Salut les cinéphiles,
Jeudi dernier, je suis allé au cinéma pour essayer de m’évader du médiocre Rétribution et de son faux huis clos qui n’a pas vraiment réussi à m’emporter. Et devinez quoi ?
Bien sûr, je me suis retrouvé face à un autre simili huis clos, cette fois-ci à bord d’un mystérieux navire. On ne va pas se mentir, je savais parfaitement à quoi m’attendre en y allant, cela dit : le film s’appelle Le Dernier Voyage du Demeter, évidemment qu’on va assister au voyage dans le bateau et difficilement à autre chose.
Pas de bol, c’était tout aussi long… mais plus réussi, heureusement !
Dracula, es-tu là ?
En fait, le film est essentiellement une plongée dans une partie du roman Dracula, étendue sur deux heures de pellicule. On y retrouve les codes de l’horreur de l’époque victorienne, avec son rythme languissant et sa lente accumulation de tension. Autant vous le dire tout de suite, ce n’est pas un film pour les amateurs d’action frénétique, on est vraiment sur un autre type d’horreur. Et une fois qu’on sait ça, le film est plutôt plaisant.
L’atmosphère du Dernier Voyage du Demeter est très sombre, au sens obscur du terme plus qu’au sens figuré. Enfin, au sens figuré, il l’est un peu aussi, je vous rassure. Pour apprécier pleinement les détails subtils et les recoins mystérieux du navire, il est préférable de le voir dans une salle de cinéma plongée dans l’obscurité totale. Cela ajoute indéniablement à l’ambiance oppressante du film – mais ça permet surtout de tout voir. En plissant les yeux.
Si ça ajoute au côté mystérieux et au personnage de Dracula – insaisissable pendant une bonne partie du film – qui fait bien plus peur ainsi, c’est tout de même un peu frustrant par moment. Le film étant long, le but n’était pas non plus d’avoir envie de fermer les yeux, je pense. Et pourtant, c’est bien le genre de films où il est possible de piquer un somme entre deux moments intenses, je pense.
Côté casting
Les acteurs, dans l’ensemble, font le job sans vraiment briller. Ils portent l’histoire, mais il manque ce petit quelque chose qui les aurait vraiment fait sortir du lot. Malgré plusieurs scènes cherchant à nous montrer une dynamique de groupe, on a toujours l’impression que ça ne prend pas, qu’il manque un élément pour qu’on soit pleinement convaincu. Ou alors, c’est juste moi qui n’arrive pas à me sentir embarqué par les films avec des navires depuis Pirate des Caraïbes. Parce que oui, évidemment, ça m’y fait penser…
Cela dit, il y a un acteur qui parvient à se démarquer dans ce flot de performances convenables. Corey Hawkins, clairement le rôle principal du film, apporte une présence charismatique à l’écran (ce n’était pas gagné parce que je l’ai reconnu de la très médiocre Survive !) et ajoute une touche de profondeur à son personnage – bien aidé par le scénario qui se concentre beaucoup sur lui. Son jeu est ainsi forcément plus nuancé et le personnage contribue à maintenir l’intérêt – survivra-t-il même si l’on sait qu’il n’y a pas de survivant ?
Dracula ? Comme je le disais plus haut, difficile de juger de la performance de l’acteur qui reste très longtemps dans l’ombre. Le maquillage est excessif, on peine à voir comment il pourrait se fondre avec les humains. C’est une vision comme une autre du personnage culte, dirons-nous. Quant au reste des effets spéciaux, ils font le job sans être particulièrement marquants. Ils sont au service de l’histoire et parviennent à créer quelques moments visuellement saisissants, mais n’attendez pas non plus des prouesses visuelles exceptionnelles.
Une écriture réussie (mais bavarde)
Le meilleur dans ce film reste la richesse du scénario et des idées mises en scène. Tout en s’appuyant correctement sur le journal de bord du roman, les scénaristes se laissent aller à quelques libertés et complètent les incertitudes avec réussite. La fin du film tente ainsi de se démarquer un peu en s’éloignant légèrement du roman. C’est prévisible dans la forme, mais ça offre une touche de fraîcheur tout en maintenant l’esprit de l’histoire originale.
En fin de compte, Le Dernier Voyage du Demeter propose une expérience sombre et intense, mais cela ne justifiait pas pour autant une durée de deux heures. Il faut s’armer de patience en attendant les nuits où le conte surgit enfin. Il me semble que de nombreuses scènes auraient pu être raccourcies, si ce n’est supprimées… Mais peut-être que ça aurait empêché à l’ambiance de s’installer correctement.
En bref, si vous êtes fan de l’univers de Dracula et que vous appréciez l’horreur à l’ancienne, vous pourriez y trouver votre compte. Pour ma part, je reste avec l’impression qu’un peu plus de concision aurait fait du bien à ce (dernier ?) voyage cinématographique. Et vous, vous l’avez vu ?

