Westworld – S04E08

Épisode 8 – Que Sera, Sera – 19/20
La série n’est pas officiellement renouvelée, mais j’ai bon espoir que cet épisode ne soit pas la conclusion définitive pour autant. Il fonctionnerait en tant que tel, mais il y a une dernière histoire à raconter avec ces personnages et j’ai fort envie de la découvrir. Avant de parler du futur, on peut toutefois faire un point sur cet épisode : il est génial à bien des égards et apporte les dernières réponses. Je craignais que les scénaristes s’égarent avec ce dernier volet, mais il faut vraiment que j’arrête de les sous-estimer.

Spoilers

Dolores découvre (encore) la vérité sur sa réalité, William impose la loi du plus fort.

You’ve turned my world into a game.

La série n’étant toujours pas renouvelée, je crains vraiment le pire pour cet épisode qui est possiblement le dernier. Je ne suis psychologiquement pas prêt et j’espère vraiment une saison de plus, même si je ne sais pas ce qu’elle pourra raconter : l’épisode de la semaine dernière offrait la possibilité de servir une vraie conclusion cette semaine.

Nous verrons bien ce qu’il en est, en attendant, il faut reprendre cet épisode qui commence par le massacre provoqué par William en ville. Tout le monde essaye de s’entretuer parmi les humains, et ça craint beaucoup d’avoir survécu à tout ça pour finir comme ça. Même les robots se retrouvent terrifiés par ce qu’il se passe… mais ils aiment bien l’idée malgré tout – jusqu’à ce qu’ils soient tués eux aussi.

C’est un peu comme les humains le jour où le parc est parti en vrille, sauf qu’aucun humain n’a vraiment envie de tuer les robots en particulier. Ils ne font aucune distinction entre humains et robots, enfin, ce qui est forcément gênant. Franchement, ça part dans tous les sens, et nous suivons un tas de gens se faire exterminer les uns après les autres.

C’est une bonne première scène chaotique qui se termine sur un sniper plus malin que les autres, dernier survivant de la rue. Du moins, en apparence. En pratique, on se doute que ça risque de finir autrement. Le gamin – parce que c’est à peine un adolescent en vrai ce sniper – sort finalement de son immeuble pour aller voler un flingue et une voiture. Le pauvre se fait toutefois tuer à son tour. Je pensais qu’il allait pouvoir résister et être un personnage intéressant de l’épisode, mais non. Une fois n’est pas coutume, son meurtrier n’est autre que William. Encore et toujours lui.

On pourrait dire un peu la même chose de Charlotte : alors que William l’avait tué la semaine dernière d’une balle dans la tête, deux robots viennent récupérer son corps et nous la ressuscitent en deux temps trois mouvements. Plus concrètement, ils la réinitialisent et lui fournissent un nouveau corps. En bonne hypocrite, Charlotte demande qu’on lui conserve sa forme humaine, ses cicatrices et son visage, soi-disant pour que William puisse la reconnaître. La vérité est ailleurs : elle est aussi attachée à son apparence humaine que les autres, même si elle veut nous transcender.

Une fois ressuscitée, elle doit encore faire le point sur ce qu’il s’est passé dans sa cité. Elle découvre rapidement que William a décidé de l’exclure de la gestion de la ville : elle ne peut rien faire pour stopper le massacre qui, de toute manière, est déjà bien en place. Tout ce qu’il lui reste, c’est une vidéo de Bernard pour lui demander ce qu’elle compte faire ensuite. Il lui vend ainsi un dernier jeu avant la fin de tous les hosts, un jeu qui ne sera pas le sien. J’ai presque eu de la peine pour Charlotte, et pourtant, on sait à quel point elle est méchante. Et énervée, dans cet épisode.

Pendant ce temps, Dolores en arrive à comprendre qu’elle n’est qu’un programme parmi la réalité. Elle n’a donc pas vraiment de corps. Teddy tente bien de la convaincre qu’elle est réelle parce qu’elle a des pensées affectant le monde, mais la vérité est donc que Dolores n’est plus qu’un programme. A quoi bon se faire passer pour Christina dans ce cas ? J’ai du mal à suivre la logique, surtout que Teddy révèle finalement qu’il n’est pas celui qui a lui fait voir le labyrinthe.

Rapidement, Dolores comprend donc que quelqu’un d’autre joue avec elle : pas Teddy et, selon elle, pas Charlotte non plus. Il ne reste pas 36 possibilités, mais j’ai quand même eu peur qu’on nous sorte encore William. Ce n’est pas le cas, évidemment : c’est Dolores elle-même qui a décidé de se créer une vie dans ce monde digital. Il y a bien eu quelques indices au cours de la saison, notamment quand la coloc était imblairable à gérer en permanence la vie de Dolores/Christina, mais c’est un peu léger, je trouve.

Comme il n’y avait pas vraiment de quoi deviner qu’elle n’existait pas, la révélation tombe quelque peu à plat. J’aime bien l’idée que Christina se soit créée son monde après, et qu’elle embrasse Teddy comme ça.

Malheureusement pour elle, dans la réalité, Charlotte s’énerve sur le plan 3D de la ville détruite par William. Elle détruit ainsi la ville et nous révèle que sous celle-ci, il y avait… la perle de Dolores ! D’accord, ça devient un peu plus logique d’un coup, et j’aime beaucoup cette révélation – même si ça ne nous dit pas exactement ce que Teddy vient faire ici ou quel est le plan précis de Charlotte face à tant de chaos.

Elle est toujours bien badass en tout cas, et je l’adore. J’aurais aimé qu’elle ressuscite Maeve au passage, même si elle n’avait aucun intérêt à le faire. À la place, elle se balade en ville, toujours au son entêtant des ondes de la Tour, tue un humain et retourne voir son William dans une roue. Malheureusement, celui-ci est mort. Il lui reste heureusement Clémentine pour lui reprocher d’avoir voulu faire de William son animal de compagnie, parce que ça ne pouvait que déraper.

Clémentine reste une host clairement conçue pour venir en aide aux autres, alors elle propose son aide à Charlotte, avant de partir pour sa propre intrigue : elle souhaite retrouver les outliers, mais pas pour cohabiter avec eux. Ben super, cette apocalypse est vraiment peu rassurante pour les humains. En tout cas, Charlotte récupère enfin quelques accès informatiques depuis cette salle : elle peut ainsi localiser William.

Elle compte bien le ralentir avec le peu de pouvoir qu’il lui reste. C’est la loi du plus fort ? Très bien ! Elle lui envoie quelques hosts pour lui tirer dessus. Ils ne sont pas assez forts pour venir à bout de lui, évidemment, parce que c’est William, mais ils le ralentissent comme prévu. Ils détruisent sa voiture avant de se faire tuer.

Ils permettent aussi de donner des lunettes à William, lunettes qui permettent à William de voir un petit hologramme de Charlotte. Celle-ci a bien compris le but de William : il souhaite s’en prendre au Sublime et y propager la même violence que dans notre monde, où les hosts risquent même de se faire tuer par les humains tant ils sont dépassés par le nombre d’entre eux.

Cela craint un peu, et on comprend qu’ils sont désormais en train de mener une course pour arriver en premier sur place : Charlotte en jet privé, William en remontant sur un cheval. Cela faisait longtemps qu’on ne l’avait plus vu dessus. Cela lui permet d’atteindre le barrage du Sublime, sous un ciel sans nuage cette fois (merci pour le Bingo Séries). Il n’arrive que quelques moments avant que Charlotte ne fasse de même avec son hélico-jet privé.

C’est toutefois assez de temps pour qu’il lance la destruction du barrage. La conversation qui suit entre William et Charlotte est intéressante, parce qu’elle ne fait que confirmer ce qu’on soupçonnait depuis le début avec le personnage de Charlotte : William n’est jamais vraiment mort à ses yeux, il a évolué en devenant un robot. C’est plutôt logique : il vit toute la vie de William en agissant comme lui, évidemment qu’il est encore un William, évidemment qu’il a sa loi du plus fort inscrit dans son ADN de robot là (comment ça, il n’a pas d’ADN ?).

C’est pareil pour Charlotte : humaine, elle avait soif de pouvoir et de contrôle, une fois robot, elle n’est pas bien différente, même si elle est censée être construite à partir de Dolores. J’aime bien l’idée, même si ça ne me donne pas envie de devenir un robot pour autant. Après, Charlotte a quelques extensions intéressantes – non, je ne parle pas de ses cheveux : sa mise à jour du début d’épisode fait qu’elle a désormais un corps métallique capable de résister au poignard de William.

C’est un bon plan. Le combat entre les deux tournent alors à la partie de cache-cache et Charlotte finit par manquer de munition pour tuer William. C’est bien dommage. Cela permet à William de la chercher pour lui indiquer qu’elle a perdu à son jeu. Cela lui convient : elle considère qu’ils ont perdu tous les deux. Elle réussit toutefois à tuer William (YES) en utilisant un flingue laissé dans le tunnel du barrage par… Bernard, bien sûr.

Il propose en effet à Charlotte de se sauver en la laissant choisir de lancer un test. Et quand je dis que Charlotte tue William, c’est vraiment pour de vrai cette fois. Alléluia. Elle lui arrache la perle de son crâne et la réduit en miettes. Il n’y a plus trop de doute.

 

En parallèle, en ville, Frankie, Ashley et Caleb tentent toujours de s’enfuir de la ville. Ce n’est pas si évident – il est apparemment plus facile pour Caleb d’avoir des billets pour payer un manteau après une captivité durant toute sa vie que de sortir de la ville. Même si Caleb est persuadé d’avoir le temps d’emmener sa fille jusqu’au bateau qui l’éloignera de ce merdier, Ashley nous fait rapidement un petit check-up de réalité : ce n’est pas le cas.

Les anciennes expériences de Delos rejetaient souvent le corps, et c’est clairement ce qui est en train de lui arriver. Le but est d’arriver au plus vite sur un bateau ? Très bien, prenons le temps de s’arrêter dans un supermarché dévasté alors. Ce n’est pas la meilleure des idées franchement. Frankie prend aussi le temps de papoter avec son papa comme ça, lui expliquant que sa mère est morte d’un cancer. Pauvre Caleb.

Il n’a pas la meilleure des vies robotiques, à échapper à l’enfer pour se retrouver dans un autre enfer. La scène est énervante pour la perte de temps qu’elle représente, mais elle permet au moins aux personnages de converser – et dans le fond, c’est tout ce qu’ils ont toujours voulu, non ? La scène est presque touchante, à parler des souvenirs d’enfance de Frankie qui n’étaient qu’il n’y a quelques jours pour Caleb. Non, vraiment, le pauvre, il prend cher. Il arrive toutefois à s’ajuster assez bien à la réalité, en chantant Que sera, sera. Ca leur correspond bien.

Ashley ? On ne sait pas trop ce qu’il fait en attendant, mais heureusement, il les protège d’un homme qui voulait les tuer… avant de se faire dégommer à son tour par Clémentine. J’ai cru qu’elle allait prendre le temps de lui parler, mais non, pas du tout : elle lui tire une fois dessus et l’achève en lui crevant l’œil. C’était expéditif comme mort, je ne m’y attendais pas, surtout que c’est possiblement la dernière pour lui (si jamais la série n’est pas renouvelée).

Clémentine retrouve finalement Frankie et lui fait le meilleur des doigts d’honneur quand elle sait d’avance qu’elle n’a pas de munition dans son flingue. J’aime bien ce point de Bingo Séries, franchement, et j’aime que Clémentine prenne enfin de l’importance avec sa propre intrigue dans cet épisode. Mieux vaut tard que jamais ? Elle a toujours été un personnage que j’aimais, après tout.

Son intrigue est donc de retrouver les outliers et il est clair qu’interroger Frankie sur le lieu où se planque la Résistance est le meilleur moyen d’y arriver. Elle oublie un petit trop Caleb, en revanche. Il met trois plombes à se pointer, mais quand il revient, il lui fait perdre pas mal de temps pour en gagner autant que possible à Frankie.

Celle-ci révèle finalement qu’elle a encore une balle dans son flingue, et elle la réserve bien comme il se doit pour le crâne de Clémentine. Bon, ben, elle aura eu son heure de gloire, mais ça n’aura pas durer longtemps. Tout ça permet à Frankie et Caleb d’arriver à temps au bateau. Frankie peut y retrouver sa copine, Odina, lui présenter son père… et y dire adieu à son père. Il refuse en effet de monter sur le bateau, parce qu’il se sait condamner.

Frankie a donc passé sa vie à chercher son père, pour mieux apprendre qu’il était mort et qu’elle avait un ersatz pas foutu de survivre plus d’une journée avec lui. Au moins, Caleb a une belle conclusion puisqu’il voit sa fille « grandir » et Frankie a l’occasion d’avoir une vraie conclusion avec lui, en lui disant qu’elle l’aime. Bon, ça sent un peu trop la fin pour moi tout ça. Leur séparation est un peu triste, mais je pense pouvoir m’en remettre.

En parallèle de tout ça, il ne faut pas oublier que Dolores est toujours… nulle part. N’étant plus connectée à la ville de Charlotte, elle n’a plus rien qu’elle-même, et elle-même, ça la fait s’auto-parler à sa colocataire. Ce n’était pas la meilleure des scènes de la série, même si elle décidait de porter un message d’espoir : au milieu du chaos qui règne partout, il existe un sens de l’ordre et une vraie paix. Il suffit de rester immobile dans le désordre pour le voir – pour voir la beauté dans ce monde.

On retrouve ici la philosophie de la série, et elle reste efficace, même atténuée de cette manière. C’est une jolie conclusion pour Dolores après quatre ans. Merde, est-ce que ça va vraiment être une fin de série alors ? Cela y ressemble grandement, même s’il y aura toujours le prochain monde à explorer.

C’est Charlotte qui nous prépare ce prochain monde. De manière inattendue, Charlotte se fait en effet à l’idée qu’elle a perdu. Elle décide de sauver le barrage puis d’utiliser la perle de Dolores pour qu’elle puisse lancer un test : c’est le plan de Bernard depuis le début. La porte du Sublime se referme.

Dans le Sublime, Dolores se réveille et se retrouve à nouveau avec Teddy, son plus grand amour. Le Sublime reprend la forme de la ville de cette saison 4, Dolores comprend que Teddy n’est pas vraiment là non plus et qu’elle l’a recréé de toutes pièces. Je m’y attendais : Teddy est dans le Sublime après tout, pas dans la perle de Dolores. Cette dernière a désormais un but clair : retrouver Teddy dans le Sublime, tout en laissant de côté les défauts des humains. Ce n’est pas évident quand Dolores/Christina se confronte aussi à la Dolores de la saison 1 lui rappelant qu’elles sont à l’image de leur créateur.

La conclusion ? Les humains ne peuvent pas changer précisément parce que nous avons des cellules et de l’ADN, ça ne peut pas se réécrire comme le code de Teddy. Voilà alors l’ouverture attendue pour une possible saison 5 : Dolores décide de laisser une chance à l’humanité en lui offrant un dernier test, un jeu très dangereux. Elle veut créer tout un monde à partir de ses souvenirs – pour voir si ça vaut la peine de sauver l’humanité.

Ce n’est pas bien clair tout de même. Pourtant, la saison se termine sur Dolores, dans son costume de la saison 1, parcourant la ville de cette saison 4, pleine de corps et de cadavres. En voix off, elle nous reproche d’avoir utilisé le don de l’intelligence pour mettre fin à notre espèce, mais elle le reproche aussi aux robots. C’est un peu nouveau comme discours : les robots ne valent pas mieux que les humains à ses yeux.

Elle seule se rappelle des deux toutefois, et nous vivrons tous tant qu’elle se souviendra de nous. La vie sur Terre est terminée selon Dolores, et effectivement Charlotte se suicide carrément (je ne m’y attendais tellement pas à la voir en version robotique détruire sa perle… Je sais bien qu’elle a perdu, mais je suis dégoûté de la voir se détruire quand même).

Dolores veut donc un dernier jeu pour l’humanité, afin de décider si nous survivrons ou si l’extinction nous attendra. Pour cela, son jeu propose une dernière itération qui revient au début de la boucle : elle recréé Westworld en espérant pouvoir se libérer cette fois.

EN BREF – Cette saison 4 revient aux sources après une saison 3 qui avait trop eu tendance à nous perdre dans un futur de science-fiction moins agréable que le parc, mais surtout moins original également. En effet, la saison 3 reprenait trop les thèmes chers aux créateurs pour vraiment surprendre, et c’était une redite moins efficace.

Cette fois-ci, en revanche, la saison nous a mené tout du long sur la piste d’une intrigue cohérente, facile à suivre malgré sa complexité et ses révélations renversant parfois ce qu’on pensait acquis. C’était agréable et ça mène à un final réussi – qui peut servir de fin de série ouverte si jamais la série venait à ne pas être renouvelée, qui prépare parfaitement le terrain pour une saison 5 si elle l’était.

Et franchement, j’espère qu’elle le sera. Un retour à Westworld, même pour une saison encore plus courte, ça me conviendrait très bien. Cependant, le tournage ne commencerait pas avant le printemps 2023… On a le temps de voir venir.

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