Queen of Ruin (2) – Tracy Banghart

Salut les sériephiles confinés,

Un des effets les plus surprenants du confinement sur moi, c’est que ça m’a redonné envie de lire pour le plaisir et pour moi. C’est peut-être aussi grâce au soleil qui est enfin revenu depuis deux jours, mais en tout cas, ça y est, j’ai terminé mon premier roman de 2020. Il était carrément temps puisque j’étais parti pour lire 52 livres dans l’année, en théorie. C’est mal barré.

J’étais plutôt bien parti à l’origine avec une première semaine pleine de lecture, mais un peu comme pour les pilots vus pendant cette période, c’était juste les bonnes résolutions de début d’année qui se sont vite estompées – pour raisons personnelles, on va dire. Résultat de recherche d'images pour "queen of ruin"Bref, là n’est pas question, parce qu’aujourd’hui, il est censé être question du deuxième et dernier tome d’une saga que j’avais commencé en juin grâce à Ludo (toujours lui) : celle de Tracy Banghart. J’avais déjà parlé du tome 1 dans cet article, et elle a eu la sympathie de me répondre sur Instagram, alors vraiment, j’ai envie de vous dire tout le bien que j’ai pensé de ce Queen of Ruin.

C’est le titre du tome 2 que j’ai lu en anglais, mais qui doit exister en français depuis le temps qu’il est sorti. Pour faire les choses dans le bon ordre une nouvelle fois, je vous propose d’arrêter ici votre lecture de l’article si vous n’avez pas lu ou terminé le tome 1. Pour les autres, c’est parti pour le résumé : la fin du tome 1 nous a laissé sur un sacré cliffhanger avec la promesse de la réunion des deux sœurs héroïnes de l’histoire, Serina et Nomi. Dans ce tome 2, les deux filles se retrouvent bien, mais la narration reste alternée entre l’une et l’autre, parce que la vie est pleine de surprise.

Comme il fallait s’y attendre, ce tome 2 a pour but de mettre fin à la dystopie proposée à l’origine, où les femmes sont opprimées par une société encore plus patriarcale que la nôtre. Les twists du tome 1 donnent une excellente profondeur à l’intrigue et, finalement, deux tomes suffisent vraiment bien à développer les personnages. Parfois, c’est un peu cliché – notamment sur la fin, à vrai dire – mais c’est toujours plaisant de lire ce genre d’histoire.

Résultat de recherche d'images pour "tracy banghart queen of ruin"Le pouvoir est donné aux femmes et le roman leur fait la part belle. Bien sûr, elles sont les héroïnes de l’histoire, représentée par Serina – qui allie désormais la force à sa grâce – et Nomi – qui allie désormais la ruse à sa colère. Ensemble, elles proposent déjà deux portraits de femmes très complets et convaincants… mais ce n’était apparemment pas suffisant : une attention particulière est portée à plusieurs personnages secondaires féminins (Anika, Maris, Helena…) et c’est plutôt savoureux. Mieux encore, il y a un personnage que je n’aimais pas beaucoup dans le tome 1 qui a énormément gagné en profondeur avec à peine deux apparitions dans le tome 2. Comme quoi, un bon personnage n’a pas forcément besoin d’être présent beaucoup pour se révéler.

Finalement, ce tome 2 était peut-être un peu plus prévisible que le tome 1 et il n’y a eu qu’une seule vraie grosse surprise en ce qui me concerne, surprise qui a véritablement accéléré le rythme à la fin là où je pensais en avoir pour encore quelques chapitres. La conclusion est celle à laquelle je m’attendais pendant ma lecture du livre, mais ce n’est pas si dérangeant dans ce genre d’histoire. J’aurais limite envie d’un tome 3 – et pourquoi pas de toute une saga ? – maintenant, parce que j’ai l’impression qu’il y a encore beaucoup de choses à dire sur Viridia.

Bref, ces deux romans m’ont bien emporté dans leur univers, je les ai trimballés avec moi sur une bonne partie des douze derniers mois et je suis content d’avoir pu les découvrir comme ça, sans trop attendre entre les deux (mais avec un peu d’attente quand même). Je ne peux que vous les conseiller : ils se lisent d’une traite si vous n’êtes pas aussi débordés que moi par des lectures professionnelles 😉

La nuit des livres Harry Potter 2020

Salut les sériephiles,

Petite catastrophe encore cette semaine sur le blog puisque je n’ai pas vu le moindre épisode depuis lundi et que ça ne semble pas prêt de s’arranger. Pour ma défense, il a fallu que je rédige un tas de trucs pour le travail, mais c’est aussi mon travail qui m’inspire cet article finalement !

En effet, j’ai pu hier soir co-organiser avec des collègues quelques heures sur la nuit des livres Harry Potter, et c’était drôlement chouette. Du coup, j’ai envie d’évoquer un peu cela avec vous, en espérant que ça vous plaira autant qu’à moi ! Bon et je vous rassure, pas besoin d’avoir des élèves pour participer, bien au contraire.

5e2ec1d6482cf1.79918051

L’idée de base, ouverte à tous, est de passer de bons moments entre fans autour d’un thème lié à l’univers du sorcier à lunettes. Des activités sont alors proposées par les organisateurs de la Nuit HP, le plus souvent des Bibliothèques ou librairies, parfois des magasins spécialisés ou salon de thé. Et au-delà des activités, vous pouvez aussi vous déguiser, bien sûr !

Cette année, c’est le tome 4 qui est à l’honneur, avec le thème Tournoi des Trois Sorciers. Demain soir, plein de librairies et bibliothèques ouvriront donc plus tard que d’habitude (ça s’appelle nuit, ce n’est pas pour rien) pour célébrer l’univers créé par JK Rowling, comme tous les ans, autour de la date anniversaire du tome 1.

_20200205_201915
Les moyens du bord pour la déco, mais ça suffit ! 

Au programme des activités, le kit Gallimard propose trois activités plutôt chouettes : une première tâche qui consiste à retrouver des objets cachés dans une malle (ou un panier, une boîte, etc.) ; une seconde de métamorphoses et une troisième d’énigmes permettant de remplir des mots croisés. Trois tâches, oui, comme dans le livre, mais pas de résurrection de Voldemort au programme.

DSCPDC_0000_BURST20200204172836860

La tâche de métamorphoses vous intrigue ? Moi aussi au départ. Il s’agit simplement d’un concours de dessin dans lequel un premier participant fait un dessin simple (mettons, un nuage) et le second doit partir de ce même dessin pour faire deviner un autre mot (le nuage devient mouton par exemple). Oui, c’était galère à expliquer, mais oui, nos élèves ont adoré.

En plus, ils étaient répartis selon les écoles de magie, et je n’étais pas peu fier d’être le « directeur » de l’équipe gagnante. Que voulez-vous, on s’éclate bien parfois, et c’est un projet que je mènerai à nouveau avec plaisir dans le futur ! Et le tout permet d’être bluffé par les connaissances de certains élèves, qui lisent bien les livres. Vraiment, ce sorcier à lunettes est trop fort.

_20200205_202220
Notre première épreuve, je vous laisse deviner pour quelle école 😂 

 

Par conséquent, je ne peux que vous-même inviter à replonger vous aussi dans ce monde magique avec ces trois épreuves d’un tournoi qui vaut vraiment le coup. Rien de particulier n’est à gagner (n’en déplaise aux rêves de gloire de mes élèves), si ce n’est le grand plaisir d’avoir participé et rencontré d’autres fans.

Je me permets enfin de conclure l’article avec un truc qui n’a rien à voir : joyeux anniversaire à Laura (@lora05 sur Twitter) que j’ai hâte de voir demain pour fêter ça ! Oui, bon, c’est pour ça que je ne ferai pas la nuit Harry Potter, moi, mais on a triché en l’organisant hier où c’était plus simple pour nous tous 😂

Pause lecture : Huit mètres carrés de Hadrien Raccah

Salut les sériephiles – et surtout les lecteurs aujourd’hui,

ImageIl y a un tout petit peu moins d’un mois les éditions Michel Lafon m’ont fait confiance et envoyé le livre Huit mètres carrés d’Hadrien Raccah. Il s’agit du premier roman de l’auteur et si j’ai mis un peu de temps à le commencer, je l’ai ensuite dévoré. Et je ne dis pas ça uniquement parce qu’il s’agit d’un service-presse, puisque vous allez voir que j’ai quelques réserves et critiques à émettre… Mais avant tout, passons à l’énigmatique résumé de la quatrième de couverture, histoire d’éclaircir un peu ce titre :

« C’était la superficie de notre appartement. C’est devenu celle de la prison mentale dans laquelle je me suis enfermé depuis qu’elle est partie. J’avais vingt-cinq ans, elle s’appelait Olivia. […] ».

Je n’en ai pas lu plus avant de le demander, parce que j’étais déjà super intrigué par ce court résumé. J’imaginais une belle histoire d’amour, avec peut-être quelques allures de Perec dans le style, à cause du titre principalement. Je voyais bien qu’on allait tourner en rond dans ces huit mètres carrés, et c’est le genre d’histoire qui a tendance à me plaire.

Qu’en est-il ? Eh bien, ce n’est pas exactement ce que j’en attendais, parce qu’on s’évade vite de cet appartement, qui n’est finalement que passager dans le roman. Seulement voilà, s’il est passager, il est bien une obsession du personnage principal, qui semble avoir beaucoup de mal à tourner une page de son passé, une relation amoureuse avec Olivia, donc. Olivia est une brésilienne qu’il a rencontrée dans un bar et dont il est tombé immédiatement amoureux, au point d’oublier pour un temps son comportement de goujat et de filer le parfait amour… jusqu’à une séparation, donc.

Aïe, j’ai abordé là peut-être mon plus gros problème avec ce roman : j’ai détesté cordialement le personnage principal, Benjamin, qui représente beaucoup de choses que je déteste. Réflexions misogynes, mépris de classe, égocentrisme… Il a tout pour plaire, ce personnage principal, vraiment ! Et pourtant, le style d’écriture d’Hadrien Raccah sauve absolument tout. En effet, le roman est écrit dans un style extrêmement fluide, qui parlera sûrement à tous, et un peu plus aux littéraires : les phrases sont souvent longues, mais impeccablement construites. Ainsi, il y a de nombreux passages en anaphore, parce que l’on suit le fil de pensées du personnage, qui est obsédé par le souvenir de sa relation amoureuse, revenant comme un refrain. Les refrains, c’est entêtant, comme le parfum d’Olivia, et ça ne nous quitte plus !

L’avantage de ce style, qui a aussi un goût certain pour les images et les métaphores, c’est que le livre se dévore véritablement et qu’il est difficile de s’arrêter de lire, même quand on a l’insertion de lettres, SMS ou messages des deux amants qui viennent stopper ce flux de pensées, même quand on a envie d’aller embrouiller le personnage principal pour ses pensées qui sentent bon le patriarcat – vous savez, ce genre de personnage qui avoue sans complexe qu’il n’a jamais fait la moindre lessive de sa vie et qu’il compte sur une femme pour le faire. Vraiment pas pour moi, donc, et pourtant, j’ai tout lu (pas d’une traite, mais j’aurais sûrement pu si j’avais dégagé un peu de temps pour ça).

L’histoire en elle-même ? Eh bien, nous avons donc Benjamin qui un jour décide de tout plaquer, femme et enfants, pour s’envoler vers le Brésil où il espère retrouver son premier et seul amour, Olivia. Le récit suit ses pensées, oscillant entre les souvenirs, les rêves (brisés) et le voyage, au cours duquel le personnage en pleine crise de la quarantaine doit se confronter à la réalité et à un deuil pas franchement achevé, celui de la relation avec son père.

Autrement dit, il y a beaucoup de thèmes complexes, à gérer en 218 pages. Dans l’ensemble, c’est fait avec brio, mais franchement, j’ai refermé le livre avec l’envie de continuer à le lire. J’en aurais bien lu plus. En fait, vous l’aurez compris, je ne dirais pas que ce livre est un coup de cœur… mais pour un premier roman (jusque-là, Hadrien Raccah était dramaturge), c’est une vraie réussite de style ! J’ai adoré l’écriture, ça m’a amené sans problème vers le Brésil (la critique de la grisaille parisienne est la bienvenue en ce moment où la vitamine D se fait désirer) et vers le passé de ce personnage. Rien que pour ça, mon avis est donc plutôt positif : c’est selon moi (aussi) le but d’un roman, de nous transporter vers l’autre, vers l’inconnu !

Je le conseille à tous les lecteurs qui passent par-là et qui aiment les histoires pleines de mélancolie et de saudade (lisez le roman pour savoir ce que c’est si vous l’ignorez !), de romance un peu compliquée et de réflexions sur la vie ; parce que dans le fond, c’est une fenêtre ouverte sur les pensées d’un type que l’on pourrait tout à fait croiser dans le RER. Bref, c’est une plongée réussie dans une vie de ce siècle, mais la vie d’un autre, qui ne nous ressemble pas – qui ne me ressemble pas, en tout cas, mais qui ressemble quand même à certaines personnes que je croise (ou qui sont de vagues connaissances). Pour autant, ça ne tombe jamais dans le voyeurisme ou la fascination malsaine ; ça donne juste envie de le découvrir et d’écouter le personnage nous raconter son histoire, son point de vue, ses sentiments… Eh, ça parle à ma curiosité de lecteur en fait, et j’espère que cet article parlera aussi à la vôtre et vous poussera à découvrir ce roman qu’on puisse en parler dans les commentaires 😉

J’ai enfin lu Ms Marvel (tome 1)

Salut les sériephiles !

Il y a un peu plus d’une dizaine de jours, je terminais le mois de la BD en entamant ENFIN ma lecture des comics Ms Marvel. J’espérais avoir (prendre) le temps d’en lire un peu plus de vous écrire cet article, mais comme j’ai peur que Poluss ne finisse par débarquer chez moi pour m’engueuler parce qu’elle attend cet article depuis près de deux ans – souvenez-vous, il s’agit de son comic préféré il est temps que je vous révèle ce que j’ai pensé du tome 1. Quant au tome 2, je le mets de côté, parce que c’est le mois de la bit-lit, que Felicia Day a sorti un nouveau livre (j’en parlerai prochainement ici, c’est évident) et que bon, faut aussi que je lise ce que je donne à lire à mes élèves, paraît-il…

Résultat de recherche d'images pour "ms marvel tome 1"Evacuons tout de suite le suspense : j’ai beaucoup aimé. Le truc, c’est que « beaucoup aimé », ça veut aussi dire que je n’ai pas adoré autant que je l’espérais. Mon plus gros problème, j’imagine, c’est que j’en attendais trop car on me l’avait beaucoup survendu. Ce comic est un véritable succès de la nouvelle vague Marvel là où d’autres ont misérablement échoué (Mosaic, que j’aimais tant !), donc je m’attendais à quelque chose d’exceptionnel.

Finalement, l’histoire de Kamala commence de manière plutôt classique pour une série de comics adolescents : tous les codes du genre sont là, mais je n’ai pas encore trouvé l’ingrédient un peu original qui me fera adorer. Il faut aussi que je nuance cependant : à l’époque de sa sortie, c’était encore très original et, depuis, Marvel a sorti pas mal de comics jouant la carte de la différence, rendant celles de Kamala moins importantes. Je suis aussi un peu contaminé par le coup de cœur que j’avais eu sur un autre titre datant aussi de 2015. Je parle bien sûr des comics All-New Wolverine (il faudra que je me mette à jour !) qui voyaient Laura Kinney prendre son rôle d’héroïne très à cœur, un peu comme Kamala découvrant les responsabilités qu’engendrent son nouveau destin de super-héroïne. Elle, j’avais enchaîné tous les tomes dispos quand je me suis mis à la découvrir…

Résultat de recherche d'images pour "ms marvel issue 1"

Ceci étant dit, le tome 1 de Ms Marvel est un véritable plaisir à lire. C’est une origin story qui ne s’embarrasse pas de l’explication de certains détails, mais qui présente une galerie de personnages dont on sait déjà qu’ils pourront être attachants ou irritants juste ce qu’il faut. Si les pouvoirs de Ms Marvel ne sont pas encore bien évidents à comprendre, c’est parce qu’elle est elle-même en train de les découvrir et je dois reconnaître que ça m’a fait sourire à quelques reprises. J’ai même ri dans le train à un moment où sa main part en vrille sans qu’elle ne puisse la contrôler. C’est plutôt bon signe !

La mythologie du personnage et de ses pouvoirs se met peu à peu en place, et c’est peut-être ça qui m’a posé problème aussi : ça se met en place très progressivement. Comme je suis déjà énormément spoilé sur certains aspects du comic et de la personnalité de Kamala – des choses que je pensais présentes dès le touuuuuuuut premier numéro alors qu’en fait non – j’ai trouvé ça long et n’ai pas encore forcément eu les scènes que je pensais avoir. En plus, je suis vexé, j’ai envie de la shipper avec son meilleur ami, mais je sais que ça ne prendra pas tout à fait cette direction dans les nombreuses pages qu’il me reste à lire.

Résultat de recherche d'images pour "ms marvel issue 1"
Malgré tout, j’étais surpris par certains aspects de sa transformation dont je ne savais rien avant d’ouvrir le premier tome !

En définitive, j’ai donc englouti ce premier tome en une seule lecture, j’ai trouvé ça génial… mais j’attends un peu plus et j’espère que les tomes suivants sauront apporter des choses un peu plus originales. Si ce n’est pas le cas, ça restera plaisant à lire, heureusement, alors pas d’inquiétude, c’est dans ma PAL, d’autant plus que les dessins sont beaux (et j’adore le look des personnages !). En fait, tout ça devrait me servir de leçon : j’aurais dû commencer ces comics dès la sortie pour m’éviter les spoilers et les avis qui amplifient mes attentes.