Sans un bruit 2 : à voir en salle pour l’immersion #17

Salut les cinéphiles,

La sortie de Sans Un Bruit 2 annulée le 18 mars et reportée - coronavirus cinéma

Toujours pas de série sur ce blog qui est censé y être consacré, mais bon, j’ai un an de terrasses et de films à rattraper tant que nous sommes déconfinés et que le Covid ne me frappe pas. Il faut donc que j’en profite et c’est chose largement faite cette semaine, avant une semaine compliquée de réunions et de travail qui n’en finit plus lundi prochain.

https://www.telerama.fr/sites/tr_master/files/sheet_media/movie/7_957090.jpgEn attendant, donc, je me suis réfugié au cinéma avec Laura et son chéri, histoire de reprendre nos bonnes habitudes de fin 2019/début 2020. Et ce ne fut pas décevant du tout, puisque nous sommes allés voir Sans un bruit 2. Il était temps, il se sera fait attendre longtemps avec sa sortie prévue en mars 2020.

On ne va pas se mentir, il nous a fallu un bon moment pour nous remettre la fin du film précédent en tête, faute de l’avoir revu, mais le début est suffisamment bien fait pour que ça nous revienne rapidement en tête. Les scénaristes ont su nous remontrer les bons détails pour ça, genre le clou dans l’escalier, et nous remettre dans leur ambiance particulière.

Voir aussi : Critique encore plus express du premier film

Le film est plutôt une réussite, dans la lignée du précédent. Il en hérite aussi quelques défauts, comme les lenteurs inévitables dû à son concept – quand vous vous déplacez sans faire de bruit, il faut tout de même décomposer chaque geste et être plus lent.This is my Kingdom" — moviebuffs: A Quiet Place: Part II (2020) dir.... Cela dit, ça passe relativement vite comme film et c’est assez peu irritant par rapport à d’autres films du genre. Alors bien sûr, on ressort avec une furieuse envie d’acheter des chaussures à tout le casting et il y a un gamin qui mérite bien quelques tartes à être un cliché du pré-ado relou et incapable de se passer de sa mère deux minutes ; mais tout de même, j’ai passé un très bon moment devant, même lorsqu’il traine en longueur dans ses parallèles et sa multiplication de sous-intrigues.

https://www.trillmag.com/wp-content/uploads/2020/01/a-quiet-place-1.gifFace à ce concept de film, il est évident que j’ai eu à nouveau envie de rattraper mes épisodes de retard de Fear the Walking Dead, alors sur un malentendu, ça me débloquera peut-être de ma panne de séries. En revanche, comme pour la franchise de zombies, je suis un peu frustré par le film qui se repose sur sa musique pour ses jumpscares et par la toute fin qui… me laisse sur ma faim.

Et en plus, il le fait à deux reprises : la fin, bien sûr, mais aussi la transition entre la première séquence et la deuxième. J’ai adoré le fait de revenir en arrière, tout en trouvant ça un peu lourd comme flashback car on connaît déjà les bestioles et qu’on ne voit pas trop comment le héros comprend qu’il ne faut pas faire de bruit du tout ; mais j’ai eu du mal à comprendre le découpage – parce qu’au fond, j’aurais bien envie de savoir la suite immédiate de cette scène. On est à fond dans le film, et bam, on repart sur plus lent. Au moins, c’était top de commencer sur une scène d’action.

John Krasinski On Terrifyingly Real Nature Of 'A Quiet Place 2' Stunt
Par contre, j’avais vu la bande-annonce depuis le temps et j’insiste pour dire que ça retire une part du fun de savoir à l’avance les choses

Il est rare qu’un film me laisse autant sur ma faim, mais là, le rythme est haché et ça manque vraiment de conclusion. J’imagine qu’ils se laissent une porte ouverte pour un troisième volet. Il y a toujours de quoi faire du côté des origines de ces bestiaux ou de la suite de l’histoire. Honnêtement (spoilers attention), un film sans les retrouvailles finales, c’est juste frustrant. M’enfin, c’est le bon genre de frustrant, surtout qu’ils n’ont pas osé tuer certains personnages, contrairement au premier.

A Quiet Place 2 Is Coming To Cinemas Early With Special ScreeningEt pour un retour au cinéma, il est parfait ce film ! Il commence même par un plan qui rappelle certains confinements (ironique, pour un film qui devait sortir avant !). Autant je regrettais de ne pas avoir vu le premier en salle pour son ambiance silencieuse et immersive (tout en me disant qu’il était impossible d’avoir un vrai moment de silence au cinéma), autant j’y ai eu droit pour cette séance. Elle restera en tête pour son silence de plomb à certains moments-clés du film. Là-dessus, le film gère très bien les moments dans lesquels proposer le silence total et ceux dans lesquels se reposer sur la bande-son.

Quiet Place GIFs - Get the best GIF on GIPHYBref, j’ai adoré, je suis content de ma soirée… Et c’est bien pour ça que je ne résiste pas à l’envie de vous en parler si vite avec cette critique express. Le film est à voir au cinéma par contre, je pense vraiment que ça joue à l’ambiance de le voir avec toute une salle qui retient son souffle (et son covid ?).

Hollywood Octonauts Roll-Play (Part 2) - A quiet place - Wattpad
Sinon, le monstre me fait toujours autant penser à Stranger Things, mais ce n’est évidemment pas une mauvaise chose !

It follows – MST flippante #16

Salut les cinéphiles,

Achat It Follows en DVD - AlloCinéAvec la sortie de Sans un bruit 2 aujourd’hui dans les salles obscures, ENFIN, on pourrait croire que mon apéro avec Laura aurait rapidement viré à la séance ciné… mais non, on s’est simplement donné rendez-vous pour voir ce film vendredi finalement. On n’est plus à ça près, ce n’est pas comme si j’avais du travail à terminer en plein rush de fin d’année !

En tout cas, en attendant de voir ce film – et en relisant ma critique très express du premier volet Sans un bruit – je me suis dit que je pouvais bien vous parler d’un autre film coup de cœur vu cette année : It follows. Bon, il ne date pas vraiment de 2021 par contre.

Smash or Pass: Daniel Zovatto | Lipstick AlleyJ’y vais peut-être un peu fort en parlant de coup de cœur, mais il faut dire que le film savait comment me faire plaisir ! Il y avait Daniel Zovatto au casting, ce qui fait que je ne comprends vraiment pas pourquoi je ne l’avais pas vu avant, à l’époque de Here and now.

Après, il n’a pas non plus le lead masculin, qui irait plutôt à Keir Gilchrist, que j’adore aussi depuis Atypical (je vois d’ici Poluss s’impatienter qu’on regarde la prochaine saison ensemble – ou que je commence United States of Tara, un jour). Bref, tout pour plaire.

It Follows (2014) David Robert Mitchell | Journeys in Darkness and Light
Un début purement intrigant si l’on ne connaît rien du film qu’on vient voir !

C’est un film un peu étonnant, dont je ne savais pas grand-chose avant de le voir. On y suit la vie de Jay, une adolescente qui se retrouve dans de beaux draps (enfin, sur une belle banquette de voiture, c’est bien ça le problème) quand elle est soudainement victime d’une étrange malédiction après avoir couché avec son petit-ami du moment. In 2015, David Robert Mitchell's It Follows Made Sex Scary Again -  ConsequenceEn effet, elle comprend que quelque chose la suit. Quelque chose ?

L’apparence de cette chose qui la suit change : ça a l’apparence d’un être humain, ça marche très lentement, ça n’est pas toujours habillé (ce qui donne lieu à des full frontal bizarres, il faut bien le dire), ça n’est visible que par ceux ayant contracté cette MST et ça cherche à vous tuer en… non, ça, je vous laisse découvrir (ou pas) devant le film ; ça fait partie du suspense. En tout cas, ça fait peur, même si ça avance lentement et qu’il est apparemment facile d’y échapper, parce que c’est inéluctable.

Cela se rapproche, cela débarque parfois quand on ne s’y attend pas, et cela est bien difficile à semer… à moins de refiler la malédiction à quelqu’un d’autre. Ah. C’est un film au concept vraiment étonnant, avec une métaphore peu subtile faisant évidemment référence aux MST.

The Star Of 'It Follows' Tells You How To Beat A Sex Ghost - MTV

Inutile de dire que la notion de consentement y est assez floue, avec à l’écran ce qui s’apparente finalement à des viols lorsqu’on comprend ce qu’ils cachent et à des vrais questionnements sur ce qu’est le consentement.

La mythologie derrière ce monstre reste très floue elle aussi, et c’est ce qui fait que j’ai beaucoup aimé : on ne sait pas trop ce que c’est, mais c’est là. Et ça vous suit. Et c’est suffisant pour être angoissant par moment, prenant à d’autres… bon, et aussi trop longuet parfois. C’est le problème, en fait : le monstre n’avance pas bien vite et les personnages eux-mêmes paraissent parfois lent à la détente. Cependant, contrairement à d’autres films d’horreur, je trouve qu’à la fin, on a fait le tour de ce qu’il y avait à dire et de ce qu’on pouvait envisager de faire à la place des personnages.

It Follows (2014): More Thoughts – Geeking Out about It
Bouuuuuuuuge

C’est très efficace malgré quelques lenteurs, c’est glaçant et j’ai beaucoup aimé. De là à vouloir une suite ? Peut-être pas. L’histoire est suffisamment large pour le permettre, mais je ne suis pas sûr d’en vouloir, car ça risquerait de gâcher le concept plus qu’autre chose.

It Follows (2014) - David Robert Mitchell — Rotten Pop

En tout cas, si vous ne l’avez pas vu, je vous le recommande vivement… entre deux copies (lalala) !

Films vus en 2021 #7 : What Lies Beneath (2000)

Salut les cinéphiles,

What Lies Beneath: Amazon.fr: DVD & Blu-rayIl se fait un peu tard aujourd’hui, mais ça ne va certainement pas m’empêcher de venir vous parler d’un film que j’ai vu et adoré cette année : What Lies Beneath ou, plus sobrement en français, Apparences. Si je l’ai noté comme un coup de cœur après l’avoir vu en février, je me rends compte que j’ai peut-être exagéré maintenant que j’ai pris du recul. J’ai passé un très bon moment devant à essayer de démêler le vrai du faux, mais est-ce que ça en fait vraiment un film que j’aurais envie de revoir ? J’hésite.

L’histoire proposée par ce début de film semblait peu originale vingt après sa sortie : un couple s’installe dans une grande maison dans le Vermont alors que leur fille s’apprête à quitter le nid familial pour faire ses études. Claire, la femme de ce couple mère au foyer, se retrouve donc seule dans la maison pendant de longues journées où de mystérieux événements ont tendance à se produire et où elle a bien l’impression d’être le témoin d’un meurtre. Le problème, c’est qu’elle a subi peu de temps avant un accident qui lui a laissé des séquelles…

Scare Me On Fridays: Ghosts: What Lies BeneathTout le film tourne autour du personnage de Claire et de ce qu’elle voit, en nous laissant nous demander ce qui est en train de se passer. Si je cherchais à voir un film d’horreur, ce n’est pas exactement ce que j’ai eu. On est plutôt sur un thriller pas très flippant, mais prenant et intrigant. Emmené par Harrison Ford et Michelle Pfeiffer, il y a peu à redire sur la qualité du film du côté du jeu d’acteur et de la réalisation.

Suit up, Coulson. This is going to be a wild ride. - Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.Au scénario, on retrouve un certain Clark Gregg, plus connu depuis pour être devenu l’agent Coulson du Marvel Cinematic Universe. Ce n’est pas pour rien que j’ai décidé de tester ce film, après tout ! Est-ce que ça me fait être trop bienveillant envers ce film parce que j’aime cet acteur ? Peut-être bien, mais je ne suis pas sûr. J’ai vraiment beaucoup aimé le récit du film qui multiplie les pistes et réussit à brouiller nos certitudes, pour nous faire nous sentir comme le personnage de Claire. Bien joué, Coulson !

Par contre, ça ne l’empêche pas d’être long, à cause de certaines fausses pistes et de moments qui paraissent presqu’en trop lorsqu’on le revoit, notamment au tout début du film. Il y a toutefois des moments de la fin du film qui sont peut-être longs une fois la révélation effectuée, parce qu’on bascule davantage dans l’horreur, mais un peu trop tard. C’est ce déséquilibre qui me fait hésiter sur le coup de cœur ou non. J’ai l’impression que la fin devrait le hisser au rang de film culte avec une scène de baignoire franchement marquante, mais je n’en avais jamais entendu parler avant. J’étais encore trop jeune quand il est sorti, certes, mais depuis ?

Michelle pfeiffer harrison ford GIF on GIFER - by Kijin

Bon, je n’ai pas non plus la plus vaste culture cinématographique qui soit, j’en ai bien conscience !

J’ai adoré chacune des parties de ce film, mais elles ont parfois du mal à s’enchaîner. Pour autant, il me paraît difficile de l’écrire différemment et quand j’étais devant pour la première fois, j’étais vraiment à fond dedans. Seulement, je me dis qu’une fois qu’on sait de quoi il en retourne dans ce film, il est possible que ce soit trop long à revoir, trop lent et pas assez passionnant. Est-ce vraiment un coup de cœur si je n’ai pas envie de le revoir (ou de revoir certains de ses acteurs, d’ailleurs) ?

WHAT LIES BENEATH – petitsfilmsentreamis

C’est une question à laquelle je n’ai pas de réponse, et pourtant, ce n’est pas le premier film qui rentre dans cette catégorie. Certains films à révélations marchent encore une fois la révélation faite… Lui beaucoup moins, car il n’y a pas tellement besoin de revenir en arrière pour saisir de nouveaux indices : on se laisse guider d’un bout à l’autre du film.

En tout cas, si vous ne l’avez jamais vu, ou si vous l’avez oublié depuis sa sortie en 2000 !, je vous le recommande vivement !

2000 michelle pfeiffer kino GIF on GIFER - by Ballarne

Films vus en 2021 #6 : Pink (2016)

Salut les cinéphiles,

Pink - Film (2016) - SensCritiqueCette semaine, on va passer d’un film indien à l’autre, parce que la semaine dernière je vous parlais de U-Turn, mais je me rends compte que je l’ai évoqué avant même de vous parler de Pink, un autre film particulièrement génial que j’ai regardé en janvier dernier. S’il est un peu loin dans ma mémoire, il y reste frais parce qu’il avait été une vraie surprise, dénichée sur Netflix (grâce à JustWatch). Je n’en avais jamais entendu parler, et pourtant, il a eu son petit succès. À raison.

Le film s’intéresse au procès d’une femme, victime d’une agression sexuelle… mais poursuivie par la justice pour tentative de meurtre sur son agresseur. La première scène nous balance dans le film juste après cette agression et mène peu à peu au procès, en se jouant parfois des apparences et en surprenant par son message universel et vraiment intéressant. Il y est bien évidemment question de la culture du viol, mais aussi de la place de la femme dans une société qui se fonde sur les apparences et l’importance de la réputation d’une personne. Autant dire que ça ne fait pas rêver, mais que ça fait voyager.

pyaar ki ek kahani — Your Mahabharata is a story of revenge, after all....Le film est porté par un trio d’actrices particulièrement convaincantes – le personnage principal, la femme agressée, est en effet en colocation avec deux amies, présentes également le soir de l’agression. D’ailleurs, c’est un peu le problème présenté dans le film : on connaît les conséquences de la soirée, mais nous n’en avons pas l’origine, qu’il va falloir démêler tout au long du procès. C’est parfois long et fastidieux, mais ça accroche bien l’intérêt de son spectateur au fur et à mesure.

Fan's heartfelt letter leaves Taapsee Pannu in tears

Si le message paraît parfois contredit ou atténué par de nouveaux éléments, je trouve justement que c’est là que résidait la force du film : il nous force à réfléchir et à se poser les bonnes questions pour avancer nous-mêmes sur ces questions de la culture du viol et des apparences.

infinitebollywood — Pink (2016)Ce n’est pas rien, surtout pour un film qui date d’il y a déjà cinq ans et qui paraît presqu’en avance sur son temps – le mouvement #metoo, ce n’était qu’en 2017, mais il est déjà totalement dedans et prend le recul nécessaire pour montrer la complexité de certaines notions… et la simplicité d’autres notions, comme celle du viol, par exemple.

Je ne vais pas spoiler, bien sûr, mais n’espérez pas non plus une fin parfaitement heureuse dans un film qui ne peut pas en proposer étant donné le sujet – même une victoire n’est jamais une manière de tout réparer après une tentative de viol, particulièrement dans un pays où on ne reconstruit pas sa réputation comme ça. Soyez toutefois assurés que vous ressortirez en ayant pris une petite claque de cinéma, parce que c’est tout à fait ce que propose le film.

Et une fois de plus, ce que j’adore particulièrement avec les films indiens, c’est qu’ils ne sont jamais où je les attends. Cette fois-ci, nous avons donc trois personnages féminins vraiment forts et bien écrits, mais les autres rôles ne sont pas bâclés pour autant. Chaque pièce du puzzle nous fait nous attacher à chaque personnage et à ses potentielles erreurs, en les humanisant à chaque fois ; mais sans perdre de vue que, précisément, il y a un puzzle à compléter, des doubles standards à démonter et des répliques percutantes à savourer.

Have been a victim of eve-teasing: Taapsee Pannu
Trois actrices à surveiller clairement

L’attente du verdict paraît sans fin, mais les répliques aident à l’attendre et nous font presque regretter que le film touche à sa fin. Puis, dans le fond, le plus important n’est pas tellement le verdict du tribunal : non, c’est le nôtre et notre réflexion face à ces sujets qui demeurent l’essentiel de ce film. Un simple « respectons les femmes » pourrait tout résumer… mais ce ne serait pas rendre justice au film que de s’arrêter à ça !