C’est trop long et parfois lent au point d’être pénible. La série fait le choix de recommencer à raconter son histoire par une voie quelque peu détournée et ça ne me dérange pas forcément, mais j’ai eu du mal à accrocher. En plus, mon vrai problème dans cette affaire a été que le temps passait d’abord trop vite et ensuite que le scénario ne parvenait à me paraître réaliste. La saison 1 était impeccable de ce point de vue, ce début de saison 2 est… aux antipodes de ça ? C’est charmant, mais ça manque d’un moment me retournant le cerveau.
Spoilers
Avant l’Apocalypse, les gens avaient une vie. Annie, pas vraiment.
Come restart the world with me, Annie.
J’espérais que la série reprendrait avec un bon gros résumé de la saison 1. Ce n’est pas le cas. Bon. Je vais survivre et je ne doute pas que le puzzle va se recomposer peu à peu. J’ai trop hâte de découvrir ce que la série va nous proposer en saison 2 – je n’ai pas vu la moindre bande-annonce – pour attendre plus longtemps. Le début de saison est loin de ce que nous proposait la série en saison 1 en plus : on voit une jeune adolescente assister à une visite de la maison d’Elvis. C’est marrant, parce que je reconnais la maison des films sur Elvis et Priscilla de ces dernières années.
L’adolescente semble être une experte qui occupe ses journées à faire la visite avant d’aller s’occuper de sa mère, très clairement malade. C’est sa mère qui semble vouer une passion pour Elvis et qui lui demande d’assister à ces visites. Un jour, l’adolescente rentre chez elle pour trouver sa mère morte.
Après un détour par l’enterrement, on comprend que le but est de s’intéresser à cette adolescente qui, devenue adulte, travaille dans un hôpital. Annie Clay, c’est son nom, est une étudiante en médecine que l’on suit lors d’une consultation médicale en apparence banale. En pratique, malheureusement, Annie a une vraie crise de panique quand elle examine la patiente, parce qu’elle reconnaît des symptômes de sa mère dans cette patiente. Si elle tente de poursuivre son diagnostic, elle s’effondre devant sa supérieure et tous ses collègues.
Annie abandonne aussitôt ses études. Elle n’a pas de famille, plus de job, et elle retourne devant la maison d’Elvis, par habitude. Elle passe une sale journée, mais la cheffe de la sécurité de la maison d’Elvis, Gayle, la prend en pitié et lui propose un job quand elle comprend qu’elle en a vraiment besoin. Et c’est ainsi qu’Annie se retrouve avec un nouveau job : elle devient la guide des visites de la maison d’Elvis.
Y a pas de savoirs inutiles, je suppose. Elle connaît la visite par cœur et peut donc la gérer sans aucun mal. C’est une trajectoire de vie étonnante, mais pourquoi pas. On est très loin, par contre, de ce que la série proposait en saison 1. Pas de quoi s’inquiéter : on y revient vite. Un jour, alors qu’elle commence sa visite, Annie se rend compte que son groupe de touristes ne la suit pas. Et pour cause : la fin du monde vient juste d’être annoncée.
Les médias présentent les catastrophes qui touchent l’Australie et le reste du monde, ce qui fait que la panique gagne tout le monde dans cette belle journée ensoleillée. Annie ne cède pas à la panique pour autant : elle demande à Gayle de réunir des vivres et de les emmener dans la cave de Graceland, la maison d’Elvis. Elle comprend qu’il va falloir survivre et elle le comprend vite : en bonne américaine, elle récupère le flingue d’Elvis dans une vitrine, aussi. On ne sait jamais, je suppose, un flingue, c’est hyper utile face à la nature qui se déchaîne, lol. Annie prend le temps de libérer les chevaux des écuries, puis va dans sa chambre récupérer des affaires. Il est peut-être déjà trop tard avec la montée des eaux qui se propage et une tempête horrible qui s’approche.
Gayle et Annie sont devenues super amies et n’ont plus qu’elles au monde. La fin du monde ne change pas grand-chose pour elles finalement, en fait ? Les téléphones lâchent ensuite, puis l’électricité. Malheureusement, Gayle est prise par surprise à ce moment-là, et elle tombe dans l’escalier qui mène à la cave. C’est bien le moment. C’est la fin du monde et elle se casse la gueule, devenant une patiente dont Annie doit prendre soin. Pas sûr que ce soit son choix de base.
Annie a fait des études de médecine cependant, ce qui est plutôt pratique pour Gayle : elle passe les rois premiers jours dans ce bunker de fortune à s’occuper d’elle et la soigner. Elles n’ont toujours pas d’électricité cependant et ne savent pas trop quoi faire. À l’extérieur, c’est tout simplement la fin du monde : l’apocalypse a eu lieu, mais il y a encore des gens en vie. Comme ils sont américains, ils se tirent dessus pour voler les ressources des autres.
La vie isolée dans la maison d’Elvis est plutôt chouette, je crois. De la terrasse de la maison, les deux femmes ont une vue terrible sur la ville au destin désastreux. Et une explosion d’usine les surprend, les forçant à rentrer se mettre à l’abri. Le temps passe alors et les deux femmes vivent comme elles peuvent dans cette cave : le sixième jour, elles trouvent de quoi s’amuser dans la maison d’Elvis, le dix-neuvième, elles s’inquiètent du froid polaire qui s’installe en plein été, le vingt-quatrième, la survie est clairement très compliquée.
Allez faire du chauffage quand il n’y a pas d’électricité ! Je suis même surpris de voir qu’il y a des bougies le 45e jour… Comment on trouve des bougies si longtemps alors qu’on vit dans le noir ? Le plus triste est que Gayle remercie Annie de faire tout ce qu’elle peut pour elle et d’avoir réussi à l’empêcher d’avoir froid… alors qu’elle est juste en train de mourir. Ne plus sentir le froid quand il fait froid, ce n’est pas bon signe.
Annie comprend qu’elle va perdre Gayle et se retrouver seule. Le lendemain, il faut donc enterrer (enneiger, même) le corps de Gayle. La série parvient à me rendre triste pour un personnage que je connais à peine. Et là, contre toute attente, on passe au jour 689.
Allez. Deux ans après la fin du monde, donc, Annie vit toujours dans la maison d’Elvis, seule. Elle a une sacrée force de caractère pour avoir tenu un confinement de deux ans, je suppose. Le plus surprenant, ce jour-là, c’est qu’Annie remarque qu’il y a un rayon de soleil qui perce dans le salon. Oui, oui, le soleil est de retour, enfin ! L’air est encore respirable, apparemment, pour une raison qui m’échappe. Annie parvient même à faire pousser des fleurs.
Et puis, un jour, elle entend un bruit très improbable : celui d’un avion. Elle voit ensuite des hommes au portail de sa demeure. Après deux ans sans voir personne, il y a de quoi avoir très peur, je suppose. Elle comprend que la maison va être prise d’assaut et monte aussitôt à l’étage, à la recherche du flingue d’Elvis. Elle n’a pas le temps de plus : les hommes qui entrent dans sa maison, nombreux, comprennent que la maison est habitée et se mettent aussitôt à sa recherche.
Elle tente bien de faire croire qu’elle a pris la fuite, mais c’est en vain : elle est vite retrouvée par un homme, Link, qui lui jure qu’ils veulent simplement voir les voitures d’Elvis. J’ai un doute, franchement. C’est un drôle d’épisode de reprise qui ne va définitivement pas nous montrer les personnages de la série avant la fin, hein ?
Pendant que ses hommes vont voir si les voitures sont encore là, Link prend le temps de papoter avec Annie. Elle lui explique qu’elle voulait rester discrète et a fait en sorte que personne ne sache qu’elle vivait là. La relation qui s’établit entre eux est étrange, pleine de défiance, forcément, et de jeu de pouvoir qui ne sont pas en faveur d’Annie.
Alors que Link se met à jouer au piano et apporte un peu de douceur, Annie décide de l’attaquer pour aller se réfugier et s’enfermer dans le sous-sol. Link est assommé mais est vite à sa recherche. Il est trop tard. Annie est certes tranquille pour un moment, mais elle passe trois jours enfermée en sous-sol. Elle finit par en sortir quand elle est forcée de le faire par faim – surtout que les hommes à l’étage font un super petit-déjeuner.
Annie est forcée de sympathiser, cette fois, avec cette bande d’hommes inconnus et menaçants par leur simple existence. Elle leur donne son prénom, puis écoute Link lui raconter sa vie et… Je ne sais pas, je n’accroche pas plus que ça à cette scène, en vrai. J’ai envie que la série accélère et passe à autre chose. Ce début de saison m’a fait penser à celui de la saison 2 de LOST où on nous introduisait un nouveau personnage lié à l’intrigue avec un flashback aussi… mais sans pour autant nous l’imposer sur un épisode complet. Je ne sais pas, c’est long, là.
Le groupe d’hommes, en plus, pfiou, ce n’est pas passionnant. Ils apportent pourtant des informations essentielles. Ainsi, deux-tiers de la population des USA serait mort : tsunami, effondrement de la société, famine… Soit. Link explique à Annie qu’ils comptent rester encore plusieurs jours, après lui avoir présenté seulement deux autres hommes, Geiger et Big Papy, qui s’intéresse lui aux plantes qu’Annie arrive à faire pousser.
Les jours passent et Annie se fait à la présence des hommes, peu à peu. C’est un peu gros, tout ça. Aucun d’entre eux ne semble l’agresser ? Eh, ça redonne foi en l’humanité cette affaire. Ils se contentent de désosser certaines voitures d’Elvis pour s’en servir. Au passage, alors que la météo s’améliore significativement, Annie remarque que le poignet de Link est cassé. Elle lui répare bien vite grâce à ses quelques connaissances médicales qui tiennent la distance.
Contre toute attente, Annie voit aussi revenir un des chevaux de l’écurie. Autant les voitures ne servent plus à rien, autant un cheval, ça peut servir. Le truc, c’est que je m’attendais à une société bien plus détruite que ça. Là, on se retrouve avec une Amérique qui peut encore fonctionner apparemment.
Un soir, Link sympathise (et drague, je pense) avec Annie. Il lui dit qu’il n’a que 25 ans, lui présente sa carte étudiante, lui indique qu’ils partiront le lendemain vers l’Ouest en faisant un détour par St Louis parce qu’ils n’ont pas trop le choix… Et je ne le sens pas. Il invite Annie à un super dîner de départ, et bien sûr, Annie se maquille et se prépare et… Ah, je ne sais pas, je n’ai pas confiance en eux.
Le dîner ne se passe pas si mal et Link (nommé ainsi parce que Zelda) débarque avec la barbe rasée, pour plaire à Annie. Quand au cours du repas, Annie explique que ce qui lui manque du monde d’avant, c’est de faire des visites de la maison d’Elvis (pardon, c’est son job qui lui manque ? Eh bah, sacré amour de son job !). Il n’en faut pas beaucoup plus pour qu’elle se retrouve à guider tout le groupe dans Graceland.
Le groupe s’arrête en chemin, laissant Annie seule avec Link, évidemment. Les deux personnages se tournent littéralement autour. Finalement, il lui passe une main sur le visage et il n’en faut pas plus pour qu’elle fonde en larmes dans ses bras. Deux ans sans le moindre contact humain, soit la moindre caresse, sans rien ? Oui, forcément, il y a de quoi s’effondrer, je suppose. C’est une jolie scène d’humanité, qui dérape vite vers un baiser, puis vers du sexe, Annie en profitant pour découvrir toutes les cicatrices de Link. Pour une première fois entre eux et après autant de temps tout se passe drôlement bien et je suis surprise que le reste du groupe les laisse autant tranquille. Ils passent en tout cas un joli moment d’amour.
Après l’amour, Link explique à Annie que son groupe est à la recherche des objets électriques qui fonctionnent encore pour se rendre ensuite dans le Colorado. Ils espèrent y trouver un bunker de la taille d’une ville – mais aussi peut-être autre chose. Mouais. Bien sûr, Link demande aussi à Annie de l’accompagner. Une jolie nuit d’amour et de promesses, donc.
Le lendemain, cependant, Annie s’isole dans la cave où elle s’enferme. Elle laisse derrière elle Link, nu dans son lit. Elle refuse de le suivre, donc. Putain, se faire ghoster après l’Apocalypse ? Il prend cher le Link. Il s’énerve, de manière assez légitime parce que faut vraiment arrêter de ghoster les gens, mais un de ses hommes finit par lui dire qu’ils n’ont plus le temps de rester.
Ils doivent aller dans le bunker et tuer Alex. Allons bon, c’est encore autre chose ça. Link a apparemment un problème médical, aussi, puisqu’il se met à saigner du nez. Après tout ça, il se décide malgré tout à quitter Graceland. Il promet à Anie de revenir pour elle, laisse quelques affaires derrière et prend soin de fermer le portail de la maison, mais c’est tout.
Sans trop de surprise, le temps passe ensuite et il est révélé qu’Annie s’en sort bien dans la survie seule. Elle est évidemment enceinte et son ventre pousse vite. Quand elle entend un avion se crasher, elle sait qu’elle ferait mieux de rester chez elle… mais elle a peur qu’il s’agisse de Link. Elle monte donc à cheval et part à la recherche de l’épave de l’avion. La scène est belle, bien aidée par une reprise magnifique de I can’t help falling in love with you. Seulement voilà, elle ne tombe pas sur Link. Non, celui qui s’est crashé, c’est évidemment Xavier.
