Metropolis (Lehman/De Caneva)

Salut les sériephiles,

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Même si on n’est pas samedi, j’avais envie de vous parler BD aujourd’hui tant que c’est encore frais dans mon esprit. Dans le cadre du Mois de la BD, je me suis inscrit à la médiathèque à côté de chez moi histoire d’avoir accès à tout plein d’histoires chouettes et cette semaine, mon attention s’est portée sur une série de quatre BDs, parce que je voulais si possible une histoire complète que je puisse emprunter en une fois. Laissez-moi donc vous faire une review de Metropolis de Lehman et De Caneva.

Voir aussi : Présentation du Mois de la BD

Avant toute chose, évacuons les malentendus, ça n’a rien à voir avec Superman et ça n’a rien à voir avec Starmania, Metropolis est une uchronie, c’est-à-dire un roman qui réécrit l’histoire comme si un événement particulier ne s’était jamais déroulé. L’histoire commence donc le 13 mai 1934 et nous présente une Europe bien particulière : elle n’a jamais connu les Guerres mondiales grâce à une alliance franco-allemande. Bon, on ne sait pas bien à quel moment de l’Histoire le changement a eu lieu, mais grosso modo, ça semble être juste après la guerre franco-prussienne, donc vers 1870/71.

Tout se passe donc à merveille en Europe sauf que, bien évidemment, il y a des extrémistes qui voient d’un mauvais œil la création de « l’interland », un espace européen où les nationalités n’existent plus et dont Metropolis est, vous l’aurez compris, le centre. Nous, nous suivons simplement la vie d’un inspecteur de police qui, le jour de son anniversaire, se met à rédiger un carnet racontant sa vie à partir du jour où il a survécu à un attentat sur l’esplanade de la Réconciliation.

Oui, le premier tome est donc sanglant, il y est question d’attentat, mais aussi d’une enquête policière qui se met en place autour d’un mystère révélé par cet attentat. Le jeu de temporalité n’es tpas forcément clair immédiatement, mais il s’éclaire assez bien après quatre tomes. Quant au carnet que le personnage écrit, il l’écrit parce que le docteur F le lui a conseillé.

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Le docteur F ? Freud bien sûr ! Notre héros est en effet « le citoyen n°1 » de Metropolis et navigue dans les plus hautes sphères de la société. Dès lors, il croise alors des personnages historiques importants dont le destin est différent dans cette uchronie… mais toujours aussi exceptionnel. D’Aristide Briand ayant un poste haut placé au gouvernement de Metropolis à Adolf Hitler simple peintre, en passant par Eva Braün ou Freud, des noms historiques ne cessent de surgir dans cette BD, qui n’hésite pas non plus à tirer dans le méta avec un Churchill écrivant… une uchronie (qui semble fort être la réalité).

Et franchement, j’ai adoré cette BD. C’est sa couverture mystérieuse qui m’avait attiré, et le fait que je n’ai plus lu d’uchronie depuis un moment. Pour un type qui ne supporte pas les fanfictions ne respectant pas le canon, j’ai quand même un goût étrange pour l’uchronie, probablement grâce à son côté SF. Ma lecture m’a même donné envie, à un moment, de terminer la saison 1 de Counterpart, c’est vous dire si ça m’a détraqué !

Image result for metropolis lehmanSi j’ai passé un excellent moment à lire les quatre tomes d’une traite (près de 400 pages quand même), je regrette un peu la fin dont la conclusion laisse quelques pistes intentionnellement ouvertes. On part comme je le disais plus haut dans de la science-fiction, science-fiction pressentie dès le début, comme souvent avec les uchronies… seulement, j’ai trouvé certaines explications fournies peu claires.

Côté dessin, le style graphie est impeccable jusqu’à la dernière page du quatrième tome qui sait surprendre comme il se doit. Pas une fois je ne me suis demandé qui était qui et certains personnages ont même des traits qui aident bien à se les représenter en mouvement. Et puis, la ville est immense et le travail de Stéphane De Caneva est remarquable de détails et idées bien pensées du côté des perspectives. La ville engloutie réellement ses personnages.

En plus, loin de se contenter d’une simple enquête historico-politique, Metropolis met en scènes quelques sous-intrigues de meurtres en séries, et c’est très réussi. L’analyse métaphysique proposé sur les notions de progrès, de modernité et sur le XXe siècle en général est juste et extrêmement riche. Un vrai régal à lire !

Bref, inutile d’en dire plus, je pense que vous avez compris, je vous le conseille vraiment si vous en avez l’occasion, car Metropolis est une BD hybride qui réunit à merveille le meilleur de plusieurs mondes – aussi bien dans le fond fictionnel (monde français et allemand) que dans la forme (policier, fantastique). À dévorer, tout simplement.

Voir aussi : Mois de la BD – Récap #1

13 commentaires sur « Metropolis (Lehman/De Caneva) »

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