Euphoria – S01E08

Épisode 8 – And Salt the Earth Behind You – 17/20
De semaine en semaine, on s’est dirigé vers une fin bien triste, avec une violence psychologique toujours bien prenante et plus écrasante. Cet épisode ne trahit pas la saison, même si son écriture est très certainement différente des sept premiers volets de cette histoire. Qu’importe de toute manière, les personnages sont attachants alors on veut savoir la suite quoiqu’il arrive. C’est une fin de saison réussie, avec des images qui marqueront pour un moment… Maintenant, RDV en saison 2 pour le fin mot de l’histoire – et la suite.

> Saison 1


Spoilers

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If you ever fuck with them again, I’ll destroy your life.

C’est déjà la fin de saison ? C’est fou comme c’est passé vite huit épisodes. Bon, il faut dire aussi qu’il y a eu des épisodes où je n’aimais pas encore la série, mais quand même. Cet épisode laisse de côté les débuts que j’aime tant pour se concentrer sur le séjour de Rue à l’hôpital. On essaie de lui donner du Vicodin, qu’elle refuse heureusement, et la voix off finit par nous informer que l’hôpital est un endroit qu’elle adore, parce qu’elle peut y vivre sans avoir la moindre responsabilité et avec des gens aux petits soins avec elle. Alors, certes, mais c’est pourtant horrible les hôpitaux. C’est parce qu’elle est adolescente qu’elle dit. C’est aussi parce qu’elle reçoit la visite de Jules, évidemment.

La série reprend ensuite dans la chambre de Jules où elle s’amuse à relooker Rue et à la maquiller à sa manière, c’est-à-dire de manière exubérante mais bien trop jolie malgré tout. Elle en profite pour lui raconter sa nuit en boîte et au lit avec l’amie de son amie, et même si elle ne dit rien, Rue est un peu jalouse, ça se voit sur son visage. Et pour en arriver au générique, on a le droit à un bon fantasme de Rue différent de ce qu’on attendait : elle s’imagine brûler et tuer Nate.

Après ça, on retrouve la mère de Rue en réunion dans un centre de détox, à lire une lettre écrite pour Rue sur les ravages de la drogue. La chronologie n’est pas bien claire dans cet épisode, mais l’idée est d’avoir une voix off différente pour le montage qui voit tous les personnages se préparer pour le bal de promo.

Celui-ci sort clairement de nulle part, mais admettons : c’est sympa de voir les préparatifs de chacun, comme dans toutes les séries américaines. Et la voix de la mère de Rue sur les difficultés d’être parents fonctionne bien dessus, surtout quand tous les adolescents se mettent à boire. Tous, à l’exception de Fez, encore chez lui bizarrement, mais à prier et préparer son flingue. Oula.

Au bal de promo, l’ambiance ne fait pas vraiment rêver, avec toutes les adolescentes principales réunies autour d’une table pour jouer la carte de la nostalgie et du « on s’en souviendra quand on aura 40 ans ». Soit. Elles étaient bien drôles aussi à commenter toutes les soirées ensuite, quitte à bitcher un peu.

Il est à noter surtout que Jules reçoit des messages photos de sa nouvelle copine, ce qui rend Rue complètement jalouse, particulièrement quand Jules s’enferme dans les toilettes. On a droit à un super plan sur les toilettes des filles, aussi, nous expliquant pourquoi ça prend de temps pour elle d’y aller, avec à peine une personne sur cinq qui pisse dans les cabines, hein.

Jules est rejointe par Rue dans les toilettes en tout cas, et elle lui demande de l’embrasser… mais Rue n’ose pas malgré tout. Il faut dire qu’elle n’a pas exactement le consentement de Jules qui s’amuse à ne pas lui donner. Et du coup, elles quittent les toilettes pour aller danser à la place.

Pendant ce temps, Nate se pointe au bal avec un rencard encore plus vulgaire que Madi, il faut le faire, mais il a littéralement la main sur le cul de celle-ci. Un flashback nous montre que la relation Nate/Madi est toujours aussi tordue : il a été incapable de garder une érection assez longtemps pour coucher avec Madi, à qui il a préféré reprocher de trop parler, avant de s’énerver contre elle quand elle l’a dit gay. Forcément. En repartant, elle vole dans un livre de Nate le DVD montrant son père ayant une relation avec un mineur, et elle tombe au passage sur le père. Quant à Nate, il finit sous la douche, à se masturber.

Et au bal, il est donc avec une autre cheerleader, pour faire chier Madi, qui décide de se venger avec un autre type. La scène de danse qui suit est excellente, surtout quand Jules et Rue rejoignent aussi la piste de danse. C’est un épisode qui se regarde et qui est drôle à voir pour tous les mouvements de danse, vraiment.

Cette fin de saison doit aussi gérer la relation Kat/Ethan, avec Kat qui prend la décision de s’excuser auprès d’Ethan. Elle a voulu le faire souffrir à la hauteur de ce qu’il aurait pu la souffrir. C’est top, parce que ça finit bien pour ce couple, avec un Ethan très patient et une Kat qui n’a pas fini de se culpabiliser de ce qu’elle a fait. Et alors qu’eux s’embrassent, Lexi finit en gueule de bois à demander à Cass comment elle choisit les personnes qu’elle veut embrasser. Rien que ça.

Puisqu’on parle de Cassie, l’épisode s’éloigne aussi du bal de promo pour nous montrer les conséquences de son intrigue de grossesse ; à savoir la gestion de l’avortement, en famille avec sa mère et sa sœur. Malgré leur présence, Cass doit quand même faire face seule au questionnaire sur les antécédents familiaux, et c’est violent psychologiquement. Artistiquement, c’est une vraie réussite, avec une reprise de « My body is a cage » toute lente et des images de Cass faisant du patinage pendant la procédure.

La série aborde directement le sujet, mais pas visuellement : les quelques plans sont choisis sont toutefois très marquants eux aussi. Et tout ça se fait en parallèle de l’intrigue de Fez qui enfile une cagoule et s’introduit dans une baraque pour voler de l’argent, histoire de pouvoir rembourser ses dettes j’imagine. Seulement, l’homme qu’il braque ne se laisse pas faire, même si son fils les regarde : il sort un flingue lui aussi pour s’attaquer à Fez qui garde le dessus malgré tout et tabasse le père, devant le fils.

Il s’enfuit ensuite, quand même marqué parce qu’il vient de faire, puisqu’il doit rentrer chez lui pour payer Mouse, qui souligne son retard évidemment. Restera à voir l’an prochain si le paiement aura été accepté sans conséquence par Mouse… J’espère quand même.

Bon, il faut quand même revenir sur le fil rouge de la saison : l’intrigue Jules/Nate. Quand elle voit Nate s’isoler, énervé par Madi, Rue prend la décision de le suivre pour le menacer. Oui, oui, le menacer. Elle lui demande de laisser en paix Jules et Fez, s’il ne veut pas qu’elle aille dénoncer son père à la police. Il lui fait donc comprendre qu’elle n’a pas toutes les cartes en main et lui annonce gentiment que Jules ne se souviendra même pas d’elle dix ans plus tard. Sympa le Nate, toujours. En réponse, Rue passe un peu plus de temps en extérieur avec Jules. Elle lui annonce son envie de se barrer de la ville, avant d’enfin l’embrasser ; un vrai baiser de cinéma.

Comme c’est le bordel dans la chronologie, on assiste aussi au dernier match de lycée de Nate, et on y revient deux fois dans l’épisode, pour le voir d’abord quasiment perdant et ensuite tout fier de lui… pourtant, son père n’est pas ravi, et il a raison : il a gagné, certes, mais en solo, sans se préoccuper de l’équipe. Le problème, c’est que son père lui fait la morale alors que Nate est simplement en caleçon, alors Nate en profite pour aller au conflit avec son père.

Il s’approche de lui, comme pour l’embrasser, puis le frappe, mais ça finit mal pour lui avec son père ayant le dessus sans mal, à deux reprises. La scène est une fois de plus bien violente et un rien traumatisante, avec Nate qui finit par hurler et s’éclater la tête contre le sol, à plusieurs reprises, alors que les images font vraiment penser à un viol, même si son père n’est pas incestueux. Par contre, la série n’oublie pas de nous rappeler de quoi il est question, avec un gros plan sur le tiroir des DVDs, puis avec Madi qui a visionné la vidéo du père de Nate.

Malgré tout, au bal, celle-ci accepte de danser avec Nate, en larmes. Elle sait qu’elle ne devrait pas être avec lui, mais elle ne parvient pas à lui résister. On en a connu des couples dysfonctionnels dans les séries, mais celui-ci se place là quand même. En plus, l’autre cheerleader finit en larmes, forcément. Ce n’est pas la seule à pleurer en fin d’épisode : Jules est convaincue par le plan de Rue de quitter la ville, alors toutes les deux font leur sac et s’apprêtent à prendre le train… jusqu’à ce que Rue se sente finalement incapable d’aller au bout de son idée.

Les larmes coulent, le train s’en va avec Jules et Rue reste sur le quai, même si Jules lui a dit être amoureuse, même si elles étaient un bon couple, même si c’était l’idée de Rue. Elle finit dans un très sale état, forcément, et la série n’est pas des plus sympas avec nous, avec des flashbacks bien sentis sur l’historique de son addiction, de ses relations familiales (avec le deuil de son père et les disputes avec sa mère), de sa vie. Pour le dire à l’américaine, c’est bien fucked up tout ça !

Et Rue est en larmes, complétement déprimée, seule… prête à rentrer chez elle pour se droguer à nouveau. Pff. Je suis vraiment triste pour elle – déçu d’en arriver là après tout ça… Là ? Une ligne de cocaïne, et une souffrance imagée superbement interprété dans une chanson perchée et une chorégraphie nous montrant les malaises du personnage, son envie de se rattacher à sa mère et sa sœur, son slow avec son père, une foule de choristes qui nous montre l’overdose et le suicide du personnage… Sauf qu’il y a une saison 2, et j’espère vraiment qu’elle se fera avec Zendaya.

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EN BREF – C’est une série bien particulière, Euphoria, mais elle est très addictive quand on se lance dedans et qu’on s’attache aux personnages qui ont tous des failles assez importantes. Les épisodes ont une construction vraiment intéressante et un approfondissement psychologique des personnages bien foutu.

La saison en elle-même est assez réussie aussi : l’esthétique y est géniale – c’est peut-être le plus marquant de la série, la voix-off de Zendaya vraiment entraînante, les choix musicaux ambitieux et géniaux. Et puis, l’intrigue globale, malgré ses nombreux détours, fonctionne aussi. Les épisodes sont indépendants les uns des autres, se concentrant sur les personnages tour à tour, mais ils forment un tout cohérent.

La chronologie de la série, surtout dans les derniers épisodes, est vraiment perchée, mais ça n’empêche pas de suivre ce qu’il se passe heureusement. En tout cas, cette saison 1 aura réussi à me convaincre, puis à me fasciner, avec tous ses zooms et ses délires, ses flashbacks et ses apartés, ses montages et ses analyses brutes d’une réalité bien souvent crue. Ce n’est peut-être pas ma vie ni mon genre habituel, mais j’accroche beaucoup, surtout que les acteurs sont tous géniaux. Vivement la saison 2.

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> Saison 1

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