Culte – S02E03 – Bienvenue dans le Show Business – 16/20

Si je mets de côté les critiques déjà faites dans les deux premiers épisodes (et toujours valables ici, bien sûr), ce nouveau volet dans la vie des trois teubés fonctionne plutôt bien. On y comprend certains aspects du groupe, on voit à quel point chacun a eu un rôle essentiel dans la création du boysband, tout en insistant sur le fait que ce ne sont que des idées risquées les unes après les autres qui ont permis le succès. Tiens, tiens, une série qui fait l’apologie de la prise de risques créatifs ? Si ça pouvait inspirer les productions de toutes les séries, ça ne ferait pas de mal…

Spoilers

Salomé est virée, tout le projet semble au point mort. Jusqu’à ce qu’Ophélie Winter passe par là.


Tous les boysband ont un leader.

L’épisode débute cette fois par un petit Shame, shame on you. J’adore, vraiment, Ophélie Winter, parce que quoi qu’on en pense, il y avait de vrais tubes tout de même. Par contre, je me demande pourquoi ils n’ont pas fait une saison de culte sur elle. Après tout, il semble assez évident qu’ils aiment avoir un personnage féminin au cœur de leur récit (et c’est tant mieux, en vrai), et ça aurait pu le faire aussi, non ?

Bref, voir Ophélie Winter à la télévision, ça inspire soudain Frank. S’il comprend bien que le deal à la radio, c’est mort parce qu’ils ne sont pas chanteurs, il se dit qu’ils ont un bon physique pour la télévision eux aussi.

Sans trop de surprise après le cliffhanger précédent, on découvre que Salomé est virée et que le projet est au point mort. Malgré tout, elle écoute l’idée de Frank, du moins, quand il n’est pas trop occupé à draguer Ellie, son autre artiste du moment. Salomé n’a pas d’autres choix que de le croire de toute manière : elle est virée et forcée de retourner vivre chez sa mère. Elle a quelques économies et casse donc son PEL pour payer un clip aux garçons. Ils n’ont que quatre jours pour le réaliser par contre.

De son côté, Filip est en pleine dépression. Il joue à des jeux vidéos qui n’existent pas encore à l’époque où la série est supposée se dérouler et est désagréable avec Michel, qui continue d’apprécier la vue malgré tout. En parallèle, Adel n’a toujours pas avoué à ses parents qu’il a arrêté ses études et continue donc de leur mentir, malgré l’absence évidente de perspectives et d’avenir dans la musique. L’idée du clip les fait tous tenir, du coup.

Quatre jours, c’est serré par contre. Ils enchaînent pendant des heures les séances de sport, les chorégraphies et les sessions de chant en studio, le tout en tournant le clip. Le rythme est dingue, c’est donc sans surprise qu’on se retrouve avec un Frank qui se blesse une fois de plus au genou. Le médecin lui prescrit un mois sans bouger, ce qui complique un peu sa vie perso – Ellie le recontacte et compte sur lui pour venir la voir chanter… mais il n’a plus de RER le petit.

Bon, et surtout, il y a un problème : le genou pété lui empêche de tourner la fin du clip. C’est la catastrophe, surtout pour Salomé qui a mis toutes ses économies dedans. Une fois Frank et Adel parti pour l’hôpital, en tout cas, Filip propose un deal : pour ne pas gâcher la journée du tournage, il faut assumer le décalage entre eux et centrer le clip sur Filip. Tous les boysband ont un leader.

Il est sûr d’être un grand leader, mais Filip a un petit check de réalité ensuite : il se rend au restaurant et n’a pas de quoi le payer. C’est une bonne chose qu’il soit dans son restaurant habituel car il connaît au moins la patronne, qu’il drague ouvertement. Il n’a pas de quoi la payer, mais elle accepte de jouer aux échecs avec lui : s’il perd, il devra la payer. Mais comment au juste ? J’ai bien aimé l’idée, surtout le côté « un pion, une question », MAIS. Déjà, je ne vois pas bien pourquoi il ne répond pas aux questions de la patronne, ce n’est pas logique. Ensuite, je ne comprends pas pourquoi on passe autant de temps sur cette espèce de romance alors qu’on zappe complètement le père d’Adel par exemple.

Par contre, on voit Adel être bien dégoûté et énervé d’avoir Filip qui se prend pour le leader. À la découverte du clip, il y a clairement un froid : Adel est donc énervé, Salomé assure que c’était son idée, Frank essaie de rassurer Adel et lui rappelle qu’il doit beaucoup à Filip – ce dernier le protégeant au collège, contrairement à Adel.

De toute manière, Salomé ne leur laisse pas le choix : elle est obligée de présenter quelque chose si elle veut espérer ne pas être virée. Elle contacte tous les membres du CA de la maison de disque pour tenter de sauver sa peau, et elle y parvient : elle pique leur curiosité donc ils demandent tous à Yann de leur montrer la VHS du clip. Ah. VHS, réunion où tout le monde fume, clip des 2Be3, on est bien dans les années 90.

En tout cas, ce qu’il faut retenir, c’est que ça passe complètement : le CA est très heureux de ce que donne le clip et accepte de signer avec les 2Be3. Bien sûr, Yann n’attend pas pour s’attirer tout le mérite, y compris en privé avec Salomé, et tout roule. Tout roule, oui, sauf pour Filip. Il invite Michel au restaurant pour fêter son succès, mais ça tourne vinaigre quand Michel comprend le flirt entre son poulain et la restauratrice. Pire, Filip semble se moquer totalement de son bienfaiteur… et Michel le rembarre donc. En vrai, il est dur de l’apprécier à fond le Filip, quand on le voit passer de pire danseur à leader du boys band, sans en parler à ses potes. Du coup, je ne compatis pas quand je vois Michel mettre toutes ses affaires dans un sac poubelle. Il a trop abusé de sa gentillesse, ça devait finir par arriver.

En parallèle, Frank entame son flirt avec Ellie. J’aime bien ce que propose la série avec ce couple, elle prend totalement le lead de la relation, mais c’est amusant. Ils sont beaux ensemble, aussi, Frank lui confie ses doutes sur le clip et sur son syndrome de l’imposteur (ça existait déjà dans les années 90 cette expression ?), je ne sais pas, ça prend sur moi. Je me doute que là aussi on a une belle part de fiction, mais bon.

Adel, lui, doit expliquer à ses parents qu’il passe de petit étudiant parfait à chanteur de boys band. Malheureusement, ce n’est pas si simple d’assumer et d’avoir sa place dans un repas de famille monopolisé par les blagues racistes de son frère – sur les arabes.

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Culte – S02E02 – Pro Bono – 15/20

S’il y a de l’idée et que c’est clairement une série de qualité, je suis complètement perturbé par le rythme saccadé et la chronologie bien confuse. J’ai l’impression que les scénaristes ne peuvent pas raconter tout ce qu’ils auraient envie d’aborder, et qu’ils font donc avec les moyens du bord. C’est dommage car ça gâche une partie du potentiel de la série. Et aussi, quitte à inventer autant, autant proposer un boys band complètement fictif, quoi.

Spoilers

Salomé se laisse convaincre par l’idée d’un boysband français.


Le job, c’est d’essayer de faire de toi un artiste.

Moi qui voulais voir la série en une seule session de visionnage, j’ai l’air malin à revenir deux jours plus tard. L’épisode 2 commence par un premier anachronisme étrange pour une série qui semblait mettre du soin en saison 1 à ne rien laisser passer. Cela fait plaisir d’entendre Starlight dans une série, mais ce n’est pas la bonne période.

Allez, bon, passons : l’épisode commence surtout par Adel qui se rend voir Salomé pour ce qu’il pense être un entretien d’embauche plutôt conventionnel. Il est rapidement détrompé par une Salomé qui veut le mettre au sommet du Hit Machine. J’ai du mal à comprendre exactement comment tout ça fonctionne sur ce coup-là : ce n’est pas comme ça que le groupe a été monté, si ? J’ai du mal avec le fait que Salomé n’existe pas réellement, comme je le disais dans la critique du premier épisode.

Ainsi, là, dans le bureau de Salomé, il est question de monter le premier boys band français et c’est Adel qui lui propose l’effet pom-pom girl, en effectuant en plus la comparaison avec les boys band déjà connus. L’idée semble convaincre Salomé, même si elle paraît sceptique : elle a vu Adel danser, elle sait qu’il y a quelque chose à tenter. Ce n’est pas gagné quand même. Elle rappelle sa pote du premier épisode qui l’aide à fouiller dans toutes les cassettes de sa boîte pour trouver le hit de demain.

Si Adel est si désespéré qu’il accepte l’entretien avec Salomé et qu’il propose de monter un trio avec ses potes, c’est aussi et surtout parce qu’il a arrêté les cours et perdu sa bourse. Les petits jobs, ça ne permet de se remplir les poches. Il convainc apparemment sans problème Frank et Filip de le suivre. Franchement… Je suis sceptique. Le cliffhanger précédent nous présentait une agression homophobe violente qui est totalement éclipsée ici : Frank n’a même pas un petit bleu sur le visage pour nous rappeler ce qu’il s’est passé.

La chronologie n’est pas claire, en fait. On voit en tout cas le trio se rendre dans un appartement (celui de la pote de Salomé ?) où on leur fait entendre leur future chanson, sans paroles bien sûr. Le but est d’entendre ce qu’ils peuvent faire vocalement et disons que ce n’est pas gagné. Pour convaincre leur nouvelle coach vocal de continuer de bosser avec eux, les garçons proposent de bosser pro bono pour le mois à venir – même s’ils ne savent pas tous ce que ça veut dire. C’est triste.

Ils finissent par se mettre d’accord au resto – et on nous propose une petite scène comique avec Filip qui s’entraîne à être beau gosse dans les toilettes. C’était juste assez amusant, en vrai. Pourtant, Filip se rend vite compte qu’être star, c’est un job difficile : le lendemain, il doit en effet s’entraîner à la danse avec ses deux potes et la coach, qui fait donc aussi coach sportive et chorégraphe. Tout semble être monté tellement à l’arrache !

Filip est clairement le moins bon des trois, il est décidé de le laisser en arrière du groupe pour que ça se passe mieux pour lui. Il décide alors de retourner voir Michel : il lui raconte tout ce qui lui est arrivé avec la maison de disque, puis lui demande son aide. Rien que ça. Malheureusement pour lui, Michel ne semble pas trop disposé à l’écouter. Filip est obligé de lui confier son rêve de faire Bercy et de lui faire un petit discours sur la vie en banlieue qui n’est pas si simple. Ce qui est intéressant, c’est que Filip finit par s’énerver et que c’est ça qui plait à Michel : la rage lui permet d’être bien plus intéressant. Il y a clairement un jeu de séduction entre eux et Filip en est clairement ravi, parce que c’est lui qui le met en place. Michel finit par accepter de le revoir, lui proposant ses conseils, des livres et des citations pour l’élever, en échange de dialogue sur ses sentiments. Une vision de la jeunesse éternelle bien à lui.

Filip est clairement dépassé par contre : il se fait inviter à des dîners mondains plein de culture et où il a son rival bien à lui, peu ravi de voir Filip débarquer dans la vie de Michel. On sent la jalousie face à la beauté qui attire tant Michel et tous les autres invités. Michel sauce complètement Filip, et ça finit par mettre aussi mal à l’aise que les zooms trop fréquents sur le torse de Filip. Ce dernier se retrouve même avec une chambre à Paris !

Même si Filip est clairement le héros de la série, cette dernière se concentre enfin sur Frank dans cet épisode : on le découvre blessé au genou et boxeur. De son côté, Adel voit ses frères débarquer à son petit boulot. Tout ça est présenté à la va-vite, mais le sujet principal reste le boys band : on les voit s’entraîner des heures durant pour la danse, en parallèle de petits jobs, de dîners au restaurant, de soirées mondaines pour Filip (qui assure à ses potes que ce n’est pas que Michel et lui), de trajets en RER, etc. La vie semble beaucoup trop cool pour eux. Ils ne sont pas encore des stars, mais bossent pour le devenir.

Il reste un problème dans tout ça : ils n’ont pas encore de chanson. Salomé se démène tant qu’elle peut pour trouver un parolier, mais ce n’est pas si simple. Elle doit tout de même proposer son idée à Yann, celui qui menace de la virer. Il n’est pas convaincu du tout à l’idée de créer un boys band français, parce qu’il n’y a pas de marché. Voyant que tout est perdu, Salomé affirme que Daho est en train d’écrire des textes pour son boysband.

Si ça marche pour Yann, le problème, c’est que c’est un mensonge. Salomé s’en confie à Candice (tiens, elles vivent ensemble en fait ? Je n’ai rien capté), à qui elle demande aussi des textes. Le problème, c’est que Candice n’a pas envie, parce qu’elle a encore les boules que ses chansons et son album ne soient pas produits. Tout ça se termine par une réunion avec les garçons, où il est question de tout arrêter.

Adel tente bien de proposer ses paroles misérables, mais ça ne fonctionne pas. Le ton monte, parce que le trio n’est pas ravi d’être baladé pour rien depuis un mois et Filip nous improvise un petit « Partir un jour » qui commence déjà à fonctionner. C’est suffisamment bien pour que ça inspire des paroles à Salomé et Candice.

En parallèle, la vie continue à la cité : Adel apprend ainsi que son père fait une rechute (mais de quoi est-il question ?), tandis que d’autres dans les voisins s’inquiètent de ce que devient Filip habitant chez un monsieur. Tout est présenté trop vite, je trouve, parce que le focus est mis sur le boysband uniquement. Il faudrait comme pour la saison 1 une vingtaine d’épisodes pour que ce soit complet. C’est étrange : les scénaristes semblent vouloir nous raconter la vie du trio, mais n’en a pas le temps.

Au lieu de ça, on se consacre sur la chanson, donc. Candice finit par trouver les paroles qui sont un futur hit, très clairement.

Il reste à convaincre Yann, et ce n’est pas gagné. Il est très réfractaire à l’idée, ce qui pousse Salomé à le prendre en otage, littéralement, en l’empêchant de prendre son avion. Elle fait venir le trio à la maison de disque seulement une fois qu’elle a la clé de Yann dans la culotte (ils sont en roue libre les scénaristes !), et… ça se passe mal. Yann les reçoit mal, forcément, et n’est pas convaincu par ce qui semble être une audition désastreuse. Étrange construction encore pour cet épisode qui s’arrête de manière un peu abrupte, là-dessus.

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Culte – S02E01 – L’Effet Pom-pom Girl – 15/20

Tout le problème est, une fois n’est pas coutume, que j’ai un peu trop d’attentes en commençant cette nouvelle saison. C’est un bon premier épisode, mais il ne répond pas à toutes les questions que j’aurais sur la naissance des 2be3, en commençant déjà après le stade que j’imaginais comme point de départ pour la série. Tant pis, ça n’empêche pas la production d’être incroyable et la série d’être vraiment de qualité.

Spoilers

Filip rêve de participer au concours télévisé du Plus bel homme de France. Il peut compter sur le soutien de ses amis Adel et Frank.


T’es dans la vraie vie ici, hein, t’es pas dans ta télé.

J’ai tellement hâte de commencer cette saison ! Cela faisait longtemps qu’une série n’avait pas eu cet effet sur moi, mais ça signifie aussi que la barre de mes attentes est trop haute pour le bien de la série. Ce premier épisode débute par un petit plan sur une salle de concert pleine à craquer alors que les 2be3, à moitié nus comme il se doit, sont en loge à stresser. Filip est à ça de se droguer avec des médicaments, Adel et Frank s’inquiètent pour lui et s’assurent que tout ira bien. Cela commence si bien. On a un point de chute pour la fin de cette saison, avec ce premier gros concert qui révèle déjà que l’apogée de leur gloire ne sera pas si positif que ça. On enchaîne sur ce qui ressemble à un bon gros teaser de la saison, avec des répliques à venir, un concert sur le point de commencer et… on repart en arrière, évidemment.

C’est bon, ils m’ont déjà bien vendu la série, mais ils en rajoutent encore avec une excellente bande-son chargée de nous ramener en 1995. On découvre la vie de tous les jours de nos trois jeunes héros en devenir : Adel est un étudiant qui se dévalorise un peu trop auprès de ses profs et pas heureux en amour, Frank a besoin de thunes et fait un petit job peu cool à déplacer des cartons en enquillant les heures sup, Filip fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de sport. Son envie dans la vie ? Être une star. Il a le physique pour, en vrai, mais son père ne voit pas les choses comme lui. Il a un fils qui s’est fait virer de son équipe de gym et passe sa journée devant la télévision.

Bref, la vie de Filip ne fait pas trop rêver : il y a de quoi déprimer… mais celle de ses futurs camarades aussi n’est pas idéale. La plongée dans les années 90 est une pure réussite. Ce ne peut que l’être : ils avaient géré en saison 1, ils gèrent toujours en saison 2. Eh, ça donne envie de retourner un peu en arrière, parfois.

Et parfois, non. On suit ensuite nos héros dans une boîte de nuit, et ça, non, ça ne me donne pas envie de revenir en arrière. Les trois héros de la série se connaissent donc déjà : ils sont voisins, habitent Longjumeau, sont tous potes et vont en boîte ensemble. Là-bas, il y a une battle de danse pour Filip qui cherche malgré lui des noises à un autre type, ça vire en baston générale. Bon.

Première déception : je pensais qu’on verrait la rencontre entre les trois. C’est aussi parce que je ne savais pas qu’ils se connaissaient avant d’être les 2Be3 que je pensais ça, donc la série m’apprend déjà quelque chose. En tout cas, ce premier épisode tourne déjà autour d’une idée fixe de la part de Filip : il veut être élu Plus bel homme de France. Il participe pour ça à un concours d’où il est recalé à trois reprises. Cela dit, on sait, nous, que les choses vont s’améliorer pour lui, même si ce n’est pas gagné quand on le voit finir dans une baston générale en boîte de nuit – baston dans laquelle il n’y a même pas de vrais blessés, hein.

La série enchaîne donc sur la sortie de boîte de notre trio, et ils donnent envie d’être potes avec eux limite. Ils se font draguer par une bande de filles qu’ils croisent et voilà donc Filip qui a l’idée du siècle : ensemble, ils sont comme les pom-pom girls, ils ont un succès monstre. Fort de cette idée, il décide d’utiliser ses potes dès le lendemain pour avoir du succès : vexé d’être recalé du casting, il s’arrange pour rencontrer directement le producteur de l’émission du Plus bel homme de France.

Filip demande ainsi à Adel de se faire passer pour un producteur serbe. Une conversation téléphonique plus tard, Adel obtient une information qui est le Graal pour Filip : le producteur de l’émission est au Banana. Il n’y a plus qu’à savoir ce qu’est le Banana. Tout paraît si simple dans cette future success story !

Il y a tout de même un problème à régler : le Banana, ils ne savent pas ce que c’est. Une recherche dans le bottin plus tard (je suis mort), ils savent qu’ils doivent aller à Paris. Adel n’est pas ravi, parce qu’il a exam le lendemain, mais bon, il se laisse entraîner par ses potes. Là, les scénaristes se font plaisir sur l’époque également : en 1995, la Coupe du monde n’a pas été remportée par la France, alors, on en profite pour un petit commentaire sur la France qui n’est pas encore la France Black-blanc-beur (une époque qui fait rêver sur le papier pour sa tolérance considérée comme normale) et pour la première utilisation du « 2be3, trois teubés »… On ne saura pas exactement d’où ça vient ? C’est décevant. C’est un « vieux blaze de 6e ». Soit.

Nos trois héros prennent ensuite le RER C et j’ai eu envie de pleurer : les rames sont les mêmes aujourd’hui qu’en 1995. Et bon, la série a fait des efforts pour en dénicher une qui soit bien propre et tout, mais vraiment, quel enfer ces rames de RER ! Puis, peut-on évoquer la lenteur du RER C ? Ils ne sont pas sur la bonne ligne pour une ascension fulgurante à Paris, je vous le dis, moi !

Qu’importe, parce que la saison ne comporte que six épisodes. Ce sera donc fulgurant pour eux : les trois persos se décident à doubler pour entrer plus vite en boîte, tombent sur une vague connaissance en faisant face au videur et les esprits s’échauffent vite. Malick, le videur, ne veut pas les faire entrer et compte sur une entente avec Adel qu’il appelle « cousin », en vain. Par chance, un certain Michel Andreev décide de les faire entrer. Il place en fait sa carte avec son numéro auprès de Filip. C’est malin de sa part. Filip a beau voir que Michel connaît du beau monde (l’acteur de Premier baiser, je pleure, quelle réf improbable), il ne semble pas capter qu’il a déjà un numéro important.

Seulement, voilà, lui il ne pense qu’à Jean-Pierre qui a eu l’audace de le recaler de son émission. Une fois dans la boîte, Filip le cherche donc partout, jusqu’à ce qu’on lui indique que Jean-Pierre est un drag tranquillement posé sur un canapé. A priori pas effrayé par le milieu très gay du bar dans lequel il se trouve, Filip se faufile jusqu’à lui et se fait connaître comme il peut. Pour avoir toute l’attention de Jean-Pierre, il n’hésite pas non plus à l’embrasser. OK. Décomplexées, les années 90.

Le baiser lui décroche exactement ce qu’il espérait : Jean-Pierre lui explique que ses photos sont à mourir de rire, mais qu’il valide ses essais filmés. Hop, tout est réglé pour Filip qui vole une bouteille puis entraîne ses potes dans une soirée de folie au son d’Anastacia (le plaisir !). Après, pour une série qui revient sur l’origin story des 2be3, je trouve ça un peu abusé qu’on nous les présente déjà comme trois potes qui se foutent à poil en boîte avant même le succès. Et ils sont des losers en amour ? Comment c’est possible, même, avec ce physique ? Si encore, ils étaient cons… mais on nous vend des persos plutôt malins.

Frank est clairement sous-développé à ce stade, ce que je trouve dommage. Le lendemain, Adel passe ses examens avec difficulté tandis que Filip cherche encore (en vain) la validation de son père qui est plus que blasé et déçu par les choix de son fils. Soit. Ce n’est pas grave pour Filip qui décide de tenter sa chance aussi auprès de Michel.

Arrivé chez lui pour « prendre un thé », Filip découvre derrière la porte un jeune homme qui a une bonne vibe homosexuel aussi et ne semble pas apprécier de voir Filip débarquer. Eh, ça sent la concurrence malvenue. Qu’importe. Michel est ravi de voir que Filip est venu chez lui. C’est un critique littéraire et il tente vite sa chance auprès de Filip, qui le recale. Est-ce qu’il sait déjà ce qui le tente dans sa vie amoureuse ? Probablement. Il sait en tout cas qu’il veut être connu dans la vie en général, qu’il veut qu’on se souvienne de son nom. Michel n’apprécie pas d’être repoussé quand il veut l’embrasser, alors il vire Filip de chez lui.

Le soir, Adel rentre chez lui et voit ses frères se foutre de sa gueule : d’une manière ou d’une autre, ils ont appris que Filip avait embrassé Jean-Pierre et l’homophobie étant ce qu’elle est, il est taxé de gay par tout Longjumeau. Frank s’inquiète aussitôt pour Filip quand il l’apprend, craignant que son père ne le tue… Allez, hop, vacciné, les années 90 ne me vendent plus du rêve.

En parallèle, nous suivons aussi deux autres nouveaux personnages : il y a un producteur de maison de disque et son employée, Salomé. Et Salomé, ce n’est pas n’importe qui : c’est à elle que l’on doit la carrière d’Etienne Daho qu’elle a réussi à dénicher. J’avoue, j’ai aussitôt fait pause pour voir de qui il s’agissait et je suis déçu que la série ajoute un personnage fictif qui va avoir une importance de taille dans la carrière du trio. Non, Salomé n’existe pas dans la réalité.

Je sais bien que ce n’est pas un documentaire, je sais bien qu’on avait aussi un personnage fictif fou amoureux de Loana et lançant toute sa célébrité en saison 1, mais on avait aussi un avatar parfait d’Alexia Laroche-Joubert et ça ne semblait pas réinventer aussi grossièrement la réalité. Là, on nous change grandement la réalité avec ce personnage dont le job est de trouver les talents de demain – et donc les 2Be3.

En plus, elle a une nouvelle mission claire : trouver un nouveau succès au plus vite, car elle se fera virer un mois plus tard si elle n’y parvient pas. Purée, il va lui falloir trouver vite son idée révolutionnaire.

Elle essaie de récupérer la thune qu’elle a dépensé en cadeau pour une artiste qui semble se foutre d’elle, enchaîne les clopes et se fait inviter par une pote (eh, on découvrira en fait que c’est sa copine, mais tout est suggéré ?) au Plus bel homme de France. Décidément. Elle s’y rend et c’est là qu’elle va rencontrer nos héros. Filip participe dans un magnifique slip argenté (non), comme tous les autres candidats. À la différence des autres, il est accompagné par ses potes. Quand Adel se met à faire le pitre pour se foutre de son huile sur le ventre, Salomé le repère et se met à lui parler.

On a droit à quelques bonnes vannes et frappes incisives, Salomé lui explique qu’elle est fauchée et risque de se faire virer. Elle est intéressée par Adel, surtout parce qu’elle le voit comme un objet marketing potentiel. Ce n’est pas la seule à voir les choses comme ça : on est sur un tournage pour le Plus bel homme de France après tout. L’entente entre Salomé et Adel n’est pas évidente. En fait, ça se passe mal plutôt mal entre eux.

Le tournage commence tout de même, avec la présentation de tous les candidats, les uns après les autres. Ils ont plus ou moins des talents à dévoiler, plus ou moins de l’humour et le tournage se passe plutôt bien pour Filip en vrai. Il termine ainsi Plus bel homme de France 1996. C’est son rêve d’enfance qui devient réalité.

Le problème, c’est que les rêves ne sont pas toujours ce qu’on pense qu’ils seront. Le lendemain, il regarde donc la VHS de son passage à la télévision et semble déprimé. Il reçoit tout de même un coup de fil de Salomé : elle souhaite avoir le numéro d’Adel, tout simplement. Il faut croire qu’elle enchaîne un peu trop les clopes aussi, parce que Filip la recale en lui disant qu’elle fait mal la voix de femme. J’ai ri.

La scène qui suit me rappelle la belle époque de Brothers & Sisters, avec des appels mis en attente pour s’appeler les uns les autres. Le trio est donc rapidement mis au courant que Salomé s’intéresse à Adel et veut lui proposer un devoir. Tout ce que souhaite Adel, c’est de repasser son examen foiré. Il a beau demander l’aide de son professeur qui lui faisait plein d’éloges en début d’épisode, il se retrouve à redoubler son année. Le prof paraît sacrément con, hein, à le faire redoubler parce qu’il sentait la vodka. OK. Je sais, Adel a déconné, mais si vraiment il le voyait comme un bon élève capable de beaucoup, je ne vois pas l’intérêt de le faire redoubler toute une année. Bref, ce n’est jamais qu’un cliffhanger.

Un autre cliffhanger voit Filip se faire virer de chez lui parce que son père a découvert sa participation au Plus bel homme de France et surtout parce qu’on lui demande dans la rue si son fils est PD. Je ne savais pas du tout que ça avait commencé comme ça pour lui la célébrité. Je trouve ça triste. Quant à Frank, il veut aussitôt défendre Filip en s’adressant directement aux mecs qui propagent les rumeurs sur lui, mais c’est en vain. Frank se bat donc, et il finit par être tabassé par les homophobes à qui il s’en prenait. Wow. C’est une fin tendue, tout s’est accéléré d’un seul coup. Je ne m’y attendais pas forcément.

PS : bon, par contre, je pensais tout voir le jour de la sortie et c’est un échec complet. Je ne sais pas du tout quand je verrai la suite. Revenez sur le blog de temps en temps ?

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Culte (S02)

De quoi ça parle ?

Après le Loft, il est temps de revenir sur un autre phénomène culte : les boysbands, et plus particulièrement les 2Be3. Plongeons donc en 1995…

Saison 1 | Saison 2

Ce que j’en attends

Je sors de la piscine, mais j’attends de cette série qu’elle me donne envie de retourner au sport. En vrai, mes attentes sont hyper élevées après le véritable bijou qu’était la saison 1. Je sais que la foudre ne frappe pas deux fois au même endroit en théorie, mais les images promos fonctionnent bien sur moi. Le sujet m’intéresse vraiment, même si je le connais beaucoup moins que celui de la saison 1.

Il faut déjà que j’arrête de comparer les deux saisons, c’est n’importe quoi cette introduction. Et oui, j’ai bien l’intention de voir toute la saison 1 dès aujourd’hui, jour de sortie. Même si je sais qu’il n’y pas le feu chez Adel (allez, hop, j’ai casé ma blague), j’ai peur d’être spoilé. Spoilé sur un truc qui s’inspire de la réalité, c’est fou comme j’ai peur de trucs cons parfois… Mais écoutez, j’ai plus envie de voir la naissance et l’apogée des 2Be3 que le dernier épisode de Grey’s Anatomy. Peut-on vraiment m’en blâmer ?

Note moyenne de la saison : 15,5/20

Culte – S02E01 – L’Effet Pom-pom Girl – 15/20

Tout le problème est, une fois n’est pas coutume, que j’ai un peu trop d’attentes en commençant cette nouvelle saison. C’est un bon premier épisode, mais il ne répond pas à toutes les questions que j’aurais sur la naissance des 2be3, en commençant déjà après le stade que j’imaginais comme point de départ pour la…

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Culte – S02E02 – Pro Bono – 15/20

S’il y a de l’idée et que c’est clairement une série de qualité, je suis complètement perturbé par le rythme saccadé et la chronologie bien confuse. J’ai l’impression que les scénaristes ne peuvent pas raconter tout ce qu’ils auraient envie d’aborder, et qu’ils font donc avec les moyens du bord. C’est dommage car ça gâche…

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Culte – S02E04 – Amis pour la Vie ? – 17/20

Les choix faits sont définitivement différents de ceux que j’attendais, mais en même temps, cet épisode est peut-être le plus intéressant à aborder directement la gloire et tous les effets secondaires négatifs qu’elle peut engendrer. Si dans les médias, c’est le succès, on suit nous une vraie descente aux Enfers pour les personnages. Ils me…

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Culte – S02E05 – La rançon de la gloire – 15/20

Amusant, ce titre d’épisode, parce que je trouve que ça s’appliquait déjà très bien à l’épisode précédent. On sent bien que le rythme s’emballe dans la vie des 2Be3 et que le succès vient avec une facette très négative qu’il n’est pas toujours facile de gérer. L’épisode continue lui dans la lancée du reste de…

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Culte – S02E06 – Un sens à ta vie – 15/20

Une conclusion à l’image de la saison : on nous propose une fin de saison qui ne trouve pas forcément de sens à la vie de tous les personnages, mais qui nous propose au moins de terminer les intrigues entamées pour les personnages, y compris la part de fiction. C’est bien fichu, franchement. J’espère une saison…

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