Westworld – S04E05

Épisode 5 – Zhuangzi – 18/20
Après les révélations de l’épisode précédent, les scénaristes peuvent passer à la vitesse supérieure, ou au moins à l’étape suivante du plan qu’ils suivent, et ça se sent dans cet épisode. S’il est moins bouleversant ou renversant, il n’en reste pas moins une histoire palpitante apportant bien des pièces du puzzle de cette saison. Tout se met en place un peu plus clairement désormais, mais il reste encore à comprendre où les scénaristes veulent vraiment aller avec tout ça. En tout cas, c’est un plaisir d’être encore du voyage.

Spoilers

Christina commence à remettre en question la nature de sa réalité, bien malgré elle.

They are experimenting God. The problem is God is bored. Bored, bored, bored.

Qu’est-ce que c’est encore que ce titre d’épisode ? Et pourquoi donc l’épisode dure-t-il une heure complète cette semaine ? Des questions qui me donnent envie de me jeter dessus, même si j’ai une journée de retard. J’ai eu du mal cette semaine à tout gérer, mais eh, je ne me vois pas prendre du retard dans cette série, bizarrement.

L’épisode début par un dîner tout sympathique de William avec un couple, dans un restaurant chic à la petite musique jazzy au piano et aux conversations hyper profondes sur l’état de la société là. L’angoisse, ou le rêve, c’est au choix ? Dans tous les cas, la conversation tourne au cauchemar quand le couple se rend compte qu’il est loin d’être autant dans le contrôle que ce qu’il pense.

En effet, William leur fait prendre conscience qu’ils sont des robots, qu’ils n’ont aucune idée de son nom et qu’ils ne servent à rien. C’est une belle manière de nous réintroduire au monde dominé par Charlotte : les robots sont partout, ne savent pas qu’ils en sont et sont perturbés de le découvrir – à moins que le couple ne soit justement qu’un couple d’humains manipulés par des mouches robotiques. Ce serait bien plus intéressant comme torture, franchement.

En tout cas, William s’amuse de la situation jusqu’à ce que Clémentine vienne le chercher, par besoin de son expertise pour une nouvelle situation qui la dépasse : une gagnante du jeu qui ne se contente pas d’avoir gagné. Ah. Il y a évidemment de nouvelles règles qui nous dépasse, nous, dans ce monde. Nous ne sommes pas prêts à tout savoir, apparemment.

En attendant, on nous donne des miettes : William intervient sur un lieu de meurtre où tout le monde est figé, à l’exception de la meurtrière. Celle-ci ne respecte apparemment pas les règles d’un jeu dont on ne sait rien et qui n’a pas vraiment de règles, autres que la nécessité de ne pas gâcher les robots. On peut les utiliser comme William le fait – les torturer car le couple l’attend pendant une bonne heure, sans bouger, mais en ayant conscience d’être en train de l’attendre – mais pas les tuer pour le plaisir de les faire taire.

On ne sait pas bien ce que la femme (robot, forcément) pensait gagner en tuant tout le monde, ni le jeu dont il est question, mais une chose est sûre : William la laisse en game-over, demandant à Clémentine de la ramener d’où elle vient.

Le lendemain, dans une rue de la ville, nous retrouvons autrement Charlotte-Dolores. Très clairement, Tessa Thompson s’éclate dans son rôle : elle incarne à présent une sorte de déesse donnant ses ordres à tous les passants de la rue. Il y a un pianiste torturé et obligé de jouer en permanence, malgré ses doigts en sang ; il y a des passants qui se mettent à danser sous ses ordres, il y a un type faisant de la structure sur glace.

Et la torture ne fait que commencer, sans que les humains ne semblent même se rendre compte de ce qu’elle leur fait – la douleur est illisible sur les visages. Les fréquences régulières que l’on entend nous rappelle qu’il s’agit là d’humains manipulés pour faire tout ce que les robots demandent, et on comprend bien que le parc s’est inversé. Westworld est désormais peuplé d’humains à la disposition des robots – mais on ne peut pas les remplacer, d’où le problème de William en début d’épisode avec la robot qui gagnait le jeu.

William débarque justement pour essayer d’arrêter Charlotte, qui ne vient pas souvent en ville (heureusement) mais est vraiment blasée d’avoir les humains à sa disposition. Selon elle, les robots devraient se donner une nouvelle image désormais et se séparer des humains, plutôt que de jouer les dieux comme ça. C’est sombre comme vision de notre futur en tant qu’humanité… mais qu’est-ce que j’ai kiffé voir Charlotte s’affaler sur sa chaise humaine, blasée. Cette actrice est géniale.

Charlotte emmène ensuite William vers la fameuse Tour qui permet de contrôler les hôtes à distance. On y retrouve la femme du début d’épisode, Hope, morte cette fois. Elle a vraiment gagné le jeu décidément : d’après Charlotte, elle est infectée par les humains et c’est ce qui explique sa mort alors qu’elle devait transcender.

Il reste à savoir ce que signifie cette transcendance – même si ça semble être d’abandonner l’humanité. Ce n’est pas si facile à faire, et ça énerve Charlotte de voir que les robots ne le font pas. Elle leur laisse le libre-arbitre, parce qu’elle n’est pas humaine et ne veut forcer personne comme les humains forçaient les robots, mais elle ne comprend pas comment il est possible que les robots persistent tant dans les traits humains.

C’est d’autant plus incompréhensible que Charlotte est face à un problème : il existe des humains qui finissent par ne plus répondre aux fréquences que la Tour leur envoie. Il s’agit d’outliers, un problème que Charlotte pense pouvoir régler en tuant tous les humains qui ne respectent plus ce que la Tour leur envoie comme ordre. C’est là le jeu dont il était question avec Hope : des robots se portent volontaires pour retrouver au plus vite les outliers, et pour les tuer.

Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes robotiques, sauf que les hosts qui s’amusent à tuer des outliers rencontrent eux aussi parfois un problème de taille pour Charlotte. On découvre ainsi qu’Hope a parlé à sa cible, un homme lui ayant demandé si la fleur qu’il avait dans la main était au moins réelle. Je comprends la volonté de cet homme de lui demander si la fleur est réelle, parce que ça ne doit pas être évident de découvrir que toute sa vie est un mensonge.

On a déjà assisté plus tôt dans la saison à un suicide pour cette même raison, d’ailleurs : l’homme qui harcelait Christina était clairement un outlier. Toujours est-il qu’Hope a parlé à l’homme, et ça l’a détraquée : elle s’est mise à tuer tout ce qui bougeait, nous menant à la situation du début d’épisode. Une fois remisée et ramenée à la Tour sans transcender, Hope a fait le choix que trente-sept autres robots avaient fait avant elle : elle s’est suicidée.

C’est intrigant, et on comprend facilement en quoi ça peut énerver Charlotte de voir des robots se tuer au contact des humains. On apprend alors que William a désormais un job qui lui permet de remplacer un humain, mais en étant moins efficace que l’humain en question, ce qui explique également l’énervement de Charlotte. D’ailleurs, le bras de celle-ci semble prendre assez cher dans son stress, parce qu’elle s’arrache la peau. Et alors qu’elle cherche à comprendre si son problème ne pourrait pas venir de William, elle lui confie une mission : retrouver une nouvelle outlier.

Cette fois, il n’y aura pas d’autres hosts sur le coup, mais par contre, des rebelles sont présents en ville, donc William doit se dépêcher. Et effectivement, nous découvrons qu’un groupe de révolutionnaires débarque en ville, expliquant les règles à Leslie Stubbs, loin de se douter qu’il est un robot. Les règles ? Ils doivent retrouver l’outlier avant les robots qui vont la chasser pour la tuer, comme si elle n’était qu’un divertissement – ce que les humains sont de toute manière pour les robots.

J’ai du mal à comprendre, par contre, comment Leslie peut ne pas savoir tout ça : il a bien dû voir Charlotte prendre le pouvoir en attendant Bernard, non ? Qu’importe, le fait d’être un robot lui donne une longueur d’avance sur ses coéquipiers révolutionnaires : il capte les fréquences de la Tour et sent bien qu’ils sont repérés avant que ça ne soit visible. Cela le devient rapidement : le groupe est attaqué par un ensemble de passants, sur ordre de William qui a vu bien vite la présence des intrus en ville.

Cela permet à William d’avoir une longueur d’avance pour retrouver l’Outlier et… lui parler. Il devait pourtant la tuer immédiatement. Il préfère pourtant l’écouter lui dire que le monde n’a aucun sens et lui révéler qu’elle voit la Tour, comme son mari le faisait aussi avant de mourir – et probablement avant de se faire tuer. C’est intéressant comme tout et ça explique pourquoi la femme a décidé de monter sur le toit d’un immeuble.

De là, elle peut apercevoir la Tour et manquer de très peu d’être tuée par William. Celui-ci se fait finalement tirer dessus par un résistant au moment où il allait l’abattre, et ça permet à la résistance de fuir la ville avant qu’il ne soit trop tard. C’est un échec pour William qui prend très mal ce qui lui arrive. Après avoir parlé avec l’Outlier, il a peur d’avoir chopé un virus qui le ferait se tuer et il décide donc… d’aller parler à William. Il me semblait bien que Charlotte s’en était débarrassée il y a peu de temps, mais non, apparemment. Et ce William en permanence relié à une machine manipule le William de cet épisode assez simplement, lui faisant prendre conscience qu’il est temps pour lui de remettre en question la nature de sa réalité.

Autrement, lorsqu’on retrouve Dolores, elle est toujours Christina dans sa tête, et elle est toujours dans cette même pause matinale. Elle dort de la même manière depuis quatre saisons, l’actrice doit en avoir tellement marre, c’est fou. Cela dit, cette saison, elle joue quelque chose de totalement différent : il est rare de la voir sourire autant que lors de ce lendemain de rencard avec Teddy.

Elle se réveille plus tôt que d’habitude, en tout cas, ce qui étonne sa colocataire qui continue d’avoir des cauchemars de ce pique-nique où des mouches l’attaquent. La série nous titille là, mais sans nous donner tous les éléments que l’on voudrait avoir… Et elle continue quand Christina se rend à Olympiad pour commencer un nouveau scénario sur une jeune femme, fille de fermier, qui se réveille chaque jour avec une lucidité plus grande sur son monde. Elle raconte très clairement l’histoire de Dolores – mais sans souvenir de son prénom.

C’est intrigant tout ça, parce qu’autant les règles de ce nouveau monde semblent se préciser au cours de l’épisode, autant je ne comprends pas ce que Dolores ou Teddy peuvent bien faire là. La ville est peuplée d’humains infectés pour se comporter comme des robots, pas de robots : pourquoi Teddy et Dolores seraient-ils là ?

En plus, Teddy semble vouloir ouvrir les yeux de Christina sur le mensonge que représente le monde dans lequel ils vivent. Il l’appelle au boulot pour la convaincre de le rejoindre à un rencard où il essaie de lui expliquer que Peter, l’homme qui s’est suicidé, disait entièrement vrai. Pour cela, il lui montre deux personnes en train de s’ennuyer et lui demande d’imaginer une issue différente.

Aussitôt, les deux femmes se mettent à se parler… jusqu’à ce que Christina/Dolores envisage de les renfermer dans leur solitude. Et ça fonctionne, faisant d’elle une déesse dans ce monde, une déesse qui devrait être capable de voir la Tour, normalement. Ce n’est pas encore le cas. Et même si maintenant elle a ouvert les yeux, Teddy insiste pour que Christina reprenne le cours normal de sa vie, sans faire comprendre aux autres robots qu’elle se sait robot.

C’est curieux comme tout et je me demande toujours le but de Teddy dans cette intrigue. Est-il fermement opposé à Charlotte ? J’imagine que c’est le cas et qu’il est pour le bien des humains. Le problème, c’est que Charlotte est une amie de fac de Christina, et elle entend bien tout surveiller de la vie de son « amie ». Cherche-t-elle à se venger de Dolores, du coup ?

En tout cas, Christina comprend vite qu’elle ne peut pas lui faire entièrement confiance et n’a pas envie de lui parler de Teddy quand le sujet vient dans la conversation. Elle provoque donc une dispute dans un couple à l’arrière-plan, et ça lui permet de prendre la fuite. Charlotte n’aime pas du tout voir Dolores lui échapper comme ça, même si elle maintient les apparences comme elle peut.

Christina, quant à elle, décide de retourner au travail, mais ce n’est toujours pas au bon horaire. Son boss est inévitablement sur son dos, surtout que Christina fait des recherches sur Charlotte Hale, puis sur… Dolores Abernathy. Le boss l’interroge donc sur ce qu’elle est en train de faire, sur les mensonges qu’elle raconte, sur sa capacité à lui mentir.

Il aurait mieux fait de s’abstenir : tout ce qu’il fait, c’est donner une indication trop précise à Christina, qui comprend qu’elle doit se méfier de Charlotte… et qu’elle est capable d’arrêter aussi Emmett, son patron, simplement en le lui demandant. En bonne scénariste, Christina se met donc à diriger ce que fait son boss, l’invitant à rentrer chez lui après lui avoir dit toute la vérité. Il n’en faut pas plus pour que Christina accède à un plan du « jeu », qui n’est autre que le plan de la ville. Elle en profite alors pour découvrir que tout n’est qu’une histoire qu’elle raconte, car tous les gens qu’elle croise au quotidien ne font que suivre un scénario. Oups.

Christina rentre alors chez elle où elle retrouve Teddy, à qui elle confie qu’elle voit la tour. Se comprenant manipulée depuis toujours, elle cherche un responsable, pour mieux apprendre de la part de Teddy que le responsable… C’est elle.

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