode 1 où le père tirait sur la pomme au-dessus de son fils m’avait un peu choqué, mais elle a une explication encore plus choquante. Bernadette est celle qui propose l’idée pour montrer qu’il n’a pas peur. Quelques années plus tard, Bernadette va plus loin et inverse toutefois l’exercice : cette fois, John doit tirer sur une pomme placée au-dessus de la tête de son père.

C’est là que Bernadette comprend enfin qu’elle est allée trop loin : son fils n’ose pas le faire et culpabilise qu’un oiseau le voit. Elle explique à son fils qu’il est parfaitement normal d’avoir peur de blesser quelqu’un qu’on aime et lui avoue surtout que toute l’histoire des oiseaux qui rapportaient ses progrès aux Gardiens était fausse. Elle avait tout inventé pour le pousser à se dépasser. Au risque de me répéter : la mère est une psychopathe, mais j’aime beaucoup le déplacement opéré par l’épisode : au départ, elle semble faire tout cela pour réparer ce qui est arrivé à son mari, puis elle finit par le faire pour son fils. Elle veut qu’il réussisse, mais elle comprend aussi qu’elle ne pourra pas y arriver uniquement en lui mentant.

John accepte alors de reprendre le fusil, mais cette fois il refuse que son père serve de cible. Ce sera sa mère. J’ai pas mal ri et c’est mérité, mais je suis content qu’elle accepte de le faire. Disons que ça me rassure un peu sur son côté badass qui avait disparu au profit de la folie qu’elle m’inspirait. Eh, faites-moi une série rien que sur elle et sur cette enfance, je prends. John en profite même pour enfin avouer qu’il déteste les cheeseburgers, ce qui rend rétrospectivement encore plus triste le cheeseburger que son père lui promettait dans le pilote après le tir sur la pomme : le pauvre gosse n’osait même pas dire qu’il n’aimait pas ça.

En revanche, je dois dire que si j’ai aimé l’épisode, cette structure d’épisode avec trois temporalités en parallèle est un calvaire pour la critique. Elle fonctionnait vraiment bien à l’écran. Je reste beaucoup plus sceptique sur le choix de nous montrer aussi longuement John dans sa mission de sniper. La semaine dernière, je trouvais les scènes d’action chouettes ; cette semaine, beaucoup moins. La partie où John passe l’entretien, le flashback sur son enfance et tout ce qu’on découvre sur sa famille sont tellement plus intéressants que j’avais surtout envie d’y retourner.

Il faut tout de même reconnaître que la mission militaire sert à montrer jusqu’où l’éducation de John l’a conduit. Il est envoyé au Kamtchatka pour éliminer Gray Wolf, un homme que les Américains cherchent à abattre, et refuse même qu’on lui fournisse une solution simple pour demander son extraction : John ne panique pas, évidemment. Il attend sa cible pendant neuf mois, blessé et isolé dans la nature, et il est enfin sur le point d’accomplir sa mission lorsque… Hal Jordan débarque avec sa bague, détruit une partie du campement et repart tranquillement avec le type. Je trouve ça risible – mais tellement crédible avec les super-héros qui ne savent pas sur quoi ils empiètent avec leurs super-pouvoirs.

John s’en plaint à son supérieur, mais lui-même est dépité : Hal n’a absolument pas reçu l’ordre d’intervenir. Il aurait récupéré l’information auprès d’un haut responsable dans un strip-club et décidé de régler le problème tout seul, sauf qu’aller jouer au super-héros dans une opération secrète menée en Russie provoque évidemment un joli bordel diplomatique. Il faut donc quelqu’un qui prenne la responsabilité de la catastrophe et ce quelqu’un sera John, qui accepte un renvoi déshonorant de l’armée plutôt que d’exposer l’opération.

C’est assez dingue quand on y pense : Hal a déjà pourri la vie de John avant même de vraiment le connaître, mais même quand ils se croisent par hasard, il réussit à faire encore pire ? Il a obtenu la bague que son père rêvait d’avoir, son existence est indirectement à l’origine de toute l’éducation traumatisante de John et il vient maintenant de détruire sa carrière militaire. Pendant l’entretien, Lianna essaie de lui faire admettre qu’il lui en veut et John refuse. Il comprend même que Hal puisse continuer à aimer Sinestro malgré sa trahison parce que, bon, lui aussi sait ce que c’est que d’aimer les gens qui nous ont élevés alors qu’ils sont complètement fous.

J’aime aussi énormément l’idée que John a toujours voulu être dessinateur. C’est astucieusement réparti dans l’épisode, de son anniversaire des cinq ans où il n’obtient pas les crayons qu’il voulait jusqu’à son retour chez ses parents après l’armée. Pour une fois, Bernadette fait alors quelque chose qui ressemble à une décision de mère à peu près saine : elle l’inscrit à une école d’art à son insu. Il peut enfin essayer quelque chose simplement parce qu’il aime ça et non parce que ça doit le transformer en Green Lantern. C’est un bon message…

Mais c’est précisément là que les Gardiens viennent finalement le chercher. C’est même l’une des idées que j’aime le plus dans cet épisode : ses parents ont passé toute sa vie à développer son absence de peur, son endurance et ses capacités de tireur alors que ce qui va démontrer qu’il peut utiliser la bague, c’est aussi son imagination. Un homme lui demande de dessiner de mémoire le bâtiment dans lequel il se trouve avant de lui confier LA bague et de lui demander de recréer la montre de son père. John parvient à reproduire l’objet jusque dans ses mécanismes, mais la montre disparaît dès qu’il rend la bague (contrairement à l’oiseau, donc). L’homme ouvre alors un portail sous ses pieds et lui ordonne de sauter : on revient enfin au début de l’épisode et à son arrivée dans le centre commercial.

Pendant l’entretien qu’elle lui fait passer, Lianna s’inquiète aussi de savoir si toute cette histoire de Lanternes a compliqué les relations de John avec sa famille. Euh… un peu, oui. John a passé dix-huit ans dans la même maison que ses frères en ayant l’impression de grandir sans eux et, surtout, toute sa vie a été organisée autour de l’idée qu’un jour les Gardiens viendraient le chercher. Il est d’ailleurs tellement certain d’obtenir le poste qu’il ne se demande même pas vraiment pourquoi lui. Il le sait.

La révélation finale est un pétard mouillé car j’avais déjà compris ça comme ça : John ne doit pas devenir le protégé de Hal comme on nous le vend depuis l’épisode 1, il doit le remplacer. Disons qu’on nous confirme ici que les Gardiens reprochent depuis longtemps à Hal d’intervenir dans les affaires terrestres sans autorisation et sa relation passée avec Sinestro ne joue clairement pas en sa faveur non plus. Lianna demande donc à John s’il serait prêt à prendre sa place tout en laissant Hal croire qu’il ne fait que former son futur remplaçant éventuel. John l’est, bien sûr. On sent bien que l’éducation parfaitement saine de ses parents a porté ses fruits !

John se précipite d’ailleurs chez lui pour raconter à ses parents qu’il a enfin réussi, et c’est probablement la première fois de l’épisode qu’il paraît réellement heureux, sauf qu’Hal est déjà dans leur cuisine et leur a tout raconté à sa place. Évidemment. Il se montre charmant avec eux (ça n’a pas l’air de les contenter, cela dit), avant de sortir avec John et de changer immédiatement de ton.

Hal ne veut ni protégé, ni second, ni remplaçant : John n’aura sa bague que sur son cadavre. Bon. Sachant que la série a littéralement commencé avec le cadavre de ce Green Lantern, ça finira bien par arriver, mais je pense que ça arrivera bien avant la mort d’Hal… Il conclut tout de même qu’ils commenceront l’entraînement le lundi suivant, s’envole et John regarde un oiseau posé devant chez lui en estimant que Hal doit bien l’aimer. Maintenant que l’on sait ce que représentent les oiseaux pour lui (la surveillance supposée des Gardiens pendant son enfance, même s’il a appris que c’était un mensonge de sa mère), la scène fonctionne très bien et éclaire les deux premiers épisodes.

C’est très chouette tout ça, mais je ne comprends toujours pas pourquoi ce n’est pas raconté dès le premier épisode finalement. Là, on fait une pause complète dans l’intrigue en fil rouge alors que John avait 48 heures pour retrouver un Manhunter susceptible d’entraîner la destruction d’une moitié du Nebraska et que Sinestro venait justement de demander à Hal ce qu’il savait de John. Je comprends donc la logique scénaristique qui consiste à répondre maintenant à ces questions et je reconnais que l’épisode fonctionne extrêmement bien comme ça, mais ça reste très artificiel.

Je sais que c’est comme ça qu’on raconte beaucoup de séries en 2026 : on nous montre d’abord des comportements étranges, on nous fait nous poser des questions pendant deux épisodes et on nous offre ensuite l’épisode flashback qui change notre perception de tout ce qu’on a vu. Ici, c’est particulièrement réussi parce que l’oiseau, la relation entre John et Hal, son obsession pour les ordres ou même sa manière d’utiliser la bague prennent soudain un autre sens… Mais ces éléments auraient aussi pu être apportés dès le début, dans l’ordre, et rester sacrément cool. Bref, je ne vois pas l’intérêt et je vieillis mal, encore une fois.

Allez, ça reste un excellent épisode quand même. Maintenant, ce serait sympa de sauver le Nebraska.

Capture d’écran de l’épisode — HBO / Warner Bros. Television / DC Studios.

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Lanterns – S01E02 – Trust Fall – 15/20

Si c’est toujours lent, je commence à me faire vraiment au rythme de la série et surtout à certains aspects des personnages. Je ne sais pas, on va dire que je m’attache un peu. Il y a toujours toute une partie à laquelle je n’accroche pas, certes, mais l’action est efficace et ma curiosité est piquée. Je sens que la série sait où elle veut aller, mais que moi, je ne le sais pas ; et ça me donne envie de rester. Par contre, même si j’aime bien certains aspects, je ne comprends pas le succès qu’elle semble rencontrer, parce que ça reste plutôt moyen dans l’ensemble en ce qui me concerne : trop sérieux, trop mascu, trop lent pour être un vrai coup de cœur en 2026.

Spoilers 

Alors que la bague est presque déchargée, Hal envoie John à Coast City récupérer la lanterne qui permet de la recharger. Resté à Rushville, il poursuit de son côté l’enquête sur la tuerie du stade.

White men with money? They can do whatever the fuck they want.

Bon, le cliffhanger m’a perturbé la semaine dernière, mais je suis surpris par ce début d’épisode qui reprend comme si de rien n’était dix ans auparavant. Après l’explosion du commissariat, Hal décide simplement de reprendre l’entraînement de John. Le faux suspense de l’inconnu qui approche de John endormi, j’ai trouvé ça un peu lourd, mais pour le reste, je suis quelque peu perturbé par l’intérêt de cet aperçu du futur si c’est pour reprendre ensuite comme si de rien n’était.

J’aime bien toutefois le côté entraînement où John apprend à se servir de la bague comme il peut. À défaut de savoir voler avec, il est au moins capable de créer un oiseau vert qui semble presque vivant. Cela perturbe Hal, d’autant plus que John est capable de maintenir sa création même lorsqu’il ne porte plus la bague, ce qui semble perturber notre Green Lantern en titre. Hal fait pourtant comme si de rien n’était ensuite et ça m’interroge forcément sur les limites du pouvoir de la bague (eh, ça fait longtemps que je ne me suis pas intéressé à ce héros).

En tout cas, la bague est presque déchargée et John doit aller chercher à Coast City la lanterne qui permet de la recharger. Hal lui prend un billet d’avion afin que son bleu puisse récupérer tout ce dont il a besoin chez lui. C’est un abus d’autorité, ça, non ? Il lui donne aussi pour mission de conserver l’oiseau : celui-ci peut disparaître au moment où John arrêtera de se concentrer dessus, alors ça laisse plein de possibilités de se foirer – un test un peu con, en vrai, mais je sens qu’il teste ses capacités.

Une fois débarrassé de John, Hal continue son enquête à Rushville. Il retourne au stade où quatre personnes ont été tuées, prenant ainsi place dans les gradins où il sera retrouvé mort dix ans plus tard. C’est intrigant que l’enquête continue : pour moi, comme il refuse de contacter ses supérieurs, on en avait fait le tour. Je veux dire, l’alien qu’il leur restait est mort en faisant exploser une partie du commissariat et ils n’ont plus tellement de pistes à suivre. Certes, rien ne dit encore que l’alien en question est responsable de la tuerie et ses dernières paroles sur une vengeance laissent clairement entendre qu’il y a autre chose derrière tout ça, mais tout de même, quoi. Il n’y aurait pas de série s’il se barrait, remarque.

C’est précisément ce qui donne par moments l’impression que la série ne sait pas où elle peut aller (elle sait où elle veut aller, par contre, c’est différent), surtout qu’Hal est aussi limité en pouvoir. Il n’a pas son bleu avec lui, il a un anneau presque déchargé qui le fait tomber quand il essaie de voler… Bon, il ne peut pas aller loin, quoi. Je trouve tout de même que la série gagne en intérêt avec ce second épisode qui nous montre un aspect encore plus humain du personnage.

Il décide de se rendre à une réunion publique où Kerry parle du futur de la ville et notamment du prochain match de football. Faut-il le maintenir après la tuerie ? Il y a de quoi se poser des questions. Si Billy veut surtout se débarrasser d’Hal au passage, notre Green Lantern ne le sent pas comme ça : il veut comprendre pourquoi l’alien qui s’est fait exploser parlait de vengeance et il veut continuer son enquête. Il le fait de manière surprenante en allant chercher les quatre cadavres à la morgue. L’intérêt de nous montrer le pénis du mort ? Je cherche encore, mais ça a fait parler, je me suis fait spoiler sur Twitter. Peut-être qu’il faut que je remette en question mon algorithme. Bref. Il traîne les cadavres jusqu’au stade où il se rend compte que les portiques déjà repérés plus tôt ne sont pas des détecteurs de métaux, mais des détecteurs d’extraterrestres.

Et là, l’enquête devient tout de suite plus intéressante : les quatre personnes abattues au stade étaient en réalité elles aussi des extraterrestres. La fusillade n’était donc pas une tuerie de masse complètement aléatoire comme elle en avait l’air, mais bien une attaque ciblée. Les hommes de William Macon – le beau-père de Kerry – avaient un moyen de savoir exactement qui n’était pas humain. Voilà qui explique un peu mieux pourquoi Hal refuse de lâcher l’affaire, son instinct était encore une fois le bon.

Bien sûr, Kerry est rapidement sur la piste d’Hal et essaie de comprendre ce qu’il fait. Avec les cadavres dans sa voiture, il se rend chez William Macon pour tenter d’obtenir davantage d’informations. William ne semble plus aussi intéressé par Hal que la semaine dernière : son seul but est désormais de voir Green Lantern quitter la ville au plus vite. Il confirme que la technologie vient du mystérieux bienfaiteur pour lequel il travaille, mais refuse d’en dire davantage, parce qu’il est sous contrat, blablabla. Hal, qui affirme n’avoir jamais vu des détecteurs d’extraterrestres aussi sophistiqués ailleurs dans la galaxie (d’où ça vient, bordel ?), veut savoir ce que William cache encore sur ses terres.

Le problème, c’est que William n’hésite pas à utiliser la force pour virer Hal de sa propriété, allant même jusqu’à lui tirer dessus par l’intermédiaire d’un de ses hommes. J’ai un peu de mal avec l’idée que ce soit légal, même si Kerry le confirme deux fois. Quand bien même le type est sur une propriété privée, lui tirer dessus en sachant qui il est ? Face à une shérif ? Je ne sais pas, c’est étrange les lois dans le Nebraska.

Quand Hal se réveille à l’hôpital, il découvre qu’il est menotté. Kerry sympathise l’air de rien avec lui, mais elle lui rappelle aussi que c’est elle la boss et qu’il ne peut pas continuer à ignorer son autorité devant toute la ville. C’est vrai qu’elle avait l’air un peu ridiculisée jusque-là, particulièrement dans la scène face à toute la ville où John l’interrompt, bavarde avec son mari, puis la rembarre en répondant au téléphone. J’ai envie de bien l’aimer, Kerry, puisque c’est la seule femme à qui on donne du temps d’écran, mais je n’arrive pas à lui faire confiance à 100 % (puis elle vient de Gotham, je ne sais pas, ça fait trop de liens avec l’univers de Batman, tss).

Cette scène permet surtout de glisser une information qui va avoir son importance plus tard : pendant qu’il était inconscient, Hal a prononcé le nom de Sinestro. Kerry sait qu’il s’agit d’un ancien Green Lantern passé du mauvais côté et Hal lui apprend que Sinestro était son mentor avant qu’il ne le fasse tomber. Bon, la série ne s’attarde pas énormément dessus, mais c’est clairement le genre d’information qu’elle ne balance pas pour rien – et c’est confirmé dès la fin de l’épisode.

Et puis, cette histoire de détecteurs est étrange : si Kerry savait ce qu’ils étaient, pourquoi a-t-elle mis tant de temps à croire Hal la semaine dernière quand il parlait d’extraterrestres ? Elle reconnaît finalement qu’elle avait tort au sujet de Waylon, mais explique surtout qu’elle ne voulait pas alimenter la paranoïa de William et de ses hommes. Mouais. Je ne suis pas sûr que ça réponde complètement à mes questions, mais au moins la série semble consciente du problème ? Si vous avez vu l’épisode, sérieux, vous en pensez quoi ?

Kerry se demande aussi pourquoi Hal est encore là. Ma foi, elle a les mêmes questions que moi, c’est déjà ça… Hal se contente de dire qu’il trouve toute l’affaire trop suspecte pour éliminer complètement la théorie d’une menace. C’est d’autant plus étrange que l’hôpital de la ville est désert : aucun patient, quasiment aucun personnel et du matériel qui semble encore neuf. J’ai l’impression qu’on nous ouvre des pistes, mais je ne sais pas encore quoi en faire.

Pendant ce temps, John et son petit oiseau (non, vraiment, il a un oiseau, on a dit, ce n’est pas une image cheloue pour parler de son entrejambe, promis) arrivent chez Hal, à Coast City. Celui-ci se plaint de ne pas être assez payé, mais il a une sacrée baraque. John en profite pour fouiller un peu, ce qui permet de nous montrer que Lantern a de jolis costumes, que John a très envie d’essayer, des photos avec des personnes importantes comme le pape et une vie sacrément luxueuse. Enfin, luxueuse… Il vit dans cette immense maison depuis des années et elle paraît quasiment vide ? Je suis toujours impressionné par les gens si minimaliste – si vous voyiez le bordel et tous les objets qu’il y a chez moi !

Sur les indications d’Hal, John trouve la lanterne dans une dimension de poche. Il récupère donc cette sorte de batterie géante permettant de recharger l’anneau, puis part chercher de quoi nourrir Earl, l’animal de compagnie d’Hal Jordan. Enfin, animal. C’est ce qu’on pense au départ, mais il s’agit en fait d’une énorme plante carnivore. Soit ? Je me demande s’il y aura un intérêt par la suite.

Une fois tout ça fait, John remet la clé de la baraque à sa place (franchement, cachette si peu sûre !) et… se fait kidnapper. Il est embarqué dans un van, mais comme ses ravisseurs ont la bonne idée de prendre avec eux son oiseau, John parvient à s’en sortir plutôt efficacement. J’ai beaucoup aimé la scène d’action où on le voit se battre violemment pour s’échapper, puis courir le long de l’autoroute, à contresens tant qu’à faire. Franchement, c’est un peu ce qu’il manquait au premier épisode. On ne comprend toujours pas tout ce qui est en train de se passer, mais je ne sais pas, l’action, l’oiseau, ça me plaît bien comme pistes.

Malheureusement, John se fait finalement rattraper puis interroger par un certain Antaan (c’est pratique d’avoir internet pour les noms !), un homme qui s’intéresse beaucoup à cet oiseau capable de rester en vie sans que John porte la bague. Surtout, il essaie de recruter John en lui faisant un petit cours d’histoire sur les Manhunters. Est-ce que les Lanterns ne seraient pas si gentils que ça finalement ? Difficile à dire.

L’histoire racontée est tout de même assez énorme. Avant les Green Lanterns, les Gardiens utilisaient déjà des êtres synthétiques appelés Manhunters pour faire respecter leur conception de la justice dans la galaxie. Ces créatures peuvent prendre l’apparence des espèces parmi lesquelles elles vivent et créer une technologie extrêmement avancée. Seulement voilà, leur manière de rendre la justice a quelque peu dégénéré et l’un d’eux serait notamment resté sur la planète d’Antaan, un extraterrestre, après le départ des Gardiens, prenant l’apparence de son peuple avant d’organiser tranquillement son génocide.

Pour s’assurer que John comprend bien l’horreur de ce qu’il raconte, Antaan lui fait vivre directement les souvenirs du massacre grâce à une sorte d’arme qui lui injecte les images dans le cerveau. Charmant. C’est une manière étrange de recruter quelqu’un, tout de même, mais ça permet au moins à John de comprendre pourquoi ces extraterrestres sont prêts à absolument tout pour retrouver le Manhunter responsable.

Et c’est là que tout se relie enfin à l’intrigue du stade. Hal serait arrivé après le massacre du peuple d’Antaan, aurait capturé le Manhunter et assuré qu’il serait exécuté. Pourtant, Antaan est désormais convaincu qu’il est toujours vivant et qu’il se cache sous une apparence humaine à Rushville. Les quatre extraterrestres tués pendant le match étaient justement des membres de son équipe venus le chercher, tout comme Waylon, celui qui s’est fait exploser au commissariat. Forcément, le fait qu’Hal Jordan soit arrivé en ville juste après leur mort rend notre Green Lantern particulièrement suspect à leurs yeux : est-ce qu’il protège le Manhunter ?

Voilà qui donne surtout enfin un vrai objectif clair à la saison. Les extraterrestres ne peuvent pas pénétrer tranquillement et sans risque dans Rushville puisque les détecteurs de William les repèrent (et donc, c’est William qui a tué les quatre dans le précédent épisode ?). Antaan donne alors 48 heures à John pour identifier le Manhunter qui se cache parmi les habitants. Comme il a pris forme humaine, il serait possible de le tuer sous cette forme. Et si John échoue, Antaan et les siens entreront eux-mêmes en ville en se faisant exploser jusqu’à éliminer leur cible, quitte à raser Rushville au passage. Ah oui, tout de suite, ça donne un peu plus d’enjeu et de raisons de rester à Rushville pour les épisodes suivants.

Après tout ça, John et son oiseau se rendent dans un diner typiquement ricain en revenant en ville. Il y tombe bien évidemment sur Zoe. « Bound to happen » ? Je ne pense pas. Les scénaristes veulent vraiment forcer sur cette relation, par contre. C’est con : je n’y accroche pas du tout et je ne comprends pas ce qu’on est censé y trouver. John regrette d’avoir couché avec une femme mariée, elle non ? Ben super. J’étais déjà pas bien motivé par le plan cul imposé la semaine dernière, mais si ça doit se transformer en relation cheloue toutes les semaines, je ne pense pas que je vais accrocher.

C’est con parce que le reste de l’épisode me plaisait. Bon, tout ne peut pas me plaire, après tout. Je vois aussi que Zoe est là pour être la voix de la conscience de John : elle lui permet d’expliciter ses décisions et surtout ses doutes sur Hal, ce qui a un peu plus d’intérêt maintenant qu’on sait que les extraterrestres eux-mêmes ne lui font pas confiance. Je suppose qu’elle aimerait bien qu’il se serve une nouvelle fois de son petit oiseau aussi (et cette fois, je ne parle pas de l’oiseau vert, hein), mais John semble vouloir mettre des limites.

Après tout ça, John rentre au motel où loge Hal et découvre ce qui lui est arrivé. Il ne semble pas tellement s’en inquiéter et lui donne de quoi recharger la bague. Hal est saoulé de voir que John a pris l’uniforme, mais il le lui rend bien, en fait : John a payé la location de la voiture dans laquelle Hal a foutu les cadavres des extraterrestres. La voiture est quelque peu sale, du coup.

Énervé, John décide d’interroger Hal sur les Manhunters. Il lui raconte absolument tout ce qui s’est passé, y compris le fait qu’Antaan lui a ordonné de ne rien lui dire et qu’ils n’ont désormais que 48 heures pour retrouver le Manhunter. Ça me surprend un peu. Il me semblait qu’il garderait ça pour lui au moins un temps, mais finalement il fait confiance à Hal malgré tout ce qu’il lui fait, à commencer par lui cacher que ce qu’il réussit avec l’oiseau est exceptionnel. Hal est d’ailleurs clairement déstabilisé par cette capacité : John a réussi à maintenir sa création sans même porter la bague.

Hal s’interroge sur ce que peut représenter l’oiseau pour John, mais celui-ci le désintègre sans hésiter une seconde. Dommage, je m’étais déjà fait à ce compagnon qui piaille…

Pour la fin de l’épisode, Hal enfile enfin son costume de Green Lantern et quitte la Terre. Ça fait respirer la série et étend enfin les possibilités au-delà de cette petite ville du Nebraska. Il se rend dans une prison intergalactique afin d’interroger quelqu’un sur les Manhunters : Sinestro, évidemment, l’ancien Green Lantern et ancien mentor d’Hal dont Kerry parlait un peu plus tôt.

Hal veut savoir ce qu’il connaît des Manhunters, mais Sinestro semble beaucoup plus intéressé par autre chose. Il lui explique en gros que si un Manhunter existe encore, ce n’est que la deuxième plus grande menace à laquelle Hal doit actuellement faire face. La première ? Il lui demande aussitôt de lui parler de John Stewart. Bon. C’est un cliffhanger qui me motive moins que celui de la semaine dernière, mais la question est efficace : qu’est-ce que John a de si particulier pour que son simple petit oiseau vert inquiète déjà autant Hal et intéresse Sinestro ? Une menace, vraiment ?

Et qui serait donc le Manhunter ? En vrai, toute la ville me paraît suspecte à ce stade – et l’hôpital désert ne me rassure pas tellement. Est-ce qu’il n’y a que des extraterrestres autour d’Hal ? J’ai des théories qui germent.

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Lanterns – S01E01 – Pilot – 14/20

Je ne sais pas si c’est moi, mais j’ai l’impression que la moitié des acteurs de cette série a eu pour consigne de ne pas articuler. Elle manque très clairement de personnages féminins forts (au pluriel, hein) et semble sortir parfois des années 90 dans son style, mais elle fait quelques promesses dans cet épisode qui me donne envie d’y croire. Il va falloir qu’elle abandonne son côté boys club et ses épisodes d’une heure pour me plaire vraiment, mais je ne pense pas qu’elle veuille faire ça, malheureusement. Décidément, les nouveautés en ce moment, ça ne me plaît pas. Heureusement que le dernier quart d’heure m’a davantage convaincu que j’avais bien fait de rester…

Spoilers 

John est formé depuis deux mois par l’actuel Green Lantern pour devenir à son tour un Green Lantern.

It’s only one question : are you afraid?

Oh merde, 1996, c’était il y a trente ans ? Cela me fait si bizarre que les séries commencent par des flashbacks qui me permette de prendre conscience que… euh beh, j’étais né il y a trente ans. Je sais que je connais mon âge, mais c’est pas pareil. Cherchez pas, enchaînons, parlons de l’épisode :

En 1996, cela faisait déjà dix ans que Green Lantern existait aux yeux du public et que les médias l’érigeait en héros. La série nous fait ainsi une introduction intéressante avec deux gamins qui regardent la TV pour une interview de ce Green Lantern blanc. Ma foi, pourquoi pas. Ils sont trois à regarder la télé en ayant peur que leur père les chope, et c’est ironique qu’en parallèle Green Lantern soit en train de dire que la plus grande peur d’un enfant est de perdre un parent.

Le père est un militaire qui dirige ses gamins d’une main de fer. Il est inquiétant comme tout : il rentre chez lui et propose à son gamin de se mettre une pomme sur la tête avant de lui tirer dessus pour éclater la pomme. Avant tout, il demande à son fils s’il a peur – et la réponse est non. C’est une introduction plutôt efficace.

Loin de ce flashback, nous nous retrouvons ensuite en 2016 : le jeune garçon pas effrayé est devenu un homme qui s’entraîne à la salle de sport. On découvre assez vite qu’il y a une bonne raison à cela : il a été désigné comme le futur Green Lantern. Partant de là, il est donc le bleu de l’ancien, celui qu’il admirait quand il était enfant. J’aime bien l’idée, surtout qu’on sent que notre héros, John, n’apprécie pas tellement son héros d’enfance. Chaque « sir » sonne bel et bien comme un « fuck you » et c’est hilarant.

Bon, il n’empêche que tout ça est un peu plan-plan pour une série de super-héros. Le rythme est rapidement trouvé alors qu’ils se rendent à un entraînement pour apprendre à John de voler. En effet, l’ancien Green Lantern, Hal, décide alors de sortir de la voiture alors qu’elle est en marche, tout en donnant RDV à John quelques mètres plus loin. C’est… Audacieux. Notre jeune héros se jette sur la bague juste à temps pour la mettre, mais la voiture s’écrase quelques mètres plus bas.

Par chance, il s’en tire donc. Il appelle ensuite son père pour se plaindre du fait qu’on vienne de tenter de le tuer, mais ce dernier n’est absolument pas inquiet. Bien au contraire. Maintenant qu’il porte la bague, John peut accéder à un hologramme qui est contenu dans la bague : il s’agit de l’ancien Lantern, mais un peu plus jeune que celui qu’il doit rejoindre.

Il lui apprend que les Lantern doivent mettre à jour cette sauvegarde toutes les semaines, mais il ne l’a pas fait depuis dix ans, de toute évidence. Il est ainsi surpris d’avoir un bleu à entraîner et clairement dépité de voir qu’il n’a pas encore fait un excellent travail. J’ai bien aimé la scène avec cette « back-up consciousness », mais je me demande comment sans sa bague Hal a bien pu faire les quelques kilomètres en question.

Comme cela fait quarante ans que son identité est connue de tous, il est un vrai super-héros. On le retrouve alors qu’il est acclamé dans un diner au bord de la route. John finit par le rejoindre, lui parle de son back-up et hop, Hal s’envole vite loin de tout ça pour rejoindre une scène de crime où on a besoin de lui.

Quand John le retrouve enfin, six heures plus tard, c’est pour mieux entendre qu’il s’agit d’un nouvel entraînement d’Hal. Cela a bon dos de dire que tout ce qu’il fait est un entraînement, mais bon. Hal attend en fait la shérif de la ville, Kerry, qui lui rappelle qu’ils n’ont pas de juridiction pour cette affaire : ils sont supposés s’occuper uniquement des affaires extraterrestres. Seulement voilà, cette fois, ils ont affaire à une tuerie de masse assez banale et humaine.

La shérif ne croit pas à l’implication d’extra-terrestre. Hal fait tout ce qu’il peut pour la convaincre, mais elle préfère se rassurer, ce qui est plutôt compréhensible. Pourtant, on a quatre morts habillés avec le même pull que personne ne semble connaître (ils venaient assister au match pour l’équipe adversaire)…

En vrai, c’est la première scène où je suis à fond : la série manquait d’un personnage féminin – et elle en manque encore. On se retrouve ensuite avec une enquête assez basique, mais comme je m’attendais à un cop show, ce n’est pas une vraie surprise – je ne m’attendais pas à ce côté militaire du héros dès le début en revanche.

Le mystère est intéressant, parce qu’Hal n’explique pas tant que ça à John pourquoi il pense qu’il y a des aliens impliqués. Il lui demande de le croire, parce que s’il dit avoir une intuition, c’est que c’est le cas. Mouais. Pourtant, aussi insupportable soit-il, il a apparemment raison sur toute la ligne. Voilà qui va vite me souler si la série nous fait le coup plusieurs fois. De toute manière, à ce stade, je suppose qu’Hal va mourir ou disparaître (disparaître, ce serait mieux) : l’acteur peut rester grâce à la mémoire de secours dans la bague.

Bon, j’écris tout ça et j’en oublie l’essentiel : John fait une première erreur de débutant en menant son enquête, faisant comprendre à un suspect (couvert de sang mais faisant comme si de rien n’était) qu’il l’est en posant une question à Kerry. Cela mène à une rapide course poursuite que John remporte toutefois – un coup de poing, et hop. Pour autant, les autorités ne laissent pas Hal et John approcher le type pour le questionner.

En attendant qu’on leur donne l’accès, Hal entraîne John dans un bar où il utilise la bague pour créer un billet afin d’avoir la musique. C’est intéressant car ça permet de donner un peu de mythologie à la série et à la bague : Hal explique qu’elle a un pouvoir dangereux et important ; et que ce n’est pas si simple de savoir quand en faire usage. Ils peuvent, avec, « manifester » l’existence d’objets. Soit. Mon problème jusque-là, c’est que chaque fois qu’Hal commence à parler, j’ai envie de m’endormir. Ne peut-il pas articuler ?

Si John semble passionné par ce qu’il lui raconte, j’ai complètement décroché en cours de route. Heureusement, le but était juste de combler le temps, y compris pour les personnages. Hal s’amuse à mettre en boucle la même musique sur le jukebox du bar pour entamer une baston dans le bar. Cela fonctionne rapidement et ça lui permettra d’être envoyé en prison.

Pendant qu’Hal se fait battre pour être envoyé en cellule auprès de leur suspect, John se fait draguer par une nana qui pose trop de questions pour être vraiment honnête. Pourquoi lui raconte-t-il tout ? Je comprends bien l’idée de devoir nous informer sur les règles des Green Lantern, sur le fonctionnement de ce « space cop » qui a une autorité et un remplaçant en formation au cas où… mais c’est inquiétant que John raconte tout à la première femme qui lui fait les yeux doux. Et le fait qu’en plus ils couchent ensemble dans le camion de celle-ci puis qu’il utilise la bague pour lui allumer une cigarette ? C’est blasant, tout simplement.

Le lendemain, John vient récupérer Hal au commissariat où il n’a pas été mis en cellule comme il l’espérait. La shérif est assez maligne pour voir ce qu’il souhaitait faire en étant mis en prison. Cependant, elle n’est pas assez maligne pour anticiper ce que fera son mari ensuite : Billy, c’est son nom, débarque à l’audience où Green Lantern est mis en difficulté par une juge qui ne semble pas l’aimer. Partant de là, Hal embauche Billy et se retrouve libre (sous caution de 200 000 dollars, tout de même). John et lui se retrouvent ainsi invités à un barbecue chez le beau-père de Kerry… Ah les petites villes.

Le beau-père, William, les invite parce qu’il est le gros propriétaire du coin et qu’il paie la caution d’Hal, donc il est difficile de dire non. Bien sûr, Kerry essaie de prévenir John de ne pas se mettre en dette de l’homme en question afin de ne pas regretter d’être venu dans leur ville, mais bon ; il n’écoute pas. William ? Encore un acteur connu, comme c’est original. Le personnage affirme qu’il n’est pas si riche que ça, mais qu’il bosse pour quelqu’un qui l’est et dont il ne peut pas parler. Dans ce pilot, on nous répète en boucle qu’Hal est un space cop, mais pour l’instant, c’est une promesse qui n’est pas tenue.

En revanche, la série parvient à me faire éclater de rire quand il est révélé, alors que John sympathise avec le petit-fils du type, qu’il a couché avec… la grand-mère du gamin ? Elle s’appelle Zoe et semble jeune pour être grand-mère, mais bon. Soit. L’homme, en plus, sait que John a couché avec Zoe vu le sous-entendu qu’il fait. Hal est… impressionné. Pas moi. C’est si nul comme comportement de boys club là.

Le lendemain, Hal peut enfin papoter avec le suspect. Tout ça pour ça ? Au moins, la scène est intéressante pour deux aspects : elle permet à Kerry de nous psychanalyser Hal et de voir qu’il n’est pas si arrogant – juste très seul – et à la série d’enfin tenir sa promesse. Une petite question sur Harry Potter puis une autre sur Obama permet de rapidement confirmer que leur suspect est bien un extra-terrestre. Aussitôt, Green Lantern le voit comme une menace. L’homme extra-terrestre se défend plutôt bien en expliquant que théoriquement il est là pour une raison importante qui ne doit pas être connue de ses supérieurs, mais bon, ce n’est pas suffisant pour convaincre Hal.

On a rapidement un problème aussi : l’alien explique avoir une bombe dans sa colonne vertébrale, bombe qu’il fera exploser s’il est coincé et sent qu’il est en danger. Il n’en faut pas plus pour qu’on comprenne vers quoi on se dirige : boum. Hal s’énerve après lui, puis il contient l’explosion comme il peut. Il utilise sa bague (qui doit être rechargée) et enferme quelques secondes le souffle de l’explosion. Celle-ci est beaucoup moins grave que prévu : il y a une simple onde de choc qui parcourt la ville en faisant quelques dégâts. Par contre, on ne sait pas trop pourquoi il était là exactement cet alien. Ce qui est sûr, c’est que tout le monde s’en sort sans trop de problème – sauf ceux que l’alien a tué deux jours plus tôt (mais pour quelles raisons ? qui sont-ils ? et est-ce qu’il les a tués ou est-ce qu’il était simplement avec eux, parce que ce n’est pas dit explicitement qu’il tue si j’ai bien entendu ?).

La série me prend alors par surprise en terminant l’épisode en 2026. Nous y suivons John sur une route enneigée loin du désert des scènes précédentes. Il est pourtant au même endroit, puisqu’il retrouve Kerry, toujours shérif. Celle-ci a fait appel à lui car il s’est passé quelque chose dans le même stade où tout a commencé dix ans plus tôt : elle a retrouvé Hal assis dans les gradins, mort, une balle dans la tête. Et sans sa bague, que John semble chercher.

Ma foi, est-ce qu’ils font l’inverse de toutes les séries en commençant par les flashbacks explicatifs ? Quel étrange cliffhanger, je ne sais pas du tout à quoi m’attendre pour la suite. Est-ce qu’on va continuer en 2016 ou en 2026 ? J’aime bien cette surprise et le dernier quart d’heure me donne déjà beaucoup plus envie de revenir.

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