Les tops recherches Google 2019

Salut les sériephiles !

Ces deux dernières années, j’avais profité de la fin de décembre pour faire un point sur le top 10 des séries les plus recherchées de Google en France au cours de l’année… mais voilà, le mois de décembre n’étant pas extensible à l’infini, je me suis retrouvé, finalement, à ne pas avoir de quoi faire mon article. C’est inadmissible de passer à côté de ce maronier du blog, alors me voici, alors que l’année est déjà bien entamée, pour commenter cet énième top. Au moins, l’overdose est passée comme ça !

On commence par les films, parce que c’est toujours marrant à faire aussi maintenant que je me suis remis à aller au cinéma :

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  1. Nous finirons ensemble – Même pas entendu parler plus que ça finalement de ce film, moi… Oups !
    9. Alita : Battle Angel – J’en ai entendu parler, mais je ne l’ai pas vu…
    8. After – Pitié, tout mais pas ça ! Je n’ai même pas réussi à dépasser le premier chapitre tellement ça m’ennuyait, alors le film, mon dieu quoi. En plus, tout le monde a dit que le film était raté par rapport au bouquin, je ne préfère pas imaginer !
    7. Aquaman – Bon. Finalement, ce n’est pas si marrant, je n’ai rien vu dans ce top.
    6. Nicky Larson – Oui, non, toujours pas.
    5. Once Upon A Time In Hollywood – Je voulais vraiment le voir pourtant, mais je suis passé à côté au cinéma. Une autre fois ?Résultat de recherche d'images pour "captain marvel"
    4. Captain Marvel – Ah ben enfin un film que j’ai vu et adoré ! En tout cas, une chose est sûre : ça s’est vu sur le blog que le film avait été très recherché sur les moteurs de recherches, parce que ça m’a fait un paquet de vues quand même !
    3. Le Roi Lion – Tellement fan de l’original que je n’ai pas osé voir cette adaptation en live-action… pourtant, j’avoue que voir le rocher pour de vrai dans la bande-annonce m’avait fait un petit quelque chose. Mais bon…
    2. Avengers : Endgame – Ah lala, pour moi, ce film allait finir en première position de ce top, j’ai eu une vraie surprise là ! Franchement, il a fait tellement parler de lui, et il était si génial en plus ! J’aime le film numéro 1 de la liste… mais je lui ai préféré celui-ci !
    1. Joker – Inévitablement ? C’est vrai qu’il a fait parler de lui aussi et que c’est un film franchement réussi pour le commentaire qu’il met en place par rapport à la société… Mais je n’aurais pas pensé le voir en première place !

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Conclusion de cette affaire ? Je ne dois pas être français, les amis. Côté séries ?

  1. SWAT – Oh bah merde, mais je ne suis vraiment pas français ?
    9. Résultat de recherche d'images pour "american gods pilot"American Gods – Ah, j’ai failli la mettre dans ma liste du challenge, je n’imaginais pas pour autant qu’elle rencontrait (encore) un tel succès dans l’hexagone. C’est la classe pour eux.
    8. La Casa de Papel – J’ai tellement peur d’être déçu, j’en ai tellement marre de Bella Ciao, j’ai décidé volontairement de passer à côté.
    7. Elite – D’où ? Là, c’est une vraie surprise, honnêtement, je pensais à tout sauf à cette série. Si seulement elle était vue en VO sur Netflix…
    6. Un si grand soleil – Je démissionne, je suis à côté de la plaque avec mon rattrapage de Plus Belle la vie en fait !
    5. Tchernobyl – Ah, France, je t’aime enfin pour ce top de recherche ! Je n’aurais pas pensé non plus que cette mini-série finirait à cette place… pourtant, c’est vrai que j’ai fait beaucoup de recherches dessus aussi ! C’est top de voir la série atterrir ici, elle n’a donc pas seulement eu du succès sur Twitter ou auprès des spécialistes séries. Résultat de recherche d'images pour "manifest"
    4. Manifest – Ceci explique les bons résultats de la série sur le blog. J’espère que les américains verront ça et que ça les motivera à ne pas annuler trop vite la série… Non, parce que je ne le sens pas du tout, je vois d’ici l’annulation en saison 2 et ça m’énerve déjà ! Voir aussi : Manifest (S02)
    3. Umbrella Academy – Netflix a le vent en poupe, mais ce n’est pas étonnant. La série me tentait bien, et puis je suis passé à côté, c’est malin.Résultat de recherche d'images pour "stranger things"
    2. Stranger Things – Même commentaire concernant Netflix, mais là pour le coup, il s’agit d’une saison que j’ai vue et adorée, alors j’en approuve totalement le succès, et puis c’est tout. C’est mérité, quoiqu’en dise les critiques plus frustrés : de bons dialogues, une bonne réal, de bonne musique, un bon casting et une bonne écriture générale, que demande le peuple ?
    1. Game of Thrones – Ouais, bon, on sait. La série est enfin finie, alléluia !

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Définitivement, je ne me sens pas très français – ou alors pas très utilisateur de Google ? – quand je vois ces deux tops… mais bon, ce n’est pas grave, ça ne m’empêchera pas de continuer à me dire sériephile !

Chernobyl – S01E05

Épisode 5 – Vichnaya Pamyat – 20/20
Cet épisode est extrêmement satisfaisant comme conclusion de la série : on y voit toutes les pièces d’un puzzle se mettre en place alors qu’on ne savait même pas qu’il y avait puzzle. Du côté de l’Histoire, c’est assez respectueux malgré une dramatisation évidente pour le bien de la fiction. Du côté de la série, c’est une production bien huilée et impeccable qui apporte une bonne fin à l’ensemble de ces cinq épisodes. Si vous ne l’aviez pas encore compris à ce stade, cette série est un must-see.

> Saison 1


Spoilers

05

I apologized for this unsatisfactory result.

Suis-je vraiment à une heure quinze près ? Il ne me reste qu’un épisode, autant en profiter pour terminer cette saison. Une soirée et puis s’en va, alors que j’avais prévu de n’en voir que deux épisodes max, et alors que j’ai hésité à lancer le second !

Cet épisode revient en arrière à ses débuts, nous plongeant dans la vie avant l’explosion. Je trouve que cette scène d’introduction aurait pu avoir sa place dans le premier épisode, pour que l’impact émotionnel des pertes soit encore plus grand. Douze heures plus tôt, nous assistons donc à la réunion des trois idiots dans le déni du début de saison et ils prennent la décision d’ignorer des ordres… C’est parce qu’ils veulent respecter les quotas intenables imposés par leur hiérarchie qu’ils font un test qu’ils n’auraient pas dû faire et qui va foirer ; espérant ainsi obtenir une promotion.

Bon, OK, je comprends un peu mieux l’idée des russes de faire une série pour accuser les américains, parce que les américains ne se gênent pas pour rappeler les torts de l’URSS. La série fonctionnant bien en Russie et dans le monde, j’imagine que leur réaction s’explique… Après, la théorie américaine qui fait de l’URSS le responsable de la catastrophe est cohérente, les rapports internationaux parlant bien de personnels inexpérimentés – sans compter les cassettes audios de Legasov, qui avaient soulevé une large part de vérité dans les défaillances ayant eu lieu à Tchernobyl.

Quelques mois après la catastrophe, Legasov s’est donc rendu à Vienne pour « dire la vérité »… et il ne l’a pas fait. Il a expliqué que la catastrophe était due à une erreur humaine, contentant tout le monde par son mensonge : les pays de l’Ouest, qui ont une réponse, et l’URSS qui en fait un héros soviétique. Oui, évidemment qu’il est promu et reçoit des honneurs, comme l’espéraient les trois idiots du début qui sont encore en vie.

Ulana débarque chez lui et est déçue, évidemment, mais elle ne lui reproche rien. Elle veut surtout lui montrer qu’elle est persistante et qu’elle veut qu’il dise la vérité sur le réacteur défectueux lors du procès qui aura lieu prochainement et auquel il est évidemment invité. Ouep, elle est sûre que la vérité peut éclater s’il y met du sien.

Le procès ? Il s’agit d’attaquer en justice les trois idiots, comme je les appelle car ils ont des noms trop compliqués pour que je les retienne, même s’il s’agit de vrais personnages historiques. La théorie mise en avant par la série, et quelque peu confirmé par les vraies cassettes de Legasov, est donc qu’une suite d’erreurs humaines a provoqué la catastrophe. Boris propose ainsi un discours bien fichu pour les accuser devant tout le monde.

Par tout le monde, j’entends donc les juges, les jurés, la presse, mais aussi un parterre de scientifiques invités. Ce sont ces derniers qu’Ulana espère convaincre. Pourtant, en passant après Boris – qui tousse beaucoup dans cet épisode (inévitablement), il est dur de faire un choix. Les scénaristes avaient un choix à faire aussi ici, puisque le personnage d’Ulana est un personnage fictif… Et elle fait un très bon récit des événements qui se sont produits, flashback à l’appui en plus.

J’aime beaucoup ce choix de la série de tout révéler, et finalement, je comprends la construction qui apporte les réponses à la fin, pour faire un tout cohérent. On découvre donc dans le discours d’Ulana qu’il y a bien eu des erreurs humaines conduisant à un test précipité qui n’aurait pas dû avoir lieu si le management avait été meilleur. Effectivement, donné un travail impossible à un jeune de 25 ans qui n’a pas été informé précisément de ce qu’il doit faire, ça ne paraît pas une idée merveilleuse.

Ulana se concentre toutefois sur les erreurs humaines – les vraies, les confirmées par l’Histoire. Elle laisse alors le soin à Legasov de révéler (ou non) la vérité de la série sur le problème du réacteur 4. Une fois de plus (la dernière ?), le personnage nous fait un petit cours sur le fonctionnement d’un réacteur nucléaire, et c’est une simplification et vulgarisation vraiment bienvenue. Je trouve ça clair et facile à comprendre, quand c’est loin d’être un sujet facile – et c’est d’autant plus impressionnant que ce n’est pas dans ma langue, mince, ça devrait être complexe mais ils rendent ça simple. Qu’est-ce que c’est que cette magie ?

On repart en flashback de la nuit de la catastrophe pour voir ce qu’il s’est passé au moment de l’explosion et c’est effectivement une suite d’erreurs humaines qui apparaît être la vraie coupable ici. C’est un peu facile de charger les trois chefs, néanmoins, et il y en a tout de même un qui prend très cher car son égo est mis en avant : c’est Dyatlov, particulièrement lorsqu’il force Leonid et son supérieur direct à faire monter la température.

De retour au procès, Dyatlov clame son innocence et assure qu’il était aux toilettes au moment des forces, malgré les témoignages disant le contraire. Les juges en profitent pour faire une pause après avoir réaffirmé leur accusation, ce qui permet à Boris de révéler à Legasov que sa santé est en mauvais état, puisqu’il tousse du sang. De son côté, Legasov perd ses cheveux de toute manière.

Lorsque le procès reprend, c’est le cours de Legasov qui redémarre, et c’est tellement bien expliqué dans la série que je ne sais pas trop comment en faire une critique qui expliquerait mieux les choses. J’ai trouvé ça superbement bien écrit, et c’était bien interprété bien sûr. La reconstitution des faits est passionnante, c’est de la révélation d’éléments d’une enquête qu’on n’a pas eu à suivre dans ses moindres détails, mais qui nous fournit les moindres détails de ce qui est arrivé. C’est quand même complétement fou.

Oui, complétement fou, c’est aussi comme ça que je peux caractériser Legasov dans cet épisode : il révèle toute la vérité, et notamment que le bouton AZ-5 qui devait arrêter la réaction nucléaire ne pouvait le faire dans les conditions créées par Dyatlov, parce que le bouton d’arrêt est aussi un détonateur, à cause du graphite. Ainsi, Legasov accuse directement les économies que son gouvernement faisait dans la construction des réacteurs. Il se grille totalement au passage, accusant le gouvernement de mentir et d’avoir des secrets ; et expliquant tranquillement qu’il a aussi menti à Vienne.

Bon, j’imagine que là, on s’éloigne de la vérité historique ; mais en même temps, il me semble qu’on ne connaît pas celle-ci puisque l’URSS s’est bien gardée de tout révéler. Une chose est sûre, Legasov n’a jamais eu les honneurs accordés aux héros de la patrie, alors qu’il était bien censé les recevoir. La vérité a un prix. Il est aussitôt mis en cellule, parce qu’on n’accuse pas le gouvernement sans conséquence, mais il n’est pas tué pour autant. Son témoignage n’est pas reçu par le gouvernement, et il n’est pas diffusé dans la presse non plus.

La punition choisie est simplement d’en faire un homme banal : il reste scientifique, mais il n’a plus le droit de travailler, ni d’avoir des collègues. Bien qu’il couvre Ulana et Boris (qui a insisté pour qu’il finisse son témoignage), il est évident que Legasov ment pour la première fois de la journée. La punition est assez horrible, tout de même : c’est tout son héritage qui est bafoué et distribué à d’autres, bienvenue en URSS.

La conclusion de cette scène est brillante, avec un homme déchu qui repère encore l’ironie de la question qu’on lui pose : « pourquoi se préoccuper de quelque chose qui n’arrivera pas ? ». Ben oui, pourquoi, hein ?

Et la série se termine de la meilleure des manières, et comme toutes les adaptations d’ailleurs, par un retour à la réalité assez tragique avec le sort de chacun des personnages, fait de décès tragiques pour la plupart. C’est un bon check-up historique pour conclure, et ça m’a là aussi collé à mon écran. Comme le reste de la série finalement.

05-2

Why worry about something that isn’t going to happen?

> Saison 1


EN BREF – Je n’avais entendu que du bien de cette série avant de me lancer, et je dois dire que je ne vais pas avoir une voix discordante. Je n’aime pas les séries historiques habituellement, mais là, le travail de reconstitution est impressionnant, dans l’ensemble largement véridique (même si j’ai eu peur sur les deux derniers épisodes) et cinq épisodes permettent bien de faire le tour de l’ensemble des grosses questions éthiques à poser.

C’est impressionnant, d’ailleurs : la série parvient à révéler une page de l’Histoire avec beaucoup de détails tout en ayant un message à porter sur l’humanité en général et sur l’actualité, avec les dangers que représentent les fausses informations quand elles sont trop répétées. C’est par là que s’ouvre la série et le message me paraît assez clair.

En termes de construction, la saison se tient bien, même si son épisode 4 est un peu moins prenant par les détours qu’il prend et l’éloignement inévitable qui s’opère avec la catastrophe. Cependant, même là, il y a encore du travail pour maintenir l’intérêt, et ça fonctionne. C’est donc une série marquante par son intrigue, par la qualité de ses images et par la réflexion qu’elle propose.

Définitivement, c’était hyper prenant, parce qu’il était quand même plus de quatre heures du matin quand j’ai terminé cet épisode. Oui, bon, vous l’aurez compris, je suis en « vacances » cette semaine et, de toute manière, il pleuvait des cordes, alors je n’aurais pas dormi, hein. Pfiou. Cela faisait vraiment longtemps que je n’avais pas terminé une série si tard ; je me suis laissé complétement embarquer et j’en ai perdu toute raison. Et c’est très bien comme ça, ça prouve à quel point elle était passionnante : je n’ai pas décroché de mon écran pendant les cinq épisodes – quasiment six heures. C’est… mal ?

> Saison 1

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C’est une photo du monument devant le sarcophage de Tchernobyl.

Chernobyl – S01E04

Épisode 4 – The Happiness of All Mankind – 17/20
Plus lent, plus long, plus silencieux, cet épisode m’a un peu plus perdu que les précédents parce qu’il se concentre davantage sur les conséquences lentes de la catastrophe plutôt que sur les réactions immédiates qui étaient intéressantes à découvrir et donner un rythme vif à la série. Ici, il y a une sorte de renouvellement qui s’opère et, à un épisode de la fin, c’est un peu étrange. On s’y fait toutefois, surtout que ça permet encore et toujours de découvrir de nouvelles choses et quelques prouesses techniques.

> Saison 1


Spoilers

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The KGB classified it as a state secret.

Bien. Ce n’est officiellement plus raisonnable du tout d’être encore devant ma télé et j’aurais dû m’arrêter pour me garder les deux derniers épisodes à voir… mais il faut dire ce qui est, la série est extrêmement prenante et il est difficile d’en décrocher, surtout que je sais qu’il serait difficile de m’y remettre après une pause. Tant qu’on est plongé dedans, autant les enchaîner…

En plus, cet épisode commence par nous montrer une femme qui n’est pas raisonnable elle non plus : elle refuse d’évacuer sa ferme, quand bien même le gouvernement l’y oblige. C’est un militaire qui est chargé de la chasser de chez elle, et pour cela, il n’hésite pas à aller jusqu’à tuer sa vache, à défaut de la tuer elle, comme elle s’y attendait pourtant. Il fallait bien que la série passe par là, c’est une réalité bien connue après tout.

L’intrigue reprend bien après la catastrophe dans cet épisode, ou bien pendant, c’est selon. Nous sommes quatre mois plus tard : Lyusya découvre son nouvel appartement, et elle est toujours en pleine dépression. En même temps, c’est toute sa vie qui a volé en éclat, ça se comprend. On la retrouve beaucoup plus tard dans l’épisode quand elle a soudainement des contractions alors qu’elle se reposait sur un banc.

Du côté de Tchernobyl, les travaux ont continué, évidemment : des hommes cherchent à établir des relevés de radiations. À Prypiat, la zone d’exclusion, Legasov continue de superviser les travaux et les recherches. La série prend toutefois le parti de s’éloigner beaucoup de lui dans cet épisode, ce qui rend l’épisode moins dynamique dans sa construction.

On ne le retrouve que bien tard quand il essaie de savoir l’avancée des travaux avec Boris et surtout avec l’aide de « Joker » une machine allemande capable de voir ce qu’il se passe. Oui, évidemment, ils ne sont pas débiles et envoient désormais des robots plutôt que des hommes. Le truc, c’est qu’il faut aussi que les robots résistent aux radiations et que la commande passée aux allemands n’est pas bien utile : le gouvernement de l’URSS leur a filé les mesures « officielles » de la propagande, pas les vraies mesures des radiations captées sur le site. Débile.

Boris s’énerve donc au téléphone et comprend qu’il a besoin de trouver mieux comme machine. Il découvre néanmoins qu’il n’existe aucun robot assez puissant, et c’est bien gênant pour faire correctement le travail. Legasov propose alors d’utiliser des « biorobots », des hommes… et on en revient aux problématiques des épisodes précédents.

On assiste donc au débarquement de nouveaux « soldats » qui ont 90 secondes pour aller récupérer du graphite sur le toit et le balancer au cœur de l’usine détruite. Cela permet un plan séquence vraiment bien foutu où on suit pendant une minute trente – et c’est long ! – des jeunes chargés de balancer le graphite par-dessus bord, prenant au passage une dose de radiations bien intenable. Et c’est super triste, parce qu’on en voit un qui se foire et perce une de ses bottes. Adieu le peu de protection qu’il avait encore.

Nous suivons aussi dans cet épisode l’arrivée d’un nouveau personnage, Pavel, un jeune qui débarque sur le site de Tchernobyl pour aider à la sécurisation du site. Il n’est pas militaire, mais il rejoint les militaires, n’ayant pas trop le choix de le faire : l’armée manque d’hommes et ils ont besoin d’eux, car c’est un travail titanesque qui les attend.

En quatre mois, c’est tout un campement qui s’est mis en place, évidemment, et le nouveau est guidé par un militaire qui l’équipe d’une ceinture de protection pour ses parties génitales (parce que oui, évidemment que c’est le plus important à protéger des radiations). Il lui donne aussi une mission : celle d’aller tuer les animaux domestiques qui sont trop dangereux maintenant qu’ils sont chargés en radiation. Merveilleux.

Ce n’est pas un job facile, parce qu’il s’agit de tuer des êtres vivants. Pavel n’a encore jamais tué personne, et nous le voyons devoir assassiner son premier chien. Perturbé par ce qu’il fait, il le rate et le laisse souffrir, alors que c’est contre ses ordres. C’est intéressant comme perspective : on est habitué à entendre parler de Tchernobyl pour la catastrophe nucléaire qu’elle était, mais il est important de voir et se souvenir qu’il s’agit aussi de ça, une catastrophe qui a eu plein de petits drames à côté. Ici, on découvre donc la vie de Pavel et de ses deux mentors militaires, qui partagent avec lui leur premier meurtre et les réactions normales qui s’en suivent…

S’il arrive progressivement à tuer des animaux errants, Pavel a encore du mal à se faire à sa nouvelle réalité, particulièrement quand il trouve tout un tas d’animaux de compagnie dans une maison. C’est franchement triste comme job, en même temps, et les tuer n’est qu’une partie du travail : il faut ensuite les enterrer et les recouvrir de bitume, dans ce qui est une image extrêmement marquante de la série là encore. Je ne sais pas si j’avais déjà lu la moindre information sur tout ça, honnêtement. À vrai dire, le sort des animaux ne m’avait même pas effleuré l’esprit jusqu’à aujourd’hui.

En parallèle, Ulana continue elle aussi ses recherches, cherchant la vérité sur ce qu’il s’est passé dans l’usine pour expliquer la catastrophe (et possiblement en empêcher une autre). C’est un combat vain qui passe par la vérification des témoignages. Elle retourne interroger un des rares survivants, dans la phase de rémission, et ça ne l’aide pas beaucoup à avancer. Du coup, nous non plus nous n’avançons pas avant la fin de l’épisode.

La série repart à ce moment-là et c’est là qu’on tombe en pleine fiction américaine : les scénaristes prennent la décision de résoudre le « problème » insolvable de l’explosion du cœur en blâmant l’URSS évidemment. C’est une théorie récurrente, il me semble : les raisons historiques données disent souvent que le personnel n’avait pas une attitude adéquate, ni du matériel inadapté. Ici, il est révélé qu’un des réacteurs faisait mal son boulot, se réchauffant au lieu de se refroidir pendant quelques instants. Sauf que quelques instants, c’est beaucoup quand il s’agit de nucléaire.

La vérité éclate grâce à Legasov lui-même qui était au courant et est mis face à la vérité par Ulana. Convoqué à Vienne pour faire un rapport officiel et international sur ce qu’il s’est passé (et qui a vraiment eu lieu), Legasov n’a pas spécialement envie de dire la vérité, ce que Boris lui conseille également. Pourtant, Ulana ne voit pas les choses comme ça. Pour elle, il est important que la vérité éclate, ne serait-ce que parce que d’autres réacteurs fonctionnent encore avec le même matériel défectueux.

Certes. Pour convaincre ses collègues, elle leur parle de Lyusya : elle a pris de ses nouvelles et découvert qu’elle avait accouché prématurément d’un bébé qui avait absorbé toutes les radiations qui auraient dû la tuer. La nature est plus ou moins bien faite : biologiquement, son corps a tué son bébé pour se sauver. Et Lyusya se retrouve sans mari et sans enfant. L’horreur d’une vie, quoi ; et ça aussi, c’est une histoire vraie bien connue.

> Saison 1

Chernobyl – S01E03

Épisode 3 – Open Wide, O Earth – 18/20
Le réalisme de la série est vraiment poignant et il est difficile d’en décrocher tant tout ce que l’on y voit est poignant. Ces épisodes sont de vraies réussites : certes, la fiction est là, entre les lignes, mais la réalité historique semble respectée et la série nous informe beaucoup sur la catastrophe tout en posant des questions éthiques, en creux. Bref, son succès critique est largement mérité et je ne peux que m’aligner sur tous les avis lus jusqu’ici.

> Saison 1


Spoilers

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I don’t want him to die alone.

Oui, je suis déjà de retour avec la critique du troisième épisode, mais eh, il est difficile de s’arrêter une fois qu’on est pris dans cette ambiance étouffante. Je ne suis même pas encore allé aux toilettes alors que j’en suis à un thé et deux verres d’eau, c’est vous dire. Quoi ? Comment ça on s’en fout ? Bon, d’accord, reprenons avec déjà un truc que j’aurais dû dire à l’épisode 2 : WOW, cette série sait comment faire des résumés de l’épisode précédent !

Autrement, la première scène de cet épisode est la suite directe de l’épisode 2 avec les trois volontaires qui galèrent sur leur lampe. À l’extérieur, Boris et Legasov commencent à s’inquiéter de ne pas avoir de nouvelles, sachant parfaitement que l’absence de nouvelles peut également signifier qu’ils sont déjà morts. Pourtant, ils finissent par sortir, ce qui permet d’évacuer l’eau et d’éviter la fin du monde. Ils sont applaudis pour ça ; ils sont bien braves.

Les problèmes s’enchaînent malgré tout, avec la fusion du cœur qui commence et empire les conséquences de la catastrophe. Là où la série fonctionne drôlement bien, cependant, c’est qu’elle prend le temps d’en revenir à une dimension humaine. Ainsi, Boris force Legasov à faire une marche nocturne avec lui, après ce qui semble déjà être une énième demande impulsive du professeur auprès d’un Gorbatchev excédé, histoire de parler de ce qui arrivera aux victimes de Tchernobyl.

La description des symptômes est importante pour le bien de la série, même si on les voit peu à peu dans cet épisode. Ainsi, quatre jours après l’explosion, le pompier du premier épisode n’est toujours pas mort et sa femme arrive enfin à Moscou, à l’hôpital, pour le retrouver. Elle n’a pas le droit de visite, évidemment, mais un peu d’argent aide à la faire entrer et un peu d’humanité lui permet d’apprendre dans quelle chambre se rendre. Même si on lui dit de ne pas toucher son mari, elle lui fait directement un câlin. Et on lui demande aussi si elle est enceinte, et elle dit que non, alors que j’étais persuadé que ses nausées du début de la série nous disaient qu’elle était enceinte. Bon, j’ai peut-être un peu trop imaginé les choses, mais je sens bien que c’est le cas…

Franchement, l’infirmière humaine qui la laisse entrer aurait pu l’équiper un peu plus… Là, au contraire, elle l’envoie droit au casse-pipe et la laisse passer la nuit dans un couloir. Evidemment qu’en entendant son mari se tordre de douleur, elle se précipite auprès de lui. Et il a bien les symptômes décrits par Legasov, avec la peau qui change de couleur et devenant rouge (avant d’être noire, puis de paraître en rémission alors que les organes seront en train de se décomposer).

Sa femme reste malgré tout auprès de lui et l’embrasse, parce que les médecins touchent son mari (AVEC DES GANTS) alors elle peut bien le faire elle aussi. Leur couple est beau et mignon comme tout, mais c’est super triste de la savoir condamnée comme ça ; condamnée à voir son mari mourir dans d’horribles circonstances ; condamnée à mourir elle-même ensuite. Il n’était même pas de service la nuit de l’incendie !

Elle reste donc tout l’épisode et ne fait pas cas des avertissements de l’infirmière. Plutôt que de rester trente minutes, elle reste des heures ; et elle n’a pas trop envie de rester non plus derrière le plastique comme elle le lui conseille. Lyusya, c’est son nom, est persistante. Dans tout ça, elle est aussi drôlement courageuse parce que son mari se dégrade de plus en plus, visuellement. Malgré tout, elle ne veut pas le voir mourir seul, et elle veut aussi lui annoncer… qu’elle est enceinte. Bien, j’avais vu juste là-dessus, je suis rassuré.

Pour en revenir à Boris et Legasov, leur petite marche se termine par la découverte qu’un couple les suit pour obtenir des informations – et il s’agit évidemment du KGB. La nuit est encore longue cependant, et ça permet à Legasov de retrouver Ulana qui ne parvient pas à résoudre une autre question : pourquoi le cœur a-t-il explosé ? Ma pauvre, ce n’est pas toi qui aura la réponse à une question qui fait encore débat aujourd’hui – les Russes ont même prévu d’écrire leur propre série sur l’événement en réaction à la diffusion de celle-ci, pour accuser les américains d’être responsables de la catastrophe… Quel monde !

On retrouve ensuite Ulana qui rend visite au personnel de l’usine qui travaillait le soir de la catastrophe, pour tenter de comprendre ce qu’il s’est passé. Si le chef ne parle pas, un ouvrier, Leonid, accepte de le faire. Et Ulana comprend l’horreur de la situation quand il lui révèle qu’il a 25 ans alors qu’il en paraît 80 ans à cause des radiations, du changement de couleur de sa peau et de toutes les dégradations physiques. Elle ne croit pas à sa version des événements qui n’explique pas vraiment ce qu’il s’est passé, parce qu’ils auraient suivis les protocoles. Le problème, c’est que tout le monde lui dit la même chose : ils ont tous fait correctement leur boulot.

En repartant de l’hôpital, elle aperçoit Lyusya avec son mari, et elle pète un câble contre l’infirmière de garde qui n’est pas si responsable que ça vu la masse de travail. C’est triste, mais Ulana fait trop de bruit et finit par attirer deux hommes peu ravis de ses menaces que tout le monde saura ce qu’il en est. Je me demande juste comment elle a su que Lyusya était enceinte, j’ai raté quelque chose. Ulana se fait donc arrêter par le KGB.

En parallèle, ce sont les usines de charbon qui sont réquisitionnées pour venir à bout d’un nouveau problème : les radiations risquent à présent de contaminer l’eau de la rivière approvisionnant toute la région… La scène est plutôt sympathique, avec un ministre du charbon bien mal choisi qui demande à des mineurs de se rendre à Tchernobyl pour empêcher la pollution de l’eau.

Ce que la série décrit est assez similaire à ce que les livres racontent : tous acceptent de s’y rendre sans poser trop de questions. Ils savent qu’ils sont les seuls à pouvoir empêcher une pollution de grande envergure et ça leur suffit, même s’ils risquent de mourir au passage. Les seules questions que leur chef posent à Legasov sont les questions nécessaires pour bien faire le travail, et les questions qui nous permettent peu à peu de devenir nous-mêmes experts de la catastrophe tant elles sont précises et offrent des connaissances assez claires des problèmes qui se sont posés aux scientifiques. Après, il y a forcément une part de fiction dans tout ça, mais bon, à regarder, ça paraît tout de même super fidèle.

Oh, il y a bien une rébellion des mineurs quand même, c’est quand ils comprennent qu’ils doivent creuser un tunnel sans ventilateur, alors même que la température grimpe. Les ventilateurs sont trop risqués car la poussière est pleine de radiations… Qu’à cela ne tienne, à défaut de ventilateurs, les mineurs décident de tous travailler à poil. Zéro pudeur – sauf chez certains qui gardent un sous-vêtement quand même (et du coup, ça pause la question du pourquoi, parce que comme ils sont tous nus, la pudeur devrait sauter à un moment). Le plus triste ? Boris qui reconnaît qu’il ne sait pas si les mineurs seront pris en charge après la construction du tunnel sous Tchernobyl. Ce sacrifice, c’est beau, et c’est au-delà du simple patriotisme.

On sent tout de même la gravité de la situation tout au long de l’épisode – et de la série. Gorbatchev accepte le décès de tout un tas d’hommes pour s’occuper des travaux nécessaires : déforestation, retournement du sol, construction d’un sarcophage… Beaucoup, beaucoup de main d’œuvre, beaucoup, beaucoup de décès. C’est à Legasov de l’annoncer et même lui finit par être à court de mots. Pas étonnant qu’il finisse par se suicider après tout ça.

On n’en est pas encore là toutefois : il préfère à ce stade demander la libération d’Ulana au chef du KGB. Bizarrement, celui-ci accepte si Legasov assume la responsabilité de tout ce qu’elle fera. Il la retrouve donc en cellule où elle lui explique ses découvertes : elle veut croire les deux malades qu’elle a vu dans leur respect du protocole, mais cela n’a pas de sens. De toute manière, elle ne peut plus les interroger, il est trop tard pour ça. Oui, l’épisode se conclue par l’enterrement des pompiers et des ouvriers de l’usine, tous morts suite à l’irradiation subie.

Et l’enterrement se fait dans des cercueils spéciaux et avec coulée de bitume, parce que les radiations sont encore là… C’est poignant, surtout que ça se fait dans un montage qui nous montre en parallèle les hommes réquisitionnés pour aller travailler sur le site de Tchernobyl…

Pour terminer, je dirai que dans cet épisode encore le travail de production est dingue comme tout – travail de production et de reproduction d’une époque révolue. Documents d’archives, costumes, lieux, la série fait vraiment du bon boulot pour nous replonger dans une époque douloureuse.

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