Widow’s Bay – S01E10 – We Hope You Enjoyed Your Trip – 18/20

J’avais deviné une partie des twists de l’épisode sans m’attendre à ce que ça arrive pour autant et la fin m’a laissé vraiment convaincu par ce que proposait cette saison. Ce n’est pas suffisant pour mettre un terme à la série, mais on sent bien que la saison 1 a raconté ce qu’elle voulait. Il n’y a plus qu’à espérer pour une suite rapide et bien écrite, histoire de clarifier les zones d’ombre qu’il nous reste – en grand nombre.

Spoilers 

Les premiers touristes arrivant, Tom doit prouver que c’est safe de se baigner. Mais est-ce que ça l’est vraiment ?

We’ve weathered storms together before, haven’t we ?

Dingue de me dire que c’est déjà la fin de saison. C’est passé vite, mais cet épisode va prendre un peu plus de temps pour tout conclure, puisqu’il dure pas moins de 48 minutes. C’est beaucoup. On commence en toute logique par Tom, mais on le voit faire des recherches dans les dossiers et ça me laisse tout de même perplexe.

Une fois que c’est fait, il se rend chez Ruth, comme je l’imaginais. Patricia essaie encore de le stopper à la radio, mais c’est en vain. Tom frappe donc à la porte de Ruth, en vain. Il finit par entrer sans y être invité et la retrouve… en train de faire son sport. Au top de la forme, la mamie ! Elle est touchée de voir que Tom pense à elle et veut la ramener à l’abri ; il improvise en lui disant que c’est trop tard pour rejoindre l’abri et se prépare à la tuer. Il n’est pas évident de prendre la décision pour autant. Certes, elle est à moitié sourde et pas très utile à la mairie, mais elle a aussi le cœur sur la main.

Il se rend compte que son calendrier est plein d’activités et qu’elle est généreuse. Pour se dédouaner, il se met à douter des recherches de Rosemary, mais il le fait dans la salle de bain où il est avec les médicaments de Ruth. Ses recherches dans les dossiers médicaux du médecin lui permettent de savoir comment la droguer, au moins. Cela prend plus de temps que prévu quand elle lui fait un thé qui infuse durant 27 minutes et l’entraîne dans une visite guidée de sa maison. Ma foi, les scénaristes savent comment gagner du temps et rendre Ruth sympathique.

Elle montre aussi de vieilles photos à Tom, histoire qu’il apprenne que tout le monde dans sa vie est décédé ou que la maison a été construite par ses parents. Bien qu’elle soit pleine de vie et rayonnante, il tente alors de la convaincre de commettre un suicide, tout de même. Plus exactement, il essaie de savoir ce qu’elle ferait face au dilemme du train – et il veut se dédouaner en ayant son approbation pour la tuer.

Malheureusement, elle n’a pas la réponse qu’il espère : elle ne prendrait pas la décision de tuer quelqu’un, même si ça pouvait sauver plein d’autres gens. Elle est tellement mignonne et généreuse, c’est terrible pour lui de se retrouver à vouloir la tuer – et terrible pour nous aussi, parce qu’on ne sait pas comment l’épisode va se terminer, ni comment on veut qu’il se termine. Je suis content du choix des scénaristes d’avoir fait de Ruth la dernière de la lignée cependant.

C’est confirmé quand Tom retrouve la broche de Frances dans les affaires de Ruth. Il se décide donc à la tuer en l’empoisonnant et je trouve ça triste qu’on nous fasse un gros plan sur son frigo avec une photo d’Evan au même moment. Pris de remords, Tom se confie ensuite à Ruth sur sa culpabilité d’avoir amené des gens sur l’île, mais pendant qu’il parle, il se rend compte qu’elle ne réagit plus du tout. Elle n’est pas morte pour autant…

Ma théorie à ce stade est que, comme Richard, elle se retrouve à ne pas pouvoir mourir sur l’île, puis qu’elle est la dernière de la lignée. Tom est en tout cas forcé de prendre des décisions plus radicales : il décide donc de l’étouffer avec un coussin, rien que ça. Ce n’est pas évident comme décision. Au moment de la tuer, il est interrompu par une révélation inattendue : Ruth est tombée enceinte d’un homme marié.

Elle a accouché et a fini par lui donner la fille pour qu’il l’élève avec sa femme. La série prend alors la direction à laquelle je m’attendais : sa fille est morte, mais il s’agissait de Lauren. La mère d’Evan, l’ex-femme de Tom. C’était sûr et certain que ce serait Evan le dernier descendant. Tom ne pourra jamais le tuer et ça déplace le problème exactement comme il faut. C’est beau de voir Tom se rendre compte qu’il a fait bien de la merde.

Dans l’abri, Patricia fait la liste des vivres qui ne suffisent pas du tout pour 137 personnes réfugiés. Les esprits s’échauffent, l’électricité commence à manquer et ça ne donne pas envie d’être dans ce bunker. Il y en a une qui doit avoir encore plus envie de partir : Chelle, la femme du shérif. Elle se fait examiner par le vieux médecin de l’île qui informe le futur père que le bébé est sur le point de naître. À quoi bon prévenir la mère, hein ? Le shérif se met à stresser et souhaite parler à Tom, mais bon, celui-ci est occupé ailleurs. Il le cherche et finit par comprendre que quelque chose ne tourne pas rond.

De son côté, Patricia demande à un employé de la mairie de trouver de quoi divertir tout le monde. À la recherche de jeux de société, il trouve une pellicule de vieux film particulièrement angoissante : un homme tout sourire félicite et remercie les sélectionnés de se sacrifier pour le bien-être de Widow’s Bay. Il y a tant d’histoires perchées et effrayantes sur cette île !

Il a la bonne idée de ne pas montrer tout ça aux gens, c’est déjà ça. Il faut dire que les survivants de l’abri sont un peu occupés à se révolter quand on leur sert de la nourriture pourrie. Il manque de vivres et ça tourne vite à l’émeute, tout ça. Au milieu de tout ça, le shérif apprend ce que Tom est en train de faire et ne l’approuve pas. Il quitte femme et enfant pour rejoindre Ruth et Tom – et la tempête ne semble plus inquiéter personne quand bien même une tornade a emporté le shaman, hein.

Pendant ce temps, l’employé continue de regarder les vidéos et apprend beaucoup de choses sur l’île : ainsi donc, il est expliqué que pour chaque coup de cloche sonné par l’Eglise, il faut sacrifier une personne. Le monstre qu’est l’île se nourrit de la peur des sacrifiés, en plus. C’est d’autant plus dérangeant que dans la pièce d’à côté, l’émeute continue et est interrompue par un message sur haut-parleur qui date de la même époque. On dit de ne pas paniquer, mais bon, c’est la panique ; panique encore plus forte quand Dale, l’employé de la mairie, hurle qu’ils sont piégés.

Sinon, j’oublie une partie de l’épisode, tout de même. Avant l’émeute et au dans son coin de l’abri, Evan passe du bon temps avec sa copine, mais aussi avec PJ. Ce dernier est si con qu’il trouve un moyen de fuir l’abri et entraîne ses potes avec lui. Evan est assez intelligent pour savoir que c’est une connerie, mais il se laisse embarquer quand sa copine est convaincue par la promesse d’un joint. Oh non, y a pas à être si idiot ! Au moins, il gagne un baiser de sa copine, c’est déjà ça.

Par contre, ces abrutis fouillent l’abri et finissent par tomber sur la chambre de torture de Richard. La copine ne trouve rien de mieux à faire que de s’asseoir directement sur la chaise. Ils sont surpris par un employé de la mairie qui les vire de la pièce, mais se retrouve alors enfermé par PJ. Plus exactement, PJ ferme la porte qui se verrouille d’elle-même ensuite.

Le problème, c’est que PJ et la copine d’Evan se barrent, alors que PJ est un peu plus humain. Il reste en arrière pour tenter de libérer l’homme, en vain. Il l’entend hurler, et c’est tout. Quand la porte se rouvre, l’homme n’est plus là. Evan décide donc de se barrer.

Au même moment, le shérif – Bechir, si j’ai bien entendu – arrive chez Ruth et… lui tire dessus. Tom venait de se décider à l’emmener chez le médecin, comprenant bien que de toute manière, elle n’était pas la dernière descendante. Il est terrifié de la voir mourir et hurle la vérité au shérif, se retenant tout de même de lui dire que c’est son fils le dernier de la lignée.

Pourtant, même si Evan est encore en vie, la tempête s’arrête soudainement. Patricia et Wyck sont sûrs que Tom a tué Ruth, mais ce n’est pas le cas. C’est même pire que ça : Ruth est encore en vie après avoir pris une balle. On se doute bien qu’elle ne survivra pas longtemps, cependant. En fin d’épisode, tout semble réglé et apaisé quand Tom balance le collier de Frances à la mer… mais les cloches de l’Eglise sonnent à nouveau. Huit fois.

C’est une fois de moins que dans l’épisode 2, et ça veut quand même dire que l’île – ou le monstre sous l’île – réclame à présent huit vies supplémentaires pour s’apaiser. Avec un tel appétit, pas étonnant que l’île connaisse une histoire si sanglante et pleine de disparus.

EN BREF

C’est une très bonne première saison, vraiment solide par son originalité, sa propension à s’appuyer correctement sur des légendes urbaines et son envie de présenter une histoire qui peut faire froid dans le dos. Pour autant, ça n’est pas un coup de cœur complet pour ma part : je trouve que trop de questions sont oubliés en route et que pour une série qui sait très bien ce qu’elle veut raconter, elle ouvre de fausses pistes un temps. Pire que tout, j’ai vraiment l’impression qu’elle gagnerait à avoir plus d’épisodes pour développer plein d’aspects qui restent à la surface.

Ceci dit, avec davantage d’épisodes, elle serait probablement encore plus prévisible que ce qu’elle était déjà. Et puis, c’est facile de critiquer, mais en vrai, c’est une série très bien écrite, très bien interprétée et très bien… réussie. Il faut savoir se contenter de ce qu’on a et recoller les morceaux soi-même, je suppose.

Ainsi, j’attends la saison 2 (la série a été renouvelée juste avant la diffusion de l’épisode 10) pour avoir confirmation que les huit coups sonnés en fin de saison sont bien un appel à huit nouveaux sacrifices – et confirmation que la tempête s’est arrêtée car il y a eu un sacrifice dans cet épisode final. J’aimerais bien savoir si le shérif est papa, aussi. Et avoir plus d’infos sur le passé de Patricia ou les nombreux massacres qui ont eu lieu sur cette île. Il y a tant à développer, encore !

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