J’ai eu peur que ce soit médiocre en début d’épisode, mais finalement, on tient là un bon épisode d’exploration du monde post-apocalyptique et des deux personnages qui doivent porter la saison… tout en ajoutant des nuances et de la complexité en continuant de ne faire qu’effleurer la surface de ceux qui seront les grands méchants de la saison. Une fois de plus, wait & see, je suppose. Il y a de bonnes scènes d’action, mais en vrai, j’ai l’impression que les scénaristes font durer un max. Bref, rien d’étonnant à ce qu’on se retrouve avec une saison 3 au rythme où ça va.
Spoilers
Ellie et Dina explorent Seattle et ses menaces.
Now make a choice.
J’ai soupiré fort en lisant le titre de cet épisode, parce qu’on nous vend dès le départ un épisode qui ne sera qu’un énorme flashback et… ce n’est pas vraiment ce que j’ai envie de voir, en fait. Sans surprise, on repart donc très en arrière au début de l’épisode : bienvenue en 2018, en zone de quarantaine. On nous présente un ensemble de soldats qui en écoute un s’écouter parler, et c’est assez insupportable. Son sergent s’en rend compte et le remet vite en place, ce qui est plutôt un point positif pour lui. Après, j’aurais aimé que la série nous fasse découvrir de nouveaux acteurs, mais bon, HBO capitalise clairement sur des visages connus depuis la saison 1. Pas de raison que ça change !
Les soldats sont en déplacement dans la zone de quarantaine, même si on n’a clairement pas assez d’indications pour tout comprendre et savoir de quoi il en retourne. Ce qui est sûr, c’est que le Sergent Dixon est un bon soldat qui sait recadrer ses hommes, casser l’ambiance et prendre des décisions compliquées. Ainsi, il décide de se confronter aux habitants possiblement infectés qui bloquent le camion de ses hommes avec un bus scolaire.
La tension monte très vite dans ce début d’épisode, mais encore une fois, on manque un peu trop d’infos pour être sûr et certain de ce qui est en train de se passer. Le sergent qui semblait être un vrai bon soldat en fait sortir un du camion, probablement parce qu’il l’aime bien. Ensuite, il décide d’aller foutre une grenade dégoupillée pour dégommer tout le reste du convoi. Allez, au moins, le soldat insupportable du début d’épisode se fait tuer comme ça, mais wtf tout de même.
Une fois cette tuerie de masse accomplie, Dixon se retourne vers le seul soldat qu’il a voulu sauver et lui demande de faire un choix. Il peut soit bosser avec lui et les habitants de la quarantaine, soit se faire tuer. Ben super le choix.
Onze ans plus tard, Ellie et Dina sont en pleine exploration d’un bâtiment abandonné de Seattle. C’est surprenant, mais pourquoi pas. Elle dévalise une pharmacie, cherchant probablement de quoi survivre en milieu hostile et de quoi ramener chez elles, aussi. La série nous montre toutefois Dina en train de trouver quelque chose qu’elle cache ensuite à Ellie. Cela m’a rendu curieux, je reconnais.
Les deux femmes repartent à cheval ensemble et traversent un Seattle très LGBT+… même si elles ne connaissent rien du mouvement LGBT+, du drapeau arc-en-ciel ou de la Pride. Eh ! L’apocalypse, c’est une chose, mais ça fait un bon moment maintenant que la paix est revenue et qu’elles sont dans une communauté. Personne n’a jamais eu l’envie de parler de ça ? C’est… curieux. Je n’ai pas l’impression que ça puisse être complètement effacé de la culture américaine – ou de la notre d’ailleurs. Je ne les vois pas effacer le racisme non plus, par exemple, et donc pas tous les mouvements pour gagner des droits qui ont existé (le Black Lives Matter ne devait pas exister avant leur apocalypse, mais Martin Luther King si).
Je m’égare clairement sur un point de détail, mais c’est aussi parce que la série prend un peu de temps à en venir à ce qui sera vraiment intéressant dans l’épisode. C’est normal : les filles explorent Seattle et ça prend du temps de visiter une ville qu’on ne connaît pas et dans laquelle des infectés pourraient débarquer à n’importe quel coin de rue. Elles essaient d’être discrètes, mais ça ne les empêche pas de parler fort ou de tester une batterie quand Dina en trouve une.
Pardon, mais… Pourquoi ont-elles peur d’une porte de bunker qui fait du bruit, mais pas d’une batterie ?? C’était étrange, tout de même. Bon, elles trouvent un magasin de musique, vous l’aurez compris, et ça permet à Ellie de mettre la main sur une guitare parfaitement conservée dans un étui. L’apocalypse réserve quelques surprises, au milieu des débris, des insectes et des champignons. Quelle chance elle a. Ellie se met aussitôt à jouer et j’ai détesté sa reprise de Take on me parce qu’elle n’avait pas le droit de reprendre cette chanson : c’est réservé à The Magicians de la faire de manière si calme et nostalgique. JE SAIS. Ils ne sont pas les premiers à l’avoir fait, mais qui peut prétendre à faire mieux qu’eux ? Certainement pas Ellie.
Dina est tout de même fascinée de voir Ellie chanter et jouer à la guitare. J’ai l’impression d’être renvoyé aux soirées de camping sur la plage quand j’étais ado et que les guitaristes essayaient de draguer tout ce qui bouge en jouant Zombie de The Cranberries (on notera que ça aurait été un choix bien plus raccord). En vrai, je suis rageux parce que c’est Take on me, mais la scène est belle : j’aime bien quand ils redécouvrent la musique dans les séries post-apo.
Dina en a les larmes aux yeux d’entendre à nouveau une chanson et de voir que Joel a si bien fait le taf d’apprendre à Ellie la guitare. Par contre, croyez-moi bien que j’ai pété un câble quand j’ai vu Ellie abandonner la guitare sans la remettre dans son étui après ! Elle semblait si heureuse d’en trouver une en bon état… pourquoi ne pas la protéger ?
J’imagine que repartir avec serait encombrant, mais bon, elle pourrait la laisser en bon état pour les suivants. Qu’importe.
Loin d’Ellie et Dina, mais quand même trop proche d’elles puisqu’on nous le présente, Dixon est toujours en vie. Il fait la cuisine au gaz apparemment et raconte sa vie à une personne qu’on ne voit pas. Pas la scène la plus intéressante, donc. La cuisine ? Bon, on le voit chauffer une poêle vide au gaz, et tout ça pour quoi ? Pour brûler quelqu’un bien sûr. Il torture ainsi un prisonnier chauve, probablement pour la torture aussi, qu’il a enchaîné nu à un mur de la cuisine. Et on ne nous épargne pas un étonnant full frontal pour le coup. C’est gratuit, mais ça ajoute à la détresse psychologique de ce prisonnier qu’on ne connaît pas je suppose.
Isaac, c’est le nom de notre bourreau, ne se démonte pas : il torture le prisonnier pour savoir où sera la prochaine attaque de son groupe. Il cherche donc à se protéger de terroristes ? C’est si peu clair ce que la série fait avec ce méchant pour l’instant. Ce qui est clair en tout cas, c’est que son prisonnier ne lui dira pas ce qu’il veut savoir : il préfère encore se faire brûler la deuxième main que de trahir son groupe. Isaac n’a plus d’autres choix que de le tuer, du coup. Super.
Dina et Ellie repartent en expédition à la nuit tombée, quittant ainsi le magasin de musique : elles ont repéré plus tôt une parabole avec les initiales WLF taguées en haut d’une tour et elles veulent aller voir ce dont il s’agit. Après tout, elles sont là pour les tuer et ça pourrait être pas mal d’en savoir plus.
Sur place, elles tombent néanmoins d’abord sur un cadavre transpercé de plusieurs flèches, puis sur un étonnant cimetière. Plusieurs membres de WLF sont ainsi pendus et éviscérés à la fois. Il ne s’agit pas des soldats qu’Ellie cherche à tuer, mais les conditions du meurtre (et l’odeur sûrement) sont effrayantes. Dina en vomit, Ellie mène aussitôt l’enquête.
Elle comprend en voyant le message « Feel her love » que tout ça est lié au groupe assassiné dans les bois. Elle troue aussi une radio qui ressemble fort à celles que Dina et Ellie utilisent aussi. C’est con parce que ça les fait paraître complices de cette scène de meurtre et torture qu’elles viennent de trouver. Et bien évidemment, d’autres soldats WLF débarquent au même moment.
On a ainsi une scène assez longue de suspense où les filles tentent de s’échapper discrètement sans savoir comment faire alors que les soldats cherchent partout les coupables qui ont tué les autres membres de WLF. Ellie se retrouve ainsi face à une fenêtre qu’elle ne parvient pas à ouvrir et est rattrapée par un homme qui la prend inévitablement pour une ennemie. En fait, elle n’essaie même pas de parler : elle est dans une situation où elle sait qu’elle sera tuée si elle n’attaque pas en premier. C’est donc ce qu’elle fait.
Dina est forcée de tuer un autre homme qui les trouve, Ellie fait de même et les deux parviennent à s’échapper. C’est que ça manque presque de crédibilité qu’elles y parviennent si simplement ! Pour échapper aux autres soldats qui veulent les tuer désormais, elles gagnent un souterrain qui les fait déboucher sur une ancienne station de métro. Loin d’être cons, les soldats comprennent où les trouver : ils décident alors de les enfumer en lançant quelques torches permettant de les repérer plus vite. Malins.
Le problème, c’est que les torches réveillent des infectés. Les lieux devaient être vides : ils ne le sont pas. Dina fait une petite crise de panique, compte jusqu’à cinq pour se calmer, en vain. Une horde d’infectés débarquent dans la bouche de métro. L’avantage, c’est que ça débarrasse les filles des soldats de WLF qui se retrouvent à leur faire face. Le problème, c’est qu’elles aussi doivent faire face à cette horde d’infectés voulant les bouffer. Elles nous redéfinissent la claustrophobie avec cette scène qui les voit s’enfuir en passant dans un métro pris d’assaut par les zombies.
Elles finissent par les contenir dans un des métros. La scène manque certes un peu de crédibilité, parce qu’elles s’en sortent vraiment bien et enchaînent tout avec une rapidité et une présence d’esprit ! On nous fait croire qu’il y a des mois sans que rien ne se passe et elles enchaînent avec autant de réflexes de survie d’un coup ?
La scène est trop bien par contre : il y a vraiment une sacrée tension dans le métro, elles en remontent les voitures comme elles peuvent et finissent coincées. Dina propose de passer par le toit du train, ce qui les sauve effectivement, mais il reste encore des zombies en-dehors du train. C’est terrible. Elles parviennent à fermer la grille de la station et à remonter les escalators super vite, mais sont coincées par un tourniquet qui refuse de fonctionner, probablement à cause de la rouille. La scène est horrible : Ellie parvient à passer, mais Dina est coincée lorsqu’une infectée lui saute dessus.
Pour la sauver, Ellie décide de se faire mordre le bras. C’est la chose à faire puisqu’elle est immunisée, mais ça veut dire qu’elle va devoir livrer son plus gros secret à Ellie. Le problème, c’est qu’elle n’y réfléchit même pas : elle agit à l’instinct. Cela sauve la vie de Dina qui s’échappe donc de la bouche de métro avec Ellie, arme à la main.
Bien sûr, dès qu’elles sont à l’abri dans un bâtiment, Dina braque Ellie et menace de la tuer. Ellie doit lui révéler quelle est immunisée au virus et qu’elle survivra. Elle parvient à la convaincre, allons savoir comment exactement. Cela se joue principalement sur la confiance que Dina avait déjà en elle. Ellie manque aussi de se faire tuer quand des gouttes d’eau lui tombent dessus alors qu’elle dort, la faisant grogner. Finalement, Dina voit qu’elle a fait le bon choix : Ellie n’est pas infectée et ne se transforme pas.
Puisqu’Ellie vient de lui confier son plus grand secret, Dina fait de même : « Je suis enceinte ». WHAT ? Ellie a réagi en écho à ce que je disais à ma télévision là. Dina saute ensuite sur Ellie, l’embrasse et les deux couchent ensemble, tout simplement. C’est si simple, vraiment, on se demande pourquoi ça a pris tant de temps. Au réveil, l’explication de Dina, c’est que sa mère lui a dit, lorsqu’elle était enfant, qu’elle n’aimerait que les mecs, pas les filles. Et même si sa mère est morte, c’est resté. MOUAIS. Je suis content qu’elles soient officiellement ensemble, ça ne fait que quatre épisodes, mais ça commençait à traîner en longueur.
La grossesse ? Eh bien, Dina est en retard dans ses règles, n’arrête pas de vomir à chaque fois qu’elle voit un cadavre et, évidemment, elle a aussi fait pipi dans la pharmacie la veille… sur quatre tests de grossesse, rien que ça. Les deux femmes sont clairement amoureuses l’une de l’autre, et elles sont prêtes à rester ensemble. Ellie se sent déjà d’assumer le rôle de papa, même si c’est aussi l’enfant de Jesse. Elles sont toutefois interrompues dans les câlins et les bonnes nouvelles par une fusillade et des explosions au loin.
Elles entendent quelques infos à la radio et voient depuis le toit de l’immeuble ce qu’il en est. Ellie cherche en vain à protéger Dina en lui demandant de ne pas venir avec elle pour la suite, mais ce serait mal la connaître. Bien sûr que si, Dina veut rester avec Ellie. Et ça se tient, vu ce qu’on sait du personnage, même si j’ai du mal à comprendre sa soudaine facilité à être en couple avec Ellie alors qu’elle est enceinte de Jesse et qu’elle a passé sa vie à réprimer sa bisexualité. Après, j’adore les deux personnages de Dina et Ellie ; ça fait une belle représentation quand même. Hâte de découvrir la suite des aventures du couple… la semaine prochaine !




