Salut les sériephiles,
Oui, j’ai fait une pause dans ces articles pour le week-end et je reviens un jour férié… Je vous l’avais dit, je ne me mets plus la pression, j’écris quand j’ai vraiment le temps et/ou l’idée. Bref, hier, j’ai eu la chance de voir Gladiator 2 en avant-première, avant sa sortie officielle le 13 novembre. Je me dis que c’est l’occasion de vous en parler…
La suite tant attendue, toujours réalisée par Ridley Scott, commence par un synopsis qui spoile déjà une révélation qui n’arrive qu’au bout d’un bon tiers du film. En effet, le film promet de revenir sur le destin de Lucius, interprété désormais par Paul Mescal et devenu adulte.
Un synopsis efficace
L’intrigue suit donc le personnage de Lucius, marqué par l’héritage de Maximus, qui se retrouve pris dans des jeux de pouvoir complexes, dans une Rome qui n’a absolument pas changé malgré les promesses de la fin du premier film. Le truc, c’est que personne ne sait qu’il est Lucius, pas même le spectateur en théorie, avant un bon moment. On suit donc plutôt un Namibien qui voit toute sa vie bouleversée par Rome, vingt ans (ou presque) après le premier film.
Il est ensuite fait esclave, puis gladiateur dans une Rome divisée, dirigée par des empereurs jumeaux… Avec toujours autant de libertés historiques évidentes, le film assume totalement son choix de la fiction tout en introduisant cette dynamique réussie des jumeaux empereurs, inspirée (de loin, très, très loin) par la réalité. J’adore ces jumeaux presqu’autant que j’ai adoré le fait que le film se déroule vingt ans après. Bien sûr, ça me peine de voir que Maximums n’aura finalement rien changé du tout et que Lucilla n’a rien pu faire de sa vie (ou presque), mais ça fonctionne bien.
Casting cinq étoiles
Du côté du casting, c’est impeccable, rien à redire. Denzel Washington, dans le rôle de mentor ambigu, est absolument fascinant. Je n’ai jamais été un grand fan de l’acteur, mais il faut savoir reconnaître le talent quand il est là. Le rôle lui va à merveille : il impose une profondeur au personnage, tout en marquant assez les nuances pour que sa soif de pouvoir se devine derrière les sourires charmeurs.
Dans le premier rôle, Paul Mescal tire bien son épingle du jeu, apportant une intensité brute qui colle parfaitement à l’ambiance. Autant je ne l’avais pas trop aimé dans son film précédent, autant là, il est excellent : il a la gueule de l’emploi, en fait, juste assez beau pour qu’on le remarque dans les plans ; juste assez banal pour qu’on puisse se dire qu’il est accessible. Et pareil, tout son jeu se fait dans les nuances, histoire de dévoiler un peu les sous-entendus du scénario.
Enfin, Pedro Pascal s’invite aussi à la fête, parce qu’il faut qu’il soit absolument partout ces dernières années. Son rôle lui va très bien cela dit, il semble avoir été écrit pour lui. Des autres rôles secondaires, je ne retiendrai que l’empereur Geta, même si tous sont à l’aise avec les personnages qu’ils incarnent. Je ne sais pas, Geta avait un truc en plus dans ce rôle de méchant.
Immersif
Niveau visuel, Ridley Scott maîtrise toujours aussi bien les techniques pour nous immerger dans la Rome de l’époque – ou du moins la représentation qu’on s’en fait : des effets spéciaux impeccables (même si bien sûr, les animaux en 3D, c’est un choix discutable…), une reconstitution impressionnante, une ambiance sonore grandiose, des choix de plans qui nous donnent envie d’aller faire un tour au Colisée. Toutes les ressources du Colisée sont utilisées dans le film, même celles qui paraissent les plus improbables mais semblent attestées historiquement parlant. Bref, c’est une réécriture de l’Histoire, et elle se fait aussi par un angle réducteur parfois – parce que de Rome, on ne voit quasiment que le Colisée.
La musique est intense et nous tient en haleine tout du long, contribuant à chaque combat comme une deuxième lame (ou troisième, ou quatrième, ça dépendra du combat). À ce sujet, il n’y a rien à redire sur les scènes d’action, les effets spéciaux sont parfaits et la brutalité des combats nous plonge littéralement dans l’arène, avec des chorégraphies impeccables. Certes, on aurait peut-être pu gagner un peu en rythme en écourtant certaines séquences, mais le film reste captivant dans son ensemble et on ne voit pas forcément passer le temps. De toute manière, on ne sait plus faire des films d’1h30 si ?
Plein de défauts quand même
Pour tous ceux qui, comme moi, se posent la question : oui, pour apprécier pleinement cette suite, revoir le premier opus s’avère plutôt une bonne idée ! Ce n’est pas du tout obligatoire, mais ça aidera à resituer les personnages entre eux et se remettre dans l’ambiance des trahisons à tous les étages. Les liens entre les deux films sont travaillés et enrichissent l’histoire, même si certaines références tombent parfois dans le téléphoné et le (trop) prévisible.
Je n’ai pas vraiment eu de surprise devant le film, c’est un spectacle, certes, mais les twists sont trop évidents pour parler de twists. C’est gênant après le premier dont la fin, juste avant le dernier combat, était on ne peut plus marquante et énervante.
Le scénario aurait pu être écrit il y a vingt ans, ça n’aurait rien changé. C’est pour moi l’un des plus gros défauts du film, parce que c’est dommage tout de même. Ne vous attendez donc pas à des personnages féminins aussi bien développés que le reste du casting. Ce n’est pas pour rien que je n’ai parlé que d’hommes dans mon paragraphe sur le casting. En fait, dans Gladiator 2, on pourrait certes confirmer que “derrière chaque grand homme, il y a une femme”, mais ici, c’est une seule femme derrière tous les grands hommes, et elle reste quand même énormément dans l’ombre.
Connie Nielsen reprend le rôle de Lucillia et le fait très bien, en apportant de belles dimensions aux émotions de son personnages. Seulement, elle se révèle tout de même plutôt passive dans la majorité de ses scènes, se contentant d’être spectatrice de tout ce qui lui arrive (par exemple, et c’est spoiler attention, on devine qu’elle est derrière la machination de son mari, mais ce n’est pas si certain non plus quand elle explique à Lucius que c’est son armée à lui et son idée à lui).
Je ne sais pas non plus si ça vaut la peine d’évoquer la femme du héros, qui est un cliché ambulant particulièrement triste. Réduite à l’archétype de celle qui doit mourir pour donner un sens à la vie du héros, elle est oubliée en cours de film puisqu’il ne la venge même pas vraiment, les jeux de pouvoir prenant le dessus. En 2024, c’est décevant de voir un manque de profondeur pour ces personnages, surtout dans un film qui explore autant la complexité de ses héros masculins. Mais bon, les Gladiateurs, la force, l’honneur, l’entre-couilles, tout ça, tout ça. Vous vous ne rincerez même pas l’œil, d’ailleurs, c’est pas fait pour ça. Bref, je sais que je suis probablement trop woke pour la moyenne (bordel, ça n’est pas un défaut et ça ne veut rien dire en tant qu’insulte ??), mais il y aurait un juste milieu à atteindre tout de même et on en est loin, très loin.
Autrement dit, le film offre à peu près ce qu’on en attend : une suite pleine de sang, avec des jeux et de l’action pseudo-épique pour la plèbe que nous sommes. L’aspect visuel est un plus qui n’aurait pas pu exister il y a 20 ans, mais autrement, c’est vraiment la digne suite d’un film sorti au début des années 2000. Du pain et des jeux, des popcorns et un film de 2h.













