Colony – S03E07

Épisode 7 – A Clean, Well-Lighted Place – 18/20
Malgré un changement radical de ton et de forme pour ce nouvel épisode, la série continue d’être bien trop passionnante. Cet épisode fait avancer l’intrigue de certains personnages d’un bond de géant tout en stoppant ce qui servait de fil rouge jusqu’ici. En somme, un excellent épisode qui fait presque office de reboot au beau milieu de la saison. Je m’attendais à totalement autre chose pour cet épisode, mais une fois de plus, je suis conquis, surtout que la série sait parfaitement où réside sa force.

Saison 3


Spoilers

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This place may have cars and phones, and a Community Patrol instead of Redhats, but it’s still a Colony.

Comme je me suis limité à un épisode par jour et que j’ai plutôt regardé hier Reverie dont la saison 1 me plaît énormément malgré ses défauts, c’est avec 24h de retard que je lance cet épisode, qui sera aussi, je pense, le dernier que je verrai avant lundi soir. Pour un addict comme moi, ça va être dur, mais j’ai aussi largement de quoi m’occuper.

Cette semaine, j’ai adoré l’introduction qui revient sur l’inventeur de l’algorithme qui a jeté le monde dans le chaos. C’est le genre de personnage que j’adore parce qu’il sait exactement ce qu’il veut et manipule son monde pour l’avoir, tout en élargissant de manière dingue la mythologie de la série. On le retrouve ainsi au téléphone avec Camille, la chancelière, donc l’autorité la plus haute du pays. Elle est paniquée de voir Seattle être progressivement rasée de la surface de la Terre par les drones – comme le sera San Francisco plus tard.

Si on connaît encore peu le personnage de l’inventeur, il était amusant de le voir tout zen à boire son whisky en contemplant le spectacle de destruction, avec une petite référence aux Misérables au passage. Il négocie auprès de Camille, qu’il appelle donc par son nom et qui est au fond du gouffre face à la situation, le contrôle total de Seattle : il ne veut pas d’armée, pas de drones, pas d’hôtes. Il propose de mettre en place une colonie utopique, laissant planer le doute sur les rumeurs existant depuis quelques temps dans la série : Seattle est-elle vraiment la ville parfaite ?

Post-générique, on renchaîne sur un verre de whisky tenu par Will, qui rencontre Lillian Crane dans un bar et dit s’appeler James Dalton. James Dalton ? Il drague Lillian Crane et dit chercher Terry Lennox, un ancien ami. Ses habitudes de détective reprennent donc le dessus dans ce qui semble être sa nouvelle vie, alors que Lillian Crane est terrifiée lorsqu’elle entend le nom de Terry.

Il faut dire que Will est détective privé, pour la femme de Lennox, donc ce dernier ne doit pas être bien vu dans une société qui met l’ordre au-dessus de tout. Disparaître de la vie de sa femme, ce n’est pas très ordonné. Quant à James Dalton, il joue aussi les Uber (même si ça s’appelle différemment et qu’être chauffeur de taxi semble être son boulot officiel au sein de la colonie, là où détective privé est plutôt un passe-temps). Il est rapidement révélé que nous sommes bien après l’invasion, parce qu’il y avait encore un doute sur la chronologie de tout ça…

Nous sommes en fait longtemps après la cavale des Bowman de l’épisode précédent. Grace a grandi, Bram s’occupe d’elle, les Bowman ont chacun leur job et de nouveau en froid. Ils ont tous un portable et la famille Dalton m’intrigue franchement au plus haut point. C’est osé de faire ça en plein milieu de saison, et c’est un bon plan pour eux parce que ça permet d’oublier quelque peu la mort de Charlie.

Oh, bien sûr, pas complétement, ce sera toujours là et c’est mis en scène quand Katie aperçoit un petit garçon. C’est discret, insidieux et toujours là. Son job ? Appeler les rescapés qui ont la chance d’être transporté à l’intérieur de Seattle, qui est effectivement la colonie parfaite qu’on nous vendait. Toutefois, elle est rapidement interrompue par Bethany.

Bethany ? Apparemment, la fille d’un couple dont elle s’occupe et qui attend depuis longtemps de pouvoir rentrer à l’intérieur de Seattle. Si elle les connaît si bien, il est cette fois suggéré que plusieurs mois se sont écoulés depuis la dernière fois que nous avons vu les Bowman puisqu’ils sont là depuis quatre mois. Progressivement, on va finir par savoir !

Les parents de Bethany ont entendu des rumeurs affirmant que Los Angeles allait être repeuplée sans la moindre liste d’attente, ce qui choque Katie autant que ça l’intéresse, même si son job est de faire en sorte que le couple reste patient, car c’est plus salvateur pour tout le monde. Evidemment, Katie fait tout ce qu’elle peut pour sauver le couple – les Winslow – parce qu’ils ont eux aussi perdu un enfant en route, un enfant qui n’avait que cinq ans. Elle finit par trouver une faille dans le système pour les faire intégrer la liste plus vite, et ça fonctionne, notamment grâce à l’aide d’une collègue.

Daisy Lennox réveille James Dalton car elle veut le revoir. Loin de la maison bien ordonnée des « Dalton » (ou des Bowman à l’époque, d’ailleurs), Daisy est une mère célibataire complétement débordée par ses deux garçons. Elle recherche son mari que l’un d’eux a aperçu, mais elle n’a aucune preuve qu’il est bien dans la colonie, surtout que James ne le trouve nulle part. Il lui parle donc des Crane, puis de nouvelles rumeurs peu rassurantes : certains ingénieurs, docteurs, etc. sont enlevés pour… on ne sait pas bien exactement, forcément.

La scène suivant voit James Dalton interrogé le mari de Lillian Crane pour avoir plus d’infos sur Terry. Cette fois, les Crane ont une villa de dingue avec une sacrée vue. N’empêche, ce côté enquête dans une société futuriste n’est pas sans me rappeler Altered Carbon. Je trouve toutefois que Will en dit trop.

Il finit par avoir une piste sérieuse et comprend que le mari de Lillian est en fait Terry. Ouep, on peut changer de nom et il est bien placé pour le savoir. Terry n’apprécie pas trop de voir sa couverture grillée et Will s’amuse bien… à le tabasser ? Il s’arrête quand il aperçoit son reflet, cela dit.

De son côté, Bram aussi a trouvé un job à Emerald City : il livre les légumes et la nourriture aux gens. Le système de paiement est désormais automatisé sur portable et il a aussi un collègue qui envisage de quitter ce job pour en avoir un lui permettant d’être qualifié pour une meilleure maison. Bref, plus tu te rends utile à la société, mieux tu vis quoi. C’est mal barré pour Bram qui passe son temps à s’occuper de sa sœur comme es parents sont trop occupés. D’ailleurs, la vie à l’école pour Grace n’est pas des plus simples : elle a des matières beaucoup plus complexe qu’avant, genre de la physique, parce que ouep, les colonies, ça change tout.

Will finit par rentrer chez lui pour nettoyer le sang qu’il a littéralement sur les mains et pour… aider Katie (qui s’appelle Laura dans cette colonie) à organiser une fête de voisinage chargée d’accueillir Roger Erikson à la tête de l’équipe de surveillance. J’essaye de tout noter, ne sachant pas trop ce qui sera utile pour la suite… Notons que Laura a aussi une collègue, Michelle, qui l’a aidée à tricher pour faire entrer les Wilson dans Seattle. Les gens naturellement gentils dans ce genre de séries, je ne les sens pas trop.

De la même manière, je ne sens pas du tout Will dans cet épisode. Il boit son whisky, est malpoli, disparaît de la fête en cours de route… Katie mérite mieux que ça quand même, et c’est aussi ce que semble penser Michelle. On a donc une Katie qui fait tout pour s’intégrer au mieux dans cette colonie et un Will qui ne le supporte pas, et ça mène enfin à une scène parfaite pour le couple qui s’engueule et est toujours aussi parfait jusque dans les engueulades.

Katie cerne bien la culpabilité de Will vis-à-vis de Charlie, même si le nom de Charlie n’est pas prononcé. Bref, les scénaristes intègrent le deuil du fils Bowman de manière cohérente et réaliste au milieu de cette situation désespérée – les couples qui ne parviennent plus à se comprendre après la perte d’un enfant, Katie qui change beaucoup de caractère pour « s’en sortir » et Will qui sombre dans une dépression alcoolique, tout ça, c’est souvent ce qui arrive aux couples perdant un enfant.

Et le pire, c’est qu’ils ne peuvent pas se le permettre dans une société encore plus fondée sur les apparences que la nôtre : il est parfaitement établi que tout le monde surveille tout le monde. Par conséquent, ce serait pas mal que Bram arrête de faire de la merde de son côté. Oui, il s’occupe de Gracie et a un job, mais il est toujours l’ado insupportable des débuts dès qu’il en a l’occasion : il sort en cachette dans des soirées probablement illégales où il ramène l’alcool de ses parents et a une petite amie. Le lendemain, il réclame aussi un job lui permettant d’avoir son propre appartement pour s’occuper de Gracie, en cas de problème avec ses parents.

Will a quant à lui décidé de passer la nuit dans sa voiture… et se fait réveiller par un officier de la patrouille. Il n’est vraiment pas malin quand il s’y met. Rassurez-vous, Katie non plus n’est pas maline quand elle s’y met : elle s’est attachée aux Winslow et part à leur recherche dans Seattle alors qu’elle ne devrait pas car ce n’est pas son job. Et ça aurait été mieux qu’elle ne le fasse pas : arrivée dans la sorte de HLM qui devait supposément les accueillir, elle se rend compte qu’il n’y a personne dans leur appartement… et personne dans l’immeuble. Ah ben c’était bien la peine de les aider !

Enfin, Will décide de mentir à la femme de Terry : il lui annonce que son mari est mort, parce que mieux vaut aider sa couverture après tout. La toute fin d’épisode est bien sûr un cliffhanger, mais un cliffhanger vraiment bienvenue pour une fois : Will est toujours taxi, et son nouveau client n’est autre que Broussard ! Enfin ! Je suis impatient d’être la semaine prochaine pour voir ce qu’il est devenu et surtout comment il a retrouvé les Bowman.

Saison 3

7 commentaires sur « Colony – S03E07 »

  1. C’était un épisode surprenant avec ce saut dans le temps. J’ai été très attristée de l’éloignement et la froideur entre les époux Bowman, comme en début de saison 1. Finalement, c’est Katie qui a l’air de mieux gérer le deuil de son fils. J’ai été ravie de voir Broussard à la fin, je me demandais justement où il pouvait être tous ces mois après être arrivé au camp détruit. Et je me demande où passe les gens qui disparaissent… Et puisque tu parles de « Les Mis », je n’ai pas réussi à savoir si c’était une référence au film ou au musical donc tu crois que je peux le regarder pour valider le point 20 ? Il est quand même moins long (2h27 😀 ) que Titanic.

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    1. Oui, c’était triste, mais j’ai bien aimé l’inversion des rôles que ça génère par rapport à la saison 1 (c’est désormais elle qui rentre dans les rangs et lui qui fait n’importe quoi par dépression). Je pense qu’aucun des deux ne gère vraiment le deuil pour l’instant : ils sont tous les deux dans une forme de déni à continuer la vie comme si de rien n’était/à s’enfoncer dans une dépression en focalisant sur un autre problème (la colonie, au lieu de l’absence de son fils/sa culpabilité de l’avoir perdu). Bref, il y a de quoi faire sur la psychologie de ces personnages et la gestio du deuil à mon avis..

      Pareil, pour Broussard ! J’espérais qu’on le verrait dans cet épisode, et puis j’avais perdu espoir en cours de route. Les gens qui disparaissent… Collaboration forcée avec l’envahisseur non ? Comme le type de l’intro insiste pour les rencontrer, je pense qu’il a négocié un marché avec…
      Et pour « Les Mis », je me suis posé la question, et donc je vais te dire que oui, car il fait partie des films que je repousse indéfiniment… après, c’était peut-être juste une référence au livre (et j’avais dit dans les règles que nooooon fallait que ce soit explicite… mais chut, chut lol)

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      1. Oui je suis d’accord qu’ils sont tous deux dans le déni et que Katie s’est focalisée sur le sauvetage des gens pour ne pas se dire qu’elle n’a pas pu sauver son fils. Ça me fait de la peine pour Bram et Gracie qui sont vraiment laissés de côté…
        Je pense en fait que les gens disparaissent dans les espèces de grandes usines qu’on a vues au début de la saison, celles construites pour contrer les ennemis des aliens. Enfin si j’avais bien compris.
        Et pour Les Mis, il parle des scènes de barricades, pas de « vous vous rappelez le passage des barricades dans les Misérables ? » donc c’est un truc visuel. En plus le type n’a pas l’air d’être un lecteur des Misérables 😀 Et c’est sans doute le film plus que le Broadway show.

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      2. Oui, Bram encore est assez grand pour être mis de côté, mais Gracie, c’est violent !

        Ben les grandes usines, oui, c’est ça le but, mais pour moi c’étaient les « factories » des premières saisons non ? Dans chaque colonie, les résistants et les personnes qui ne respectent pas l’ordre finissent là-bas, comme Bram en saison 2. Une fois là-bas, ils se font parfois envoyés dans l’espace, mais pas toujours.
        L’avantage de Seattle est justement que le créateur de l’algorithme a négocié pour ne pas composer avec ça (et donc avec les redheads), donc ce serait étonnant que les disparitions soient si simples à résoudre, non ?

        Ahaha, bonne analyse pour nous sortir de mes règles 😛

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  2. J’avais eu l’impression que le grand complexe qu’on avait vu quand les Bowman se sauvait de LA était différent des Factories mais je peux me tromper.

    Je n’ai pas voulu contourner tes règles, c’est juste une déduction pour te démontrer que ça rentre bien dans tes règles 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Ben effectivement ça paraissait plus grand mais j’ai (naïvement ?) associé ça à la même idée. Maintenant c’est vrai que plusieurs éléments du puzzle de cette saison étaient tournés vers Seattle, alors c’est possible !

      Ça va de soi !

      Aimé par 1 personne

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