Euphoria – S03E02 – America My Dream – 16/20

Avoir retrouvé la série au top de sa forme dans le premier épisode n’aide pas celui-ci à se démarquer autant qu’il le devrait. J’ai beaucoup aimé la première partie de celui-ci, mais dans l’ensemble, je retrouve ce que je reprochais à la série déjà il y a quatre ans : les épisodes durent une heure, je suis à fond dedans quand je regarde, mais dans le fond, ça ne raconte pas grand-chose. Et comme ici, j’ai trouvé la réal paresseuse et pas du tout aussi marquante que ce qu’elle devrait et que ce qu’elle était, je reste sur ma faim, malgré un très bon épisode.

Spoilers 

Maddy se construit une carrière à la sueur de son front – et des pieds d’une autre. Rue aussi.

Welcome to paradise, kid.

L’avantage d’avoir une semaine de retard pour commencer la saison est que j’ai déjà le deuxième épisode à voir… L’inconvénient, c’est que je risque peut-être l’overdose. Et en même temps, j’ai eu envie d’enchaîner : c’est bon signe. La fin du premier m’a laissé sur ma faim, surtout qu’il y a certains personnages que j’aurais aimé voir davantage.

Par exemple, j’adore le personnage de Maddy et je l’avais presque oublié. La voir arriver en ville, débarquer auprès d’une productrice (je crois ?) et aussitôt se débrouiller pour être embauchée avec un discours claqué au sol. Ce début d’épisode se concentre donc sur elle et sur la manière dont elle a suivi son propre rêve américain.

Cela se construit avec beaucoup de travail et j’aime comment c’est démontré ici. Le montage est rapide et tout paraît presque simple dans la vie de Maddy. Pourtant, la pandémie éclate et il est clair que ça la met en difficulté. Le Covid, c’est quelque chose pour cette génération : personne n’y croit vraiment. C’est ainsi qu’alors Maddy est payée à ne rien faire, elle se décide à faire quelque chose, évidemment.

Elle rencontre ainsi Katelyn sur une plage et en fait une vraie top-modèle le temps d’un shooting. Sentant qu’il y a un filon, elle monte sa carrière comme elle peut.

Nous suivons donc Maddy qui propose à Katelyn de vendre son corps, mais avec une éthique toute personnelle. La nudité, c’est OK, sans tout montrer. Les pieds, c’est un gros marché. Il suffit de profiter de tout ça. De son côté, Dylan, lui, prend très mal de ne pas pouvoir travailler. C’est assez drôle à voir, et ce n’est pas un hasard : Maddy profite du client de sa boss pour faire monter la popularité de Katelyn.

C’est d’abord un shooting photo, puis une fois que Katelyn commence à être vraiment connue pour son contenu, c’est une paparazzade du couple. Cela ne plaît pas du tout à la boss de Maddy qui lui ordonne d’arrêter de bosser avec Katelyn : le porno (même si Maddy assure que ce n’est pas ça), ça fait mauvaise image pour Dylan.

Et pourtant, la suite donne raison à Maddy. Katelyn devient une vraie star à son tour et se fait énormément d’argent, argent que Maddy aurait pu toucher elle aussi si elle n’avait pas viré sa jeune pousse. Pauvre Maddy, enfermée dans ses regrets et son rôle d’assistante. Et tout ça nous mène à Maddy découvrant les vidéos TikTok de Cassie qui se prend pour une chienne. En vrai, c’est Cassie qui envoie un DM à Maddy.

Je suis curieux de ce qu’elle peut bien avoir à lui dire maintenant qu’elle est avec Nate. C’est hilarant en tout cas : Cassie serait un modèle parfait pour Maddy (elle est belle, mais incapable de savoir quoi faire exactement, comme nous le montre un horrible montage où Cassie se sexualise dans tous les rôles possibles), mais elle est avec Nate et ça, Maddy ne peut le pardonner. Elle lui donne rendez-vous dans un club très sélect avec l’intention très évidente d’être celle qui a le plus réussi – elle débarque avec un manteau de fourrure qui, en plus d’être magnifique, nous rappelle que c’était déjà l’esthétique dont elle rêvait en saison 1 (elle avait suggéré à Nate, comme elle sait si bien le faire, de lui en acheter un…).

Et c’est le cas. Elle comprend assez vite que Cassie a attendu d’être fiancée pour revenir vers elle et s’excuser, histoire de lui prouver qu’elle avait eu raison au lycée de lui prendre son mec car ils avaient de vrais sentiments. Je continue de trouver ça très étrange que Nate et Cassie soient encore ensemble, mais soit. Très vite, Maddy sait exactement pourquoi Cassie est là et elle tient sa vengeance si simplement : elle accepte donc de bosser avec son ancienne meilleure amie.

De son côté, Nate continue de gérer comme il peut l’entreprise de son père. Je le savais, mais j’avais oublié : Eric Dane est dans cette saison. Cela m’a rendu si triste de revoir l’acteur. La réalisation a beau être au top dans cette série, on sent une vraie galère : l’acteur était déjà très malade et ça se voit dans la manière dont c’est filmé – un gros plan bien serré pour lui, mais du large pour Nate ? Ce n’est pas si malin. Non, vraiment, ça m’a rendu triste.

Le personnage, lui, n’est pas malade, et ça rend ça étrange. Le dialogue est hilarant, cela dit, avec le père de Nate qui affirme à son père qu’il n’est pas gay. J’ai tellement ri de voir la femme de ménage réagir à la conversation.

En attendant, Nate continue de vouloir monter sa maison de soin et de trouver des investisseurs. Malheureusement pour lui, Cassie lui met des bâtons dans les roues sans même le savoir. Ainsi, elle confie à sa meilleure amie qu’elle a un OnlyFan où elle fait le bébé. La meilleure amie en parle aussitôt à son mari qui, justement, est un des investisseurs de Nate. Ce dernier comprend que Nate n’a peut-être pas tout l’argent qu’il assurait d’avoir.

Cela nous mène rapidement à une scène où Nate confronte Cassie – devant leurs potes – concernant le OnlyFan. J’ai beaucoup ri de la dynamique dans ce couple, même si c’est une fois de plus hyper toxique. Disons que ce qui est drôle vient du fait que c’est vraiment un exemple parfait de tout ce qu’un couple ne devrait jamais être. Bref. Cassie finit par accepter de supprimer son OnlyFan en échange des fleurs qu’elle voulait pour le mariage. C’est simple. L’humour vient aussi de la femme de ménage – même si ce n’est pas sans me rappeler Gossip Girl, tout de même.

Si Cassie est heureuse de tout ça, je me demande ce qu’elle dira ensuite à Maddy (parce que bon, elle lui a assuré que Nate la soutenait à fond dans ce qu’elle faisait alors qu’il est clair qu’ils ne communiquent plus). En tout cas, Cassie comprend qu’elle ne doit plus avoir de secret pour Nate : elle lui avoue donc qu’elle revoit Maddy. Sa Maddy. J’ai trouvé ça drôle de voir la réaction de Nate, mais je trouve ça encore mieux de savoir que Cassie l’a invitée au mariage. Ce sera clairement l’événement de fin de saison.

Bien sûr, nous retrouvons aussi Rue dans cet épisode. Elle est toujours avec Alamo. Celui-ci l’embauche donc pour l’aider à couvrir la mort de la fille de l’épisode précédent. Rue n’est pas habituée à le faire, mais elle s’en sort plutôt bien et fout le feu à ses affaires dans le désert. Si elle est sûre d’avoir fait un pacte avec le Diable, elle nous informe en voix off qu’elle est heureuse d’être libre – et rapidement promue.

Rue se sent ainsi libérée de Laurie, mais ce n’est pas exactement le cas : Laurie prend très mal l’appel d’Alamo qui l’accuse d’avoir vendu de la drogue mélangée à du Fentanyl. Laurie est sûre d’être innocente, mais c’est évidemment une erreur humaine qui vient bien de son côté – c’est Faye qui fait de la merde. Est-ce qu’on est surprise ? Non.

Laurie refuse de laisser partir Rue, mais Alamo considère que c’est fait. Il envoie donc Rue bosser dans un club de striptease. Les règles sont simples : pas le droit de boire, se droguer ou coucher pendant le service. Ce n’est pas si simple pour Rue parce que la marchandise est alléchante si l’on en croit son regard. Elle fait pourtant avec.

Elle fait bien : après une nuit de travail compliqué (y compris à nettoyer des toilettes bouchées), Rue peut ainsi coucher avec Angel, une des stripteaseuses. Cela dit, quand elle couche avec, la voix off prend le dessus et nous narre un flashback qu’on attendait tous.

Jules ! Rue assure qu’elle couche avec Angel aussi parce que Jules lui manque. Après le lycée, Jules a fait une école d’art et a eu une vie plutôt cool. Rue a gardé le contact avec elle pendant un temps, mais elle n’avait rien à faire de sa vie et a fini par replonger dans la drogue. Pff. J’avais espoir qu’être mule ne voulait pas forcément dire qu’elle n’était plus sobre, et le premier épisode nous y faisait croire. Pourtant, ce n’est pas le cas : Rue confirme qu’elle n’est plus sobre. Bien sûr, à l’époque, elle a touché le fond aussi et s’est relevée depuis, mais c’est tout.

Jules ? Nous n’en saurons pas plus pour le moment. L’épisode se concentre plutôt sur la reconversion professionnelle de Rue, qui se passe bien. Elle sait gérer avec efficacité les caprices des filles et on découvre les coulisses de ce club de strip-tease. C’est plutôt efficace, avec une fois de plus des idées de la part des scénaristes pour nous faire découvrir des endroits inattendus. Le club de striptease, c’est déjà un peu plus un classique, je trouve, et la réalisation s’essouffle un peu, peinant à trouver de bonnes idées de mise en scène.

La chronologie est à nouveau étrange, en plus, puisqu’on enchaîne avec une scène entre Rue et Maddy. Elles sont encore en contact alors ? C’était un peu étrange comme manière de rassembler les deux personnages, mais elles ont une relation excellente à se dire la vérité sans filtre. Maddy se fout donc de la gueule de Rue encore amoureuse de Jules quoiqu’elle en dise – ce qui permet à Rue d’envisager de recontacter Jules – alors que Maddy vient juste de recevoir le DM de Cassie. Hop, round 2 pour Nate. Des retrouvailles intéressantes, ma foi.

Bref, je suis déjà revenu dessus au début de la critique, alors concentrons-nous plutôt sur Rue qui doit gérer les filles de son club. Il y en a une en particulier qui est horrible et énervée tout le temps : Angel. Rue finit par comprendre le problème : elle était la meilleure amie de Tish, celle qui a fait une overdose par sa faute. Rue se sent donc forcée de lui annoncer enfin la vérité. Malheureusement, la vérité ne fait pas du bien à Angel, loin de là. Elle tombe dans une spirale négative que Rue ne connaît que trop bien : celle de la drogue et de la dépression.

On passe aussi beaucoup trop de temps à mon goût avec Alamo : on le voit être choqué et en boucle sur le fait que Laurie a osé le traiter de cochon. Cela ne lui plaît pas, il ne s’en remet pas. Il envoie donc un cochon directement chez Laurie, ce qui nous permet d’avoir des nouvelles de Faye (et la seule scène de cul de ces deux heures). Je note donc que Laurie et Alamo vont vraiment être des persos importants cette saison si on a droit à des petites scènes en plus comme celle-ci. Je ne suis pas convaincu, parce que je ne les aime pas trop, mais bon.

Cela dit, c’est grâce à Alamo qu’Angel peut avoir une seconde chance, faut peut-être que je change d’avis sur lui : il accepte de lui payer une cure de désintox. Bon, il faut encore que Rue parvienne à convaincre Angel et c’est horrible à quel point la scène où Angel refuse d’y aller est… hilarante ? Cela n’a rien de drôle en vrai, mais dans la série… Voir Rue devoir convaincre quelqu’un d’aller en cure ? L’argument du bowling ? Non, vraiment, j’ai éclaté de rire. Et bien sûr, Angel finit par y aller.

Le centre payé par Alamo ne vend vraiment pas du rêve, mais il a le mérite d’exister. Rue fait tout ce qu’elle peut pour rassurer Angel et la manière dont c’est écrit/filmé ne m’a pas rassuré pour Angel. Elle est clairement abandonnée dans un centre qui va mal s’occuper d’elle, il me semble. Rue fait toutefois confiance à Alamo, même si elle sent bien que c’est un peu étrange de ne pas au moins remplir un formulaire. On verra dans un prochain épisode ce qu’il en est, je suppose.

Au moins tout ça permet à Rue d’en venir à la conclusion qu’elle doit retrouver Jules. Elle se rend donc sur son nouveau lieu de travail. Voir Rue semble faire grandement plaisir à Jules. Je suis bien curieux de voir ce que la série va proposer, parce qu’il reste peu de temps à l’épisode. Nous les suivons monter dans un ascenseur et elles semblent vraiment se comporter comme deux ados sur le point de remettre le couvert.

Avant tout ça, Jules veut prendre des nouvelles de Rue. Elle apprend donc qu’elle est toujours SDF – elle dort chez Lexi, donc – et qu’elle est « California sober ». Une définition ? C’est sympa : Rue boit de l’alcool, fume un peu d’herbe mais évite ce qui peut la détruire. La réponse de Jules est parfaite : « elle veut savoir pourquoi Rue est venue quand même. Au passage, Jules parle aussi de son petit-ami, celui qui offre un magnifique appartement et a sa propre maison.

Jules se défend bien, en tout cas, affirmant que l’être humain n’est pas fait pour être monogame et que Rue ne peut pas s’attendre, après tout ce temps, à ce que tout soit comme avant. La série semble nous parler directement avec cette réplique, mais elle nous laisse sur un cliffhanger juste après : Jules invite Rue dans son bain. Putain. Rue évitera-t-elle ce qui la détruit… ou pas ?

C’est étonnant comme fin, ça donne l’impression aussi que la série n’a rien raconté en deux épisodes, alors que pourtant, il s’est passé plein de choses en deux heures. On a aussi entendu plein de chansons pas si récentes (très étonnante la bande-son de ces deux épisodes, avec des tubes de la dernière décennie et d’autres des années 60), vu la réal pas au meilleur de sa forme et, putain faut que j’en parle, on a aussi eu plein PLEIN de scènes où j’avais envie de recoiffer la mèche rebelle sur le front de Maddy. Il en faut peu pour me stresser. En plus, je trouve que son poids est bien plus stressant que la mèche – elle est hyper maigre, ça m’a vraiment choqué en début d’épisode avec la scène sur la plage ; je n’avais pas souvenir d’une taille si fine. J’espère que l’actrice ne met pas en danger sa santé.

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