Pourquoi VisionQuest est une (petite) déception ?

Salut les sériephiles,

Je crois que je me suis porté la poisse. En août dernier, dans mon article sur la D23, j’expliquais que j’avais peur d’en attendre trop de VisionQuest et devinez quoi ? J’avais raison : ce n’est pas à la hauteur de ce que j’espérais. Il faut dire qu’après WandaVision et Agatha All Along, deux énormes coups de cœur, j’avais forcément beaucoup d’espoir pour cette troisième série. Eh bien, nous voilà à la moitié de la saison et je suis un peu déçu.

On se calme tout de suite, c’est loin d’être catastrophique, mais… je ne suis pas accro, loin de là ! Et ça m’agace d’autant plus que je ne comprends pas vraiment pourquoi je n’accroche pas davantage. Enfin, j’ai bien quelques pistes, sinon, je n’écrirais pas un article, évidemment.

Trois séries, trois ambiances ?

En 2021, j’avais publié un article intitulé « C’est si bien que ça WandaVision ? » parce que je n’arrivais plus à attendre la fin de la saison pour en parler. J’étais complètement accro, je faisais des théories chaque semaine et je voulais absolument être au vendredi suivant pour découvrir ce que Marvel nous réservait. Je n’étais pas le seul dans cet état : tout le monde postait énormément sur la série, mon fil Twitter était plein de théories et images de la série. Il faut bien avoir conscience que VisionQuest est la dernière partie d’une trilogie et a été vendue comme telle – elle n’est pas une série indépendante et c’est compliqué (pas impossible, cela dit) de la regarder sans avoir vu WandaVision.

Cinq ans après WandaVision, je découvre donc VisionQuest, et je n’ai pas du tout cette impatience – impatience que je ne ressens pas non plus. Certes, les algorithmes changent et il y a un tel bordel politique que mon fil Twitter (tss, X) est parasité par plein de dingueries, mais je vois passer très peu de choses sur la série. Résultat des courses, ça fait deux semaines que la série est diffusée et je peux passer plusieurs jours sans y penser, là où il était impensable de ne pas me jeter sur WandaVision à chaque épisode. C’est quand même frustrant, non ?

Ce qui me plaisait énormément dans WandaVision, c’était son originalité. Les sitcoms, les changements de décennies, les génériques… Tout cela était génial, mais surtout, tout avait une raison d’être, qui se dévoilait peu à peu. Ces références à la télévision nous permettaient de comprendre Wanda et ce qu’elle traversait, la série avait un vrai commentaire à faire sur la télévision, tout en faisant évoluer ses personnages et en déroulant une intrigue qui fonctionnait incroyablement bien. Les personnages secondaires étaient également géniaux, évidemment.

Dans une moindre mesure, la série suivante, Agatha All Along, répondait aux mêmes codes : les différentes épreuves de la Route étaient tout aussi intéressantes pour explorer les personnages. C’était encore une fois une série complètement différente de ce qu’on avait pu voir auparavant, mais chaque épisode avait sa structure, on sentait que ça avait été écrit comme une série à épisode.

Avec VisionQuest, je retrouve des tentatives des mêmes procédés, mais pas forcément ce qui les rendait si pertinents. On passe d’un manoir anglais des années 1920 à une parodie de série policière, avec même une séance d’exorcisme informatique au passage. Pourquoi pas ? Les idées sont là, les décors sont excellents et les acteurs s’éclatent visiblement. Le problème, c’est que je ne ris pas beaucoup. Je comprends les blagues, je vois bien le détournement des codes et ce que les scénaristes essaient de faire, mais ça ne prend pas sur moi. Pire, je trouve parfois que cet humour ne correspond pas tellement aux personnages que je connaissais dans les films. Quant à la structure de la série, eh bien… Je ne sens pas une écriture qui sait qu’elle fonctionne par épisodes.

C’est ça qui est embêtant : VisionQuest reprend les procédés qui faisaient l’originalité de WandaVision, mais sans retrouver ce qui les rendait pertinents ou les codes méta qui fonctionnaient si bien. Il n’y a pas de logique structurelle quand on passe d’une simulation à l’autre ; là où Wanda et Agatha avaient chacune une structure claire. Autrement dit, VisionQuest essaie d’avoir sa propre identité et je trouve qu’elle échoue un peu là-dessus, parce qu’elle ne respecte pas autant les codes de la télé que ses deux grandes sœurs. Ce n’est donc pas tellement que je lui reproche de ne pas ressembler aux deux autres séries de la trilogie, c’est plutôt qu’elle ne réussit pas complètement à être ce qu’elle veut et devrait être pour faire partie de la trilogie.

Le problème Ultron

J’ai tellement à dire sur Ultron, mais j’ai envie de commencer par son introduction dans la série. Cela ne ressemble tellement pas à Vision d’avoir un programme informatique qui l’étiquette « asshole » ! Au-delà de ça, parce que ce n’est jamais qu’un détail, Marvel a tellement insisté sur son retour dans la promo qu’il n’y a du coup aucune surprise – ni dans sa présence, ni dans son évolution au cours des quatre épisodes. On savait qu’il serait là, on savait qu’il finirait forcément par redevenir le grand méchant et, sans surprise, c’est exactement ce qui arrive à la fin du quatrième épisode. Difficile de s’enthousiasmer pour un retournement de situation qu’on voit venir depuis le début, surtout quand Vision prend la décision complètement débile de lui laisser le contrôle de son corps hyper rapidement.

Le plus frustrant, c’est que James Spader est bon dans le rôle. J’aime bien l’idée de retrouver Ultron, son cynisme et ses petites réflexions sur les humains, mais je ne trouve pas le personnage si passionnant que ça quand il feint d’être gentil et coincé dans la tête d’un autre. Les discussions philosophiques avec Vision tournent un peu en rond, son humour ne fonctionne pas du tout sur moi et j’ai surtout l’impression que les scénaristes comptent énormément sur sa présence pour rendre les scènes intéressantes… Sauf que si j’aime le grand méchant, je n’accroche pas du tout au bouffon qu’il est dans ces épisodes (bouffon au sens « là pour faire rire », hein).

Et quand je pense à tout ce que la série aurait pu faire de plus surprenant avec les intelligences artificielles dans la tête de Vision, je trouve ça dommage qu’elle se repose autant sur lui… Jarvis, Friday ou même Edith auraient été des persos secondaires plus intéressants à développer. D’ailleurs, je m’ennuie beaucoup moins quand Jarvis et Friday sont là que quand il y a Ultron à l’écran. Edith, par contre, c’est un autre problème : j’y vois toujours Jennifer de 12 monkeys et je la trouve trop lourdingue ici pour être pleinement comique.

Heureusement, il y a Tommy

Bon, j’aime quand même la série et tous les persos secondaires ne sont pas à jeter. Ce serait plus simple si je la trouvais mauvaise, mais non. Déjà, je suis ravi de retrouver toutes ces références à l’univers Marvel, Jarvis ou le méchant Ultron notamment (j’ai hâte de voir l’épisode 5).

Surtout, il y a Tommy qui vaut vraiment le détour. Je le préférais déjà à Vision dans les comics, et ça se confirme ici. L’acteur est excellent et j’adore ce que la série construit entre lui et son père. C’est probablement là qu’elle me convainc le plus, quand elle laisse tomber les intrigues de méchants pour s’intéresser à ces deux personnages qui essaient de comprendre qui ils sont. En fait, tout le flashback de l’épisode 2 qui se centre sur lui me donne envie de suivre une série sur Tommy (et Billy) plutôt que VisionQuest.

Le problème, c’est que tout le reste me semble parfois bien plus classique et qu’une énorme partie de l’histoire de Tommy n’est pas surprenante parce qu’on a déjà suivi ce qui était arrivé à Billy. Une fois de plus et au risque de me répéter : les rebondissements sont souvent prévisibles, certaines situations se résolvent beaucoup trop facilement et j’ai du mal à m’intéresser à Paladin et sa traque. Il y a des choses intéressantes, bien sûr, mais je reste beaucoup plus convaincu par les personnages que par l’intrigue prévisible qui force certains événements de manière bien visible. Et lourde.

Cela en fait des raisons d’être déçu…

Bref, je suis partagé. Je ne vais pas faire semblant de ne pas attendre la suite : j’ai déjà envie de retrouver Tommy et de voir où la fin du quatrième épisode va nous mener. Cependant, je m’attendais à retrouver une série Marvel capable de me rendre complètement accro, et pour le moment, j’ai surtout l’impression de regarder une bonne série de super-héros – ou pire, le fameux schéma habituel du film découpé en plusieurs épisodes pour faire semblant d’être une série. Je déteste ça, car un film, ça se regarde au ciné, mince alors.

Bien sûr, l’article serait incomplet si je ne terminais pas aussi par une dernière critique que vous attendiez sûrement si vous me lisez régulièrement : je crois sincèrement que la diffusion de deux épisodes par semaine n’aide pas. J’ai vu la moitié de la saison en moins de vingt-quatre heures et je n’ai pas eu le temps de digérer comme il faut entre deux épisodes. Au-delà de ça, deux épisodes d’un coup, ça limite les théories entre les épisodes et les réflexions postées sur les réseaux sociaux. C’est dommage pour une série qui reprend justement autant de codes de WandaVision, dont j’avais adoré la diffusion hebdomadaire.

Bon, après, il reste toujours quatre épisodes pour me faire changer d’avis et me rendre aussi accro que lorsque je regardais Agatha All-Along… J’ai envie d’y croire, mais je n’ai pas aussi hâte que ce que je devrais d’être à mercredi pour les prochains épisodes.

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