Retour à Panem #4 : Une fin si cruelle pour Hunger Games

En attendant la sortie du prochain Hunger Games le 18 novembre et même si le livre m’avait moyennement emballé, je profite de la ressortie de la saga au cinéma pour revoir enfin un film chaque dimanche. Quitte à faire cet énorme sacrifice, autant vous en parler ici !

Salut les sériephiles,

Bon, le froid et la fièvre ont eu raison de moi et je n’ai pas revu La Révolte – Partie 2 au cinéma dimanche dernier. Catastrophe, scandale ? Non, tant pis, c’était très bien aussi depuis mon canapé et j’ai passé un excellent moment, même si je suis un peu triste d’avoir manqué cette avant-dernière séance et d’avoir pris du retard dans la publication de mes articles. Ben oui, cet article aurait dû être publié mercredi.

La semaine dernière, la première partie me semblait être une succession de chapitres plutôt qu’un véritable film au point de me demander si l’idée de couper le dernier roman en deux films était la bonne (non). Après avoir revu cette deuxième partie, je reste assez partagé : c’est appréciable de pouvoir passer plus de temps dans cet univers, mais il y a toujours des longueurs, des personnages secondaires sacrifiés et beaucoup trop de discours politiques… Cela dit, pour m’être enfilé trois heures de Ramayana hier soir, qu’est-ce que c’est long, un film de trois heures d’un coup, on se demande si on sortira un jour de la salle.

Ce n’est pas le sujet, cela dit ! Pour en revenir à Mockingjay, ce qui me frappe surtout, c’est à quel point cette saga est cruelle avec ses personnages. On passe quatre films à espérer que Katniss parvienne à sauver ceux qu’elle aime et à renverser Snow, pour finalement découvrir que ça ne fait pas la stabilité politique – et donc que ça n’est pas une vraie solution. C’est terrible, mais c’est aussi ce qui fait de Hunger Games une saga aussi passionnante, surtout avec le regard que je porte dessus aujourd’hui. Je crois même que j’ai davantage apprécié cette conclusion qu’à l’époque. Il faut dire qu’entre-temps, j’ai enfin commencé ma relecture du premier roman (comme quoi, tout arrive) et que je suis de plus en plus fan de cette saga en vieillissant – peut-être que ça a un rapport avec mon pays qui verse parfois dans la dystopie, allez savoir.

Le film commence pourtant bien mal pour Katniss, privée de voix après l’agression de Peeta. C’est l’occasion de rappeler que Josh Hutcherson est tellement bon dans ce rôle ! C’est frustrant de voir son personnage isolé pendant si longtemps, mais c’était aussi le cas dans le roman. Ses retrouvailles avec Katniss sont ensuite encore plus cruelles que dans mon souvenir : en remettant en cause l’existence du moment où il lui avait sauvé la vie, Peeta s’attaque à l’un des fondements de leur relation. C’est terrible, surtout qu’on a tellement envie de le retrouver – les retrouver – comme avant.

Je suis aussi assez content de l’évolution de Gale, et pourtant, vous savez que je ne l’adore pas. Sa prise de distance avec Katniss est bienvenue (elle le considère surtout comme un ami, faut se faire une raison mon vieux ; les films ont développé une relation tellement plus ambigue que ce que proposait le roman), mais c’est surtout son rôle dans l’armée du district 13 qui le rend enfin intéressant. Les débats sur les stratégies militaires et les pertes civiles sont excellents : c’est bien joli de vouloir renverser un tyran, encore faut-il éviter de devenir aussi monstrueux que lui.

Et c’est précisément ce que j’aime dans Hunger Games : personne n’est totalement irréprochable, même parmi les gentils. Les personnages sont beaucoup plus nuancés qu’on pourrait l’imaginer dans une saga jeunesse. Coin est formidable pour le district 13, mais franchement, lui confier les clés de Panem ? On voit déjà comment elle instrumentalise Katniss et cherche à l’écarter du pouvoir. D’ailleurs, pour cela, la scène du district 2 est excellente : Katniss rappelle aux soldats que Snow est leur ennemi commun et qu’ils n’ont aucun intérêt à s’entretuer. Dommage que le film nous montre si mal la progression de la révolte dans les différents districts : on a parfois l’impression que Katniss se téléporte d’un endroit à l’autre, ça va vite, on voit mal comment certains districts se rallient à la cause (notamment le deux, donc, ce sont quand même des districts de Carrière bien en accord avec le système).

Ce qui fonctionne beaucoup mieux, en revanche, c’est une fois que l’assaut sur le Capitole est lancé. En effet, on assiste alors au retour des Hunger Games… sans Hunger Games ! Le Capitole devient une immense arène remplie de pièges et les scènes tournées aux Espaces d’Abraxas, à Noisy-le-Grand, sont particulièrement réussies. C’est toujours aussi amusant de reconnaître les lieux de tournage français, mais ça l’est nettement moins quand les personnages commencent à mourir. Les séquences dans les souterrains ont ensuite presque des allures de film d’horreur, avec une vraie angoisse pour leur survie. Et cette fois, on connaît les victimes, contrairement aux tributs des premières arènes alors forcément, les sacrifices font plus mal. Bref, c’est une réussite.

Spoilers, évidemment, mais je trouve déjà assez terrible que Finnick reparte combattre si peu de temps après son mariage et ses retrouvailles avec Annie, alors le voir mourir comme ça… Quel gâchis ! C’est d’autant plus frustrant que, malgré deux films pour adapter le roman, le mariage arrive presque comme un cheveu sur la soupe et que beaucoup de personnages secondaires manquent encore de développement. Finnick a les meilleures répliques dans ce film, il me fait tellement rire. Côté persos secondaires, je peux en dire autant pour Johanna, dont la rage est toujours aussi géniale et aide tant Katniss à avancer, Prim, qu’on ne voit qu’en filigrane, l’équipe de tournage de Katniss, fidèle au poste pour se faire dézinguer…

Le plus terrible reste encore à venir quand Katniss se retrouve seule, avec cet assaut final du Capitole qui ressemble davantage à une succession d’attentats qu’à une bataille. Quelle horreur, tout simplement. Le plus osé, c’est de reprendre les parachutes des Jeux, symbole d’espoir, pour en faire une arme de guerre ! Et surtout, il fallait oser tuer Prim. Toute cette histoire commence parce que Katniss veut sauver sa sœur, et ça se termine par sa mort ?! C’est atroce, même si je regrette encore une fois que les films aient si peu développé son personnage. On a du mal à comprendre ce qu’elle fait là – cela dit, ça rend bien l’incompréhension de Katniss aussi.

La toute fin est peut-être encore plus réussie : on a vraiment l’impression que l’histoire se termine avec la mort de Prim, mais il reste suffisamment de temps pour nous rendre fou avec les dernières scènes. Snow a survécu et semble presque triste de la mort de Prim (quel bâtard !) mais il plante surtout le doute dans l’esprit de Katniss : et si Coin était responsable des parachutes ? Pour moi, c’est assez évident dès qu’ils tombent, et ça l’est encore davantage lorsqu’elle propose d’organiser de nouveaux Hunger Games avec les enfants du Capitole. Non mais sérieusement, comment peut-on envisager une chose pareille après tout ce que le pays vient de traverser ?

C’est là que Hunger Games réussit parfaitement sa conclusion politique : renverser un tyran ne suffit pas si c’est pour reproduire les mêmes horreurs. Et Katniss semble elle-même tomber dans le piège de la vengeance lorsqu’elle accepte la proposition de Coin… jusqu’à cette flèche absolument parfaite pour la tuer, elle. Katniss ne renverse pas Snow, elle renverse les tyrans. La mort de Coin, le lynchage de Snow, Peeta qui empêche Katniss de se suicider : tout fonctionne. J’adore également la lettre de Plutarch, des semaines plus tard, qui rappelle que la paix est finalement le plus important.

Il nous faut alors dire adieu à tout ce petit monde. Les adieux à Effie sont étonnamment tristes, ceux à Prim absolument déchirants, et ceux à Peeta… Ah non, justement.

« You love me. Real or not real? »
« Real. »

Et voilà, on pleure. Bon, je trouve toujours que la dernière scène avec les enfants est de trop (c’est gnangan et ça rappelle l’épilogue d’Harry Potter dans son genre), mais la musique choisie pour conclure la saga me donne presque envie d’applaudir devant ma télévision. Dommage de ne pas avoir été au ciné, vraiment. Dommage aussi de se contenter des films, hein. Les romans permettent de comprendre tellement mieux les personnages et leurs réflexions, alors que les films ont parfois du mal à gérer tout ce contenu. Mais quelle conclusion ! J’ai adoré retrouver cette histoire et je n’ai franchement pas envie de quitter Panem.

J’espère toujours que Suzanne Collins écrira un jour une véritable suite, dix ou quinze ans après, pour nous raconter comment on reconstruit un pays après tout ce merdier. Pas besoin de nouveaux Jeux, donnez-moi la politique ! En attendant, il me reste à aller voir ce soir La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur. Maintenant que j’ai revu toute la saga, je suis curieux de voir si mon regard sur le préquel va changer.

N'hésitez pas à partager votre avis avec moi

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.