Culte – S01E04 – Les Ordures – 19/20

On entre bien plus dans le vif du sujet et des décisions radicales qu’il faut prendre souvent en dernière minute – ou après la dernière minute. Gérer un tel succès d’audience, faire en sorte de le faire grandir, anticiper les problèmes… Clairement, la vie d’une production n’est pas simple. Certaines sous-intrigues plus fictives semblent tout droit sorties d’Unreal, mais franchement, c’est une belle série.

Spoilers

La scène de la piscine provoque bien des remous.


Ben ils savent qu’il y a des caméras.

Difficile de décrocher de sa télévision, même si on sait déjà tout ce qu’il s’est passé en 2001. Vingt secondes de sexe à la télévision, c’est long. À la radio, on en parle et ça fait stresser Raphaël et Philippe qui envisagent déjà de virer Isabelle. Elle sait qu’elle a déconné, mais en même temps, voilà que le patron d’M6 a un discours totalement inverse et improbable : il est très content de l’émission. Le Parisien a titré sur Jean-Edouard et Loana, ça va donc rapporter de l’argent et surtout de l’audience. C’est exactement ce qu’ils cherchent.

La quotidienne est donc montée avec juste assez pour qu’on sache ce qu’il se passe entre eux… et ça fonctionne, toute la France en a parlé d’une manière ou d’une autre. En vrai, seulement 32% d’audience. C’est suffisant pour que les parents d’Isabelle ne soient pas contents du tout (« J’ai pas rejoint le FN, on va s’calmer » est une réplique si géniale, j’adore… mais comment on a fini où on en est ?) que leur nom soit associé à ce programme. Si ça peut se comprendre, en vrai, elle va redonner une célébrité et pas mal d’argent à leur nom, hein.

En attendant, il faut gérer tout le drama autour de la piscine : faire retirer les photos d’internet (à l’époque déjà, oui), les gens qui se demandent si ce sont des comédiens, le public qui fait de plus en plus d’actions un peu folles contre les bureaux de production, les associations qui déposent des plaintes… C’est quelque chose, tout de même, et les annonceurs se retirent. Tout le monde y met du sien pour pourrir le loft et l’équipe cherche alors des alliés plus intellectuels pour les défendre, parce qu’Isabelle résume bien les choses : ceux qui les font chier, c’est un petit cercle bobo très parisiens finalement.

Quand il s’agit de supprimer les photos et vidéo de la piscine, Elena galère : il y a toujours des gens pour la remettre en ligne. Et pour cause : Raphaël comprend qu’il y a du côté des locaux de TF1 une vraie haine et un mouvement qui se met en place pour les détruire. Ce sont eux qui appellent les annonceurs pour qu’ils se retirent les uns après les autres et c’est le patron de TF1 qui fait une déclaration dans les médias pour les traiter de télé-poubelle. Je suis un peu inquiet pour ma propre santé mentale de connaître si bien la déclaration d’ailleurs – même si ça a un peu été un bout de mes études, il y a des phrases que j’étais capable de dire en même temps que l’acteur, ça m’inquiète, cherchez pas. Le CSA dans tout ça ? Ils sont décrits comme des vieux incapables de faire quoique ce soit si ce n’est toucher leur salaire et… outch. Ils ne font que demander moins de cigarettes à l’écran.

Le rythme s’emballe en tout cas : il y a des actions avec des ordures vidées devant les locaux d’M6 et des tentatives d’invasion du loft… mais bizarrement, la série se contente de reprendre les images des médias de l’époque sans vraiment nous présenter les réactions des personnages. Cela change lorsqu’Isabelle reçoit par la poste un… œil. Arraché, donc. Comme ça va trop loin, décision est prise de leur attribuer des gardes du corps.

Isabelle passe par Guillermo pour avoir une interview qui lui permette de défendre l’émission et, contre toute attente dis donc, ça se termine mal. Evidemment que ça se termine mal : il fait son boulot de journaliste parce que ça existait encore à l’époque et appuie là où ça fait mal. Cela dit, ça motive Isabelle à prendre des décisions radicalement différentes pour la suite de l’émission.

De son côté, Karim vit de plus en plus mal ce qu’il se passe à la fois dans le loft et hors du loft. Hors du loft, il s’endort dans le RER et rentre tard chez lui, parce qu’il passe trop de temps au boulot. Il ment aussi à sa mère, lui expliquant qu’il a rencontré quelqu’un… et quelqu’un serait Loana. Bon. Il me semble assez clair que son personnage est là pour nous montrer un versant problématique de la télé-réalité où on s’attache trop à des personnalités ?

En tout cas, heureusement qu’il est amoureux d’elle pour surveiller ce qu’elle fait. Il se rend compte que c’est Loana qui bouffe les Chocapic de Steevy sans prévenir au beau milieu de la nuit, mais aussi qu’elle se brosse beaucoup de fois les dents. Inquiet, il en arrive à analyser que Loana se fait vomir. Isabelle refuse de regarder la fameuse caméra des toilettes (je reste à peu près sûr qu’il y a des gens qui regardent en vrai, mais bon), mais propose qu’elle puisse voir le psy.

On a le droit à une scène assez irréaliste où Loana rencontre effectivement le psy dans le garde-manger du loft. Sans micro, sans caméra, elle joue quand même le rôle qu’on veut qu’elle joue et en une scène, l’actrice parvient sans mal à faire transparaître le mal dans lequel Loana se trouve : d’un côté elle traite d’enfoiré Jean-Edouard, de l’autre, elle veut encore le séduire… et le psy fait un raccourci entre Jean-Edouard et la figure paternelle qu’elle déçoit, parce qu’elle les nomme de la même manière : l’enfoiré. C’est si dur. Loana accepte de revoir le psy et de suivre une thérapie, mais c’est tout ce qu’Isabelle en saura.

En attendant, Jean-Edouard et Aziz sont nominés, nommés, nominés ? La blague sur la décision qui est prise à l’arrache sans vérifier et qui lance une tradition de près de 20 ans du mauvais terme, c’est quelque chose. Karim y voit une opportunité de sauver Loana de son calvaire et d’être son prince charmant : il propose donc à Isabelle et Elena de manipuler l’émission. Si la dernière est contre, Isabelle se laisse convaincre et fait diffuser des magnétos anti-Jean-Edouard pendant le reste de la semaine.

Pourtant, le soir du prime, elle change d’avis : elle comprend suite à l’interview avec Guillermo qu’elle n’aura jamais le respect de la sphère intellectuelle parisienne et décide, en en parlant qu’à Raphaël et pas Philippe, de renverser la situation. Si elle atteint les 40% d’audience, les annonceurs s’aligneront avec elle et la peur règnera de leur côté, pas du sien. Elle décide donc de garder Jean-Edouard : huée au prénom d’Aziz, interview des proches de Jean-Edouard et arrêt des votes au moment opportun pour le garder, voilà les manipulations que nous propose la série.

De son côté, Raphaël trahit Philippe en direct en proposant à M6 de mettre le Loft Story en même temps que le Bidgil, histoire de bien les couler et parce qu’on ne les regrettera que cinq minutes. Ironique quand on sait qu’en 2025, le Bigdil fait son retour… et en même temps, l’une est plus culte que l’autre, quoi.

Bref, dans cet épisode tout semble bien aller pour Isabelle alors qu’on s’approche de la fin. Elle peut tranquillement se faire passer pour Dieu en manipulant les votes et en faisant en sorte que Jean-Edouard reste au profit d’Aziz. Que c’est triste pour Aziz. Que c’est triste pour Karim aussi, qui s’énerve de plus en plus et va de plus en plus mal. Charlotte comprend qu’il prend plus de médicaments (il a été jusqu’à trafiquer pour se faire une fausse ordonnance !) et Isabelle finit par lui demander de prendre son week-end, histoire qu’il retrouve son calme. Elle garde Jean-Edouard pour l’audience, et elle fait bien : les résultats sont sans appel, elle atteint 41% d’audience et tout le monde ne parle plus que d’eux. Même l’inspection du travail. Beau cliffhanger.

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Culte – S01E03 – Les Amateurs – 18/20

C’est fou comme il se passe plein de choses dans cet épisode, l’air de rien. Il faut dire que le loft, ça a été vite. Le point d’orgue de la mini-série est donc LA scène la plus culte du Loft et ça paraît assez logique que cet épisode y arrive progressivement. Cela fonctionne plutôt bien dans la dynamique de la série, avec en plus les histoires qui s’entremêlent et le drama d’une série plus classique qui prend le dessus. Vraiment, c’est une réussite cette production. Il faut qu’on croire qu’on a bien fait de me la survendre, parce qu’elle est géniale.

Spoilers

Il faut sauver le Loft – et commencer à le diffuser.


Et d’ailleurs, nous vous donnons rendez-vous sur notre antenne dans… dans trois semaines.

Pourquoi cette direction du patron d’M6 ? Parce que des fleurs sont crevées sur sa terrasse de boulot. D’après le jardinier, le patron – qu’il ne connaît pas – s’est fait avoir par un bon vendeur qui a réussi à l’amadouer. Et bim. Il remet légitimement en question le contrat qu’il a passé avec PPP et décide de tout arrêter.

Isabelle le digère très mal, mais Elena ne se démonte pas pour autant. Raphaël non plus : une pub à la tv (décidément) lui inspire de se servir aussi d’internet pour le Loft. Il demande à Isabelle de lui faire une liste de journalistes ne vérifiant pas ses sources pour s’assurer que l’info soit partout sur Internet : M6 a signé pour Big Brother. Le lendemain matin, c’est fait, et c’est un problème pour le patron d’M6, parce que bien sûr, il a une conférence de presse pour son bilan annuel ce jour-là. On peut dire que ça tombe bien.

Je me demande à quel point c’est fictionnalisé, parce que ce serait un coup de génie cette affaire : les actions d’M6 remontent en flèche et surtout celles de TF1 commencent à baisser. Il n’en faut pas plus pour convaincre le patron de reconnaître que Big Brother sera adapté en France. Sans la moindre campagne de pub, il annonce l’événement comme ça, de but en but blanc : l’émission commencera dans trois semaines. The rest is history comme on dit.

Les trois semaines passent vite – et ne sont pas montrées. On nous montre alors l’arrivée de Loana à Paris. Elle est impressionnée par la Tour Eiffel, ne s’offusque pas du retard de Karim lorsqu’il vient la chercher, est déjà fan de l’émission parce qu’elle est présentée par le mari de Flavie Flament que sa mère adore. Elle passe tous les tests – médicaux et psys – et peut donc faire sa séance photo, toujours soutenue par Karim. Il est tellement amoureux d’elle, mais ça se comprend : Loana est incroyable, elle incarne une gentillesse profonde et une forme de naïveté qui a charmé la France en si peu de temps. Quel dommage que ça finisse comme ça ensuite.

Dans tout ça, l’émission se prépare donc. Philippe est déprimé tout de même : il a peur que ça se plante, il n’a plus tellement confiance en Isabelle dont le casting n’a pas convaincu M6 et surtout il sait que Raphaël a largement dépassé son budget. Le pauvre est pourtant sur tous les fronts. 26 avril 2001, lancement de l’émission, avec un Benjamin qui s’entraîne et un Karim qui est incroyable pour convaincre la mère de Loana d’être filmée (un faux autographe, c’est si simple) quand Elena galérait et Raphaël qui se retrouve à tondre la pelouse cinq minutes avant le directeur juste pour faire plaisir au patron de M6 qui, clairement, espère que tout ça va foirer. Et c’est un peu le cas : il n’y a pas grand monde pour accueillir les candidats et Karim découvre seulement à 5 minutes le passé familial de Loana avec son père qui lui faisait répéter qu’elle était une pute.

Tu m’étonnes qu’elle stresse à l’arrivée au loft. Elle n’ose pas sortir de la voiture, ce qui est pour le patron d’M6 une preuve de l’incompétence des équipes à qui il a donné bien trop d’argent. Il faut dire qu’ils ont mis de l’alcool à l’écran quand même, y a plein de choses qui ne vont pas. Heureusement, Isabelle est réactive, Karim aussi : il parvient à convaincre Loana de rentrer grâce à son test de QI. Allez.

L’émission est donc démarrée et le lendemain, chez PPP, on attend le résultat des audiences. 26,1% pour le premier soir. C’est moins que les 28 nécessaires pour avoir le bonus. Cela met de la tension inutile en plus pour tout le monde : Philippe envisage de revendre sa boîte et en parle à Raphaël, Karim a du mal à bien dormir parce qu’à la maison il continue d’apporter le loyer pour cinq et gérer les problèmes, Isabelle ment à ses parents et découvre que Guillermo ne lui est pas exclusif. C’est difficile tout ça. L’épisode fait traverser une vraie dépression à tous ses personnages, à part peut-être Elena, qui reste positive malgré les chutes d’audience.

Le loft est lancé et la série choisit de nous remettre en scène quelques moments clés (allez, j’ose : cultes) de l’émission en trame de fond. En revanche, elle se concentre bien sur la production : Isabelle qui cherche des idées pour booster l’audience (la soirée disco, par exemple), Karim qui prend les médicaments de sa sœur contre l’hyperactivité sur une mauvaise idée de Charlotte. Et c’est la soirée où tout va déraper, en plus.

Loana passe ainsi dans le confessionnal alors que Karim est en régie pour lui parler. Il est drogué et doit supporter qu’elle envisage Jean-Edouard comme un prétendant potentiel… quand lui, à l’inverse, n’est pas du tout attirée par elle, ce qu’Isabelle nous apprend (allez, là on sent à quel point c’est fictionnalisé, pour le coup). Et pendant que l’alcool monte progressivement dans le loft, Guillermo rappelle Isabelle et Philippe comme Raphaël rencontrent de potentiels acheteurs pas fans de télé-réalité alors que c’est l’anniversaire du jeune associé – bordel, il a 35 ans et est déjà si bien placé.

Dans la piscine du loft, Loana montre ses seins refaits aux candidats, tandis qu’Isabelle passe un moment merveilleux avec Guillermo. On sent qu’ils sont sur le point d’être en couple et que tout va bien pour elle – avec même des jeunes qui passent et parlent du Loft. Et là, Isabelle reçoit LE coup de fil : il se passe quelque chose dans le Loft, un vrai rapprochement entre Jean-Edouard et Loana.

Leur mise en couple peut sauver l’émission d’après toute l’équipe – au point que Raphaël ne veut plus vendre, surtout quand Loana retire son maillot de bain. Au départ, tout va bien. Isabelle se précipite dans les studios, Raphaël appelle M6, vraiment c’est bon, tout va bien et c’est incroyable. Malheureusement, ça dérape : Loana et Jean-Edouard ne s’arrêtent pas et commencent clairement à faire l’amour. En direct. Le temps qu’Isabelle le comprenne et fonce vers l’interrupteur pour tout stopper, il est trop tard, surtout qu’elle hésite encore à couper. 25 bonnes secondes sont diffusées d’après Karim. Un samedi, sur une chaîne du couple, à cette heure-ci, personne ne regarde d’après Elena. Et pourtant, dans l’épisode suivant, toute la France sera au courant.

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Culte – S01E02 – Les Pionniers – 18/20

Faites-nous des saisons de 22 épisodes ! Que c’est frustrant d’avoir un rythme qui accélère soudainement et des ellipses de semaines entières, sans développer tout ce qu’il y aurait à découvrir sur les coulisses d’une émission de télé. Je vois bien que le parti pris est de suivre des personnages plus que de faire un documentaire, et c’est excellent… Mais pour une fois, j’aurais envie d’avoir un casting plus large et de tout voir. Tout voir ? Eh, c’est le Loft.

Spoilers

Quatre mois pour monter une émission, c’est court.


On parle des Daft Punk, hein, pas de Lorie.

Comme promis, l’épisode 2 se consacre au casting de l’émission. Loana rentre chez elle et sa mère regarde la télévision alors que la pub pour le casting de la prochaine émission événement de M6 se lance. Et hop, il n’en faut pas plus pour que le téléphone n’arrête plus de sonner après un temps de latence et de stress pour la prod.

Tout va très vite et la scène suivante nous montre une Isabelle débordée et extrêmement cassante avec les nouveaux collègues embauchés sur le projet. Les répliques cinglantes sont excellentes et permettent de mettre le contexte : ils ont 85 jours pour boucler un casting et ça laisse bien peu de temps pour éplucher toutes les candidatures. Pour autant, Isabelle a une vision : elle veut un casting qui représente la France dans sa diversité – parce que 98 est enfin passée par là. De nouveau : simple, efficace.

Malheureusement pour elle, elle est quand même embauchée simplement en CDD : il faudra continuer à faire ses preuves toutes les deux semaines… comme dans l’émission. C’est bâtard comme réplique ça, Raphaël. Et en même temps, Raphaël et Philippe sont aussi sous pression : la visite des studios avec le directeur d’M6 ne se passe pas au mieux, parce qu’il exige une piscine et les Daft Punk pour le générique, et tant pis pour les dépassements financiers que ça représente. C’est stressant, d’autant plus que Raphaël doit gérer les finances de Philippe et son banquier énervé. Le patron d’M6 ? Il est énervé parce que tous les animateurs de la chaîne refusent de présenter l’émission. Cela rend frileux, la télé-réalité quand ça n’a jamais été fait.

Je suis un peu frustré parce que la scène suivante est à J-53. Un mois d’écart d’un coup ? Eh ben. On enchaîne sur une tension entre Karim et Isabelle, et ça fait presque de la peine à voir. Il est désabusé, pas vraiment convaincu de réussir sa vie : il voulait être journaliste pour faire la différence, pas de la télé-réalité. Elle a beau lui vendre qu’ils feront la différence, il comprend bien que ça tourne mal cette histoire. Et en même temps, ils reçoivent des tas et des tas de candidatures, avec des sacs entiers de lettres livrés par la Poste. C’est la déprime totale pour l’équipe : ils sont six à devoir lire tous les dossiers.

Autant dire que les candidats sont finalement une aiguille dans une botte de foin. En parallèle, Raphaël, lui, galère sur le chantier du studio où le chef de chantier lui annonce qu’il va falloir faire un nouveau devis pour finir à temps, car il y a bien trop de fenêtres à percer. Il se débrouille pour avoir le numéro de Delphine Crozon, la directrice financière de TF1. TF1 ? AH. Le patron de TF1 comprend bien vite que l’avance demandée sur d’autres émissions signifie que M6 a signé pour Big Brother.

La scène suivante avance de nouveau trop vite dans le temps. À un mois de la deadline, il y en a un pour craquer dans le bureau d’Isabelle. Raphaël entend ça et décide de lui venir en aide en lui présentant Elena Valente, recommandée par le producteur de Big Brother. Elle n’est pas ravie du tout, mais on ne lui laisse pas vraiment le choix non plus… Angela Lorente est dans la place, allez ! C’est un rôle dur à assumer, mais elle apporte un bon humour et un second souffle pour le casting tout de même. Je n’avais pas tellement l’image d’une rivalité entre elles à la base, mais soit. J’aime bien les conseils avisés d’Elena en tout cas : on ne garde que les moins de 30 ans et ceux avec qui on a envie de coucher. Allons bon.

Isabelle s’inspire de ça et fait passer un casting à Guillermo qui lui donne le conseil de poser des questions visant l’intime plutôt que seulement la provocation voulue par Elena. En vrai, il faut un savant mélange des deux et même si elles ne s’entendent pas, elles font une bonne équipe. En dernière minute, Isabelle propose de nouveaux dossiers – dont celui de Loana. Et Loana, elle tombe directement dans le radar de Karim, parce qu’elle ne fait pas de fautes d’orthographe. Allons bon, un producteur amoureux d’une candidate ? On est foutu.

Bon, pas autant que l’équipe de production au sens large : la série nous présente enfin son Benjamin Castaldi, mais il négocie son salaire parce que TF1 lui propose une avance plus intéressante pour le garder. La fuite est donc connue et remonte vite jusqu’à Philippe, parce que le patron d’M6 est de nouveau énervé et envisage même d’annuler la diffusion, rien que ça.

Pour autant, personne ne se démonte. Isabelle se débrouille comme elle peut pour gérer aussi sa vie perso en parallèle : elle confie son lapin à sa mère qui rencontre au passage Elena. Isabelle et Elena ne sont pas encore amies et ne sont vraiment pas raccord sur ce qu’elles disent à la mère de celle-ci. Isabelle vend une émission sociologique en rapport avec la NASA, Elena finit par se dire assistante d’Isabelle.

Du côté de Loana, on se rend compte à quel point ce n’était pas gagné et à quel point rien ne la prédestinait la pauvre. Sa mère l’inscrit au casting sans la prévenir, elle galère à venir pour le casting, elle ne le fait qu’avec Karim ce qui n’est pas la procédure, elle dit non à tout ce qu’il propose… Elle n’arrive pas à convaincre qui que ce soit qui ne soit pas Karim – adepte des peep shows.

Charlotte, la collègue avec qui il doit faire les castings, lutte alors pour le faire sortir. Bordel, j’aime de plus en plus Charlotte : elle arrive en début d’épisode à ne pas savoir ce qu’est un NDA et se drogue, ce qui est relou OK, mais bordel qu’est-ce qu’elle m’a fait rire. Et le début des années 2000 ! Incroyable ces sons en boîte et son « t’es rebeu et pédé en même temps ». À pleurer. Tellement un portrait d’une époque ! J’aurais aimé avoir vingt ans à cette époque, tiens, mais je n’en avais même pas 10. Tant pis.

Bien sûr, Charlotte emmène Karim dans la boîte de nuit où Loana danse. Pendant que Charlotte se tape un inconnu parce que Karim n’est pas intéressé par elle (donc immédiatement gay à ses yeux), Karim papote donc avec Loana et est sûr qu’elle sera parfaite. Il essaie de la défendre coûte que coûte, mais Elena n’en veut pas.

Ce devrait donc être terminé pour Loana, mais toujours pas. Isabelle découvre le casting d’Elena, qui envisage absolument d’avoir des personnalités au détriment du groupe, quand Isabelle reste centrée sur le groupe. Isabelle se débrouille pour faire virer Elena, mais quand elle se retrouve à devoir gérer le casting toute seule, elle comprend soudainement le problème, grâce à la télévision. Il faut caster un groupe qu’on a envie de suivre, donc des personnages-types. Pas un groupe, pas une personnalité. Bordel, c’est exactement ça qu’il manquait sur les dernières saisons d’enfermement en France, non ? Je sais bien que ce type de casting, on les connaît par cœur… mais à ne viser que des personnalités, on va nulle part.

Isabelle et Elena montent en tout cas un casting qui finit par plaire à Raphaël avec ce nouveau concept – et c’est un casting de personnages que l’on connaît. C’est à cette occasion que Karim parle de « Love Story » et offre à Raphaël l’inspiration pour le titre. Tout est prêt et il ne reste plus qu’à le montrer à M6. Malheureusement, après une pause sur sa terrasse, le patron décide de tout arrêter.

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Culte – S01E01 – Les Outsiders – 19/20

Rien à redire. Les choix musicaux, les galères de téléphone, Lycos, le bruit de l’ADSL, le walkman… On est en 2001 et c’est génial. La série est mieux que je ne l’envisageais et je sens que je vais la dévorer d’un seul coup tellement c’est bien foutu. Cela fait du bien d’avoir une production française aussi efficace : le concept est bon, les personnages sont rendus aussi attachants que possible et on est lancé dans une course contre la montre qui promet.

Spoilers

Adapter la real-tv en France ? Ce n’est pas gagné car les chaînes sont réfractaires. Et pourtant…


C’est débile ou c’est génial ?

La série commence par un beau bordel : la scène de la piscine directement. Toute la production est sur le pied de guerre parce que Loana et Jean-Edouard sont sur le point de faire, en direct à la télévision, ce qu’ils ne sont pas censés faire devant tant de téléspectateurs. Isabelle (Alexia hum) se précipite vers les studios, sur un scooter conduit par un type qu’elle rappellera plus tard (ah bon ?). Et elle a le portable vissé à l’oreille sous le casque… Genre, c’était déjà possible de faire ça en 2001 ?

Peu importe, c’est une série vous me direz. Et de toute manière, ce n’est jamais qu’une scène pour donner envie de regarder la série, parce qu’on enchaîne ensuite avec un bon flashback des familles. La série commence quatre mois plus tôt, avant la mise en place du Loft. Isabelle y joue aux jeux vidéos avec Karim, mais version 2001. Les looks, les ordinateurs, les télévisions, c’est incroyable comme la nostalgie fait effet.

Bon. La série en profite tout de suite pour faire passer ses messages : Isabelle est rédactrice en cheffe, mais elle ne parvient pas forcément à s’imposer. C’est une femme dans un monde d’homme et on refuse totalement d’aborder les violences sexistes et sexuelles subies par les mannequins. Ben tiens. Tout le monde savait, on le savait déjà, mais la série accuse directement et sans détour. Cela pose en tout cas le cadre.

Et pourquoi la série commence par-là ? Eh bien, Isabelle découvre pour la première fois une cassette avec des extraits de Big Brother. La télé-réalité n’existait pas encore et il faut donc rapidement la nommer – c’est la proposition d’Isabelle qui est retenue parmi d’autres bons choix. Franchement, la série est prenante dès le départ : on voit toutes les réactions de l’équipe de rédaction face au concept et c’est dingue comme ça reproduit exactement ce qu’il se passera plusieurs mois plus tard une fois l’émission lancée en France. Débile ou génial ? Je crois qu’on ne sait toujours pas répondre collectivement en tant que société à cette question. Pourquoi pas les deux, finalement ?

La série ne lance pas tout de suite le loft pour autant. Il faut d’abord introduire ses personnages principaux et ça marche bien : on s’attache bien vite à Isabelle et à Karim, en vrai, ce qui est un parti pris peut-être surprenant parce que je m’attendais à une critique plus vive.

De son côté, Karim se fait recruter par Envoyé spécial et en est très heureux, avec l’espoir de pouvoir quitter l’appartement familial surpeuplé. Isabelle, elle, apprend de Karim qu’elle va se faire virer après avoir balancé un cendrier à la gueule d’un gros porc – c’est du moins ce qu’on en comprend. Dépitée, elle annonce malgré tout à sa famille qu’elle a obtenu une promotion, parce que la pression familiale est terrible sur elle : dyslexique, on attend d’elle l’échec et le retour dans la famille pour bosser avec son père dans un emploi qu’elle qualifie déjà de fictif avant même le scandale des emplois fictifs de Fillon. Eh ben.

En parallèle de tout ça, on nous introduit aussi le personnage de Philippe de la pire manière qui soit : Raphaël, un membre de l’équipe de PPP, passe son temps à le chercher pour le trouver finalement dans un hôtel avec une pute. Il la paie, le met sous la douche et se rend chez lui pour faire sa valise en présence de sa femme, légitimement inquiète. Oh, elle n’en a rien à faire que son mari voit des putes ; mais elle s’inquiète pour l’argent qui ne rentre plus autant qu’avant. Et pour cause ! Il y a juste 40 millions de dette.

Raphaël la rassure : ils ont un RDV à Amsterdam qui va tout changer. En effet, il a bien l’intention de lancer Big Brother en France. Isabelle le comprend et tente de se placer, en vain, parce qu’on lui préfère Xavier. Un mec, évidemment. Elle est dans la merde, concrètement, et elle risque de tout perdre. Il est hors de question que ça arrive alors elle se met aussitôt en tête de faire tomber Xavier. C’est facile : il s’est confié à Karim, qui lui a répété tout ce qu’il savait. Xavier se drogue, a des problèmes dans son couple qui divorce et il est si facile de le pousser à la faute.

Elle décide donc de lui mentir et de lui faire croire que son père a eu souci avec la cocaïne lui aussi. La solution miracle pour le sauver ? Une cure de désintoxication. D’ailleurs, Xavier devrait faire pareil et s’arrêter trois mois. Il la voit venir à des kilomètres et se venge bien simplement sur Karim en n’embauchant plus la productrice d’Envoyé spécial qui lui laissait son poste. Et maintenant, ça laisse Isabelle dans la merde avec Karim. Reste à voir comment elle va se placer – ce qui est bien, c’est qu’on sait qu’elle va réussir. En attendant, Raphaël négocie agressivement pour avoir la possibilité de diffuser Big Brother en France, avec M6. TF1 a déjà refusé… mais Philippe sent qu’il est possible de les faire craquer quand même. Il force donc Raphaël et le producteur de Big Brother à attendre.

Cela laisse le temps à Isabelle de se placer comme elle l’espère : elle négocie avec Xavier et prend une décision sacrément risquée. Elle décide de se faire accuser à sa place de possession de cocaïne de manière à lui permettre de ne pas avoir de casserole pour son divorce. En échange, elle obtient la possibilité d’être productrice sur Big Brother. Cela fonctionne si bien.

Elle rentre chez elle et tombe dans l’ascenseur sur Guillermo, qui bosse chez i-télé, est plutôt mignon et avec qui elle couche bien vite, mais télévision allumée. Dérangeant quand on pense qu’elle est inspirée d’une vraie personne, mais bon. C’est comme ça. Pendant qu’elle prend du bon temps puis analyse tout ce qu’il se passe à la télévision pour comprendre comment fonctionne l’audience (la masse comme dirait sa mère), Philippe se rend compte qu’il a fait le mauvais choix : le patron de TF1 avec qui il est pote refuse de prendre la télé-réalité. Et pour cause : le patron de M6 est venu lui rendre visite pour s’arranger. Leur but commun est d’empêcher l’arrivée de cette « merde démoniaque » qu’est la télé-réalité. Eh ben. On peut dire que l’ensemble a foiré, parce que M6 tente de bloquer aussi l’arrivée de Koh-Lanta au passage.

C’est fou comme 2000/2001 a marqué un tournant dans le paysage audio-visuel et comme on a vite oublié la révolution que ça représentait. C’est bien d’en faire une série, ma foi. Tout ça laisse tout de même Raphaël et Philippe bien dans la merde. D’accord, Raphaël a une jolie vue sur la Tour Eiffel, mais ça ne fait pas tout : ils sont ruinés.

Par chance, ils ont Isabelle dans leur équipe. Le lendemain, elle apprend l’échec des négociations et se fait virer de la pièce par Philippe. Seulement voilà, elle a regardé une sitcom la veille et elle a une idée de génie pour relancer les négociations : plutôt que de proposer Big Brother, PPP peut produire Big Sister. Le concept de base est le même, mais il y a un twist : faire gagner non pas un, mais deux candidats. Un couple. Et tout est dans l’optique de trouver l’amour, ce qui change absolument tout le concept et retire une grande partie du glauque de l’émission d’origine.

Voilà donc pourquoi on n’a jamais eu Big Brother en France. En vrai, cette idée absolument géniale a changé l’Histoire de la télévision, rien que ça, car ça a été un succès monumental derrière. Mis en scène comme ça, c’est à devenir fou : la France aurait pu passer à côté, ça ne s’est joué à rien. Suite à cette idée d’Isabelle, Raphaël et Philippe rappelle M6 pour tenter d’obtenir un vrai contrat. Isabelle en profite évidemment pour se placer et devenir cheffe de projet, servant de toute manière de fusible en cas d’échec. M6 négocie au rabais les prix de production, la production s’arrange pour obtenir de l’argent en cas de succès et tout est prêt à être signé. Tout ? Non, M6 a peur que TF1 les grille en lançant Survivor avant eux et ils ne veulent pas laisser passer une telle opportunité.

Isabelle se retrouve donc à devoir monter l’émission en quatre mois, à partir de rien. C’est assez improbable et incroyable que ça puisse se faire. Il faut donc passer au casting pour l’épisode 2, avec un cliffhanger incroyablement bien pensé : Loana qui danse sur Who’s that girl dans un club de striptease. Joli coup.

C’est top comme début de série. Il y a plein de choses que je n’ai pas eu le temps d’évoquer dans la critique, aussi : j’adore le côté rétro et le coup de vieux que me donne la série (le coup du téléphone autour du cou ou de la batterie déchargée, le bruit de l’ADSL !) ; j’aime bien le fait qu’Isabelle soit si attachante ne serait-ce qu’avec cette histoire de cendrier jeté à la tête du dir’ com’ de TF1 qui fait d’elle une Cendrillon des temps (pas si) modernes. Simple et efficace.

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