Riverdale – S06E05

Épisode 5 – The Jughead Paradox – 17/20
J’aimerais mettre un 20 pour le centième épisode de la série, mais il y a trop d’incohérences qui ne trouvent pas de réponses dans ce paradoxe et dans les anomalies évoquées par les séries. Dire qu’il y en a ne justifie pas tout, chers scénaristes. En revanche, force est de constater qu’ils ont pour une fois eu une bonne idée avec cet arc narratif menant au centième épisode. Ce dernier est fun, faisant clin d’œil aux cinq saisons précédentes comme aux comics dont il s’inspire et nous fait presque croire qu’on est face à une bonne série.

Spoilers

Jughead se rend compte qu’il y a des paradoxes et anomalies entre Rivervale et Riverdale.

That might definitely do it.

Il paraît que cet épisode est bien pour justifier tout le délire qu’a été Rivervale, mais j’ai comme un doute. Nous verrons bien, mais le titre ne me dit rien qui vaille, pas plus que la première scène de l’épisode qui nous révèle le corps de Jughead inconscient à côté du panneau d’entrée de la ville. On enchaîne sur Archie à moitié à poil (yeaaah, le compteur reprend !) parce que oui, il est en vie.

Betty est à ses côtés et se réveille après un drôle de cauchemar où elle se souvient de la ville sacrifiant Archie. Dans le même genre, Nana et Cheryl se souviennent de l’échange de corps, Veronica et Reggie de Mr Cypher (vaut mieux ça pour Reggie, sinon c’était se souvenir qu’il avait marié Abigail) et Fangs et Toni se souviennent de la Llorona.

Là-dessus, on voit Jughead descendre l’escalier de chez Archie quand soudainement le mur explose. Holy crap. Jughead se réveille à nouveau, dans le garage d’Archie cette fois. OK, l’épisode promet d’être marrant, même s’il se centre sur un personnage que je n’aime pas : Jughead se rend au lycée pour sa rentrée en tant que prof… et se retrouve sacrément confus quand il se rend compte que tous ses potes sont à nouveau des lycées. Eh, Archie est même en train de draguer Geraldine alors que Cheryl est en tenue de cheerleader.

OK, ça marche vachement bien comme introduction : Jughead se rend aux toilettes pour se rafraîchir et tombe sur Ben Button dont on avait tous oublié l’existence, mais qui s’est suicidé en sautant par une fenêtre à cause du Roi Gargouille. C’était il y a fort longtemps la saison 3, mais ça marche bien : la série se fout d’elle-même avec les passages par la fenêtre, avant d’avancer dans l’épisode de manière sympa. Ainsi, Betty nous annonce son mariage avec Archie, dont tout le lycée est au courant, avant de recevoir un appel de la morgue où se trouverait le corps de Jug.

C’est bien sûr impossible, puisqu’elle lui parle, mais comme dans une chanson de Lorie que j’ai maintenant en tête, rien n’est impossible à Rivervale. Jug se rend donc à la morgue pour découvrir son propre cadavre et apprendre qu’il était le corps inconscient (et pour cause, il était mort) face contre terre à côté du panneau de la ville. Avant de mourir, ce deuxième Jug serrait contre lui un étrange comic book.

Quand je pense que j’ai raté le point comic book d’un précédent Bingo alors que cet épisode en regorgeait ! Le Jughead vivant découvre en effet qu’il a toute une collection de comics nommés « Riverdale » et parlant de l’ensemble de ses amis. Il n’en faut pas plus pour qu’il se mette à lire les comics, et ça fait le lien avec les épisodes précédents. Dans les comics, on retrouve ainsi une scène du premier épisode de la saison, quand Archie aidait Jug à déménager.

Aussitôt, Jughead se rend compte qu’ils vivent dans un monde parallèle. Eh oui, il y a 95 numéros de Riverdale, avant de passer à Rivervale. Oh, attendez, je viens de capter, tout ceci nous menait au centième épisode ? Il fallait le dire plus tôt. Putain, j’ai donc perdu cent heures de ma vie devant cette série ? Si seulement on pouvait me les rendre !

En attendant, Jughead comprend qu’il se passe quelque chose de louche et se met aussitôt à enquêter, en interrogeant un à un ses amis. Cela lui permet de se rendre compte que les événements les plus lointains sont flous pour les habitants de Rivervale, alors qu’Archie et Betty ne se souviennent pas de l’explosion mettant un terme à Riverdale et ouvrant l’arc Rivervale. Veronica, elle, ne comprend pas comment son père peut être le méchant de Riverdale alors qu’il est mort avant ses quinze ans dans cette réalité. Les scénaristes en profitent aussi pour s’amuser de la situation, avec Reggie se rendant compte qu’il a changé d’apparence en cours de route.

Pour ne rien arranger, quand Jughead se rend auprès de Cheryl pour lui montrer les comics, il se rend compte que… Jason est encore en vie. Bordel, mais quelle prise de tête : Jason a une réplique de plus dans la série et une nouvelle occasion de pointer le bout de son nez. C’est fou que l’acteur soit encore disponible après tant de temps.

Ce n’est toutefois pas le seul truc absolument dingue : les scénaristes font revenir le premier Reggie qui débarque chez Veronica ; Dilton qui était mort ne l’est plus non plus et il enseigne au lycée (comme n’importe quel ancien lycéen de cette série) avec comme assistante… Ethel. Eh, la série s’amuse vraiment bien pour ce centième épisode et je risque bien de finir par en être fan.

Après, ils partent juste sur une étrange histoire de mondes parallèles, d’anomalies et de paradoxes. Et ce n’est pas spécialement bien fait, même si on se marre beaucoup. Putain, ils ont réussi à faire revenir le premier Reggie pour une scène vraiment drôle avec Veronica et pour… qu’il participe à l’enterrement de vie de jeune fille de Betty en tant que strip-teaseur. Putain, mais mec, refuse le rôle ! 

Bon, OK, après, quand ça vire au plan à trois et qu’il peut s’amuser à caresser Veronica, je le comprends. Le plan à trois s’arrête avant de commencer, en plus. Dans tous les cas, l’épisode avance assez vite : alors que l’ambiance est à l’éclate à l’enterrement de vie de jeunes filles, l’enterrement de vie de jeune garçon est l’occasion pour la série de faire un hommage sympa à Fred – et à l’acteur.

Forcément. Le délire d’univers parallèle continue ensuite : Jason est enlevé par la Cagoule Noire, qui s’avère être le père de Cheryl, tué par le père de Kevin bien rapidement. Cela en fait des acteurs à réunir !

Il y en a une qui se fait discrète, par contre : Hermione. Elle ne semble pas vouloir revenir, contrairement à Howard, qui n’est donc plus un méchant. Son discours lors du dîner de répétition du mariage d’Archie et Betty tourne court par contre : Toni y débarque pour annoncer la mort de Cheryl. L’enquête de Jughead le mène alors, à toute allure, jusqu’à Dilton. Ce dernier explique qu’il était très content de voir ces « twinverses », univers jumeaux, fondre l’un dans l’autre, car ça lui offrait l’occasion d’étudier cette destruction.

Malheureusement pour lui, il a mal choisi son assistante : effrayée par la folie de son boss, Ethel l’empoisonne et explique à Jughead qu’elle sait comment séparer à nouveau ces univers jumeaux. Le problème, c’est qu’au passage, ça signifie faire disparaître Rivervale. Inutile d’entrer dans les détails, soyons clairs, tout ça n’a absolument aucun sens. Jug et Ethel arrivent à la conclusion que Rivervale a été créé à cause de l’explosion dans la chambre d’Archie, mais aussi parce que Jug était en train d’écrire, et qu’il y avait du Palladium, et qu’il y avait la malédiction de Cheryl. Pourquoi Jug est-il dans ce monde ? Pourquoi était-il narrateur ? Pourquoi les deux Reggie s’entretuent ?

On s’en fout. Vous ne pensiez tout de même pas que les scénaristes avaient eu des idées 100% cohérentes ? C’est super frustrant, d’ailleurs, parce qu’il y a vraiment une super bonne idée pour ce centième épisode, mais… ça part trop en vrille. Pour séparer les univers et faire en sorte que Rivervale cesse d’exister, il faut donc que Veronica et Jughead se tripotent dans la chambre d’Archie avant de se faire sauter, au lieu de se sauter. Bien. Admettons.

Veronica accepte le plan… mais ne peut le mettre à exécution. En effet, elle se fait exécuter avant : on découvre que la personne qui s’amuse à étrangler tout le monde à Rivervale est… Archie. Eh oui, il a remarqué que tout le monde revenait à la vie, toujours, dans ce monde. Il espère donc le retour de Fred et refuse de voir les univers se séparer.

Bon, là, les scénaristes exploitent juste la mort d’un acteur et ça devient un brin gênant, mais c’est une scène incroyable malgré tout. Les acteurs gèrent bien – jusqu’à ce qu’ils se mettent à se battre. On apprend donc qu’Archie a tué un premier Jughead, avant d’étrangler Cheryl, mais aussi Veronica. Il refuse que le monde cesse d’exister si son père peut y revenir, et c’est plutôt pas mal ; comme le résumé de ce qu’est la série (un grand n’importe quoi) était plutôt pas mal lui aussi.

En tout cas, on en arrive vite à Archie essayant de tuer Jughead… mais se faisant éclater la cervelle par Betty. Yep, en robe de mariée, Betty débarque pour tuer le mari qui vient de l’abandonner à l’autel. Apparemment, c’est tout ce qui importe à ses yeux : elle n’a aucun remords sur le meurtre d’Archie et elle est rapidement convaincue qu’il faut effectivement coucher avec Jughead pour recréer aussi fidèlement que possible l’explosion qui a créé Rivervale et pourra séparer à nouveau les univers.

C’est : n’importe quoi. On se marre toutefois bien, surtout qu’ils sont interrompus par le Jughead mort du début d’épisode. Celui-ci n’hésite pas à casser le coup de son alter-égo pour leur expliquer qu’il y a un moyen de séparer les univers sans détruire pour autant Rivervale. Bon, avant ça, il faut encore que Betty désarme la bombe.

C’est plutôt drôle car on nous rappelle qu’elle l’a fait plus tôt et elle semble le découvrir elle-même. J’ai vraiment l’impression que les scénaristes se foutent d’eux-mêmes et se rappellent soudainement qu’eux aussi oublient les épisodes après les avoir écrits. Qu’importe, pour le centième, ils ont mis les petits plats dans les grands. Ils s’assurent même que les fous rire soient garantis quand Jughead nous explique à quoi ressemble le paradis.

Le paradis, c’est Pop’s, mais avec des comics en plus. Tout le monde s’y marre bien et se dragouille, mais lorsque le Jughead-narrateur y était, ce qu’il faisait était se concentrer sur le numéro spécial entre le 95e et le 96e épisode des comics : celui qui expliquait la liaison entre les deux univers et que nous n’avons pas eu avant. Bref, pour ne pas supprimer Rivervale, il va donc falloir compter sur l’imagination de Jughead pour maintenir en vie l’univers.

Le narrateur ne peut pas le faire, mais le Jughead qu’on suit depuis le début d’épisode, si, parce qu’il est l’auteur. Allez comprendre. Betty pense comprendre et est dégoûtée du sacrifice de Jughead, qui devra désormais vivre seul à jamais dans le repaire de Dilton (c’est vrai que c’est un endroit où PERSONNE ne va jamais), mais bon, la tension dramatique est vite évacuée tout de même.

En lieu et place, on en revient donc au point de départ de la série : Jughead est sur sa machine à écrire à raconter ce qu’il se passe, sauf que cette fois, c’est lui le scénariste drogué de la série qui écrit n’importe quoi. La bombe réactivée n’explose finalement pas, et Jughead comme Betty oublient rapidement ce qu’ils faisaient dans la chambre d’Archie.

Ils préfèrent retrouver le reste du casting dans une sorte de happy end tout mignon. Tabitha et Jughead peuvent même vivre ensemble et lire, peut-être, un jour les comics Riverdale. Reste la question de ce qui arrive à Riverdale maintenant qu’on sait ce qu’il se passe pour Rivervale. C’est à Ethel que revient le droit de poser la question, parce que figurez-vous qu’elle est l’assistante du Jughead s’étant sacrifié pour rester un héros.

Et oui, la série nous règle enfin la question du cliffhanger de la saison 5, pendant ce temps, à Riverdale, Betty et Jughead s’apprêtent à faire l’amour dans la chambre de celui-ci, sans se douter qu’une bombe est sous le lit. Par chance, Betty reçoit finalement un coup de téléphone avant l’explosion : elle apprend donc qu’il y a une bombe sous le lit et a le temps de prévenir Archie.

La bombe explose toutefois, ce qui nous rend sourd un Jughead qui était en train d’écrire dans le garage. Bon, ben, la vraie suite au prochain épisode cette fois. Ce fut un arc sympathique, libérant la créativité des scénaristes qui avaient enfin une vraie raison de le faire et s’achevant sur un centième épisode plein de défauts, mais prenant le temps de célébrer ses défauts.

Et puis, surtout, heureux de pouvoir à nouveau terminer ma critique par un…

Compteur d’Archie à poil : +3, à croire qu’il fallait rattraper le temps perdu ! Rendez-vous début mars pour plus de raisons de montrer les abdos d’Archie à toutes les sauces…

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