This is us – S02E08-10

Cette semaine, je ne fais pas semblant d’espérer tout rattraper. Je me contente de trois épisodes qui fonctionnent assez clairement ensemble si j’en crois leur titre. Du coup, c’est parfait de pouvoir les voir d’une traite et je pourrais enchaîner la semaine prochaine avec les trois suivants ; ce qui me permettra d’être enfin à jour. J’ai tout calculé et, certes, ce n’est pas encore fait, mais l’espoir est permis. Bref, voici enfin mes critiques sur les épisodes 8 à 10 de la saison 2 de This is us.

Spoilers

08.jpgÉpisode 8 – Number One – 20/20
Don’t… don’t… don’t love me.

C’est reparti pour un épisode qui annonce par son titre et la première scène que l’on va se concentrer sur Kevin. Et il y a de quoi faire vu l’état misérable dans lequel il est dans sa vie. En effet, cela fait une semaine qu’il n’est pas sorti de sa chambre. Ah, si son père avait su quand il a vu son fils faire les premiers pas qu’il finirait dans cet état.

Tout commence bien avec son ancien lycée qui le force à rentrer dans sa ville natale pour une cérémonie de récompenses où il reçoit un prix d’honneur pour sa réussite. C’est tout bonnement excellent comme idée, parce que forcément, ça passe par un moment d’émotion où il passe voir son ancienne maison – détruite et reconstruite donc différemment. Et puis, c’est une belle manière d’approfondir le personnage.

La série a également la bonne idée de se concentrer également sur Kevin dans les flashbacks avec le choix des études supérieures. Très clairement, Kevin est en conflit avec ses parents, et c’est bien vu. Il n’est pas spécialement motivé par les études supérieures, préférant passer du temps avec les affaires de Sophie. Du coup, on suit la vie de Kevin au lycée alors même qu’on le suit à l’âge adulte en train d’y revenir.

Le truc, c’est que le lycéen est un adolescent en crise qui ne sait plus très bien se comporter, même quand un coach d’une université importante vient lui rendre visite. Et même particulièrement quand un coach lui rend visite. Forcément, ça ne fait pas plaisir à son père et c’est rare que l’on ait l’occasion de voir Jack en colère.

Comme ce dernier est déjà un ancien alcoolique à cette époque, Kevin en profite pour balancer quelques attaques en coup bas à son père et l’engueulade sonne drôlement crédible. C’est fou comme cette série parvient à toujours sonner juste.

Dans le présent, Kevin a surtout affaire à Kelly, une jeune volontaire de son lycée qui fait tout ce qu’elle peut pour contenir sa fan attitude.  Sur place, il rencontre aussi Charlotte, une ancienne élève du lycée avec laquelle il était en cours, même s’il ne s’en souvient absolument pas. Il est complétement à l’ouest et fait de la peine à voir, à transpirer et boire tout ce qu’il peut dans une ville où tout le monde le reconnaît et le célèbre. C’est un épisode extrêmement prenant, avec de très belles idées.

Kevin a ainsi des flashbacks de son père lorsque son coach fait un discours pour le présenter et surtout un besoin de faire comprendre à tous qu’il ne mérite pas leurs applaudissements. Il ne répond pas aux appels de Kate et Toby pendant tout l’épisode – ce qui me fait pressentir une catastrophe pour l’épisode suivant et fait de la peine à voir. Je sais, je l’ai déjà dit, mais l’épisode réussit parfaitement son coup et nous plonge dans un état tout aussi piteux que celui de Kevin. Sans trop de surprise, il se retrouve à rejeter les avances de Charlotte dans une scène bien fichue.

Mais tout ça, c’était encore pourri par rapport à la scène qui suit. Soyons clair, j’aimais bien Kevin avant cet épisode, mais forcément, après celui-ci, ça va être autre chose. Kevin se retrouve sur le terrain de son adolescence où il s’est cassé le genou lors d’un match auquel son père n’assistait pas parce qu’il emmenait Randall visiter une université. Et l’on nous suggère que son père, il ne le reverra pas (alors qu’en flashback Kate part l’appeler. Ah, la culpabilité donc.

La scène est génialissime avec Kevin racontant toute sa vie, tout seul sur le terrain, avec des très hauts et des très bas. La vie d’une star, quoi. Le personnage est magnifiquement écrit et sa spirale infernale est encore plus douloureuse avec les flashbacks de l’ensemble de sa vie.

En flashback justement, on découvre que finalement le coup de fil de Kate est encore une fausse piste sur la mort de Jake – bon, ou juste moi qui ai mal écouté/compris la phrase de Kevin sur le sujet tellement j’étais dépité de le voir comme ça. En fait, Jack retrouve son fils à l’hôpital et lui apprend que, non, il ne pourra pas rejouer avec son genou. Tout ça, on le savait déjà, mais le voir joué est excellent. Pour le consoler et suite à des réconciliations, son père lui offre son collier.

Dans le présent, Kevin couche finalement avec Charlotte, cherche des médicaments dans sa salle de bain et finit par trouver mieux : son ordonnancier. Il se barre avec une ordonnance et sans dire au revoir à Charlotte, même s’il est obligé d’y retourner par la suite car il a oublié le collier de son père chez elle.

Vexée et possiblement traumatisée de découvrir que Kevin n’est pas le mec bien sur lequel elle avait fantasmé pendant 20 ans, Charlotte lui affirme, sans même ouvrir la porte, qu’elle n’a pas son collier et retourne se coucher. Elle laisse ainsi Kevin au fond du gouffre, à genou sur sa pelouse.

Ne sachant plus quoi faire, Kevin, sans son collier, se rend chez Randall à qui il souhaite tout confier. Oui, mais non, parce que Randall pense déjà tout savoir alors que non. Il apprend ainsi à Kevin que Kate a perdu son bébé, persuadée que c’est ce qui met son frère dans cet état.

Putain, la violence de cette fin d’épisode. Je m’attendais à une mauvaise nouvelle du type dans le prochain épisode, mais pas en fin d’épisode. Pas comme ça. Les scénaristes marquent un énorme coup avec cet épisode – et ça devrait être interdit de faire un truc pareil.

09.jpgÉpisode 9 – Number Two – 17/20
Toby, it happened to me. It didn’t happen to you.

Enchaîner les trois épisodes va peut-être être plus violent que prévu puisque le résumé de celui-ci est une véritable torture avec les images de Kate et Toby heureux de la savoir enceinte. Comme pour l’épisode précédent, on repart sur les premiers pas des triplés – mais seul Kevin semble y parvenir (je voyais d’ici le montage final avec Kate se relevant de la perte de son bébé en parallèle de ses premiers pas).

En flashback, nous voyons de la perspective de Kate l’arrivée du coach pour Kevin. Sans trop de surprise, si Kevin a du mal avec son père, Kate a des problèmes d’orientation et ça stresse Rebecca. Elle a aussi des problèmes avec son chien, mais bon. Autant j’aime l’idée d’avoir des épisodes aussi bien écrits, autant j’ai trouvé dommage qu’ils reprennent autant de scènes en commun.

Toujours est-il que le lendemain on retrouve Kate dans sa chambre décorée avec beaucoup de bon goût. Rebecca fait tout ce qu’elle peut pour l’inspirer dans une grande carrière et la rassurer sur le fait de ne pas encore savoir quoi faire.

Kate le prend mal car une fois de plus sa mère n’a définitivement rien compris : elle veut aller intégrer une fac de chant, Berklee. Une fois de plus, on sait parfaitement les problèmes qu’elles rencontrent et du coup, l’épisode a bien du mal à m’accrocher – surtout après celui sur Kevin. Sans trop de surprise, Kate et Rebecca sont occupées à partager une conversation sur l’avenir de la première quand Kevin a son accident ; elles ne le voient donc même pas.

À l’hôpital, Kate prend le temps d’expliquer à sa mère pourquoi elle ne l’a pas prévenue pour Berklee : elle ne veut pas la décevoir. Rebecca le prend mal et lui raconte sa propre enfance, de même que son envie de faire mieux que sa propre mère. Le discours qu’elle lui fait sur l’amour d’une mère est beau en lui-même, mais il est encore plus touchant quand elle le conclue par « un jour, tu comprendras ce que c’est d’être une mère ». Ben oui, forcément.

Dans le présent, Kate est enceinte et heureuse de l’être. C’est toujours Thanksgiving et l’épisode reprend sur le même écran télévisuel que celui que Kevin regardait dans l’épisode précédent. Bon, Kate est toute stressée par les préparatifs et quand on la voit aller aux toilettes, j’ai tout de suite compris que c’en était fini de leurs rêves. On entend un grand fracas et c’est hors écran que Kate perd le bébé, entretenant le mystère sur ce qu’il s’est passé ; il semblerait qu’elle est tombée.

À l’hôpital, la sanction est définitive et fait du mal au couple, plus qu’ils ne veulent probablement l’avouer. Kate se prépare à vivre sa journée de travail de la manière la plus normale possible, même si elle est évidemment hantée par sa fausse couche, que nous découvrons en silence au cours de l’épisode. Un simple mal de ventre qui vire en douleur atroce. L’horreur des fausses couches, donc. Toby ne s’en tire pas mieux dans les flashbacks de cette fausse couche et tous les deux passent une horrible journée.

Kate se rend donc chanter, mais elle est perturbée par une maman et sa petite fille. Elle se barre en plein milieu de son concert et n’appelle pas Toby, préférant marcher, éviter les appels et messages inquiets de sa mère et manger dans un fast-food. Finalement, elle ne mange pas et rentre chez elle où Toby n’est pas là. Elle finit par annoncer à sa mère la terrible nouvelle pour mieux lui raccrocher au nez et ne parvient pas à contacter Kevin, forcément.

Toby s’occupe d’aller intercepter un colis, une baignoire pour le bébé. J’accroche de plus en plus à ce personnage qui déplace des montagnes pour Kate, à chaque épisode. Malheureusement pour lui, il découvre après tout ce qu’il a fait pour elle (et c’était magnifique), elle ne l’a pas attendu à la fin de son concert – et même qu’elle ne l’a pas fait car elle était malade.

Le voilà qui se met à stresser… pour rien, puisque Kate est tranquillement posée sur son canapé. Il n’en faut pas plus pour qu’ils s’engueulent, surtout quand elle lui dit qu’il n’a pas vécu la fausse couche et que c’est lui qui lui a donné envie d’y croire. La scène est horrible, les arguments de Toby rationnels et beaucoup trop posés.

La meilleure surprise de l’épisode reste l’arrivée surprise de Rebecca pour réconforter sa fille. C’était une opération risquée de sa part quand même, mais ça fait le plus grand bien à Kate qui peut enfin lâcher toutes les émotions qu’elle a sur le cœur et parler de la perte de son bébé avec sa mère qui a les mots justes pour lui parler de Kyle et du moment où elle a compris qu’il lui fallait faire son deuil. Là encore, on est sur une très belle scène entre la mère et la fille qui remonte largement le niveau de l’épisode (et c’est sans parler du dernier flashback a priori inutile qui nous montre Rebecca et Jack enlacés sur le parking à pleurer ce qu’il vient d’arriver à Kevin).

L’épisode se conclue sur des réconciliations entre Toby et Kate, qui décident de réessayer d’avoir un enfant et réparent leur salle de bain. Forcément, cette fin d’épisode est forte, mais ça n’a quand même rien à voir avec l’épisode 8. C’était un très bel épisode, sur un sujet triste, mais qui a réussi à ne pas virer au pathos pour autant. La réconciliation du couple est la bienvenue, surtout qu’on la doit à Rebecca qui explique à sa fille qu’elle ne doit pas culpabiliser et raconter ses sentiments à Toby. Dans la réalité, ce genre d’événement a séparé plus d’un couple, mais c’est un beau message de les montrer assez forts pour le surmonter. En plus, je trouve qu’il est rare de voir une fausse couche si bien traitée à la télévision – mais évidemment que This is us sait le faire.

10.jpgÉpisode 10 – Number Three – 19/20
Life feels like Pac-man. Sometimes. I guess.

Et nous voilà enfin à l’épisode sur Randall, même si là aussi, j’ai du mal à imaginer comment un roadtrip avec Jack pourra être aussi émotionnel que la crise de Kevin ou la fausse couche de Kate. Nous assistons au premier pas de Randall et il suffit de deux scènes pour que je comprenne combien j’avais tort. Alors que tout se passe enfin à merveille avec Deja, Shauna débarque chez les Pearson et annonce qu’elle veut récupérer sa fille.

Heureusement, Deja parvient à la calmer et la convaincre d’attendre l’appel de Linda pour la récupérer. Il n’empêche que Shauna a pété un câble sur les Pearson juste avant, attiré les voisins et fait peur à tout le monde. Oui, mais elle a aussi rempli son frigo et ça suffit à indiquer à Linda que le mieux est peut-être de rendre Deja à sa mère. Outch. Cela terrifie les Pearson qui ont déjà prévu de mettre leurs avocats sur le coup. Ce n’est que le début d’une bien mauvaise journée pour toute leur famille et comme en plus on approche de Thanksgiving, on nous remet dans la tronche celui de la saison 1 où Randall a appris que Rebecca connaissait William.

C’est l’heure pour les scénaristes de nous ramener une fois de plus ce dernier pour nous torturer encore un peu plus : il raconte à Randall qu’il avait suivi Rebecca après sa fuite et qu’il a finalement décidé de ne pas frapper à la porte des Pearson pour apprendre à connaître son fils. Pourtant, il avait déjà imaginé une vie parfaite avec lui, mais il s’est rendu compte qu’il ne savait rien de lui.

Ses mots résonnent en Randall qui décide d’aller voir le quartier de Shauna et découvre que, oui, elle a une jolie vie. Cela suffit à décider Randall qu’il faut rendre à Deja à sa mère. Il en parle à Beth, juste avant l’exposé scolaire de leur fille adoptive. Celui-ci se déroule à merveille, mais bien sûr que Deja veut retourner vivre avec sa mère malgré tout.

Après la fausse couche de Kate, nous voyons donc Beth et Randall gérer le départ de celle qu’ils voyaient déjà élever jusqu’à l’âge adulte, juste parce que les charges contre Shauna ont été abandonnées pour qu’elle aide à résoudre une autre enquête. C’est terrifiant, mais c’est le système le plus logique pour confier des enfants. La série nous tease toutefois l’arrivée d’un petit garçon dans la famille ; et ça promet, depuis le temps que Randall veut un fils.

En flashback, nous voyons Randall choisir son université et demander à son père de s’y rendre. Pas de roadtrip pour autant : une fois là-bas, il découvre une toute nouvelle vie, où tout le campus est composé d’étudiants noirs et où tout se déroule à merveille dans sa journée… Jusqu’à ce que son père vienne le chercher pour le ramener et qu’il hésite sur la manière de le présenter.

S’il jure plus tard à son père que ce n’est pas parce qu’il est blanc, mais vieux, cela permet au père et au fils d’avoir une vraie conversation sur le racisme – parce que Jack préférerait que son fils parte à Harvard. C’est toujours aussi bien écrit et ça les amène à Washington sur des traces de l’Histoire américaine et sur le passé de Jack en tant que soldat. Bref, une fois de plus, Jack a la solution et les mots les plus parfaits pour rassurer son fils sur son futur et ses décisions.

Toute la famille est finalement réunie dans le confort de la maison et nous n’en saurons pas plus sur la mort de Jack cette fois, alors que Randall se met à jouer à Pac-man. Parce que oui, il y a joué toute sa vie et y joue aussi avec ses filles désormais ; et la vie est un jeu de Pac-man où les fantômes finissent par nous manger. C’est idiot comme tout, mais c’est le genre de métaphores qui font rire et réussissent parfaitement à toucher juste dans ce genre de séries.

Dans le présent, il reste encore à voir Kevin arriver chez son frère et apprendre la fausse couche de sa sœur, à qui il décide de ne pas parler avant d’avoir la tête claire. S’il fait un câlin à ses nièces, il décide de ne pas rester chez son frère – qui lui non plus n’a pas remarqué l’état de santé de son frère. Certes, Randall lui dit qu’il paraît bien misérable et qu’il est tôt pour la vodka, mais il ne s’en préoccupe pas plus que ça après la journée qu’il a passé et c’est là une très belle force d’écriture de la série.

Finalement, nombreux sont ceux à avoir vu Kevin sombrer au cours des quatre (voire cinq, voire six) derniers épisodes, mais personne n’a songé à prendre le temps de vraiment s’inquiéter de lui, pas même Sophie.

Et comme si la série ne pouvait être plus horrible, Kevin décide de conduire beaucoup trop vite, ignorant totalement que Tess se trouve à l’arrière de sa voiture. Mon dieu, je me suis senti obligé de faire pause. J’ai l’habitude de deviner ce genre de rebondissements habituellement, mais là je ne l’ai pas vu venir – et Kevin non plus. Je ne vois même pas comment il est possible que Tess soit montée dans la voiture sans qu’il ne la voie. C’est terrible, car il n’est pas compliqué de deviner la suite.

Kevin a un accident de voiture alors que Tess est là, pendant que Randall s’inquiète de son absence. C’était la seule pensée possible face à ce scénario, mais heureusement la série prend une autre route (je ne vous explique pas le soupir de soulagement) : Kevin se fait arrêter par la police pour conduite en état d’ivresse alors que Beth et Randall apprennent ce qu’il s’est passé. S’ils ont bien envie de tuer Kevin, j’espère surtout que cela ne jouera pas sur de futures adoptions de leur part (même si de toute évidence, ce ne devrait pas être le cas puisqu’on nous a montré le petit garçon).

Avec une fin d’épisode pareil, autant dire que l’épisode a gagné un point de plus, ce qui l’approche de la perfection. J’adore Randall et Beth, j’adorais Deja, évidemment que cet épisode avait tout pour me plaire.

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