Life in plastic ? Barbie’s fantastic !

Salut les cinéphiles,

Cette semaine, j’ai été confronté à un dilemme cinématographique : Barbie ou Oppenheimer ? Deux films aux antipodes l’un de l’autre, l’un nous plongeant dans l’univers rose et pailleté de la poupée la plus célèbre du monde, l’autre nous invitant à explorer les méandres sombres et complexes de la création de la bombe atomique. Mon cœur penchait pour Barbie, attiré par une campagne de communication brillamment menée qui a su éveiller ma curiosité.

Ma solution ? Voir les deux, bien sûr ! Initialement, Barbie devait ouvrir le bal dès mardi soir, mais suite à un contretemps, je n’ai pas pu me rendre à l’avant-première dans les délais. C’est donc finalement Oppenheimer qui a eu l’honneur de ma première séance de cinéma de la semaine, et de mon premier article disponible juste ici. Le lendemain, j’ai eu le plaisir de voir Barbie, un film qui m’a réconcilié avec le cinéma après les défauts du film de Nolan. Pas besoin de se demander où étaient les femmes avec Barbie, au moins !

Un monde parfait

Dans ce film, Barbie est une poupée humaine qui vit dans un monde parfait : Barbieland. Cependant, elle se retrouve dans notre monde réel après une suite d’événements, et elle y découvre qu’être unique et authentique est plus important que la perfection.

Il faut savoir que s’il était impossible de passer à côté du phénomène Barbie et de ses nombreuses opérations com, j’avais réussi à être très peu spoilé sur le film : de la bande-annonce, je ne connaissais que le plan déjà culte des pieds de Margot Robbie quittant les chaussures à talon pour rester sur des pointes, et du film, je ne connaissais que les affiches présentant Margot Robbie et Ryan Gosling. Quel plaisir de découvrir totalement le film ! Si je le dis autrement : je ne savais même pas qu’America Ferrara était au casting alors que j’adore l’actrice, j’ai donc eu mon lot de bonnes surprises très rapidement !

Barbieland m’a tout de suite enchanté, dès le début du film. On sent le détail apporté aux costumes (purée, ils sont incroyables, tous, ça donne envie de refaire sa garde-robe pour l’été… mais bon, j’ai tenté de faire les soldes pour la dernière démarque aujourd’hui, et wow, la surconsommation et les prix excessifs, ça calme), mais aussi aux décors. J’adore la manière dont les maisons ressemblent à de vraies maisons de poupées : il y a plein de détails pour nous rappeler qu’on est dans un monde de jouets ; avec des pièces minuscules, des maisons disproportionnées ou des décors en papier-peint.

Non, vraiment, on est dans un monde parfait et d’illusion peu réaliste, mais ça participe à créer une ambiance unique pour le film. J’ai lu qu’ils avaient beaucoup joué sur les proportions et les lumières, et ça ne m’étonne absolument pas. C’est une bonne idée pour donner l’impression de suivre une Barbie qui évolue dans un univers qu’on connaît – parce qu’on connaît tous l’univers de Barbie. Enfin, tous. J’avais deux grandes sœurs, difficile d’y couper !

Une construction réussie

Le film propose une structure narrative assez commune pour un voyage initiatique de ce genre, mais je n’aurais pas forcément aimé qu’il s’aventure vers autre chose. Là, on passe un vrai bon moment sans se prendre trop la tête car on devine les étapes très simplement, sans s’ennuyer pour autant.  L’idée d’une narratrice (on n’a jamais trop su qui elle était) fonctionnait très bien, surtout avec la chanson. La reprise de la chanson le second matin ? Un régal.

Tout le film m’a semblé être une suite de bonnes idées et de moments humoristiques vraiment sympathiques. Le film réussit à sortir totalement du cliché pour entrer dans une histoire originale. Il y a des défauts, bien sûr, mais dans l’ensemble, ça fonctionne tout du long. La BO est géniale – les Spice Girls pour la Weird Barbie (une si bonne idée de l’inclure, on l’a tous connue… surtout que j’étais le petit frère !), c’était si nécessaire et si bien trouvé – même si ça manque d’Aqua (on ne l’a que pendant le générique de fin), les personnages secondaires sont amusants, l’histoire a ses bons moments.

D’ailleurs, le générique de fin est vraiment à regarder, je suis encore en train de maudire, quatre jours après, tous ces idiots qui se sont levés et m’ont empêché de le regarder. Vu l’affluence en salle encore aujourd’hui pour le film (c’est dingue, c’est un raz-de-marée !), je vais attendre la sortie streaming juste pour me revoir le générique de fin. C’est faux, je reverrai probablement le film. J’ai adoré, c’était un petit bonbon acidulé et exactement ce que j’en attendais sans savoir que je l’attendais !

Y avait même de l’émotion, de la vraie, avec le personnage d’America Ferrera. Pour moi, c’est celle qui vole le film par surprise, parce que son personnage est super touchant (spoiler, mais le moment de la révélation que ce sont ses états d’âme qui affectent Barbie était grandiose) et a les meilleures répliques. On lui regrette juste de ne pas avoir une meilleure conclusion, mais c’est bien que son couple ne soit pas du tout au cœur du scénario et qu’elle existe en dehors de celui-ci. Bref, malgré une structure classique, le film s’évite des écueils !

Un casting brillant

Margot Robbie est une actrice incroyable, ce n’est plus à prouver. Même si je n’ai pas vu Harley Quinn (et si, c’est possible), je suis fan de son jeu, rien que pour sa performance incroyable dans Babylon (pour moi, elle a sauvé ce film qui n’a finalement rien marqué du tout avec le recul de quelques mois). Une fois encore, elle signe avec Barbie une prestation quasi sans fausse note. Quasi ?

La seule est volontaire car souligné par le scénario du film : non, ce n’est pas une bonne idée de caster Margot Robbie pour dire qu’elle se trouve moche et imparfaite. On sent que l’actrice s’éclate dans son rôle de Barbie stéréotypée et qu’elle aime être là pour passer son message.

Dans le même genre, Ryan Gosling s’amuse tout au long du film avec le personnage de Ken. Je suis beaucoup plus mitigé sur le personnage en lui-même, j’y reviendrai, mais l’acteur est génial. Malgré ce duo iconique, une autre tire évidemment son épingle du jeu : c’est finalement America Ferrara qui a les moments les plus marquants du film. Son discours sur ce que c’est d’être une femme en 2023 ? C’était poignant et incroyable dès la première fois, parce que la carte utilisée est celle de l’humour, mais d’un humour grinçant, qui dérange en tant que spectateur. L’actrice est géniale. Cela me donne envie de me remettre à Superstore parce que je n’ai jamais terminé la série…

Enfin, les autres personnages apportaient tous quelque chose, vraiment ; à part peut-être les Barbie et Ken sirènes… Mais franchement, toutes les poupées Barbie m’ont fait rire, les Ken étaient sympathiques (même si, bien sûr, j’ai eu mon préféré, sinon ce ne serait pas drôle), les humains apportaient une touche d’humour supplémentaire et (spoiler) même la mamie m’a intrigué juste ce qu’il fallait. Cela fonctionnait bien dans l’ensemble. Après, c’est sûr que j’ai eu plus de mal avec l’intrigue (et l’omniprésence) des Ken…

Un message ambigu

Le film est vendu comme étant là pour transmettre un message sur l’authenticité et l’unicité dans un monde de stéréotype, mais je ne suis pas sûr de l’interpréter comme cela. Barbie fait toute une quête initiatique pour en arriver à la conclusion qu’elle a envie de ne plus être un stéréotype et d’être humaine. Je comprends donc bien la scène finale qui nous prouve à quel point elle est humaine désormais, avec un gag final réussi… mais en même temps, ce gag m’a un peu dérangé suite aux discours d’America Ferrara. Finalement, Barbie se frotte à un monde où le patriarcat domine et elle ne change pas les choses, ce qui est un peu triste, surtout que ce gag final ne fait rien d’autre que l’objectifier une fois de plus en renvoyant à l’entre-jambe de la poupée devenu vagin… Je ne sais pas, ça m’a fait bizarre de finir là-dessus : oui, elle n’est plus un objet, mais eh, on la sexualise de nouveau ?

À l’inverse, Barbieland se masculinise un peu en fin de film, avec une place plus grande accordée aux Ken qui découvrent ce qu’ils veulent… Et je ne sais pas quoi penser du message final que ça nous laisse. Entre Allan qui a priori reste coincé là-bas malgré ses souffrances et Ken qui prend un temps d’écran incroyable à Barbie, est-ce qu’on est vraiment dans du Girl Power ou encore dans un film avec les mecs qui tirent tout à eux ? Bien sûr que c’est le message de nous faire comprendre que les hommes – et le patriarcat – prennent toute la place, mais même quand on en arrive à la conclusion du film, je trouve que Ken prend trop de place. Ceci étant dit, je suis fan de sa garde-robe et j’ai tellement envie de m’acheter certains articles (ce pull final est incroyable).

Il n’empêche que je n’ai rien compris à la bataille des Ken à la fin. Le plan de base des Barbie – les retourner les uns contre les autres – est excellent et est une très bonne idée, surtout quand on sort d’Oppenheimer où on voit bien jusqu’où va le ridicule des hommes et des concours de taille de b…ombes – mais finalement, elles passent d’un Ken à l’autre sans qu’on ne suive une logique, puis les Ken se retrouvent en deux camps sans qu’on ne sache trop ce qu’ils représentent. J’imagine que le flou est volontaire… mais ça mène à une scène où on ne comprend pas pourquoi ils se battent, ni pourquoi ils arrêtent de se battre, ni pourquoi il n’y a finalement que Ryan Gosling qui est en pleine crise existentielle à la fin.

Et surtout, tout ça prend un temps d’écran fou, au détriment de l’évolution de Barbie qui semble comprendre beaucoup plus vite où est sa place en dehors de sa boîte. Pour un film qui s’appelle Barbie, on passe beaucoup de temps avec ce Ken égocentrique et détestable malgré lui – tout en étant adorable.

Concernant les messages problématiques qu’il me reste à la sortie du film, il est difficile de ne pas parler également… d’Allan. Ouais, il est totalement oublié à la fin, et c’est très bien comme ça puisqu’on est là pour Barbie, mais comme il a été intégré au scénario… Ben, j’ai des questions.

Que représentait-il au juste ? J’ai eu l’impression d’un mauvais cliché des années 90 de personnage homosexuel parfois… sans que ça ne soit assumé, parce que les LGBT n’existent pas réellement dans ce film. C’est un peu dérangeant de nous vendre un Mattel de plus en plus ouvert d’esprit avec ce film, tout en nous montrant des personnages stéréotypés et macho à la direction de Mattel et aucun personnage LGBT. Je sais, je sais, j’en demande beaucoup alors que Barbie est une marque incroyablement ouverte d’esprit depuis des décennies… mais la représentation est importante ; le film le rappelle et j’ai trouvé que ça manquait. L’agenda LGBT, tout ça, tout ça…

En bref

Je recommande chaudement ce film ! Il est vraiment à voir pour se faire son avis, mais aussi pour les performances des acteurs, pour l’humour (incroyable de voir toutes les poupées que Mattel a pu mettre en vente) et pour le scénario qui est super bien écrit. Les dialogues sont savoureux, il y a de vrais bons moments (j’aurais aimé revoir la mère d’élève à l’école !) et des échanges franchement réussis… avec même certaines répliques et tournures de phrases qui me rappelaient des épisodes de Buffy. Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais finir l’article sans en parler au moins une fois ?

Oppenheimer : trois longues heures (qui valent quand même le coup)

Salut les cinéphiles,

Cette semaine, comme tout le monde, j’étais face à un dilemme cinématographique de taille : Barbie ou Oppenheimer ? Deux films aux antipodes l’un de l’autre, l’un promettant une plongée dans l’univers rose et pailleté de la poupée la plus célèbre du monde, l’autre nous invitant à explorer les méandres sombres et complexes de la création de la bombe atomique. Ma solution ? Voir les deux, bien sûr ! Initialement, Barbie devait ouvrir le bal dès mardi soir, mais suite à un contretemps, je n’ai pas pu me rendre à l’avant-première dans les délais. C’est donc finalement Oppenheimer qui a eu l’honneur de ma première séance de cinéma de la semaine.

Un scénario éclaté…

Oppenheimer se veut, comme son nom l’indique, une exploration de la vie de J. Robert Oppenheimer, le scientifique qui a joué un rôle-clé dans la mise au point de la bombe atomique pendant la Seconde Guerre mondiale. Un sujet lourd, complexe, qui promettait une plongée dans l’une des périodes les plus sombres et controversées de notre histoire…

Christopher Nolan, fidèle à lui-même, nous propose pour cela un film inutilement compliqué. Après Tenet, j’étais content de voir qu’il s’attaquait à un sujet historique : au moins, je connaissais un peu le sujet d’origine cette fois et j’avais quelques références, j’espérais donc être moins perdu que d’habitude. C’est sa marque de fabrique de tenter de nous perdre, et ça ne manque pas cette fois encore.

Malheureusement, je ne suis pas fan de cet aspect, surtout pour un film comme celui-ci. J’ai trouvé qu’il était nécessaire d’avoir quelques connaissances préalables sur le sujet parce que le film est un bordel sans nom avec des flashbacks et plusieurs timelines présentées en parallèle, sans qu’on nous donne les dates ou les noms des personnages à chaque fois.

Disons que ça nous demandait beaucoup de concentration pour tout retenir et je n’ai pas compris l’intérêt de cette approche non-linéaire. Parfois, on a certes du noir et blanc pour nous aider à nous repérer… mais sur un premier visionnage, on oublie inévitablement ce qui était en noir et blanc ou pas deux heures plus tôt, et comme il nous reste une heure à ingérer, ça finit par être juste un sacré bordel.

Un spectateur éclaté (de fatigue)

Parfois, ça fonctionne, notamment quand des scènes sont annoncées par des effets sonores parce que le personnage s’en souvient mais qu’on ne l’a pas encore vu, mais la plupart du temps, ça fait pétard mouillé (sans jeu de mot pour la bombe H promis) car on ne sait plus quand est… quand ?

Parfois, c’est donc une catastrophe. Ainsi, la dernière scène du film est retombée un peu trop à plat parce que je n’avais pas compris qu’elle se situait après un autre moment du film où le personnage principal parle à la même personne, et c’est donc franchement dommage. Peut-être que le problème venait de moi : j’y suis allé le mercredi soir, j’avais bossé une partie de la journée, je n’étais peut-être pas assez attentif. Mais bon, il me semble quand même qu’on est, comme toujours, très peu guidé dans ce film complexe qui dure 3h… J’en suis sorti extrêmement fatigué, pour pas grand-chose.

Un petit plus, tout de même : j’étais extrêmement soulagé par le mixage du son ! Dans Tenet, je l’avais trouvé horrible (je n’ai même jamais revu le film) car j’étais obligé de lire les sous-titres tout du long : on n’entendait pas les répliques des personnages. Dans Oppenheimer, au contraire, le son est bien géré, on entend toutes les répliques et le son d’ambiance est extrêmement réussi pour glacer le sang quand il le faut.

Des performances d’acteurs remarquables

Pour autant, et c’est évident avec un film de cette envergure, tout n’est pas à jeter, loin s’en faut. J’ai passé de bons moments au milieu de ces trois heures. Bien sûr, l’acteur principal, Cillian Murphy, est tout bonnement excellent, comme tout le reste du casting. Il s’en tire vraiment bien, je trouve, et propose un rôle qui nous fait oublier tous les autres. J’ai particulièrement aimé son duo avec Matt Damon, ce dernier sachant très bien comment s’effacer pour laisser briller son collègue. Un vrai plus dans ce casting cinq étoiles.

Dans le même genre, Robert Downey Jr est méconnaissable et prouve qu’il n’a pas besoin de l’humour d’Iron Man pour être un acteur génialissime. Il est loin du personnage de Tony Stark (même s’il y a des points communs dans cette quête et soif de pouvoir), et c’est tant mieux. Cela fait du bien de le retrouver dans un rôle très différent et j’espère qu’il continuera à proposer des performances où on ne l’attend pas.

Sinon, j’étais fasciné par leur incroyable Einstein et amusé de voir débarquer Devon Bostick (il est partout où je ne l’attends pas en ce moment, après la saison 2 de Most Dangerous Game) dans le casting. Par contre, quelle déception que son rôle soit si secondaire (clignez des yeux et vous le manquerez notre acteur de The 100)… Je ne sais pas à quoi je m’attendais en même temps. J’aurais aimé le même genre de présence que Rami Malek, mais chaque chose en son temps, il aura peut-être son heure de gloire au cinéma plus tard dans sa carrière.

Où sont les femmes ?

Autrement, je suis toujours aussi amoureux de Florence Pugh (comment ne pas l’être, surtout dans ce film ?). Par contre, mon plus gros reproche, comme souvent avec Christopher Nolan, c’est l’absence incroyable des femmes et des personnages féminins, qui sont super mal écrits. Oppenheimer est présenté comme un tombeur pourtant… mais non. Il y a des occasions manquées (plein !) : la femme d’Oppenheimer (Emily Blunt) est incroyable, elle a une scène d’une efficacité redoutable (et apporte l’une des rares touches d’humour du film), mais est complètement sous-exploitée. Florence Pugh ? J’ai l’impression que son personnage n’a été écrit que pour justifier de la présence de l’actrice nue dans le film. Elle doit vraiment avoir 90% de son temps d’écran nue, poitrine à l’air. En comparaison, Oppenheimer est nu (ou torse nu) à peine trois minutes…

En 2023, un tel déséquilibre ; un film qui ne passe pas le Bechdel Test et qui, en plus, se permet de nous montrer une scène où des scientifiques sont sexistes avec une femme qui s’en défend, comme pour nous montrer que eh, c’est parce que c’est à l’époque qu’il y a si peu de femmes… c’est juste non. Franchement, c’est dommage, surtout quand le film est en concurrence avec Barbie à côté (et que ça montre à quel point le propos de ce film est juste). Je sais bien que ça se justifie et que bien sûr, il y avait une majorité de scientifiques hommes, mais comme c’est souligné dans le film, les femmes ont également eu un rôle important à Los Alamos… Cela aurait pu être sympa de nous le montrer.

Un film qui peine à captiver

Non, désolé à tous les méga-fans de Nolan et/ou de ce film, mais ils n’ont pas réussi à captiver mon attention tout du long. C’est dommage d’ailleurs, parce que je l’attendais vraiment ce film et j’espérais que ça allait être le cas. J’ai trouvé la première partie très lente et longue à mettre en place. Une fois de plus, je me répète, mais il ne me semble pas que c’était un besoin de nous introduire le film avec des flashbacks enchâssés les uns dans les autres et sans que les périodes historiques ne soient mises en place.

3h, c’est long. Il y avait de quoi fournir 3h dans le film (et même plus), mais pour que ça fonctionne, il aurait fallu que ce soit plus limpide et fluide. C’est un style, on aime ou on n’aime pas. Sur des films comme Inception, j’aimais. Sur celui-ci… Je ne vois pas le besoin de compliquer le propos et de nous provoquer des migraines…

En revanche, une fois le premier essai de bombe passé, j’ai trouvé que le film accélérait vraiment son rythme et qu’il prenait toute sa dimension majestueuse. C’était à couper le souffle par moment, c’était incroyable dans l’enchaînement et extrêmement bien monté… mais en même temps, il était temps !

Faut-il le voir au cinéma ?

Oui, Oppenheimer est un film qui mérite d’être vu, malgré ses défauts. Au cinéma ? Je vous le conseille parce qu’il est beau côté esthétique et parce que ça nous plonge vraiment dedans… Disons que ce serait plus compliqué de se motiver à rester trois heures à fond sur son canapé – et que c’est le genre de film où on prend aussi le risque de passer plus de temps sur Wikipedia que devant le film quand on le regarde chez soi.

Pour autant, avais-je vraiment besoin de dire si je le recommandais ou non ? Tout le monde ira le voir de toute manière, et ce n’est pas plus mal pour se faire son avis. C’est un beau spectacle, c’est une réflexion glaçante sur notre propre humanité et sur l’homme en général (mais on ne s’attendait pas à autre chose et ça finit même par en être creux), on en ressort avec quelques frissons et la conviction que l’Homme est un idiot. Oppenheimer offre une réflexion intéressante sur l’humanité et la science. Cependant, attendez-vous à un scénario complexe et allez-y à tête reposée. Je douille vraiment pour ceux qui en ont fait leur vendredi soir. Ou pour ceux qui y sont en ce moment, parce qu’un dimanche soir ne me paraît pas idéal non plus !

Ma Mission:Impossible ? Commencer la saga par cet opus…

Salut les cinéphiles,

Il est temps de rattraper quelque peu mon retard dans les critiques cinéma du mois de juillet. Eh oui, je ne prends pas le temps de voir mes séries, mais je continue de rentabiliser autant que possible mon abonnement cinéma. Je vais commencer ce soir par vous parler de Mission: Impossible Dead Reckoning (2023). Il est sorti il y a plus de dix jours déjà donc il est grand temps que j’en parle, surtout que je l’ai vu le jour de la sortie. Attention, je vais spoiler certaines petites choses (mais promis, pas autant que l’affiche du film ci-contre qu’on voit absolument partout).

Oui, oui, vous êtes bien sur mon blog : je n’ai jamais vraiment suivi la saga et je ne l’ai pas revue avant de me retrouver sur mon siège de cinéma. Cela dit, ça ne m’empêche pas d’avoir mon avis bien à moi sur le film dont tout le monde a parlé avant qu’il ne soit éclipsé ce mercredi par deux grosses sorties dont je vais très bientôt vous parler également. Mais ça, ce sera pour un autre article !

Un scénario déjà vu

Avant tout, parlons donc de ce nouvel opus de la saga Mission: Impossible. Dans celui-ci, Ethan Hunt et son équipe du FMI se retrouvent face à un défi de taille (forcément). En effet, une arme d’une puissance inégalée menace l’humanité tout entière si elle venait à tomber entre de mauvaises mains. Il s’agit évidemment d’une intelligence artificielle, parce que c’est à la mode et le contrôle de l’avenir comme le destin du monde sont en jeu, déclenchant une course mortelle à travers le globe.

L’intrigue de ce nouveau volet de la saga Mission Impossible est difficile à résumer sans trop spoiler. Une semaine après le visionnage, il faut bien que j’avoue aussi qu’il ne me reste pas grand-chose de cette intrigue déjà vue dans plein de séries, et particulièrement Person of Interest et Westworld. Grosso modo, je ne pense pas qu’on puisse me dire que c’est très inédit comme idée de base : une nouvelle super intelligence artificielle met en danger le monde et utilise pour cela un homme dont elle masque l’identité ?

C’est du réchauffé et je l’ai pris comme tel dès le départ. Pour autant, ce n’est pas forcément une mauvaise chose : j’ai trouvé que l’utilisation des clichés autour de l’intelligence artificielle se tenait plutôt bien et était utilisée intelligemment pour instiller, à défaut du suspense, de l’action tout au long du film. Et ça, clairement, c’est réussi : on est un peu à bout de souffle à plein de moments. C’est un vrai rollercoaster qui nous entraîne qu’on le veuille ou non.

Des scènes d’action à couper le souffle

A priori, on sait pourquoi on paie son ticket quand on va au cinéma pour un Mission Impossible et ça ne rate pas avec ce volet. Les scènes d’action sont incroyables, les effets spéciaux parfois sans défaut (la voiture dans les escaliers, comment ça, c’était entièrement en studio ??). Bien sûr, beaucoup de cascades sont prévisibles, à l’instar du scénario, mais ce n’est absolument pas grave. C’est magnifique à voir et fluide à chaque fois.

Le type en manque de voyage en moi tient évidemment à souligner un gros plus pour la course poursuite qui donne envie de retourner en Italie (de toute manière, ils conduisent comme ça là-bas non ?) et pour la moto dans la montagne. Dommage qu’une grosse partie de la promo se concentre dessus d’ailleurs, ça spoile pas mal.

En fait, je me rends compte que les scènes d’action sont efficaces aussi parce que je m’en souviens : le film se découpe en quelques grandes tranches avec chaque fois de l’action – même si c’est souvent une course poursuite. Ce n’est pas toujours le cas : la scène de l’aéroport (enfin, les scènes) fonctionne par exemple avec la surenchère des intrigues les unes sur les autres et l’utilisation de l’intelligence artificielle de manière amusante plus que grâce à une course poursuite. Et d’ailleurs, ça me fait penser que le film n’est pas dénué du tout d’humour : ça fonctionne très bien comme mélange, l’action et l’humour, avec les petits tours de passe-passe ou les devinettes. On ne se moque jamais tout à fait des personnages, mais on joue avec nos attentes juste ce qu’il faut pour nous faire sourire ou rire.

Des performances d’acteurs inégales

De manière globale, mon titre est un peu putaclic. On ne peut pas le nier, il y a un excellent jeu d’acteurs pour l’ensemble du film. En ce qui me concerne, je suis particulièrement fan du jeu d’Hailey Atwell. Quel plaisir de retrouver l’Agent Carter dans ce type de film d’action et de scènes, évidemment que je suis allé voir le film pour elle avant tout.

En revanche, en ce qui concerne Tom Cruise, je ne change pas d’avis : il est certes BG, mais d’une beauté que je trouve trop lisse donc fade ; il est certes excellent dans les cascades, mais bordel, je n’accroche pas à son jeu. Oui, il joue les émotions demandées, mais je n’arrive pas à être embarqué par ce qu’il propose : j’ai toujours l’impression que l’ensemble est fade. Il n’est pas aidé non plus par le scénario, parce qu’on n’a pas forcément le temps de vivre l’impact émotionnel entre deux courses poursuite. Là aussi, je savais à quoi m’attendre en prenant mon billet cela dit : je n’aime pas Tom Cruise (un comble quand on sait que Vanilla Sky est un de mes films préférés) et c’est bien pour ça que je passe à côté de la saga depuis un moment.

Un nouvel opus qui se tient… pour lui-même

Je tiens à répéter que tout ce que j’écris est à prendre avec des pincettes après tout, parce que je n’ai pas vu les autres Missions Impossibles ! Enfin, j’ai dû voir le premier et peut-être le second, mais quand j’étais enfant, quoi. Je n’en garde aucun souvenir autre que l’idée de base, à savoir « ce message s’auto-détruira dans 30 secondes ». J’y suis allé parce que je n’étais pas tout seul et que de toute manière un bon film d’action, ça passe toujours pour se divertir en fin de journée après avoir bien bossé.

Par contre, je me suis fait violence car je suis plutôt du genre à tout rattraper avant de voir. Ça n’était finalement pas si dérangeant (un peu moins d’impact émotionnel que prévu par le film, j’imagine, parce qu’il y a des décès qui ne me parlent pas plus que ça). En vrai, tout est bien (ré)expliqué quand même, avec les explications obligatoires qu’on retrouve probablement dans chaque opus. Oui, il y a des références que je n’ai pas et des petits spoilers sur les autres, mais j’oublierai d’ici que l’envie me prenne de les voir (avant la partie 2 sûrement ?).

Malgré mon ignorance des autres films, c’était une intrigue super engageante et prenante en vrai. C’est prévisible, on connaît les twists à l’avance et quand on ne les connait pas déjà, l’intelligence artificielle les donne elle-même. De là à dire que j’étais au bord de mon siège, bon, je n’étais pas assez dedans faute de connaître les autres films, mais ouais, il y a tous les éléments pour qu’on entre dedans.

En revanche, le fait de savoir qu’il y avait une deuxième partie m’a un peu gâché le visionnage car j’attendais le cliffhanger sur toute la dernière partie du film : je n’arrêtais pas de me dire « ah, ça va être la fin ça y est ». Le film n’est pourtant pas si long… mais comme on a de l’adrénaline 90% du temps, ça donne l’impression qu’il s’est passé plein, plein de choses. Le rythme est vif, tout va toujours vite. D’ailleurs, à ce sujet, la réalisation est excellente mais rien ne m’a marqué au point d’en parler une semaine après le visionnage.

En bref…

Je recommande ce film à tous ceux qui cherchent un divertissement efficace, de l’action, du boum boum. C’est sympa, très qualitatif, largement au-dessus de nombreux autres films d’action… mais ça reste un Mission Impossible, il ne faut pas trop en attendre !

À contretemps : un cri du cœur…

Salut les cinéphiles,

Aujourd’hui, je vais vous parler – avec le moins de spoilers possibles, mais quelques détails suffisants pour comprendre à quoi je fais référence si vous l’avez vu – d’un film vu hier. Il s’agit d’À Contretemps, un film espagnol (En los Margenes) sorti en salle ce mercredi et qui traite de la question des expulsions des plus pauvres en Espagne.

L’intrigue se déroule à Madrid, une ville qui, comme beaucoup d’autres en Espagne, a été le théâtre d’une vague d’expulsions sans précédent ces dernières années. Le film nous plonge dans l’histoire de plusieurs personnages dont les destins se croisent au cœur de cette ville bouillonnante.

Le synopsis permet bien de s’en rendre compte : Rafa, un avocat aux fortes convictions sociales, a jusqu’à minuit pour retrouver la mère d’une fillette laissée seule dans un logement insalubre. Sinon, la police placera la petite en foyer. Dans sa course contre la montre, Rafa croise la route d’Azucena, une femme injustement menacée d’expulsion, qui pour s’en sortir, tente de provoquer une révolte citoyenne. Alors que les heures défilent implacablement pour ces deux âmes en lutte, Madrid devient le lieu de toutes les colères.

Un scénario déroutant

Le traitement de l’intrigue est déroutant, car il s’agit d’un film de destins croisés. Certains personnages ne se parlent pas de tout le film, plusieurs intrigues sont présentées en parallèle, sans qu’on nous explique vraiment les interactions possibles entre chacune. Il faut les deviner petit à petit ; parfois, c’est explicité de manière très concrète et visible, parfois, c’est un détail qui permet de comprendre les liens entre les personnages.

C’est déroutant, mais efficace si on se plonge bien dans le film. Une difficulté peut alors être le fait de voir le film en VO, car les sous-titres peuvent empêcher d’être plongé correctement dans le film. On note d’ailleurs que les sous-titres font l’économie de morceaux entiers de phrases parfois – l’espagnol est une langue qui va vite ; pas le temps de tout lire, donc pas de traduction de tout. L’essentiel y est, heureusement.

Des performances marquantes

Le film représente de manière violente les expulsions en Espagne et à Madrid. Les personnages présentés sont tous attachants, plein de défauts… mais donc terriblement humains. Ils nous ressemblent, mais ont fait de mauvais choix par le passé – des choix qu’on aurait pu faire passer nous-mêmes. Le film fait passer un message et demande clairement un changement ; il se fonde sur l’espoir d’un changement possible.

Au milieu de tout ça, Penelope Cruz est à contre-emploi de ce que j’attendais dans le film. Son rôle d’Azucena est vraiment marquant, parce qu’on sent le visage de l’actrice marquée par le stress, la pauvreté, les angoisses… La coupe de cheveux et le maquillage aident évidemment, mais il y a tout un tas de détails, notamment dans la posture de l’actrice, qui aident à y parvenir également. Le personnage se démarque par son désir de s’en sortir, par l’amour maternel, par l’urgence et le désespoir de sa situation.

Luis Tosar est également incroyable dans le film : il incarne un militant qui néglige sa vie personnelle pour venir en aide aux autres, mais qui finit par faire des dégâts collatéraux sans le vouloir, sans jamais parvenir à ses fins. C’est un personnage extrêmement touchant, qui fait face en permanence aux difficultés et à l’horreur de la société en marge qu’il fréquente. L’acteur parvient très bien à incarner son personnage, son duo avec le personnage du beau-fils est une belle réussite du film, qui montre comment 24h peuvent bouleverser un destin et une vie, le tout en étant toujours dans la précipitation.

Cette idée est mise en scène par le réveil au début et à la fin du film : nous assistons à seulement 24h étouffante dans la vie de quelques habitants de Madrid, mais il s’agit d’une journée chargée et bouleversante pour chacun d’entre eux – chacun à sa manière.

Une dénonciation efficace

Plusieurs aspects du film sont marquants, mais le plus marquant est indéniablement le message que veut faire passer le film. Il s’agit d’une critique sociale, sociétale ; critique du gouvernement et du système. Il ne faut pas y aller en espérant uniquement un happy end ou une résolution de l’ensemble des conflits.

Après tout, le sujet du film est une question préoccupante depuis la crise financière de 2008. Avec un taux de chômage élevé, une baisse généralisée des salaires et une grande précarité de l’emploi, des milliers d’Espagnols se sont retrouvés dans l’incapacité de rembourser leur crédit immobilier ou de payer leur loyer, ce qui a conduit à des expulsions massives. De plus, certaines personnes ont été victimes de spéculations immobilières, avec des ententes entre sociétés privées et l’État, qui ont entraîné leur expropriation et la démolition de leurs logements – et c’est exactement ça que veut mettre en scène et dénoncer À contretemps !

Le film présente alors des personnages en lutte contre un destin inexorable (décidément, je ne vois que ça en ce moment, c’était pareil avec Farang), contre un système qui les rend pauvre, contre un système qui laisse sur la touche les plus démunis, mais aussi ceux qui les aident. On finit par en oublier tout le reste : la mise en scène, la bande sonore n’ont que peu d’importance une fois qu’on est happé dans le stress du film. Pourtant, la réalisation doit jouer un rôle crucial dans cette représentation de la violence des expulsions… mais je suis bien incapable de me rappeler de moments précis de celle-ci. De même, il me semble qu’il y a eu un choix de laisser la bande sonore en retrait, permettant aux dialogues et aux bruits de la ville de prendre le dessus sur le reste. Je peux me tromper cela dit, car j’étais bien happé par le film. Côté musique, il y a tout de même le générique de fin qui parvient très bien à nous faire rester dans le même état que celui provoqué par les derniers instants du film.

Un film à voir si…

J’ai aimé le film, mais il est très particulier. Il n’est pas là pour nous détendre. C’est un film que j’ai vu pour le premier soir de mes vacances, et ce n’était peut-être pas le bon choix pour fêter des vacances. Cela dit, plusieurs scènes sont marquantes (la toute première et la toute dernière, notamment, la dernière réplique du film est très forte pour porter le message du film).

Je suis content de l’avoir vu : le problème des expulsions, je le connais pour l’avoir parfois traité en « khôlles » (les oraux en prépa littéraire) d’espagnol, mais c’était il y a dix ans et je pensais naïvement que cela s’était réglé tout seul. Finalement, non. « Content » n’est peut-être pas le bon mot, mais je trouve que le film réussit au moins ce qu’il souhaite faire : il me rappelle l’existence de ce problème et indique à quel point il est important de ne pas l’oublier. Il ne donne pas de solution, parce que la solution reste à trouver et est politique.

À notre échelle, on ne peut que compatir, aider les plus démunis autour de nous et veiller à éviter que cette situation dramatique ne s’installe elle aussi en France – elle existe, mais avec moins d’ampleur.

Je recommande ainsi le film à tous ceux qui connaissent un peu la situation ou qui veulent voir un film à message, aux fans des acteurs de ce casting (Penelope Cruz et Luis Tosar sont géniaux) et à ceux qui n’ont pas peur d’être déprimés en sortant de la salle.