VisionQuest – S01E05 – Firewall – 14/20

Comme je suis frustré par cet épisode 5 qui n’offre pas du tout ce que je pensais voir après le cliffhanger précédent. J’ai l’impression qu’on m’a fait une promesse pour mieux la jeter aux ordures juste après. Cet épisode est sacrément long et beaucoup trop bavard. Les avancées dans l’intrigue donnent parfois l’impression de faire du surplace, mais, en revanche, j’ai adoré l’aspect technique et la mise en scène. C’est ce qui sauve la série, franchement : elle propose au moins un aspect original et des idées novatrices.

Spoilers 

Vision cherche à savoir ce que fait Ultron maintenant que le grand méchant a recouvré une grande part de liberté. Et ce n’est pas passionnant, ce qu’il fait.

You son of a witch.

C’est reparti pour deux épisodes avec l’impression que Marvel me vole mon temps libre du mercredi. Un seul épisode d’une heure, ça aurait été largement suffisant… et même s’ils ne me forcent pas à tout regarder d’un coup, ma peur du spoiler et l’habitude d’enchaîner font que bien sûr, je vais enchaîner. Bref, dure vie.

Et bien sûr, le tout pour une série qui me déçoit de plus en plus :

Le récapitulatif des épisodes précédents est toujours aussi long, surtout qu’ils vont aussi taper dans les films. C’est un choix, mais je dois dire que ça fonctionne pas trop mal concernant les extraits d’Avengers choisis. C’est bien plus efficace d’avoir une image de la tombe de Tony quand Friday dit avoir perdu la moitié de son monde, par exemple.

Cela dit, le début de l’épisode nous montre la panique des différentes IA à l’intérieur de la tête de Vision. Maintenant qu’Ultron est aux commandes, Vision, Friday, Edith, Dume et U sont coincés dans la cellule où Ultron me faisait chier depuis le début de la saison. L’art y est revenu, les écrans et canapés aussi. Pas de quoi paniquer, finalement.

Friday en veut clairement à Vision parce que donner l’accès à Ultron était du grand n’importe quoi selon elle. Voir Vision, un super-ordinateur capable de faire 15 000 simulations à la seconde, nous affirmer qu’il n’y avait pas d’autres solutions et que c’est surprenant qu’Ultron fasse ça ? Je ne sais pas, je le savais depuis l’épisode 1 qu’Ultron allait redevenir méchant quoi.

On enchaîne ensuite par tout un tas de termes techniques pour nous montrer que Vision s’inquiète quand même pour son fils. Ultron bloquant l’accès au direct, les IA doivent se contenter de la mémoire récente des caméras. MOUAIS. C’est un grand tas de blabla techniques pour justifier une scène plutôt marrante où les IA suivent Thomas et Ultron se rendre du gala au bar – sans le son et en noir et blanc.

Pour une fois, je suis davantage convaincu : ça mène à une scène où les IA se débrouillent pour récupérer du son et où la série s’amuse à nouveau avec ce qu’elle met à l’écran. Nous avons ainsi la scène entre Thomas et Ultron en noir & blanc, avec Vision et les IA en couleurs. Je me pose la question du barman, tout de même, parce qu’il est interprété par Dume donc en couleur… Mais je crois que c’est pour nous indiquer que l’IA est en train d’accéder aux données. Loin de ces considérations techniques, il faut bien voir aussi que la conversation entre Thomas et Ultron est supposée être vraiment intéressante.

Ainsi, on y voit Tommy reprocher à Ultron Sokovie, mais s’en remettre assez vite pour poser des questions sur son père. L’idée est d’apprendre à connaître Vision grâce à sa face sombre. Pourquoi pas ? C’est un peu nul que la série en profite pour utiliser l’acteur d’Ultron plutôt que l’acteur de Vision, parce que je trouve que Paul Bettany faisait un excellent Ultron. La fin de l’épisode précédent nous vendait un Ultron méchant et là on nous ressort un personnage qui se prend limite pour le père Noël.

Ultron n’est pas supposé être un personnage qui sourit et qui fait du mal par la manipulation psychologique et si bavarde. Bref, j’en reviens à ce que je dis depuis le départ : je suis dérangé par cette version d’Ultron qui n’est pas celle des films. Pourquoi pas, hein, mais je crois que j’aurais préféré un autre méchant. En plus, l’air de rien, la conversation est longue pour pas grand-chose. C’est intéressant de suivre la psychologie des personnages, mais ça n’arrive pas à me convaincre pour autant.

Tommy apprend en tout cas plus de choses sur son père : si Ultron lui affirme que Vision ne sera jamais le père qu’il espère malgré la relation qu’ils tentent de construire. Toujours d’après Ultron, l’IA voit la composition des choses plutôt que leur globalité avec l’exemple d’une pomme, Tommy reste convaincu que Vision trouvera le moyen de chasser à nouveau Ultron et de reprendre le contrôle de son corps. Je pense bien qu’il a raison, sinon, ça ne ferait pas une super série. Il ouvre aussi une piste intéressante : Tommy explique à Ultron qu’il ne comprendra jamais les relations et restera seul.

Suite à un bug, Vision découvre par Friday qu’ils ont un décalage de 20h avec le direct. C’est… beaucoup. Pas de quoi s’inquiéter, Ultron utilise ce temps à recharger ses batteries. Il est donc coincé dans sa tête, à savoir toujours un manoir anglais des années 20. À défaut d’avoir des IA avec qui bavarder, il peut tout de même parler avec… lui-même. Oh, flemme. J’aime bien l’acteur, mais ils ont une telle fascination pour lui, c’est trop.

Pour ne rien arranger, Vision découvre, grâce à Edith, que pendant qu’il s’occupait de Tommy, Ultron, lui, papotait depuis sa prison avec Paladin. Sans déconner. Non seulement Ultron a donné la position de Vision à Paladin, mais en plus, ils ont continué à échanger. Est-ce qu’on apprend vraiment quelque chose de la conversation qui suit ? En vrai, un peu : cela permet de savoir ce que Paladin fait depuis qu’il est viré. Sans trop de surprise, il n’abandonne pas son objectif. Cela mène Vision à découvrir, grâce à Friday cette fois, que Tommy a été kidnappé. Encore.

C’est aussitôt la panique et il veut tout défoncer des firewalls pour reprendre possession de son corps. Friday s’y oppose : désactiver les firewalls, c’est permettre à Ultron de s’échapper dans le réseau numérique de son choix. Ce serait une catastrophe, donc. Pourquoi pas. J’aime bien l’idée, surtout que ça mène à une nouvelle enquête où Vision comprend que le bug qu’ils ont expérimenté quand Ultron était au bar cachait autre chose : Ultron a rencontré Joséphine et a pu parler avec elle. Ben oui, Tommy lui a dit qu’il allait rester seul, alors son réflexe est de se précipiter vers Joséphine, logique.

Cette dernière sait qu’Ultron lui a pris quelque chose et, au moment où elle allait dire quoi, Vision fait pause et demande à revenir sur les images du gala. C’est un peu ridicule. En tout cas, ça lui permet d’avoir confirmation de ce que dit Joséphine : Ultron lui a bien pris quelque chose, mais pas ce à quoi on pourrait s’attendre. Avant de la faire tuer, il a pu prendre un scan du visage de Katerina – une autre bio-clé, donc. Putain, l’épisode précédent montrait qu’il la détruisait pour bloquer Joséphine, ça n’a aucun sens de nous dire maintenant qu’il poursuit le même plan qu’elle… et donc qu’ils vont faire équipe, je suppose, puisqu’elle a le reste des clés dont il va avoir besoin ? Du coup, pourquoi tuer Katerina et faire croire à Joséphine que c’est foutu plutôt que de tout de suite faire équipe avec elle ? Ca n’a pas de sens, putain, ce sont des machines, elles sont censées être plus intelligentes que ça et se comportent comme des gamins capricieux ?

On en revient en tout cas à la conversation entre Ultron et Joséphine, qui a été bien longue apparemment. Vraiment, ils changent trop la personnalité d’Ultron. C’est censé être un psychopathe qui veut détruire le monde pour sauver les humains, pas un calculateur fin psychologue qui papote en buvant du whisky. On passe d’un méchant exceptionnel à un espèce de Fisk du pauvre là, et vous connaissez peut-être déjà ma détestation de Fisk. Ca parle, ça parle, ça parle et on s’ennuie. Je veux dire on en est au stade où ils nous imposent une scène dans laquelle Ultron est en train de draguer Joséphine. OK, OK, je suis un peu de mauvaise foi, c’est une métaphore là, mais sérieusement : Ultron propose à Joséphine un rencard au Louvre.

Edith et U résument parfaitement mon point de vue : « make it stop », « kill me ». C’est si long pour rien. Les acteurs sont bons, mais bordel, ce sont des IA que l’on voit être en train de se draguer au lieu d’être les grands méchants qu’ils doivent être. En plus, faut voir leur vision du Louvre, là, ils sont juste sous une mini-pyramide de verre et face à trois tableaux (dont un qui est au Louvre-Lens, mais bon, c’est un détail, je suppose).

Puisque je décroche complètement de la conversation qui passe ensuite dans un magasin de vinyle et face à des oiseaux qui volent dans le ciel, je vais me concentrer sur l’aspect technique de cet épisode. Je trouve ça assez fascinant du côté de l’écriture : j’aime les jeux entre les souvenirs et les observateurs IA, le noir et blanc avec les touches de couleurs (tout ne se justifie pas, en vrai). Quant à l’interminable discussion, elle débouche sur la révélation ô combien choquante et si peu prévisible que le but ultime d’Ultron est de… détruire le monde ? Oh, ben ça alors ! Vraiment, je ne l’avais pas vu venir qu’il avait pour intention de s’associer à Joséphine afin de redevenir un grand méchant. Pourquoi nous imposer cet épisode hyper long où il apparaît comme sympathique et dragueur si c’est pour revenir au point de départ sans avoir réussi à nous convaincre un iota de seconde qu’il pouvait être sympathique ? Et puis, pourquoi ce cliffhanger nous promettant un Paul Bettany interprétant Ultron pour finalement avoir un épisode où il est spectateur d’un Ultron tout doux comme un agneau ?

On en a en tout cas fini avec les souvenirs que Vision et les IA regardent : Ultron débarque ensuite pour parler avec Vision. Toutes les autres IA sont toujours là, hein, mais elles servent encore plus de plantes vertes que pendant le reste de l’épisode (c’est dire !). Cela a dû être long à tourner pour les acteurs, franchement. Bref, Ultron se justifie en expliquant à Vision qu’il en avait marre d’être en prison – même si Vision lui dit que ce n’est pas une prison, juste de la pitié – et que maintenant il touche enfin à la liberté. Il demande donc à Vision de le libérer une fois pour toutes en désactivant les firewalls.

Vision refuse et cela mène à un chantage hyper prévisible de la part d’Ultron : Vision peut décider de libérer Ultron quand il le veut… ou attendre de voir Tommy se faire tuer par Paladin ou, pire (ah bon, c’est pire ?), être transformé en tueur à gages lui aussi. Tout ça pour ça, donc. J’aime le dilemme face auquel est Vision.

J’ai quand même l’impression qu’on n’envisage pas toutes les possibilités ici, mais soit. Vision choisit rapidement Tommy, même s’il affirme ensuite que ce n’est pas son fils (ben alors pourquoi sacrifier le monde dans ce cas ?), et rejoint Ultron avant qu’il ne s’échappe. Loin d’essayer de l’empêcher de s’enfuir maintenant qu’il est libre, Vision préfère offrir un chapeau à Ultron et le regarder alors qu’il se barre.

Heureusement que Friday est là pour résumer exactement ce que j’en pense. Enervée de voir Vision être un incapable, Friday fait le choix de quitter à son tour le manoir. Elle suit donc Ultron dans le grand vide intersidéral du numérique. Edith n’a pas le temps de la retenir et se retrouve ainsi à finir l’épisode en pleurant son amie, dont elle est sûre qu’elle sera supprimée… Alors que je suis persuadé du contraire, mais bon.

Pas le temps pour les émotions cependant, Vision informe Edith qu’il est largement temps pour lui de… se réveiller. Sans trop de surprise, Ultron a réservé une dernière surprise pour Vision : il a abandonné son corps dans un avion-cargo transportant des animaux jusqu’à Madripoor. Ahah, et dire que Vision a promis à Ultron de partir à sa poursuite !

Avant ça, il faut s’occuper de Tommy et, finalement, Ultron a décidé d’aider Vision à faire ça. Cela n’a pas trop de sens, mais l’avion le mène en fait sur le chemin qui lui permettra de sauver son fils, avec l’aide de Lisa qui est toujours là et a été témoin de tous les bugs de Vision. Soit. Pourquoi Ultron ferait-il ça pour Vision ? Aucune idée, mais on n’a que quelques épisodes après tout, il faut bien gagner du temps quelque part.

En tout cas, j’aime bien l’idée que ce nouveau Vision fasse quand même passer Tommy avant tout le reste. Il reproduit ainsi exactement les mêmes erreurs que Wanda à Westview et je pense que ça peut être intéressant pour la suite. Par contre, il va vraiment falloir qu’ils annoncent des retrouvailles pour la famille dans un nouveau projet – plutôt une série qu’un film, par pitié.

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Photographie promotionnelle de l’épisode — Marvel Television

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