Chernobyl – S01E04

Épisode 4 – The Happiness of All Mankind – 17/20
Plus lent, plus long, plus silencieux, cet épisode m’a un peu plus perdu que les précédents parce qu’il se concentre davantage sur les conséquences lentes de la catastrophe plutôt que sur les réactions immédiates qui étaient intéressantes à découvrir et donner un rythme vif à la série. Ici, il y a une sorte de renouvellement qui s’opère et, à un épisode de la fin, c’est un peu étrange. On s’y fait toutefois, surtout que ça permet encore et toujours de découvrir de nouvelles choses et quelques prouesses techniques.

> Saison 1


Spoilers

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The KGB classified it as a state secret.

Bien. Ce n’est officiellement plus raisonnable du tout d’être encore devant ma télé et j’aurais dû m’arrêter pour me garder les deux derniers épisodes à voir… mais il faut dire ce qui est, la série est extrêmement prenante et il est difficile d’en décrocher, surtout que je sais qu’il serait difficile de m’y remettre après une pause. Tant qu’on est plongé dedans, autant les enchaîner…

En plus, cet épisode commence par nous montrer une femme qui n’est pas raisonnable elle non plus : elle refuse d’évacuer sa ferme, quand bien même le gouvernement l’y oblige. C’est un militaire qui est chargé de la chasser de chez elle, et pour cela, il n’hésite pas à aller jusqu’à tuer sa vache, à défaut de la tuer elle, comme elle s’y attendait pourtant. Il fallait bien que la série passe par là, c’est une réalité bien connue après tout.

L’intrigue reprend bien après la catastrophe dans cet épisode, ou bien pendant, c’est selon. Nous sommes quatre mois plus tard : Lyusya découvre son nouvel appartement, et elle est toujours en pleine dépression. En même temps, c’est toute sa vie qui a volé en éclat, ça se comprend. On la retrouve beaucoup plus tard dans l’épisode quand elle a soudainement des contractions alors qu’elle se reposait sur un banc.

Du côté de Tchernobyl, les travaux ont continué, évidemment : des hommes cherchent à établir des relevés de radiations. À Prypiat, la zone d’exclusion, Legasov continue de superviser les travaux et les recherches. La série prend toutefois le parti de s’éloigner beaucoup de lui dans cet épisode, ce qui rend l’épisode moins dynamique dans sa construction.

On ne le retrouve que bien tard quand il essaie de savoir l’avancée des travaux avec Boris et surtout avec l’aide de « Joker » une machine allemande capable de voir ce qu’il se passe. Oui, évidemment, ils ne sont pas débiles et envoient désormais des robots plutôt que des hommes. Le truc, c’est qu’il faut aussi que les robots résistent aux radiations et que la commande passée aux allemands n’est pas bien utile : le gouvernement de l’URSS leur a filé les mesures « officielles » de la propagande, pas les vraies mesures des radiations captées sur le site. Débile.

Boris s’énerve donc au téléphone et comprend qu’il a besoin de trouver mieux comme machine. Il découvre néanmoins qu’il n’existe aucun robot assez puissant, et c’est bien gênant pour faire correctement le travail. Legasov propose alors d’utiliser des « biorobots », des hommes… et on en revient aux problématiques des épisodes précédents.

On assiste donc au débarquement de nouveaux « soldats » qui ont 90 secondes pour aller récupérer du graphite sur le toit et le balancer au cœur de l’usine détruite. Cela permet un plan séquence vraiment bien foutu où on suit pendant une minute trente – et c’est long ! – des jeunes chargés de balancer le graphite par-dessus bord, prenant au passage une dose de radiations bien intenable. Et c’est super triste, parce qu’on en voit un qui se foire et perce une de ses bottes. Adieu le peu de protection qu’il avait encore.

Nous suivons aussi dans cet épisode l’arrivée d’un nouveau personnage, Pavel, un jeune qui débarque sur le site de Tchernobyl pour aider à la sécurisation du site. Il n’est pas militaire, mais il rejoint les militaires, n’ayant pas trop le choix de le faire : l’armée manque d’hommes et ils ont besoin d’eux, car c’est un travail titanesque qui les attend.

En quatre mois, c’est tout un campement qui s’est mis en place, évidemment, et le nouveau est guidé par un militaire qui l’équipe d’une ceinture de protection pour ses parties génitales (parce que oui, évidemment que c’est le plus important à protéger des radiations). Il lui donne aussi une mission : celle d’aller tuer les animaux domestiques qui sont trop dangereux maintenant qu’ils sont chargés en radiation. Merveilleux.

Ce n’est pas un job facile, parce qu’il s’agit de tuer des êtres vivants. Pavel n’a encore jamais tué personne, et nous le voyons devoir assassiner son premier chien. Perturbé par ce qu’il fait, il le rate et le laisse souffrir, alors que c’est contre ses ordres. C’est intéressant comme perspective : on est habitué à entendre parler de Tchernobyl pour la catastrophe nucléaire qu’elle était, mais il est important de voir et se souvenir qu’il s’agit aussi de ça, une catastrophe qui a eu plein de petits drames à côté. Ici, on découvre donc la vie de Pavel et de ses deux mentors militaires, qui partagent avec lui leur premier meurtre et les réactions normales qui s’en suivent…

S’il arrive progressivement à tuer des animaux errants, Pavel a encore du mal à se faire à sa nouvelle réalité, particulièrement quand il trouve tout un tas d’animaux de compagnie dans une maison. C’est franchement triste comme job, en même temps, et les tuer n’est qu’une partie du travail : il faut ensuite les enterrer et les recouvrir de bitume, dans ce qui est une image extrêmement marquante de la série là encore. Je ne sais pas si j’avais déjà lu la moindre information sur tout ça, honnêtement. À vrai dire, le sort des animaux ne m’avait même pas effleuré l’esprit jusqu’à aujourd’hui.

En parallèle, Ulana continue elle aussi ses recherches, cherchant la vérité sur ce qu’il s’est passé dans l’usine pour expliquer la catastrophe (et possiblement en empêcher une autre). C’est un combat vain qui passe par la vérification des témoignages. Elle retourne interroger un des rares survivants, dans la phase de rémission, et ça ne l’aide pas beaucoup à avancer. Du coup, nous non plus nous n’avançons pas avant la fin de l’épisode.

La série repart à ce moment-là et c’est là qu’on tombe en pleine fiction américaine : les scénaristes prennent la décision de résoudre le « problème » insolvable de l’explosion du cœur en blâmant l’URSS évidemment. C’est une théorie récurrente, il me semble : les raisons historiques données disent souvent que le personnel n’avait pas une attitude adéquate, ni du matériel inadapté. Ici, il est révélé qu’un des réacteurs faisait mal son boulot, se réchauffant au lieu de se refroidir pendant quelques instants. Sauf que quelques instants, c’est beaucoup quand il s’agit de nucléaire.

La vérité éclate grâce à Legasov lui-même qui était au courant et est mis face à la vérité par Ulana. Convoqué à Vienne pour faire un rapport officiel et international sur ce qu’il s’est passé (et qui a vraiment eu lieu), Legasov n’a pas spécialement envie de dire la vérité, ce que Boris lui conseille également. Pourtant, Ulana ne voit pas les choses comme ça. Pour elle, il est important que la vérité éclate, ne serait-ce que parce que d’autres réacteurs fonctionnent encore avec le même matériel défectueux.

Certes. Pour convaincre ses collègues, elle leur parle de Lyusya : elle a pris de ses nouvelles et découvert qu’elle avait accouché prématurément d’un bébé qui avait absorbé toutes les radiations qui auraient dû la tuer. La nature est plus ou moins bien faite : biologiquement, son corps a tué son bébé pour se sauver. Et Lyusya se retrouve sans mari et sans enfant. L’horreur d’une vie, quoi ; et ça aussi, c’est une histoire vraie bien connue.

> Saison 1

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