Station 19 – S04E15


Épisode 15 – Say Her Name – 17/20
Rien à voir avec l’épisode précédent, mais tout de même beaucoup trop cool comme intrigue ! Le choix de mots n’est pas forcément le bon : j’ai aimé voir la série prendre le temps de nous montrer les interactions entre l’ensemble de l’équipe plutôt que dans leur vie perso… mais la vie perso finit par se mêler à la vie pro, comme toujours. Le tout se fait de plus sur un fond de commentaire social hyper important concernant l’actualité, et c’est parfaitement maîtrisé de bout en bout.

Spoilers

L’incendie du jour vient remuer particulièrement la caserne puisqu’il s’agit d’un lieu que Vic connaît par cœur.


We’re gonna save your crappy older sister.

On retrouve enfin Travis et Vic dans cet épisode ! Je suis bien content de les revoir, même si leur scène de réintroduction n’est pas exceptionnelle et même si j’ai eu du mal à entrer dans l’épisode tout court. En fait, il s’est passé cinq bonnes minutes sans que je n’ai pris de notes pour la critique, ça devient compliqué. De son côté, Ben est prêt pour reprendre le boulot, mais il le fait avec Jack qui apprend seulement maintenant l’histoire de son pays, Sullivan et Andy, tous étant à préparer des sacs de ressources anti-covid. Masques, bouffe, etc. Soit. Les pompiers ont aussi tous un t-shirt Black Lives Matter, il est question de Breonna Taylor à présent et on n’a pas vraiment d’intrigues.

Je ne dis ça pas de manière négative, au contraire. Je trouve appréciable que la série prenne le temps de montrer les personnages en train de bavarder de sujets aussi importants que ceux-là, surtout que ça se fait en respectant le caractère de chacun (Jack est insupportable à réciter tous les faits historiques qu’il a appris) et les news qui font la vie perso de nos héros aussi. Je veux dire, Maya est fiancée, yay !

Si le reste de la caserne la pousse à faire un mariage sur place avant le départ de Carina, je dois dire que de mon côté je suis assez surpris de me rendre compte que toute la caserne soit si motivée. Je veux dire, Maya est assez insupportable avec eux, non ? Et même dans ce début d’épisode, elle leur rappelle que les t-shirts ne suivent pas le protocole, quoi.

Après George Floyd, la news concernant Breonna Taylor fait mal à toute l’équipe, et plus particulièrement à Vic. On voit bien pendant tout le début de l’épisode qu’elle est affectée, et je la comprends bien, parce que c’est terrifiant de se projeter à sa place – et c’est inévitable de le faire à sa place.

La pauvre n’est pas gâtée par le sort, une fois de plus, parce qu’elle se retrouve à devoir cuisiner des moules-frites et abandonner les moules aussitôt car elle est appelée sur un incendie. Et quand je dis « un incendie », je parle de l’incendie de sa vie : le restaurant de ses parents a pris feu. Elle est stressée de fou quand elle arrive sur place et fonce dans le bâtiment en dépit de toutes les règles de sécurité.

Elle est sûre que ses parents sont encore dedans en même temps, et elle a raison ! Tant mieux pour elle, parce qu’elle désobéit à Maya, évidemment, en fonçant dans le bâtiment. Dans les autres bonnes nouvelles, les parents de Vic sont sauvés… par Theo.

Je suis content de retrouver le personnage, surtout comme ça, car c’est plutôt bon signe pour mon  nouveau ship préféré. Et puis, Vic va bien avoir besoin de réconfort, parce que tout de même, le bâtiment est en feu et je doute qu’il reste grand-chose du restaurant de ses parents à la fin de l’épisode. Elle aimerait pouvoir aider à en sauver des morceaux, mais Maya la force à rester avec ses parents, évidemment.

Ceux-ci sont assez insupportables pour envisager de se mettre en danger en permanence. Je comprends la terreur de voir sa vie partir en flammes, mais de là à vouloir retourner dans un bâtiment qui passe son temps à exploser, je ne sais pas quand même ! Heureusement, Dean est là pour les rassurer, et plus on a passé du temps avec eux, plus j’ai trouvé leur réaction touchante. Le plus terrible est le moment où ils prennent conscience qu’ils ont oublié des choses. C’est tellement ça, quoi.

J’ai de la peine pour eux, mais ce n’est que le début de l’épisode encore. On s’éloigne un peu des dramas habituels pour un drama plus raccord avec la série, cette fois. Cela aurait plus d’impact si ça faisait quatre saisons qu’on voyait régulièrement le restaurant par contre. En tout cas, ça fonctionne bien, parce qu’on apprend que l’incendie est la conséquence d’une des manifestations qui a secoué la ville…

On arrive même au point où l’on voit certains des casseurs s’échapper du restaurant et s’en prendre à Andy et Sullivan en leur jetant des pierres. Et contre toute attente, ce ne sont pas les plus violents de l’épisode : le plus violent, c’est encore et toujours le même flic qui s’en prend encore à Dean, verbalement cette fois. Heureusement, Maya gère la situation, et la capitaine du flic aussi.

L’incendie est finalement éteint assez vite et c’est terrible, parce que Vic se retrouve à devoir gérer ses parents, avec Travis qui reste en renfort. Il ne sert pas à grand-chose en renfort, par contre, parce que les parents de Vic sont butés et bornés. Ils veulent juste remettre en place ce qu’ils peuvent du restaurant quand Vic a besoin d’un moment pour gérer ses émotions.

Ce n’est pas trop l’esprit de famille, par contre, et même quand elle pète un câble sur ses parents, tout est rapidement mis de côté par eux pour continuer le ménage. Heureusement pour elle, Theo arrive à son tour avec des bouteilles d’eau et même Travis semble apprécier le geste. Il est prêt à bosser avec pour créer quelques fenêtres. C’est une bonne chose car ça permet aussi de filtrer un peu les journalistes quand ils reviennent à la charge après avoir été rejetés une première fois par Maya pendant l’incendie.

Les journalistes arrivent pour se délecter du spectacle et avoir des images des propriétaires s’en prenant aux manifestants qui ont mis le feu, mais ils tombent plutôt mal avec la famille de Vic. Alors que ces trois-là étaient en train de se réconcilier, rien de tel que des journalistes égoïstes pour le faire : les parents et Vic tombent d’accord sur le discours à tenir. Un restaurant, ça peut se reconstruire. Une vie, ça ne peut pas se récupérer, et Breonna Taylor est morte. Georges Floyd aussi. Et purée la liste continue pendant tant de temps que la scène est super forte en émotions. Et terrible, parce que franchement, je ne connais pas l’ensemble des noms et de ce qui leur est arrivé. C’est horrible, tout simplement.

Une fois que c’est fait, Vic continue de vérifier la stabilité de l’immeuble et… elle tombe sur un tableau où ses parents compilent tous les articles de journaux parlant de Vic. Par chance, rien n’a brûlé et tous les souvenirs sont intacts. La mère de Vic la rejoint alors, et la scène est brillante, parce que sa mère est blanche mais résume bien ce que ça fait d’être la mère d’un enfant noir. Elle offre le moment émotions dont Vic avait besoin – surtout qu’elle apprend que la famille de sa mère l’a rejetée quand elle a épousé un homme noir. Outch.

Pendant ce temps à l’extérieur du restaurant, Théo et Travis peuvent enfin avoir une conversation apaisée où le premier s’excuse. Tous les deux se retrouvent même à casser des assiettes avec le reste de la famille Hughes ensuite, parce que c’est une tradition grecque qui fait du bien.

Bon, c’est bien beau tout ça sur le restaurant, mais ça éclipse le reste de l’épisode qui est bien moins passionnant. De retour à la caserne, Maya apprend que la mairie refuse finalement que les pompiers aillent distribuer des provisions aux manifestants, parce qu’ils ne veulent pas que les pompiers apparaissent comme dans un camp différent de celui des flics. Ouh, le choix des mots. C’est hyper problématique tout ça.

Maya refuse de se laisser abattre et elle réconforte un Dean hyper énervé par la situation en lui ré-expliquant qu’en tant que civils, ils peuvent toujours se rendre à la manifestation en tant que civils. Problème réglé. Enfin, j’ai totalement décroché des intrigues autour d’Andy et Sullivan qui flirtent, y compris par textos, mais j’ai trouvé ça très cheloue qu’elle se retrouve seule en cuisine avec Jack. Vu l’historique entre eux, vu que Jack est casé désormais et qu’il a tendance à tout détruire quand c’est comme ça, j’espère sincèrement qu’ils ne feront pas de la merde en les remettant en couple. Plus qu’un épisode pour le savoir… mais je ne vais pas le voir tout de suite !

 

Station 19 – S04E14


Épisode 14 – Comfortably Numb – 17/20
C’est vraiment difficile de noter cette série, parce qu’il y a trois intrigues dans l’épisode et qu’une d’entre elles m’a retourné assez pour que je sois scotché à mon écran quand une autre m’a tellement convaincu que j’ai littéralement pris le temps d’envoyer un SMS pendant l’épisode, ce qui n’est vraiment pas bon signe puisque je suis déjà en train d’écrire la critique en même temps normalement.

Spoilers

Carina se prépare à quitte le pays, Ben à se faire opérer et Jack… Ah ben, Jack rien du tout, tout va bien.


 

I’m the trash person.

J’ai envie de voir du Shonda Rhimes depuis ce matin, et ça tombe bien, j’ai six épisodes en stock entre cette série et la série-mère. Etonnamment, je suis passé à côté de la majorité des spoilers en plus, alors ça devient dur de résister… Par contre, j’aurais préféré que cet épisode commence autrement que par Andy et Sullivan, mais bon.

Les scénaristes m’ont vite écouté en reprenant l’intrigue Maya/Carina. Cette dernière est toujours sur le point de partir en Italie, sans avoir la moindre idée du jour où elle pourra revenir. Cela lui complique la vie pour faire sa valise (par contre cet appel téléphonique en anglais avec une italienne, pourquoi ?) et cela complique la vie de Maya qui stresse énormément. La voilà même qui envisage de la demander en mariage pour régler sa situation sur les papiers.

Soit. En parler à Andy avant d’en parler à Carina ? Etrange. Avec cette série et Shonda Rhimes cela dit, plus rien ne devrait me surprendre. Et c’est compliqué comme relation pour Maya qui sent que Carina lui échappe. J’ai tellement de peine pour elle. Elle tente comme elle peut de la retenir, d’attirer son attention sur autre chose que l’Italie… Et ni le sexe, ni les sordides histoires de famille de Maya n’arrive à le faire.

Maya est clairement jalouse de la pote italienne de Carina, mais en même temps, je ne sais pas, raconter seulement maintenant que ta mère est retournée vivre avec ton père n’est peut-être pas le bon timing Maya ? Allez, cette dernière finit par lui demander exactement combien de temps elle compte rester en Italie, et ça pose le problème que Carina ne prévoit rien du tout.

Plutôt que de parler de ça, Carina finit plutôt par poser des questions à Maya sur son absence de coming-out à son père. Les arguments de Maya se tiennent plutôt bien, à vouloir cacher sa vie privée à ses parents, mais ça mène assez naturellement à une conversation sur le mariage. Alors que Maya envisage de se fiancer avec Carina, voilà donc Carina qui nous affirme qu’elle ne croit pas du tout au mariage. Voilà qui est fait, lol. Je me suis bien marré au moins.

Par contre, Maya et Carina sont loin de se marrer, parce que ça frustre tellement Maya qu’elle finit par aborder le fond du problème : elle en veut à Carina de ne lui avoir rien dit pour son visa. Ah oui, les problèmes. Et Carina est tellement touchante dans sa peur de ne pas pouvoir revenir aux États-Unis si elle ne suit pas correctement les bonnes démarches administratives ! J‘adore l’écriture de cet épisode, et de ce personnage en particulier. On aborde de plein fouet les problèmes culturels entre elles, et c’est important de ne pas invisibiliser ceux-ci.

Maya finit par comprendre qu’elle est trop nombriliste (alléluia) et qu’elle aurait pu s’inquiéter un peu plus de ce que Carina ressentait, parce que non, elle n’est pas heureuse de retourner à la maison. La maison, pour Carina, c’est Maya, évidemment. Tout finit donc bien entre elles sur le canapé et nous les retrouvons ensuite à côté de la table basse à devoir se rhabiller vite et finir la valise de Carina au passage.

La scène qui suit m’a littéralement scotché à mon écran, car je n’étais pas prêt pour elle : les choses tournent vinaigre entre les deux copines quand Maya apprend soudainement que Carina veut des enfants (malgré son job !), mais toujours pas se marier. Même quand ça pourrait être la seule solution à ce qu’elles restent ensemble. Et là, on part sur une dispute entre les deux femmes qui va super loin dans l’honnêteté de ce qu’elles s’avouent.

Et si c’est bien d’être honnêtes, elles semblent surtout mettre sur le tapis, juste avant le départ, tout ce qui les blesse l’une et l’autre, de l’égoïsme de Maya à Gabriella, en passant par une Carina dépassée par la bureaucratie. Vraiment, ce n’est pas l’épisode que j’aurais dû lancer, en vrai, parce que ça m’énerve ces politiques stupides. Et puis, au passage, on nous rappelle que le mariage gay n’est toujours légal en Italie, en plus. En tout cas, ça se termine mal : Carina se barre seule à l’aéroport, sans Maya pour l’accompagner.

Par chance, Gabriella est à l’autre bout du téléphone quand Carina prend le taxi et elle lui fait prendre conscience qu’elle est en train de faire une énorme erreur.

De son côté, Jack vit la parfaite vie de père de famille. Je n’accroche pas des masses à cette intrigue, mais bon. Le but est ici de nous montrer Jack et Inara ont maintenant atteint un point où ils peuvent passer des journées paisibles et sans souci. Seulement, comme nous sommes dans une série, Sonia, la voisine du dessus, décide de passer par sa fenêtre et de s’exploser le dos sur une benne à ordure. Aïe.

Bon, si elle fait ça, c’est pour éviter que la copine de son voisin ne tombe sur elle en rentrant plus tôt, parce que comme le temps était long pendant le confinement, Sonia n’a rien trouvé de mieux à faire que de s’envoyer en l’air avec son copain casé, dans le dos de son propre mari. Charmant. La voilà donc qui refuse de voir une ambulance arriver ou de rester tranquille dans sa benne à ordures, quitte à finir paralysée (ce que, de toute manière, elle a de fortes chances d’être déjà). Pas très maligne.

Elle a au moins de la chance de tomber sur Jack, parce qu’un pompier, ça aide toujours. Il finit par l’aider en passant dans la poubelle à son tour et en lui racontant ses propres tromperies. Le problème, c’est que sa copine entend tout ça… Après, c’est un problème bien peu important par rapport à la vie de Sonia qui finit par balancer en présence de son mari qu’elle est en train de le tromper. La pauvre ne savait pas qu’il était là, cela dit.

Tout ça finit en combat de coq prévisible entre le mari et l’amant, au moment où le reste des pompiers arrive. Si ce n’est pas l’intrigue du siècle, j’avoue que ça m’aura bien fait marrer quand même, avant que ça ne devienne triste d’apprendre que Sonia est du genre à tout détruire quand tout va bien dans sa vie. Elle est là pour faire écho à Jack, c’est sûr ; et maintenant que tout va bien dans sa vie, ce n’est pas top comme timing.

Après tout ça, Inara en revient donc aux problèmes qui tourmentent leur couple. Elle a envie d’être très sexy et sauvage avec lui, mais ça casse son image de petite fille sage, alors ça ne plaît pas trop à Jack… jusqu’à ce qu’il finisse par la prendre sur l’évier. Euh. Bon. Shonda Rhimes.

Pendant ce temps, Ben est toujours sur le point d’être opéré, mais comme Miranda est bloquée pour une autre opération de son côté, il se retrouve seul. Plutôt que d’appeler de manière logique Dean avec qui il a passé l’épisode précédent, il appelle donc Sullivan qui n’est pas d’une grande aide. Pourtant, il a Andy pour lui souffler les réponses…

D’ailleurs, c’est finalement elle qui se pointe à l’hôpital à la place de son mari. C’est… Euh ? Ils auraient pu y aller ensemble à la rigueur, ça aurait été moins chelou. Bon, toute cette intrigue est cheloue de toute manière, parce que ça termine par Ben en train de rêver pendant son opération qu’il est son anesthésiste, puis son chirurgien aussi, assisté par Joey. Au secours, quel rêve naze. J’imagine que le but était d’ajouter de l’humour, mais bon, ça n’était pas passionnant d’avoir une ex de Ben, puis sa mère. En plus, ça finit sur un moment émotion à exploiter l’histoire de George Floyd, et ça m’a déconnecté complètement de la scène, parce que j’ai trouvé que c’était mal écrit de faire cette référence à ce moment-là. Bon, qu’importe mon avis après, hein.

Pendant ce temps, Jack et Andy bavardent de tout ce qui est arrivé à Jack et on nous justifie l’absence du casting par une manifestation à laquelle ils sont tous. Ben finit par se réveiller en pleine santé et lorsqu’il sort de l’hôpital, c’est pour mieux tomber sur un baiser entre Maya et Carina. Yep, Carina a fait demi-tour et a retrouvé Maya à temps pour lui demander de l’épouser, finalement. Non, elles ne veulent pas les mêmes choses, Maya ne sait toujours pas si elle veut des enfants et non, Carina n’a pas envie de se marier… Mais elle préfère se marier que de perdre Maya. Ah. C’était si chou, putain.

 

Station 19 – S04E13


Épisode 13 – I Guess I’m Floating – 15/20
Alors là, c’est surprenant, mais je crois que la meilleure partie de l’épisode résidait dans ses flashbacks qui étaient moins bavards que l’intrigue principale, tournant quelque peu en rond. Cela sauve l’épisode au lieu de le plomber comme le font généralement les flashbacks et ça méritait d’être souligné ici. Autrement, les scénaristes arrivent à me faire accrocher un peu plus à un personnage que je n’aimais pas jusque-là, j’espère que ça continuera.

Spoilers

Ben et Dean vont avoir une occasion improbable de se parler cœur à cœur.


– He’s gone
– And so is the boat.

La belle journée estivale commence déjà à tirer à sa fin avec l’arrivée de nuages noirs. Avant que ça ne vire à l’orage, je prends donc le temps de regarder cet épisode, même si j’en ai vu des retours mitigés ces deux derniers jours. Sans être spoilé pour autant, heureusement. Bon, cela dit, il n’y a peut-être pas grand-chose à spoiler…

L’épisode commence par Ben et Miranda au lit, et c’est tellement totalement gratuit et inutile pour l’épisode que je n’ai pas bien compris l’idée. En plus, on y revient un certain nombre de fois dans l’épisode, avec un flashback qui nous permet de découvrir que Ben a une grosseur inattendue à l’entre-jambe. Et cette fois, il n’est pas question de sexe, ce qui inquiète aussitôt Miranda. Elle ne se reposera jamais, la pauvre.

Son instinct est toutefois le bon : Ben et elle se rendent loin du Grey Sloan Hospital pour voir un médecin qu’ils ne connaissent pas et il leur annonce que la masse qui est là est vraiment mauvais signe pour lui. En fait, il pense qu’il s’agit d’un cancer qui risque d’aller vite et il propose carrément l’ablation du testicule. Bim.

En-dehors de ce diagnostic rapide, j’ai trouvé l’intrigue vraiment bien pensée, parce qu’il est intéressant d’avoir Ben avec des réactions normales, du genre ne pas vouloir être amené auprès de gens qu’il connaît pour se faire examiner le sexe ou être quelque peu bredouille quand il s’agit de parler de sa dernière éjaculation.

Il hésite ensuite à raconter à ses enfants ce diagnostic médical, surtout qu’il n’est pas prêt pour la chirurgie à laquelle il doit pourtant se préparer. Miranda envisage alors de contacter Catherine Fox pour un deuxième avis et elle n’est pas bien psychologue sur ce coup-là. Cela dit, ça se comprend bien quand elle résume l’année de merde qu’elle est en train de passer, sans même avoir à citer explicitement le covid. Je n’ai pas trop aimé cette manière d’en revenir à elle, mais c’est apparemment ce dont Ben avait besoin.

Quelques temps plus tard, Ben se rend alors sur un ferry pour célébrer les pompiers noirs de la ville, et le calendrier n’est pas idéal après George Floyd, puisque le chef continue de dire qu’ils ont besoin de la police dans un discours politiquement correct qui énerve Miller. Tu m’étonnes qu’il s’énerve. Sans trop de surprise, il se décide alors à aller confronter le chef, un peu à part sur le ferry, de nuit, parce que la nuit tombe vite apparemment. Je ne comprends pas trop ce script et cet après-midi qui vire à la soirée, mais soit.

Le chef a alors clairement un malaise cardiaque… et il tombe par-dessus bord. Soit. Miller a la réflexion la plus conne du monde à ce moment précis, à savoir qu’il saute à sa suite. Alors. Je ne sais pas, tu es pompier, tu devrais savoir que le minimum, c’est de donner une vraie alerte ou juste de prendre une des putains de bouées qui est juste à côté de toi.

Heureusement, Ben les entend et est un peu plus malin concernant la bouée. Il ne l’est pas beaucoup plus en donnant l’alerte, ne cherchant pas à confirmer que quelqu’un l’entende. Au minimum, tu appelles SUR TON PORTABLE les collègues qui sont là. Ou le 911 ? Et tu fais ça AVANT de sauter au milieu de nulle part dans de l’eau glacée.

Et puis, bien sûr, le chef continue évidemment son arrêt cardiaque au beau milieu de l’eau, et ce n’est pas bien rassurant. Il finit par faire un arrêt cardiaque et malgré la présence de deux pompiers à ses côtés, il ne peut être sauvé. Triste. Cela nous laisse les pompiers perdus dans l’océan, parce que le ferry est parti sans eux. Et comme il fait nuit, le tournage a dû être éprouvant pour les acteurs, franchement.

Ben a encore espoir d’avoir son portable sur lui – ce qui n’est pas le cas puisqu’il a été assez malin pour retirer sa veste – alors que Miller en arrive à jeter son portable dans l’eau quand il voit qu’il ne fonctionne pas. D’accord, mais c’est complètement con. Je veux dire, le portable, c’est une chose, il ne le pourra pas le récupérer… mais la carte SIM ?? L’éventuelle carte SD ? Il y a toujours des choses à sauver sur un portable inondé.

Bon, en tout cas, nos héros sont dans l’embarras sans portable à dériver comme ça. J’aurais aimé voir ce qu’il se passait sur le ferry, mais les scénaristes se sont contentés de rester sur ce trio, avec le chef mort qui continue de flotter avec eux parce que Dean refuse de le laisser couler, même si cela serait la bonne chose à faire pour survivre facilement dans cette eau glacée. En plus, j’imagine que c’est du coup un mannequin, mais c’est galère pour les acteurs quoi.

Ces personnages font la causette malgré tout, racontant tout ce qui leur arrive comme si de rien n’était. Oh, Dean a quand même peur de se faire bouffer par un requin (not gonna happen) et finit par raconter à Ben qu’il a envie de dire à Vic qu’il est amoureux d’elle. Sérieusement ! J’étais content de savoir cette intrigue laissée derrière nous, pourquoi y revenir ?

Le pire, c’est que malgré cette situation stressante, la meilleure partie de l’épisode reste… les flashbacks. Ceux sur Ben sont hyper prenants (et il raconte ainsi à Dean qu’il a un cancer, entre deux conversations sur George Floyd). De son côté, Dean a aussi droit à des flashbacks, comme Ben. J’étais par contre loin de me douter de ce qu’ils allaient lui pondre comme intrigue : alors qu’on repartait encore sur le procès à venir avec un rendez-vous entre lui et l’avocate, on s’est subitement retrouvé avec les parents de JJ à sa porte.

Rien que ça. C’était plus qu’étonnant, mais ça fonctionne très bien de voir pourquoi elle était si allumée à cause d’eux finalement. Ben oui, les beaux-parents sont atroces et ont carrément appeler ses parents au lieu de l’appeler lui. Tu m’étonnes que JJ les fuit comme ça ! Les parents de Miller débarquent donc aussi chez leur fils.

C’est horrible comme manière de procéder, mais ils sont malgré tout très touchants de vouloir être dans la vie de Prue maintenant qu’ils sont conscients d’avoir une petite-fille. Oui, oui, JJ leur a balancé qu’ils étaient grands-parents, avant de retourner dépenser l’argent de ses parents en Inde. Oui, JJ a une vie toujours aussi passionnante, même si elle ne donne plus aucune nouvelle à Dean

L’argent de ses parents ? Ils possèdent la moitié de Seattle, en fait, ils sont richissimes. Bien sûr, ça ne s’est pas fait du jour au lendemain, mais sur trois générations, avec celle du milieu chassée des USA par le racisme ambiant. Cela leur permet d’expliquer à Miller et ses parents que la famille compte plus que tout et qu’ils ont bien envie d’être de la famille eux aussi. D’ailleurs, ils achètent des cadeaux à tout le monde, histoire de se faire accepter plus facilement.

Ce n’est toutefois pas gagné. Pour en revenir au présent et à nos personnages perdus en mer, ils aperçoivent enfin un bateau qui pourrait leur venir en aide… mais tout ce qu’ils gagnent, ce sont des remous les forçant à laisser le chef dériver – AVEC la bouée de sauvetage qu’ils auraient pu garder pour eux. L’hypothermie finit par faire son boulot aussi pour les inquiéter encore plus, avec Dean qui ne sent plus ses jambes. Forcément, ils en reviennent à parler de Prue et Joey. La première a un avenir plus qu’incertain si Dean meure, alors il demande à Ben de s’en occuper. Le second est loin de ses années en tant que SDF, puisqu’on le voit carrément s’intéresser de très près à la médecine maintenant qu’il est recueilli par Miranda et qu’il a plein d’exemples de médecins noirs.

C’était cool, ça, j’ai aimé voir les scénaristes nous paver un futur pour lui. Par contre, j’ai moins aimé voir les deux personnages s’évanouir dans l’eau glacée. Ben se réveille alors sur une plage, et on nous fait un mini-suspense sur Dean, mais il est en vie aussi, alors tout va bien. Sur la côte, il y a des garde-côtes pour les retrouver et pour nous amener au passage avec eux Miranda et Vic. C’est cette dernière qui s’est occupée de Prue toute la nuit et elle répond à Miller qu’elle l’aime aussi quand il lui avoue ses sentiments – mais bon, le sien à elle est totalement amical, je pense. Par contre, personne ne leur demande rien pour le chef et il y a un type qui fait son jogging tranquillement, ça n’a aucun sens comme toute fin d’épisode.

 

 

 

Station 19 – S04E12


Épisode 12 – Get Up, Stand Up – 20/20
C’est un épisode important à voir (et revoir, je pense), même s’il a probablement quelques défauts et qu’il ne peut pas tout dire en 42 minutes, parce qu’il traite d’un sujet qui nous concerne tous. Je n’ai pas grand-chose à en dire et je suis mal placé pour une critique, alors c’était un exercice délicat d’écrire l’article. Regardez l’épisode, même si vous ne regardez pas la série. Vraiment.

Spoilers

La caserne est confrontée à la mort de George Floyd, comme le reste de la société américaine


A lot of people are waking up now.

Après le final de la semaine dernière, je ne voulais pas me précipiter sur cet épisode et prendre le temps d’avoir vraiment le temps (oui, oui) pour le regarder. Je sais qu’il va être lourd à regarder, et qu’il est important ; surtout cette semaine. Je veux dire, le procès du meurtre de George Floyd vient d’avoir lieu et de reconnaître son meurtrier comme… ben comme un meurtrier, justement ; alors l’intrigue qui va traiter tout ça va être importante aussi.

Et même si le début d’épisode nous montre les pompiers en train de combattre un incendie, on en arrive très vite à George Floyd. Je suis surpris, d’ailleurs, parce que je pensais franchement que l’idée était d’aborder un événement fictif similaire, étant donné le calendrier où les personnages en sont pour certaines séries à se faire vacciner et pour celle-ci à gérer plutôt bien les protocoles et déconfinement… mais finalement non, nous sommes bien au début de l’épidémie dans la série.

Nous en revoilà donc à l’an dernier lorsque le monde a découvert ce qu’il s’était passé avec George Floyd – des flics le tuant en l’empêchant de respirer pendant plusieurs minutes. Bien sûr, tout le monde a été bouleversé par la révélation qui fut une goutte de sang faisant déborder un vase plein depuis bien trop longtemps, et c’est le cas aussi pour nos personnages.

Maya fait donc le choix d’appeler la psy de la caserne, Diane, comme lorsque la caserne est confrontée à un décès. Elle prend la décision de traiter l’événement comme une tragédie personnelle pour tous les pompiers, et je trouve que c’est une excellente idée, parce que beaucoup de personnes auraient eu besoin d’un psy à l’époque où cela est arrivé. Je n’aime pas trop les épisodes très bavards du genre, surtout dans cette série, mais c’est une excellente idée, c’est tout.

Je ne peux pas trop le dire autrement. On repart donc sur le même schéma que lors de la dernière visite de cette psy, et elle tombe bien pour que les scénaristes nous rappellent qu’ils ont déjà commencé à nous faire faire ce travail avant George Floyd. C’est important de le souligner, après tout, ils sont sur une grande chaîne à une heure de grande écoute et ils nous mettaient en garde sur les dérapages policiers depuis un moment, notamment à travers les intrigues concernant Ben et Miranda.

C’est assez efficace de nous le rappeler par touche comme ils le font, avant d’avoir Ben qui se confie sur sa peur – et notamment la peur qu’il a vis-à-vis de ce qui pourrait arriver à ses adolescents à la maison ou à sa femme. Vraiment, c’est efficace.

Diane est là pour l’aider, heureusement. Elle est aussi là pour Maya, parce qu’elle sent bien que Maya a quelque chose à lui raconter. Malgré le soutien parfait de Carina, Maya est en plein deuil aussi : sa caserne est confrontée aux mêmes problèmes que le reste de la société après tout. C’est très prenant… mais clairement pas autant que Travis.

Il n’a pas envie de parler à Diane, mais celle-ci le force à parler malgré tout. Il lui assure vouloir laisser les pompiers noirs lui parler avant, mais comme personne n’attend devant son bureau, il est bien normal pour la psy de le faire parler un peu. Et Travis a énormément de rancœur et de haine en lui aussi, parce qu’il est métis avec des racines asiatiques et que les asiatiques aussi sont agressés en permanence dans une société raciste.

Le truc, c’est que c’est totalement invisibilisé dans la société, absolument partout, et ça l’est encore malgré le covid ayant fait tomber bien des masques chez des gens refusant pourtant de le porter. La scène est si importante qu’elle mérite d’être revue et passée en boucle un peu partout, je crois. On voit la mère de Travis réagir par une crise de larmes après des insultes, et ce n’est pas le plus prenant. Les mots sont excellents dans cette scène et Diane rappelle justement que tout ça n’est pas un concours de la communauté la plus attaquée, la plus légitime à se plaindre. Ce qu’il se passe est horrible et ne permet pas assez de cohabiter. On nous l’avait déjà fait sentir lors des scènes de train de Carina et Andrew il y a quelques épisodes… Il est temps de prendre conscience de tout ça et s’améliorer, collectivement, mais aussi individuellement.

C’est ensuite au tour d’Andy de se rendre voir Diane, et j’ai adoré sa demande d’aller marcher quelques minutes avec la psy pour traiter vraiment de ce qu’elle a sur le cœur – et qui se résume finalement au fait qu’elle soit white passing et culpabilise d’avoir mis tant de temps à voir l’évidence, d’avoir eu besoin d’un mari noir pour prendre conscience de beaucoup de choses.

Après ça, Vic se rend également voir Diane avec une question étonnante : elle veut savoir comment on devient psy au cas où il lui arriverait quelque chose en intervention – ou au cas où elle irait manifester et se ferait virer. Oui, en parallèle, Travis s’interroge sur leur nécessité de se rendre ou non en manifestation à Seattle avec les autres… mais ce n’est pas trop recommandé pour les pompiers. En service, c’est impossible ; en-dehors du service, cela reste des manifestations anti-policières et ils font partie du même système que les policiers officiellement.

Pourtant, en tant qu’individus, ils ont bien envie de manifester, surtout quand ils voient Dixon en faire des caisses en s’agenouillant à la télévision, pour faire bien, devant des flics noirs qui restent bien gentiment debout derrière, en plus. Pas étonnant que Sullivan s’énerve en cachette dans le début de cet épisode… et pas étonnant que Vic envisage sérieusement de balancer une brique sur la porte en verre d’un commissariat.

Vic est clairement un excellent personnage encore dans cet épisode, elle nous rappelle l’importance de parler de tout ça, encore et encore. Et elle explique bien le problème de l’hypocrisie derrière la culpabilité de ses amis blancs. Tout comme Diane l’a souligné à Andy, notre confort – en tant que blanc – est passé avant bien trop de choses et a empêché des prises de conscience bien plus tôt, alors il faut le laisser tomber.

C’est intéressant de revenir sur ce sujet ensuite avec le personnage de Jack. On le voit très bien grâce à lui qui a peur de parler à Dean, ou à n’importe qui d’ailleurs, par peur de dire les mauvaises choses, ce qu’il fait immédiatement avec Diane. Elle le remet à sa place, lui rappelle ses privilèges malgré son passé difficile – parce qu’il a fait face à un passé difficile avec malgré tout plus de privilèges que les amis noirs qu’il avait dans ce passé. C’est aussi l’occasion d’un discours bien senti sur la société américaine et tout ce qui déconne dans le système judiciaire américain.

Alors, Jack a peur de parler ? Il n’a qu’à écouter, ça lui évitera des faux pas. C’est fou quand même, il y a eu une prise de conscience en France, mais elle n’a pas atteint l’impact que l’on voit sur la société américaine et que l’on voit particulièrement dans les séries en ce qui me concerne, puisque je suis fan de série. Forcément.

Sullivan est particulièrement affecté lui aussi, et il évacue sa rage dans des coups, comme il peut. Il envoie balader Andy un certain nombre de fois, avant de se laisser convaincre par un père dépassé qu’il est important pour ses enfants, noirs, de voir que des gens en uniforme peuvent être noirs, et peuvent être des gens bien, aussi. Ils sont terrifiés après tout – et c’est bien pour eux de voir Sullivan, Dean et Ben dans la caserne.

Dean entend tout ça et il décroche de loin la palme de la scène la plus horrible à regarder de l’épisode, et ce n’est pas rien dans un épisode si intense. Bon, ce n’est pas un concours, mais sa scène avec Diane ? Pas un mot échangé pendant un long moment, un long silence, des larmes, un merci. Le silence est plus pesant que les mots, c’est tout. Et encore une fois, je vois tout ça en étant bien en-dehors des vrais sentiments que ressentent ces personnages, parce que je n’ai jamais connu tout ça. Il est important d’écouter, mais en définitive, mais que peut-on dire face à tout ça ?

Ben est bien silencieux aussi avec les enfants et la tante, mais c’est parce qu’il a peur aussi, toujours, et parce que ses enfants veulent aller manifester eux aussi. Difficile choix, franchement. Sullivan résume bien la situation aussi quand il est face à Diane, à rappeler ce qui a rendu différent le meurtre de George Floyd – sa longueur – par rapport à tant d’autres meurtres ayant eu lieu aussi. Et pour une fois, j’ai aimé son personnage confiant à Andy qu’il se sent bête d’avoir voulu à l’encontre du procès lancé par Dean, pour une fois que quelque chose est fait. Il n’est jamais trop tard pour grandir.

Et c’est aussi la conclusion à laquelle arrive Maya, parce qu’elle sent bien qu’elle veut aller manifester elle aussi, et qu’elle veut que sa caserne puisse le faire indépendamment de ce qu’en penserait la police. Elle finit ainsi par leur donner l’autorisation de le faire et la fin d’épisode est très prenante, avec l’ensemble du casting – y compris les enfants de Ben – allant manifester ensemble, comme une grande famille.

C’était sacrément efficace, et suivi d’un message nous informant que la paie de scénariste de cet épisode était allée à « Color of Change Education Fund » alors que l’épisode avait été lui-même enrichi par les expériences des acteurs et du reste de l’équipe de tournage. Terrible.