Peut-on voir Resident Evil (2026) sans connaître la saga ?

Salut les sériephiles – et les cinéphiles pour le coup,

Vous le savez probablement : je ne suis clairement pas la meilleure personne à qui demander si ce nouveau Resident Evil respecte parfaitement les jeux vidéo. Je les connais très peu parce que je suis un gamer du dimanche (quand le dimanche tombe le 36 du mois), et côté cinéma, j’ai décroché de la saga depuis longtemps – ai-je même vraiment accroché un jour ? Pas sûr. J’en gardais surtout le souvenir de films moyens, parfois avec des scènes bien fichues, mais rarement mémorables au point de me donner envie d’y revenir régulièrement.

Pourtant, cette semaine, j’avais grand besoin de me changer les idées et, maintenant que j’adore les films d’horreur, je me suis dit que je pouvais bien tenter de voir ce que ça donnait. Zach Cregger, le réalisateur, fait du bon boulot en général – suffisamment pour que son nom soit gage de qualité à mes yeux, en tout cas. Au pire, j’étais prêt à sortir de la salle si je n’accrochais pas (et ouais, je suis comme ça ; c’est l’avantage d’avoir un abonnement je suppose). Seulement, c’est peut-être précisément parce que je n’en attendais rien et que je n’y connaissais pas grand-chose que j’ai autant accroché à cette nouvelle proposition.

Une découverte très efficace

Si vous êtes dans la même situation et que vous vous demandez simplement : « Je n’y connais rien à Resident Evil, est-ce que je peux regarder le film ? », la réponse est un grand oui. Franchement, je pense même que ne rien connaître est un plus. Vous êtes mieux placés pour découvrir que certains fans inconditionnels qui risquent d’être déçus, à condition d’aimer les films d’horreur. Le long-métrage fonctionne suffisamment bien tout seul pour qu’on ne passe jamais son temps à se demander si on a raté trois jeux et six films avant d’entrer dans la salle.

Ce qui m’a surtout plu, c’est que le film assume d’abord son envie de faire peur. Les jumpscares sont vraiment efficaces, la tension est bien installée et la réalisation joue parfaitement avec l’attente. Là-dessus, je retrouve un peu ce qui avait fait le succès de Weapons (Evanouis en VF), autre bonne proposition d’horreur du même réalisateur. Il y a plusieurs scènes où l’on devine très vite ce qui va se produire (et, en vrai, tout le film est prévisible sur le papier), mais cela n’empêche pas le film de réussir à nous surprendre à d’autres moments – peut-être aussi parce que je ne connais pas assez la saga, mais même, il y a des bons choix de réal. Il ne cherche pas toujours à nous tromper sur la destination, mais il trouve souvent une manière suffisamment maligne d’y arriver pour que ça fonctionne quand même.

La réalisation s’amuse aussi énormément avec l’héritage vidéoludique, il y a des scènes « pov » franchement réussies. Certaines façons de suivre le personnage, d’explorer un lieu ou de cadrer une scène donnent immédiatement l’impression de retrouver une logique de jeu vidéo. Ce n’est là non plus pas très subtil, mais ce n’est pas gênant : au contraire, il y a un vrai plaisir à voir le film exploiter cette esthétique sans avoir besoin de connaître précisément la référence d’origine.

Autrement dit, il reste régulièrement une petite idée de mise en scène, un détail ou un décalage qui empêche le film de devenir totalement mécanique. Ce n’est pas une révolution du genre, mais ce n’est pas non plus un film qui se contente d’aligner les mêmes effets pendant deux heures. Du coup, ça en fait un film qui est agréable à regarder et qui coche plein de cases.

De quoi ça parle ?

Bryan est un simple coursier médical. Au cours d’une tournée nocturne, il doit livrer un colis à l’hôpital de Raccoon City. Son voyage bascule lorsqu’il percute une femme étrange au milieu de nulle part, sur une route enneigée. En voulant lui porter secours, il se retrouve nez à nez avec le début d’une épidémie.

C’est on ne peut plus simpliste et totalement décroché de tout le reste de la saga : c’est le meilleur point d’entrée possible dans un nouvel univers, tout en faisant des clins d’oeil assez évidents pour que ça plaise aux fans (j’espère pour eux, en tout cas).

Il faut en revanche accrocher à Bryan, le personnage principal, parce que le film repose beaucoup sur lui – pour ne pas dire uniquement sur lui. Je peux tout à fait comprendre qu’il puisse agacer, mais personnellement, j’ai bien aimé la manière dont il était écrit. Il n’a pas le profil du héros d’action ultra-efficace qu’on pourrait attendre d’un film de ce genre, et c’est justement ce qui le rend plus intéressant.

Il réagit parfois de manière maladroite, il n’a pas toujours une longueur d’avance sur ce qui lui arrive et il faut accepter de suivre quelqu’un qui ne ressemble pas immédiatement au héros que l’on s’attend à voir survivre à ce type de situation. Je dis que ce n’est pas un héros parfait, mais ça reste un héros classique de film quand même, avec sa petite dose d’autodérision et tout, hein !

Son seul défaut est d’être très clairement un ersatz de Fran Kranz. Qu’est-ce que ça m’a donné envie de revoir La Cabane dans les bois, encore une fois. Faut que je me calme, par contre, parce que je l’ai vu il y a un mois et demi…

Et les autres films du coup ?

Bref, j’ai tellement aimé que le film m’a même donné envie de retourner voir à côté de quoi j’étais passé. J’ai donc revu le début du tout premier Resident Evil avec Milla Jovovich, et… la comparaison n’a pas franchement aidé les années 2000. Je comprends bien ce que le film essaie de faire, notamment avec son futur proche étrange, les informations distillées peu à peu et cette volonté de nous faire découvrir la situation progressivement, mais j’ai trouvé l’ensemble beaucoup plus daté que dans mon souvenir. Je me suis ennuyé au milieu de scènes d’action militaire toutes nazes et sans vraie explication.

Le problème n’est même pas que l’ancien film soit mauvais. C’est surtout qu’il me perd plus facilement dans son action et dans sa manière de garder certaines informations en réserve, alors que celui de 2026 m’a paru beaucoup plus direct dans sa façon de construire son univers. C’était aussi un film très 2000 – mais quel plaisir d’y tomber sur Michelle Rodriguez.

Cette nouvelle version de Resident Evil donne l’impression qu’il est possible de relancer la saga au cinéma sans demander aux spectateurs de connaître quoi que ce soit à la saga. Je ne peux évidemment pas juger sa fidélité aux jeux, ni vous dire si tel personnage ou telle créature respecte parfaitement ce que les fans attendaient depuis trente ans.

Mon avis de profane vaut ce qu’il vaut (mais c’est tout l’intérêt de mon article, non ?) : moi qui n’en attendais rien, j’ai vraiment adoré. Si vous aimez l’horreur, les bons jumpscares, les films qui savent créer de la tension et les réalisations qui aiment jouer avec les codes du jeu vidéo, vous pouvez donc y aller sans avoir révisé toute la saga avant. Gardez les yeux ouverts, par contre.

Affiche et photographies promotionnelles du film Resident Evil (2026)

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