Films vus en 2021 #6 : Pink (2016)

Salut les cinéphiles,

Pink - Film (2016) - SensCritiqueCette semaine, on va passer d’un film indien à l’autre, parce que la semaine dernière je vous parlais de U-Turn, mais je me rends compte que je l’ai évoqué avant même de vous parler de Pink, un autre film particulièrement génial que j’ai regardé en janvier dernier. S’il est un peu loin dans ma mémoire, il y reste frais parce qu’il avait été une vraie surprise, dénichée sur Netflix (grâce à JustWatch). Je n’en avais jamais entendu parler, et pourtant, il a eu son petit succès. À raison.

Le film s’intéresse au procès d’une femme, victime d’une agression sexuelle… mais poursuivie par la justice pour tentative de meurtre sur son agresseur. La première scène nous balance dans le film juste après cette agression et mène peu à peu au procès, en se jouant parfois des apparences et en surprenant par son message universel et vraiment intéressant. Il y est bien évidemment question de la culture du viol, mais aussi de la place de la femme dans une société qui se fonde sur les apparences et l’importance de la réputation d’une personne. Autant dire que ça ne fait pas rêver, mais que ça fait voyager.

pyaar ki ek kahani — Your Mahabharata is a story of revenge, after all....Le film est porté par un trio d’actrices particulièrement convaincantes – le personnage principal, la femme agressée, est en effet en colocation avec deux amies, présentes également le soir de l’agression. D’ailleurs, c’est un peu le problème présenté dans le film : on connaît les conséquences de la soirée, mais nous n’en avons pas l’origine, qu’il va falloir démêler tout au long du procès. C’est parfois long et fastidieux, mais ça accroche bien l’intérêt de son spectateur au fur et à mesure.

Fan's heartfelt letter leaves Taapsee Pannu in tears

Si le message paraît parfois contredit ou atténué par de nouveaux éléments, je trouve justement que c’est là que résidait la force du film : il nous force à réfléchir et à se poser les bonnes questions pour avancer nous-mêmes sur ces questions de la culture du viol et des apparences.

infinitebollywood — Pink (2016)Ce n’est pas rien, surtout pour un film qui date d’il y a déjà cinq ans et qui paraît presqu’en avance sur son temps – le mouvement #metoo, ce n’était qu’en 2017, mais il est déjà totalement dedans et prend le recul nécessaire pour montrer la complexité de certaines notions… et la simplicité d’autres notions, comme celle du viol, par exemple.

Je ne vais pas spoiler, bien sûr, mais n’espérez pas non plus une fin parfaitement heureuse dans un film qui ne peut pas en proposer étant donné le sujet – même une victoire n’est jamais une manière de tout réparer après une tentative de viol, particulièrement dans un pays où on ne reconstruit pas sa réputation comme ça. Soyez toutefois assurés que vous ressortirez en ayant pris une petite claque de cinéma, parce que c’est tout à fait ce que propose le film.

Et une fois de plus, ce que j’adore particulièrement avec les films indiens, c’est qu’ils ne sont jamais où je les attends. Cette fois-ci, nous avons donc trois personnages féminins vraiment forts et bien écrits, mais les autres rôles ne sont pas bâclés pour autant. Chaque pièce du puzzle nous fait nous attacher à chaque personnage et à ses potentielles erreurs, en les humanisant à chaque fois ; mais sans perdre de vue que, précisément, il y a un puzzle à compléter, des doubles standards à démonter et des répliques percutantes à savourer.

Have been a victim of eve-teasing: Taapsee Pannu
Trois actrices à surveiller clairement

L’attente du verdict paraît sans fin, mais les répliques aident à l’attendre et nous font presque regretter que le film touche à sa fin. Puis, dans le fond, le plus important n’est pas tellement le verdict du tribunal : non, c’est le nôtre et notre réflexion face à ces sujets qui demeurent l’essentiel de ce film. Un simple « respectons les femmes » pourrait tout résumer… mais ce ne serait pas rendre justice au film que de s’arrêter à ça !

Films vus en 2021 #5 : U-turn (2016)

Salut les cinéphiles,

Une fois n’est pas coutume, je débarque aujourd’hui pour vous parler cinéma, et il semblerait que pour 2021 l’option « ne parler que de mes coups de cœur » soit celle que je retiens de plus en plus… Et en même temps, ça me fait de la peine pour un certain nombre d’autres films que je regarde. Je vais réfléchir et peut-être les regrouper différemment (genre, un article « film d’action » ou un « comédie »), parce que je ne vais quand même pas avoir 52 coups de cœur en 2021, si ?

Watch U Turn (Hindi) | Prime VideoOn verra bien, en attendant, j’en ai quelques-uns en stock. Aujourd’hui, il va être question d’un film indien, parce que ça fait un petit moment que je n’en ai pas présenté sur le blog ; et parce que j’ai passé deux heures de mon samedi à le regarder et à vraiment bien l’aimer : U-turn. Après, attention, je ne vous parle pas d’un film comique avec une histoire d’amour improbable et un mariage à l’indienne, hein, mais d’un film policier. Et ça change tout.

Soi-disant inspiré de faits réels, franchement ça m’a quelque peu trompé avec cette mention, le film nous raconte l’histoire d’une journaliste qui mène une enquête de terrain sur des conducteurs qui font demi-tour sur un pont où il est interdit de faire demi-tour. Je sais, ça ne vend pas du rêve raconté comme ça, mais c’est tout ce que j’en savais en le lançant, et ça m’allait bien. Pour ceux qui en veulent un peu plus, je peux vous spoiler un peu plus et vous annoncer que son enquête va la mener à être soupçonnée de meurtre, et que ça aura parfois des allures de films d’horreur, sans en être un.

C’est d’ailleurs un des éléments qui m’a le plus plu face à ce film : le genre est parfaitement hybride, on a de tout dans le film ; de la romance mignonne, du suspense, du thriller, un brin d’horreur… U Turn Movie: Showtimes, Review, Songs, Trailer, Posters, News & Videos | eTimesC’est un pot-pourri qui n’a rien de pourri, mais qui réussit à surprendre car il casse les codes auxquels nous sommes habitués. C’est tout l’avantage des films d’indien, je crois.

Le film m’a bien accroché, malgré des conditions de visionnage pas forcément optimales : comme Tumbbad, il fait partie de ces films d’Amazon Prime Video qui ne sont disponibles qu’en VO sous-titrées en anglais (bon, pour info, il est aussi sur Netflix avec sous-titres français, mais je ne m’en suis rendu compte qu’à la rédaction de cet article). Cela ne me pose pas franchement de problème, mais je sais que ça peut être un frein à certains. C’est bien dommage, parce qu’il est très prenant comme film ; je vous invite à essayer de trouver des sous-titres français ou à le tenter comme ça, parce qu’on est parfois surpris de son niveau d’anglais. En plus, l’histoire est moins compliquée qu’il n’y paraît, donc même sans comprendre tous les mots, il est possible d’accrocher.

Côté technique, certains plans sont incroyables, avec des plans séquences vraiment très réussis pour nous plonger dans le film. J’aime les plans séquences, j’en suis toujours friand et bon public. Côté scénario, je me suis pris au mystère du film, principalement parce que je pensais qu’il s’agissait de faits réels, quand tout ce qu’il y avait de réel, c’est la situation de ces gens n’hésitant pas à faire demi-tour à des endroits où c’est interdit, quitte à provoquer des accidents. Là-dessus, le générique de fin est quelque peu incroyable aussi, avec des images d’archive de demi-tours complètement fous. Autrement, le film a quelques scènes glaçantes de violence et un suspense vraiment bien construit.

U Turn (2018 film) - WikipediaAu-delà de tout ça, l’enquête est intéressante et pleine de rebondissements, avec des retournements de situation devant lesquels je suis resté bouche bée. Je crois que plus je vieillis, plus je suis rouillé ; je vois de moins en moins venir certains plot twists dans les films et séries alors que je les anticipais toujours avant. Bon, j’ai quand même deviné certains éléments avant qu’ils arrivent, je suis heureux.

Voilà donc pour mon coup de cœur de la semaine. Il existe une suite à ce film, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de la regarder. Elle est mieux notée sur IMDB et semble reprendre le même casting, alors même que l’histoire est bouclée à la fin du 1. Je suis curieux, et il y a de fortes chances que je regarde également cette suite ! Je vous en parlerai probablement après visionnage, mais pour l’instant, je vous conseille le premier volet, que je ne suis pas à l’abri de revoir un jour. Vraiment, il m’a plu et il fourmille de petits détails qui permettent la constitution d’un puzzle très chouette.

D’ailleurs, attention à certaines affiches du film si vous cherchez d’autres informations dessus, parce qu’il y en a qui nous en montrent vraiment beaucoup trop. Et oui, le film a 150 affiches, mais impossible d’en trouver le moindre gif, il semble vraiment être passé sous les radars de beaucoup de gens alors qu’il vaut le détour – pour ne pas dire le demi-tour si je pars dans les très mauvais jeux de mots sur le titre !