This is us – S05E14

Épisode 14 – Music and Mirrors – 16/20
Avant sa fin de saison qui approche à grands pas, la série trouve une nouvelle fois le moyen de marquer un coup juste, même si ça a pris son temps. Ce n’est pas forcément un épisode qui me restera à l’esprit quand je penserai à la série, mais ça ne l’empêche pas pour autant d’être efficace.

Spoilers

Les conjoints des triples aussi ont une vie, et des problèmes : Beth et Toby sont affectés professionnellement par la pandémie, Madison organise son mariage.

I’m a dancer who doesn’t dance.

Avec ce titre, j’imaginais un épisode centré uniquement sur Beth, mais le résumé de l’épisode nous assure que la vie de Kevin va être abordée également, avec un point sur ses ex… M’enfin, on commence bien par Beth et son école de danse, ainsi que tous ses rêves qui vont partir en fumée en quelques mois. Ce début d’épisode est particulièrement déprimant, et c’est vrai que c’était important de revenir sur ce projet de Beth. Elle a tout de même voulu ouvrir une école de danse, et c’est la pire des idées juste avant le Covid.

On la voit peu à peu se faire aux conditions sanitaires, avec du gel, des masques, puis des cours en visio. De la danse classique en visio, c’est compliqué. La pauvre voit son nombre d’étudiants diminuer drastiquement une fois en visio. Tu m’étonnes. Le montage est super bien fait pour nous montrer l’horreur des business qui ont dû fermer inévitablement. La petite fille qui reste devant son écran jusqu’au bout parce qu’elle aurait voulu continuer à danser, c’est déprimant.

Beth est obligée de fermer le studio de danse, et par conséquent, elle doit à nouveau chercher du boulot. Randall s’inquiète bien sûr pour elle, mais elle est dans un déni évident. Pourtant, vu comment elle bouffe ses céréales, il est clair qu’elle ne gère pas ça bien. Randall demande donc à Déjà de s’occuper d’elle, sauf que l’adolescente a ses propres dramas et un certain égoïsme, je dois dire. Elle accepte malgré tout de le faire.

Les flashbacks de cet épisode nous Beth et Randall adolescents que j’aime beaucoup. Enfin, jeunes adultes, d’ailleurs. On les voit ainsi heureux en couple, prêts à se rendre à une super soirée organisée par Randall pour surprendre Beth… Malheureusement pour lui, Beth refuse d’aller voir un ballet avec Randall, parce que ça lui rappelle des souvenirs douloureux.

Elle adorait aller au ballet avant, mais maintenant, elle se rappelle simplement qu’elle est une danseuse qui ne danse plus, et ce n’est pas exceptionnel comme souvenir pour savourer le spectacle. Malgré tout, Randall lui propose de danser avec lui, sur un joli titre, tant qu’à faire.

Dans le présent, Beth tente de se faire à sa nouvelle vie. Maintenant que son école de danse doit fermer et qu’elle n’a aucune option pour tenter de sauver son projet, elle tente un Zoom avec une ancienne collègue pour remettre un pied dans le monde du travail. Malheureusement pour elle, l’entretien pour lequel elle s’est donnée bien trop de mal est avorté quasiment aussitôt par son ancienne collègue qui a un double rendez-vous.

La pauvre. Beth décide donc d’annuler le rendez-vous plutôt que de le reporter, puis part dans un bon éclat de rire avant de se barrer, en demandant à Déjà de ne rien dire à Randall. Bien sûr. Celui-ci s’inquiète toutefois pour sa femme, et c’est pour ça qu’on l’adore encore malgré les défauts développés au fil des épisodes.

Il demande ainsi à Déjà de tout lui raconter, mais pas avant que l’on apprenne qu’avec Malik, ça se passe de plus en plus mal pour Déjà. L’ex de Malik – la mère de Janelle – est à nouveau dans l’équation. Sa fille l’appelle maman et elle revient de plus en plus souvent pour la voir – et donc pour voir Malik, laissant Déjà très jalouse.

Randall n’a pas grand-chose à donner comme conseil à sa fille, mais il l’écoute et, pour une fois, n’est pas trop à chercher une manière de tout résoudre. C’est justement ce dont sa fille a besoin, mais aussi ce dont Beth a besoin. Déjà est de très bon conseil avec son père, et c’était inattendu : elle lui rappelle que Beth n’a pas besoin d’un héros, mais d’un mari pour la réconforter et être là pour elle. Et c’est particulièrement vrai : elle est en pleine dépression à ranger toutes les affaires avant de rendre les clés de son studio.

La dernière scène de l’épisode voit donc Randall venir auprès de Beth pour une dernière danse dans sa salle de danse, toujours sur All my life, et… C’était tellement triste à voir. La série parvient toujours à trouver ses petits shoots d’émotion.

Pendant ce temps, Madison regrette déjà d’avoir invitée Rebecca à une séance shopping pour sa robe de mariée. Forcément. Elle la connaît déjà en tant que mère de Kate et tout s’est toujours bien passé avec elle… sauf que cette fois, elle va devoir composer avec la mère de Kevin, alors les choses changent. Madison a aussi ses propres problèmes avec ses parents en parallèle. Elle n’a pas de relation avec sa mère et son père reprend contact uniquement parce qu’il a découvert dans la presse qu’elle allait se marier… Mais finalement, il ne vient pas au mariage, et ça la fait pleurer quand elle le découvre.

Dommage pour elle, parce que ça ne se passe pas si mal autrement, avec une Rebecca très heureuse d’être là pour les essayages de robes, même quand certaines s’avèrent immondes. Rebecca est géniale avec Madison. Elle trouve les mots parfaits pour soutenir Madison et se comporte en vrai maman avec elle. Cela ne rend même pas Kate jalouse – sa mère n’était pas là pour ses essayages de robes. Au contraire, voir Rebecca réconforter Madison lui permet de se rendre compte qu’elle était une enfant horrible avec sa mère. Elle la remercie ainsi de l’avoir aimée quand même.

C’est meugnon. Bon, sinon, la robe choisie par Madison ? Elle est magnifique… mais elle sera à jamais tachée par ce souvenir du SMS, non ? Pas si sûr : Madison entre définitivement dans la famille grâce à ça. Rebecca la noie sous les compliments et la future mariée remercie Kate et Rebecca d’être là pour elle et de lui donner l’impression de faire partie d’une famille.

Il y a tout de même un développement intéressant pour la relation Kate/Rebecca. Un flashback nous montre Kate persuadée qu’elle décevra sa mère. Elle refuse de se rendre à un entretien d’embauche dans une entreprise, lui privilégiant finalement un job alimentaire dans un diner on ne peut plus cliché. C’est que cela lui rappelle son père avec qui elle mangeait là parfois.

Dans le présent, tout se termine bien pour elles, avec Rebecca qui assiste à un des cours de Kate. Elle est très heureuse de voir que sa fille a trouvé un job fait pour elle, après neuf ans dans un diner naze et toute une carrière compliquée pour elle. C’est chouette comme tout cette intrigue, et ça se termine sur de jolis sourires de la mère et de la fille. C’est rare de les voir si unies… on sent bien que la saison 6 sera la dernière si on en arrive à résoudre ce genre de problème.

Du côté de Toby, le chômage ne fait toujours pas de bien à son personnage, et ça me fait de la peine. Ils ont des problèmes de plomberie cette semaine, avec une fuite d’eau qui paraît parfaitement catastrophique. Il ne veut pas appeler de plombier parce qu’il n’a plus d’argent, mais ça ne rassure pas Kate de savoir qu’il va gérer ça tout seul alors qu’il n’est pas plombier.

Cela ne rassure pas non plus le voisin qui conseille ainsi à Toby d’appeler quelqu’un d’autre. Seulement voilà, Toby ne veut pas appeler les Pearson, pour ne pas avoir à pleurer et parler sentiments. Cela se termine donc par un appel à son père, parce que oui, il en a un. L’aspect « étranger à la famille Pearson » manque quelque peu ces derniers temps… et c’était bien de le retrouver comme ça.

Son père annonce qu’il viendra dans l’heure, tout de même, donc ce n’est pas si mal. Comme il est vacciné, les masques tombent rapidement, exactement comme je le soulignais dans mon article d’hier. Au-delà de ça, Toby n’a toujours pas coupé l’eau et son père n’a aucun mal à réparer la fuite. Même le trou du plafond est réparé avant le retour de Kate.

C’est clairement improbable. Cela permet en tout cas une jolie conversation entre Toby et son père sur le chômage du premier, parce que le second a aussi perdu un job quand Toby était enfant. Seulement, il n’en avait jamais parlé avec son fils. Alors oui, c’est important de parler de sentiments finalement, mais Toby le fait d’une bonne manière avec son père. J’ai trouvé ça chouette, surtout que ça lui permet d’être souriant avec Kate le soir.

On retrouve également Kevin au cinéma dans cet épisode, et ça me rappelle que les cinémas me manquent. Il y est avec Foster pour découvrir le film qu’ils ont fait ensemble, malgré l’emploi du temps très compliqué de Kevin. Le film est catastrophique, mais Kevin lui ment quand il se rend compte que Foster est super content de ce qu’il a fait.

Le problème, c’est que Kevin se rend compte qu’il va être associé à ce film catastrophique. Il organise aussitôt une réunion avec son agent pour trouver une solution et surtout un nouveau projet – il a besoin de le booker avant la sortie du film. Ce n’est toutefois pas si simple pour Kevin – qui se coltine son oncle toute la journée.

En effet, la réputation de Kevin le précède. Il se rend compte que sa carrière est dans une impasse, le pauvre. Et au moment de sortir du studio ? Contre toute attente, il aperçoit Zoey dans une réunion visio. Elle est en train d’attendre son agent (pour ses documentaires), mais elle est tout de même heureuse de l’apercevoir. C’est fou.

Zoey fait de l’humour pour savoir comment il s’est retrouvé avec Madison et tombe juste aussitôt : elle découvre ainsi que Kevin a mis Madison enceinte et qu’il est papa de deux jumeaux. Comment peut-elle savoir pour le mariage, mais pas pour ça ? Ce n’est pas bien crédible.

En tout cas, j’ai adoré retrouver Zoey dans cet épisode. Elle est toujours aussi géniale… mais elle connaît aussi beaucoup trop Kevin pour son propre bien. Elle lui rappelle ainsi qu’il a toujours une manière positive de voir le monde et de s’adapter aux envies des gens qui l’entourent, pour donner l’impression qu’il a toujours voulu ce qui lui arrivait ou ce que les autres voulaient.

Malheureusement, cela semble affecter Kevin bien plus que ça ne le devrait. Le pauvre se rend compte qu’il s’enferme dans une vie qu’il ne voulait peut-être ? Je ne sais pas. C’est une vraie qualité d’être malléable comme il l’est. Pourtant, ça le perturbe. Le soir même, il a une super soirée avec Madison, mais il ne peut pas voir ce qu’il voulait, parce qu’elle lui demande de ne pas regarder Bridgerton pour privilégier une émission bien naze de télé-réalité culinaire.

Pardon, je déteste ça. En tout cas, Kevin se rend compte que ce que Zoey lui a dit est vrai… et il ne semble pas voir en quoi ça le rend super adorable et parfait. Je crains la suite, là.

 

This is us – S05E13

Épisode 13 – Brotherly Love – 17/20
L’épisode aborde des sujets bien complexes et, à vrai dire, trop complexes pour que ma critique les aborde tous et leur fasse justice. Parlons-en en commentaire, et en attendant, célébrons la fluidité d’écriture de cet épisode qui rend plus simple que jamais des sujets de société encore parfois tabous ou juste jamais exploités. Une belle performance d’écriture, donc, emmenée par des acteurs qui savent ce qu’ils font et sont toujours excellents.

Spoilers

Kevin et Randall ont besoin de faire le point sur leur relation après la dispute de l’an dernier, et ça se fait enfin dans un épisode qui aura mis du temps à arriver.

It really doesn’t matter what color they are.

Après le cliffhanger de la semaine dernière, difficile de ne pas avoir envie de se jeter sur cet épisode, et pourtant, j’ai tenu une bonne partie de la journée, tout de même. Je suis fier de moi, j’ai réussi à bosser sans le faire, et maintenant, je regrette car le titre est très clair : Kevin et Randall doivent être vaccinés et ils vont se retrouver pour faire le point sur leur enfance.

Pourtant, l’intrigue repart une fois de plus dans le passé, avec un petit Randall qui s’imagine une vie entourée de parents noirs. Oh, c’est triste comme scène, surtout après ce qui a été dit la semaine dernière. La série change toutefois les acteurs enfants pour Kevin et Randall, inévitablement, et ça m’a quelque peu perturbé. L’avantage, c’est qu’on a ensuite un flashback de Jack en train d’utiliser sa télécommande pour arrêter la télévision, et ça, c’est un point du Bingo Séries du mois !

J’étais bien content, je comptais sur cette série, on ne va pas se mentir ! En tout cas, l’intrigue de ce flashback est sympathique, avec Jack qui fait plaisir à ses fils en leur donnant l’occasion de rencontrer leur star de talk-show préféré. Un talk-show à la télévision ? C’est une bonne idée… mais ça pose tout de même un grand problème : on est dans les années où le tri du public se fait aussi en fonction de la couleur de la peau.

J’ai presque de la peine pour l’assistant qui se fait avoir et se retrouve à devoir placer Randall sur un des premiers rangs alors que c’est clairement ce qu’il est censé ne pas faire. Je veux dire, c’est un boulot de merde, et il ne peut pas exactement aller à l’encontre de celui-ci, surtout à cette époque. Il est plutôt victime du système lui-même si on en croit son regard. Enfin, j’espère.

Tout se passe finalement plutôt bien sur le plateau de tournage, mais Kevin ne peut s’empêcher d’envier la place de son frère avant d’être un enfant insupportable qui se croit tout permis. Randall se retrouve alors seul à parler avec une marionnette à qui il confie qu’il s’imagine parfois d’autres parents. C’est tout touchant, cette confession, et ça ne l’empêche pas de finir cette intrigue à manger avec son frère et son père, tout allant bien entre eux.

Nous retrouvons un autre flashback plus près du présent, avec Randall rendant visite à Kevin à la fac. Si Kevin a bien envie de faire la fête pendant le Spring Break de son frère, Randall reste fidèle à lui-même et souhaite continuer de travailler, mais il se laisse convaincre par son frère de faire la fête. Ce n’est pas la meilleure des idées, surtout quand Kevin propose aussitôt de l’alcool.

La fête se passe plutôt bien, en vrai, mais ça se passe uniquement dans la chambre de Kevin, qui explique plus tard à Randall qu’il n’avait pas le choix de boire pour se préparer à passer la soirée avec son frère. Randall le force finalement à sortir de la chambre pour aller à une fête, et dans le taxi, Kevin est un pur connard avec le chauffeur, noir, bien sûr. Là, on voit très bien où sont les problèmes de Kevin en tant que personnage, ce jeune white privileged qui ne se rend même pas compte de ce qu’il fait.

Il est insupportable, et Randall a beau essayer d’atténuer la situation et de lui faire prendre conscience de son attitude. Tout ça finit en combat entre les deux, un combat qui s’arrête bien vite quand Kevin sent son visage être menacé… Et qu’il se rend compte qu’il a perdu ses clés, aussi. Avant de se rendre compte que les clés étaient dans sa poche.

Il est insupportable, vraiment, mais il est marrant aussi ce Kevin adolescent bourré. Il finit par reconnaître qu’il était chiant avec le chauffeur de taxi, parce qu’il l’est avec tous, peu importe leur couleur. Bim. Le sujet du racisme pourrait être abordé par Kevin pour s’ouvrir un peu au monde, mais non, il préfère se renfermer sur lui-même et sur ce qui lui arrive : il raconte ainsi à Randall que sa vie est déprimante à Los Angeles.

Une fois encore, Kevin est envieux de son frère qui a tout, avec les études et Beth, alors qu’il n’a rien d’autres qu’une peinture ratée qu’il a peint lui-même et une succession d’auditions ratées. Les deux frères finissent ainsi par se réconcilier et passer une bonne soirée, mais en évitant le sujet qui fâche, encore et toujours.

Dans le présent, Beth décide d’être comme toujours aussi géniale que possible avec son mari, en le soutenant comme elle peut… et en se barrant le plus loin possible, avec les filles, de la maison où l’oncle Kevin s’apprête à arriver pour avoir une conversation qui a attendu bien trop longtemps. Elle assure que ça ne pourra pas être pire que la fin de saison dernière. Humph, ça le pourrait quand même, même si Kevin traverse le pays pour parler à son frère.

Quand il arrive, il faut d’abord évacuer le small talk, mais Kevin n’est clairement pas là pour ça – même s’il a encore sa carrière qui le freine dans cette conversation, avec un appel de De Niro à attendre pour savoir s’il pourra recommencer à tourner avec lui après l’avoir planté sans prévenir pour assister à l’accouchement de ses jumeaux.

Kevin commence donc par mettre les pieds dans le pas et lui annoncer qu’il a des choses à lui dire. Ah. Moment parfait pour la pub. Quand on les retrouve enfin après quelques flashbacks, les personnages sont assis dans le salon, et il est temps de parler enfin de la question qui fâche : Randall est noir, mai sil a grandi dans une famille de blancs qui était majoritairement colorblind.

La série n’est jamais totalement passée à côté de cette intrigue, et ça paraît plutôt naturel d’y arriver sur cette saison, contrairement à d’autres séries qui y vont lourdement après deux saisons de silence sur les questions raciales. C’est plutôt intéressant de les voir ainsi s’appuyer sur des histoires que nous avions déjà vu dans les épisodes précédents, notamment le bal de promo, pour avoir ensuite Kevin qui s’excuse d’avoir pu contribuer au malaise de Randall.

C’est bien beau ces beaux sentiments, mais ce n’est pas suffisant pour Randall. Il faut dire que les excuses de Kevin se font dans un sens, toujours en refusant d’écouter Randall et en étant clairement répétée. Et ça vient d’un personnage acteur, alors ça pose un grand problème. Je suis totalement du côté de Randall qui l’accuse de vouloir faire la bonne chose sans la comprendre, et je trouve ça vraiment bien écrit.

J’adore Kevin, mais sur ce coup-là, il n’est pas exceptionnel. C’est ce qui fonctionne avec cette série : les personnages ont aussi des défauts. Randall, par exemple, refuse tout de même de dialoguer à sa manière, exactement comme Kevin, et c’est embêtant. Il décide ainsi d’aller prendre l’air, et les deux personnages se retrouvent coincés en-dehors de la maison quand Kevin ne lui laisse pas d’espace. Quelle idée de laisser la porte se fermer sans prendre de clé !

Je l’ai vu venir, mais ça m’a fait rire cette situation avec Kevin qui rate son appel de De Niro parce que son portable est à l’intérieur. Le pauvre. Tout ce qui est en train de se passer rend Kevin encore plus susceptible de se vexer quand Randall essaie de lui montrer qu’il a des points à revoir sur son attitude générale envers son frère, et ce sont des points qui le font se sentir raciste soudainement.

Pfiou, je ne sais pas qui a écrit cet épisode, mais il est un très bon scénariste : l’épisode est hyper fluide, avec des avancées qui se font naturellement dans la conversation, aidée par ce qu’il se passe autour des personnages. Les deux personnages ne restent pas coincés trop longtemps car Randall a donné la clé à une voisine, et la réaction de la voisine vient prouver le point proposé par Randall juste avant : elle remarque aussitôt que Randall a été adopté et devait avoir des parents merveilleux. Il continue ainsi de devoir être reconnaissant de tout ce qu’il a eu, alors que c’est précisément ce qui le fait souffrir.

La voisine n’est pas trop cool avec Kevin non plus, cela dit, à lui reprocher ses choix de carrière pour qu’il revienne à l’humour. Cela faisait une respiration bien trouvée dans l’épisode, tout en faisant avancer les conversations. Bien sûr, Kevin ne comprend pas comment Randall ne peut être reconnaissant, et uniquement reconnaissant, envers ses parents après l’enfance quasi-parfaite qu’il a eu.

Il est alors temps pour Kevin d’ignorer volontairement son portable pour enfin parler à son frère. Et ça marche bien mieux une fois que Randall lui explique qu’il est à présent dans un groupe de parole qui lui a parlé pour la première fois d’un « ghost kingdom ». Les scénaristes n’avaient jamais pensé à nous montrer ça avant, mais ça marche dans cet épisode, avec des flashbacks montrant Randall s’enfermer dans ce monde imaginaire où ses parents sont la bibliothécaire noire et le présentateur météo noir. Voilà qui est fait. Cela souligne aussi l’importance de la représentation à l’écran, avec Randall qui ajoute cependant qu’il culpabilisait à chaque fois, parce qu’il aime aussi sa famille blanche.

Ainsi, il imagine toujours les Pearson dans ce ghost kingdom, y compris Rebecca. Ah, cela fait plaisir de revoir Mandy Moore, de dos pour cacher sa grossesse. Bien joué les scénaristes, une fois de plus.

La série s’en tire bien avec cet échange entre les frères qui leur permet finalement d’en revenir à la relation qu’ils ont toujours eu, celles de deux frères qui ont des différences de points de vue, mais sont capables de sympathiser. Et reconnaître que Kevin est meilleur pour la comédie que pour le drama. Le personnage peut-être, l’acteur de cette série, certainement pas.

Il est très bon dans le drama aussi, et il finit par reconnaître qu’il a bien eu un souci avec la couleur de son frère en grandissant, ayant l’impression que c’était ce qui expliquait certains des avantages de Randall. Il reconnaît enfin sa jalousie et son envie envers son frère, dans une scène toujours bien écrite. Je n’ai jamais douté que l’épisode en arriverait là, et en quarante minutes, il y a inévitablement des raccourcis pour en arriver là, mais ça marche bien dans l’ensemble. D’ailleurs, ça marche aussi pour Kevin et sa relation à De Niro qui n’en a pas grand-chose à faire de ce tournage reporté et du manque de professionnalisme de son collègue.

Et comment ne pas évoquer aussi les nièces de Kevin ravies de le retrouver, car c’est bien cool à voir, autant que la dernière scène de cet épisode où Randall s’imagine enfant avec ses parents biologiques. C’est beau comme rêve, c’était une jolie conclusion pour l’épisode.

 

This is us – S05E12

Épisode 12 – Both Things Can Be True – 16/20
Les développements proposés par cet épisode sont vraiment sympathique et redonne un peu de rythme à la série en s’intéressant davantage aux relations entre les personnages qu’aux personnages en eux-mêmes, comme cela a beaucoup été fait cette saison. Chaque intrigue avait son petit moment prenant et l’ensemble était ainsi assez chouette à suivre, surtout qu’elles abordent des thématiques que l’on ne voit pas forcément exploitées de cette manière ailleurs.

Spoilers

Il est temps pour Kevin et Madison d’organiser le mariage, alors que Kate commence son nouveau job et que Beth voit sa fille Tess grandir.

So I hope that you will adapt quicker Bethany.

La série est revenue mercredi et je ne m’en suis pas rendu compte ! Bref, il était temps que je me mette à cet épisode, et je ne publie la critique que ce matin parce qu’il n’était pas une heure raisonnable pour que je publie quand je l’ai terminé.

On reprend dans le passé une nouvelle fois avec Jack préparant toute la maison pour sa demande en mariage à Rebecca. Il obtient l’aide de Miguel pour cela, mais pas l’accord de son beau-père qui refuse de lui répondre. La décoration est superbe, pleine de petits détails sur leur premier rencard, et Jack fait encore une demande de dingue avec tout plein de détails dans le texte aussi.

C’est merveilleux, mais il s’entraîne d’abord à faire sa demande avec Miguel, et il utilise carrément la même bague que celle qu’il est censé utiliser avec Rebecca et il l’enfile au doigt de son meilleur ami. Pff. C’était prévisible à fond : la bague reste coincée. Ils n’ont plus qu’à utiliser du beurre pour débloquer la bague… mais ils sont interrompus par le père de Rebecca qui débarque à ce moment-là.

Il n’a jamais pris le temps et la peine de rappeler Jack, alors il débarque directement chez sa fille pour dire à Jack qu’il est prêt à le « tolérer ». Alors que le beau-père s’apprête à partir, Miguel se rebelle et refuse que « tolérer » soit le mot employé pour qualifier Jack se mariant à Rebecca. Et il a raison. J’ai mes problèmes avec le personnage de Jack, ils sont nombreux, mais s’il y a bien un truc qu’on ne peut pas lui retirer, c’est son amour pour Rebecca.

Miguel est un excellent meilleur ami dans cette scène. Il confronte donc le beau-père avec plein d’aplomb, et c’est une excellente scène qui lui permet ensuite de faire un peu plus que tolérer Jack. La bague peut ainsi être retirée, et Jack peut demander à Miguel d’être son témoin, mais sans jamais utiliser le mot pour autant.

Bon, on est sur un épisode qui est à fond sur les fiançailles, donc forcément, dans le présent, Madison et Kevin organisent leur mariage, et c’est beaucoup à digérer pour Madison parce que leur mariage se retrouve en couverture d’un magazine people et parce que, ben, c’est un mariage de folie qui s’apprête à être organisé.

Ils ont même une wedding planner. Nick est toujours chez eux, et il débarque en pleine réunion avec la wedding planner pour donner son avis en permanence sur tout ce qu’il va se passer, parce qu’il n’a pas l’habitude d’être invité aux mariages. En fait, il n’en a fait qu’un dans sa vie, et il n’était pas invité. L’intrigue promet, mais on voit surtout que ça va mener à un conflit entre Nick et Miguel. Ben oui, Miguel est sur le point de débarquer lui aussi, pour parler de l’organisation de la réception.

Et ça ne plaît pas à Nick qui se retrouve à s’en mêler, juste parce qu’il déteste Miguel, ce que Kevin ne perçoit pas immédiatement. La confrontation entre les deux est plutôt bonne, avec des remarques un peu assassines de Nick qui finissent par irriter Miguel. Plus encore que quand Kevin l’avait fait, Nick met donc les pieds dans le plat avec Miguel et lui avoue qu’il n’aime pas du tout l’idée de savoir que son frère l’a remplacé pour un type qui n’hésite pas à le remplacer auprès de sa femme.

Miguel n’a jamais eu autant de caractère que dans cette scène : autant avec les enfants de Rebecca, il a pris des pincettes ; autant avec Nick il est cash et dit très clairement ce qu’il pense de la situation. Et c’est tant mieux. Durant la soirée, Nick rappelle tout de même Miguel pour s’excuser, comprenant qu’il a été trop loin et que Miguel respecte encore Jack dans cette situation, pensant chaque jour à Jack et ne pouvant jamais s’expliquer avec lui. Les deux réussissent en plus à sympathiser, surtout que Miguel considère important de préciser à Nick que Jack n’a jamais voulu utiliser le mot « témoin de mariage » (bon, « best man » en anglais) pour Miguel, précisément parce que c’était le rôle de Nick. Il est si parfait ce Jack qui n’a jamais totalement remplacé son frère. Pff, m’énerve lui.

Un autre problème qui se pose avec le mariage de Kevin, c’est justement qu’il lui faut demander à son frère d’être témoin. Le truc, c’est que Kevin ne sait pas comment faire, car il y a encore des tensions et des non-dits avec Randall. Il va même jusqu’à envisager le mail… Et comme Randall n’a pas été appelé, il se retrouve à parler du mariage de son frère avec Beth qui lit les magazines people. Cela m’a bien fait rire, et ça me fait surtout plaisir de revoir Meghan Markle dans une série – même si ce n’est toujours pas l’actrice que je voudrais qu’elle soit, puisqu’elle n’est qu’une photo dans un magazine.

C’était marrant et sympa, et bien en vogue de l’actualité franchement. Loin de cette actualité brulante, Randall passe un bon moment de l’épisode à assister à une réunion de groupe d’adultes étant tous des enfants adoptés. Les scénaristes prolongent assez bien une histoire de Randall qui fonctionne bien, mais qui reste un peu trop indépendante de tout le reste. Je trouve la série plus efficace quand elle se concentre sur des dynamiques, et là, on était plus sur l’évolution de Randall face à son passé et les difficultés que c’est d’être des enfants adoptés. Et ça me paraissait bien écrit, mais je n’en suis pas un, alors je n’en sais rien.

De son côté, Beth est hyper stressée de rencontrer Alex que Tess a voulu inviter chez elle, craignant de se planter de pronom en lui parlant. Bon. On ne va pas se mentir, moi aussi ; je ne connais pas de non-binaire et j’apprécie que la série prenne le temps de nous éduquer sur ce sujet, mais le problème, c’est qu’en français, ça ne marche pas exactement pareil. Alex veut le « they » des non-binaires… que je ne sais pas comment traduire ici ; j’ai vu parfois l’emploi de « on », mais humph, ça ne me convainc pas à fond car j’en ai vu des critiques aussi… SOS. Et SOS aussi sur les accords de certains mots – notamment adjectifs – parce que nous n’avons pas un neutre aussi fort que le neutre anglais.

Toute cette intrigue tourne assez mal pour Beth, un personnage que j’adore et à qui on rajoute un défaut touchant dans ses efforts de comprendre Tess qui sont mal vécus par ses filles. Au pluriel, oui. Déjà est surprise de découvrir que sa sœur peut s’enfermer avec Alex dans sa chambre quand elle est forcée de garder la porte ouverte avec Malik.

La mère de Beth lui fait bien remarquer qu’elle a peut-être oublié de parler des règles avec sa fille, et maintenant, Beth se retrouve à hésiter sur la marche à suivre. Ce stress était plutôt bien joué par l’actrice et bien pensé par les scénaristes, et il finit par un moment douloureux à regarder. Beth débarque dans la chambre de sa fille – même si elle dit avoir frappé, elle y débarque ; ça ne sert à rien de frapper si tu n’attends pas une réponse – au moment où Alex et Tess sont en train de s’embrasser.

Forcément, Beth demande au couple de descendre s’installer dans le canapé pour réviser, puisque c’est ce qui était prévu en lieu et place de cette séance baiser passionné. Malheureusement, Tess a le malheur de dire que sa mère est une « psycho » à Alex, et ça change la donne.

Beth congédie Alex pour faire la morale à sa fille, et même si Alex assure que la situation ne change rien à sa relation à Tess, Tess finit en larmes, et elle reproche à sa mère le regard qu’elle lui aurait jeté en entrant dans la chambre, alors qu’elle embrassait Alex. Aïe. Le problème, c’est surtout qu’elle a raison et que Beth le sait, et nous aussi. L’actrice a suffisamment marqué le choc en ouvrant la porte pour que ce soit clair pour nous aussi.

Beth redescend donc l’escalier et se confie à sa mère, qui reste une experte en éducation à ses yeux. Il faut dire que la grand-mère est géniale pendant tout l’épisode à être beaucoup plus souple et ouverte d’esprit que tous les autres personnages de la série. Et elle n’hésite pas à lui souligner que Beth n’a pas juste besoin de laisser tomber ce qu’elle espérait pour Tess. Il faut à présent s’adapter et changer l’image qu’elle avait prévu pour sa fille afin qu’elle colle à la réalité. Beth est une excellente mère, elle est ouverte d’esprit… mais elle ne se fait pas à la destruction de certains de ses rêves.

Et c’est bien d’avoir une série qui en parle comme ça, et avec un personnage comme Beth, parce que c’est un reflet d’une réalité douloureuse, mais qui existe. Sa propre mère a vingt ans de non-adaptation à rattraper, et voilà une Beth qui se mange un sermon maternel dur à digérer… et parfaitement déprimant. Cette scène ! Cette scène était exceptionnelle, les deux actrices jouent ça tellement bien. Une fois ce sermon digéré et accepté, Beth se décide à retourner parler à Tess, pour lui expliquer comme elle peut qu’elle est parfaite comme elle, et Alex aussi.

Beth trouve les mots, même si j’ai trouvé que ça manquait vraiment de quelque chose pour rassurer Tess. C’est peut-être trop tôt pour Beth finalement. Convainquant sa fille de lui parler et de dire ce qu’elle a sur le cœur, Beth se retrouve désarçonnée quand Tess lui balance qu’elle est triste de la réaction de sa mère, parce qu’elle la voit essayer alors qu’elle n’essaie rien du tout avec Annie, ou même avec Déjà.

Elle a surtout peur de ne plus jamais être aussi proche qu’avant de sa mère, et même si Beth essaie de lui expliquer qu’elles sont toujours aussi proches, le « ok mom » qui suit est lourd de sens. Outch. C’est une très belle intrigue, franchement, ça remue bien des choses dans les relations entre les personnages et ça redéfinit vraiment les personnages de Beth et Tess. En plus, c’est vraiment bien écrit. J’ai hâte d’en voir plus sur cette intrigue !

Bien sûr, le magazine annonçant le mariage de Kevin et Madison est aussi récupéré par Toby, d’une manière ou d’une autre. On sent bien que celui-ci n’est toujours pas à l’aise avec son beau-frère, mais bon. La série ne se concentre pas encore là-dessus, mais plutôt sur Kate qui est stressée de commencer un nouveau job, même si ce job semble être fait pour elle. Elle se retrouve toutefois avec un collègue hyper désagréable, qu’elle connaissait en tant que prof de Jack, mais pas en tant qu’être humain. J’adore cet acteur, mais pff, il a toujours un rôle de connard, j’adore.

Le collègue lui explique donc bien qu’il n’en a rien à foutre de ses enfants et de ses états d’âme, parce qu’il veut juste qu’elle soit présente pour les élèves. Il faut dire que Kate se débrouille en une journée pour arriver en retard, puis pour pleurer parce qu’elle a reçu une photo de ses enfants en bonne santé en train de jouer avec leur père. On a connu des reprises de boulot plus efficace. Kate a toujours montré ses émotions et c’est un atout du personnage, c’est même l’énergie qui a fait qu’elle était embauchée pour ce job… mais ça ne plaît pas à son collègue.

Il va toutefois falloir qu’il se fasse à Kate et à ses jurons inadaptés aux enfants, parce qu’elle est excellente avec eux. Oui, son énergie, c’est beaucoup à gérer, mais c’est aussi ce qui fonctionne pour débloquer certains enfants et les rendre bien meilleurs chanteurs. C’était une intrigue sympathique, mais pas ma préférée.

Ce que j’ai préféré dans cet épisode ? Ecoutez, contre toute attente, une scène que je n’ai pas vu venir du tout m’a plu autant que celles de Beth ! Toby garde ses enfants, Madison garde ses enfants, évidemment qu’ils se retrouvent dans un parc ensemble. J’ai trouvé ça génial, surtout que ça leur permet de se confier sur leur vie un brin misérable du moment – qui est loin d’être vraiment misérable. Eh, le problème, c’est que Madison n’aime pas le lieu prévu pour son mariage et Toby n’aime pas passer dix heures à s’occuper de ses enfants. Ni l’un ni l’autre n’osent en parler à leur conjoint.

C’est Madison qui finit par se lancer la première et parler à Kevin, pour lui dire qu’elle a un autre endroit en tête pour le mariage. Kevin l’aime suffisamment pour changer aussitôt d’endroit où se marier, sans problème. De toute manière, il a un autre problème, Kevin : il n’arrive pas à appeler son frère, ni à lui envoyer de mail pour lui demander d’être son témoin.

Hors écran, il en parle avec Madison qui le pousse à se bouger le soir-même et à demander d’avoir une conversation avec Randall. Ce dernier reçoit l’appel en rentrant chez lui de sa thérapie sur les douloureuses relations entre adoptés et familles adoptives. Si Randall accepte immédiatement d’être le témoin de son frère, Kevin lui avoue alors qu’il a eu du mal à lui téléphoner. Il savait qu’il accepterait, mais il reste encore un malaise entre eux, et il ne veut pas de ce malaise à son mariage. Kevin décide donc de demander à son frère de venir le voir, après les vaccins, parce qu’aux États-Unis, on se vaccine bien plus vite qu’en France, de toute évidence. Et donc, ça y est, on va enfin avoir une scène entre les deux frères – et peut-être même un épisode – pour revenir sur les problèmes qu’ils ont eu en grandissant. J’ai hâte. Randall aussi, je crois. Randall le joue drôlement bien, franchement. Tous les acteurs déchirent dans cet épisode.

En revanche, du côté de Toby, la vérité sur sa situation – sa dépression qui couve même – a plus de mal à sortir auprès de Kate. C’est une perspective qui m’effraie un peu pour la suite, je ne la sens pas trop. L’épisode se termine alors sur une scène super frustrante et étonnante. Le magazine annonçant le mariage de Kevin est acheté par Zoe, Cass et Sophie. Ses ex, donc. Les trois femmes lisent l’article et sentent bien des choses les unes les autres. Si Sophie et Cass ont un certain smile, on sent un doute pour Sophie (dégage tout de suite, je ne veux pas te revoir avec Kevin, on a fait le tour) et des regrets pour Zoe qui m’ont fait tellement de peine. J’adore Madison, mais j’adorais aussi Zoe. Puis faire revenir les actrices juste pour une scène, aaah !

D’un côté, j’ai envie de revoir Zoe et Sophie dans la série ; de l’autre, je ne veux pas que ça pose de problème au couple Madison/Kevin. C’est un couple bien trop mignon et fonctionnel pour qu’on vienne y foutre la merde.

 

This is us – S05E11

Épisode 11 – One Small Step – 13/20
Décidément, je n’accroche pas tellement ces dernières semaines, et il faudra encore attendre deux semaines avant le suivant. Cet épisode est sympathique, mais je me suis quand même ennuyé par moment, parce qu’il est assez prévisible et se concentre sur un personnage qui n’est pas mon préféré, loin s’en faut. C’est comme ça.

Spoilers

Nick débarque chez son neveu sans prévenir… et c’est encore plus dingue pour lui qu’il n’y paraît.

Did you see the man on the moon last night?

Bon, un épisode centré sur Nick ? Autant vous dire que quand j’ai vu ça hier, j’ai fini par me faire une raison et je suis retourné bosser, en me disant qu’il pouvait bien attendre le soir, sauf que le soir ben, bon, je me suis endormi. Anyway. Nick est super gênant quand il débarque sans prévenir chez Kevin et Madison pour rencontrer ses petits neveux, parce qu’il a reçu une invitation à les rencontrer… sur Zoom.

Ce n’est pas comme s’il connaissait Zoom, en même temps. Il est mignon, hein, à vouloir les voir et à promettre qu’il est vacciné et tout, mais bon, je ne sais pas, ça m’a angoissé. Un flashback de quelques semaines nous montre qu’avant ses deux doses de vaccin, Nick s’est amusé à découvrir Amazon grâce à Cassie. On sent bien que la naissance des bébés à tout révolutionné à sa vie : il a tout préparé pour son voyage en Californie pendant un bon moment, et il ne s’est fait vacciner que pour ça, en fait. Soit.

C’est sympathique de retrouver Cassie dans la série, mais je ne sais pas trop à quoi elle sert franchement. Elle était un love interest qui n’a pas marché du tout pour Kevin, alors je ne m’attendais pas à ce qu’on la retrouve. C’est une bonne chose, je crois. Après, la voir débarquer pour aider Nick à faire ses paquets cadeaux et l’emmener à l’aéroport, je ne suis pas sûr que ce soit vraiment passionnant pour l’actrice.

Pour l’acteur, c’est intéressant en revanche, parce que son personnage sort enfin de sa zone de confort. Cela est plutôt plaisant de le voir être tout stressé à l’aéroport… jusqu’à ce que ça vire à la catastrophe. Il avait tout planifié bien comme il faut, à une exception près : les réglementations des aéroports et des vols.

Ainsi, il a construit de jolies boules à neige pour ses petits neveux, il a fait en sorte que tout soit bien emballé… mais la réglementation lui interdit de transporter tant de liquides. C’est un peu con, il aurait suffi de mettre ça en soute s’il y avait réfléchi avant. À la place, il stresse et enchaîne les mauvaises décisions, au point d’exploser les deux boules à neige devant la pauvre gardienne de l’aéroport débordée par ce vieillard.

Il laisse tout à la poubelle, alors qu’il y avait moyen d’en garder une partie et de refaire une partie du travail… Je suis si frustré, j’ai du mal avec ce personnage, même avec le contexte apporté par cet épisode. Malgré tout, Nick monte dans l’avion et est abordé par une femme qui veut papoter un peu et n’est pas prête pour ce qui l’attend : Nick n’a pas pris l’avion depuis 1971. Outch.

Bien sûr, l’épisode nous renvoie également plus loin dans le passé, chez les parents de Jack quand Nick était encore à vivre chez eux. Le père était super odieux avec lui, assurant que Nick était la petite sœur de Jack, et on sent bien que ça affecte Nick plus que prévu quand toute la famille se réunit devant la télévision pour suivre un direct depuis l’espace.

Cela finit par inquiéter Jack qui lui demande s’il prévoit de rester vivre chez ses parents pour toute la vie ou s’il espère prendre son indépendance. Il lui souhaite au moins une petite amie, mais les choses ne sont pas si simples dans la vie ? OK, il y a un type qui marche dans l’espace… et alors ? Ca ne fait pas tout. Jack m’a énervé, comme il m’énerve souvent. Il est loin d’être aussi parfait que ce que tout le monde dit !

Bon, en tout cas, Nick est amoureux d’une certaine Sally qui bosse avec lui à la clinique vétérinaire, mais elle est clairement inaccessible pour lui. La seule occasion de la voir se déshabiller qu’il a, c’est lorsqu’elle doit doucher un chien, franchement. Pourtant, elle accepte assez bien de flirter avec lui sur le sujet d’un homme sur la lune.

Il fuit complètement la conversation, avant d’être forcé d’accepter quand son alibi – Jack – assure à Sally que Nick sera libre dans la soirée. Autant j’ai beaucoup aimé le personnage de Sally, autant j’ai eu une forte envie d’entarter Jack tout au long de cette scène, depuis le moment où il a écouté derrière la porte à celui où Sally lui a demandé de la fermer.

Malgré tout, tout se passe bien pour Nick lors de sa soirée de rencard avec Sally qui l’invite à observer la lune. On est content pour lui, allez, mais il y va très fort à assurer rapidement à Sally qu’il pense être en train de tomber amoureux d’elle. En fait, les flashbacks s’enchaînent jusqu’au point où Sally est invitée à dîner chez ses beaux-parents.

C’est très cool. Elle prend une photo de Jack et Nick en compagnie du plat de leur mère, photo qu’on a déjà vu dans la série et dans l’épisode, suffisamment pour qu’on comprenne son importance. C’est très chouette en tout cas, parce qu’elle a une bonne idée, même si bizarre, à leur demander de tenir le plat de leur mère pour s’en souvenir.

Malheureusement pour Nick, le rêve est de courte durée : Sally a pour projet de partir à Woodstock, et ensuite de rester vivre en Californie. Elle n’est pas spécialement du genre à avoir les pieds sur Terre apparemment. Cependant, Nick envisage vraiment de partir avec elle, et il en parle même à Jack qui lui offre une valise increvable – qui aura quand même besoin d’un peu de scotch en 2021, mais qui existera encore.

Jack est apparemment vraiment excité par le départ de son frère, qu’il voit comme une excellente chose. Il est mignon, mais dans tout ça, il a fait chier son frère alors que lui-même n’a pas une vie hyper posée ? Bref. Nick a quand même peur de son départ et il a bien besoin de Jack pour le remotiver. Si celui y parvient, il y a un problème dans la scène qui suit : le père se montre gentil avec Nick, et même fier de voir qu’ils peuvent être en famille devant la télévision et tout.

Aaah. J’ai eu de la peine pour Nick, parce qu’on voit le moment où il change d’avis et décide de rester avec ses parents, alors qu’en parallèle, Sally s’apprête à partir sans lui. C’est si triste, surtout quand elle entend quelqu’un frapper à la porte de son van… et que ce n’est qu’un flic.

Quelques années plus tard, Nick est de retour de l’armée, bourré, et il ne parle plus à grand monde, préférant vivre seul dans sa caravane (qui résiste vachement bien au passage des années, du coup). Il reçoit tout de même un coup de fil d’un frère d’arme qui l’invite à une réunion d’anciens de l’armée venu célébrer l’un des leurs, réunion à laquelle Jack sera présent.

C’est malin, ça. Nick hésite un bon moment à s’y rendre, mais va jusqu’à monter dans la voiture quand même. Il reste plein de doutes, regarde une photo prise par Sally et se met en route. À l’arrivée, il reste toutefois à distance, observant depuis le parking son frère entrer dans un bar. Heureusement pour lui, il n’entend pas la conversation que Jack a à l’intérieur.

En effet, le grand-frère en est au point où il envisage de se fiancer avec Rebecca, mais il est bien embêté par le fait qu’il lui ment depuis un moment. Elle ne sait pas le rôle qu’il a joué pendant la guerre, parce qu’il lui a dit avoir été mécano, et elle pense vraiment que Nick est mort. On sait déjà tout ça, et nous montrer que Jack avait des regrets ne suffit pas à me convaincre qu’il a bien fait. C’est important pour un personnage d’avoir des défauts, je ne dis pas, mais ceux de Jack, j’ai vraiment beaucoup de mal parce que tout le monde glorifie alors que vraiment, pas étonnant qu’il finisse alcoolique avec tout ça.

Pardon, je juge au lieu de critiquer l’épisode, et franchement, je n’ai jamais eu à vivre le quart de ce qu’il vit, alors je suis bien mal placé pour ça. En tout cas, le pote de Jack lui conseille de garder ses secrets vis-à-vis de Rebecca, pour séparer ses souvenirs de la guerre des souvenirs heureux qu’il est en train de créer.

Et il a la chance de pouvoir le faire quand Nick n’ose pas lui parler, observant simplement la bague de fiançailles de Rebecca à la lueur des phares d’une voiture. Nick rentre alors chez lui et enfouit à son tour ses souvenirs, avant de se noyer dans l’alcool.

On en revient alors dans le présent où Nick assure que son voyage n’était trois fois rien, quand tout ce contexte des flahsbacks nous montre bien tous les efforts qu’il a fait. Maddison se montre sacrément compréhensive avec lui, alors Kevin finit par stresser son oncle bien malgré lui en lui demandant comment il veut se faire appeler par les petits. Il a clairement envie de le voir prendre un rôle de grand-père, mais c’est trop pour Nick.

Il finit par appeler Cass, et c’est une bonne idée, parce qu’elle est capable de trouver les mots justes pour le convaincre qu’il doit rester et accepter l’amour que son neveu veut lui apporter. Elle a tellement raison… Mais du coup, Nick est dingue et décide d’aller papoter avec les bébés au beau milieu de la nuit. Il leur fait un sympathique monologue sur le premier homme qui a marché sur la lune et sur l’impossible devenu possible. Je vois en quoi la scène est censée être touchante et tout, mais je n’ai pas réussi à accrocher au point d’avoir les émotions souhaitées par l’épisode.

Il termine bien par contre avec Nick endormi auprès des jumeaux et des cadeaux qu’il a voulu leur faire, en les achetant à l’aéroport. Dans son livre, Kevin découvre que le marque-page de son oncle est la fameuse photo de Jack et Nick. Heureusement qu’on avait une bonne musique pour le générique de fin, parce qu’autrement, l’intensité n’aurait pas été la même, hein.