One Piece – S01E06 – The Chef and the Chore Boy – 16/20

Si j’apprécie le rythme vif et les coupes dans les longueurs du manga, j’ai trouvé que cet épisode avait un peu plus de mal à garder son équilibre, et surtout mon intérêt. On ne peut pas dire qu’on s’ennuie devant la série, parce que c’est un voyage vraiment trop cool, mais j’ai eu tendance à penser qu’on sentait davantage dans cet épisode qu’on avait affaire à une adaptation un peu débordée par tout ce qu’il y a à raconter.

Spoilers

Zoro est blessé à mort, mais ça n’empêche pas les ennemis de Luffy de le traquer.


Right, a doctor. We need a doctor.

Capitaine

Les épisodes fonctionnent désormais par deux pour adapter chaque arc, et celui-ci commence donc par une scène où Nami, Usopp et Luffy sont débordés par ce qui est arrivé à Zoro. Nami est une fois de plus celle qui a les meilleurs réflexes, demandant à Luffy de retourner au Baratie pour trouver un médecin. Bon, il n’y a pas de médecin à portée de main, mais il y a Zeff et Sanji. Il leur raconte donc ce qui est arrivé et finit par convaincre Zeff de lui venir en aide.

Ouais, le médecin le plus proche est à deux jours de navigation, temps que Sanji n’a pas. Par chance, Zeff connaît quelques trucs de vieux marins et il aide à soigner Sanji bien rapidement. Il le laisse théoriquement entre la vie et la mort, mais c’est suffisant pour que Luffy soit convaincu qu’il survive. J’ai beaucoup aimé la scène qui nous montre le stress de Luffy, perdu dans ce qu’il convient de faire : il veut que Zoro aille mieux, il veut le laisser reposer, il veut le faire manger ses plats préférés… Ah, c’est pas évident d’être capitaine.

Sanji se rend compte des difficultés de Luffy et décide donc de lui venir en aide. OK, après un épisode, il faut bien reconnaître que je commence à voir l’intérêt d’avoir choisi cet acteur pour l’interpréter, parce qu’il a un charme certain qui fait peu à peu effet. Cela dit, il reste bien différent de ce que j’en imaginais et un sourire craqueur, ça ne fait pas tout. Je trouve surtout qu’il paraît plus vieux que ce que j’imaginais de ce personnage, en fait.

De toute manière, c’est tout le problème des adaptations, ça. Cependant, on enchaîne sur un flashback qui n’aide pas à penser autre chose : neuf ans plus tôt, Sanji avait à peine une dizaine d’années… Pourquoi paraît-il en avoir plus de trente dans le présent ? Ouais, bon, je m’égare et j’oublie de raconter l’épisode pour la critique : on part sur un flashback qui nous fait perdre bien du temps.

J’ai beaucoup aimé ces flashbacks dans les mangas, mais j’ai toujours du mal avec ce procédé narratif de toute manière. Bon, bref, où en sommes-nous de cet épisode ? Sanji raconte à Luffy son histoire : Zeff est un ancien pirate, lui non. Alors qu’il était encore enfant, le bateau sur lequel Sanji travaillait a été attaqué par des pirates, dont Zeff. Malheureusement, une tempête s’en est mêlée et les deux ont échoué sur une… J’allais dire « île », mais en fait, ils sont juste sur un rocher. Pas évident de survivre dans ces conditions : ils sont trop hauts perchés pour pêcher vraiment, il n’y a que l’océan à perte de vue, c’est la merde quoi.

Zeff refuse en plus de rester avec Sanji : il l’isole d’un côté du rocher et refuse de lui parler. Sanji rationne ses portions de nourriture comme il peut et il attend désespérément qu’un navire passe à l’horizon. Pas de bol, le seul qui passe le fait pendant une autre tempête, de nuit, et ne le voit pas. Voilà comment Sanji se retrouve à devoir survivre trente jours sur un rocher au soleil. Puis cinquante. Puis soixante-dix. Après soixante-dix jours, Sanji décide de retourner de l’autre côté du rocher pour récupérer la bouffe de Zeff. Il sait en effet que le pirate a gardé un sac de vivres deux fois plus grand que le sien… En théorie. En pratique, il découvre que Zeff vient de passer 70 jours à manger sa jambe (est-ce seulement possible ?) : il lui a laissé toute la nourriture et s’est gardé seulement un trésor.

Le but de cette histoire ? Ils ont survécu après 85 jours, mais Sanji a compris ce qu’était un capitaine ce jour-là. Un capitaine, il prend des décisions difficiles et il les assume. C’est justement ce que doit faire Luffy dans cet épisode : Nami en veut profondément à Luffy de ne pas être intervenu pour interrompre le combat entre Zoro et Mihawk. Je la comprends, mais s’en prendre à Luffy paraît tout de même bien injuste vu le caractère de Zoro. Il n’aurait jamais renoncé.

Arlong

En parallèle de tout ça, le Baratie subit soudainement une attaque de pirates. Pour ne pas changer, ces pirates en veulent à Luffy. C’est original, n’est-ce pas ? En vrai, oui. L’originalité, c’est que ce sont des êtres hybrides qui en veulent à Luffy, des créatures marines à moitié humaine. Et pourquoi Arlong, le chef, en veut à Luffy ? Parce qu’il a la carte, bien sûr !

Nami entend tout et est terrifiée. Elle veut aussitôt organiser la fuite de Luffy et de son équipage du Baratie, par crainte qu’Arlong s’en prenne à eux. Seulement, c’est mal connaître Luffy : s’en aller et laisser le Baratie dans la merde, alors qu’ils les ont nourris ? S’en aller et laisser les clients du Baratie se faire bouffer par Arlong ? Hors de question pour Luffy.

Il se rend donc au Baratie avec Sanji et Usopp pour se battre. Au passage, il cherche à comprendre comment Arlong a fait pour le retrouver, et la révélation est surprenante : depuis le départ, Luffy a dans son chapeau une des oreilles de Baggy. C’est un peu gros, surtout qu’on a vu Luffy recoudre son chapeau dans l’épisode précédent, mais j’aime beaucoup le twist. Le retour de Baggy est très sympa, même si très expéditif aussi.

Il n’y a que sa tête avec Arlong, alors c’est peu utile pour la scène à venir. On le remet vite fait dans le sac où il était depuis le départ, et hop, le combat peut commencer. Sanji révèle soudainement qu’il est capable de se battre lui aussi. S’attaquer à Zeff, ce n’est vraiment pas une bonne idée. Bon, Arlong et ses hommes sont excellents cependant. J’ai beaucoup aimé la scène d’action, qui fonctionne très bien. Usopp à trembler sous la table ? Une très bonne adaptation, je trouve. Cela ne change pas le problème dans lequel l’équipage est par contre : Luffy ne fait pas le poids face à Arlong.

Pire encore, il ne voit pas du tout venir la trahison suivante. Nami décide en effet de révéler qu’elle bossait depuis le départ pour Arlong : c’est pour lui qu’elle a volé la carte. Et c’est gênant parce que Luffy lui a confié la carte, justement. Il n’en faut pas beaucoup plus pour que Nami trahisse Luffy et ses nouveaux amis. Elle a le tatouage de l’équipage d’Arlong, elle bosse pour eux. Et ça ne fait que cinq épisodes qu’ils bossent ensemble, mais je trouve la trahison beaucoup plus cruelle dans cette adaptation que dans le manga.

C’est la même, je sais, mais je la ressens plus avec ce live-action. Nami propose à Arlong de laisser Luffy se noyer, ce qui est une manière de le laisser en vie quelques instants de plus et assez pour que Sanji le sauve de la noyade ; mais la trahison est bien plus vive comme ça. Après, elle a quelques points positifs quand même : Luffy décide de retourner auprès de Zoro pour lui confier ses doutes, la douleur de la trahison et surtout le besoin de l’avoir à nouveau réveillé près de lui.

C’est le moment que Zoro choisit pour se réveiller. Il en profite surtout pour lui jurer qu’il restera présent à ses côtés jusqu’à la fin de leur quête, parce qu’il est hors de question pour lui d’abandonner un capitaine comme Luffy. Ouais, ça y est, Zoro fait officiellement partie de l’équipage – il se sent membre d’un équipage. Et pourtant, Luffy n’est pas tendre avec sa convalescence, ça ne donne pas envie de rester son ami.

Rester jusqu’à ce qu’ils trouvent le One Piece ?  C’est une bonne idée, mais ça n’est pas leur première destination maintenant que Zoro est réveillé. Non, non, non, le but est désormais de retrouver leur navigatrice, parce qu’ils ont besoin de Nami pour aller sur Grand Line. Les voilà donc sur le départ, et je trouve que l’attaque d’Arlong a été un peu trop expéditive par rapport à mon souvenir de celle-ci dans le manga.

Tant pis, c’est bien que l’on avance dans ces arcs et que la série ne s’éternise pas trop. Franchement, à fonctionner comme elle le fait par deux épisodes, on n’a pas le temps de s’ennuyer dans ce voyage et on coupe dans les longueurs du manga (et pire, de l’animé, je suppose !). La fin voit donc l’équipage repartir, mais avec Sanji cette fois-ci. Ce dernier dit un adieu expéditif à Zeff – ça ne réussit pas à transmettre l’émotion qu’il faudrait – et hop, on peut partir pour retrouver Nami.

Comment ? Eh bien, Luffy a eu la bonne idée de conserver la tête de Baggy, tout simplement !

Mihawk

Mihawk débarque sur le navire de la marine, mais sans Luffy. Cela ne plaît pas tellement au vice-amiral, tandis que Kobby écoute une fois de plus aux portes. Il découvre donc que Mihawk se rebelle contre les ordres donnés par la marine : il n’a pas envie d’arrêter Luffy parce qu’il veut voir ce qu’il adviendra de lui sur Grand Line. C’est bien géré, l’intrigue avance toujours de ce côté et bien sûr, Kobby apprend le lien de parenté entre Luffy et le vice-amiral.

Plus tard, le vice-amiral finit par avouer la vérité à Kobby, qu’il aurait aimé avoir comme petit-fils, je pense. C’est un cadet parfait, après tout. Seulement voilà, Kobby n’est pas si sympa avec le grand-père : il affirme que Luffy est et restera toujours un pirate, qu’il en a le cœur et qu’il ne changera pour personne. Après seulement une journée avec Luffy, c’est un peu présomptueux de penser le connaître si bien. Mais bon.

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One Piece – S01E05 – Eat at Baratie – 19/20

Cet épisode adapte ce qui doit être mon arc préféré dans les trente premiers volumes du manga, alors forcément, je ne suis pas des plus objectifs quand il s’agit d’en faire la critique. Tout fonctionne toujours très bien en tout cas : le rythme, l’intrigue, les dynamiques entre personnages… L’adaptation est une franche réussite qui permet de comprendre pourquoi le manga a un tel succès. Un vrai plaisir, à chaque épisode.

Spoilers

Luffy et son équipage font face à la Marine alors que Sanji arrive enfin dans la série.


Regular water in a regular glass, thanks. 

Cela va faire un mois que je n’ai plus vu d’épisode de la série – et on approche des deux mois de la sortie, aussi. Il est donc largement temps pour moi de me remettre au visionnage de ces épisodes. Avec un peu de chance, ça me redonnera aussi l’envie d’avancer dans les mangas. Ce serait pas mal, quoi. Et puis, je compte aussi sur la série pour me donner le point cuisine en effervescence, parce que j’attends encore l’arrivée de Sanji.

Canon

Luffy a un grand-père ! J’avais déjà oublié que l’épisode précédent se terminait sur un cliffhanger. C’est sans trop de surprise que le cinquième commence en tout cas par un flashback : il faut nous introduire cet horrible grand-père après tout ! En flashback, le grand-père s’en prend donc à son petit-fils parce qu’il n’apprécie pas de le voir vouloir être pirate. La seule option d’orientation possible, c’est la marine !

Dans le présent, on en revient donc au navire de la marine qui tente de couler celui de Luffy. C’est un peu triste de voir ce tout nouveau bateau se prendre déjà des boulets de canon et être bien abimé. C’est encore plus triste de voir à quel point l’équipage n’est pas prêt à faire face à la marine : Usopp ne sait pas gérer le canon, Zoro ne connaît pas le vocabulaire maritime, Nami veut se barrer et Luffy affronter le bateau ennemi. C’est quelque chose tout de même.

Franchement, l’action est bien gérée, avec ce qu’il faut d’humour pour que l’on retrouve l’ambiance du manga. Finalement, Luffy parvient à se débarrasser du bateau de son grand-père tout seul : le grand-père lui balance un canon de trop, Luffy utilise son pouvoir pour le renvoyer en utilisant son ventre comme caoutchouc-trampoline et hop. Le bateau de la marine est trop endommagé pour les suivre, Nami profite d’une nappe de brouillard pour disparaître et le tour est joué. C’est une bonne manière d’avancer dans la série, je trouve, et de garder ce fil rouge pour plus tard.

Reste à faire la transition vers le reste de l’épisode maintenant, et ça se fait dans le brouillard où l’équipage continue d’apprendre à se connaître et où Nami force Zoro à demander à Luffy comment il va. La conversation est forcément brève, parce que bon Zoro ne sait pas parler de sentiments, hein. Et très vite, on enchaîne donc avec l’intrigue que j’attendais le plus : celle qui nous ramène Sanji dans la série.

Baratie

Honnêtement, dans les mangas, l’arc du Baratie est celui qui m’a fait me dire pour la première fois que j’aimais vraiment bien cette histoire. Bien sûr, dans la série, ça ne pourra pas être le cas : je trouve que tout est plutôt bien géré dans les quatre premiers épisodes. Je suis aussi bien plus amoureux de Luffy ou Usopp dans la série que dans le manga. Malheureusement, c’est rapidement l’inverse qui se dessine pour Sanji.

Avant d’en arriver à Sanji, nous suivons bien sûr Luffy qui sent de la bouffe dans la brume et qui mène son bateau jusqu’au Baratie, ce bateau-restaurant. Le décor de la série est incroyable, d’ailleurs, j’ai beaucoup aimé le design choisi pour ce bateau. Le restaurant donne envie, j’aime le gag sur les sabres de Zoro qui ne passent pas, c’était top à voir. Cela dit, ça n’est pas du tout l’essentiel de ce que la série veut montrer.

Du côté de nos héros, le but est de nous les montrer en train de partager un bon repas. J’ai beaucoup aimé ce que donnait ce repas, en vrai. Nami est dépitée, parce que rationnelle, sur le niveau de l’équipage face à l’attaque qu’ils viennent de subir et face à leur capacité de ne pas parler du grand-père de Luffy. Bien sûr, ils se servent énormément à manger sans avoir de quoi payer, surtout que Nami a déjà bien raqué pour avoir une table, en vrai, alors ça finit mal : Luffy est envoyé en cuisine. Et c’est plutôt réussi comme adaptation.

J’ai eu plus de mal, et je l’ai dit plus haut, avec l’introduction de Sanji. En fait, je trouve qu’il n’est pas assez beau gosse pour le rôle par rapport à ce qu’on nous vend dans le manga. Et puis, cet accent ? Je ne sais pas, je ne l’imaginais pas comme ça. Pour le reste, la série adapte parfaitement l’arc du manga, avec un Sanji qui se prend la tête avec son patron, Zeff, et à qui on affirme qu’il ne sera jamais cuisinier au Baratie. Forcé d’être au service, il tombe sous le charme de Nami… Et j’adore comment le scénario nous vend ça, avec d’excellentes répliques et un bon jeu de l’actrice.

Pour le reste, Luffy se fait embaucher à la plonge pour rembourser son repas et se retrouve à goûter la bouffe préparée par Sanji. C’est l’occasion pour lui de recruter Sanji, l’air de rien : il lui conseille de se rebeller face à Zeff, mais bien sûr, sur le long terme, tout ce que veut Luffy, c’est un cuisinier dans son équipage. Et il ne tarde pas à lui proposer quand il se rend compte qu’en plus Sanji est un type bien : il n’hésite pas à prendre des risques pour servir à manger à un naufragé qui débarque au restaurant, mort de faim. Ce naufragé est une nouvelle occasion de nous vendre Grand Line comme un véritable danger et la quête du One Piece. On la perd trop souvent de vue dans les mangas, mais la série nous la rappelle assez régulièrement, je trouve.

Ce qu’on ne perd pas de vue, en revanche, ni dans la série, ni dans le manga, c’est le caractère si génial de Luffy. Il a de grandes idées sur la morale et la vie ; et il n’hésite donc pas à se confronter à Zeff pour lui affirmer que Sanji est un homme bon qui mérite mieux que lui – quitte à balancer les erreurs de Sanji au passage.

Kobby

Pendant ce temps, la marine continue de chasser Luffy. J’ai vraiment toujours l’impression de découvrir des choses inédites – pourtant, j’ai lu les mangas. Soit j’ai tout oublié, soit la série fait de bons choix pour redresser la chronologie des mangas. On verra si je reprends ma lecture un jour. En attendant, nous voyons le vice-amiral faire le choix d’appeler un personnage pour avoir un peu d’aide. J’ai beaucoup aimé cette introduction d’un énième pirate, cette fois aux yeux jaunes, à la barbe improbable et aux méthodes impeccables : Mihawk. Ce pirate est un chasseur de prime – et il bosse donc pour la marine.

Nous le suivons dans l’arrestation spectaculaire d’un certain Don Krieg, puis nous voyons le Vice-Amiral lui ordonner de retrouver Luffy – vivant. Cela perturbe Kobby, inévitablement, et il finit par en parler à l’autre cadet (pourquoi lui a-t-il sauvé la vie en début d’épisode, franchement ?). Le problème de Kobby ? Il découvre que la Marine se sert des pirates pour faire des choses illégales et gagner du temps. C’est inadmissible pour lui : ses héros n’en sont pas, ils bossent aussi avec des pirates qu’ils n’arrêtent donc pas pour pouvoir continuer de se rendre service.

Kobby cherche à comprendre les règles et surtout à comprendre pourquoi la marine ne respecte pas la loi. Il est hors de question pour lui de ne pas traiter équitablement tous les pirates et de ne pas respecter son sermon. Seulement voilà, le vice-amiral ne voit pas les choses comme lui. Il est forcé de lui expliquer que la justice est injuste, mais que lui aussi n’approuve pas toujours toutes les décisions. Il a refusé de devenir amiral-en-chef pour éviter de se trahir, par exemple.

Mihawk

Par contre, Luffy ferait mieux de surveiller son équipage, parce que Nami fait encore de la merde dans son coin et qu’Usopp se découvre des talents de danseur qui méritent le coup d’œil entre deux mensonges sur ses exploits de Capitaine. Pendant qu’il danse, Nami et Zoro continuent d’apprendre à se connaître. C’est du bon développement de personnages : la scène est un peu expéditive, mais permet de mieux connaître le passé de ces deux héros de la série.

Le problème, dans tout ça ? Usopp finit par raconter sa vie à Mihawk. Il leur présente donc tout l’équipage. C’est une bonne chose : Zoro reconnaît immédiatement Mihawk et le demande aussitôt en duel à mort, pour le lendemain. Nami est choquée par ce qu’il se passe, et à vrai dire nous aussi, en théorie. L’effet de surprise de Mihawk tombe à l’eau en tout cas.

Usopp et Nami font tout ce qu’ils peuvent pour essayer de raisonner Zoro, mais c’est trop tard : le défi est lancé. Zoro veut devenir le meilleur au sabre et il doit donc se battre contre Mihawk pour ça, quitte à y laisser sa vie. Cela n’a aucun sens pour Nami qui refuse d’assister à ça et fait vraiment tout pour le faire changer d’avis. C’est inefficace, même lorsqu’elle tente de l’avoir par les sentiments et lui dire qu’ils sont amis.

L’ensemble est vraiment bien joué. Nami est excellente dans cet épisode et on la voit clairement tiraillée quand elle a l’occasion d’abandonner Luffy pour rejoindre un autre équipage, probablement moins bras cassés que le sien. Ils ont tous des postures enfantines en permanence et elle est la seule adulte du bateau – ce n’est pas simple tout de même.

Malgré tout, elle décide de venir assister au combat de Zoro quand même. Elle croit en lui, quoiqu’elle en dise. Le combat contre Mihawk est loin d’être simple pour Zoro, par contre. Mihawk ne cille pas face aux attaques de Zoro qui s’épuise contre lui et finit par se prendre un coup de mini-sabre dans les pecs. Il n’abandonne tout de même pas, parce qu’il a un rêve et qu’il y tient. C’est beau d’avoir une telle volonté.

C’est aussi très con. Nous assistons à la mise à mort de Zoro. Franchement, la scène est atroce à voir, parce qu’il perd deux de ses trois sabres et se livre finalement à son adversaire, prêt à mourir s’il n’est pas le plus grand sabreur du monde. Mihawk n’hésite pas à trancher Zoro en deux, mais il refuse de le tuer pour autant. C’est un excellent cliffhanger : Zoro perd bien du sang, Mihawk refuse de l’achever, Zoro affirme à Luffy qu’il deviendra le plus grand sabreur et ne perdra plus jamais un combat… Mais pfiou, les émotions sont là !

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Lessons in Chemistry – S01E02 – Her and Him – 18/20

C’est rare qu’une série parvienne si vite à donner le smile comme celle-ci parvient à le faire dans cet épisode, malgré un début on ne plus sombre. Je me laisse embarquer avec beaucoup de plaisir franchement, et je suis bien content d’avoir le troisième épisode à disposition immédiatement parce que j’ai envie de connaître la suite. Non, vraiment, on est sur une série qui réussit très bien à me convaincre de découvrir davantage son univers. Et en plus, elle me donne envie de faire la cuisine, aussi.

Spoilers 

Elizabeth ne souhaite plus travailler avec Calvin, dépassée par ce qui est en train de naître entre eux.

I regret not having more pencils.

Je n’aime pas tellement enchaîner les épisodes habituellement, mais je ne sais pas, j’ai eu envie de voir le deuxième assez vite après le premier, alors me revoilà avec une critique. De toute manière, ça ne peut pas me faire de mal de refaire le plein de critiques pour le blog comme je n’ai plus rien à publier dernièrement.

Le passé

L’épisode décide d’évacuer dès le début la scène dont nous avons déjà eu quelques bribes lors du premier épisode : nous retrouvons Elizabeth alors qu’elle n’est qu’une jeune étudiante qui passe son master et espère encore avoir une brillante carrière dans la chimie. On m’explique pourquoi l’outfit de Brie Larson dans cet épisode me fait penser au look de Darla de Buffy alors qu’on est clairement dans les années 40 ? Allez, Darla est une vampire démodée.

Tout se passe bien pour la soutenance du master, mais le Dr Bates, son directeur de recherche, débarque ensuite lui annoncer la bonne nouvelle avec d’autres intentions en tête. Il profite de la grande joie de l’étudiante et de sa proximité avec elle pour l’embrasser… et surtout pour ne pas entendre quand elle lui explique qu’elle ne ressent rien pour lui. C’est triste et violent, mais ça finit rapidement en viol. Le Dr Bates l’agresse et la force, mais elle a le réflexe d’utiliser un crayon à papier pour le planter. Vous voyez, Buffy.

Bref, évidemment, en 2023, le futur d’Elizabeth serait un peu moins compliqué que celui qu’elle subit dans ces années 40/50. En effet, la direction de l’université lui explique qu’elle a de la chance car le Dr Bates ne veut pas porter plainte contre elle, finalement. On demande simplement à Elizabeth d’écrire une lettre d’excuses et regrets. Bon, sans surprise, elle dit non. Le regret qu’elle a, c’est de ne pas avoir plus de crayons. Et qu’est-ce qu’on la comprend ! Et qu’est-ce que le générique a une connotation différente maintenant.

Scission

De retour dans le « sept ans plus tôt » de l’épisode précédent, qui est maintenant quelques années après, nous retrouvons Elizabeth en mauvaise positon. Elle supplie Miss Frask de lui rendre son ancien poste dans le laboratoire, mais Miss Frask ne voit pas les choses comme cela. Et à vrai dire, j’ai beaucoup aimé la position qu’avait Fran Frask (ça, c’est du nom) dans cet épisode : elle explique enfin à Elizabeth ses quatre vérités, ou en tout cas, le point de vue de la majorité de ses collègues sur elle. Elle est snob.

C’est une certitude, c’est vrai et ça fonctionne parfaitement d’avoir cette scène où Frask lui explique qu’elle n’est pas qu’une femme superficielle, qu’elle a un job auquel elle tient et qu’Elizabeth a fait son propre lit là. Bref, elle n’a plus le choix : elle va devoir travailler avec Calvin, que ça lui plaise ou non. Et ça ne lui plaît plus.

Elizabeth prend donc les mesures qu’elle estime nécessaire pour que ça puisse bien se passer entre eux. Elle décide donc de repartager le laboratoire en deux et Calvin ne comprend vraiment pas ce qu’il se passe. Franchement, j’ai de la peine pour lui – il ne peut pas comprendre ce qu’il se passe en fait. Il laisse tout de même de l’espace à Elizabeth, ce que je trouve particulièrement appréciable. Franchement, ça aurait pu être l’occasion de le voir s’énerver dans son incompréhension et de nous montrer à quel point il était toxique.

Finalement, le plus toxique dans la vie d’Elizabeth, ce n’est pas Calvin qui promet de ne plus manger de sel dans le laboratoire, c’est un chien qui vient fouiller ses poubelles le soir même. Et il récupère au passage bien mieux que le contenu de ses poubelles : Elizabeth est toujours aussi appliquée dans ses recherches culinaires, mais elle n’a plus envie de manger.

Pendant ce temps, Calvin garde donc les enfants d’Harriet, comme promis dans le premier épisode. Je ne vois pas trop à quoi ces personnages secondaires vont servir pour le moment, mais une chose est sûre : Calvin est patient… et inspiré par Elizabeth quand il s’agit de faire la cuisine. Il est un personnage vraiment chouette et là pour ses amis, en plus : il affirme à Harriet qu’il la soutiendra lors d’une réunion contre le projet d’autoroute. Je sens que ça va se retourner contre lui.

Et ça ne manque pas : comme je m’y attendais, il ne se rend pas au comité où Harriet fait pourtant un excellent travail. Elle montre à quel point le projet d’autoroute n’attaque que des quartiers où vit la communauté noire et insiste pour dire que ce n’est pas une coïncidence.

Rudolph

Ce que nous apprend cette intrigue, c’est que Calvin n’est pas quelqu’un de fiable quand il s’agit d’arriver à l’heure. Un autre problème de cet épisode, c’est son absence au travail. Il doit toujours présenter son projet de recherche à un comité, auquel il ne se présente déjà pas lui-même. Le boss de la fac est alors menacé par sa hiérarchie : si Calvin ne se présente pas avant le 1e février, c’est le boss qui sera viré, pas Calvin. Calvin, c’est une star dont Hastings ne peut pas se passer. Forcément, le boss prend alors la décision de se venger, et il se venge sur Elizabeth quand il la trouve dans son laboratoire.

Il lui reproche d’avoir diverti l’attention de Calvin et lui explique qu’il sera forcé de virer des assistantes, des secrétaires et possiblement Elizabeth elle-même si Calvin ne se pointe pas avec un projet susceptible de gagner un prix scientifique.

C’est problématique, et ça force Elizabeth à se rendre chez Calvin pour lui parler. La conversation est vraiment intéressante, parce qu’elle permet de parler un peu à cœur ouvert : Calvin lui explique qu’il n’a plus d’idée et qu’il n’a pas bossé vraiment depuis un an ; elle lui explique qu’il y a des choses difficiles à aborder pour elle, mais qu’elle a besoin d’avoir la porte ouverte pour savoir qu’il y a une échappatoire.

Et hop, on se retrouve avec une scène où Calvin propose à Elizabeth d’aller apprendre à ramer. C’est improbable, mais elle accepte parce qu’il lui promet que ce sera scientifique. Oh, ça l’est, mais bon, c’est une science qu’elle ne maîtrise pas encore très bien : le bateau se retrouve vite à l’eau, ce qui est un problème puisqu’Elizabeth ne sait pas nager. Et ça, elle s’est bien gardée de l’expliquer à Calvin à l’avance.

Il lui sauve donc la vie, puis les deux se retrouvent au bord du lac à contempler la vue. Et là, il se produit l’inévitable : Calvin explique à Elizabeth qu’il est en train de développer des sentiments pour elle. Il pense que le mieux à faire est d’arrêter de travailler ensemble car ça finira mal entre eux et qu’elle mérite mieux, mais bon, elle l’embrasse et le prend de court. J’aime beaucoup ces deux personnages maladroits comme ça. Ils sont sympathiques ensemble.

Et puis, ça aide Calvin de savoir qu’Elizabeth développe aussi des sentiments pour lui. À partir de là, ils parviennent à bosser de nouveau ensemble, mais aussi à passer du temps. Ainsi, Calvin propose à Elizabeth de l’aider à apprendre à nager – et c’est plus simple de mettre la tête sous l’eau en embrassant Calvin apparemment. Ben tiens, tu m’étonnes.

Bon, l’épisode prend clairement une tournure de comédie romantique à ce stade-là. Ils ont leur chien – Six Thirty – et leur petite vie routinière qui s’installe, avec l’envie de ne plus la quitter. C’est ainsi qu’ils décident de passer les fêtes de Noël ensemble. Roh, pourquoi un épisode de Noël juste avant Halloween ? Ils auraient pu planifier une sortie en décembre, ou mi-novembre pour le coup. En plus, ça aurait collé avec l’actualité de Brie Larson. J’ai envie de penser à Halloween, pas à Noël, moi. Pourtant, ces deux personnages ensemble donnent le smile de Noël avec des petites danses ridicules sur Rudolph the red-nose reindeer.

Comment voulez-vous ne pas tomber amoureux de cette scène ? Les deux s’éclatent dans les couloirs de la fac décorée pour Noël, mais totalement déserte car le reste des collègues n’est plus là. C’est chouette comme tout. Ils prennent le temps de parler un peu de Noël en général et pourquoi ils n’aiment pas cette fête familiale. J’en retiens qu’Elizabeth a fait le choix de ne pas parler à ses parents depuis ses 17 ans. Cela aura forcément un impact à un moment ou un autre sur la série.

Ce Noël-là, en tout cas, est moins catastrophique que les autres. Calvin a pris le temps d’apprendre à cuisiner pour surprendre Elizabeth avec un poulet rôti bien cuit ; Elizabeth lui offre une laisse pour courir avec Six Thirty. Et puis, Six Thirty est tout désorienté de devoir changer de maison chaque soir, alors bon, il est temps de s’installer ensemble aussi. Elizabeth propose alors de participer financièrement au loyer, mais se retrouve coincée avec trois dîners et un déjeuner par semaine. Allez.

Nucléotides

La vie est belle pour Calvin, donc, mais il oublie un détail d’importance : sa voisine. C’est après les vacances de Noël, très expéditives, que Calvin comprend son erreur quand il vient la voir pour lui parler d’Elizabeth. Finalement, il découvre qu’il a fait une erreur de débutant et que le meeting d’Harriet s’est mal déroulé, en grande partie parce qu’il était absent. Dur de convaincre la mairie que c’est un problème qui concerne un quartier entier quand il n’y a que des noirs pour se plaindre et des racistes pour prendre la décision. Bon, un racisme systémique, mais vous voyez l’idée.

Il faudra que Calvin se rattrape d’une manière ou d’une autre. En attendant, il a son propre stress à gérer, avec un comité à convaincre que son projet est génial – leur projet, avec Elizabeth. Le stress ? Ils ont décidé que c’est Elizabeth qui présenterait le projet pour le prix scientifique, comme convenu à la base de leur relation de travail. Là, il faut s’accrocher quand on est mauvais en science, mais grosso modo, Elizabeth explique donc qu’ils ont trouvé un moyen de synthétiser des nucléotides, ce qui n’est pas rien tout de même.

Les scientifiques servant de jury ne sont toutefois pas ravis par l’idée – ils ne croient pas en l’importance de l’ADN (lol), ils n’aiment pas le fait que ce soit une technicienne de laboratoire qui présente le projet, ils le rejettent. Elizabeth propose alors de retirer son nom du projet, ce que Calvin refuse. Logique. Elle ne peut pas s’invisibiliser comme ça, c’est si triste. J’aime son point de vue, son envie de continuer les recherches quoiqu’il arrive, mais j’aime bien plus son discours à lui : il refuse qu’Elizabeth diminue son importance sur le projet et il l’aime trop – il aime trop qu’elle l’aime, en fait – pour le permettre. Oh, c’est une belle série, franchement.

Le couple décide donc de proposer son projet indépendamment de l’université, même si ça n’a jamais été fait avant eux. Tout est bien dans le meilleur des mondes pour eux… Sauf que Calvin finit par expliquer à Elizabeth qu’il veut passer toute sa vie avec elle. Elle est alors obligée de lui expliquer qu’elle ne veut pas se marier et qu’elle ne veut pas d’enfants. Des enfants, il peut en avoir six ou sept sans que ça ne change rien à sa carrière. Elle, elle ne peut pas. Effectivement. Déjà aujourd’hui, c’est compliqué, mais il y a soixante-dix ans, laissons tomber l’idée.

La réaction de Calvin ? Incroyablement moderne, en vrai. En vrai de vrai, même en 2023, la plupart d’entre nous ne réagirait pas comme ça, mais lui, il abandonne l’idée d’avoir des enfants. Être en couple avec Elizabeth, c’est bien suffisant à ses yeux. Bref, tout est merveilleux et la création de la vie n’est de toute manière qu’une surprise.

Tout est un peu trop bien qui finit bien pour une fin d’épisode. Du coup, quand on voit Calvin partir en courant avec un Six Thirty récalcitrant, on sent – on SAIT – que ça va être la merde. De là à ce qu’il se fasse renverser par un bus à cause de son connard de chien qui rejette la laisse, je ne m’y attendais pas. Je sais, le chien n’y est pour rien et c’est triste d’avoir une laisse, mais bordel, BORDEL, cette fin d’épisode !!

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Lessons in Chemistry – S01E01 – Little Miss Hastings – 19/20

C’est un excellent début. Ce n’est pas parfait, car j’ai senti une ou deux petites longueurs sur certaines scènes de l’épisode et parce que je trouve parfois trop schématiques les oppositions qui se dressent entre les personnages secondaires et les personnages principaux, pour s’assurer de la perfection des personnages principaux avec le message que veut faire passer la série, mais ce sont vraiment des points de détails à ce stade. L’ambiance, les idées, le scénario, le casting… C’est un vrai plaisir de découvrir cette série !

Spoilers 

La vie d’Elizabeth Zott, célèbre présentatrice TV… avant qu’elle ne soit présentatrice.

Don’t forget to smile from time to time.

Mamamia, l’épisode commence directement par une plongée dans l’univers télévisuel de son personnage principal – loin de ce que j’imaginais comme début. La première scène est un large plan séquence de près de deux minutes qui suit l’arrivée dans le studio de l’héroïne de la série, Elizabeth. Si l’on ne voit pas immédiatement son visage, cette scène a déjà tout ce qu’il faut pour être culte : les fans qui l’attendent, les décisions prises en un quart de seconde pour son émission culinaire, le producteur qui lui demande de sourire de temps en temps (tu m’étonnes que Brie Larson se jette sur le script après tout ce qu’elle s’est prise dans la tronche en tant que Captain Marvel !) et toute l’effervescence du tournage de l’émission en public… C’est juste génial.

Le plan séquence s’arrête donc sur un regard caméra qui nous introduit Elizabeth. Il ne faut alors que quelques secondes pour établir son caractère et le ton de son émission : son producteur veut qu’elle fasse de la pub pour des boîtes de conserve ? Très bien, elle la fait, avant de démolir la soupe pleine de produits chimiques qu’elle contient et qui ne manquera pas de tuer la famille de ses téléspectatrices, des ménagères prêtes à prendre des notes sur les recettes que proposera Elizabeth. Eh, je les comprends ! Elle a un ton professoral et une assurance qui donne envie d’aller faire des lasagnes, pour de vrai. On enchaîne ensuite avec le générique – un vrai générique, que j’aime beaucoup. Et comme prévu, ensuite, on repart en arrière pour savoir comment elle en est arrivée là.

Sept ans plus tôt

La série introduit d’abord un personnage d’homme très sportif – au milieu d’un lac, puis en train de faire son jogging. On le voit qui court jusqu’à un immeuble devant lequel Elizabeth se gare justement. Et là, la claque est violente : l’arrivée au travail d’Elizabeth dans ce laboratoire est bien différente de ce qu’elle sera quelques années plus tard. Elizabeth n’a pas un chignon impeccable et n’est pas spécialement attendue par ses collègues.

En fait, elle arrive avant eux et se fait harceler par une autre femme qui souhaite faire d’elle une femme potiche plus qu’autre chose – en l’inscrivant à un concours de miss indépendamment de son niveau d’étude (encore que, l’un n’exclue pas l’autre, hein, mais dans les années 50, si). Et cette femme ne semble pas vraiment comprendre ce que signifie le « non » clairement énoncé à plusieurs reprises par Elizabeth.

L’homme qui courait ? Il s’agit du Docteur Evans, mais bon, son titre n’est pas le plus important aux yeux des scénaristes apparemment. Non, le plus important, c’est de nous montrer ses fesses quand il se douche dans son laboratoire. Franchement, c’est de la nudité parfaitement inutile à ce stade de la série, mais bon, plaisir des yeux – et on voit l’audience que la série vise.

Bon, en tout cas, le docteur Evans est une sorte de rockstar dans le laboratoire. Il s’attire donc la jalousie et les moqueries de tous les hommes du labo, des collègues d’Elizabeth. Et même s’ils sont collègues, le sexisme va bon train. Il est assez clair qu’elle est plus douée qu’un grand nombre d’entre eux, mais bon, c’est une femme alors elle doit bosser deux fois plus pour atteindre deux fois moins, surtout dans les années 50. Elle est considérée comme une assistante par eux tous, se charge du ménage et subit les moqueries elle aussi.

Pourtant, elle rêve d’une carrière glorieuse, au point d’envisager de postuler au même prix que le docteur Evans. Lui, ça le soule de le faire. Elle, elle en rêve. On la voit donc faire de longues heures supplémentaires la nuit au laboratoire pour s’entraîner. C’est particulièrement efficace comme introduction de personnage, je trouve, et tout ce début de série me plaît déjà beaucoup.

Il faut dire qu’il y a tout pour me plaire, avec des personnages aux enjeux clairement définis et qui se croisent sans jamais se voir : Evans arrive en même temps qu’Elizabeth au labo, ils partagent la même cafétéria, elle a besoin de fouiller dans ses affaires la nuit… mais non, ils ne se croisent pas. En revanche, si Elizabeth ne le croise pas, il y a une assistante pour la voir et la dénoncer aussitôt à la direction.

Oh, Elizabeth se défend comme elle peut, expliquant qu’elle a son master et est une chimiste elle aussi, même si elle n’a pas le diplôme. La défense n’a que peu d’effets sur son patron : il ne la considère pas assez intelligente pour effectuer le travail qu’elle souhaite faire et lui demande plutôt de rejoindre le concours de miss organisé. Oh, il n’est pas obligatoire, mais eh, c’est la culture de la fac où elle bosse (c’est une fac, pas vrai ?). Bref, l’angoisse pour cette major de promo. Pour couronner le tout, on lui demande de sourire plus. Eh, ça fait grincer des dents, vraiment.

Concours

Elizabeth finit donc par être inscrite de force au concours, avec une photo prise par la secrétaire l’ayant dénoncée en cadeau. Elle rencontre également Evans, dans une scène qui ne pouvait que faire des étincelles, puisqu’il n’apprécie pas de savoir que quelqu’un est entré dans son laboratoire pour lui voler un ingrédient. La dispute entre eux est inévitable et est vite expédiée, surtout qu’il est sûr qu’elle n’est qu’une secrétaire.

Seulement voilà, quand il engueule sa propre secrétaire et lui demande de renforcer la sécurité, il apprend que Miss Zott a un master en chimie, et d’un coup, sa vision du monde semble changer un peu. Cela n’empêche pas qu’il a sa réputation de loup solitaire et qu’il n’est pas très aimé de tous. Pourtant, il décide de se rendre au concours de miss, une première pour lui. Ben oui, on force Elizabeth à y participer parce que c’est la culture de l’établissement, mais lui, il n’a pas besoin de se conformer à ce genre d’événements sociaux. Evidemment.

Il y participe toutefois, juste pour revoir Elizabeth. Elle est loin d’en être ravie, par contre, et elle n’hésite pas à le critiquer devant son fan-club de femmes plus vaniteuses et attirées par lui pour son physique que pour son intelligence. C’est un peu cliché comme manière de dresser les femmes entre elles, en revanche ; les collègues d’Elizabeth manquent un peu de subtilités et de nuances dans l’écriture. On est vraiment dans le club des pompom girls obsédées par l’apparence, et ce n’est pas un cliché exceptionnel pour une série qui se veut féministe par ailleurs. Après, il faut bien dresser les oppositions entre les personnages pour qu’Elizabeth sorte du lot.

Et pour sortir du lot, elle sort du lot : elle refuse d’imaginer qu’elle se mariera quand on lui pose la question, elle déteste les talents proposés par ses concurrentes et elle décide même de se barrer en plein milieu du show quand son boss lui fait des réflexions désagréables sur son manque de sex-appeal. C’était quelque chose. Et c’est là que le destin intervient : au moment de partir, elle tombe sur le Dr Evans, celui qui les fait toutes fantasmer, et il lui… vomit dessus ?

Il fait en effet une crise d’allergie à cause du parfum de Nancy Donatti et a besoin de partir bien vite lui aussi. Seulement, voilà, il n’est pas en état de rentrer chez lui. Elizabeth se propose donc de le ramener, ce qu’il ne comprend pas, parce qu’elle le déteste. Ah, c’est si parfait comme rencontre. On est dans la romcom de base à ce stade. Elle le ramène chez lui et la glace est brisée entre eux assez vite. Il s’excuse d’avoir imaginé qu’elle était une secrétaire – pourtant, il n’y a rien de mal à ça – et elle finit par lui expliquer qu’il s’excuse pour les mauvaises raisons, ne se rendant pas compte qu’il prend tout pour acquis et qu’il n’est qu’un homme fragile.

À ce stade, ça semble s’écrire tout seul tant c’est simple comme mise en scène. Il s’excuse une nouvelle fois, lui explique qu’il était au concours juste pour lui apporter l’ingrédient qu’elle avait voulu voler, puis il lui demande le talent qu’elle aurait montré – de la chimie, évidemment. Et de l’alchimie, il y en a entre eux, c’est évident. Toutefois, Elizabeth rentre vite chez elle et on en reste là pour l’instant.

Calvin

Comme nous sommes dans une série, il faut aussi une intrigue secondaire qui nous éloigne bien vite de cette intrigue principale. À force de regarder des films, je me rends compte que je suis de plus en plus matrixé et que ça m’embête presque, d’ailleurs. J’aurais préféré continuer sur la même histoire. L’intrigue secondaire nous introduit les voisins d’Evans, et c’est une bonne chose : la voisine, Harriet, maman de deux enfants, est jouée par Aya Naomi King. On découvre qu’elle s’oppose au tracé d’une route qui détruirait son jardin, il y a évidemment un fond de racisme dans ce projet, mais Evans est un allié qui accepte de s’occuper de ses enfants en babysitting.

Vraiment, il est loin de l’arrogant connard qu’on l’imaginait être. Et ça ne fait que continuer dans la suite de l’épisode, évidemment. Après une scène où Elizabeth est terrifiée par son boss qui la renvoie, en flashback, à ce qui ressemble fort à une agression sexuelle quand elle était étudiante (arf), nous retrouvons donc Evans et Elizabeth à la cafétéria. Et bordel, ça donne faim ! En effet, Elizabeth a préparé des lasagnes, pour la 78e fois, et ils ont l’air absolument parfaits.

Ce n’est pas son avis : elle n’aime pas trop l’émulsion du fromage – mais franchement, la chimie et la cuisine, ce ne sont pas mes domaines de prédilection. J’aime manger, m’enfin, je ne suis jamais les recettes à la lettre, alors m’imaginer entrer dans le détail à ce point… Nope, non merci, très peu pour moi. En tout cas, ça fascine Evans de découvrir ce passe-temps pour Elizabeth. Parce que oui, ce n’est qu’un passe-temps : son cerveau brillant est utile ailleurs, quand elle cherche à comprendre comment on passe d’une soupe d’atomes à des interactions sociales complexes.

Très vite, les deux personnages se découvrent donc un important point commun et passent dès lors bien des midis ensemble. Elizabeth fait la cuisine chaque jour (bonjour la charge mentale) et mange avec Evans, parlant de recherches scientifiques. C’est intéressant de voir que ça se fait bien naturellement. Ce qui n’est pas naturel pour Evans. Calvin Evans, autant lui donner son prénom maintenant qu’il est amoureux d’Elizabeth et qu’il est important pour elle aussi.

Il l’est suffisamment pour qu’elle ose lui expliquer ce qu’est le sexisme et pourquoi elle ne peut être une scientifique de renom à cause de son sexe qui l’empêche de gravir les échelons. Non, elle se contente de devoir préparer du café pour les scientifiques de son laboratoire… Cela gêne grandement Calvin qui propose aussitôt à Elizabeth de parler à leur boss pour qu’elle se retrouve à bosser pour lui. L’idée ? Elle bosserait avec lui officieusement, suivant ses recherches comme elle l’entend puisque ça aide celle de Calvin, mais sur le papier, officiellement, elle serait toujours technicienne de labo.

Vinyle

Calvin insiste toutefois pour dire qu’elle pourrait en définitive publier en son nom ses recherches, changeant alors les yeux du monde à son égard. Elle accepte donc… Et les deux se rendent compte que changer le monde n’est pas si simple : Donatti, le patron (et donc le mari de Nancy, je suppose ?), n’apprécie pas trop de voir Calvin lui imposer sa décision (et lui faire au passage un cours sur le sexisme) alors il le menace de le virer en cas d’échec de son projet ; Miss Frask, la secrétaire en cheffe en charge du concours et du labo de Calvin, est obligée d’expliquer à Elizabeth que Calvin voit sûrement en elle autre chose qu’une simple collègue.

Le pire ? Elle a raison : c’est évident qu’il y aura plus que des relations de travail entre eux. Cela dit, l’un comme l’autre feint face à l’autre que tout s’est bien passé. Aussi déterminés soient-ils à faire en sorte que tout se passe bien, ce n’est toutefois pas le cas : la cohabitation dans le même laboratoire est difficile pour eux. Ils n’aiment pas la même ambiance de travail, dirons-nous. Toutefois, ils prennent le temps de communiquer sur ce qu’ils aiment l’un et l’autre. La scène est vraiment sympa quand Elizabeth se lance à expliquer qu’elle aime une musique prévisible, contrairement à Calvin. Celui-ci prend donc la décision, le lendemain, d’alterner les vinyles qu’ils écouteront. Ah, c’est sexy le compromis, non ? Plus que le slip qui traine dans son laboratoire, en tout cas. Nous suivons donc les personnages qui apprennent à travailler ensemble, à avoir des intentions l’un pour l’autre, à se corriger l’un l’autre… À devenir partenaires, quoi.

Assez vite, Elizabeth se rend compte qu’elle est en train de craquer pour lui, par contre. C’est assez évident, et ça se voit à son sourire niais autant qu’au fait qu’elle finit par cramer son dîner quand elle est au téléphone avec lui. Elle est de plus en plus dérangée quoi, et ça finit mal : le lendemain, Calvin débarque au laboratoire tout heureux d’avoir fait une percée dans ses recherches pendant qu’il courait. Il ferme donc la porte derrière lui, et c’est une mauvaise chose. Elizabeth se sent aussitôt mal et est forcée de partir en courant de la pièce, expliquant que c’était une mauvaise idée de bosser ensemble. Et clairement, Calvin ne peut pas comprendre ce qu’il se passe. Ah, c’est frustrant, et c’est 100% le cliffhanger de l’épisode.

Lasagnes

Sept ans plus tard, on en revient alors à l’émission de télévision vue en début d’épisode. Elizabeth y préparait des lasagnes… Et pour la première fois à la télévision, Elizabeth a cramé quelque chose. Toute la foule est surprise, mais elle retombe malgré tout sur ses pieds, avec un très joli discours final sur les échecs qui peuvent parfois arriver – en science comme en cuisine. Bordel, c’est un personnage fascinant, et cette conclusion sur les enfants qui doivent mettre la table car la mère a besoin d’une pause ? C’est mieux que Super Nanny !

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