Westworld – S02E04

Épisode 4 – The Riddle of the Sphinx – 20/20
L’épisode a beau être plus long, il est dur de voir le temps passer devant Westworld qui prend pourtant son temps par moment. Cet épisode confirme quelques-unes des théories que j’avais depuis la semaine dernière (notamment sur la dernière arrivée) et parvient à me surprendre également grâce à des rebondissements inespérés. L’absence d’une bonne partie du casting n’était absolument pas dérangeante et j’ai même adoré la construction de cet épisode qui nous fait deviner progressivement quelques-unes de ses révélations, allant toujours plus loin dans les thématiques abordées. Cet épisode donne le sentiment de voir quelqu’un réussir un puzzle devant nous, vraiment.

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Spoilers

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You have a family. You have an ex-wife. You have… a backstory.

1h12 d’épisode ? Ils se font plaisir quand même, mais en même temps, on ne peut pas dire que je boude le mien non plus : j’ai même profité à fond du générique, en fait, tellement je suis fan quand je m’y mets.

L’introduction de l’épisode se fait au son des Rolling Stones, c’était inattendu pour la série qui n’est pas du genre à exploiter des chansons habituellement. On reste un bon moment dans l’incertitude de ce qu’il se passe car la caméra nous offre un long plan séquence maîtrisé dans l’appartement en rotonde du père Delios, avant de nous présenter sa morning routine – du brossage de dent à la masturbation, on ne nous épargne rien.

Il est suggéré qu’il est enfermé et s’ennuie profondément, ce qui est confirmé quand William débarque et lui apprend que sa période d’observation touche à sa fin : il doit juste répondre à ses questions pour que l’on sache mieux sa personnalité et son humour, alors qu’il est en train de mourir à petit feu. Le but est d’obtenir le plus de fidélité possible – ce qui semble suggérer que William veut créer un robot de son beau-père ? Le père Delos n’est pas trop convaincu par tout ça et l’idée de fidélité, mais William lui tend un papier.

Une autre matinée nous montre Jim Delos en train de danser avant de se souvenir, en regardant le miroir qu’il est probablement observé. Il apprend alors qu’il a un visiteur et réagit pareil que dans la scène précédente. William aussi, mais on sent que lui s’amuse : le papier qu’il tend est en fait un script de leur conversation.

Delos est mort depuis sept ans, et William parle en fait à un robot de son beau-père. Ce dernier apprend la mort de sa femme et prend d’autres nouvelles de sa famille, avant d’avoir quelques problèmes d’élocution qui font que William lui dit qu’il y a encore besoin de tests. En sortant de cet appartement, William tombe alors sur une scientifique content du progrès : cette fois, Jim a tenu sept jours avant d’avoir problème.

Cependant, il a problème quand même, alors hop, William met fin à la simulation et fait tout brûler. L’épisode nous montre une autre simulation avec le robot de Jim ensuite, une simulation où William a bien vieilli. Il continue sa routine avec Jim, même si celle change immanquablement parce qu’il voit bien que William a pris quelques années dans la tronche.

Ce dernier lui explique que c’est la 149e fois qu’il est réanimé et qu’il tient jusqu’au jour 35 avant que son esprit ne rejette le corps du robot – ou quelque chose comme ça. Il cherche donc bien la vie éternelle de Jim… mais prend un malin plaisir à torturer son beau-père en lui disant qu’il doute que cela vaille le coup de continuer les expériences

Jim appelle alors Logan… pour apprendre qu’il est mort aussi, d’une overdose, il y a des années. Cela semble cohérent avec le personnage. Cette fois, William a donc compris que les hommes n’étaient pas fait pour vivre éternellement et que la mort n’était pas forcément si mal que ça. Il décide alors de le laisser se dégrader pour observer cette dégradation qui peut être intéressante scientifiquement parlant.

Dans le parc, William arrive sur un chantier de construction d’une ligne de chemin de fer où des cadavres de prisonniers sont utilisés comme rail. Sympathique. Il ramène Lawrence dans son village, désormais déserté… ou pas. De manière assez évidente, il tombe en fait dans un piège et est fait prisonnier avec le reste du village dans l’Eglise. Lawrence y retrouve sa famille et commence à flipper, mais William n’en a rien à carrer.

Il découvre rapidement que Lawrence en sait plus sur lui que ce qu’il n’a dit – puisqu’il sait qu’il a une fille. Il lui révèle où sont les armes que les « méchants » cherchent, ce qui permet à William de passer un marché avec eux puisqu’il sait qu’ils cherchent à se rendre à Glory.

William devient donc un prisonnier privilégié alors que le village de rebelles se fait torturer comme il faut – une sombre histoire de verres à ne pas renverser avant de se faire tuer. Lorsque c’est au tour de la femme de Lawrence d’y passer, William se souvient du suicide de sa femme (ce qu’on apprend après, techniquement, même si ça devine facilement). Cela le pousse à passer à l’action : il tue tous les hommes qui mettaient le village à feu et à sang en quelques instants.

La fille de Lawrence se révèle alors être « possédée » par Ford qui conseille à William d’arrêter de regarder en avant, car c’est regarder dans la mauvaise direction. Je me demande à quel point ce conseil s’applique également à nous ? Est-ce que d’autres réponses seraient dans le passé de la série ?

En parallèle, Clémentine traîne (littéralement) Bernard jusqu’à une cave où elle l’abandonne en compagnie d’un fusil. Il y retrouve une prisonnière qui s’avère être… Elsie ! Je suis mais tellement heureux de voir qu’elle est encore en vie, même si ça n’aucun sens après une saison complète d’absence. J’adorais son personnage, mais j’étais sûr que Bernard l’avait tuée.

Bien sûr, Elsie n’est pas franchement ravie de voir son agresseur débarquer auprès d’elle, donc elle le braque dès qu’elle en a l’occasion. Il lui raconte rapidement ce que Ford a programmé pour eux et qu’elle en savait trop, avant qu’elle ne comprenne qu’il est un robot comme un autre. Perturbée, Elsie le fait prisonnier, ce qui est facile puisqu’il est blessé et rapidement inconscient.

À son réveil, il lui révèle qu’aucun secours n’arrivera tant que Delos n’aura pas sécurisé ce qu’ils veulent protéger à tout prix alors qu’elle lui annonce qu’il ne tardera pas à mourir car elle ne peut le souvenir, juste apaiser ses douleurs.

Bernard a alors le souvenir d’être venu dans cette cave auparavant, et il retrouve contre toute attente un labo dans la grotte où Elsie vient d’être prisonnière un temps quand même assez long. Un ascenseur les mène dans un laboratoire qui a été ravagé par quelques robots. L’un des hôtes sans visage débarque et fait flipper Elsie qui le tue avant de s’occuper de Bernard qui a besoin d’assistance technique. Avant de le réparer, elle apprend toutefois que Ford est mort.

Quand il se réveille de sa réparation, Elsie ne lui fait toujours pas confiance, mais révèle qu’il est perdu dans ses souvenirs : il n’est pas capable de les avoir dans un ordre chronologique, ce qui explique probablement la construction chaotique de cette saison. Toujours est-il qu’il se souvient avoir été dans ce laboratoire pour créer quelque chose de similaire à un hôte, mais qui n’en était pas un… il devient rapidement évident pour moi qu’ils tentaient de recréer des invités. Ce qui veut dire que, finalement, Fort pourrait parfaitement avoir survécu s’il s’était fait remplacer par un robot… bon, je vais loin dans les théories, on verra bien.

Le suspense continue toutefois, avec Bernard qui se perd dans ses souvenirs, Elsie qui essaye d’ouvrir une porte verrouillée derrière laquelle elle doit trouver ce qu’ils construisent. Sans surprise, il est alors révélé que derrière cette porte se trouve le robot de Jim Delos. Celui-ci a tué un assistant et est couvert de sang. Il s’en prend rapidement à Elsie avant d’être tué par Bernard. Tout ça pour ça ?

Non. Jim était cette fois bien plus conscient de son état, lui disant qu’il n’y a jamais eu qu’un Diable, et qu’il se moquait de nous depuis un miroir quand on regardait vers le haut. C’est du beau. Elsie décide de cramer le corps de ce James Delos, avant d’apprendre son identité et de comprendre que les riches voulaient vivre éternellement quitte à nous tuer au passage.

Elle n’est pas trop rassurée par l’idée bizarrement et elle veut alors contacter le continent pour leur faire part de ses découvertes, mais Bernard lui révèle qu’il a le souvenir d’avoir eu l’esprit de quelqu’un d’autre en sa possession. Elsie prend la décision de lui faire confiance s’il promet de ne plus lui mentir, et il ment aussitôt en ne révélant pas qu’il est celui qui a fait tuer tous les scientifiques et robots de ce labo, quitte à se salir lui-même les… pieds.

Ailleurs dans le parc, on retrouve la petite nouvelle de la semaine dernière, désormais prisonnière des amérindiens, avec un des gardes qui lui révèle que leurs charmants ravisseurs ne tuent que les hôtes, pas les invités. Elle lui répond logiquement qu’elle n’a pas trop envie de tester sa théorie. Il est rapidement révélé qu’elle est capable de parler leur langue et elle paraît toujours aussi badass. Bon, plus ça allait, plus il m’apparaissait évident qu’elle serait la fille de William.

Elle réussit à s’enfuir lors d’un rituel nocturne qui voit le garde risquer lui aussi d’être égorgé… mais survivre : les amérindiens abandonnent leurs prisonniers. Et c’est sans trop de surprise que notre nouvelle de la semaine dernière se révèle bien être la fille de William, puisqu’elle lui dit « bonjour papa » quand elle le retrouve, lui, Lawrence et les cousins de ce dernier. Je m’attendais à une révélation de son identité plus tardive et je me demande vraiment vers quoi ils se dirigent maintenant.

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Westworld – S02E03

Épisode 3 – Virtu e Fortuna – 18/20
Léger coup de mou avec cet épisode qui prend parfois un peu trop de temps pour ne pas présenter grand-chose, mais qui se termine par une avancée plus rapide que je ne le pensais de l’intrigue. En plus, l’air de rien, cet épisode confirme quelques théories et apporte pas mal de nouveautés à la série qui continue de se renouveler subtilement, épisode après épisode.

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Spoilers

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Wow a new twist in the narrative.

C’est reparti pour un petit détour dans un parc qu’on ne connaît pas beaucoup et une scène d’introduction qui ne permet pas de savoir exactement où on est dans la chronologie – ou dans l’espace. On suit donc une femme qui est une cliente du parc craignant que l’homme du parc venant la draguer ne soit qu’un robot.

Elle n’hésite donc pas à aller jusqu’à lui tirer une balle dessus pour vérifier s’il est humain. Comme il a eu peur et que la balle lui a fait un bleu alors que c’était à blanc, elle accepte de coucher avec. Le lendemain, ils partent se faire une petite expédition où la femme découvre d’autres invités comme elle à la cervelle explosée. L’homme n’a pas conscience de ce qui est en train de se jouer, alors qu’elle le comprend très vite. Cela lui permet de survivre contrairement à lui, mais elle se fait alors pourchasser par un tigre.

Ouep, juste comme ça, on a donc un nouveau parc dévoilé et exploré rapidement en introduction, une nouvelle personnage qui semble s’en tirer en changeant de parc et un tigre qui la pourchasse d’un parc à l’autre avant de la faire tomber d’un ravin. Cela craint.

La pauvre survit – contrairement au tigre vu dans le premier épisode – pour mieux tomber sur les indigènes du parc. C’est ce qui s’appelle une vie de merde !

Dans le nouveau présent de la série, quinze jours après la fin de saison 1, l’équipe de sécurité continue sa progression dans le parc. Ils retrouvent rapidement Charlotte qui a donc survécu tout ce temps, ce qui est une excellente nouvelle, mais qui n’a toujours pas retrouvé le robot qu’elle cherchait, Peter Abernathy, le père de Dolores.

Quinze jours plus tôt, Bernard et Charlotte retrouvent Peter Abernathy, mais il est otage d’autres robots. Ils attirent à eux Simon de The Walking Dead pour le reconfigurer et régler la situation, ce qui ne prend pas longtemps. Malheureusement, Peter refuse de les suivre car il veut trouver le train qui le ramènera à la maison, ce qui fait qu’il ne tarde pas à redevenir otage, entraînant avec lui Bernard alors que Charlotte, en vraie tête brûlée, se barre à cheval en prenant de sacrés risques.

De son côté, Dolores arrive dans une nouvelle cité fortifiée avec son armée. Elle récupère les hommes de ce Fort en leur offrant des armes de gardes de Westworld beaucoup plus efficaces que les leurs. Vu comme ça ! Dolores explique que ces hommes ont besoin d’être guidés, et elle se propose de le faire.

Le fort reçoit alors de nouveau prisonniers, parmi lesquels Peter, ce qui intéresse grandement Dolores, et Bernard.

Peter reconnaît sa fille, ce qui est toujours bon à savoir quand les robots sont régulièrement reconfigurés (par exemple, Teddy ne se souvient pas du père de Dolores, puisque c’est un autre robot qui avait pris sa place après le bug de Peter en saison 1). Elle en profite pour essayer d’avoir l’accord parental dans sa quête de sang et sa guerre. Malheureusement, son père est complétement cassé et veut en permanence rejoindre un train. Cela laisse Dolores en larmes : elle a encore des faiblesses.

Elle demande ensuite à parler à Bernard, parce que oui, elle l’a reconnu. Et il sait qu’il est un robot, en fait. Leur conversation est un peu plus originale et mouvementée que d’habitude, mais tout ce que veut Dolores, c’est quelqu’un capable de soigner son père. Elle lui en parle et évoque aussi le monde qu’elle veut rejoindre et idéalise toujours autant.

Bernard fait ce qu’il peut pour s’occuper de Peter, y découvrant une clé cryptée complexe qui l’empêche de le soigner mais explique pourquoi Charlotte le cherchait tant : les informations cachées en lui sont celles qu’elle voulait faire quitter le parc. Bernard finit par découvrir son secret… mais nous ne le saurons pas.

Pendant ce temps, le scénariste s’inquiète de l’arrivée possible de gardes dans le parc et tente d’en avertir Maeve. Plutôt que la sécurité du parc, ils tombent sur des indigènes violents qui ne parlent pas anglais, mais leur propre langue. Cela rappelle de mauvais souvenirs à Maeve, mais heureusement Hector connaît cette langue. Malheureusement, ils refusent de les laisser passer sans récupérer le scénariste pour eux et Maeve n’arrive pas à contrôler l’ensemble des robots qui sont là. Bref, ils sont forcés de se réfugier dans un labo sous-terrain en empruntant un ascenseur qui ressemble fort à celui de Charlotte et Bernard dans le premier épisode.

Par chance, ça les mène à un nouveau couloir où ils peuvent continuer leur chemin vers la fille de Maeve et où le scénariste cherche à comprendre la relation non programmée de Maeve et Hector, qui devrait aimer Isabella. C’est vrai que c’est hyper intrigant, mais ça énerve Hector qui se dit amoureux de Maeve et unique et imprévisible et déclare son amour en récitant des lignes écrites pas le scénariste qui n’hésite pas à lui faire remarquer. Tu parles d’un libre-arbitre !

Maeve cherche alors à connaître un peu mieux son prisonnier, ce qui est marrant. Le trio se retrouve ensuite dans un couloir où ont lieu quelques combats entre des gardes et des robots ayant pris le contrôle et menaçant des scientifiques. Maeve retrouve ainsi Felix – j’avais pourtant l’impression qu’il était mort ; comme quoi, on est parfois surpris.

Ensemble, ils remontent à la surface et arrivent au Nord du parc où il neige, où le scénariste retrouve une tête coupée ensevelie dans la neige et où les samouraïs vus en fin de saison 1 sont quelques peu… hostiles.

Charlotte survit et rejoint un tunnel où elle tombe sur des gardes. La voici au cœur du secteur 21 et en sécurité, où on lui donne même un gilet pare-balle. Plutôt que de se laisser escorter hors du parc, elle décide de rester sur place pour continuer sa quête – prenant clairement goût au jeu. Elle retourne dans le jeu grâce à un ascenseur et est observée sans le savoir par des hommes du fort.

Cela permet à Dolores de mettre un plan en place pour se protéger des gardes qui arrivent déjà. Oui le conflit armé avec la sécuirté est déjà là dans cet épisode alors que je m’attendais à le voir bien plus retardé que ça. Même si les gardes attaquent, cette fois Charlotte a l’instinct de survie de rester en retrait alors que les gardes récupèrent Peter. Dolores s’en aperçoit et ne le vit pas bien, allant à l’encontre de son plan pour son père. Ah, les sentiments humains !

Charlotte récupère Peter de justesse face à une Dolores enragée qui se laisse tirer dessus sans en avoir rien à faire. Elle mène ensuite la bataille comme une déesse en sacrifiant les hommes du fort pour attirer les gardes vers les portes où des charges explosives les achèvent. Teddy est horrifié par ce qu’est devenu Dolores, mais il est presqu’aussi monstrueux qu’elle. Pas assez, toutefois : il n’a pas le cran de tuer les derniers hommes du fort, ce que Dolores voit ; et ça la déprime, mais elle ne dit rien.

Bernard tente de s’enfuir et tombe nez à nez (ou plutôt nez à pied, d’ailleurs) avec Clementine qui l’assomme et l’amène avec elle. Cet épisode s’achève sur ces cliffhangers et c’est bien dommage, car j’aurais bien prolongé un peu l’expérience. Bon, en tout cas, j’aurais décroché facilement et plusieurs fois le point 14 de la nouvelle grille du Bingo Séries.

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Westworld – S02E02

Épisode 2 – Reunion – 19/20
Wow. Ce deuxième épisode prend encore plus de recul que le premier pour révéler l’ampleur du scénario mis en place et c’est à nouveau 58 minutes que je n’ai pas vu passer. Comme il me faut bien critiquer, je retire un point pour chipoter parce que je n’ai pas eu l’occasion de retrouver vraiment l’ensemble de mes personnages préférés, mais quand même. Une réalisation impeccable, un casting irréprochable, une ambiance efficace et une écriture complétement folle – toujours à tendance réflexive et pleine de concepts, il faut vraiment être difficile (ou ne pas aimer la SF, ou ne pas aimer l’ambiance finalement très littéraire, certes) pour ne pas adorer.

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Spoilers

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It looks like the stars have been scattered across the ground. Have you ever seen anything so full of splendour?

Le seul avantage de la semaine passant à toute vitesse est que Westworld revient plus vite, et j’étais prêt pour les premières notes du générique quand, comme tout le monde, je me suis fait avoir par cette intro aux notes plus graves nous révélant Dolores réveillée dans notre monde, avec un Bernard qui se pense encore humain. Pour simplifier les choses, je propose dans cet épisode de rétablir autant que possible la chronologie brouillée de la série plutôt que de suivre l’ordre des scènes.

Assez clairement, cet épisode semble en effet confirmer la multi-chronologies des épisodes : ce qu’il s’est passé juste après la saison 1, ce qui se passe une quinzaine de jours plus tard et… ce qui semblait être beaucoup plus tard dans le futur se révélant être un passé où Robert est encore en vie, et jeune, en plus. Et c’est là que nous en sommes, avec Dolores dans notre monde. La série change complétement de perspective : il y aurait donc eu des robots dans notre monde avant la création du parc, et à partir de là, je ne vois pas ce qui empêcherait la création d’une Dollhouse avec des robots à la place des humains rebootés, effectivement.

Bernard emmène Dolores en balade chez lui, ce n’est qu’une maison en construction dans un parc, mais il est intéressant de voir les rêves de Bernard alors qu’il n’est qu’un robot. Il est génial aussi de s’éloigner du parc et d’avoir un aperçu de ce monde futuriste où Bernard et Dolores se baladent dans une mégalopole. Oh, évidemment, on ne comprend pas grand-chose – ou en tout cas pas tout – mais ça permet d’imaginer pourquoi Dolores pète un tel câble dans le parc, si elle a des souvenirs de ces étoiles étalées sur le sol.

Et comme Bernard lui promet de l’y ramener, un monde de questions s’ouvre à nous. Cette heure va encore passer beaucoup trop vite si la série continue de me surprendre comme ça à chaque détour de son intrigue.

Toujours dans le passé, on retrouve enfin Logan et William, très clairement avant leur petit voyage dans le parc en saison 1. Ils sont dans un bar où Logan s’écoute une fois de plus parler et où Dolores se balade tranquillement. Cette intrigue se dévoile peu à peu comme encore plus passionnante que ce que j’espérais : tout cela se produit en fait avant la création du parc. Les robots sont donc dans notre monde et recrute quelques investisseurs…

Dont Logan, puisque sa fortune paternelle intéresse particulièrement les créateurs du parc qui ont besoin d’argent. Il est ainsi contacté par deux robots, sans même le savoir, qui l’emmène à une démonstration privée… pleine de gens. Logan comprend qu’il doit débusquer le robot dans la pièce, loin de se douter que tous sont en fait des robots – contrairement à nous.

Evidemment, il finit par le découvrir et aime beaucoup l’idée, surtout quand ça finit en orgie – une orgie dont la conclusion est observée par Dolores. Cette nouvelle perspective du passé du parc change absolument tout ce que l’on savait sur lui, et je trouve que c’est une excellente idée de nous montrer sa création – quitte à complexifier la construction de la mythologie de la série. Ils vont plus loin cette saison avec une multitude de chronologies.

Plus tard, et cette fois après le voyage de Logan et du jeune William en saison 1, le jeune William revient à Westworld avec son beau-père pour lui faire découvrir le parc, qu’il voit lui aussi comme le futur. À la différence de Logan, ce jeune William a compris tout l’intérêt du parc : il révèle la vraie nature des clients et permet de connaître tous leurs désirs et péchés… autrement dit, il a l’idée de les espionner pour faire de meilleures affaires.

Il a un sacré courage et un affront envers son beau-père qui plaisent au vieil homme qui l’écoute, exactement comme Dolores, elle aussi présente pour écouter tout ça, malgré ses fonctions motrices arrêtées par le parc.

Quelques temps plus tard encore, nous découvrons que William s’est finalement marié et a eu une petite fille, Emily, qui trouve Dolores beaucoup trop jolie. Oui, Dolores est invitée comme pianiste aux fêtes mondaines de William et de son beau-père, mourant.

Dans la nuit, elle rencontre Logan qui se drogue. Il est loin de sa confiance de l’an dernier ou du début de cette saison : après tout, il s’est fait doubler par William et le sait très bien. Il sait aussi que tout cela court à la catastrophe, parce qu’ils sont en train d’allumer l’allumette qui brûlera l’espèce humaine. Ah lala, comme si j’avais besoin de ce genre de scènes pour adorer encore plus Logan. Totalement perdu et cynique, il est encore plus convaincant que dans sa soif de liberté de saison 1. Il est après tout responsable de tout ce qu’il se passe, indirectement, car c’est lui qui a emmené William dans le parc.

William réveille plus tard Dolores pour lui révéler qu’elle n’est qu’une chose et qu’il n’aurait jamais dû tomber amoureux d’elle : elle n’était que le reflet de lui-même, et comme tout le monde, il aime son reflet. William n’est donc plus si idéaliste et est clairement passé du mauvais côté, se moquant de Dolores et l’emmenant dans le parc pour lui révéler toute la splendeur du parc, une manière ironique de se moquer de son émerveillement à elle face au monde.

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Dans le présent, et au sous-sol du secteur 19 du parc, un invité du parc débarque pour prévenir des techniciens que les hôtes se rebellent. Il arrive un tout petit trop tard cependant, parce que Dolores et ses amis sont déjà là pour prendre le contrôle. Ils tuent l’invité avant de forcer les techniciens à montrer à Teddy son passé de cadavre.

Teddy le vit extrêmement mal et cherche aussitôt des réponses, réponses qui ne lui plaisent pas quand le pauvre technicien qui passait par là lui explique que tout ça n’est qu’un amusement. « ça » étant sa vie de souffrance, et ses plusieurs morts. Hum.

Dolores torture quant à elle le plus haut gradé de l’opération, apprenant le plan des opérations de secours et révélant qu’elle connaît le vrai but du parc Westworld, que nous ne connaissons toujours pas, effectivement, et qui semble être le cœur de cette saison 2. Elle parvient également à obtenir tout ce qu’elle veut des techniciens, exactement comme Maeve l’an dernier. La torture suffit.

Dolores part en guerre et tente de recruter autant de robots que possible car elle sait désormais que les secours seront constitués de 600 à 800 hommes. Elle rencontre alors le trio mené par Maeve dans le parc… et c’est encore mieux que ce que j’espérais. Les deux robots sont loin d’être d’accord sur leur course d’action : Dolores n’est finalement qu’une autre à priver de liberté les robots, en les menant à la baguette. Elle commande tout le monde, en prônant la liberté, et ce n’est pas tout à fait ce que veut Maeve, qu’on ne voit pas assez dans cet épisode.

Au nom de la liberté, elle réussit toutefois à tracer sa route et éviter le groupe de Dolores, qui la laisse passer, comprenant qu’elle ne parviendra pas à la convaincre si facilement que ça… contrairement aux pires bandits du parc qui sont simples à manipuler. Il suffit de les tuer, puis de les ressusciter pour qu’ils fassent tout ce qu’elle veut. Tu m’étonnes.

Le but ultime de Dolores est alors révélé par une de ces conversations avec Teddy : elle veut arriver la première au cœur du parc, dans la « valée de l’au-delà » (ou à « Glory ») pour mettre la main sur une arme capable de détruire les hommes, que William lui a un jour montré. Oups.

En parallèle et toujours dans le parc, Lawrence se fait torturer par trois robots, des frères connus pour torturer tous les visiteurs qui le voulaient bien, avant d’être sauvé in extremis par William. Celui-ci l’emmène ensuite dans un bar où il lui explique les nouvelles règles. William est toujours aussi heureux de voir qu’il peut se faire tuer dans le parc, même s’il vient de risquer d’y passer.

William explique aussi qu’il savait très bien que tous les joueurs du parc étaient filmés et que les péchés des joueurs étaient conservés, ce que le flashback nous révèle être son idée. Son nouveau but est de détruire l’ensemble du parc et il s’associe pour cela avec Lawrence, à la recherche d’une armée. Armée qu’il finit par trouver dans un coin du parc, et qui n’est pas celle de Dolores. Il entre en contact avec « El Lazo » qu’il connaît bien puisqu’il connaît le parc par cœur.

Et il parvient a priori à le manipuler pour récupérer son armée et ses ressources, ce qui serait intéressant parce qu’on se retrouverait avec deux groupes armés aux motivations bien différentes ; et tout cela se fait sans qu’on ne repasse vraiment par le trio de Maeve ou par Charlotte/Bernard. Les épisodes sont tellement longs que c’est un chouilla frustrant de ne pas voir tout le monde, mais en même temps, il se passe tellement de choses et c’est tellement passionnant que je n’arrive pas à en vouloir aux scénaristes, même si on passe trop de temps avec William.

Finalement, William se retrouve bien bête quand toute sa nouvelle armée se suicide : Robert refuse que le jeu soit simple pour William et a tout configuré pour qu’il soit seul à tenter d’aller au cœur du parc pour réparer sa plus grande erreur. Reste à savoir ce que c’est exactement, mais comme il se dirige lui aussi vers « Glory », son but est probablement d’empêcher Dolores d’utiliser l’arme qu’il lui a montré.

> Saison 2

Westworld (S02)

Synopsis : Après une fin de saison 1 qui révélait enfin que tout se jouait, comme on l’avait théorisé, sur deux périodes chronologiques distinctes, la saison 2 promet des rebondissements intéressants. Pour se remettre dans le bain : les accidents provoqués par la « conscience » des robots sont la cause d’Arnold qui voulait leur donner cette conscience, William a fini par criser dans Westworld, laissant Logan nu sur un cheval et devenant peu à peu l’homme en noir qui martyrise tous les robots dans le futur. Maeve parvenait enfin à s’enfuir… pour mieux revenir dans le centre, car son désir de liberté et ses souvenirs étaient un programme ; et aussi parce que sa fille était dans le parc. Quant à Dolores, elle comprenait aussi ce qu’elle était et tuait son créateur, avant d’orchestrer un massacre de clients dans le parc.

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Pour commencer, je n’ai pas revu la saison 1 contrairement à ce que j’espérais à la sortie du DVD, donc certains détails sont, je dois l’avouer, assez flou dans mon esprit. Cela ne devrait tout de même pas être trop dérangeant pour une série qui prend toujours le temps de bien faire les choses, quitte à tirer un peu trop sur la longueur.

Cela dit, il faut que je l’avoue : je suis hyper tolérant envers Westworld, car j’ai enfin retrouvé une série traitant des thèmes SF qui me plaisent le plus, avec un casting de malade et une esthétique à tomber par terre tous les trois plans. Ce manque d’objectivité n’empêche pas la critique pour autant, surtout qu’en un an et demi, ils ont eu le temps de créer une attente insoutenable. J’attends beaucoup de ce retour de la série qui a intérêt à continuer de mettre les petits plats dans les grands. Pas de quoi s’inquiéter je pense : il est déjà question d’une saison 3 pour certains acteurs en négociations de salaire, c’est donc qu’ils voient les choses en grand.

En tellement grand que la saison reprend avec un épisode d’une heure et dix minutes. À ce stade-là, autant faire un double épisode. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, surtout après le teasing, en fin de saison 1, d’autres parcs qui ne seraient pas des westerns. Je croise les doigts pour en savoir rapidement plus, et pour ne pas être déçu.

Ci-dessous, une critique sans spoiler ; pour ceux-ci et beaaaucoup plus de détails, cliquez sur le titre.

Note moyenne de la saison : 18,5/20

S02E01 – Journey Into Night – 20/20
Cet episode est long, très long, mais je n’ai pas vu le temps passer une fois de plus. Je suis vraiment trop fan de Westworld pour passer 1h15 devant et trouver encore que ce n’était pas assez et que j’en voulais plus. La saison met rapidement en place de nouvelles intrigues, avec un grand point d’interrogation général pour servir de fil rouge et plein de petites sous-intrigues. On explore de nouveaux duos vraiment intéressants, on continue les grands discours et la série n’est pas timide quand il s’agit de mettre en scène nudité et gore ; mais elle le fait toujours bien, c’est-à-dire que c’est au service de l’histoire et non juste pour le principe d’en mettre. Ce retour est donc un énorme oui pour moi !
S02E02 – Reunion – 19/20
Wow. Ce deuxième épisode prend encore plus de recul que le premier pour révéler l’ampleur du scénario mis en place et c’est à nouveau 58 minutes que je n’ai pas vu passer. Comme il me faut bien critiquer, je retire un point pour chipoter parce que je n’ai pas eu l’occasion de retrouver vraiment l’ensemble de mes personnages préférés, mais quand même. Une réalisation impeccable, un casting irréprochable, une ambiance efficace et une écriture complétement folle – toujours à tendance réflexive et pleine de concepts, il faut vraiment être difficile (ou ne pas aimer la SF, ou ne pas aimer l’ambiance finalement très littéraire, certes) pour ne pas adorer.
S02E03 – Virtu e Fortuna – 18/20
Léger coup de mou avec cet épisode qui prend parfois un peu trop de temps pour ne pas présenter grand-chose, mais qui se termine par une avancée plus rapide que je ne le pensais de l’intrigue. En plus, l’air de rien, cet épisode confirme quelques théories et apporte pas mal de nouveautés à la série qui continue de se renouveler subtilement, épisode après épisode.
S02E04 – The Riddle of the Sphinx – 20/20
L’épisode a beau être plus long, il est dur de voir le temps passer devant Westworld qui prend pourtant son temps par moment. Cet épisode confirme quelques-unes des théories que j’avais depuis la semaine dernière (notamment sur la dernière arrivée) et parvient à me surprendre également grâce à des rebondissements inespérés. L’absence d’une bonne partie du casting n’était absolument pas dérangeante et j’ai même adoré la construction de cet épisode qui nous fait deviner progressivement quelques-unes de ses révélations, allant toujours plus loin dans les thématiques abordées. Cet épisode donne le sentiment de voir quelqu’un réussir un puzzle devant nous, vraiment.
S02E05 – Akane No Mai – 16/20
Si la réalisation, le jeu d’acteurs et la BO sont toujours aussi impeccables, les intentions d’écriture très claires de cet épisode ne suffisent pas à le rendre aussi passionnant que je voudrais qu’il soit. Pourtant, il se concentre aux ¾ sur un de mes personnages préférés, mais ça ne prend jamais tout à fait. Jouant toujours de ses variations et répétitions, l’épisode a de vrais bons moments, mais dans l’ensemble, il est un énorme détour qui prend son temps alors que deux ou trois scènes auraient pu suffire. C’était un peu plus faible cette semaine, surtout après l’épisode de la semaine dernière !
S02E06 – Phase Space – 17/20
Cet épisode propose enfin de traiter de front l’ensemble de ses intrigues en cours, et ça fait du bien. C’était nécessaire pour enfin avancer, et d’ailleurs, ça avance énormément pour certaines histoires qui semblent déjà sur le point de toucher à leur fin. Il y a encore largement de quoi faire pour les quatre derniers épisodes cependant et je suis pressé de les voir pour obtenir quelques réponses supplémentaires – en espérant qu’ils arrêtent les détours inutilement longs.
S02E07 – Les Écorchés – 20/20
Ah oui quand même. Cet épisode enchaîne les révélations et je retire tout ce que j’ai pu dire sur le rythme plus lent des deux derniers épisodes : cette fois, on avance à toute allure dans une chronologie enfin parfaitement claire. L’histoire se développe, la mythologie se complexifie et le tout donne un résultat complètement fou à voir : des réponses, du rythme, du sang et, très franchement, un épisode digne d’une fin de saison !
S02E08 – Kiksuya – 18/20
Encore un épisode réussi, ils ne s’arrêtent décidément plus. Si ça m’a d’abord paru long au premier abord, le HS s’est peu à peu raccroché à des éléments que j’adore dans la série, avec un excellent développement de l’intrigue générale se faisant par un intermédiaire original. Après deux saisons, la série se réserve encore la capacité de me surprendre et d’étendre son univers de manière cohérente et logique. Et puis, comme toujours, les surprises débarquent quand je m’y attends le moins, alors je dis oui !
S02E09 – Vanishing Point  – 17/20
N’étant pas dans des conditions optimales pour voir cet épisode, il est dur de le noter, mais dans l’ensemble, c’était plutôt passionnant à voir et il y avait quelques bonnes surprises, tant dans l’intrigue repartant dans le passé que dans le présent. Et puis, même si je vois toujours les choses venir durant les scènes où elles ont lieu, la série parvient à me surprendre chaque semaine en prenant des directions que je n’attendais pas forcément. L’élément de surprise est une excellente chose.
S02E10 – The Passenger – 20/20
Ah. C’est fini pour cette saison, sur un épisode qui m’a retourné le cerveau au moins deux fois (au moins ça le remet en place) et dont je ne suis pas sûr d’avoir compris tous les sous-entendus et toutes les scènes. Excellent, tout simplement, avec juste ce qu’il faut de révélations pour continuer à se poser des questions et avoir besoin, je crois, de tout revoir au moins une fois pour suivre. Et puis, comme toute bonne fin de saison, certains sacrifices sont faits en cours de route, alors les émotions étaient là aussi.

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