Bingewatcher The Good Wife (S02) : je voulais en savoir plus sur Kalinda, mais pas comme ça

Salut les sériephiles,

À la fin de mon bilan de la saison 1 de The Good Wife, à laquelle j’avais mis un solide 17/20, j’expliquais que j’avais surtout envie d’en apprendre davantage sur Kalinda, de voir ce que Cary allait donner maintenant qu’il était passé chez l’ennemi et que je me méfiais beaucoup d’Eli Gold. Autant dire que je n’ai pas eu besoin d’attendre longtemps pour obtenir des réponses…

Spoilers, bien évidemment !

En effet, pas besoin d’attendre : dès le 2×01, Eli supprime tranquillement le message vocal que Will laisse à Alicia. MAIS POURQUOI ? Je crois que c’est dès ce moment-là que j’ai compris que la saison allait encore réussir à m’avoir. Je n’aime toujours pas spécialement Will et Alicia ensemble, mais ce message supprimé est une excellente idée parce qu’il crée une frustration qui peut tenir sur plusieurs épisodes. Et surtout, pendant que je râle sur les intrigues amoureuses, The Good Wife continue de me balancer tout ce que j’aime autour : des affaires judiciaires, des coups politiques, des personnages secondaires qui reviennent et des cliffhangers suffisamment efficaces pour que Prime Video lance l’épisode suivant avant que j’aie décidé quoi que ce soit. Bref, oui : j’ai encore englouti 23 épisodes le mois dernier et il était temps que je vous en parle sur le blog.

Une saison 2 encore plus facile à binge-watcher

C’était l’une de mes réserves sur la première saison : aussi efficace soit The Good Wife, ça reste une série procédurale et enchaîner les affaires peut devenir répétitif. Cette saison 2 trouve justement plein de petites idées pour éviter ça : un dossier à résoudre en quelques heures, une enquête menée depuis les magnifiques salles d’écoute du FBI, un samedi entier pour trouver de quoi empêcher une exécution… Ce ne sont parfois que des variations de structure, mais elles suffisent à donner une énergie différente aux épisodes et j’ai beaucoup aimé ces épisodes spéciaux.

Et puis la série sait de mieux en mieux faire cohabiter ses affaires de la semaine et ses intrigues feuilletonnantes. Le 2×16 est probablement l’un des meilleurs exemples : Kalinda menacée par un grand jury, le vote des associés que l’on attend depuis plusieurs épisodes et Julius qui semble trahir tout le monde avant un dernier retournement… J’étais à fond, tout simplement. Toute cette guerre interne au cabinet m’intéresse moins, en revanche, et je n’ai pas adoré voir Diane envisager de partir ouvrir sa propre firme dès que les choses tournent mal avec Will. Heureusement, la série finit par se raviser et j’aime beaucoup mieux la retrouver lorsqu’elle cherche carrément à faire revenir Cary. Mine de rien, Diane a mis du temps à me convaincre en saison 1, mais elle est désormais complètement installée parmi les personnages que j’aime retrouver… Alors je ne veux pas qu’elle parte !

L’arrivée de Derrick permet aussi de bousculer un peu cet équilibre et, dans la continuité de ce que je regrettais en saison 1, d’apporter enfin un peu de diversité au casting principal du cabinet. J’ai beaucoup aimé son introduction et ce qu’il apporte au départ ; je suis plus déçu de le voir progressivement transformé en antagoniste, alors que j’aurais volontiers gardé le personnage plus longtemps.

Il semble pourtant être évacué définitivement, mais ça a le mérite de m’avoir surpris. En vrai, c’est peut-être ça qui me plaît le plus dans The Good Wife : elle a 23 épisodes et ne semble pas avoir besoin de choisir entre prendre son temps et faire avancer ses intrigues. Certaines histoires s’étalent pendant des semaines (même si je visionne ça en une soirée), d’autres reviennent après plusieurs épisodes et des personnages que je pensais presque oubliés réapparaissent. Ça donne un monde beaucoup plus vivant que celui de pas mal de séries actuelles qui ont huit épisodes pour raconter une histoire… Bref, je passe mon temps à taper sur les mini-saisons de toute manière, vous commencez à le savoir !

Kalinda, je voulais des réponses… pas souffrir ?

Kalinda reste évidemment mon personnage préféré et la saison commence exactement comme je l’espérais : en ajoutant encore quelques mystères. On apprend notamment que Kalinda n’est même pas son vrai prénom et l’arrivée de Blake semble enfin ouvrir une porte sur tout ce qu’elle cherche à cacher. Le problème, c’est que Blake m’a très rapidement soulé et qu’il est finalement une simple diversion.

Leur rivalité devient lourde, leur espèce de flirt encore davantage et je ne suis pas certain que Kalinda sorte toujours grandie de cette intrigue. Il faut quand même reconnaître que la voir défoncer une voiture dans le 2×04 était un bonheur absolu. Archie Panjabi a dû passer une bonne journée de tournage. Et au milieu de tout ça, on apprend aussi qu’elle a un mari. Un MARI. Comme si le faux prénom ne suffisait pas : à ce stade, chaque réponse sur Kalinda semble surtout ouvrir trois nouvelles questions et c’est frustrant de faire du surplace – voire de reculer, en fait.

En parallèle, j’aime énormément la place que Kalinda prend au cabinet. La confiance que Will lui accorde est totalement méritée et j’aurais pu regarder beaucoup plus de scènes de son amitié avec Alicia, justement parce qu’elle fonctionne sans que la série ait besoin d’en faire des tonnes. La fidélité d’Alicia envers elle lorsque Blake commence à foutre la merde est particulièrement chouette. Évidemment, c’était trop beau pour que ça dure.

Le cliffhanger du 2×17, qui révèle que Kalinda aurait couché avec Peter, m’a laissé sur le cul, tout simplement… puis m’a franchement énervé lorsque la série a confirmé l’information. Je n’y croyais pas quand ça a été évoqué. C’est typiquement le genre de twist que je n’aime pas : en repensant à la saison 1, je n’avais jamais senti cette gêne ou ce passé entre eux et j’ai eu l’impression qu’on ajoutait soudainement un énorme secret parce qu’il allait faire exploser la relation qui m’intéressait le plus (Alicia/Kalinda, donc). Et putain que ça marche malgré tout !

Toute la fin de saison devient immédiatement beaucoup plus tendue parce qu’on sait qu’Alicia finira par apprendre la vérité et que tout le monde essaie évidemment de la lui cacher – ce qui m’énerve aussi parce qu’elle ne sait JAMAIS RIEN, la pauvre : la trahison d’Eli passe sous silence, mais pas celle de Kalinda ?

Le 2×22 est particulièrement réussi : je souffre pour Kalinda, mais Alicia a totalement raison d’être furieuse et c’est presque réjouissant de la voir devenir franchement méchante avec elle. Kalinda a passé deux saisons à tout cacher à tout le monde ; à un moment, il faut bien que ça lui revienne dans la figure. Je ne peux pas lui pardonner d’avoir caché cette info à Alicia. Toute leur relation se fonde sur un mensonge, à quoi est-ce qu’elle jouait, en fait ? Autant elle a toujours eu plein de secrets, autant je trouve que celui-ci était abusé. J’ai l’impression que le but est simplement de gagner du temps en attendant d’en révéler davantage sur son passé.

La remarque de Will qui lui dit qu’elle devra un jour faire confiance à quelqu’un résume d’ailleurs parfaitement le problème. Je n’aime toujours pas beaucoup le twist de départ, mais j’adore tout ce que la série arrive à en faire derrière. Et voir Alicia obligée de demander malgré tout l’aide de Kalinda dans le final ? Évidemment que j’ai adoré..

Cary, toujours un franc succès

L’autre personnage que j’avais très envie de retrouver était Cary, désormais passé chez l’adversaire, et je n’ai pas été déçu. Il commence la saison avec une rage assez savoureuse et le voir utiliser par Peter contre Alicia tout ce qu’il a appris à Lockhart & Gardner est exactement ce que j’espérais.

Dans le 2×04, lorsqu’il ressort ce qu’il sait de la toute première affaire d’Alicia et de la manière dont elle avait utilisé Peter pour obtenir une information, j’étais ravi. Cary devient un adversaire redoutable parce qu’il connaît les méthodes du cabinet, mais aussi parce qu’il reste suffisamment proche de ses anciens collègues pour que toutes ses confrontations soient un peu plus compliquées qu’un simple « eux contre nous », surtout qu’il y a – là encore – Kalinda !

Je n’aurais vraiment pas pensé autant aimer leur relation – j’avais envie que Kalinda soit lesbienne, mais finalement, sa bisexualité est un vrai atout de la série. Leur flirt aurait facilement pu m’agacer – et il m’agace parfois, notamment parce que la saison 1 semblait l’avoir un peu évacué… Seulement voilà : leur dynamique fonctionne remarquablement bien. Kalinda le manipule, évidemment, parce que Kalinda manipule absolument tout le monde, mais Cary n’est plus seulement le jeune avocat au joli sourire qui m’agaçait en saison 1. Je crois que j’aime simplement le personnage maintenant.

Une campagne électorale qui fonctionne beaucoup trop bien

Sur le papier, la campagne de Peter était probablement l’intrigue qui m’intéressait le moins. Dans les faits, c’est devenu l’un des meilleurs fils rouges de la saison, parce qu’il y a les scandales, les manipulations, les coups bas, Amber et sa merveilleuse parodie chantée (typiquement campagne américaine, ça), le retour complètement inattendu de Becca et surtout l’arrivée de Wendy Scott-Carr, qui apporte immédiatement quelque chose à la course. Même Jackie finit par être un morceau assez savoureux de la série : dans le 2×21, elle se mêle encore de toute la vie de son fils tout en n’ayant évidemment pas toutes les informations. Elle m’agace prodigieusement… et en même temps, elle est tellement crédible en mère persuadée de savoir ce qui est bon pour Peter que ça fonctionne.

C’est quand même une très longue campagne et paradoxalement sa résolution me paraît presque expédiée après tout ce temps passé dessus. Cela dit, si j’ai eu l’impression de suivre une vraie campagne interminable, c’est probablement que la série avait réussi son coup.

Le plus amusant est que je ne suis politiquement pas spécialement du côté de Peter. Certaines positions défendues au détour des épisodes m’ont même fait lever un sourcil très haut, notamment lorsqu’on touche au conflit israélo-palestinien. J’aime justement qu’Alicia reste beaucoup plus difficile à enfermer politiquement et qu’elle puisse, au cabinet, agir à l’encontre de ce que la campagne de son mari essaie de vendre. Grace elle-même n’est pas toujours sur la ligne de son père, même si toute son intrigue autour de la religion me semble parfois sortir du grand manuel de la série CBS américaine. Autrement dit, c’est lourd.

Malheureusement, Peter disparaît étonnamment beaucoup à mesure que la saison avance. Il gagne l’élection et j’ai presque eu l’impression que Chris Noth avait lui-même gagné le droit de rater plusieurs semaines de tournage. Je n’ai volontairement pas cherché pourquoi parce que je refuse de me spoiler quoi que ce soit, mais c’est assez frappant sur une intrigue qui était censée être l’un des principaux fils rouges. Je suppose qu’il a eu un rôle ailleurs et tournait en parallèle ? C’est vraiment étonnant comme construction de saison ; mais en même temps, ça reste terriblement efficace (surtout en bingewatching : il n’est jamais absent trop longtemps comme ça).

Alicia prend le contrôle – sauf de sa vie amoureuse

Alicia, de son côté, a gagné une confiance assez impressionnante depuis le début de la série. Son face-à-face avec le juge dès le 2×01 est formidable parce qu’on mesure immédiatement tout le chemin parcouru depuis la femme qui reprenait timidement son métier dans le pilote. Dans sa vie privée, c’est évidemment plus compliqué. Sa relation avec Peter m’intéresse davantage que pendant la première saison, même si je trouve toujours qu’elle lui pardonne énormément sans que la série explore suffisamment pourquoi elle accepte tout ça.

L’arrivée de son frère apporte heureusement un éclairage beaucoup plus intéressant sur ses choix et j’ai énormément aimé leurs échanges. Le petit frère est là pour aider sa soeur à suivre le bon chemin, même si ce chemin n’est pas toujours celui qu’on attend de l’épouse modèle – tout simplement parce que l’épouse modèle, elle n’est pas épanouie si elle suit toutes les injonctions de la société.

J’aime aussi beaucoup l’évolution de sa relation avec Eli tout au long de la saison. Une espèce d’amitié se dessine progressivement entre eux et ça fonctionne étonnamment bien… Le message supprimé par Eli en début de saison est une excellente idée pour retarder un peu Alicia/Will autrement, surtout que ces deux là, bon… Je souffle fort. Le retour de cette intrigue dans le 2×08 et son cliffhanger fonctionnent parfaitement. Tout ce qui suit me confirme pourtant que je ne suis toujours pas spécialement investi dans ce couple. Dans le 2×14, ils se comportent littéralement comme deux adolescents et j’ai parfois envie de leur confisquer leur téléphone jusqu’à ce qu’ils soient capables de communiquer normalement.

Will m’intéresse d’ailleurs davantage lorsqu’il est loin d’Alicia. Sa relation avec Tammy – que je continue d’appeler Ava de Grey’s Anatomy dans ma tête et en qui je suis donc génétiquement incapable d’avoir confiance – m’a finalement plutôt plu. Elle est détachée, leur relation est bizarre et ça fonctionne mieux sur moi que le grand amour contrarié que la série essaie de me vendre à côté. Il faut pourtant m’y faire, parce qu’on va explorer cette facette en saison 3, c’est désormais certain.

Ça continue d’être le festival des guests

Autre bonheur intact : regarder The Good Wife quinze ans après tout le monde transforme toujours chaque épisode en jeu de « MAIS JE LE CONNAIS, LUI ».

Cristin Milioti apparaît dès le premier épisode, Emily Kinney est encore toute jeune, America Ferrera débarque dans une intrigue autour d’une jeune femme sans papiers et elle est évidemment excellente, John Glover passe par là, Kelli Giddish arrive en toute fin de saison et je continue de retrouver des têtes connues à peu près partout. Sans compter les personnages récurrents : Louis Canning, Bishop, Nancy Crozier et évidemment Patti Nyholm, dont chaque apparition continue de me faire rire.

On retrouve également Lily Rabe en journaliste acharnée, Ken Leung (Miles de Lost dans ma tête, pour toujours) et même Quentin de The Magicians (regardez cette série, elle est incroyable). À ce stade, j’attends presque de voir qui ne va PAS apparaître dans la série.

J’aime d’ailleurs énormément que la série ne se contente pas d’empiler les guests mais fasse revenir ses personnages secondaires. Même Becca, que je ne pouvais plus voir en saison 1, m’amuse maintenant tellement elle est complètement allumée. Le monde de la série se construit petit à petit et je commence à avoir ce plaisir très particulier des séries longues où une tête apparue dix épisodes plus tôt revient soudainement et où je sais immédiatement à quoi m’attendre. Il y a aussi, bien évidemment, la mort de Stern dans le 2×19, que je n’avais franchement pas vue venir. Déjà que je n’avais jamais énormément accroché au personnage, la surprise devient encore plus étrange lorsqu’on découvre ensuite qui met la main sur son cabinet…

Et ce final, alors ?

Après avoir passé une bonne partie de la saison à dire que Will et Alicia m’agaçaient, il fallait évidemment que le final termine là-dessus. J’en suis ravi, vous vous doutez bien. Peter est dehors, Alicia a explosé après avoir appris la vérité sur Kalinda et Will et elle finissent par se retrouver dans un hôtel où une nuit coûte apparemment 7800 dollars. Normal. J’ai ri tellement c’est abusé. Tous les obstacles possibles s’accumulent avant cette scène d’ascenseur sur Mika et… bon sang, elle fonctionne, cette scène. Ce n’est même pas tellement le couple qui m’intéresse. C’est Alicia.

Depuis le début, toute la série repose sur cette image de la « good wife », celle qui reste à côté de son mari malgré le scandale, qui tente de reconstruire sa famille, qui garde le contrôle et fait ce qu’on attend d’elle. Pourtant, et pour une nuit au moins, elle fait exactement ce qu’elle veut et tant pis pour l’image, Peter, les convenances et même mon absence totale d’intérêt pour Will/Alicia.

Je ne pensais vraiment pas écrire ça après avoir passé deux saisons à râler sur leur relation, mais cette scène d’ascenseur est superbe et va me rester longtemps en tête (je peux même le confirmer maintenant que je publie l’article parce que ça fait quelques semaines que j’ai écrit ça et c’est encore le cas – autant le cliff de la saison 1 a vite été éclipsé dans ma tête, autant cette scène superbe de l’ascenseur m’est restée en tête).

Je passe mon temps à saigner à nouveau cette chanson – qu’est-ce que j’aime cet album de toute manière.

En bref : encore meilleure, donc 18/20

Je trouvais déjà la saison 1 incroyablement facile à binge-watcher et la deuxième fait encore mieux. Les affaires sont plus variées, les personnages secondaires ont désormais suffisamment d’histoire pour enrichir chaque retour et les fils rouges se mélangent beaucoup mieux au procedural. Même la campagne de Peter, dont je n’attendais franchement pas grand-chose, a réussi à me tenir pendant quasiment toute la saison.

Tout n’est pas parfait. Blake m’a gonflé, les guerres internes au cabinet m’intéressent beaucoup moins que les personnages eux-mêmes, Grace et la religion peuvent être franchement lourdingues et je continue de râler dès que Will et Alicia se regardent un peu trop longtemps. Surtout, je ne suis toujours pas convaincu par l’idée d’avoir fait coucher Kalinda et Peter avant le début de la série.

Cependant, le fait que ce twist que je déteste produise certains des épisodes que j’ai préférés cette saison résume finalement assez bien The Good Wife. Je peux râler autant que je veux : à la fin du 2×23, ma seule véritable question était de savoir à quelle vitesse j’allais lancer le 3×01 (une nuit et une journée de taf plus tard, en vrai).

Et vous, sans me spoiler la suite : à la fin de cette saison 2, vous étiez plutôt du côté d’Alicia ou de Kalinda ?