Eyes of Wakanda – S01E03 – Lost and Found – 15/20

J’adore toujours autant la série qui impose un style visuel très classe et surfe agréablement sur la mythologie Marvel extrêmement riche et féconde, mais il y a un mais. Il est même de taille : cet épisode n’a pas réussi à me convaincre du côté de son écriture, avec des décisions irrationnelles ou peu crédibles de la part de certains personnages (et pourtant, on les connaît peu pour que ça paraisse illogiques venant d’eux !) ou même dans certains moments de l’intrigue, tout simplement. Dommage.

Spoilers 

Cette fois, l’épisode commence en Chine avec le départ d’un guerrier du Wakanda.

I am the Iron Fist

Déjà, le cadre de ce début d’épisode est canon, l’animation est encore une fois ultra soignée. On est vraiment dans une ambiance différente à chaque épisode et ça, j’aime beaucoup : cette fois-ci, c’est avec surprise que l’épisode commence en Chine et prend le parti de faire un pied de nez à la structure qu’on attendrait : plutôt que de nous montrer le guerrier de l’épisode, Basha, au moment où il commence sa mission, nous le voyons plutôt alors qu’il s’infiltre dans un temple après avoir quitté le lit d’une femme.

Il récupère une tête de dragon avec une langue très clairement en vibranium. C’est l’épisode 3 et il est désormais clair qu’on a un fil rouge : nous suivons les Chiens de Guerre (c’est vraiment moche en VF) alors qu’ils retrouvent des artefacts du Wakanda perdu hors de leur terre. J’aimerais bien qu’on nous explique comment ils quittent le Wakanda à chaque fois, parce que pour un pays qui vit coupé du reste du monde, ils ont quand même plusieurs artefacts qui se perdent !

Il n’empêche que ça fonctionne plutôt bien comme concept. Bref, on retrouve Basha en pleine mission retour : il rentre au Wakanda avec une statuette en vibranium, la fameuse langue du dragon. Sauf que bien sûr, tout ne va pas se passer comme prévu, sinon ça ne ferait pas un bon épisode. En attendant, on découvre que déjà à l’époque, ils avaient des vaisseaux aériens, et c’est l’un d’eux qui permet à Basha de s’enfuir après une scène de luge dans la neige (sort of) particulièrement réussie du point de vue de l’animation.

De retour au Wakanda, Basha est applaudi par tout le monde, ou presque. Son supérieur, le capitaine Ebo, n’est pas tout à fait ravi : il critique son rapport et son attitude désinvolte vis-à-vis des protocoles très précis à suivre. Il lui reproche notamment d’être venu avec la tête de la statue de dragon complète et non pas seulement avec le vibranium. Qu’à cela ne tienne, il faudra faire avec : Basha se défend et va placer l’artefact dans un coffre-fort, l’occasion de faire quelques Easter Eggs sympathiques parce qu’il y a d’autres artefacts au look familier.

Ils sont interrompus par l’arrivée de Rakim, un haut conseiller royal, qui veut s’entretenir seul avec Basha, grosso modo lui aussi pour faire des reproches. Ils sont toutefois interrompus par un appel qui indique à Basha qu’il y a un problème avec les techniciens qui s’occupent de son aéronef. Et pour cause : on voit carrément une mécanicienne se faire happer dans le vaisseau… Il ne faut pas être surdoué pour comprendre que Basha a ramené avec lui, bien malgré lui !, quelqu’un dans son aéronef.

Dès son arrivée au Wakanda, l’intruse déclenche un joli petit carnage dans les rangs wakandais, en commençant par Ebo. Ce dernier réussit à lui faire croire qu’il est de son côté et se range à sa supériorité, juste assez pour l’emmener droit dans un piège. Pourtant, l’étrangère n’a aucun mal à dégommer tous les guerriers qui sont dans la cafétaria. Et là, une fois de plus il faut le dire, les scènes d’action sont plutôt stylées. L’animation claque, les couleurs sont belles, les chorégraphies font le boulot.

Malgré tout, l’intruse s’est débarrassée d’Ebo qui ne peut pas participer au combat mais retrouve rapidement Basha. Le duo entend Rakim se plaindre d’eux, parce qu’il comprend bien sûr que l’intruse – qui s’est échappée entre temps et court dans la base – est arrivée par l’aéronef de Basha. Soit. Le duo Basha/Ebo décide aussitôt de tout faire pour empêcher l’intruse d’accéder à l’artefact, parce qu’elle est forcément là pour ça. C’est aussi la conclusion de Rakim.

Basha se retrouve alors nez à nez avec notre intruse, masquée, et se bat avec. En la démasquant, il reconnaît Jorani, la femme avec qui il était en début d’épisode. Je ne sais pas bien pourquoi on nous impose un flashback quand la relation entre eux est évidente : elle l’a recueillie et lui a « sauvé la vie », ou du moins c’est ce qu’elle pensait. Lui, il s’est servi d’elle pour apprendre à connaître le temple et retrouver l’artefact. Au début de l’épisode, elle l’a suivie et a réussi à monter dans l’aéronef sans même qu’il ne la voit.

C’est bien mignon tout ça, mais le problème, c’est qu’à présent Jorani a vu le Wakanda. Il est forcé de la tuer… mais ne semble pas s’en soucier pour le moment, préférant papoter avec elle, lui expliquer ce qu’il s’est passé (soit !) et lui indiquer que les gardes protègent le coffre-fort dans la zone orange. Euh ?? J’ai d’abord cru que c’était un bluff très maladroit, surtout dans la manière dont l’acteur lit la ligne de dialogue en question, mais non.

Jorani saute aussitôt sur une espèce de métro (pas effrayée la nana qui n’a jamais vu un train de sa vie, me semble-t-il ??). Le duel entre Basha et Jorani reprend de plus belle, parce que oui, évidemment, il fallait un combat sur un train à un moment. Et franchement, c’est réussi. Les coups, les couleurs, le décor… tout fonctionne. J’ai particulièrement aimé qu’ils se retrouvent finalement dans le coffre-fort et se battent avec les artefacts récoltés par le Wakanda, Jorani traitant au passage Basha de voleur. C’est surtout le face-à-face émotionnel qui est intéressant : elle l’a sauvé, il l’a trahie. Il est rongé par la culpabilité, elle est blessée mais digne.

Malgré tout ça, il y a un truc qui m’a gêné dans l’écriture de l’épisode : la logique. À quel moment tu laisses un artefact en vibranium dans une salle totalement vide de gardes, alors que tu sais qu’un intrus vient littéralement d’attaquer ton vaisseau ? On parle du Wakanda, quand même. Y a des alertes, des défenses high tech, et là… personne. J’ai eu un peu de mal à y croire, surtout que Jorani s’est débarrassée de Basha sur le train, mais que c’est encore lui qui arrive avant les autres (et avant Ebo, que faisait-il putain ??) dans le coffre. Certes, ça fait cette bataille hyper classe aperçue dans le reflet d’un artefact, mais… Bof.

Basha, de son côté, continue à jouer les héros ambigus. Il a de bonnes intentions mais il prend des décisions franchement discutables. Et même si j’aime bien ce côté « tout est gris », ça manque un peu de développement sur pourquoi il agit comme ça. Heureusement, l’alchimie avec Jorani fonctionne bien, et leurs confrontations sont les moments les plus intenses de l’épisode. Grosse surprise pendant le combat aussi : Jorani révèle être l’Iron Fist.

Pardon ? Comment ça m’a donné envie de reprendre la série Netflix que je n’ai jamais terminée de voir ça. Après, j’aurais dû reconnaître le costume, mais… Ouais non, je n’ai pas d’excuse. Cela dit, franchement, cette version de l’Iron Fist m’a tout de suite semblé plus percutante que ce qu’on a pu voir sur Netflix à l’époque, ça doit être pour ça que je n’ai pas fait le lien, hein. Elle dégage quelque chose, elle maîtrise pleinement ses pouvoirs et est bien plus chouette que les personnages de la série.

Et après ce long combat où clairement Basha perd, Ebo débarque enfin. Là, Basha décide de protéger l’Iron Fist, ce qui ne fait pas totalement sens je trouve. Certes, il a peur qu’elle se fasse tuer et ne veut pas la voir morte, mais en vrai, c’est plutôt Ebo qui est en danger. En plus, pendant que Basha et Ebo discutent de ce qu’il se passe, elle, elle décide tout simplement d’aller retirer la langue du dragon. Elle la passe à Basha et oui ils finissent par… partager la statuette. C’est tout. Basha garde le vibranium, Jorani repart avec ce qui reste. Je suis pas sûr d’acheter totalement ce compromis, ça n’a pas tellement de sens : elle est là pour récupérer l’artefact. Elle ne sait pas ce qu’est le vibranium, d’accord, mais pourquoi se contente-t-elle de la tête de dragon sans la langue alors qu’elle fait partie de la statue ?

Petit twist final, donc : Basha regrette de n’avoir fait confiance à personne car la solution pacifiste existait (mouais ??), puis il ment à Rakim en disant que tout ça était un exercice, histoire de sauver les apparences. Résultat ? Ebo est promu parce que c’était lui à l’origine de l’exercice d’après Basha, et encore lui à la place de Jorani. Et Jorani, planquée dans un coin, repart discrètement. Tout le monde est content. Enfin, presque.

Le final, avec le partage de l’artefact, m’a laissé un peu sur ma faim. Je comprends l’idée de compromis, mais ça tombe complètement à plat. J’aurais aimé plus de conséquences, ou au moins une vraie décision morale difficile. Là, c’est trop illogique. En plus, comment ça Ebo accepte de laisser repartir Jorani ? Que ce soit la volonté de Basha, ça se comprend, il a couché avec et tout… Mais Ebo, il ne la connaît pas et elle est un danger immense pour le Wakanda ? Connaître son existence alors qu’elle doit rester secrète… Comment c’est possible que même Basha la laisse repartir ?

J’ai bien aimé l’épisode, hein, vraiment, c’est visuellement très réussi, avec des scènes de baston efficaces et une Iron Fist qu’on a envie de revoir… Mais côté crédibilité, y a deux-trois trucs qui coincent et ça m’a vraiment sorti de l’histoire !

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Eyes of Wakanda – S01E02 – Legends and Lies – 20/20

OK, je suis pris de court par le coup de cœur que fut cet épisode. Je ne m’attendais ni à aimer la série, ni à la voir traiter ainsi son sujet – avec des références mythologiques. Je trouve l’idée excellente, c’est parfaitement bien mené et écrit, j’étais à fond et hyper investi dans cette petite demi-heure d’épisode. Je n’ai qu’un reproche (de taille, en plus) à lui faire, mais je vous laisse lire l’article pour vous faire une idée de ce que c’est.

Spoilers 

Et si le Wakanda était impliqué dans… la guerre de Troie ??

For Wakanda.

Nouvel épisode, nouvelle ambiance : nous voilà en pleine guerre de Troie. Pardon ? Ah non, mais si on me lance dans la mythologie grecque et qu’on me balance Ulysse et Achille dans une série Marvel, je ne réponds plus de rien. Une réécriture de l’Iliade ? Vraiment, Marvel ? C’est tellement inattendu tout en étant tellement logique en même temps.

Bon, les Grecs forcent donc l’entrée dans la ville de Troie, défendue par… des archères. Ah bon ? Tout ceci n’est qu’une diversion d’Ulysse, cependant : pendant que tout le monde se bat, personne ne remarque Achille et ses alliés qui sont en train de grimper le mur d’enceinte. Achille est bien sûr accompagné de Memnon. Mais oh lala ! Pourquoi réécrire l’Iiliade ? Où est le cheval de Troie ? Et wow cette lancée du générique avec le guerrier qui balance que la victoire ne sera pas pour la Grèce, mais pour le Wakanda alors qu’il regarde un collier (au cou d’Hélène ?). Incroyablement prenant. Le générique est déjà plus convaincant.

Post-générique, la victoire qui paraissait si certaine aux Grecs jusque-là s’avère finalement bien peu acquise : Ulysse est forcé de battre en retraite, au grand dam des autres. Ulysse est vu comme un lâche, mais il force aussi le groupe d’Achille à s’enfuir, car les troyens les repèrent et les attaquent aussitôt. Il peut compter, heureusement, sur l’aide de Memnon, fidèle allié, ami et guerrier du Wakanda, donc.

Il convainc Achille de s’enfuir, lui sauve la vie et se prend même une flèche pour lui. C’est moins grave que ça en a l’air : Memnon a la technologie du Wakanda pour lui et pour se soigner. Une fois que c’est fait, il retourne auprès d’Achille pour le motiver et lui redonner le sourire. La scène entre eux est top et donne envie de les voir se rouler des pelles, hein, mais ils sont interrompus par Ferro qui voit d’un mauvais œil cette amitié. Il n’a aucune confiance en Memnon, parce qu’il n’est pas né en Grèce et qu’il pourrait très bien être un espion au compte des Troyens.

Ferro est particulièrement chiant, mais Achille le remet à sa place en réaffirmant sa confiance totale en Memnon. C’est touchant – mais malheureusement, Memnon a bien un secret : il bosse pour le Wakanda. Son but n’est pas de voir la victoire grecque sur Troie. Son but est de récupérer un artefact du Wakanda. Evidemment. Il envoie des messages secrets au Wakanda (bordel, ils avaient déjà les SMS !) et sait où est sa fidélité. Pourtant, Memnon se sent un peu con face à la confiance incroyable d’Achille pour lui. Il va jusqu’à lui offrir son collier d’enfance. N’est-il pas mignon. Roulez-vous des pelles bordel, même s’il n’est pas Patrocle !

En parallèle de tout ça, Ulysse a donc mis au point sa ruse la plus célèbre : celle du cheval de Troie. Celui-ci est rapidement construit et encore plus rapidement introduit dans la ville de Troie (un brin déçu qu’un de mes passages préférés, où les Troyens proposent de brûler le cheval, ne soit pas adapté). Bon, la suite, on la connaît plutôt bien : les Troyens font la fête et sont surpris en pleine nuit par les héros de la guerre de Troie. Ce qu’on connaît toutefois moins, ce sont les agissements de Memnon.

On le voit ainsi fuir et abandonner derrière lui Achille. Ce dernier ne comprend pas où est passé son ami et le cherche entre deux moves de combat particulièrement réussis – au point où j’ai presque trouvé sexy le combat (bordel, ce coup de pied dans l’épée !). Pendant que la bataille fait rage, Memnon est le premier à réussir à atteindre le couple royal de Troie.

Il récupère le collier d’Hélène bien vite, puis propose à Priam de s’enfuir, parce qu’il s’en fout pas mal de la guerre en cours. C’est un peu abusé : il est ami avec Achille, il a fait neuf ans de guerre à ses côtés, mais il prétend s’en foutre de la guerre ? J’ai du mal à croire que ce soit possible de vivre neuf ans de guerre sans être un minimum impliqué dans cette histoire.

Il a en tout cas la très mauvaise idée de laisser le couple royal s’enfuir : Achille qu’on pensait mort tant il a été entouré d’ennemis les rejoint à temps pour les voir s’enfuir. Il voit que c’est son ami qui les laisse partir. Il le confronte aussitôt et… Bordel. Je suis si investi dans cette histoire ! C’est une anthologie, je connais déjà tout, pourquoi ça marche aussi bien sur moi ?

Achille confronte donc son ami qu’il voit désormais comme un ennemi et lui vole le collier dès qu’il en a l’occasion. Memnon ne veut pas se battre contre lui, mais il n’a pas le choix : Achille refuse de l’écouter et de croire qu’il n’est pas un espion troyen. Le combat entre eux est extrêmement bien exécuté, c’est juste magnifique à regarder. J’étais si investi alors que je savais vers quoi on se dirigeait : Memnon n’est même pas cité dans l’Iliade, mais quand le combat a commencé, il a rapidement été évident que ce serait lui qui allait tuer Achille.

Et ça ne manque pas. Il ne le veut pas, mais Achille est sur le point de le tuer. C’est l’un ou l’autre. Memnon tranche le talon d’Achille, lui demande d’arrêter le combat là, mais non, Achille s’obstine. Il voit bien que Memnon ne s’arrêtera devant rien pour ce collier magique, mais lui non plus. Les derniers instants entre eux sont chargés en émotion. Le gaybait fonctionne à 1000% et c’est particulièrement frustrant qu’ils ne mettent pas de mot ou de baiser entre eux, finalement. Comme il l’avait annoncé plus tôt, Memnon est en tout cas là pour mettre les pièces sur les yeux d’Achille au moment de sa mort. Il lui jure que tout était réel entre eux, malgré son mensonge. Il n’a fait ça que pour sa terre.

Et sa terre, il la regagne six mois plus tard. On découvre alors qu’il est lui aussi un chien de guerre – on s’en doutait – et qu’il a été envoyé à Troie sous les ordres de la directrice… Noni. Très sympathique ce clin d’œil ! Cela fonctionne tout à fait de les voir échanger sur la difficulté de revenir au Wakanda quand on a mené sa vie loin du royaume. Là encore, Memnon (ce n’est pas son vrai nom, bien sûr) ne met pas les mots sur sa relation avec Achille. Et c’est fort dommage. Je sais ce qu’il en est dans ma tête, en tout cas.

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Eyes of Wakanda – S01E01 – Into the Lion’s Den – 17/20

L’épisode a su éteindre toutes mes craintes d’une anthologie peu intéressante. Cet épisode s’attarde sur une héroïne qui m’a beaucoup plus et une histoire simple à comprendre. J’aurais aimé que ce soit plus long tellement j’ai accroché aux personnages principaux : ça aurait pu faire une bonne série, en vrai ! Et pourtant, ce ne sera qu’une anthologie, une histoire sans lendemain. Inévitablement, ça veut dire aussi que ce n’est pas complet… mais je ne regrette pas d’avoir regardé, loin de là !

Spoilers 

Le Wakanda est un royaume aux nombreux secrets.

No one is my master and I already have a home

J’en ai un peu marre de moi : j’ai lancé cet épisode parce que je me suis dit, « tiens, je vais préparer Disney + pour demain matin, c’est bien de regarder au réveil »… Et puis, changement total d’avis en voyant les miniatures des épisodes. Le style de dessin est totalement différent de ce que j’imaginais, parce que je pensais plutôt qu’on aurait un style à la What if.

Si je ne suis pas forcément fan des trais et de l’absence de contours parfois, je dois dire que je trouve les couleurs absolument magnifiques. Vraiment, c’est un régal à regarder. La série en elle-même ? Une anthologie, ce n’est pas fait pour moi, en théorie, quatre épisodes, c’est du foutage de gueule, mais eh, après une pause dans le visionnage d’absolument toutes mes séries d’à peu près deux mois, un animé qui sort du cadre de ce que je regarde habituellement ne peut pas faire de mal, je suppose.

Le générique m’a laissé parfaitement indifférent je dois dire, mais on verra si avec la répétition de quatre épisodes, il me gagne. En attendant, bon, et si je commentais l’épisode ?

L’idée est de repartir loin dans le passé, en Crète, lorsque des pirates débarquent et pillent un village. Les bandits brûlent ce qui est sur leur chemin, font quelques otages et décident de faire d’eux des esclaves qui serviront leur maître, nommé le Lion. Seulement, voilà, parmi les otages, il y a l’héroïne de ce premier épisode, qui s’appelle Noni. Alors qu’on essaie de faire d’elle une esclave, elle se lève et se rebelle, assurant qu’elle n’a pas de maître.

On comprend à son accent qu’elle vient du Wakanda, ce que la série confirme vite avec un flashback, six semaines plus tôt, où elle est encadrée par des Dora Milaje. Bon. Je pensais que la série repartait si loin dans le passé précisément pour nous faire une origin story des Dora Milaje ou du Wakanda. Tant pis, ce ne sera pas le cas. Pour autant, l’histoire de Noni est plutôt sympathique. Elle est envoyée six semaines plus tôt à la recherche de Nkati – le Lion. C’est embêtant : le wakandais (ça se dit comme ça ?) est devenu un méchant gourou ?

Eh oui. Le Lion a trahi le Wakanda, s’est barré malgré toutes les règles du royaume et a en plus volé des armes en partant. Il a une avancée technologique qui pourrait faire de lui rapidement un roi, un tyran même, à la tête d’une armée qui pourrait détruire le Wakanda. Inévitablement, c’est un danger pour le Wakanda et on demande à Noni de devenir un fantôme pour le retrouver et l’arrêter au plus vite.

C’est intéressant comme point de départ, d’autant plus que Noni n’est pas une Dora Milaje : elle a échoué, parce qu’elle refusait de s’intégrer au groupe des guerrières et voulait garder son libre-arbitre. C’est étonnant de l’envoyer elle à la recherche du Lion, mais le but est évidemment d’avoir une guerrière qu’il ne connaît pas déjà : il a vu les Dora Milaje, mais pas Noni. Soit !

Dans le présent, Noni se libère de son geôlier et part vite à la recherche du Lion maintenant qu’elle en apprend plus sur lui. Elle n’est pas déçue de son voyage, découvrant qu’il tente aussi d’avoir des esclaves sexuelles au passage, en les faisant éduquer par une de ses guerrières. Cela ne plaît pas à Noni qui s’interpose aussitôt. Et là, on en vient à un défaut un peu inévitable pour la série et que je regrettais sur les meilleurs épisodes de What if aussi : le rythme est beaucoup trop rapide ! J’aimerais que ça dure le temps d’un film, en fait, et qu’on m’introduise mieux le personnage de Noni.

Le point positif, c’est que je l’aime beaucoup et que j’accroche bien plus que ce que j’imaginais quand j’ai entendu parler de la série la première fois. Le point négatif, c’est que je sais que ça va être court et que je regrette presque la longueur des scènes d’action. Je veux des approfondissements, je veux en savoir bien plus.

Et pendant que j’écris tout ça, Noni se bat contre les guerriers du Lion et je décroche déjà un peu de ce qu’il se passe. Elle gagne évidemment son combat, ce qui n’est pas une surprise : il s’agit d’une série sur des figures héroïques du Wakanda, ce serait con de commencer par une défaite. Pourtant, je trouve ça un peu étrange aussi de commencer par une héroïne qui ne soit pas une Dora Milaje. À l’inverse, c’est hyper cohérent que le Lion soit un homme se sentant plus puissant que les autres et voulant à tout prix étaler sa domination sur le monde, à coup de statues de Lion en or.

Noni finit par se retrouver nez à nez avec Nkati, évidemment. Celui-ci est surpris de voir pour la première fois une guerrière qu’il n’a pas formée lui-même, mais ça ne l’empêche pas d’essayer de convaincre Noni de rejoindre ses rangs. Pour se faire, il lui raconte qu’il a été envoyé hors du Wakanda par le Wakanda : on ne lui a pas dit en l’envoyant en mission, mais Noni sait bien que le Wakanda a plein de secrets.

Le récit de Nkati ? Le Wakanda a des « Hatut Zeraze », des chiens de guerre, qui sont des espions envoyés par le Wakanda à travers le monde pour effectuer des missions les aidant à conserver des secrets ou obtenir quelques richesses. Soit. Les esclaves ? Nkati a une jolie réponse : il a besoin d’eux pour créer les générations libres de demain. Il a beau essayer de convertir Noni à sa cause, c’est un échec : Noni refuse de suivre Nkati. Le combat inévitable commence alors et je suis tellement du côté de Noni. Les scénaristes ont fait du bon boulot. Et puis, cette guerrière, ce n’est pas sans me rappeler les Tueuses de Buffy. Franchement, il y a de très jolis moves (j’ai adoré le moment où ils sont suspendus aux draps par exemple, simple et efficace) !

Bien évidemment, Noni remporte le combat contre Nkati. Elle perd un œil au passage et lui fait exploser son bateau pour éviter qu’elle ne puisse remporter avec elle tout ce qu’il avait volé au Wakanda. Le problème, c’est qu’elle considère ainsi avoir échoué dans sa mission qui était d’arrêter la menace (partie réussie) que représentait le Lion, certes, mais aussi de ramener tout ce qu’il avait volé.

On lui assure tout de même qu’elle a réussi et qu’elle est victorieuse, lui offrant au passage un rôle parmi les Dora Milaje. Elle le refuse, préférant garder son indépendance et étant parfaitement consciente qu’elle ne peut pas bosser dans l’armée comme on le lui demande. Qu’à cela ne tienne, on lui propose alors de continuer à servir le Wakanda en tant que… chien de guerre. Bim. Nkati disait la vérité, et je n’en suis même pas surpris.

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Daredevil Born Again – S01E09 – Straight to Hell – 17/20

Je suis difficile à contenter apparemment et je me retrouve moins satisfait que beaucoup des avis que j’ai vu passer sur Internet depuis la diffusion du final hier. Concrètement, c’est un bon épisode, c’est bien violent comme il faut (et même un peu plus), mais en vrai, comme le reste de la saison, il va parfois un peu vite en besogne. On ne nous montre pas tout et ça donne des raccourcis difficiles à suivre parfois. Il y a de bonnes scènes d’action, mais je trouve les révélations un peu fades, voire répétitives. Et puis, nous faire attendre jusqu’à la saison 2 des trucs qui étaient vendus pour la saison 1 (notamment du côté du casting), c’est quelque peu frustrant. Bon. C’est un bon ensemble, mais pas suffisant pour moi. La première scène épique de la saison est bien loin face aux effets spéciaux de cet épisode !

Spoilers 

Matt survivra-t-il à sa blessure par balle (lol) ?

I don’t believe you don’t care.

Et oui. Évidemment que le dernier épisode de la saison revient un an en arrière : on y suit Vanessa contacter Poindexter pour qu’il tue Foggy. Ce dernier est sur un cas qui pourrait nuire à Vanessa. Elle manipule tranquillement Poindexter pour qu’il fasse tout ce qu’elle veut et hop, c’est réglé. Voilà Poindexter libre d’aller tuer Foggy grâce à Vanessa.

Un an (et un générique) plus tard, on retrouve Matt à l’hôpital. Heather et Kirsten sont à ses côtés. Il ment en disant qu’il a entendu crier « tireur » avant de se jeter devant le maire, mais le plus important pour lui, c’est qu’il sait que Vanessa a voulu faire tuer Foggy. Maintenant, il veut savoir pourquoi et il compte sur l’aide de Kirsten pour ça. Le problème, c’est qu’il paraît complètement fou : Heather est clairement dépitée par son attitude et s’enfuit, Kirsten est plutôt dépassée aussi. Elle fait toutefois confiance en son collègue.

De son côté, Fisk pète un câble total. Il n’apprécie pas d’être passé à ça de la mort. Il a bien compris le jeu de Vanessa et ça ne le dérange plus tant que ça. Maintenant, il en est toutefois à espérer un confinement à l’échelle de la ville pour retrouver Poindexter. Il ordonne aussi qu’on tue Matt sur son lit d’hôpital : mieux vaut un héros mort qu’un justicier en vie d’après lui. C’est du pur Fisk de vouloir abattre un homme déjà à terre, je trouve.

Le truc, c’est que Sheila commence à comprendre que Fisk est en roue libre. Il a des flics véreux pour jouer sa sécurité privée, et ce n’est que le sommet de l’iceberg. Le commissaire s’en rend compte aussi et il demande à Sheila de le soutenir : il compte bien dénoncer Fisk à sa propre hiérarchie. Sheila ne peut pas trop lui venir en aide, cela dit.

De manière prévisible, Matt parvient tout de même à s’en sortir : bien que son meurtre soit commandité, il entend son meurtrier arriver et se barre à temps. Il est un peu aidé tout de même : Fisk a réussi à faire éteindre les lumières de toute la ville. Cela n’empêche pas Matt de rentrer chez lui simplement vêtu de sa blouse d’hôpital. Il paraît qu’on voit ses fesses, mais nous non. Arnaque, non ?

Comment je sais qu’on devrait voir ses fesses ? C’est Frank qui le lui dit ! Et oui. Après avoir fait tout un foin sur la présence du Punisher dans la série, il était plus que temps qu’on retrouve Frank. On aura eu une petite scène de rien du tout dans un épisode – et c’était pourri – et puis ce dernier épisode. Frank attend Matt chez lui pour comprendre pourquoi il a voulu sauver Fisk (c’est un mystère pour tout le monde, je crois).

La présence du Punisher est une bonne chose : Fisk envoie tout un commando de flics véreux pour tuer Matt. Il a le temps de s’habiller en Daredevil pour recevoir le commando anti-justiciers et avec l’aide de Frank il parvient à tous les mettre KO. Le duo fonctionne toujours bien, jusqu’à ce qu’il ne fonctionne plus. Matt comprend qu’il a face à lui le vrai meurtrier d’Hector, mais il n’arrive pas à le tuer malgré sa rage. Cela ne plaît pas à Frank qui est prêt à le tuer, lui. Les deux héros se disputent un temps, jusqu’à être interrompu par une grenade.

Ils s’enfuient en sautant par le balcon à temps. Cela fonctionne bien comme scène et ça met un terme à la dispute entre eux. Ils veillent toujours l’un sur l’autre au moins. Et ce ne sont pas les seuls : on nous révèle que Frank n’était chez Matt que parce que Karen lui avait demandé de le protéger. Eh oui, Karen est enfin de retour elle aussi. J’ai l’impression qu’on se paie un peu notre tête à ramener ceux qu’on voulait voir toute la saison seulement maintenant, pour la fin.

En tout cas, Karen ramène les deux hommes chez elle pour les soigner. Matt et elle repartent ensuite à la recherche du dossier sur lequel Foggy travaillait, tandis que Frank reste en arrière, assurant encore qu’il s’en fiche du reste. Mouais. Je suis team Karen sur ce coup-là : il n’est pas crédible à répéter ça.

Karen et Matt se réconcilient sans un mot sur ce coup, c’est un peu abusé. On nous vend un froid incroyable entre eux pendant huit épisodes pour que quelques souvenirs de Foggy suffisent à ce qu’ils prennent la main à nouveau. Bon, après, ils découvrent aussi que Foggy était clairement loin de se douter de ce qu’il était en train de faire avec son dossier : les Fisk profitent des lois pour créer une cité-Etat à l’abri des lois, un lieu où blanchir de l’argent. Vanessa le faisait depuis des années déjà à petite échelle au port de Red Hook, mais avoir le maire pour mari permet d’aller plus loin bien sûr. Le projet immobilier qu’on nous a distillé tout au long de la saison était donc le vrai plan du caïd : un paradis fiscal où blanchir son argent. Allez.

En parallèle de tout ça, Frank sort dans la rue pour protéger les new-yorkais. Il faut dire que ça craint un peu tout ce qu’il se passe : avec la coupure d’électricité généralisée en pleine nuit, la ville tourne au chaos une fois de plus. Vive le maire. La milice privée qu’il a constituée s’amuse à tuer un peu tous les petits criminels en les accusant d’être des justiciers masqués. Frank ne peut pas laisser faire ça, en plus : la sécurité de Fisk le fait en son nom. Ils ont son logo sur leur veste et dans tous les tatouages qu’ils se font.

Ils sont plus nombreux et parviennent finalement à mettre Frank à terre par contre. Ils le font prisonnier, mais ils sont contents d’avoir leur idole face à eux. Le plaisir n’est pas réciproque : Frank leur fait la leçon, évidemment. Ils ne sont pas prêts à l’écouter par contre.

Pendant que tout ça se déroule, Sheila trahit le commissaire en faisant écouter à Fisk un enregistrement de ce qu’il lui a dit et de sa trahison évidente. Fisk sort complètement de son image intègre cette fois : il s’arrange pour le faire mener au repaire de sa milice où il tabasse et arrache la mâchoire du pauvre chef de la police. Il n’avait pas demandé à mourir si violemment, conduit là par un de ses anciens bleus en plus… Et… Ouais, c’était violent, quand même, non ? Le Caïd est clairement de retour !

Voilà donc où s’arrête la saison. L’électricité revient et le maire fait une déclaration publique pour expliquer aux citoyens qu’ils ont réussi à survivre mais que le chef de la police leur tourne le dos à présent. Il déclare alors un couvre-feu à New-York et y applique la loi martiale. AH. Cela va nous laisser un New-York un peu coincé en attendant la saison 2. À l’échelle du MCU, ça va être compliqué pour les ramifications parce qu’il y a quand même pas mal de gens à New-York normalement. Où est Spider-man même ?

La saison se termine sur un énième dîner souterrain de Fisk. Cette fois, cependant, il est avec Vanessa et ils sont heureux de ce qui leur arrive. Concrètement, ils ont la loi de leur côté maintenant qu’ils ont le pouvoir sur la ville et Matt ne pourra rien faire, tout avocat qu’il est. Et ça fonctionne bien comme idée, même si ça me semble basique ? J’ai l’impression d’avoir déjà vu ça.

Ils sont aussi heureux d’avoir plein de prisonniers, dont Frank. Oups. Tous les opposants à Fisk finissent dans une cage, évidemment. Matt ? Il se confie un temps à Karen et on nous révèle qu’ils sont de retour dans le bar où Foggy a été assassiné. Daredevil est là, prêt à reprendre du service avec certains de ses alliés – dont Karen et Cherry. Kirsten a bien envie de se rebeller aussi, mais elle est encore dans son cabinet d’avocate, loin de tout ça. Que Josie, la barmaid, soit là est logique car elle est dans son bar, en revanche, je n’ai pas bien compris ce que l’agent Kim venait foutre là. Je suis content qu’elle soit du bon côté et avec eux, mais qui donc l’a contactée pour qu’elle rejoigne si vite la résistance ? Puis, ils ont besoin d’une armée, mais il rappelle pas ses potes Defenders ?

Et voilà, générique de fin, déjà. Oh, il y a du post-générique bien sûr : on y retrouve Frank papoter avec son gardien, Anthony. Il sympathise avec lui juste pour lui briser le poignet et s’évader, évidemment. Bon. C’est nul comme post-gén ça. Déjà, on se doutait bien qu’il ne resterait pas prisonnier longtemps, mais en plus, ça ne nous apprend pas grand-chose. Je suis habitué à plus mind-blowing comme post-générique avec Marvel. J’aurais aimé l’annonce d’un autre projet du MCU (paraît que c’est le cas et que ça annonce un spécial The Punisher à venir), ou la présence de Spiderman (quoi, on peut rêver ? En plus réaliste : Jessica Jones, non ? Sincèrement, la scène dans le bar donnait l’impression qu’on aurait un autre grand joueur en place, mais non), ou je ne sais pas, un peu plus d’infos sur Poindexter ! Il s’en tire bien pour l’instant, il est aux abonnés absents dans ce final après avoir manqué de peu de tuer Matt, qui se remet bien vite de sa blessure par balle, tout de même. Eh, ça a du bon d’être un super-héros, je suppose !

En bref

C’est une première saison assez inégale pour ce retour de Daredevil. Cela fait vraiment plaisir de retrouver Matt après tout ce temps. Difficile d’en dire autant du reste des personnages : on a fait beaucoup de bruit autour d’eux pour finalement les sous-exploiter. Vivement la saison 2 pour les revoir plus. Pas vivement la saison 2 pour Fisk, en revanche. Cela fait quelques saisons déjà que j’espère m’en débarrasser, mais il revient toujours sur le devant de la scène !

Côté écriture, la saison n’est pas sans défaut, avec des moments vraiment peu crédibles, même pour une série de super-héros. C’est dommage car ce n’était pas le cas dans la première version, il me semble. Pour autant, ce revival fait du bien à la structure de la saison : c’en est fini du cahier des charges de Netflix et la proposition qui est faite d’avoir des histoires sur deux ou trois épisodes est plutôt originale. Cela fonctionne bien en binge-watching, en tout cas et même si la série est toujours bavarde, je me suis moins ennuyé. Par contre, le premier épisode nous a vraiment vendu des scènes d’action de dingue pour la série, mais aucune autre n’a atteint l’intensité du bar. Et c’est un peu dommage ! On a eu de la violence, mais pas toujours la qualité que j’attendais !

On sent tout de même que nous n’avons eu que la moitié de ce qui était prévu. J’espère que la saison 2 ne traînera pas à arriver, mais il me semble qu’elle est déjà tournée… C’est déjà ça !

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