Euphoria – S02E06

Épisode 6 – A Thousand Little Trees of Blood – 15/20
Je ne sais pas si c’est à cause de ma panne de séries de la semaine dernière ou s’il y a une autre raison, mais j’ai eu du mal à entrer dans cet épisode. Je trouve que ça trainait en longueur parfois inutilement et qu’on sent vraiment passer l’heure qu’il dure. Quarante minutes auraient été largement suffisantes pour raconter tout ça, et là, j’ai surtout l’impression qu’on fait durer des scènes qui, finalement, ralentissent trop le rythme de l’épisode et nous font oublier les moments marquants qui sont pourtant là.

Spoilers

Rue est en plein sevrage, Maddy et Cassie en froid.

It’s OK to be angry at her.

Mais quelle horrible scène d’introduction ? Rue est en manque et ne manque pas de nous le faire savoir. Comme on s’y attendait, elle est donc de retour chez elle et sa mère veille sur elle comme elle peut, à savoir en se montrant présente. Il n’y a pas grand-chose d’autre à faire à ce stade. Rue est dans un sale état, parce que c’est ça que provoque le manque.

Quel enfer. L’actrice qui joue sa mère s’en sort bien pour nous montrer toute la difficulté que ça représente pour elle, alors que Zendaya nous sort une prestation digne des zombies de The Walking Dead quand elle a envie de manger un bonbon qu’elle ne peut pas ouvrir. La mère fait donc tout ce qu’elle peut pour venir en aide à Rue, surtout qu’elle doit patienter la semaine pour lui trouver une place en centre de désintoxication.

On sent bien que l’épisode ne va pas être simple. La narration reprend aussi son style bien éclaté, avec Rue qui se concentre un temps sur le passé de sa mère avant d’essayer de se souvenir de ce qu’elle a pu lui dire quand sa sœur lui apporte à son tour son soutien, avant de penser à Ali et au mal qu’elle a pu lui faire. Bon, tout n’est pas perdu, Rue a quand même quelques regrets au milieu de cette période d’abstinence et de manque de drogue.

Elle me fait de la peine, mais ça n’empêche pas cette première partie de l’épisode d’être un peu trop longue. Pourtant, on sent que les scénaristes nous passent le plus dur avec un montage et l’utilisation de la voix-off. Cela nous permet d’en arriver plus vite au moment où Rue appelle Ali pour s’excuser, sauf que ce n’est pas si simple que ça de s’excuser et d’assumer ses conneries. Elle finit tout de même par réussir à dire ses excuses, et elle est bien rapidement pardonnée par Ali.

Il est vraiment une bonne personne – et il a le pardon tellement facile. Cela soulage Rue d’un énorme poids, forcément… mais j’avais surtout envie de passer à la suite, moi. Cela finit par arriver avec Ali qui débarque chez Rue pour cuisiner le repas à toute la famille. Il le fait avec Gia, après s’être débarrassé de Rue et de sa mère. OK ? C’est un peu étrange comme scène, je ne m’y attendais vraiment pas.

J’aime bien Gia, mais ce n’est pas sur elle que je pensais que l’épisode allait se concentrer sur elle et ses sentiments. Seulement, c’est qu’Ali a envie de faire, et c’est plutôt légitime en tant que parrain de Rue. Le dîner de famille ? Il n’est montré qu’en fin d’épisode et il nous révèle à quel point Ali a confiance en Rue, espérant d’elle qu’elle réussisse à rester clean. Pourtant, cette fois, Gia n’est plus si confiante en sa grande sœur. Elle a besoin de plus d’amour, Gia, et elle l’obtient de Rue… alors que sa mère apprend en pleine nuit que finalement, non, il n’y aura pas de place pour Rue dans l’hôpital où elle souhaitait la faire interner. Super.

Cet épisode marque aussi, enfin, le retour de Nate. Le pauvre n’a aucune idée de ce qu’il s’est passé entre ses deux copines, et il est ainsi plutôt heureux de sa journée : son père s’est barré, personne n’a jamais nettoyé sa pisse d’ailleurs, et il peut s’entraîner avec son portable en mode silencieux comme d’habitude. Comme d’habitude, quand il le reprend, il a 38 appels en absence de Cassie, comme toujours, et zéro de la part de Maddy, comme jamais.

Malgré tout, Nate ignore le problème et parle plutôt avec sa mère. Il semble plutôt triste que Maddy ne lui parlera plus jamais, la mère est complètement soulagée que Maddy ne soit pas enceinte et est morte de rire d’apprendre que Cassie est la meilleure amie de Maddy. Franchement, comment peut-on continuer d’en vouloir à Nate quand on voit les adultes qui l’élèvent ? Entre son père malheureux de ne pas être avec son mec et la mère dégoûtée d’être tombée enceinte ado qui regrette d’avoir perdu sa jeunesse, il ne peut pas finir équilibré le monsieur ?

Il a tout de même de bons réflexes : il pense à vérifier les affaires de son père, s’inquiétant pour le business de celui-ci. Malheureusement, il trouve surtout un flingue dans le bureau de Cal. Et ça ne peut vraiment pas être bon signe quand on sait qu’il craint Maddy – puisqu’elle a toujours l’enregistrement de Cal en train de coucher avec Jules.

Maddy, elle, est en pleine méditation après ce qu’il s’est passé. Elle a envie d’assassiner Cassie et lui en veut clairement, s’en confiant à Kat. Je suis super déçu de Kat, d’ailleurs, elle tourne aussitôt le dos à Cassie. Je ne l’imaginais vraiment pas comme ça, à partager des appels haineux sur une de ses potes avec Maddy. Le pire, c’est qu’en plus elle le fait alors qu’elle est censée être en rencard avec son mec ?

Enfin, rencard, c’est un grand mot. Elle préfère être au téléphone avec Maddy qu’avec son copain, et son copain, elle préfère le larguer.

Pour cela, elle prétexte avoir un cancer du cerveau en phase terminale et prend mal qu’il la mette en doute sur ce sujet. C’est un bel exemple d’écriture avec une serveuse hilarante et Kat qui force son copain à lui demander de rompre. C’est d’une tristesse.

Pour en revenir à Maddy, à défaut de parler de Jules parce que Rue ne veut pas en parler, elle finit par se remettre de ses émotions en se confiant à sa boss, Samantha, après avoir babysitté le gamin une fois de plus. Samantha et Maddy se retrouvent alors dans la piscine, et c’est suffisant pour qu’une bouteille de vin soit vidée et que Samantha aide Maddy à se remettre. Elle n’a que dix-huit ans après tout, ce n’est pas si grave – et Samantha a fait la même chose que Cassie à la fac.

Maddy pourrait donc s’en remettre sans trop de problème… sauf que quand elle rentre chez elle, c’est pour mieux tomber sur Nate et son flingue. C’est loin d’être une bonne chose : Nate la menace avec le flingue, lui expliquant à demi-mot qu’il sait qu’elle a l’enregistrement vidéo de Cal et Jules et qu’il souhaite le récupérer. La scène est clairement flippante avec un jeu de roulette russe pour la récupérer, même si Nate menace surtout de se suicider sur Maddy. Putain, des années de thérapie pour Maddy à ce stade. J’ai tellement de peine pour elle. Cette scène me remet au moins à fond dans ce qu’il se passe.

J’avais oublié à quel point Nate était un personnage ambivalent. Le pire, c’est qu’après avoir détruit Maddy comme ça, il remarque aussitôt des points en allant donner à Jules le DVD de son père et elle en train de coucher ensemble. Il est 100% honnête avec Jules, expliquant qu’il a vu la vidéo, que son père ne sait pas qu’il s’apprête à lui donner et qu’il ne connaît pas d’autres copies. Terrible. Tous les deux sont parfaitement honnêtes et tout va donc bien, mais bon, Jules avait tout de même prévu de trancher la gorge de Nate en cas de besoin.

En parallèle, la mère de Cassie demande à Lexi de cacher les couteaux dans les buissons du jardin pour s’assurer que Cassie ne se suicide pas bêtement. C’est du grand n’importe quoi à ce stade, mais ça pousse Lexi à aller parler de sa pièce à Fez. Pourquoi pas ? Je comprends les doutes de Lexi à ce stade : elle s’apprête à exposer toute la vie de sa sœur déjà dépressive et enfermée dans la salle de bain. Ce n’est pas la meilleure des idées.

Est-ce que Fez est vraiment de bons conseils après ? Telle est la question. C’est chouette de la voir souriante et heureuse avec lui, cependant, c’est déjà ça. Ils sont tellement mignons ensemble sur Stand by me, je ne peux qu’approuver l’existence de ce couple… même si ça risque de déraper avec le pote de Fez qui explique à Faye qu’il coopère avec les flics. Pff. C’était pourtant un bon moment de pause pour Lexi !

Elle en a bien besoin en plus : quand elle rentre, c’est pour retrouver Cassie en pleine crise. Elle envisage bien le suicide, avec un tire-bouchon à défaut de trouver un couteau. Ce n’est pas gagné cette affaire. Au passage, Lexi en profite pour lui souligner qu’elle sait pourquoi Fex a explosé la tronche de Nate au Nouvel An et qu’il est triste que Cassie puisse tomber amoureuse de Nate après des années à être moquée par lui. C’est si vrai.

Ce n’est toutefois pas suffisant pour qu’elle résiste quand Nate propose de passer la chercher directement chez elle et de passer la nuit – ou plus – chez lui. Elle lui répond qu’elle l’aime aussi et se précipite dans sa voiture, sans que sa mère ne cherche à la retenir. Je suis si triste pour Cassie aussi, même si elle passe probablement une meilleure nuit que Jules qui voit donc la vidéo que Nate vient de lui remettre. Quel enfer.

Euphoria – S02E05

Épisode 5 – Stand Still Like the Hummingbird – 17/20
Un épisode qui change totalement d’approche pour proposer quelque chose de très linéaire, mais de tout aussi prenant et fluide que d’habitude. Difficile par moments de retrouver son souffle tellement il s’en passe en très peu de temps, mais cet épisode le plus court de la saison paraît être l’un des plus longs grâce à ça. Et surtout, comme d’habitude, je n’ai qu’une envie : voir la suite. Je n’ai pas trop eu l’impression qu’on perdait du temps cette semaine, et les acteurs sortent tous le grand jeu.

Spoilers

La mère de Rue confronte enfin sa fille, car elle sait qu’elle se drogue à nouveau.

You are fucking dead to me.

Quel début incroyable et inattendu ? La mère de Rue prend enfin son rôle de mère en main et entre dans la confrontation avec Rue, et c’est exactement ce que j’espérais voir à un moment ou un autre dans la série. La dispute est brillamment jouée, et l’épisode commence par le point de vue de Gia, ce qui est plus qu’inattendu.

Il faut dire que la petite sœur est celle que Rue soupçonne immédiatement de l’avoir balancée à la mère, puisque c’est la seule techniquement au courant. Bon, il y aurait son parrain aussi, même si elle pense s’en être débarrassée. Cela dit, assez vite on apprend la vérité qui est toute autre : c’est donc finalement Jules qui a balancé Rue, et c’est encore plus grave que si ça avait été Gia aux yeux de Rue. J’adore Jules sur ce coup-là.

J’adore aussi l’interprétation de Zendaya et de l’actrice choisie pour jouer la mère. C’est assez exceptionnel, en vrai, parce que ça part vite en vrille. Rue comprend soudainement que sa mère a trouvé les pilules – et c’est terrible. C’est terrible, parce que Gia se met à culpabiliser de ne pas avoir compris, mais aussi parce que la mère a planqué les pilules. Inévitablement.

Elle a donc décidé de les planquer et pour une fois, l’intro est on ne peut plus linéaire avec une narration qui nous raconte vraiment toute la dispute, sans interruption. La confrontation est violente, avec une mère qui ne peut accepter que sa fille s’en prenne verbalement à elle, et encore moins qu’elle s’en prenne physiquement à elle.

Elle ne va pourtant pas avoir le choix, parce que même quand elle la vire de la chambre de Gia, ça se termine mal : Rue arrive quand même à défoncer une porte rien qu’avec son pied, d’abord, mais surtout avec sa tête. C’est une scène vraiment excellente, et j’ai mal pour elle. Le problème, c’est que Rue insiste pour savoir où sont les pilules parce qu’elle a peur pour sa vie, mais qu’elle paraît juste être une droguée comme une autre. Et la patience de la mère est assez hallucinante : elle ne répond pas à sa fille, elle la regarde détruire la maison, elle n’appelle ni les flics, ni l’hôpital, comme elle menace de le faire. A un moment donné, ça aurait pu être mal de le faire, pourtant, parce que Rue est un danger pour elle-même autant que pour sa famille.

La série nous prend alors par surprise : Jules est celle qui craque et indique à Rue où sont les pilules, à savoir au fond des toilettes. Oui, la surprise est là : Jules est présente dans la maison, et avec Elliot en plus. Bonjour la trahison pour Rue. Et pour nous !

Cela dit, ça fonctionne très bien, et l’aboiement que Rue balance à Jules – parce que franchement, c’est un aboiement – est glaçant. Je retrouve vraiment Zendaya telle que je l’adore dans cette scène, et le jeu des acteurs est au top à nouveau : Elliot et sa culpabilité silencieuse, Rue et sa colère instable, un coup froide, un coup excessive, Jules et ses pleurs quand Rue lui explique à peu près calmement qu’elle est morte à ses yeux.

Le plus surprenant avec cette scène d’ouverture n’est pas tellement dans sa longueur, mais dans sa brutalité. Il y a deux épisodes, Rue était quand même équilibrée malgré la drogue, mais là, d’un coup, on en revient à ce qui est probablement la pire période de sa vie et son point le plus bas dans la série. Cette pauvre Jules s’en prend donc plein la tronche, alors qu’Elliot regrette d’avoir dit quoique ce soit, parce qu’il ne reconnaît plus Rue. Il la préférait en train de se droguer et de faire la fête.

Perso, je la préfère encore quand elle s’énerve et qu’elle balance à Jules que tout est sa faute parce qu’elle l’a abandonnée au pire moment de sa vie. Dire que Jules est responsable, ce n’est quand même pas être tout à fait honnête avec elle-même, mais il y a du vrai dans ses mots, particulièrement quand elle explique que Jules est amoureuse du fait d’être aimée plus que de Rue. Il est sûr que Jules a du mal à l’aimer comme il faut, mais tout de même.

En tout cas, cette trahison finit par calmer Rue qui accepte alors d’être emmenée à l’hôpital. Gia se charge de la valise et Elliot est témoin de son départ pour l’hôpital. Il ne dit rien, ne bouge pas, et je trouve ça presque pire que le reste. Il a bien fait de parler, mais il devrait en profiter pour être mis lui aussi face à ses problèmes.

Rue ? Elle continue de toute évidence de vouloir faire mal à sa famille, puisqu’elle leur balance qu’elle est retombée dans la drogue dès sa sortie du centre de désintoxication. Le problème, c’est que la mère en profite pour dire à Rue que c’est exactement là qu’elle compte la ramener. Rue avait accepté d’aller aux urgences, mais pas de retourner en cure. La vérité continue alors de sortir de la bouche de Rue, avec bien des difficultés d’écoute en face. Gia entend tout et la violence psychologique doit être énorme.

Ce n’est que le début par contre, parce que la scène suivante est pire encore : Rue sort de la voiture sans prévenir pour ne pas avoir à retourner au centre. Elle s’échappe en plein centre-ville, alors que de nombreuses voitures passent, à grande vitesse, et manquent de l’écraser de vraiment peu. Pauvre Gia qui voit tout ça.

Où Rue peut-elle se rendre dans cet état ? Chez Fez, bien évidemment. Je n’attendais pas autre chose de sa part, mais la pauvre se retrouve alors face à une porte fermée. Ouf. C’est le moment où on peut enfin reprendre son souffle dans ce début d’épisode qui était tellement fluide et précipité qu’on a jamais pu le faire avant. D’habitude, c’est parce qu’on passe trop vite d’un personnage à l’autre que ça nous arrive. Cette fois-ci, c’est parce que la narration est parfaitement linéaire. C’est amusant tout de même.

Rue est tellement paumée cette fois, en plus, qu’elle ne prend même pas le temps de nous raconter ce qu’il se passe en voix off. Cela donne presque l’impression d’être devant une autre série. Bon, Fez ne lui répondant pas, Rue n’a d’autres choix que de se rendre ailleurs, surtout qu’elle cherche toujours de quoi se droguer. Sa destination est alors… la maison de Lexi, sa meilleure amie d’enfance.

Cela se tient et ça lui permet de croiser Maddie, Kat, Cassie ou la mère de Cassie et Lexi. Celle-ci est loin d’être naïve ; Lexi comprend bien sûr ce qu’il se passe elle aussi et c’est sans surprise que Rue se retrouve face à une intervention quelques minutes plus tard.

Sa mère est là, mais Cassie aussi. C’est la pire des idées : Cassie essaie d’aider dans l’intervention, mais ça se retourne contre elle quand Rue lui demande le plus naturellement du monde depuis combien de temps elle couche avec Nate. Voilà qui est fait. Le problème, c’est que la question est posée devant Madison et que Cassie est une horrible menteuse. La réaction de Lexi est hyper révélatrice, elle aussi, parce qu’elle recolle enfin les morceaux de tout ce qu’elle observait sans comprendre.

Maddison est alors légitimement celle qui s’énerve. Rue est brillante : c’était évident que ça finirait comme ça. Je ne sais pas si elle était en état d’envisager un vrai plan car elle est clairement en manque à chercher des médocs dans l’armoire à pharmacie de cette barraque, mais… en tout cas, ça fonctionne. Madison s’énerve et ça dévie l’intervention, puisque Cassie lui ment bien sûr quand elle affirme que tout n’est que mensonge de la part de Rue.

Pas un instant Cassie ne dévie son discours, mais c’est encore sans compter sur Rue : Madison lui demande tout simplement à quel moment elle a vu Cassie monter dans la voiture de Nate pour l’embrasser. Rue répond en plus, et dans le mouvement de panique que cette réponse provoque, avec Madison fonçant droit sur Cassie qui s’enfuie par l’escalier où était Rue, eh bien, Rue s’enfuit.

Elle se rend alors chez Fez et utilise la même technique que chez Lexi : elle demande à utiliser les toilettes pour fouiller la maison et y trouver de la drogue. Ce n’est pas si évident que ça, étonnamment, et quand elle y parvient enfin, eh bien, Fez lui tombe dessus. Il n’est pas complètement stupide, hein. Même si Rue essaie de négocier, et même si elle se montre violente avec lui, Fez n’hésite pas à la virer de chez lui.

Par conséquent, elle n’a vraiment plus nulle part où aller. Ce n’est pas ça qui l’arrête pour autant : elle entre par effraction dans une maison au pif, et elle réussit à voler tout un tas de bijoux et à percer le code secret de débutant du coffre-fort. Oh, elle fait tout ça seulement après avoir réussi à apprivoiser le chien, ce qui ne lui prend pas longtemps… mais ça ne prend pas non plus très longtemps aux propriétaires de revenir. Elle a beau se cacher sous le lit, ils la retrouvent dès qu’ils constatent le vol, parce qu’elle se planque à côté du coffre avec le flingue. C’est problématique.

Elle n’a d’autres choix que de s’enfuir à nouveau, et le pire, c’est qu’elle y arrive alors qu’elle ne ferait pourtant pas le poids face au couple chez qui elle est. Par chance pour elle, ils ont plus peur d’elle qu’autre chose, et je les comprends.

Rue tombe ensuite, par malchance cette fois, sur une voiture de flics qui sent bien qu’elle est louche et que quelque chose ne va pas avec elle. Elle vomit devant eux, et ça lance aussitôt une grosse course poursuite. Allégée après avoir vomi, elle a toute l’énergie qu’il faut pour se lancer dans une improbable et interminable course poursuite avec les flics, course qui la ramène à risquer sa vie pour de vrai quand elle traverse une grande route.

Un accident plus tard, Rue est toujours en vie et peut continuer de courir, coursée à présent par de nouveaux flics. Escaladant tous les murs qu’elle trouve pour s’enfuir, elle détruit alors le buffet d’une super fête et ça fait vraiment de la peine pour des gens qui n’ont rien demandé. La course poursuite est assez prenante et vachement intéressante à voir, mais je peux accélérer la critique, je pense, parce qu’autant la scène coupe le souffle, autant il n’y a pas grand intérêt à la résumer. Rue ne regarde pas où elle saute, par contre, ce qui fait qu’elle tombe dans des cactus, d’abord, puis sur une table basse en verre. Aïe. J’ai tellement mal pour elle

La course est interminable, elle entre par effraction, provoque des accidents, parvient à semer des flics en se cachant dans une poubelle… Bordel, ils doivent avoir tellement de motifs pour l’arrêter à ce stade. Elle est en train de déconner sévère. La saison 3 sera la suite d’Orange is the new black à ce stade. En plus, elle n’a toujours pas trouvé de quoi se droguer. Et moi, je trouve que les flics ne sont pas malins de ne pas vérifier les poubelles.

Elle est quand même hyper sportive pour une droguée. Moi, y a longtemps que j’aurais été arrêté à sa place. En même temps, je ne risque pas d’être à sa place, parce que je ne me drogue pas. Par contre, je pense qu’elle a la pire des idées ensuite : elle se rend chez sa dealer.

Celle-ci reste fidèle à elle-même et ne s’énerve pas. Elle explique même qu’elle est heureuse de la voir, mais pas ravie de savoir que Rue lui ment. Elle n’est pas stupide : bien sûr qu’elle voit que Rue lui ment quand elle assure avoir été sobre. J’aime beaucoup l’actrice et son ton très posé, mais j’avoue que je suis un peu frustré par ce choix de Rue de débarquer chez elle. C’est clairement une très mauvaise idée : la dealer n’en a rien à faire d’elle, elle n’a rien pour l’aider et elle veut du cash. En attendant de l’avoir, elle lui fait une petite leçon sur les ravages des opioïdes – comme si Rue en avait quoique ce soit à faire à ce stade.

La série nous révèle aussi une étrange porte avec un cadenas qui est inquiétant, pendant que le speech de la dealer vire à autre chose de moins ravissant pour Rue : évidemment, elle se retrouve à devoir envisager la prostitution, alors que la dealer se montre toute gentille avec elle et s’occupe d’elle, prévoyant de la piquer avec de la morphine ensuite, prétextant ne pas avoir de pilule à lui donner. Oh. CRAP. Tout ça va vraiment mal se terminer – et ça le pourrait déjà.

Rue explique ainsi qu’elle a envie de mourir et qu’elle est prête à prendre tout ce que la dealer voudra bien lui donner. Y compris de la drogue injectée par piqure. Oh. C’est terrible. La dealer est si douce avec elle, en apparence, mais elle est horrible à la manipuler comme ça. Elle révèle même qu’elle avait déjà prévu d’avoir Rue dans sa vie pour un moment dès le premier coup d’œil. Cela ne m’étonne pas, mais vraiment cette nouvelle année n’est pas exceptionnelle pour Rue.

Dès qu’elle a de la drogue, en revanche, on retrouve la narration éclatée de la série, avec un souvenir de bain d’enfance et un autre de l’enterrement de son père, et un autre de la naissance de Gia, et oui, c’est triste. Ce n’est pas le pire, cependant. Le pire, c’est le réveil de Rue : que son père lui manque et que ça justifie sa prise de drogue, c’est un peu gros, mais ce n’est pas nouveau. Qu’elle se réveille dans le repaire d’une dealer qui garde prisonnière des gens qu’elle veut prostituer, c’est nouveau par contre.

La scène est stressante et flippante, avec une Rue qui cherche à s’enfuir par tous les moyens, mais se rend compte que les fenêtres sont cadenassées et la porte fermée elle aussi. Pourtant, tout le monde est tellement défoncé dans ce squat qu’elle réussit à s’enfuir par la fenêtre d’une salle de bain à l’étage, gardée par un type à moitié à poil face auquel elle n’aurait pas fait le poids.

Oui, oui, Rue réussit à s’enfuir. C’est un soulagement… et une horreur malgré tout, parce que je ne vois pas trop où elle compte aller ensuite. L’épisode se termine par la porte de chez elle qui s’ouvre, avec la mère qui demande si c’est elle, mais ça me paraît trop simple pour que ce soit le cas. Quant au générique de fin, il nous ramène à l’annulation sauvage de Veronica Mars, et ça, ce n’est pas cool du tout.

Euphoria – S02E04

Épisode 4 – You Who Can Not See, Think of Those Who Can – 15/20
Autant j’adore la beauté de la série, l’ambiance musicale qu’elle instaure et la qualité du jeu des acteurs, autant la narration est cette fois-ci beaucoup trop éclatée pour que j’adhère encore à 100% à ce que je viens de voir. J’ai tellement envie que les personnages aillent mieux, mais on les observe tous s’enfoncer dans les pires choix possibles. Les plus dangereux aussi. On sait que tout finira mal, on a envie de détourner le regard mais on est scotché à son canapé alors que tout se déroule sous nos yeux. Incroyable série.

Spoilers

Jules et Elliot se rapprochent, Cassie espère encore beaucoup de son couple avec Nate et Cal a du mal à se remettre des révélations de l’épisode précédent qui ont fait voler en éclat sa petite vie tranquille.

Should we all just fuck ?

À peine rentré du travail que je me suis jeté sur cet épisode, inévitablement. Comment faire autrement ? Et bordel, j’ai adoré dès le départ l’impertinence du délire de nous proposer Rue et Jules en train de coucher ensemble pour enchaîner sur des mises en scène incroyables nous montrant Jules et Rue dans des parodies d’œuvre d’art. Je ne suis pas sûr d’avoir tout eu franchement, mais qu’est-ce que j’ai aimé ce début d’épisode.

On sent que la série part en vrille dès ses premières secondes, mais les mises en scène copiant les films cultes sont incroyables. Je veux dire Titanic, c’était bluffant, et Blanche Neige avec le clin d’œil au consentement, c’était une super idée. Brokeback Mountain, c’était facile, et là aussi, ça ajoute une notion de consentement bien vu. Bref, Rue a des pensées bizarres quand on lui fait un cunnilingus, mais on comprend bien que l’idée est qu’elle se projette dans toutes les relations amoureuses qu’elle connaît.

Le problème, c’est que même si elle est amoureuse, elle est aussi défoncée en permanence, et ça n’aide pas vraiment sa relation avec Jules. Elle ne sent pas grand-chose quand elles font l’amour, et elle est ainsi forcée de simuler l’orgasme – mais comme elle est défoncée, elle simule sacrément mal. Jules, vexée, s’en confie donc à Elliot qui décide de lui apprendre comment faire des cunnilingus en pratiquant sur sa main.

Bordel, ça ne pouvait que mal tourner, et ça ne manque pas : on le voyait bien la semaine dernière, l’alchimie entre Jules et Elliot est énorme. Ils s’embrassent, commencent presque à coucher ensemble… et sont interrompus par l’arrivée de Rue qui, heureusement, prévient avant. C’est la douche froide cette intro – moi qui regrettais presque de ne pas avoir la même intro que d’habitude.

On les retrouve plus tard dans l’épisode, tous les trois à faire la fête. Et dès que Rue se rend dans la salle de bain, Jules se précipite sur Elliot pour l’embrasser.

On enchaîne ensuite sur une scène beaucoup trop toxique avec des actions ou vérités se limitant à des gages où Elliot sert d’esclave sexuel aux filles. Sérieusement. Et il n’est pas si bien que ça à faire semblant de se droguer, c’est évident. Il leur propose aussi d’aller voler de la bière, ce qui n’est jamais une bonne idée et mène à une scène certes bien filmée, mais totalement répréhensible.

Le problème, c’est donc que Rue se met à boire de la bière elle aussi une fois que Jules et Elliot sont de retour dans la voiture. Si Elliot s’inquiète de la voir boire car ce n’est pas hyper compatible avec la drogue prise avant, Jules s’inquiète surtout de la voir boire parce que ce n’est pas compatible avec sa cure de désintox. Malheureusement, Rue est déjà trop perchée pour se contrôler : elle explique donc à Jules qu’elle en a marre d’elle. En des termes bien moins polis et chouettes que ça.

Il n’en faut pas beaucoup plus pour que Rue soit laissée seule chez elle par Elliot et Jules. Sans surveillance. On n’est pas loin d’en revenir à la fin de saison 1 : Rue trouve la valise de l’épisode précédent sous son lit et n’hésite pas à se servir dans les drogues qu’elle a. Putain. Tu m’étonnes que l’épisode soit aussi éclaté si elle se met dans cet état et que c’est elle qui nous le raconte. Elle n’est peut-être pas en état de nous balancer ses discours habituels ?

Complètement défoncée, Rue imagine ensuite son enterrement, dans une scène bien étrange. Eh, ça ne peut que terminer comme ça vu toute la drogue qu’elle se bouffe. Elle fait alors un slow avec un chanteur à la voix magnifique et ce slow se transforme aussi en câlin avec son père… dans sa tête tout du moins. En vrai, l’épisode nous montre bien qu’elle fait un slow seule. Et vous allez voir que ce n’est pas la seule.

Pendant ce temps, il va de soi que Jules rentre chez Elliot et prend une douche chez lui. Cela ne peut que mal tourner, à nouveau. Bizarrement, ça tourne pourtant plutôt bien : alors que Jules se jette sur Elliot pour coucher avec, celui-ci se rachète une conscience et devient vraiment l’un des personnages que je préfère cette saison : il explique à Jules que Rue n’est pas sobre du tout et qu’ils se droguent ensemble depuis qu’ils se connaissent.

En parallèle, Nate et Cassie continuent donc de se voir, et ça fait toujours souffrir Cassie. L’actrice en profite pour continuer ses incroyables performances, alors que le personnage est clairement tiraillé entre ses désirs et son amitié pour Maddy à qui elle apporte un magnifique gâteau d’anniversaire et un livre photo sur leur amitié. Maddy ne se doute de rien, elle, et est toujours aussi à l’aise dans la maison où elle est supposée travailler.

Elle y invite régulièrement Nate pour des moments entre eux, où elle lui confie qu’il l’a détruite pour du long terme. Tu m’étonnes. Ce n’est clairement pas une relation que l’on aimerait avoir celle-ci : ils passent encore plein de temps ensemble, à parler d’amour et… ça perturbe Cassie. Elle se réconciliait avec elle-même en se disant que Nate n’était plus en couple avec sa meilleure amie, mais cette zone de flou est horrible pour elle désormais.

En bon manipulateur, Nate essaie de la dégrader énormément, mais c’est mal la connaître. En plus, bon, il se trompe de prénom quand il lui parle, alors forcément, Cassie s’énerve. La dispute de couple entre ces deux-là n’est pas sans rappeler ce que donnait les scènes entre Maddy et Nate avant, et on sent que ça part en vrai. Cela me fait presque regretter d’avoir déjà écrit un article sur Cassie et l’incroyable performance de l’actrice ce matin, parce que cette scène mérite tout autant un article !

Cassie rentre chez elle auprès de Lexi qui cherche à renouer le dialogue, sans trop de succès. La scène est mise en parallèle avec les auditions pour le spectacle de théâtre, et ça n’est vraiment pas à l’avantage de la série : ça part en vrille et ça va dans tous les sens pour pas grand-chose. Lexi décide en tout cas d’arrêter de s’inquiéter pour sa sœur.

C’est bien dommage, parce que Cassie aurait bien besoin qu’on s’occupe d’elle. Elle se rend à l’anniversaire de Maddy, donc, pour mieux voir que Nate fait un cadeau magnifique à Maddy. Clairement jalouse, Cassie décide d’enfiler un maillot magnifique pour faire sensation à sa manière avant d’aller dans le jacuzzi en enchaînant les boissons. Et Lexi a beau dire, on voit bien qu’elle s’inquiète toujours pour sa sœur, quoi.

Il y a de quoi : elle se descend une bouteille de vin blanc seule, et c’en est du gâchis de vin blanc quand on voit son état, en dansant, tout aussi seule. Par contre, si elle est seule, elle est tout de même observée par Nate et Maddy, et cette dernière n’est pas tendre du tout avec sa meilleure amie. Elle invite tout de même Nate dans son jacuzzi elle aussi.

Une autre intrigue qui donne l’impression que cet épisode est franchement déconstruit est qu’on en revient ensuite à l’anniversaire de Maddy, avec cette fois un approfondissement du personnage de Kat. Elle est cette fois dépressive à cause d’Ethan, comme à chaque fois, parce qu’elle se sent mal de ne pas l’aimer assez. Il est parfait, mais c’est tout le problème. Je déteste ce genre d’intrigue, mais c’est tristement réaliste.

En tout cas, c’est sans surprise que Kat est ensuite du côté de Maddy quand on lui demande. Elle a beau dire qu’elle a son propre avis – et c’est vrai – évidemment qu’elle est du côté de sa copine quand elle en a l’occasion. L’occasion ? Cassie, bourrée, se joint à la fête dans le jacuzzi et demande à Nate et Maddy s’ils sont de nouveau ensemble. Comme toujours, Maddy est donc super vénère d’entendre Nate répondre la vérité, mais trop rapidement à son goût et elle prend tout le monde à témoin dans leur dispute.

La dispute va jusqu’à Maddy répétant les demandes insensées de Nate qui veut se marier avec elle ou… avoir des bébés avec. Les bébés, ça ne plaît pas à Cassie : elle se met à vomir tout l’alcool ingurgité dans une scène à la fois hyper comique et horrible à voir où elle vomit sur tous ses amis et finit dans un vrai sale état.

Allez savoir pourquoi, la série se concentre aussi à nouveau sur Cal. Complètement dépressif et alcoolique lui aussi, il se remet de sa torture par Fez en buvant toujours plus et en prenant le volant dans des états horribles. Il n’a plus aucune prise sur son fils, sur sa vie, sur son alcoolisme, et c’est terrifiant à voir. Terrifiant, mais aussi super inquiétant, parce qu’on le voit prendre la route alors qu’Elliot est lui-même sur la route avec les filles.

Finalement, tout se passe bien pour lui et il arrive à destination sans trop de mal. Sa destination ? Le bar gay de l’épisode précédent, encore ouvert 25 ans plus tard apparemment. À vrai dire, rien n’a changé depuis l’épisode précédent, pas même le jukebox. Oh bordel, Eric Dane livre là aussi une bien jolie prestation. Certes, son personnage est bourré et ce n’est pas la chose la plus difficile à jouer, mais il le fait bien.

Sans trop de surprise, parce qu’il reste un sacré beau gosse, un type se dévoue pour venir danser avec cet alcoolo qui choisit un slow pour se remuer seul sur la piste de danse. On lit dans le regard de l’acteur tout ce qu’il faut des regrets du personnage et je n’étais pas surpris de voir le type se transformer l’air de rien en Derek, le copain de Cal à l’époque.

Malheureusement, cela donne envie à Cal de faire un peu de lutte, et ce n’est pas l’envie du type qui venait le draguer. Complètement saoul, Cal se fait donc virer du bar et reprend le volant, ce qui est la pire des idées du monde. Il réussit pourtant à rentrer sain et sauf chez lui. Enfin, sain, c’est vite dit. Il est complètement défoncé, et il se met à pisser dans son entrée en étant mort de rire. C’était pile ce qu’il fallait pour réveiller toute la maison et s’enterrer vivant devant sa femme et ses deux fils, tous ravis de voir son pénis se balancer devant eux pendant un moment. Les pauvres.

La scène est super prenante, parce que Cal dit enfin toute la vérité, aussi horrible soit-elle. Ben oui, il balance à son aîné, Aaron, qu’il a couché avec un homme pour la première fois (Derek ???) quand il était encore dans le ventre de sa mère ; mais aussi qu’il a couché avec plein d’hommes depuis. De manière toute aussi charmante, il avoue à Nate qu’il est son pire regret, et Nate ne dit rien à personne pendant toute la scène. Cela vaut mieux, apparemment, parce qu’Aaron se prend dans la tronche que ses parents connaissent les films pornos qu’il regarde, et les films pornos qu’il regarde sont atroces, avec des gang-bangs et des fétichismes chelous.

C’est instructif comme scène. C’est aussi assez dérangeant : on a envie que ça s’arrête sans réussir à décrocher pour autant de l’épisode. Marsha est plus forte que nous pour ça, elle rentre s’enfermer dans sa chambre quand il est question d’un mystérieux amant Facebook. Soit. Cal finit par s’en aller en laissant ses fils décider de qui nettoiera sa pisse, car il ne le fera pas. C’était hyper fort, dérangeant, triste et scotchant.

La fin d’épisode est problématique à souhait : on sait que Fez a un nouveau problème, puisque le corps de Mouse a été retrouvé. La pluie s’abat sur la ville, et par la fenêtre de la chambre de Rue. Si personne n’a fermé la fenêtre, alors ? Et si Jules est nue sur le lit d’Elliott en caleçon alors ? Et Jules se scarifie à nouveau ? La fin d’épisode est tellement perchée et éclatée ! Maddy fait la planche dans sa piscine, Lexi n’est pas bien non plus, Cassie pleure, Kat et Ethan sont dans une voiture (ont-ils croisé Cal ? J’ai sincèrement eu peur pour eux tellement ils n’ont rien à faire là autrement) et… WTF ? Faut arrêter la drogue, même si elle est meilleure que celle des scénaristes de Riverdale.

Euphoria – S02E03

Épisode 3 – Ruminations : Big and Little Bullys – 19/20
Les vingt premières minutes sont tellement incroyablement parfaites que j’ai hésité un moment à mettre un 20/20, mais je suis sûr que la série a encore beaucoup en réserve pour la suite de la saison. Vraiment, il n’y a pas photo : du casting à l’écriture, en passant par la réalisation, la photographie et la mise en scène, je suis fasciné par cette série. Elle donne l’impression d’être totalement dans un autre monde parfois, tout en étant toujours percutante dans les portraits qu’elle dessine et fluide dans la construction rythmée des épisodes. Incroyablement parfaite, donc.

Spoilers

Cal reste perturbé par ce que son fils lui a révélé, Cassie est prête à tout pour quelques minutes avec Nate et Rue s’enfonce de plus en plus dans les emmerdes.

 

Everyone’s a fucking nun.

Je sais, j’avais écrit que je n’aurais probablement pas le temps de voir cet épisode dès ce matin, mais j’en avais trop envie, alors me

voilà. Et je suis récompensé de ma volonté de découvrir cet épisode par un bon gros plan sur des fesses que je n’avais absolument pas besoin de voir pour commencer ma journée, su-per, merci Euphoria pour ça.

En effet, cet épisode débute gratuitement par les fesses de Cal qui se prépare à aller voir Derek. Qui sont ces gens ? Eh bien, Cal, c’est le père de Nate. Sauf que là, il n’est pas joué par Eric Dane, parce que nous sommes dans le passé et qu’il est encore ado. Vraiment, la nudité est purement gratuite, et je ne la comprends pas trop. Après, je ne vais pas m’attarder plus longtemps que ça dessus, surtout que je suis bien heureux que le montage suivant se fasse sur Mistify me, une chanson que j’adore. On y suit donc une journée normale dans la vie de Cal et Derek, et ça ressemble fort à un épisode de Riverdale quand ils se mettent à faire de la lutte et être dragués par une nana.

Après un détour par les vestiaires nous montrant bien que ces meilleurs amis aiment se voir nus sous la douche. Enfin, c’est surtout Cal qui est intéressé par les jambes et l’entrejambe de son pote. Malgré tout, quand il rencontre Marsha, il la laisse faire tout ce qu’elle veut… et le raconte dès que possible à Derek. Allez, la série reprend son esthétique incroyable pour toutes ces scènes, avec des plans qui se font timides par moments quand à d’autres moments la nudité ne semble déranger personne.

L’introduction ne s’arrête plus en tout cas de nous montrer les personnages de Derek et Cal à poil, enchaînant ensuite avec une soirée qui finit par un bain de minuit dans la piscine. Et si tout le monde se fout à poil, il semble important de conserver ses chaussettes pour plonger. Pardon, mais c’est tout ce que j’ai réussi à penser, alors que les caméras reprenaient leur voyeurisme esthétique étrange. En fait, tout est étrange dans ce début d’épisode, parce que Cal semble vraiment être un personnage sympathique finalement.

Bon, il passe son temps à coucher avec sa copine, mais c’est un adolescent après tout, alors c’est bien normal. On comprend malgré tout que sa relation à son père est particulière et qu’il y a également quelque chose qui lui trotte en tête en permanence. Il a des envies clairement homosexuelles, mais heureusement, il aime faire des cunilingus à sa copine, alors ça le détourne un temps de ses fantasmes. Un temps, seulement, évidemment.

Lors d’une soirée, Derek et Cal se retrouvent à conduire une décapotable sous une pluie battante et se réfugient dans un bar gay. La série voulant tout faire pour que je l’adore, elle enchaîne sur une autre chanson du groupe INXS où les deux amis s’éclatent et dansent ensemble. Oh bordel, mais non, mais qu’est-ce qu’ils font pour cette introduction ? C’est interminable et sérieusement, je suis en train de tomber amoureux de ces deux-là. Comme quoi, on peut raconter une belle histoire d’amour en 12 minutes.

Les deux amis finissent par partager leur premier baiser sur « Never tear us apart », ce qui est toujours un bon choix. Le réveil sera plus douloureux pour Cal le lendemain : alors qu’il vient de passer une belle soirée avec son copain, il découvre que sa copine est… Enceinte. Elle a vérifié avec trois tests avant de l’appeler, alors il n’y a aucun doute possible – même si la série ne nous le révèle pas exactement comme ça. Allez, félicitations Cal, tu vas devenir papa. Bizarrement, il s’effondre en larmes et casse toute la hype de ce début d’épisode.

Je m’attendais quand même à ce que le zoom arrière nous révèle que son lit soit partagé avec Derek, mais ce n’est tout de même pas le cas. Allez, il est temps de quitter le passé maintenant, mais bordel, qu’ils me fassent un spin-off sur Cal, ou un what if où il ne finisse pas par être le bâtard qu’il est.

La série enchaîne toutefois par un retour dans le présent qui continue de me convaincre que tout le monde veut que je tombe amoureux devant : je veux dire, Zendaya se met à chanter Call me irresponsable devant nous. Bon, le problème, c’est qu’on comprend assez vite que le fun de cette scène est provoqué par… la drogue. C’est dommage, mais ça ne m’a pas empêché d’être à fond avec elle. Je chantais, je me marrais et quand Gia la regarde, j’ai éclaté de rire.

Il était important de nous faire rire comme ça, parce que très rapidement, la série se dirige vers l’émotion exactement inverse : la dépression la plus importante quand Rue confie à sa petite sœur qu’elle se drogue pour oublier ses envies suicidaires. Mais ? Quel enfer. Avant d’en arriver là, la série nous propose un petit « How to get away with being a drug addict » qui est excellent, avec une petite référence à la saison précédente aussi. Zendaya est une actrice absolument brillante, l’écriture de cette série l’est encore plus.

On nous révèle ainsi qu’elle raconte tout ça à Jules, lui expliquant peut-être aussi pourquoi elle a avoué à sa sœur vouloir se suicider pour pouvoir tranquillement continuer à se droguer sans qu’elle ne l’en empêche. Ethiquement, je suis aussi dérangé par cette scène que lorsque Cassie de Skins expliquait comment être anorexique, mais en même temps, c’est le principe même de cette série d’être dérangeante.

Et elle est beaucoup plus que ça aussi, enchaînant avec Jules confiant à Rue qu’elle n’aime pas son nouvel ami, parce qu’il veut probablement la baiser et puis c’est tout. Ce n’est pas exactement tout et on enchaîne sur une scène incroyable où Jules va justement interroger ce pote. Les échanges entre eux sont si incroyables que j’en ai oublié la critique. Les références à Twitter, à la sexualité, à la notion de genre… Tout est joué avec une fluidité incroyable. J’ai adoré voir Jules et Elliot échanger sur le nombre de partenaires sexuels qu’ils avaient, parce que ça en disait long sur les deux personnages, l’air de rien. Et c’est sans trop de surprise que ça mène à Rue et Jules faisant l’amour, mais pas avant que Rue aperçoive le père de Nate, histoire de nous rappeler que nous sommes tout de même dans une série bien plus large que ça.

C’est un joli moyen de faire la transition vers la suite de l’épisode qui est… encore plus géniale ? Genre, je ne pensais pas que c’était possible, mais on se concentre sur le personnage de Lexi que j’adore et qui nous révèle avoir écrit un scénario. Et ce n’est pas si surprenant après tout : la série nous rappelle que Lexi a toujours été une observatrice de sa vie… et ça se fait par un moment tout à fait méta avec un miroir nous montrant les caméramen (bonjour) ou nous montrant Lexi en réalisatrice et Rue en actrice droguée.

C’est excellent et ça enchaîne par un autre détour : Lexi partage sa chambre avec une Cassie qui a désormais décidé de se réveiller tous les matins à quatre heures pour… se préparer à aller au lycée. Oui, oui, 4h du matin. Elle a ainsi les meilleurs outfits et est aussi merveilleuse que possible. Elle fait tout ça pour que Nate la remarque – sauf que Nate ne la remarque que quand elle s’habille littéralement comme Maddy. C’était aussi drôle que déprimant, comme d’habitude.

La série est magnifique pour ça, et tout semble si parfaitement cohérent et logique. Même la construction de l’épisode l’est, d’ailleurs, puisque tout ça permet d’en revenir à Lexi et son scénario validé par un prof, à quelques mètres d’un action ou vérité de Rue, Jules et Elliot. Les trois passent désormais tout leur temps ensemble, et ça se fait avec ce jeu et des actions particulièrement stupides.

Si elles nous permettent de rire et de continuer à provoquer, le but de l’épisode est toutefois bien de se centrer sur Lexi et sa pièce de théâtre. Le problème, c’est que la pièce est totalement inspirée de sa vie, y compris de la vie de sa sœur… sauf que Cassie n’est pas au courant des talents de sa sœur, pas plus que Lexi n’est au courant des préoccupations de Cassie. À force de vouloir être toujours la plus sexy pour Nate, Cassie en arrive à un stade où elle paraît plus ridicule qu’autre chose. Son look la fait passer pour un personnage de la comédie musicale Oklahoma que je n’ai pas vu moi non plus.

Il était plus facile de s’identifier à Rue, comme ça. Par contre, ça ne dure qu’un temps, parce qu’on en revient au plus grand malaise de Cassie. Elle est magnifique, Cassie, à péter un câble sur Maddy, à lui révéler qu’elle est amoureuse de Nate et que Nate n’est de toute manière pas fait pour Maddy puisqu’ils sont toxiques ensemble.

Malheureusement, tout ça, ça se passe dans la tête de Cass. Dans la réalité, elle ne dit rien (mais quelle arnaque, j’y croyais !), ne se confie qu’à demi-mot à sa meilleure amie et… couche avec Nate tous les vendredis soirs. Oh putain, mais Nate ! Cassie ! J’aurais dû m’y attendre, bordel. La scène est violente, surtout qu’on nous montre ensuite que les parents de Nate entendent tout. Et la réplique de la mère qui donnerait beaucoup pour redevenir adolescente est vachement compréhensible après ce début d’épisode où on voit qu’elle avait de quoi s’éclater encore et encore. De toute manière, Cal s’en fout royalement désormais.

En effet, il est toujours perturbé, et c’est bien logique, par ce que son fils lui a révélé en fin d’épisode la semaine dernière. On nous révèle donc qu’il planque désormais devant chez Fez, et je n’aime pas ça du tout. Ash non plus n’aime pas ça, et il n’hésite pas à braquer Cal, hein. Il n’en faut pas plus pour que Fez interroge donc Cal, sauf que ça tourne mal. Ash s’éclate sur la tronche d’Eric Dane et ça finit par faire sortir la vérité du personnage de Cal.

C’est horrible : il est persuadé que Fez est au courant de ce qu’il a fait avec Jules, et il est sûr aussi que Fez a le DVD sur lequel il y a une vidéo de lui et Jules. Ce n’est toutefois pas le cas du tout : bien au contraire, il révèle tout lui-même à Fez, qui n’en revient pas de ce qu’il entend. TU M’ETONNES. C’est terrible à voir, parce que Cal se fait avoir comme un bleu et tabasser au passage, avant d’être libéré bien simplement par Fez qui comprend qu’il est dépassé par tout ce qu’il se passe.

Pendant ce temps, Kat est toujours sous-exploitée et j’attends impatiemment son épisode. Les scénaristes ne l’oublient pas totalement, avec une scène où elle rencontre les parents d’Ethan… et plante complètement le test qu’ils lui font passer. En parlant de test, il faut bien en revenir aussi à Lexi et son audition : cela permet de rencontrer Bobi, son assistante à la voix insupportable, et de voir Ethan obtenir un rôle dans la pièce. J’imagine que ça aura un impact pour la suite, parce que pour l’instant, on se contente d’avoir cette pièce comme alibi pour Rue.

Oui, en parallèle de tout ça, Rue a aussi une idée qui lui fait penser qu’elle est une véritable génie. Elle veut ainsi revendre de la drogue et demande à Fez de l’aider. Comme il refuse, elle se tourne vers la dealer du premier épisode, qui aime faire en sorte que tout le monde se déshabille chez elle. Je ne le sens pas du tout là. Il s’agit tout de même d’une psychopathe avec qui Rue passe un marché qu’elle ne peut probablement pas tenir. Et si elle ne tient pas sa part du marché, elle est bonne pour être revendue en pièces détachées.

La drogue ? Elle la récupère avant d’aller à une réunion de drogués anonymes ? WTF. Ali se rend immédiatement compte de ce qu’il se passe et l’interroge, forcément. Rue se sert toutefois de ce qu’elle sait sur lui pour le blesser, et ça marche tellement bien qu’il finit par la laisser tranquille. Putain, Rue ! Elle dépasse les bornes des limites comme dirait l’autre, et ça fait de la peine de la voir s’enfoncer encore plus sans que personne ne puisse rien y faire. Franchement, sa mère ne se rend compte de rien et lui fait totalement confiance quand elle affirme passer l’audition pour Oklahoma, en plus.

Pendant que Rue fait tout ça, elle ne répond pas à Jules qui s’inquiète de savoir où elle est et se rend logiquement chez Elliot. Ce dernier est vraiment une bonne addition au casting, parce qu’après Rue, c’est au tour de Jules d’avoir une scène vraiment intéressante avec lui. J’ai eu peur que ça déconne et qu’ils couchent ensemble, mais heureusement, ce n’est pas le cas. On se contente d’une scène où Elliot reconnaît avoir un crush pour Rue.

Le cliffhanger est moins violent que la semaine dernière et n’est vraiment pas celui que j’attendais : Nate pose un lapin à Cassie un vendredi soir pour… retourner voir Maddison en plein babysitting. OK, c’est violent, d’accord, mais ce n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais maintenant que Cal est au courant du mensonge de son fils – mensonge qui lui a fait considérer le suicide, tout de même.

Moi, je ressors de l’épisode bien embêté en plus : j’ai maintenant envie d’aimer davantage le personnage de Cal, parce que sa vie d’ado était incroyable et qu’il méritait de tourner mieux que ce qu’il fait.