VisionQuest – S01E03 – Reboot – 16/20

Je suis bien partagé devant cet épisode 3, je dois dire : j’adore le duo qui se dessine et l’écriture approfondie de ces personnages, mais pas tellement l’intrigue en elle-même. Il y a de grosses ficelles d’écriture et un humour qui ne prend pas toujours sur moi, ce qui affaiblit l’ensemble, mais ne m’empêche pas d’avoir envie d’absolument tout savoir de l’avenir de ces personnages. Pour moi, la série réussit quand elle se concentre sur leur dynamique et, heureusement, cet épisode le fait à plusieurs reprises. De toute manière, ce que j’attends, c’est le projet suivant avec de vraies retrouvailles – et il n’est pas encore annoncé alors je peux attendre longtemps.

Spoilers 

Vision et Tommy ont le temps d’apprendre à se connaître entre deux possibles attaques de Paladin.

This is not a conversation for unstable systems.

Je sais, c’est un peu abusé : deux semaines sans critique de série et d’un coup, quatre épisodes de la même… Mais bon, j’accuse la diffusion Disney + que je trouve bien naze de nous proposer deux épisodes par semaine. Cette fois, je peux voir les épisodes le jour de leur diffusion, donc à quoi bon attendre ? En plus, hier soir, j’étais bien motivé par la série.

Je reconnais que c’est un peu moins le cas en la lançant ce matin : cela me fait le même effet que sur les séries Apple, c’est-à-dire que je suis à fond une fois devant, mais que j’oublie bien vite dès que l’épisode se termine. On n’est pas sur du Buffy, quoi. Bref, ce n’est pas le sujet, mais en même temps, la série semble oublier son sujet également quand elle reprend. En effet, on nous introduit à présent une nouvelle menace sous la forme d’un « butcherbird killer », un tueur en série qui grave des ailes au sol sous le corps de ses victimes. OK ? C’est vraiment étrange comme ça sort de nulle part au début de ce troisième épisode, mais soit.

Quand on les retrouve, Tommy est évidemment paniqué de voir que l’état de Vision ne va pas en s’améliorant. Il s’est fait tirer dessus et le petit humour autour du « tu peux m’appeler Monsieur Ultron » ne suffit pas à nous faire oublier que c’est la merde. La seule personne capable de sauver Vision serait Banner, mais Banner n’est pas disponible. Heureusement pour lui, Vision a plein d’IA dans sa tête pour chercher à le sauver.

Friday n’est pas encore remise de la mort de Jarvis qu’elle doit trouver un moyen de sauver son hôte. Finalement, Vision se débrouille bien tout seul – alors qu’Ultron semble n’en avoir rien à faire de voir son hôte en train de crever. En 187 secondes, Vision trouve heureusement un moyen de se sauver la vie avec l’acide sulfurique contenu dans une vieille batterie dans le coffre de la voiture. Je ne suis pas convaincu du tout sur ce coup-là, surtout qu’apparemment Paladin n’est pas à leur trousse. Cela n’a pas trop de sens de les laisser filer, c’est une solution sortie de nulle part l’acide sulfurique… Franchement, on se moque un peu de nous.

Vision s’évanouit quelques instants, on nous fait un petit gag avec des extincteurs utilisés sur Edith, puis on passe à ce qui pourrait être la meilleure partie de la série : une confrontation entre Tommy et Vision. Il est temps que Tommy cherche à obtenir des réponses, mais malheureusement, il se confronte à un Vision plein de bugs. Je vois que la série tente de faire de l’humour avec Vision qui parle à tout le monde dans la voiture, mais pas à Tommy qui ne voit pas les autres IA, mais ça n’a pas trop pris sur moi.

Pourtant, je suis convaincu par l’idée de voir Vision donner une leçon de conduite sur une voiture volée, faire la morale ou répondre comme il peut aux questions de Tommy. C’est un peu agaçant de découvrir ce nouveau Vision qui ne voulait pas être père et met tout sur le dos de Wanda, mais c’est efficace du côté de la construction de personnages – surtout pour Tommy. Vraiment, j’aime bien cette dynamique de duo entre eux.

Ils perdent par contre beaucoup de temps, surtout que Paladin est supposé être à leur trousse. Ce n’est pas si évident, cela dit. Paladin est blessé, certes, mais c’est apparemment juste une excuse pour mettre l’acteur torse nu. Pendant qu’il se soigne, il parle à son assistante geek sans nom qui me soule toujours autant à être omniprésente. Ce n’est pas un duo passionnant : on ne sait rien d’eux pour le moment et ils n’ont pas des interactions particulièrement intéressantes. Quand en plus Paladin se met à utiliser des drones qui font les mêmes bruits que ceux de Star Wars, je me retrouve sacrément sceptique.

Après une confrontation interminable, Tommy et Vision reprennent la route et finissent dans un motel en bord de route. Je ne trouve pas que ce soit particulièrement une bonne idée parce qu’ils seront vite retrouvés, mais la série réussit davantage à me convaincre dans cette scène où Vision a des bugs qui font réagir les machines autour de lui. Tommy ravi de pouvoir voler de l’argent comme ça, c’était marrant. Franchement, je suis embarqué à nouveau dans l’intrigue, même si j’y vois des points faibles.

Ce qui fonctionne le mieux, ce sont les personnages, pas l’intrigue elle-même. On voit donc Thomas avoir peur de la piscine de l’hôtel, car ça le renvoie à son passé. Il ne comprend toujours pas comment Vision peut être son père, mais il se comporte du coup comme un adolescent vexé. Il refuse d’abord de parler avec Vision, puis s’y met enfin quand Vision tente à nouveau. C’est un peu répétitif d’avoir à nouveau des explications sur ce qu’a fait Wanda, mais ça fonctionne bien. J’aime le personnage de Tommy – j’aurais aimé qu’il cherche un peu plus son frère jumeau tout de même, mais soit.

On apprend surtout à connaître Tommy. Il a une personnalité de petit voleur, certes, mais il est aussi un jeune homme qui avait désespérément besoin d’une famille et qui aime les sitcoms. La conversation avec Vision ne peut que mal tourner car il n’y a pas de bons mots pour expliquer tout ça. Les scénaristes le savent et en jouent : pour la première fois, on voit donc Vision utiliser les simulations et comment ça fonctionne pour lui. J’ai beaucoup aimé cette scène (forcément, puisque ça a l’air de rien un petit côté Person of interest en moins abouti) où il envisage les différentes conversations possibles avec Tommy, surtout que ça mène toujours au gamin qui claque la porte. Enfin gamin, il n’est plus si gamin que ça.

Vision est frustré de ne pas trouver les mots et, dans la réalité, il coupe court en accusant ses systèmes d’être instables. J’ai trouvé ça plutôt drôle et ça me fait tellement une réplique culte à réutiliser plus tard. Je la garde en citation de cet épisode, allez. En tout cas, Tommy est vexé et se rend à nouveau dans le hall du motel. Il passe ainsi à côté de la piscine, qui lui fait peur, et devant le distributeur de snacks de l’hôtel. En essayant d’en prendre un, il se trouve face à une autre machine qui bugue.

S’il s’en plaint, il découvre que lui aussi bugue : ses pouvoirs prennent le dessus sur lui quand il est frustré et agacé. Sa main se met à bouger à toute vitesse, puis à phaser comme celle de son père : la main passe à travers la vitre du distributeur, puis y reste coincé. J’ai bien aimé la scène, même si forcément, Tommy se blesse en cassant la vitre pour sortir sa main de là. C’est sacrément intéressant à suivre.

Quand Tommy rejoint la chambre d’hôtel, Vision fait tout de même un bon père : il parle de boxe à son fils (sous conseil d’Edith) et prend soin de sa blessure. À défaut de parler des vrais sujets, ils peuvent papoter boxe entre eux et évoquer la peur de Vision qui n’est pas de mourir, mais de ne pas trouver de sens à sa vie. Il faut dire qu’à la base, il a été recréé pour tuer Wanda et maintenant, il est amoureux d’elle. Ce qui est cool, c’est que ça permet à Tommy d’évoquer sa propre peur de l’eau : quand il s’est noyé, il a été soudain incapable de contrôler ses mouvements, de plus en plus rapides. Bref, il a découvert ses pouvoirs quoi, tout en sentant une nouvelle conscience entrer en lui. Le truc, c’est qu’on a déjà eu ce genre de scènes avec Billy dans Agatha, alors j’ai l’impression d’une redite qui n’avance pas vraiment l’histoire globale, même si c’est chouette d’avoir ce nouveau point de vue.

Ils sont malheureusement interrompus par l’arrivée d’un des drones de Paladin pile à ce moment. La série commençait à être vraiment intéressante, mais comme toujours dans ces cas-là, il était temps d’enchaîner sur autre chose avant que ce ne soit trop long ou qu’on arrive à court de choses à dire. C’est encore une fois une écriture simpliste, mais efficace. Je me répète, mais c’est que je le pense vraiment, quoi.

Il s’agit finalement d’une fausse alerte : il y a bien un drone, mais Paladin le rappelle car il pense avoir trouvé Vision. Ce n’est toutefois pas le cas : alors qu’il traque une fuite le ramenant en théorie vers Vision, il se retrouve face au Butcherbird killer. OK, ça explique le détour du début d’épisode, je suppose. Paladin fait-il le poids ? Pas sûr. Le butcherbird killer, qui a une voix féminine, réussit à prendre le dessus sur Paladin. Elle peut ainsi s’infiltrer dans ses souvenirs et ses traumas d’enfance pour voir qui il est exactement. C’est l’occasion pour nous d’avoir un flashback qui m’a fait souffler très fort. Oh, ça alors : il avait un père qui le battait et le ridiculisait, quelle origin story d’une originalité folle.

Cela dit, cela a un côté amusant quand on découvre que le père s’est fait tuer par un Paladin. Paladin n’est donc pas un vrai Paladin : il a été recueilli et élevé par celui qui a tué son père. OK. On ne voit pas le visage du Paladin en question (une part de moi aurait envie que ce soit un petit Bucky, allez savoir pourquoi j’ai pensé à lui) donc il y aura peut-être un mystère à résoudre par la suite. En attendant, même affaibli, Paladin parvient à faire diversion grâce à ses drones et à s’enfuir, laissant la Butcherbird killer aux prises avec les drones. Elle est un personnage intrigant, qui semble être droid elle aussi. On verra bien.

En parallèle de tout ça, et dans une partie qui m’intéresse bien moins, Friday envisage de réécrire le code interne de Vision pour le sauver. Quand elle s’y met, elle part toutefois en vrille. Pour une IA, elle a beaucoup d’émotions tout de même : elle se perd dans ses souvenirs de Thanos, puis fait toute une révélation sur le fait que Stark s’est inspiré de personnes réelles pour ses IA. OK, j’avoue que ça ne prend pas spécialement sur moi là. Je suppose qu’il faut en retenir qu’Ultron est 100% original et n’est pas inspiré par un humain.

Quand elle finit par réussir à terminer son patch, Vision se retrouve plein de bugs. Je trouve que la série en fait un peu des caisses avec les bugs, parce que ça survient d’un coup avant de repartir tout aussi vite ; puis de revenir, et ça, pendant tout l’épisode. J’aime bien l’idée des bugs, mais j’aurais préféré quelque chose de plus continu.

En attendant, le fou rire enfantin sur le caca qui mène à un gros bug système a sa petite efficacité, je reconnais. Cela inquiète Tommy qui est ensuite rassuré de voir Vision reprendre ses esprits. Le soulagement est de courte durée : Vision s’inquiète à présent d’exploser et de détruire une bonne partie de Londres. Pour éviter ça, Friday explique qu’il faut débrancher et rebrancher Vision, sauf qu’une fois débranché, il n’y aura personne pour le rebrancher.

Personne ? Si, bien sûr que si : il y a Tommy. Il doit juste faire face à sa peur de l’eau. À ce stade, on approchait des 40 minutes d’épisode et je trouve qu’il aurait été temps de finir car ça commençait à traîner en longueur. Je ne change pas d’avis sur les longueurs d’épisode, quoi. Malheureusement, il restait encore un petit quart d’heure. On voit donc Vision expliquer à Tommy qu’il a besoin d’un reboot – c’est le titre de l’épisode après tout – et que pour ça, il va devoir utiliser ses pouvoirs. Le problème, c’est que Tommy ne sait pas contrôler son pouvoir. Pas grave, Vision trouve les mots justes pour le rassurer et le faire rester avec lui. Il lui explique que Tommy est réel, que tout ça n’est pas que dans sa tête et, franchement, c’est cool comme petit speech.

Cela permet d’arriver au moment émotions qui prend moins que dans l’épisode précédent. Certes, avoir Vision et Ultron qui regardent au cinéma des extraits de la vie de Vision et surtout de Wanda, c’est prenant ; certes, ses souvenirs avec Billy et Tommy sont chouettes, mais je ne sais pas, c’est un peu artificiel à ce stade. En plus, on nous fait un suspense sur la capacité de Tommy à réussir le reboot, mais il n’y aurait plus de série s’il n’y arrivait pas.

Bref, c’est sans surprise que Tommy est dévasté de perdre son père, mais qu’il le retrouve bien vite. Il phase un peu dans la piscine, réussit à provoquer un petit courant électrique qui se transforme en grosse impulsion électromagnétique. Bon, cela réussit, mais ça attire aussi l’attention du Butcherbird killer. J’ai bien aimé l’écriture, heureusement, surtout la reprise du « 4 letters word » qui passe de shit à hope. C’était sympa, ça se termine par une étreinte père-fils qui est en fait la première, et… Ouais, j’aime ce duo, cette dynamique. Franchement, ça sauve la série.

En conclusion, Paladin est sacrément blessé et se retrouve à parler une fois de plus à son client. C’est ridicule car l’assistante lui demande s’il veut bien parler au client alors que jusque-là, à chaque fois, le client les piratait. C’est idiot comme introduction de scène, donc, mais c’est intéressant parce qu’inévitablement, Paladin se fait virer. Il ne peut pas l’accepter, il veut continuer de prolonger l’héritage du meurtrier de son père. OK, on a compris, ils ont tous des daddy issues, comme c’est original : Vision avec S.W.O.R.D, Tommy avec Vision, Paladin avec… ben Paladin, du coup. Je ne sais pas, mieux vaut donner un nom au perso, plutôt que nous faire tant de name dropping avec l’assistante.

Contre toute attente, à l’intérieur de Vision, les IA se mettent à vouloir enterrer Jarvis. On lui fait un petit mot d’adieu car il n’a pas survécu au reboot. Je ne suis pas spécialement convaincu par l’idée. Cela aurait eu sa place dans l’épisode précédent, peut-être, et ça aurait pris. Mais faire ça maintenant…Non, l’impact émotionnel n’est plus là. Ils le savent, les scénaristes : ils en font même de l’humour avec U qui ne trouve pas les mots – puis se met à chanter.

Tout ça est interrompu d’abord par Ultron, puis par le vrai cliffhanger de l’épisode. Pendant le reboot, un autre synthézoïde a pu se connecter avec Vision. Si cela est théoriquement impossible, ça arrive bien : l’espace mental de Vision vire au rouge et est envahi par Butcherbird. Cette dernière prend d’abord possession de Dum-e et U, qui se retrouvent avec les yeux rouges, avant de… s’en prendre à Vision. Allons bon.

On verra ce que ça donne dans l’épisode suivant, je suppose. En attendant, le générique final est envahi et piraté lui aussi, avec bien plus de rouge et d’images de cet épisode. Les génériques de fin sont vraiment soignés dans les séries Marvel et j’aime beaucoup ça – même si j’aurais aimé un vrai générique à la série. Le thème musical m’embarque lui aussi, mais n’est pas à la hauteur de ce que j’aurais espéré non plus. Allez, pas de suspense, je vais enchaîner avec l’épisode suivant de toute manière.

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Photographie promotionnelle de l’épisode — Marvel Television

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